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Brèves informations

 

 

 

Nous voudrions signaler ici quelques brèves informations recueillies dans des revues spécialisées ou peu connues, et qui peuvent intéresser nos lecteurs.

 

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La Blanche Hermine (janvier-février 1998) publie l’article suivant, sous le titre : « Double vie pour un condamné à mort » :

Nom : Jean-André Faucher, alias Frédéric Vareuil, Eugène de Ras­tignac, Philéas Fogg…

Profession : Journaliste écrivain.

Distinction : Légion d’honneur – Palmes académiques – Grande Mé­daille de Vermeil de la ville de Paris.

Référence : Haut dignitaire ma­çonnique.

Loisirs : Journalisme « anticon­formiste », médiations en tous genres.

 

Presque inconnu du grand pu­blic, Jean-André Faucher est un tra­vailleur de l’ombre. Aujourd’hui sep­tuagénaire, ce chevalier de la légion d’honneur au parcours plus qu’aty­pique faillit connaître un tout autre destin.

Fils d’un haut fonctionnaire, c’est au sein du Parti Populaire Fran­çais de Doriot [1] que M. Faucher ef­fectue ses premiers pas en politique. Accusé à la Libération d’avoir torturé des résistants, la Cour d’assises spé­ciale de Limoges le condamne à mort par contumace. L’ancien doriotiste entre alors dans la clandestinité. De mouvements éphémères en brûlots extrémistes, ses années d’errance connaissent un terme à la toute fin des années 40, époque à laquelle il est arrêté.

Étrangement, le condamné à mort d’après-guerre retrouve rapide­ment sa liberté (1951). Dès lors, les événements s’accélèrent. Il crée, dans les années 50, le Club des monta­gnards et poursuit, ou entame, une brillante carrière maçonnique à la Grande Loge de France dont il de­viendra un personnage influent dans les années 70-80 avant d’en être ex­clu. Vieil ami de Charles Hernu et de Roland Dumas, engagé depuis 1965 aux côtés de François Mitterrand, il est nommé en 1984 au Conseil Éco­nomique et Social sur proposition de Laurent Fabius. En 1989, il reçoit la légion d’honneur pour services ren­dus dans les missions de paix en Nouvelle‑Calédonie, lesquelles furent menées par les loges [2].

La lecture de ces premiers élé­ments concernant la vie de M. Fau­cher n’est guère à même de sur­prendre nos lecteurs un tant soit peu avertis des dessous du monde poli­tique contemporain. Combien de « frères » se sont servis de la maçon­nerie pour se blanchir après guerre ? Combien d’anciens collaborateurs se sont vendus aux communistes afin « d’effacer l’ardoise » ?

Néanmoins, l’itinéraire de notre ex-doriotiste, dans la mesure où il ne reniera jamais ses premières amours, reste à nos yeux assez exceptionnel. En effet, ses engagements auprès de socialistes connus ne l’empêchent nullement de collaborer à l’Aurore (1965), au Figaro (1980), d’être rédac­teur en chef-adjoint de Va­leurs Actuelles (1970-1972), journal à la rédaction duquel il participe tou­jours sous le pseudonyme d’Eugène de Rastignac.

Plus étonnant encore : dans les années 50, alors même qu’il essaye de se « racheter une conduite », le président du Club des montagnards écrit dans Rivarol, Charivari. En 1965, il s’engage aux côtés de Mitte­rand et dans le même temps colla­bore à Europe Action, le journal de Dominique Venner, vivier de la fu­ture Nouvelle Droite païenne d’Alain de Benoist. N’en restons pas là. En 1968, il signe régulièrement des ar­ticles pour Minute, et, sous le pseu­donyme de Phileas Fogg, le frère Faucher écrit jusqu’au début des an­nées 90 dans… National Hebdo, journal inféodé au Front National [3].

