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L’Héritage d’Athéna

 

Ne disons plus à nos chères têtes blondes « nos ancêtres les Gaulois », mais plutôt « nos ancêtres les Grecs » (page 9). Et dans les amphithéâtres d’université, ne parlons plus de « judéo-christianisme mais d’helléno-christianisme » (page 4 de cou­verture). Voilà du moins ce que voudrait Yvan Blot, auteur du livre L’Héritage d’Athéna, qui affirme de façon quelque peu gratuite :

 

Chaque fois que [notre civilisation] semble déboucher sur une impasse, une « renaissance », c’est-à-dire un re­tour aux sources grecques, lui permet seul de reprendre la marche en avant (page 27).

 

L’éducation joue un rôle primordial dans ce retour à la sagesse grecque, telle qu’elle est prônée par l’auteur, fondateur et président du Cercle Ionien. A la page 108, il égratigne – sans le dire expli­citement – les tendances rousseauistes des pédagogues modernes :

 

[Suivant la France d’aujourd’hui] « faire des hommes » serait un prin­cipe autoritaire voire « fasciste ». Il faut s’adapter à l’enfant et faire dans le spontané et le retour à la nature. Pour un Grec, c’est de la lâcheté et cela ne peut mener qu’au retour à la barbarie.

 

De fait, les Anciens (excepté certains de leurs philosophes) ne croyaient pas à l’« Immaculée Conception de l’Homme », dogme fondateur de notre civilisation contemporaine, comme l’a fort bien mon­tré Mgr Delassus, au début de son livre passionnant Verités sociales et erreurs démo­cratiques [1]. Mais l’état de déchéance que les Grecs constataient empiriquement chez leurs enfants, la foi en donne la cause (le péché originel) et en offre le remède (qui est l’adhésion à la vraie religion). N’en dé­plaise à Yvan Blot, les juifs fidèles [2], sur ce sujet bien précis, détenaient plus de connaissances que les païens, grâce à la Genèse (Gn 1-3).

Qu’à cela ne tienne ! Notre auteur va présenter la religion grecque comme une véritable préfiguration de la religion chré­tienne [3]. Et même, suggérer que le Christ est l’avatar, tantôt d’Apollon – appelé « Dieu [4] » (page 13), « Verbe divin », « Verbe de Zeus » (page 91) – tantôt d’Orphée (page 53), mais surtout du Titan Prométhée [5].

 

Le Christ en croix rappelle Promé­thée, bienfaiteur des hommes, crucifié sur son rocher. La passion du Christ rappelle les tragédies grecques dont on pourrait dire qu’elle les porte à l’Absolu de la Tragédie divine (page 53).

Eschyle met en scène Prométhée, le Titan qui a voulu souffrir par amour pour des hommes, crucifié sur son rocher par Zeus pour expier son an­tique péché (avoir donné le feu aux hommes) (page 93).

 

Ou encore :

 

[Eschyle] illustre cette loi divine selon laquelle « il faut souffrir pour comprendre » (voir sa tragédie Aga­memnon). Le christianisme fera un absolu de cette vision tragique dans la parole du Christ souffrant : « Éli ! Éli ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il y ajoutera la bonne nouvelle de la ré­demption des hommes par la passion du Christ ressuscité. Chez les tra­giques grecs, Prométhée également sauve les hommes par sa passion, Hé­raklès et Œdipe aussi apporteront par leurs souffrances du bien aux hommes. Cette conscience que seule la souffrance ouvre les yeux des hommes, est liée au sentiment du ca­ractère tragique de l’incarnation par laquelle l’âme de l’homme rivée au corps, n’a qu’une connaissance limi­tée du monde. Eschyle, ou l’idée de la souffrance rédemptrice en Occident ! (page 306).

 

Nous voyons au passage une idée pu­rement néo-platonicienne et gnostique : le corps est un tombeau qui est un châti­ment ; il faut s’en dégager pour atteindre la « connaissance » (étymologie de « gnose »).

