Saint Cyrille de Jérusalem et la communion dans la main.
Walter Martin, Courrier de Rome - sì sì no no, février 1992.
Nous recommandons à nos lecteurs cet intéressant article qui montre que le texte tiré des "Catéchèses mystagogiques" de "Saint Cyrille de Jérusalem", invoqué par les modernistes en faveur de la communion dans la main, est un apocryphe. Ce texte est célèbre : "...plaçant la main gauche sous la main droite en guise de trône parce qu'elle est destinée à recevoir le Roi ; et avec la main droite tu reçois le corps du Christ, répondant Amen."
C'est bien là le rite que les néo-modernistes ont réussi à imposer à la quasi-totalité des baptisés, n'est-ce-pas ? Mais la suite de la citation est mal connue : "...tu te sanctifieras en prenant aussi du sang du Christ. Et tandis que tu as les lèvres encore humides de celui-ci, touche-le avec les mains, et puis, par elles, sanctifie les yeux, le front et les autres sens... Ne vous détachez pas de la sainte communion ; ni ne vous privez de ces mystères sacrés et spirituels même si vous êtes corrompus par les péchés."
En fait ce texte décrit un rite dû à l'imagination, oscillant entre le fanatisme et le sacrilège, d'un Syrien anonyme, auteur des Constitutions apostoliques. La description de ce rite extravagant, sinon nécéssairement sacrilège, est entrée dans les "Catéchèses mystagogiques" grâce à un successeur de saint Cyrille, que beaucoup pensent être Jean, crypto-arien, origénien et pélagien. Les ariens, en effet, pour démontrer qu'ils ne croyaient pas dans la divinité de Jésus et qu'ils considéraient l'Eucharistie comme un pain purement symbolique, communiaient debout en touchant les saintes espèces de leurs mains.
Chez les catholiques, nous avons au contraire des témoignages très anciens de l'habitude de déposer les saintes espèces dans la bouche du communiant et de l'interdiction faite aux laïcs de les toucher de leurs mains (hors le cas de persécution). Ainsi saint Eutychien, pape de 275 à 283 : "Que personne n'ait l'audace de confier à un laïc ou à une femme le soin de porter la communion à un malade." (PL 5/163-168).
Enfin il faut aussi savoir que les Israëlites du temps de Notre Seigneur utilisaient des azymes peu cuits : pour les réduire en portion il fallait les déchirer et il ne se formait pas de parcelles. Le manque total de respect pour les parcelles dans les cérémonies actuelles ne peut absolument pas se réclamer de l'exemple de la dernière Cène.

