+ Nos papiers, c’est vous !
Pour protéger les Corinthiens des troubles et des intrigues dans lesquels les « super-apôtres », c’est-à-dire des prédicateurs judaïsants, venaient de les mettre, saint Paul leur écrit : « Aurions-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous ou de vous ? Notre lettre, c’est vous, une lettre écrite en vos cœurs, connue et lue de tous les hommes » (2 Co 2, 1-2).
En écho au livre, Les Sans-papiers de l’Église, nous osons plagier saint Paul et proclamer : « Nos papiers, c’est vous, traditionalistes, du monde entier ! » La démonstration de l’application du texte de saint Paul à la situation des traditionalistes est largement apportée par Huguette Pérol de la page 27 à la page 164 de son livre. Une vaste fresque de l’activité salvifique de la Fraternité Saint-Pie X dans le monde, à laquelle s’ajoutent, au Brésil, l’œuvre des prêtres de Campos et celle des bénédictins du monastère de Santa Cruz, prouve à merveille combien cette œuvre de résistance aux erreurs de la Rome actuelle et de propagation de la Tradition est bénie de Dieu, parce qu’elle est voulue par lui. L’exposé de Mgr Williamson (p. 52 à 57) présente d’intéressants points de vue sur l’Église des années 1950, sur les catholiques américains imprégnés malgré eux de franc-maçonnerie et sur le rôle des apparitions privées.
Le chapitre sur le carmel de Quiévrain (p. 72 à 79) contient d’utiles rappels sur l’unum necessarium [unique nécessaire] :
Il faut une grâce spéciale pour le comprendre [l’isolement total des carmélites], ce qui n’est pas donné à tous, même à des prêtres. C’est dur, mais c’est nécessaire pour ne plus vivre que de Dieu. Le monde est un danger pour les âmes religieuses, même les plus saintes (p. 77).
Admirons au passage une délicate et précieuse confidence sur Mgr Lefebvre :
Excellent confesseur, il faisait rapidement le tour d’une âme. il n’avait pas peur de dire ses quatre vérités quand il sentait que sa pénitente pouvait comprendre. J’en sais quelque chose : calmement, il disait tout ce qu’il avait à dire (p. 76).
Quel dommage alors que 44 pages corrompent les 137 pages que nous venons d’admirer ! Ces 44 pages comprennent essentiellement la préface du père Michel Lelong, père blanc, et un extrait de lettre du cardinal Thiandoum (p. 7 à 25), puis la partie intitulée « débat » (p. 165 à 191).
Le cardinal Thiandoum après avoir encensé Mgr Lefebvre : « Je l’ai toujours considéré comme un véritable homme de Dieu » (p. 15) cherche à expliquer ce qu’il appelle la « rupture lefebvriste » : « C’est après avoir quitté l’Afrique que les problèmes ont commencé avec le Saint-Siège. C’est alors que je me suis demandé si les problèmes qu’il avait rencontrés en Europe avaient affaibli son amour pour Dieu et pour ses frères. (…) De quelle manière peut-on expliquer alors la rupture avec l’Église d’un homme qui aime Dieu, qui est très charitable et aimant profondément l’Église ? Ceci est le mystère de Mgr Lefebvre. Peut-être cette rupture a-t-elle touché son cœur, modifiant son rapport avec Dieu, avec ses frères, avec l’Église ? » (p. 15).
La conclusion du cardinal est évidente. « Dans l’Évangile le Christ a toujours fait le premier pas en direction des pécheurs. Je ne vois pas d’autre voie que celle qui nous fait suivre l’exemple du Christ » (p. 16).
Tout cela sur fond de Jubilé de l’an 2 000 (p. 16).
L’éditeur [1] a beau jeu de résumer ainsi le livre : « Par la voix du cardinal Thiandoum, archevêque de Dakar, proche du pape Jean-Paul II et ami de Mgr Lefebvre, cet ouvrage appelle à la réconciliation entre Rome et Écône » (p. 4 de la couverture).
Remarques sur le fond
Quant au fond, analysons brièvement les trois thèmes sous-jacents de ce livre :
1°) Vatican II a été mal interprété :
Je fus choqué alors [en 1975] de la façon dont une partie du clergé français comprenait Vatican II. Il y cherchait souvent une justification à un engagement politique de gauche, tout en délaissant la dimension théologique et culturelle du dialogue inter-religieux (p. 8).
