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Catéchisme de la

Somme théologique

 

 

 

par le fr. Thomas Pègues O.P.

 

 

 

Depuis le numéro 6 du Sel de la terre, nous donnons le texte du livre paru en 1918 sous le titre de La Somme théologique de saint Thomas d’Aquin en forme de catéchisme pour tous les fidèles. Nous avons utilisé l’édition de Privat-Téqui de 1929.

La partie publiée ci-dessous fait suite à celle que nous avons publiée dans Le Sel de la terre 18.

Le Sel de la terre.

 

 

Deuxième partie

 

L’homme

 

(venu de Dieu et devant retourner à Dieu)

 

Deuxième section

 

Vue détaillée du retour de l’homme à Dieu

 

27. Vertus annexes de la justice : la religion ; la piété ;

l’observance ; la gratitude ; le soin de la vengeance ;

la vérité ; l’amitié ; la libéralité ; l’équité naturelle

 

— La vertu de justice a-t-elle aussi, dans sa dépendance, des vertus qui se rapportent à elle et qui soient, pour elle, comme des parties annexes ?

— Oui, la vertu de justice a de ces sortes de parties (q. 80, a. 1).

— Mais comment, ou en quoi, ces autres vertus se distinguent-elles de la justice proprement dite ?

— Elles s’en distinguent en cela, que la justice proprement dite a pour objet de rendre à autrui, en parfaite égalité, ce qui lui est rigoureusement dû, tandis que ces autres vertus, bien qu’elles se réfèrent à autrui comme la justice, en quoi elles conviennent avec elle, cependant ont leur acte qui aboutit : – ou bien à donner une chose qui n’est due à autrui que dans un sens large et non point en stricte rigueur, pouvant être exigée au nom du droit fixé par la loi, devant les tribunaux, – ou bien à ne donner que d’une manière nécessairement imparfaite, et en-deçà de l’égalité absolue, ce qui est dû rigoureusement (q. 80, a. 1).

— Combien y a-t-il de vertus qui se rattachent à la justice ; et quelles sont-elles ?

— Il y en a neuf, qui sont :

la religion, – la piété, – l’observance, – la gratitude, – le soin de la vengeance, – la vérité, – l’amitié, – la libéralité, – et l’équité naturelle (q. 80, a. 1).

— Pourriez-vous justifier l’ordre de ces vertus ?

— Oui, et le voici en peu de mots. – Les huit premières se rapportent à la justice particulière ; la neuvième, à la justice générale ou légale. – Et des huit premières il en est trois : la religion, la piété et l’observance, qui restent en-deçà de la justice au sens strict, non point par manque de rigueur dans la raison de dette, mais par l’impossibilité d’atteindre la raison d’égalité, dans l’acquittement de cette dette : la religion, par rapport à Dieu ; la piété, par rapport aux parents et à la patrie ; l’observance, par rapport aux hommes vertueux, ou à ceux qui sont élevés en dignité. – Les cinq autres sont en défaut du côté de la dette, car elles ne portent point sur quelque chose qui soit dû légalement et qui puisse être exigé en justice devant les tribunaux humains, comme étant déterminé par la loi, mais seulement sur ce qui est dû moralement et dont la détermination ou l’acquittement est laissé au mouvement vertueux d’un chacun : chose cependant qui est requise pour l’honnêteté de la vie humaine ou la bonne harmonie des rapports des hommes entre eux, soit d’une manière nécessaire, comme l’objet de la vérité, de la gratitude, du soin de la vengeance, soit à titre de perfection et de mieux, comme l’objet de l’amitié et de la libéralité (q. 80, a. 1).

 

28. La religion : sa nature

 

— Qu’est-ce que c’est que la vertu de religion ?

— La vertu de religion – ainsi appelée parce qu’elle constitue le lien par excellence devant rattacher l’homme à Dieu, comme à celui qui est la source de tout bien – est une perfection de la volonté, l’amenant à reconnaître, comme il convient, la dépendance de l’homme à l’endroit de Dieu, premier principe et fin dernière de tout, souverainement parfait en lui-même et de qui dépend toute autre perfection (q. 81, a. 1-5).

