Mgr Georges Lagrange
faux traditionaliste, authentique conciliaire
L’évêque de Gap, Mgr Georges Lagrange, passe pour« conservateur », voire traditionnaliste, ce qui lui a valu des ennuis avec son clergé (voir Le Sel de la terre 16, p. 225).
Cet évêque s’est rendu médiatique grâce à un saut en parachute destiné à attirer l’attention des jeunes pour les inciter à venir aux J.M.J. Voici ce que dit son propre bulletin diocésain : « Pour faire connaître les J.M.J., Mgr Lagrange, Luc Alphand [champion de ski], Père Antoine et Max Lesaux ont sauté en parachute à Tallard le vendredi 13 juin à 18 heures. La présence, sur l’aire d’atterrisage, de jeunes déjà engagés pour les J.M.J. permettait de parler et présenter les J.M.J. aux “spectateurs” [1]. » Et le bulletin d’octobre rappelle le fait, en précisant que le « Père Lagrange, notre évêque, a sauté avec un moniteur, et atterri sur une cible aux insignes des J.M.J. La presse et la télévision n’ont pas manqué de s’en faire l'écho ! »
A l’occasion d’un événement de famille, une personne du diocèse de Gap avait demandé à son évêque la permission d’avoir la messe dans une paroisse du diocèse, en la faisant célébrer par un prêtre traditionaliste qu’elle connaît bien. L’évêque commença par répondre qu’il était prêt à célébrer lui-même la messe (sans doute pour éviter que le prêtre traditionaliste ne vienne). Mais la personne insista, demandant que la messe soit célébrée par ce prêtre. Voici la réponse de l’évêque.
Le Sel de la terre.
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Évêché de Gap Mgr Georges LAGRANGE
18 bd Ch. de Gaulle Évêque de Gap
B.P. 76 – 05003 GAP Cedex à ZZZ
Gap, le XXX 1996
Cela aurait été pour moi une grande joie de célébrer moi-même la messe dans le rite tridentin à YYY (…) ainsi que je vous l’avais proposé. Dans votre lettre datée du 21 octobre, après m’avoir remercié de ma proposition, vous écrivez : « J’insiste et vous demande de nouveau de bien vouloir laisser le P. XXX célébrer cette messe à YYY. » Malheureusement, les termes mêmes dans lesquels vous motivez votre refus m’interdisent d’accéder à votre demande. Vous dites en effet que, si vous acceptiez que je célèbre cette messe, ce serait accepter que le P. XXX soit « hors de l’Église », et « par le fait même ce serait accepter les nouveautés de Vatican II et de ses applications qui s’opposent à la foi et à la Tradition de l’Église ». Puis vous affirmez « la nécessité de choisir », et vous proclamez : « En choisissant de garder la foi, je ne fais que me référer à saint Paul : “Si nous-même, si un ange venu du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème” ! »
Dans cette logique, si j’acceptais que le P. XXX célèbre cette messe dans YYY, ce serait reconnaître qu’en refusant « les nouveautés de Vatican II », il se situe dans la vraie foi, tandis que le Pape et les évêques unis au Pape sont « anathèmes » en professant « un Évangile différent ». Vous en seriez sans doute la première étonnée, car vous savez bien que je ne me considère comme authentiquement évêque que dans la mesure où je suis en union avec le Pape et avec le Concile. Moi aussi, je dois choisir, et sans hésiter je choisis le Concile et le Pape [2]. Qu’il y ait des abus au sein de l’Église, je ne le sais que trop, mais ce n’a jamais été en sortant de l’Église qu’on a corrigé les abus qui s’y commettent. Comme je vous le disais l’autre jour, tous les schismatiques et tous les hérétiques ont toujours pensé que c’était pour conserver la vraie foi qu’ils se séparaient de l’Église, et qu’ils étaient les seuls à être la véritable Église.
Je ne connais pas le P. XXX, je ne sais pas quelles sont ses positions. Je n’ai pas à prononcer de sentence à son égard [3]. Je n’ai eu contact qu’avec vous au sujet de cette messe (…).
Par l’intercession de N.D. (…), je prie pour que, même avec des divergences, il nous soit possible de demeurer dans la même Église, et je souhaite que, malgré cette contrariété que je suis en conscience obligé de vous infliger, vous célébriez dans la joie et l’action de grâce (…). A cette occasion, si vous pensez pouvoir l’accepter sans renier votre foi, je vous donne ma bénédiction.
+ Georges Lagrange, Évêque de Gap
La messe fut donc célébrée dans une cave. Merci à Mgr de Gap !
[1] — Église de Gap, juillet-août 1997, p. 210.
[2] — C’est nous qui soulignons.
[3] — Remarquons que l’évêque, tout en disant qu’il n’a pas de sentence à prononcer, exclut le prêtre, ce qui revient à une excommunication de fait. C’est la justice conciliaire qui condamne hypocritement les personnes qu’elle « ne connaît pas », sans même chercher à les connaître.

