+ Ni Prince, ni Crapaud
Dans les années 1970 le jésuite Raymond Hostie introduisit en Europe l’analyse transactionnelle (l’A.T.) qui avait été fondée par l’américain Éric Berne (1910-1970). Son champ d’application s’étend actuellement de plus en plus : des entreprises à la vie familiale, à l’armée, aux programmes des BTS et des écoles supérieures. Il est utile de la connaître, pour pouvoir renseigner autour de soi.
Michel Tougne, consultant en entreprise depuis vingt ans, est aussi titulaire d’un doctorat de « troisième cycle » ; à ce double titre, il a observé les pratiques de l’analyse transactionnelle, il en a constaté les méfaits, et il a découvert le pourquoi. Le titre de son livre se réfère à des termes hermétiques et fantaisistes de l’A.T. (on veut constituer une vaste secte d’« initiés ») ; ils désignent deux modes de vie opposés : le gagnant (heureux par ses succès), le perdant (maudit à cause de ses échecs).
L’ouvrage fait une analyse épistémologique serrée, qui suit pas à pas les différents aspects de l’A.T. Grâce à une solide formation thomiste, l’auteur explique les méfaits pratiques, en particulier dans les mœurs et dans la vie personnelle ; il les montre comme découlant des bases du système. Ce dernier est une idéologie essentiellement subjectiviste, dont les thèmes prétendent donner une théorie anthropologique complète ; ce sont : l’entraînement au consensus (élimination de toute transcendance, de toute vérité objective), le rejet de l’idée de nature humaine, la construction de « modèles » ayant pour but d’imaginer les « fonctionnements » humains.
Louis Millet
Michel Tougne, Ni Prince, ni Crapaud : l’analyse transactionnelle, savoir ou mystification ? 250 p., Publications CFP (66, rue Maurice Berteaux, Conflans-Sainte-Honorine, 78700 ; prix ; 158 F. + 20 F. pour les frais d’envoi).