« Faux frère ! » semble affirmer Jean-Moïse Braitberg dans un article paru dans la revue Historia [4] ; « Infiltré !» s’écrieront quelques bonnes âmes de la « droite natio­nale ». Non, ne nous laissons pas abuser par les apparences. Faucher, sain d’esprit, ne souffre pas de schi­zophrénie aiguë. Son double itiné­raire est des plus logiques si l’on considère que cet initié est un pur révolutionnaire. En tant que tel, il sait pertinemment pouvoir disposer d’al­liés dans toutes les places, dans tous les partis, ce afin de mener à bien son combat.

Dans le tome II de ses mé­moires [5], l’ancien membre du bureau politique du Front National Roland Gaucher [6] ne parle-t-il pas de son « ami Jean-André Faucher » chez le­quel, un soir de mai 1988, entre les deux tours des élections présiden­tielles, il dîna en compagnie du mi­nistre socialiste Roland Dumas [7].

Les obédiences maçonniques sont très bien renseignées sur les ac­tivités de leurs adeptes. La « droite na­tionale » ne manque pas non plus de fureteurs en tous genres, ni d’ailleurs d’initiés. Or, tout au long de sa car­rière, Faucher, dignitaire maçonnique, a travaillé dans l’ombre, en toute im­punité, tant pour ses amis de droite que de gauche. Double vie pour un condamné à mort mais un seul idéal : la Révolution.

Jean Vignerte

Extrait de La Blanche Hermine n° 4 – janvier-février 1998.

 

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Vers la Tradition, journal de tendance gnostique s’inspirant de René Guénon, dans son numéro 71 de mars-avril-mai 1998 (pages 22-30) pré­sente un article de Rama P. Cooma­raswamy, en précisant qu’il s’agit d’une conférence faite en anglais il y a quelques années devant un auditoire sud-américain, et en remerciant son auteur d’avoir donné l’autorisation de le publier dans cette revue.

Cet auteur est connu dans les milieux traditionalistes américains. Il a écrit un livre sur la nouvelle messe qui a été traduit en français en 1995 et qui été diffusé dans les milieux traditionalistes français [8]. Il est inté­ressant de connaître la pensée de cet auteur quand il s’exprime dans les milieux gnostiques.

Voici quelques extraits de cet article :

 

A l’opposé [de la position de l’homme moderne], le point de vue traditionnel est Théocentrique. Il est fondé sur le principe de la « chute » d’un état de grâce dans lequel l’homme communiquait directement avec Dieu ; le besoin et le don d’une Révélation permettant à l’homme un retour à sa condition primordiale et sacrée, et la métaphysique pour expli­quer la nature de Dieu, de la Vérité, de la Réalité et de l’essence véritable de l’homme. On peut dire de la position traditionnelle qu’elle regarde en arrière vers un « Age d’Or » au cours duquel les dieux et les anges vivaient parmi nous, tandis que l’attitude moderne regarde nécessairement en avant vers une Utopie future et fabriquée par l’homme. Non seulement nos vies spi­rituelles, mais également notre percep­tion du monde dans lequel nous vi­vons, nos opinions politiques et nos rapports sociaux seront influencés par celui des deux principes auquel nous adhérons.

Il est impossible que ces deux atti­tudes ne se retrouvent pas en conflit. Sont en jeux deux vues radicalement différentes de l’homme, de sa nature et de sa destinée. C’est ce conflit qui est au cœur de ce symposium et en de nombreuses manières au cœur des problèmes rencontrés par l’Église Ca­tholique depuis Vatican II. (…)

 

Après avoir expliqué que la science s’occupe de faits mesurables et par là ne peut atteindre l’universel, l’auteur expose comment la foi est différente de la science :

 

La Foi, correctement comprise, traite également de faits, bien que d’ordre non mesurable ni quantitatif. Par Foi, l’homme traditionnel entend conformité de l’intelligence et de la volonté à un ensemble de Vérités Ré­vélées in principio dont il est le déposi­taire, et qui sont transmises par le moyen de la TRADITION. Son ad­hésion à une religion donnée est un « lien » envers elles.