Mais revenons à notre propos : la Trinité n’est pas non plus épargnée.

 

[Il y a trois séries de dieux] : Odin, Thor et Frey chez les Vikings, Jupiter, Mars et Quirinus chez les Romains. De façon tout à fait mystérieuse, cette triade, dans un tout autre contexte spirituel bien sûr, se retrouve pourtant au sein même de la Sainte Trinité chrétienne : Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. L’image du Dieu suprême comme un père céleste est caractéris­tique des cosmologies religieuses indo-européennes. Homère appelle Zeus « le père des dieux et des hommes », relativisant ainsi considé­rablement le polythéisme grec. Les autres dieux émanent en effet de lui, tel Apollon, son fils préféré, dieu de la parole et en quelque sorte Verbe de Zeus, ou Athéna issue toute armée du crâne de Zeus dont elle incarne l’Esprit divin (pages 35-36).

 

On appréciera l’expression « se re­trouver de façon tout à fait mystérieuse ». En réalité, Satan, dans les fausses religions, essaye de tromper les hommes en singeant la vraie religion, tant dans ses dogmes que dans sa liturgie. Voici ce que dit Étienne Couvert, dans son livre De la Gnose à l’œcuménisme :

 

« Larvatus prodeo » : telle est la de­vise du Serpent. « Je m’avance mas­qué ». Pour être adoré, Satan doit se couvrir du masque de Dieu lui-même. Il est « singe de Dieu ». C’est une po­sition très inconfortable pour un être, même angélique, qui désire recevoir les hommages des autres. Si le ser­pent ôtait son masque et se présentait tel qu’il est réellement, « homicide et menteur », il verrait les hommes se dé­tourner de lui avec horreur et mé­pris (page 30).

 

Parmi les païens, beaucoup étaient de bonne volonté et ont été abusés : ils seront donc sauvés. Par contre, ceux qui savaient (en particulier les initiés des cultes à mys­tère) sont les ancêtres des F. M.

Comme Yvan Blot présente le pro­blème autrement et que, pour lui, la reli­gion grecque (et non pas l’Ancien Testa­ment) préfigure le Nouveau Testament, comme nous l’avons dit plus haut, il n’est donc pas question des juifs fidèles de l’An­cienne Loi. Pourtant ne sont-ils pas des ancêtres [6] de l’Église catholique, tant pour la liturgie que pour la langue ou la mentalité ? En revanche, Yvan Blot oppose à juste titre le judaïsme moderne à l’esprit chrétien [7]. Ne tenant pas compte des juifs de l’Ancien Testament, il conclut donc logiquement que l’expression « judéo-christianisme » est un abus de lan­gage (page 115) [8].

Ami de la dualité, il oppose aussi la pensée gnostique, « refus de la vie telle qu’elle est selon l’ordre du cosmos [9] » et la pensée gnomique, « acceptation de la vie et des lois qui la régissent [10] ». Cette pensée gnomique fait penser, par certains côtés, au réalisme thomiste ; en réalité, on pourrait se demander s’il ne s’agit pas d’une contrefaçon. Nous laissons le lec­teur intéressé par cette question en juger d’a­près l’étrange annexe de la page 325. En tout cas, Yvan Blot, qui se veut « gnomique », est grand admirateur d’au­teurs néo-platoniciens (et à forte saveur gnostique), tels Clément d’Alexandrie, abusivement « canonisé » (page 126), Alain de Lille (page 149), les philosophes de l’École de Chartres (page 135), maître Eckhart (page 164), Malebranche (page 135), Simone Weil (page 27), pour n’en citer que quelques-uns.

Nous avons vu que, pour Yvan Blot, « le tragique » c’est « l’incarnation par la­quelle l’âme de l’homme rivée au corps n’a qu’une connaissance limitée du monde » (page 306). On pourrait se demander pourquoi le Christ s’est précisément in­carné pour nous sauver de cette incarna­tion. L’auteur propose comme toujours une source grecque lorsqu’il parle des « amours de Zeus avec des mortelles d’où naissent les demi-dieux et même le dieu Dionysos. La religion grecque est en effet une religion de l’incarnation multiple de Zeus » (page 304).