Ne devrions-nous pas plutôt nous demander pourquoi ils [les disciples de Mgr Lefebvre] contestent certains textes de Vatican II ? Nous demander, surtout, si la crise que traverse actuellement l’Église a pour cause le dernier concile ou l’application qui en a été faite ? (p. 9).
J’en suis arrivé à la conviction que cette blessure dans le corps du Christ trouve son origine, non pas dans le concile Vatican II lui-même, mais dans la façon dont il est trop souvent compris, interprété et appliqué en plusieurs pays occidentaux, et en particulier en France (p. 10).
Ce n’est pas, me semble-t-il, le concile Vatican II qui est la cause de cette crise, mais, dans une large mesure, la façon dont il fut, trop souvent, compris et utilisé (p. 11).
Une relecture attentive et une application plus fidèle du texte conciliaire sur la liturgie permettraient sans doute de lever bien des malentendus (p. 176).
2°) Avec Jean-Paul II la situation s’améliore :
Dans le domaine de la liturgie :
Depuis quelques années d’ailleurs, on assiste à une saine réaction contre les excès les plus fantaisistes et on revient à une expression liturgique plus conforme à la tradition de l’Église (p. 11).
Il serait injuste d’accuser le concile Vatican II de toutes les dérives que connurent, en France et ailleurs, les célébrations liturgiques et en particulier la célébration du saint sacrifice de la messe. Mais il faut bien reconnaître que ces dérives ont existé et qu’elles n’ont pas encore entièrement disparu, malgré les efforts faits, ces dernières années, pour redécouvrir le patrimoine doctrinal, spirituel et artistique de la tradition catholique (p. 176).
Dans le domaine de la morale :
Certains qui prétendent approuver le pape sans réserve s’en détournent dès qu’il tient un langage de fermeté, sur l’avortement, par exemple (p. 53-54).
Dans le domaine de l’œcuménisme :
Mais il [le Saint-Siège] a toujours affirmé qu’une telle réconciliation [avec l’anglicanisme, le protestantisme et l’orthodoxie] entre tous les disciples du Christ ne pouvait se faire que dans la vérité, la fidélité et le respect mutuel, ce qui exclut toute compromission doctrinale sur des sujets aussi fondamentaux que la primauté de Pierre, la succession apostolique, le sacerdoce ministériel, la doctrine des sacrements. On a pu constater d’ailleurs, ces dernières années, que l’attitude très claire et ferme du Saint-Siège sur toutes ces questions avait été considérée parfois comme un obstacle, voire un recul sur la voie de l’œcuménisme (p. 181).
Pour confirmer cette amélioration de la situation grâce à Jean-Paul II, on nous raconte que « cette même année [1980], le pape, en visite à Paris, passant devant l’église [Saint-Nicolas-du-Chardonnet], dit à ceux qui l’accompagnaient :“Laissez-les prier !” » (p. 63).
D’ailleurs, on apprend que, déjà sous Paul VI : « Un point commun nous unit, lui [à Mgr Lefebvre] avait dit le Saint-Père, le désir ardent de voir cesser les abus qui défigurent l’Église » (p. 143).
3°) Alors, si d’une part, « Vatican II produisit des fruits de sainteté » (p. 11) et si, d’autre part la situation s’améliore actuellement, il faut que les traditionalistes cessent la lutte, le combat n’ayant plus d’objet.
Le père Lelong explique son but :
Pourquoi, dès lors, ai-je accepté de préfacer ce livre ?
Parce que je suis convaincu qu’en l’écrivant, Huguette Pérol apporte une contribution des plus utiles aux relations qui pourraient s’établir – ou se rétablir – entre tous les catholiques, sans aucune exclusive : ceux qui sont satisfaits de la façon dont sont appliqués les principes énoncés dans les textes de Vatican II, ceux qui estiment que le pontificat de Jean-Paul II constitue un retour en arrière par rapport aux perspectives ouvertes par le dernier concile, ceux enfin qui considèrent cet événement ecclésial comme un « véritable complot libéral » mettant en danger l’authentique foi catholique (p. 9).