— Quels seront les actes qui appartiendront à cette vertu ?

— Tous les actes qui, de soi, tendent à confesser la dépendance de l’homme à l’égard de Dieu rentrent dans l’objet propre de la vertu de religion. Mais elle peut aussi ordonner à cette même fin les actes de toutes les autres vertus ; et, dans ce cas, elle fait de toute la vie de l’homme un acte de culte envers Dieu (q. 81, a. 7, 8).

— Comment l’appellera-t-on alors ?

— On l’appellera du nom de sainteté. Car l’homme saint est précisément celui dont toute la vie est transformée en un acte de religion (q. 81, a. 8).

— Cette vertu de religion est-elle particulièrement excellente ?

— La vertu de religion est, en deçà des vertus théologales, la plus excellente de toutes les vertus (q. 81, a. 6).

— D’où vient cette excellence de la vertu de religion ?

— Elle lui vient de ce que, parmi toutes les vertus morales, dont l’objet propre est de perfectionner l’homme dans tous les ordres de son activité consciente en vue de Dieu à conquérir, tel que la foi, l’espérance et la charité nous le font atteindre, aucune autre vertu n’a d’objet aussi rapproché de cette fin. Tandis que les autres vertus, en effet, ordonnent l’homme, soit en lui-même, soit avec les autres créatures, la religion l’ordonne avec Dieu : elle fait qu’il soit, par rapport à Dieu, ce qu’il doit être, reconnaissant, comme il le doit, sa souveraine majesté, le servant et l’honorant, par ses actes, comme demande d’être servi et honoré celui dont l’excellence dépasse à l’infini toutes choses et dans tous les ordres (q. 81, a. 6).

 

29. La religion : ses actes intérieurs : la dévotion ;

— la prière : nature ; nécessité ; formule ;

le Notre Père, ou l’oraison dominicale ; efficacité

 

— Quel est le premier des actes de la religion ?

— Le premier des actes de la religion est l’acte intérieur qui s’appelle du nom de dévotion (q. 82, a. 1, 2).

— Qu’entendez-vous par la dévotion ?

— J’entends, par la dévotion, un certain mouvement de la volonté, qui fait qu’elle se donne elle-même et qu’elle donne tout ce qui dépend d’elle, dans l’homme, au service de Dieu, s’y portant toujours et en tout, avec un saint empressement (q. 82, a. 1, 2).

— Quel est, après la dévotion, le premier acte, dans l’homme, ainsi appliqué au service de Dieu ?

— C’est l’acte de la prière.

— Qu’est-ce que l’acte de la prière ?

— L’acte de la prière, entendu dans son sens le plus haut, et selon qu’il s’adresse à Dieu, est un acte de la raison pratique, par lequel, sous forme de demande qui supplie, nous voulons amener Dieu à faire ce que nous souhaitons (q. 83, a. 1).

— Mais est-ce là chose raisonnable et possible ?

— Oui, certes ; et il n’est même rien, sur cette terre, qui soit plus raisonnable ou plus en harmonie avec notre nature (q. 83, a. 2).

— Comment montrez-vous qu’il en est ainsi ?

— Par ces considérations : étant des êtres raisonnables et conscients, nous avons besoin, au plus haut point, de prendre conscience de ce qu’est Dieu et de ce que nous sommes. Or, nous ne sommes que misère ; et lui est la source de tout bien. Plus, donc, nous aurons conscience de notre misère, jusque dans le détail de ses besoins, et que c’est de Dieu seul que nous viennent, comme de leur première source, les biens capables d’y remédier, plus nous serons ce que nous devons être, c’est-à-dire ce que notre nature requiert. Et l’acte de la prière est précisément cela même. Il est d’autant plus parfait qu’il nous fait davantage prendre conscience de notre misère et de la bonté de Dieu y remédiant. Aussi, est-ce bien pour cela que Dieu, dans sa miséricorde, a voulu que nous priions, déterminant que certaines choses ne nous seraient accordées qu’à la demande que nous lui en ferions (q. 83, a. 2).