De plus, selon Yvan Blot, « l’homme porte en soi, incarnée, une parcelle di­vine » (page 305). Donc l’homme est une partie d’un dieu-tout (théorie panthéiste), partie déchue par son incarnation (et non par le péché originel, comme l’affirme l’Église). Cela explique pourquoi Yvan Blot est d’accord avec Werner Jaeger qui encense « cet idéal proclamé pendant et après la Renaissance d’après lequel chaque individu est une loi pour lui-même » (page 242). Or, voici ce qu’on peut lire chez Étienne Couvert :

 

Les gnostiques sont par définition antinomistes, c’est-à-dire qu’ils refu­sent toute loi. Un être d’essence di­vine [l’homme] n’a pas besoin de loi, celle-ci étant un moyen pour atteindre une fin. Or, l’être divin est à lui-même sa propre fin. De plus, une loi est re­çue d’une autorité qui vous y soumet. Un être divin est totalement maître de lui et n’a nul besoin de soumission. Cette loi naturelle dont parlent les gnostiques est une construction arbi­traire, un esprit malveillant voulant soumettre les autres êtres à ses ca­prices, c’est une sujétion indigne d’une « étincelle divine ». Yahvé a voulu enfermer notre nature divine dans un corps matériel et nous impo­ser ses caprices. Voilà un grand sujet d’indignation pour nos sectaires. Le vrai Dieu, c’est la plénitude de la di­vinité, le « plérôme » [11].

 

Qui plus est, Yvan Blot se range à la thèse de L. Bruit et P. S. Pantel qui veu­lent que la « psyché », « à l’origine fan­tôme et double de l’homme mort », marque, grâce à l’interprétation de Platon, « la naissance dans la civilisation grecque de la notion psychologique de personne » (page 285). Or, cette idée que chaque homme a un double est proprement gnos­tique : elle pousse à la schizophrénie et à la folie, comme on peut le voir clairement dans l’Aurélia de Nerval, auteur qui s’est suicidé peu après. Le Horla de Maupassant présente la même expérience de dédou­blement de personnalité. Et on sait com­ment Maupassant a fini [12]. Les philoso­phies orientales et bouddhistes ont vulga­risé ce thème dans notre monde occidental.

On nous dira peut-être que, chez les Anciens, existaient des vertus naturelles, et que cela, du moins, peut être bénéfique pour notre monde actuel qui devrait se mettre à l’école des Grecs. Assurément, mais il faut faire attention à séparer le bon grain de l’ivraie. Les Anciens avaient aussi des vices naturels, si l’on peut dire. Il nous semble un peu rapide de parler de « la nécessité [13] des synthèses affectives que nous appelons la jalousie, l’orgueil, l’esprit de concurrence, le sens du devoir » (page 18). Pour Yvan Blot, l’esprit de compétition [14], prôné par les Grecs, est l’idéal [15] : « Être toujours le meilleur et se maintenir au-dessus de tous les autres », « précepte le plus célèbre de la morale homérique » (page 88).

En définitive, peut-on souscrire à l’in­tense souhait de l’auteur, exprimé dans son épilogue, intitulé « Pour une Renais­sance helléno-centrée » (page 309) ? Nous aurions plutôt aimé lire : « Pour une res­tauration (ou conversion) christo-centrée ». Yvan Blot dirait probablement que telle était sa pensée puisque, selon lui, il faut parler d’« helléno-christianisme ». Mais ce serait l’interpréter à tort, car il est évidemment favorable à un « espace neutre » (page 45), où évoluent gracieu­sement « philosophie et science », « à côté de la religion », « dans un domaine de pensée extérieur et étranger à la religion » (page 13). Une « restauration christo-centrée » ne pourrait donc avoir que peu de retentissements, puisqu’elle ne s’occu­perait pas du domaine de la connaissance. Cette théorie de la dissociation entre la religion et le savoir est pour le moins « laïquement correcte » [16]. Par contre, notre auteur fait preuve d’originalité quelque peu provocante en voulant dé­montrer que l’Église en est l’heureuse ins­tigatrice :