Le père Lelong remarque, en note, que l’expression « véritable complot libéral » est utilisée par Mgr Lefebvre dans sa préface du livre de l’abbé Denis Marchal, Monseigneur Lefebvre, 20 ans de combat pour le sacerdoce et la foi. La conclusion, si l’on suivait Mgr Lefebvre, paraît claire : aucune entente n’est possible entre lui, Mgr Lefebvre et ses amis, et les autres ; l’« exclusive », n’en déplaise au père Lelong, est totale. Pourquoi ce dernier s’entête-t-il donc ? Parce que, comme l’a bien compris Joseph Vandrisse qui a consacré deux grandes colonnes du Figaro (lundi 27 janvier 1997) au livre d’Huguette Pérol,
il existe en effet, d’une part, un « noyau dur » qui poursuit ses critiques contre « la Rome moderne infestée de modernisme », l’œcuménisme, le dialogue avec les religions, etc., et, d’autre part, des catholiques qui, sans chercher à s’identifier au mouvement lefébvriste jusque dans ses excès, souffrent de ce qu’ils appellent les excès de la réforme qui suivit le concile Vatican II.
Le journaliste ajoute que d’ailleurs le cardinal Eyt, lui-même, et Mgr Dagens comprennent les souffrances de ces nostalgiques du passé.
Alors pourquoi ne pas s’entendre avec ces nostalgiques en les séparant du « noyau dur » ?
Joseph Vandrisse précise la manœuvre, en citant le cardinal Ratzinger qui répondait ainsi à Mgr Saudreau lors de sa visite ad limina en janvier dernier :
Il est clair que dans le cas d’une volonté explicite d’adhérer à un groupe schismatique et à la rupture, ces catholiques sont bien hors de la communion, autrement dit, excommuniés.
Il n’y a donc plus qu’à se retrouver tous ensemble dans l’« Église » de Jean-Paul II, les traditionalistes enrichissant les autres de leur spécificité, c’est-à-dire de leur nostalgie du passé, comme le propose carrément le père Lelong :
Aujourd’hui comme hier, et comme ce fut le cas tout au long des siècles, il est normal et heureux que divers courants théologiques et spirituels s’expriment au sein de la communauté chrétienne. Il en fut ainsi dès l’origine entre les apôtres Pierre et Paul, dont le débat fondamental fut tranché lors du premier concile de Jérusalem. La diversité au sein de l’Église catholique est une richesse quand elle conduit, non à des excommunications réciproques, mais à des échanges sincères et fraternels dans le respect mutuel (p. 12).
Pratiquement, précise le père Lelong :
Celle-ci [la difficile et nécessaire solution] ne peut être trouvée qu’en pleine communion avec l’évêque de Rome, et sous son autorité (p. 13).
Et pour enfoncer le clou, il cite un « texte extrait d’une note rédigée par M. Gilbert Pérol [2], ambassadeur de France » :
La Tradition doit se garder de la mortelle maladie de la séparation, du schisme, le vrai, pas celui qui se décrète, mais celui qui se crée, inexorablement, par l’éloignement des schismatiques qui le deviennent sans s’en rendre compte (p. 13 et 14).
G. Pérol est victime de l’exploitation outrancière par les néo-modernistes du mot schisme qui fait, à juste titre, peur aux vrais catholiques. Mais la réalité du schisme est impossible quand le combat des traditionalistes a pour essence et vocation la défense de l’Église et de la chaire de saint Pierre. En revanche le danger de schisme et d’hérésie est réel de la part des néo-modernistes qui occupent l’Église jusqu’aux plus hautes instances. On s’en aperçoit tous les jours. C’est contre ce danger que Nos Seigneurs Lefebvre et de Castro-Mayer avaient adressé au pape Jean-Paul II une « solennelle mise en garde » :
Très Saint-Père, votre responsabilité est gravement engagée dans cette nouvelle et fausse conception de l’Église qui entraîne le clergé et les fidèles dans l’hérésie et le schisme. Si le synode, sous votre autorité, persévère dans cette orientation, vous ne serez plus le bon pasteur.
Ces lignes sont du 31 août 1985. Depuis, il y a eu Assise (1986), la déclaration de Balamand (juin 1993, que Mgr Fellay a dénoncée à plusieurs reprises [3]) et tant d’autres trahisons. Heureusement les sacres du 30 juin 1988 à Écône et celui de 1992 au Brésil sont venus, en donnant des évêques aux catholiques traditionalistes, ôter tout espoir de victoire totale et définitive à la dérive néo-moderniste de Rome.
Remarques sur la forme
Quant à la forme, résumons ce livre en quelques points :
1°) Des références sont douteuses :
Saint-Nicolas-du-Chardonnet est qualifié d’« arbre de la liberté ».
François Mauriac est longuement cité (p. 174 à 176). Outre l’orthodoxie suspecte de cet auteur, et pas seulement en religion, notons qu’il ne voit dans le changement de la messe qu’une question de latin et de silence qui y font maintenant défaut. Il écrit même : « Non que je n’approuve, que je n’admire cet effort de l’Église d’aujourd’hui pour apprendre au peuple fidèle à prier ensemble, dans un langage compris de tous » (p. 175).