— C’est donc, au plus haut point, la volonté de Dieu que nous faisons, en voulant l’amener par notre prière à faire ce que nous voulons ?

— Oui, c’est, au plus haut point, la volonté même de Dieu que nous faisons en nous efforçant de l’amener, par notre prière, à accomplir ce que nous souhaitons, toutes les fois que ce que nous souhaitons est pour notre vrai bien.

— Dieu nous exauce-t-il toujours alors ?

— Oui, Dieu nous exauce toujours, quand nous lui demandons, sous l’action même de son Esprit-Saint, ce qui est pour notre vrai bien (q. 83, a. 15).

— Y a-t-il une formule de prière qui nous assure que nous demandons toujours notre vrai bien ?

— Oui, c’est la formule de la prière par excellence, qui s’appelle le Notre Père, ou l’oraison dominicale (q. 83, a. 9).

— Qu’entendez-vous par ces mots : l’oraison dominicale ?

— J’entends la prière que nous a enseignée Notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Évangile.

— Pouvez-vous me dire cette prière ?

— Oui, et la voici :

Notre Père, qui êtes aux cieux : que votre nom soit sanctifié ; que votre royaume arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel ; donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour ; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.

— Cette prière contient-elle, à elle seule, toutes les prières ou toutes les demandes que nous pouvons et devons faire à Dieu ?

— Oui, cette prière contient, à elle seule, toutes les prières ou toutes les demandes que nous pouvons et devons faire à Dieu ; et tout ce que nous demanderons à Dieu se ramènera toujours, si nous demandons ce qu’il faut, à l’une de ces demandes du Notre Père (q. 83, a. 9).

— Y a-t-il encore une autre excellence de cette prière et qui lui appartienne tout à fait en propre ?

— Oui ; et cette excellence consiste en ce qu’elle met sur nos lèvres, dans l’ordre même où ils doivent être dans notre cœur, tous les désirs qui doivent être les nôtres (q. 83, a. 9).

— Pourriez-vous me montrer cet ordre des demandes de l’oraison dominicale ?

— Le voici en quelques mots. De tous nos désirs, le premier doit être que Dieu soit glorifié, puisque la gloire de Dieu est la fin de toutes choses ; mais, tout de suite, et pour coopérer nous-mêmes, le plus excellemment, à cette gloire, nous devons désirer d’être admis à la partager un jour éternellement dans le ciel. Et tel est le sens des deux premières demandes du Notre Père, quand nous disons : Que votre nom soit sanctifié ; que votre royaume arrive. – Cette glorification de Dieu en lui-même et de nous en lui sera le terme final de notre vie un jour. Sur cette terre et durant la vie présente, nous devons travailler à mériter d’y être admis. Pour cela, nous n’avons qu’une seule chose à faire : accomplir en tout, aussi parfaitement que possible, la volonté de Dieu. C’est ce que nous demandons quand nous disons : Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. – Mais, pour accomplir cette volonté d’une manière parfaite, nous avons besoin du secours de Dieu qui soutienne notre faiblesse, soit dans l’ordre des nécessités temporelles, soit dans l’ordre des nécessités spirituelles. Nous demandons ce secours, quand nous disons : Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour. – Et cela suffirait, si nous n’avions à nous débarrasser du mal qui peut être un obstacle, soit à l’acquisition du royaume de Dieu, soit à l’accomplissement de la volonté de Dieu, soit à la suffisance des choses dont nous avons besoin dans la vie présente. Contre ce triple mal, nous disons à Dieu : Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons, nous, à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez point succomber à la tentation ; mais délivrez-nous du mal (q. 83, a. 9).

— Pourquoi disons-nous au début de cette prière : Notre Père qui êtes aux cieux ?

— Pour nous exciter à une confiance sans bornes, puisque celui à qui nous nous adressons est un Père, et qu’il règne dans les cieux, ayant tout en son pouvoir (q. 83, a. 9, ad 5).

