Sainte Thérèse
de l’Enfant-Jésus
et saint Benoît
par le père Thomas d’Aquin O.S.B.
LE soleil, par son élévation, éclaire et réchauffe toutes les parties du globe terrestre. De la même manière, certains grands saints rayonnent sur toute l’Église. C’est le cas de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, cas, à vrai dire, bien rare.
On ne peut pas, en effet, citer beaucoup de saints dont l’influence s’étende à tous les ordres et congrégations religieuses. Mis à part les Pères et les grands Docteurs de l’Église, il y a peu de saints dont on puisse dire qu’ils ont illuminé par leur doctrine et réchauffé par leurs vertus toute l’Église.
D’où vient donc l’influence de cette humble carmélite ? Elle vient, nous semble-t-il, de sa sainteté éminente doublée d’une vocation, d’une mission, d’un choix du bon Dieu qui a fait de cette âme le docteur, le guide et l’intercesseur privilégié d’une multitude d’âmes de tous les continents, de toutes les langues et de toutes les familles religieuses.
Sainte Thérèse a vraiment reçu une vocation divine : la vocation de marcher dans une voie toute nouvelle, toute simple et directe et, ensuite, de l’apprendre aux autres, comme l’a dit Benoît XV : « Cette heureuse servante de Dieu a eu tant de science pour elle-même qu’elle a su indiquer aux autres le chemin du salut. »
Et quelle est cette voie ? Elle ne peut être définie en quelques mots. C’est tout ensemble l’amour, la confiance et l’abandon, c’est toute la vie de sainte Thérèse. C’est l’humilité aimante et confiante. C’est une lumière profonde sur l’Évangile qui dévoile au grand jour certaines de ses richesses cachées. « Le principal est à dire et encore à connaître, et il reste ainsi à creuser beaucoup dans le Christ » avait dit saint Jean de la Croix. Il est évident que sainte Thérèse y a apporté une collaboration de poids qui a surpris et émerveillé le monde entier et qui a été à l’origine du salut d’un grand nombre.
Quelques exemples de son influence
parmi les fils de saint Benoît
Dom Gabriel Sortais, abbé général des Cisterciens réformés, avait pour elle une gratitude impossible à exprimer.
Je demande tout à ma maîtresse des novices, et je vous avoue qu’elle m’avertit immédiatement de bien des choses auxquelles je n’aurais sans doute pas prêté attention autrement. Je ne lui refuse rien, et je voudrais tant qu’elle n’hésite pas à en profiter ! (…) Elle me fait tant de bien. Ce que je comprends mal au contact des autres saints me semble tout simple avec elle [1].
Sainte Thérèse a l’art de simplifier les âmes. Et Dom Sortais en est l’heureux bénéficiaire.
Quant à la santé morale, c’est en plein progrès. Il faudrait que j’aie le temps de vous conter cela. La vie intérieure m’est bien plus facile maintenant. La petite Thérèse m’a beaucoup aidé. Ma conversation est souvent dans les cieux, comme le recommandait saint Paul aux Philippiens.
L’action de la sainte se fait bien présente et, par là, nous voyons qu’elle n’est pas seulement un docteur, mais aussi un guide. N’a-t-elle pas dit qu’elle ne prendrait son repos qu’au moment où l’ange du jugement dirait : « Le temps n’est plus » ?
Dieu me comble depuis quelques mois. Il s’est servi pour cela de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Dire ce que j’ai trouvé auprès d’elle est difficile à exprimer. Elle me sert beaucoup à trouver Dieu. Elle m’obtient de comprendre bien des choses qui m’étaient obscures ou tout à fait cachées. A vrai dire, elle me demande aussi beaucoup, elle ne me passe rien. Mais c’est si délicieux de ne rien refuser à Dieu, de lui donner surtout cette confiance filiale qu’il attend de nous (…).