Mgr Lefebvre, lui, affirmait au cardinal Oddi qui le pressait de demander « un petit pardon au pape » : « Il faut que Rome change. Ce n’est pas une question de liturgie, mais une question de foi [4]. »
2°) Surtout « le débat » annoncé est inexistant. Il consiste, après une citation plus ou moins longue de Vatican II, à rapporter l’avis de l’abbé du Chalard ou de l’abbé Schmidberger, puis celui du père Lelong, mais ces avis sont simplement juxtaposés, sans discussion, sans échange d’arguments.
L’abbé du Chalard a beau rappeler, à propos de la réforme liturgique :
Dans le même texte, et parfois dans la même phrase, le concile s’engage dans deux optiques contraires : conserver la langue latine et donner une plus large place à la langue du pays. Ces deux exemples d’ambiguïté, pour ne pas dire de contradiction, sont l’image de la plupart des textes conciliaires dont plusieurs seront aggravés par des affirmations contraires au magistère de l’Église (p. 172).
L’abbé Schmidberger a beau insister, à propos de l’œcuménisme :
D’un côté, il faut éliminer et taire tout ce qui peut scandaliser, d’un autre, il faut exposer clairement toute la doctrine. Dans ces déclarations contradictoires sont déjà en germe les conflits post-conciliaires, parce que ces textes permettent, soit l’interprétation moderniste, soit la foi traditionnelle (p. 180).
L’abbé Schmidberger donne même l’exacte définition de Vatican II : une « Bombe à retardement [5] » (p. 189).
Malheureusement, l’avis du père Lelong étant toujours donné en dernier, il paraît conclure. Or c’est toujours dans un sens favorable à Vatican II. Et c’est ainsi que le livre se termine sur une apologie des nouveautés issues de Vatican II concernant la liturgie, l’œcuménisme, la liberté religieuse et les rapports de l’Église avec les religions non chrétiennes.
Citons, pour illustrer notre propos, la fin de l’avis du père Lelong sur la liberté religieuse :
De nos jours, le pape et les évêques en communion avec lui à travers le monde enseignent qu’il peut et qu’il doit y avoir une séparation – ce qui ne veut pas dire une opposition – entre le pouvoir politique et la communauté ecclésiale [6], chacun d’entre eux assurant sa vocation propre, dans le respect des prérogatives de l’autre et en bonne entente avec lui.
Évidente et nécessaire dans les régions où des catholiques sont minoritaires – en Asie par exemple et en de nombreux pays d’Afrique – cette situation est devenue une réalité à notre époque dans la plupart des pays de tradition chrétienne. Une telle réalité ne comporte-t-elle pas des avantages pour l’Église elle-même dans l’accomplissement de sa mission ? Et n’est-elle pas plus conforme à l’enseignement du Christ (p. 186) ?
Et maintenant relisons la 55e proposition condamnée par Pie IX dans le Syllabus (1864) : « L’Église doit être séparée de l’État et l’État séparé de l’Église » (DS 2955).
L’état d’esprit du père Lelong est clairement exprimé dans le dernier paragraphe du livre qui en est comme la conclusion générale :
On peut donc affirmer que si le concile Vatican II a ouvert des perspectives nouvelles dans le domaine des relations entre l’Église et les autres religions, en particulier l’islam et le judaïsme, il n’a pas été un rejet mais un approfondissement de la doctrine traditionnelle [7]. En ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, le dernier concile constitue donc une nouvelle étape dans l’évolution séculaire et jamais achevée de la pensée catholique [8] (p. 191).
Sans doute le père Lelong a-t-il fait un premier pas [9] puisqu’il vient de nouer quelques relations avec les traditionalistes. Pour le moment, c’est un progrès affectif, du cœur, et c’est déjà beaucoup. Prions pour qu’il ait aussi l’intelligence des questions en jeu, lui qui avoue dès le début de sa préface :
C’est donc avec joie, dans l’espérance, que j’accueillis le concile. Je ne pouvais comprendre que certains évêques, notamment Mgr Marcel Lefebvre, refusent l’œcuménisme, la liberté religieuse et l’idée du dialogue avec les autres religions (p. 7).