— Faut-il réciter souvent cette prière du Notre Père ?

— Il faut vivre continuellement dans son esprit et la dire aussi de temps en temps, le plus souvent même, selon que les conditions de notre vie nous le permettent (q. 83, a. 14).

— Est-ce le moins qu’il soit convenable de faire, en quelque condition qu’on se trouve, de ne point laisser passer un seul jour sans dire cette prière ?

— Oui, c’est le moins qu’il soit convenable de faire, en quelque condition qu’on se trouve, de ne point laisser passer un seul jour sans dire cette prière.

— Est-ce à Dieu seul que nous devons adresser nos prières ?

— Oui, c’est à Dieu seul que nous devons adresser nos prières, comme à celui de qui nous attendons tous nos biens ; mais nous pouvons nous adresser à certaines créatures pour les prier d’intercéder en notre faveur auprès de Dieu (q. 83, a. 4).

— Quelles sont ces créatures à qui nous pouvons nous adresser pour les prier d’intercéder en notre faveur auprès de Dieu ?

— Ce sont les anges ou les saints qui sont dans le ciel et les justes qui vivent sur la terre (q. 83, a. 11).

— Est-il bon de se recommander ainsi aux âmes saintes et de solliciter leurs prières ?

— Oui, c’est chose excellente de se recommander à la pieuse intercession des âmes saintes et de solliciter leurs prières auprès de Dieu.

— Parmi toutes les créatures, en est-il quelqu’une qui doive, à un titre tout spécial, être ainsi sollicitée par nous dans nos prières ?

— Oui, c’est la glorieuse Vierge Marie, la Mère du Fils de Dieu incarné, Notre Seigneur Jésus-Christ.

— De quel nom a-t-on appelé la très sainte Vierge Marie en raison de cette mission spéciale qu’elle a d’intercéder pour nous ?

— On l’a appelée la toute-puissance d’intercession.

— Et qu’a-t-on voulu signifier par ces mots ?

— On a voulu signifier par là que tous ceux pour qui elle intercède auprès de Dieu, sont exaucés de lui dans leurs prières.

— Est-il une formule de prière plus particulièrement excellente pour solliciter ainsi l’intercession de la très sainte Vierge Marie auprès de Dieu ?

— Oui, c’est la prière de l’Ave Maria ou du : Je vous salue.

— Pourriez-vous me dire cette prière ?

— Oui ; et la voici : Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

— Quand est-ce qu’il est bon de réciter cette prière ?

— Il est bon de la réciter le plus souvent possible ; et, tout spécialement, à la suite du Notre Père, quand on le récite en particulier.

— Y a-t-il un mode particulièrement excellent de joindre ensemble ces deux prières pour en assurer l’efficacité ?

— Oui, c’est le Rosaire.

— Qu’entendez-vous par le Rosaire ?

— J’entends un mode de prière qui consiste à rappeler les quinze principaux mystères de notre rédemption, et à réciter, en présence du souvenir de chacun d’eux, une fois le Notre Père, qu’on fait suivre du Je vous salue, répété dix fois, après quoi on ajoute : Gloire soit au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement et maintenant et toujours et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

30. Actes extérieurs : l’adoration ; le sacrifice ; les dons ;

le denier du culte ; le vœu ; le serment ;

l’invocation du saint nom de Dieu

 

— Après les actes intérieurs de la dévotion et de la prière, quels sont les autres actes de la vertu de religion ?

— Ce sont tous les actes extérieurs qui sont ordonnés de soi à honorer Dieu (q. 84-91).

— Ces actes, quels sont-ils ?

— Il y a d’abord les gestes ou mouvements du corps, tels que les inclinations de tête, les génuflexions, les prostrations ou tous autres actes qu’on comprend sous le nom général d’adoration (q. 84).

— En quoi consiste l’excellence de ces actes ?