Saint Thérèse l’aide surtout à accepter sa misère, ses imperfections. N’avait-elle pas dit : « Je me réjouis de me voir si imparfaite et d’avoir tellement besoin de la miséricorde du bon Dieu. » Dom Sortais avait une imperfection involontaire qui le faisait beaucoup souffrir : l’impatience. Non pas une impatience habituelle, car il était très patient pour écouter les autres, nous dit Dom Oury. Mais, tout d’un coup, épuisé peut-être par la fatigue et l’effort, il éclatait d’une colère qu’il ne pouvait pas contrôler. Dans ce domaine aussi, sainte Thérèse a été son docteur et son médecin. Il a compris, grâce à elle, qu’il valait mieux être pauvre en vertu et avoir une âme filiale que d’être sans faute en manquant d’esprit filial.
S’il fallait choisir, je préfèrerais être un enfant prodigue mais qui reste un enfant pour son père, que d’être une de ces âmes fidèles qui semblent ne pas aimer, ne pas être fidèles par amour filial. Les pharisiens étaient très fidèles. (p. 302)
Et encore :
Il advient que, dans un moment de détresse qu’accentue encore notre impossibilité de prier, nous faisons enfin monter vers Dieu ce cri filial qu’il attendait de nous depuis si longtemps. Un tel cri vaut toutes les prières. Et qui sait si notre Père des cieux, pour entendre ce cri, pour jouir de sa spontanéité et de sa pureté, n’a pas trouvé avantageux de nous laisser végéter dans l’impuissance, fixant dans son amour paternel que ce cri deviendra le principe d’une vraie grâce d’union ?
L’esprit filial, voilà la grande lumière de sainte Thérèse. Voilà ce qu’elle a permis à l’abbé général des Cisterciens de comprendre.
Mes larmes coulaient en abondance et il me semblait que, sans savoir si j’étais ou non coupable de tout ce qu’il y a en moi, j’étais uni à mon Père si bon, en l’aimant malgré ma profonde misère.
Oh ! que dans ces moments de vérité l’âme se trouve envahie d’humilité, de pauvreté spirituelle, de vraie charité ! Et puis, si je pouvais inventer un mot pour traduire ce que je sentais se faire en moi, sans aucun concours personnel, je dirais que je me sentais « filialisé », devenu fils.
Encore un mot qui résume toute la vie de Dom Sortais, dans la droite ligne des grâces que sainte Thérèse est venue lui apporter et apporte à tous ceux qui la prennent comme maîtresse de vie spirituelle :
Je crois que les tout-petits ne seront pas jugés, s’ils sont assez petits, s’ils agissent comme de très petits, s’ils acceptent d’être traités comme de tout-petits. Le très petit est lié intimement à sa maman, si intimement qu’il n’est pas séparable d’elle. Il ne compte pas, seul. Je sens bien que telle est ma voie. Et il me semble que je suis bien plus petit que lorsque j’étais à Bellefontaine [avant d’être supérieur général]. La disproportion entre ma misère, mon incapacité et les fonctions importantes dont je suis chargé, m’a rendu petit. C’était la seule solution. Mais ce n’est pas moi qui me suis fait petit. C’est une grâce du bon Dieu. (p. 305)
C’est également une grâce de sainte Thérèse, elle qui a dit que, quand bien même elle aurait vécu jusqu’à 80 ans, elle serait restée toute petite, même sous les plus grandes charges. Être petit n’est pas une question de place mais d’attitude d’âme, c’est une grâce que sainte Thérèse obtient pour ses fils spirituels.
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Un autre grand moine, Dom Columba Marmion, a aussi parlé de sainte Thérèse. Sollicité de donner son avis sur l’introduction de la cause de sainte Thérèse, il écrivait à saint Pie X en janvier 1911 :
Il semble que, dans ce siècle où peu d’hommes se sentent appelés à aller à Dieu par la carrière des austérités sublimes d’autrefois, Dieu veuille nous montrer que l’amour peut suppléer à tout et que cette voie de l’amour est la voie la plus facile et la plus courte de la perfection.
La sœur Thérèse du saint Enfant-Jésus, carmélite du carmel de Lisieux, nous paraît être une confirmation éclatante de cette vérité. Elle disait d’elle-même que dans le corps mystique du Christ elle désirait être le cœur, et faire tout par amour, et cet amour, mère de toutes les vertus, s’exprimait en elle par cette fidélité parfaite à tous ses devoirs, par cet abandon docile au bon plaisir de Dieu, par cette confiance sans limite dans la bonté et l’amour de son Père céleste, qui sont l’expression parfaite de l’esprit d’adoption.