 

Nous voyons par ces citations que notre auteur adopte le point de vue des traditionalistes de type gué­nonien [9]. Pour Guénon la Tradition n’est pas le dépôt confié par Notre-Seigneur Jésus-Christ à l’Église catho­lique, c’est une connaissance confiée à Adam et transmise par initiation. On se réfère non pas à la Pentecôte, mais à l’« Age d’Or » où « les dieux et les anges vivaient parmi nous » cen­sés nous avoir donné cette connais­sance (ici appelée Révélation par l’au­teur, sans doute parce qu’il parle dans un milieu chrétien). Celui qui reçoit cette connaissance doit la faire fructifier par le moyen de la « métaphysique », laquelle n’est pas ici l’innocente branche de la philoso­phie mais l’art d’atteindre la « Réalisation », la fusion avec la « Réalité ».

Ce langage est purement celui d’un gnostique de type guénonien et l’on comprend fort bien que la revue Vers la Tradition publie cet article.

Tout cela est en conformité avec les renseignements donnés par Marie-France James dans son livre Ésotérisme, occultisme, franc-maçon­nerie et christianisme aux XIXe et XXe siècles. On y lit que le père de Rama Coomaraswamy, Ananda-Kentish Co­omaraswamy (1877-1947) fut un cor­respondant de René Guénon à partir du milieu des années 1930 et qu’il amena ce dernier à réviser ses posi­tions sur le bouddhisme.

 

Il est mort à Boston le 9 sep­tembre 1947. Pour des motifs jugés plus opportuns, ses funérailles furent célébrées selon le rite grec-orthodoxe, tandis qu’un rituel de type hindou avait lieu en Inde (Lipsey, R., Cooma­raswamy, His Life and work, 1978, pp. 257-287) Marié à une américaine, madame née Dona-Louisa Runstein, il laissait un fils : Rama-Ponnambalam Coomaraswamy (1932) qui, après avoir voyagé avec Marco Pallis et ren­contré Guénon au Caire en 1946 re­joint l’Inde où il poursuit sa formation académique et œuvre dans les « mouroirs » de mère Teresa de Cal­cutta. De retour aux U.S.A. il prépare des études de médecine, il exerce pré­sentement comme chirurgien à New-York. Converti au catholicisme et ma­rié à une demoiselle d’origine ita­lienne, il évolue néanmoins sous la direction spirituelle de Frithjof Schuon et apparaît comme l’une des têtes dirigeantes du mouvement inté­griste (Mgr  Lefebvre) de Long Island dans la banlieue de New-York. Il col­labore par ailleurs à la revue Studies of Comparative Religion [10].

 

Soyons donc attentifs. Même si M. Coomaraswamy combat le monde moderne et défend des idées tradi­tionnelles, ce n’est apparemment pas pour servir la même tradition. Sa­chons éprouver les esprits. Celui qui a inspiré René Guénon n’est pas le Saint-Esprit.

 

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• Le Bulletin du Prieuré Marie-Reine de la Fraternité Saint-Pie X de mars 1998 publie le texte suivant, sous le titre : « Un jésuite polonais choisit la Tradition ».

 

On lira dans les lignes qui sui­vent le témoignage d’un jésuite polo­nais, le père Edward Wesolek, or­donné prêtre onze ans après le Concile, qui réside dans notre prieuré de Varsovie depuis décembre dernier.

Il est particulièrement intéres­sant de voir comment il s’est séparé de la nouvelle religion. Ayant décou­vert le rite traditionnel de la messe par l’intermédiaire de la Fraternité Saint-Pierre, il s’est vite aperçu qu’il ne pouvait s’arrêter à mi-chemin dans sa conversion et devenir membre d’une communauté de ralliés. Le manque de résistance de la Fraternité Saint-Pierre face aux erreurs conci­liaires, notamment vis-à-vis de l’œ­cuménisme, lui a fait comprendre qu’il ne s’agissait pas seulement de défendre la messe de toujours. Il voulait rester fidèle sans compromis à la Tradition et rejeter toutes les er­reurs qui s’y opposent dans la ré­forme conciliaire. Cela il ne l’a pas trouvé dans la Faternité Saint-Pierre, c’est pourquoi il nous a rejoints.