 

La science évolue. Sous le haut Moyen Age augustinien, on conçoit la connaissance comme une illumination divine devant la révélation. C’est cette idée qui a été critiquée par Abélard. La conception thomiste, fondée sur Aristote, est que la connaissance phi­losophique est construite par l’homme mais comme une copie de l’ordre di­vin. Avec Guillaume d’Ockham, la science est une construction pure­ment humaine, se conformant à certains nombres de cohérence et d’expéri­mentation. Okham critique la connaissance sensible et montre que pour trouver des faits, il faut des ex­périences dans un contexte théorique. Quant à Dieu, il est au-dessus de la raison. Ainsi la foi et le savoir se dis­socient. Mais la méthodologie d’Ock­ham se montrera féconde dans le domaine scientifique. Il faut bien no­ter que tout ce travail a été accompli par des clercs au sein de l’Église même. Bien sûr cela a créé des conflits en son sein. Mais c’est ainsi que l’Église s’est montrée utile au dé­veloppement des sciences (page 167).

 

Dans le même esprit, on peut se re­présenter de façon imagée le monde occi­dental comme une vaste salle de danse, avec l’Église bien sagement assise sur une banquette, « à côté de » ses chères filles, « la philosophie et la science », applaudis­sant aux doctes entrechats qu’elles effec­tuent aux bras de beaux cavaliers téné­breux, sur le plancher dûment ciré (et un peu glissant) de la libération des esprits.

En définitive, ce livre d’Yvan Blot se révèle l’apologie d’un néo-paganisme re­couvert d’un vernis de christianisme.

 

L. F.

 

 

Yvan Blot, L’Héritage d’Athéna, Les racines grecques de l’Occident, Saint-Brieux, Éd. Les Presses Bretonnes, décembre 1996, 349 p., 150 F.


 


[1] — Disponible aux éditions Sainte-Jeanne d’Arc, Vailly-sur-Sauldre.

[2] — C’est ainsi que, dans cette recension, nous désignons les personnes de religion juive (qu’elles soient de race juive ou non), qui attendaient de tout leur cœur le vrai Messie, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Avec l’avènement du Sauveur, ces juifs sont devenus chrétiens à part entière, par exemple, la Vierge, saint Jean-Baptiste ou les apôtres. En revanche, on trouve de tout temps, aussi bien avant qu’après Jésus-Christ, des « juifs infidèles », qui attendent un autre Messie, l’Antéchrist.

[3] — On peut trouver, dans le paganisme, certaines annonces du christianisme. De même, l’Église a pu réinterpréter dans un sens chrétien ou réutiliser dans son iconographie ou dans sa liturgie, des éléments matériels de mythes ou de rites païens. Mais il n’y a que dans l’Ancien Testament qu’on trouve à proprement parler des types du Christ et des préfigurations du Nouveau Testament, dans ce sens que des hommes tels qu’Abel, Noé, Moïse, les prophètes, etc., ont éprouvé des souffrances annonçant celles du Christ. De même, certains événements, comme la sortie d’Égypte, préfigurent la rédemption. Voir saint Thomas, I, q. 1, a. 10 : « Auctor sacrae scripturae est Deus in cujus potestate est, ut non solum voces ad significandum accommodet (quod etiam homo facere potest), sed etiam res ipsas » (« L’auteur de l’Écriture sainte est Dieu, qui a en son pouvoir non seulement de faire que les mots soient des signes d’autres réalités – ce que peut aussi faire l’homme – mais que les choses elles-mêmes soient signes d’autres choses. ») Les commentateurs de l’Ancien Testament s’efforcent précisément de montrer comment l’Ancien Testament préfigure le Nouveau Testament.

[4] — Remarquer la majuscule.