Très Saint Père, nous croyons qu’en plaçant la sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus sur nos autels, votre Sainteté présenterait au monde un modèle de cette perfection, fruit de la miséricorde infinie du Sacré-Cœur, qui s’adapte le mieux à la faiblesse de la nature humaine de notre temps.
C’est pourquoi je prie très humblement Votre Sainteté de bien vouloir ordonner la procédure relative à la cause de cette servante de Dieu, pour la plus grande gloire de Dieu et pour l’édification de l’Église.
Il est réjouissant de voir comment Dom Columba s’unissait de très bonne heure au concert de voix qui grandissait sans cesse pour supplier la sainte Église de canoniser la grande « petite » Thérèse.
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Dans la publication « Thérèse de Lisieux » nº 722 d’avril 1993, nous lisons le témoignage d’une moniale bénédictine qui a voulu garder l’anonymat. C’est l’« Histoire d’une âme » qui l’a conduite au cloître. Comme pour d’innombrables âmes, ce livre lui fut une révélation, un appel du ciel.
Je crois vraiment pouvoir dire que cette vocation précoce et tenace qui m’étonne moi-même, je la dois à la fréquentation de Thérèse dès mon jeune âge, car je ne vois aucune autre influence qui ait pu jouer dans ce sens. Pas à pas elle m’a conduite non pas dans un carmel, mais chez saint Benoît expert en humilité lui aussi. C’est sans doute par là et par la portée universelle d’une vie cachée en Dieu que se rejoignent la « petite » Thérèse, patronne des missions, et le « grand » saint Benoît, patron de l’Europe…
Parallèle entre deux saints
Saint Benoît et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, tous deux entrés dans la vie religieuse pendant leur adolescence, tous deux d’une chasteté angélique (sainte Thérèse avoue n’avoir jamais eu de tentation contre cette vertu et saint Benoît, après s’être jeté une fois sur des épines, a été préservé pour toujours des révoltes de la chair), tous deux docteurs et guides des âmes, ont eu l’un et l’autre un cheminement semblable vis à vis du grand commandement de la charité.
La première démarche de saint Benoît a été de quitter le monde et de vivre seul à seul avec Dieu. Saint Grégoire utilise l’expression : « Cherchant à plaire à Dieu seul. »
Sainte Thérèse de même avoue qu’au début elle ne pensait qu’à plaire à Dieu, à s’occuper de Dieu. Céline étant très débrouillarde ainsi que ses sœurs, Thérèse n’avait pas beaucoup de services à rendre à la maison. Ses élans, ses sacrifices, toute son âme allaient à Dieu, ne cherchaient que lui ; elle ne vivait que pour lui. Il en fut de même au carmel, au moins aux débuts. L’insistance sur la pratique de la charité fraternelle est venue plus tard.
Pour saint Benoît également, l’exigence pratique de l’amour du prochain n’est venue qu’après un certain temps. Pressé par les demandes de ceux qui voulaient apprendre de lui l’amour de Dieu, saint Benoît se vit obligé de quitter sa solitude pour devenir le maître spirituel d’une multitude. Sa caractéristique, bien nette dans sa Règle, sera la miséricorde. « Que l’abbé, dit-il dans le chapitre LXIV, s’efforce d’être davantage aimé que craint. (…) Qu’il haïsse les vices et aime les frères. (…) Qu’il dispose tout de telle manière que les forts désirent faire davantage et que les faibles ne viennent pas à se décourager. » Si un moine quitte le monastère de manière coupable, trois fois l’abbé doit le recevoir et, à propos des délinquants, le saint rappelle au supérieur « qu’il a reçu la charge de soigner les âmes faibles et non d’exercer la tyrannie sur les fortes ». D’où ce précepte : « Qu’il imite l’exemple de tendresse du bon Pasteur, lequel, laissant sur la montagne les quatre-vingt-dix neuf brebis, s’en est allé à la recherche de l’unique qui s’était égarée. »
Qui, mieux que Thérèse, a eu cette sollicitude envers les âmes faibles ?