— Elle consiste en ce qu’ils font contribuer le corps lui-même à honorer Dieu et qu’ils peuvent, au plus haut point, quand ils sont accomplis comme ils doivent l’être, constituer un secours pour mieux faire les actes intérieurs (q. 84, a. 2).

— N’y a-t-il que notre coprs que nous devons ainsi faire servir à honorer Dieu dans la vertu de religion ?

— Il y a aussi les choses extérieures que nous pouvons offrir à Dieu en hommage, sous forme de sacrifice ou de pieuse contribution (q. 85-87).

— Y a-t-il, dans la loi nouvelle, une seule forme de sacrifice, au sens strict de ce mot, et selon qu’il implique une immolation de victime ?

— Oui, c’est le saint sacrifice de la messe, dans lequel est immolé, sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, celui qui depuis le sacrifice sanglant de la croix est l’unique victime offerte à Dieu et agréée de lui (q. 80, a. 4).

— Est-ce un acte de religion agréable à Dieu de contribuer, selon ses ressources, à assurer ou à rehausser le culte extérieur, en donnant pour ce culte ou pour l’entretien de ses ministres ?

— Oui, tout cela est acte de religion, et Dieu l’a pour très spécialement agréable (q. 86-87).

— N’est-ce qu’en donnant ainsi à Dieu, pour son culte, ou à ses ministres, qu’on fait acte de religion ?

— On peut aussi faire acte de religion en promettant à Dieu quelque chose qui soit de nature à lui être agréable (q. 88).

— Comment s’appelle cette promesse ?

— On l’appelle le vœu (q. 88, a. 1 ; a. 2).

— Quand on fait un vœu, est-on obligé de le tenir ?

— Oui, quand on fait un vœu, on est obligé de le tenir, à moins d’impossibilité ou de dispense (q. 88, a. 3 ; a. 10).

— Y a-t-il un dernier genre d’actes de religion ?

— Oui ; ce sont les actes où l’on use, en vue d’honorer Dieu, de quelque chose qui touche à Dieu lui-même (q. 89).

— Qu’est-ce donc qui peut ainsi être quelque chose qui touche à Dieu et que nous pouvons utiliser à l’effet de l’honorer et de lui rendre hommage ?

— Ce sont les choses saintes ; et le saint nom de Dieu.

— Qu’entendez-vous par les choses saintes ?

— J’entends tout ce qui a reçu de Dieu, par l’entremise de son Église, une consécration ou une bénédiction particulière ; comme sont les personnes consacrées à Dieu ; les sacrements ; et les sacramentaux : tels que l’eau bénite ou les objets de piété ; et aussi les lieux du culte (q. 89, prologue).

— Comment est-ce qu’on peut user du saint nom de Dieu, sous forme d’hommage rendu à Dieu ?

— On peut user du saint nom de Dieu, sous forme d’hommage rendu à Dieu, en l’appelant à témoin de ce qu’on affirme ou en l’évoquant par mode de louange (q. 89-91).

— De quel nom désigne-t-on le fait d’appeler Dieu à témoin de ce que l’on affirme ou de ce que l’on promet ?

— C’est ce que l’on désigne sous le nom de serment (q. 89, a. 1).

— Le serment est-il une chose bonne en soi et qui soit à recommander ?

— Le serment n’est une chose bonne qu’en raison d’une grande nécessité et dont il ne faut user qu’avec la plus extrême réserve (q. 89, a. 2).

— Et l’adjuration, qu’est-elle ?

— L’adjuration est un acte qui consiste à en appeler au saint nom de Dieu ou à quelque chose sainte pour amener quelqu’un à agir ou à ne pas agir dans le sens que nous voulons (q. 90, a. 1).

— Est-ce là un acte permis ?

— Oui ; quand il est fait avec respect et selon que le demande la condition des êtres que nous adjurons (Ibid.)

— Est-il bon d’invoquer ou d’évoquer souvent le saint nom de Dieu ?

— Oui ; pourvu qu’on le fasse avec le plus grand respect et sous forme de louange (q. 91, a. 1).

 

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 21

p. 61-68

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