(L’entretien s’est déroulé début février 1998 au Jaidhof, siège du dis­trict d’Autriche de la Fraternité Saint-Pie X).

 

— Mon père, pourriez-vous nous dire quelles dates ont marqué votre vie ?

Je suis né en 1945 à Byczki, village du diocèse de Lowicz, en Ma­zovie (région de Varsovie). Je suis en­tré au noviciat des jésuites en 1967 et j’ai été ordonné prêtre à Varsovie le 14 février 1976. Pendant mon novi­ciat, j’ai pu préparer mon premier groupe d’enfants tziganes à la pre­mière communion ; j’ai donc consa­cré la majeure partie de mes études et de mes premières années de sa­cerdoce à l’apostolat auprès des tzi­ganes. En novembre 1978, la Confé­rence des Évêques de Pologne m’a nommé aumônier national des tzi­ganes, ministère que je devais exercer jusqu’en 1996. Depuis mes études au séminaire, j’ai certes toujours été de tendance « traditionnelle », mais cela ne m’a pas empêché de commettre certaines erreurs. Bien que j’aie tou­jours considéré l’Église catholique comme la seule véritable Église, j’ai participé à des rencontres œcumé­niques, pensant que ce type d’activi­tés pourrait aider les « frères séparés » à revenir dans le giron de notre sainte mère l’Église. Avec l’aide de la Sainte Vierge, j’ai bientôt reconnu mon erreur et j’ai totalement aban­donné ce genre d’« apostolat ». En ce qui concerne la liturgie, les premiers changements m’ont paru fondés mais j’ai bientôt constaté qu’on instaurait des pratiques de plus en plus nom­breuses nuisant à la piété et à la foi (par exemple, la communion debout, les prêtres en civil, la concélébra­tion). Mes supérieurs ont eu rapide­ment vent de ma position à ce sujet et l’on n’a pas omis de me qualifier de « lefebvriste » ou de « prêtre de musée ». Cette situation devenait de plus en plus insupportable. En quête d’une solution, j’ai fini par découvrir les publications de la Fraternité. Néanmoins, on m’a fait remarquer qu’il s’agissait là d’un « mouvement schismatique » et qu’il existait un mouvement traditionnel au sein de l’Église portant le nom de Fraternité Saint-Pierre. J’ai donc commencé à fréquenter cette frater­nité, apprenant du même coup à cé­lébrer la messe tridentine. Plus tard, la Providence m’a conduit vers la Fraternité Saint-Pie X qui m’a accueilli dans son prieuré de Varsovie le 17 décembre 1997.

 

— Qu’est-ce qui vous a poussé à retourner à la messe traditionnelle ?

La nouvelle liturgie et la dérive de ses nouveautés m’ont profondé­ment affecté. Je constatais de jour en jour que les fidèles ne croyaient plus au très saint Sacrement de l’autel et qu’ils ne craignaient plus la justice du bon Dieu. Ces constatations s’ajoutant à la perspective de devoir un jour dis­tribuer la communion dans la main me motivèrent pour abandonner aussi vite que possible la nouvelle messe. Étant serviteur de l’Église, je me rendais compte que la messe de Paul VI travaillait à la destruction de l’Église et non pas à son édification. Les fidèles ne savent plus rien du sa­crifice, cœur de notre foi ; la messe est réduite à une quelconque réjouis­sance, à une réunion à caractère pu­rement humain. En revanche, je voyais dans la messe de toujours le grand mystère de la foi, le renouvel­lement du sacrifice de Notre-Seigneur sur la croix, la source de toutes grâces. Depuis que je suis revenu à l’ancien rite, je sais de nouveau pourquoi je suis prêtre et ce qu’est exactement le sacerdoce catholique.

