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Pour la défense et l’honneur

de la sainte Église

 

 

 

DANS l’histoire des hérésies, il est remarquable que les premières erreurs ont surtout été relatives au dogme de la sainte Trinité : les principaux hérésiarques du début de l’Église sont Sabellius (IIIe siècle, prêtre, né en Lybie) qui niait la distinction réelle des personnes divines, Arius (début du IVe siècle, diacre d’Alexandrie) qui faisait du Verbe une créature, et Macedonius (milieu du IVe siècle, patriarche de Constantinople) qui faisait de même pour le Saint-Esprit.

Ensuite le diable s’est déchaîné contre la personne de Notre Seigneur Jésus-Christ avec Nestorius (début du Ve siècle, patriarche de Constantinople) qui voyait en Notre Seigneur deux personnes, Eutychès (milieu du Ve siècle, moine à Constantinople) qui confondait les deux natures de Notre Seigneur en une seule nature, puis Sergius (début du VIIe siècle, patriarche de Constantinople) qui prétendait qu’il n’y avait qu’une volonté et qu’une opération en Notre Seigneur, pour ne citer que les principaux.

Puis sont venues les hérésies contre l’Église et d’abord contre ses sacrements avec Bérenger (XIe siècle, écolâtre – c’est-à-dire responsable de l’école – de Saint-Martin de Tours) qui niait la présence réelle dans le saint sacrement, en attendant la grande révolte des protestants avec Luther (XVIe siècle, moine augustinien) qui rejetait l’autorité de la hiérarchie ecclésiastique, la sainte messe et la plupart des sacrements.

Notons au passage que tous ces hérétiques étaient des ministres de l’Église catholique, parfois exerçant de grandes responsabilités.

Face à ces hérésies, l’Église catholique a réagi par la réunion de conciles œcuméniques pour condamner les erreurs et affirmer la vérité salvifique.

Face aux hérésies trinitaires nous avons eu les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381). Face aux hérésies christologiques, principalement les conciles d’Éphèse (431) et de Chalcédoine (451). Face aux erreurs contre l’Église, les conciles de Trente au XVIe siècle (surtout en ce qui concerne les sacrements, et le pouvoir d’ordre dans l’Église) et de Vatican I en 1870 (pour le pouvoir du pape).

Toutefois il est remarquable que l’Église n’a pas pu achever son œuvre théologique de condamnation des erreurs et de définition de la vérité en ce qui concerne le mystère de l’Église. Le concile Vatican I s’était donné cette tâche, mais il fut interrompu par les ennemis de l’Église (voir la présentation de l’article « Le vrai visage de l’Église (I) » dans ce numéro). Le concile Vatican II devait reprendre ce travail, mais on sait ce qu’il en est advenu.

Par conséquent les erreurs sur l’Église pullulent de plus en plus. Elles ont pénétré même les esprits de nombreux clercs qui joignent leur voix à celle des ennemis de l’Église pour diffamer son passé et qui enseignent une nouvelle ecclésiologie opposée à l’enseignement traditionnel de l’Église [1]. Nous assistons même à un crescendo dans la diffusion de ces erreurs, dans le but de préparer la réunion interreligieuse du Sinaï, terme du nouvel Avent dans laquelle l’Église conciliaire est entrée depuis trente-cinq ans, réunion qui va faire débuter – espère-t-on – la nouvelle ère de l’humanité et de l’Église. Si l’on en croit les affirmations des pires ennemis de l’Église qui préparent cet événement depuis plus d’un siècle, il s’agit de réaliser la dilution de l’Église en l’insérant dans une nouvelle religion mondiale [2]. Le pape lui-même semble partager cette utopie d’une Église du Dieu vivant qui transcende les diverses formes religieuses : « L’Église du Dieu vivant réunit justement en elle ces gens qui, de quelque manière, participent à cette transcendance, à la fois admirable et fondamentale, de l’esprit humain [3]. » « Tous les hommes sont englobés dans ce sacrement de l’unité [4]. »

Nous sommes entrés dans la phase active de préparation à ce jubilé de l’an 2000. Il convient donc que ceux qui se veulent les fils les plus dévoués de la sainte Église prennent la défense de leur mère outragée. Nous tâcherons de le faire dans Le Sel de la terre d’une double manière. D’une part en faisant connaître le « vrai visage de l’Église », en présentant et commentant les textes les plus officiels et les plus sûrs que l’on puisse trouver sur ce sujet. D’autre part en prenant « la défense de la sainte Église » pour réfuter les calomnies les plus répandues contre elle. Dès ce numéro, nos lecteurs peuvent trouver une étude sur le premier thème et des documents sur le second.

Nous encourageons donc nos lecteurs à se prémunir contre l’erreur en lisant avec attention ces articles et nous leur demandons leurs prières pour que nous puissions poursuivre cette tâche pour la défense et l’honneur de la sainte Église notre mère.

 


[1] — Voir à ce sujet Le Sel de la terre 1, p. 29 sq. Voir aussi les analyses des livres de Dörmann dans les numéros 5 et 16, en particulier la note 10, p. 188, du nº 16, où le futur pape parle de redéfinir la nature de l’Église.

[2] — Voir à ce sujet les déclarations du chanoine Roca, fameux apostat du siècle dernier, dans la partie « documents » de ce numéro.

[3] — Wojtyla Cardinal Karol, Le Signe de contradiction, Fayard, « Communio », 1979, p. 32. Parmi « ces gens », le cardinal avait nommé, dans les pages précédentes, le bédouin du désert, le moine bouddhiste, et même les athées qui ont des expériences intérieures.

[4] — Wojtyla Cardinal Karol, Le Signe de contradiction, p. 43.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 23

p. 1-3

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