[5] — Voici ce que dit le Dictionnaire de l’Antiquité, (Université d’Oxford, 1989) p. 821-823 sur ce Titan : « On le considérait comme le champion de l’humanité en butte à l’hostilité des dieux. Dans certaines traditions, il a lui-même créé les hommes à partir de l’argile. […] Zeus qui n’avait guère d’affection pour les hommes, leur enleva le feu. Prométhée vola alors une étincelle dans le ciel (ou dans la forge d’Héphaïstos) et l’apporta aux hommes, cachée dans une tige de férule (“narthex”). […] Pour le punir Zeus le fit enchaîner sur un rocher isolé […] où un aigle chaque jour venait dévorer son foie. […] Comme Dieu supplicié, Créateur de l’humanité, mais aussi comme champion des opprimés et libre penseur, Prométhée a eu un large impact sur des auteurs aux convictions politiques et religieuses variées. Le poète anglais Shelley (1792-1822) dans son Prométhée délivré n’a pu se résoudre à accepter la défaite apparente de Prométhée à la fin de la pièce d’Eschyle : dans son poème, Prométhée est délivré et c’est Jupiter (c’est-à-dire Zeus) qui est vaincu. ». Ceux qui fréquentent les livres de Jean-Claude Lozac’hmeur (Fils de la Veuve, De la Ré-volution) n’auront pas de peine à voir dans ce Titan un parfait héros gnostique.

[6] — Il est évident que le Christ a renouvelé entièrement cet esprit juif ; mais il ne l’a pas anéanti, il l’a transformé en y ajoutant la liberté des enfants de Dieu. Tel un arbre mystique, l’Église romaine a poussé sur des racines juives, qui en constituent le fondement. Par exemple, la milice pré-chrétienne des Macchabées, juifs fidèles luttant contre des juifs infidèles et idolâtres, doit être un modèle pour les chrétiens d’aujourd’hui, s’armant de la foi contre le « ventre mou » de l’Église. Sur un autre plan, toute la liturgie de l’Avent nous fait réactualiser les désirs enflammés des âmes justes de l’Ancien Testament, aspirant à la venue du Messie. Quant au latin chrétien, il abonde en hébraïsmes de vocabulaire et de syntaxe, et cela, même dans les oraisons de la messe, présentées d’ordinaire comme étant les prières qui ont le moins de rapport avec le latin biblique des épîtres, évangiles, graduels, etc.

[7] — Voir chap. 5.

[8] — Il est vrai que l’expression est ambiguë et récente. Elle est d’ailleurs ordinairement employée aujourd’hui avec une connotation œcuménique, comme si le judaïsme talmudique et le christianisme étaient frères.

[9] — P. 325.

[10]Ibid.

[11]Ibid., p. 20

[12] — Miné par la syphilis, il tenta de se suicider avant d’être interné dans une maison de santé où il mourut de paralysie générale.

[13] — C’est nous qui soulignons.

[14] — L’esprit de compétition est bon – non par rapport aux autres, mais par rapport à soi-même (aujourd’hui, faire mieux qu’hier, et préparer demain, pour faire mieux demain qu’aujourd’hui). Les litanies de l’humilité, récitées par le cardinal Merry del Val après la sainte messe, rendent un écho bien différent de la morale homérique : « Du désir d’être préféré aux autres, délivrez-moi, Jésus. […] Que les autres puissent devenir plus saints que moi, pourvu que je devienne saint autant que je le puis, Jésus, faites-moi la grâce de le désirer. »

[15] — Voir chap. 2.

[16] — Le cardinal Pie l’a combattue abondamment. Mgr Gaume, soutenu par Louis Veuillot, a milité ar­demment pour que, dans la pratique, l’enseignement des connaissances se fasse de façon chrétienne et se libère du carcan païen imposé par les humanistes de la Renaissance. Voir son livre Le Ver Rongeur des so­ciétés modernes ou Le Paganisme dans l’Éducation.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 24

p. 187-191

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