 

— Pourquoi avez-vous rejoint la Fraternité Saint-Pie X et non pas la Fraternité Saint-Pierre ?

Cette question me touche tout particulièrement, parce que c’est la Fraternité Saint-Pierre qui m’a fait dé­couvrir la Tradition, et c’est au sein de cette même fraternité que j’ai cé­lébré ma première messe tridentine. D’ailleurs, j’ai même demandé à y en­trer. Pourtant, j’ai toujours eu très en­vie d’entrer en relation, au moins une fois, avec la Fraternité Saint-Pie X. J’avais beaucoup entendu parler de M. l’abbé Stehlin et je souhaitais le rencontrer. C’est à cette époque que j’ai commencé à lire les publications de la Fraternité Saint-Pie X. Celles-ci m’ont amené à comparer le but des deux fraternités. Au cours d’une conversation, une personne de confiance, « neutre » par rapport aux deux mouvements, répondit ainsi à l’une de mes questions : « Pourquoi t’arrêtes-tu à mi-chemin ? Pourquoi faire les choses à moitié au lieu de les faire complètement ? »

J’ai constaté, et ceci d’autant plus lors de ma visite au prieuré de la Fraternité Saint-Pie X de Varsovie, que le terme de « schismatique » dont la Fraternité Saint‑Pierre affuble la Fraternité Saint-Pie X était aussi illo­gique que peu recevable d’un point de vue théologique. Bien au contraire, je me suis rendu compte que la Fraternité Saint-Pierre limitait ses efforts à la défense de la liturgie traditionnelle (et même là, elle se permet quelques entorses, telles que la distribution de la communion au cours de la nouvelle messe) alors que la Fraternité Saint-Pie X avait pour but de rester fidèle à la tradition ca­tholique dans son intégralité et, pour cette raison, rejetait sans compromis toutes les erreurs qui frappent l’Église en ce moment. La Fraternité Saint-Pierre manque singulièrement de combativité à l’égard des hérésies que Rome elle-même va jusqu’à ré­pandre, en particulier l’œcuménisme.

Si j’ai opté pour la Fraternité Saint-Pie X, c’est justement parce que j’aime l’Église et que, jusqu’à la fin de ma vie, je veux rester fidèle à l’article du Credo : Credo in unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam (je crois en l’Église, une, sainte, ca­tholique et apostolique).

 

— Que conseilleriez-vous, en voyant la situation désolante de l’É­glise, aux prêtres perplexes d’Autriche et d’ailleurs ?

J’aimerais vivement conseiller aux prêtres qui croient encore à ce qu’enseigne l’Église catholique de re­venir à la messe traditionnelle. C’est alors qu’ils jugeront sur pièce com­bien la nouvelle messe est superfi­cielle et vide de sens. Ils compren­dront qu’elle est incapable de mener quiconque à la sainteté, parce qu’elle en est elle-même dépourvue. De plus, je leur conseillerais d’étudier avec sincérité ce qu’est la Fraternité Saint-Pie X, pour ne pas tomber dans le piège de la propagande creuse ré­pandue par ses ennemis. Tout catho­lique de bonne foi sera persuadé que la Fraternité Saint-Pie X non seule­ment n’est pas schismatique mais que, bien au contraire, c’est une œuvre voulue par la Providence dans le but de restaurer l’Église catholique. Et si, pour cette raison, on venait à les persécuter, à les traiter de « schismatiques » ou même à les mé­priser, qu’ils se souviennent des pa­roles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï le premier. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui se­rait à lui ; mais, parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait » (Jn 15, 18-19).


 

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Œcuménisme d’hier et d’aujourd’hui

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Voici deux déclarations représentatives de l’esprit œcuménique. La première est faite par un archevêque, la seconde par un recteur d’université (devenu par la suite évêque).