Combien d’actes de la plus exquise charité dans ces mille services rendus à l’infirmerie sous la fenêtre de laquelle elle aimait à passer les jours chômés, exprès pour que la sœur infirmière puisse l’appeler si elle avait besoin d’elle. Charité fraternelle poussée jusqu’à l’héroïsme sous des dehors de grâce et d’aisance qui rendaient cachée la vertu par sa perfection même, comme le conseillait à ses filles une grande abbesse, Madame Cronier.
Sainte Thérèse a été le bon samaritain des âmes faibles. Elle a été le modèle exemplaire de l’affection vraie, sans recherche de soi, de cette affection que le monde moderne cherche en vain parce qu’il la cherche uniquement au plan humain et sans véritable amour. Or « seule la totale abnégation de soi-même est ce qui s’appelle amour ». Cette abnégation, sainte Thérèse l’a eu au plus haut point parce qu’elle allait toujours à la source, c’est-à-dire au cœur de Notre Seigneur. « Ah…, ce qui m’attirait, c’était Jésus, caché au fond de son âme, lui qui rend doux ce qu’il y a de plus amer. » Oui, la charité fraternelle est douce, mais elle a, d’abord, à surmonter des obstacles en soi et chez les autres, et voilà l’amer qui rebute, qui sépare et qui oppose. Seule la grâce peut rendre doux ce qui est amer. Sainte Thérèse et saint Benoît, tous les deux, sont des maîtres, par l’exemple et par l’écrit, de cette charité qui vient à bout de tout par la force de l’amour.
Un deuxième trait de ressemblance les unit : leur manière de prier.
Thérèse dès sa jeune enfance a eu une manière très libre, très directe de prier. Elle aimait être seule pour prier et sa prière était d’une étonnante simplicité. Le prêtre qui s’occupait des enfants pendant la messe du dimanche s’étonnait de la voir toujours à la mauvaise page de son missel ; il la croyait distraite. En fait, elle n’était pas distraite ; elle était prise par son oraison qui allait à Dieu sans méthode particulière, recherchant à peine l’appui des formules qui, pourtant, sont parfois bien utiles.
Au carmel, même liberté, même simplicité, même absence de méthode. Sainte Thérèse délivrait ainsi, par son exemple, une multitude d’âmes dont l’excès des méthodes entravait l’oraison. A la fin de sa vie, elle a eu besoin des livres pour soutenir son attention, épuisée qu’elle était par la fatigue. Les méthodes, les livres ne sont pas mauvais, ce qui est mauvais, c’est de s’en rendre esclave. « Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 27), a dit Notre Seigneur.
Or, que voyons-nous dans la Règle de saint Benoît ? De l’oraison il y est dit seulement (ch. XX) que ce n’est pas par l’abondance des paroles que nous serons écoutés, mais à cause de la pureté du cœur et de la componction des larmes. Aucune méthode ni aucune durée déterminée n’y sont indiquées. La prière selon saint Benoît doit procéder de la pureté du cœur et de la componction des larmes. Ces deux qualités donneront à l’oraison toute son orientation et sa forme. Saint Benoît ne parle pas de méthode, ni pour les proposer, ni pour les condamner. L’essentiel n’est pas là.
Le mérite de sainte Thérèse et son rôle providentiel ont été de ramener les âmes vers l’essentiel de la prière, qui avait été quelque peu perdu de vue par un excessif recours à des méthodes, bonnes en soi, mais gênantes quand elles sont imposées systématiquement.
Bien d’autres points communs rapprochent les fils de saint Benoît et la sainte de Lisieux. Pour terminer, indiquons seulement un dernier point : l’humilité unie à la confiance.
Qui ne connaît la confiance illimitée de sainte Thérèse envers son Père si bon et miséricordieux ? Sa confiance va de pair avec son humilité. A sa sœur un peu découragée par les difficultés de la vie religieuse et prête à abandonner son premier idéal de sainteté, sainte Thérèse répond : « Demandez, demandez la sainteté et le bon Dieu vous la donnera, non parce que vous la méritez, mais parce qu’il est bon. » Résumé parfait de l’interaction de ces deux vertus.