Nous invitons cordialement le père Lelong, madame Huguette Pérol et tous leurs amis à étudier le livre de Mgr Lefebvre, J’accuse le concile [10]. Dès la préface (p. 6) l’archevêque leur donne la clé pour comprendre :
Pour bien comprendre et mesurer la nocivité de ce concile il faut l’étudier à la lumière des documents pontificaux qui mettent les évêques, les clercs et les fidèles en garde contre la conjuration des ennemis de l’Église agissant à travers le libéralisme et le modernisme, et cela depuis bientôt deux siècles.
Il faut aussi connaître les documents des adversaires de l’Église et spécialement des sociétés secrètes préparant ce concile depuis plus d’un siècle.
Enfin il sera très instructif de suivre les réactions des protestants, des maçons et des catholiques libéraux, pendant et après ce concile.
La conclusion s’impose, surtout après l’immense désastre que subit l’Église depuis ce concile ; cet événement ruineux pour l’Église catholique et toute la civilisation chrétienne n’a pas été dirigé et conduit par l’Esprit-Saint.
C’est rendre à l’Église de Notre Seigneur Jésus-Christ et au salut des âmes un immense service que de dénoncer publiquement les agissements des hommes d’Église qui ont voulu faire de ce concile la paix de Yalta de l’Église avec ses pires ennemis, soit, dans la réalité, une nouvelle trahison de Notre Seigneur Jésus-Christ et de son Église.
Fr. I.-M.
Huguette Pérol, Les Sans-papiers de l’Église, Paris, Éd. F.-X. de Guibert, décembre 1996.
[1] — Un bulletin traditionaliste a qualifié cet éditeur de « courageux », parce qu’il a publié un livre de [l’abbé] Claude Barthe, intitulé Trouvera-t-Il encore la foi sur la terre ? Une crise de l’Église : histoire et questions. Pour être parfaitement juste sur le « courage » de l’éditeur signalons qu’il a quand même pris la précaution de préciser, au début de ce livre : « L’éditeur a laissé à l’auteur l’entière liberté pour exprimer son point de vue. Il tient à rappeler sa fidélité à l’Église catholique et, tout particulièrement, à Sa Sainteté le pape Jean-Paul II comme à ses prédécesseurs Paul VI et Jean XXIII. »
[2] — A l’occasion de son décès, 8 mars 1995, La Nef d’avril 1995 (nº 49, p. 20 à 28) lui a rendu un vibrant hommage en huit articles et textes divers, accompagnés de cinq photographies dont l’une avec de Gaulle en 1965, une autre avec Jean-Paul II et une troisième représentant son inhumation dans la Creuse par Dom de Lesquen, abbé de Randol.
[3] — Par exemple, Lettre aux Amis et Bienfaiteurs nº 50, 25 mars 1996.
[4] — Mgr Lefebvre, L’Église infiltrée par le modernisme – le vers est dans le fruit, Bitche, Éd. Fideliter, 1993, p. 134.
[5] — Remarquons que les interventions de M. l’abbé Schmidberger sont extraites de sa brochure « Die Zeit bomben des zweiten vatikanischen konzils » (Priesterbruderschaft St. Pius X, Stuttgart, 1989). Or les traductions qui en sont données sont bien édulcorées et même déficientes. Nous tenons à la disposition de nos lecteurs le texte original allemand et notre traduction.
[6] — Souligné par nos soins.
[7] — Le seul exemple de « dialogue inter-religieux » que cite le P. Lelong dans toute l’histoire de l’Église est la fameuse lettre de saint Grégoire VII (pape de 1 073 à 1 085) à un émir musulman. Lettre fameuse, car elle est citée dans les actes de Vatican II (Nostra aetate, § 3) et Jean-Paul II la reprend régulièrement. Lettre unique : si les experts conciliaires avaient trouvé d’autres documents, soyons sûrs qu’ils les auraient fournis. Lettre mal interprétée surtout : voir Le Sel de la terre 9, p. 179-180, « Avons-nous le même Dieu que les musulmans ? », réfutation du P. Gabriel, bénédictin du Barroux.
[8] — Souligné par nos soins.
[9] — Le père Lelong raconte : « En 1975, je fus rappelé [depuis le Maghreb] en France pour créer, sous l’autorité de l’épiscopat, le secrétariat pour les relations avec l’Islam » (p. 8).
[10] — Mgr Lefebvre, J’accuse le concile, 1ère édition, CH-1920, Martigny, Éd. Saint-Gabriel, 1976.
Informations
L'auteur
Religieux dominicain du couvent de la Haye-aux-Bonshommes (Avrillé).
Le numéro

p. 200-206
Les thèmes
trouver des articles connexes
Télécharger le Pdf ici :
.