Or saint Benoît a le même optimisme. Il nous invite à la sainteté tout naturellement et, dans le chapitre IV, il dit avec – peut-être – une pointe d’humour mais surtout avec beaucoup de vérité : « Ne pas vouloir qu’on vous appelle saint avant de l’être, mais d’abord le devenir pour qu’on puisse vous appeler ainsi avec davantage de vérité. »
Voilà pour la confiance dans l’obtention du but. Saint Benoît le voit comme un but normal. Seulement il ne veut pas qu’on dise y être arrivé avant l’heure. Il nous semble baigner dans un climat de simplicité, d’aisance même, comme si la sainteté était à la portée de la main, semblable à un diplôme qu’on reçoit à la fin des études à condition de ne pas tricher.
Quelques lignes avant, dans le même chapitre, saint Benoît nous dit : « Le bien qu’on voit en soi, l’attribuer à Dieu et non pas à soi-même. Le mal, au contraire, savoir qu’il vient de soi-même et se l’attribuer. »
Voilà pour l’humilité, laquelle est la vertu sur laquelle toute la spiritualité bénédictine est fondée. L’humilité, chez saint Benoît, est plus qu’une vertu, c’est une attitude d’âme qui doit imprégner tout le reste. Saint Benoît ne parle pas d’elle comme on le fait dans un traité. Son but est différent. Il en parle comme un maître de vie spirituelle pour lequel rien ne peut se faire sans la grâce de Dieu et donc sans l’humilité, puisque Dieu donne sa grâce aux humbles et résiste aux superbes. Dans le chapitre VII de sa Règle, saint Benoît décrit les 12 degrés d’humilité par lesquels le moine s’élève peu à peu vers la sainteté. « Une fois montés tous ces degrés de l’humilité le moine atteindra vite cet amour de Dieu, lequel, étant parfait, chasse la crainte. » Donc, le moine humble, c’est-à-dire tout petit, n’a plus à redouter le châtiment.
Sainte Thérèse, avec la grâce qui lui est propre, dit la même chose quand elle affirme qu’elle ne craint pas l’enfer parce que les tout petits ne se damnent pas. Là encore, on trouve la même doctrine, plus développée chez sainte Thérèse, plus condensée chez saint Benoît.
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Que sainte Thérèse du haut du ciel puisse continuer à verser sur cette vallée de larmes les pluies de roses qu’elle a promises et qu’elle n’a pas cessé de faire tomber sur ceux qui la prient ! Les fils de saint Benoît s’empressent, eux aussi, d’être parmi ceux qui prient l’humble carmélite de leur enseigner cette petite voie dont elle est le docteur, le guide et comme la dispensatrice officielle auprès de Dieu à qui il a plu de l’élever au-dessus de tous pour devenir une vraie maîtresse de toutes les âmes et de tous les ordres religieux.
Comme une sainte religieuse, elle aurait pu dire : « Par la profession j’appartiens à un seul ordre, mais par la charité j’appartiens à tous les ordres. » Oui, par la charité, et aussi par la doctrine parce que, de sa doctrine, elle aurait pu dire également : « Ma doctrine n’est pas de moi mais de celui qui m’a envoyé » (Jn 7, 16). Sa doctrine est vraiment la doctrine de tous, c’est la doctrine du maître expliquée aux tout petits. C’est pourquoi, nous, fils de saint Benoît, nous l’aimons.
En-tête du billet autographe que sainte Thérèse portait sur son cœur pour sa profession |
[1] — Dom Gabriel Sortais (1902-1963) par Dom Guy Oury, Solesmes, 1975, p. 301.
Informations
L'auteur
Né à Rio de Janeiro en 1954, Miguel Ferreira da Costa a été disciple de Gustavo Corçao (1896-1978) avant recevoir l'habit bénédictin au monastère bénédictin de Bédouin, en France (1974), avec le nom de "frère Thomas d'Aquin".
Il a fondé en 1987 le monastère de la Sainte Croix (Santa Cruz) au Brésil.
Il a été sacré évêque le 19 mars 2016.
Voir la présentation de Dom Thomas d'Aquin dans Le Sel de la terre 96.
Le numéro

p. 140-147
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