Nous offrons un abonnement gratuit à celui qui nous dira le premier quels sont ces deux prélats. A défaut de trouver leur nom, l’abonnement sera donné à celui qui aura indiqué la date la plus proche de celle de ces dé­clarations.

Le Sel de la terre.

 

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Un archevêque, Mgr X. déclarait à l’occasion du congrès de XXX. :

 

Nous devons [en ce siècle] renverser les barrières de haine qui empêchent les hommes d’entendre les vérités contenues dans toutes les religions.

Dans toutes les religions, il y a un vaste élément de vérité, autrement elles n’au­raient pas de cohésion. Je pense que [cette réunion] promouvra la grande fraternité de l’humanité et, pour promouvoir cette fraternité, il promouvra l’expression de la vérité. Je ne prétends pas, en tant que catholique, posséder toute la vérité ou être en état de résoudre tous les problèmes que se pose l’esprit humain. Je sais apprécier, aimer et es­timer tout élément de vérité existant en dehors de ce grand corps de vérité. Afin de dé­truire les barrières de haine qui existent dans le monde, nous devons respecter les élé­ments de vérité et les éléments de moralité contenus dans toutes les religions.

L’homme n’est pas seulement un être moral, il est un être social. Or, la condition de son bonheur et de sa prospérité comme être social, la condition de son bonheur et de son avancement dans la conquête mentale et physique du monde, est qu’il soit libre, libre non seulement en matières temporelles, mais aussi en matières religieuses. Aussi faut-il espérer que d’aujourd’hui datera l’aube de cette période où, dans tout l’univers et dans chaque nation, sera extirpée l’idée que l’on doit opprimer l’homme pour cause de religion. Je pense que je puis dire, au nom de la jeune contrée que je re­présente, (…) que nous espérons que Dieu hâtera ce jour.

 

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Au congrès de XXX, n’a-t-on pas entendu Mgr Y ranger Bouddha et Confucius parmi les hommes suscités par Dieu pour conserver la vérité religieuse dans le monde ?

 

On a prétendu parfois que les fondateurs des religions païennes étaient des envoyés du démon, chargés de faire abandonner la vérité et de faire embrasser l’erreur. C’est là un point de vue historiquement faux.

A tous, Dieu a donné la vérité en partage. Quand la pauvre famille humaine s’est dispersée, elle a oublié les principes religieux et moraux. Alors, Dieu a suscité, même parmi les païens, des hommes pour rappeler la vérité. Tels furent les sages de l’Anti­quité : Bouddha, Confucius, Zoroastre, Socrate, n’étaient point les serviteurs du démon, ils étaient les instruments de la Providence divine, ils voyaient la vérité, mais seulement en partie, mêlée à des erreurs ; ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient. Pourquoi ne pas rendre hommage à leur bonne volonté, et à tout ce qui est bon et beau dans leur ensei­gnement.

 


[1] — Ancien dirigeant communiste, Doriot fonde le Parti Populaire Fançais en 1936. Parti qui jouera un rôle important à Paris du temps de  l’occupation nazie.

[2] — Voir à ce sujet l’Express du 7 octobre 1988, p. 54. Djibaou et Lafleur appartenaient à des loges différentes. En 1988, nous retrouvons dans la mission de conciliation envoyée en Nouvelle-Calédonie (outre M. Faucher) Roger Leray, ancien Grand-Maître du Grand Orient.

[3] — Voir Ratier Emmanuel, Dictionnaire politique, t. I.

[4] — Braitberg Jean-Moïse, « Sous Mitter­rand les obédiences flirtent avec le pouvoir », p. 98-99, article paru dans Historia spécial n° 48, juillet-août 1997, consacré à la Franc-Maçonnerie (numéro d’Historia qui étudie son sujet avec beaucoup trop de sympathie).

[5] — Gaucher Roland, Les Nationalistes en France, t. II, « La montée du Front National », Éd. Jean Picollec, 1997, p. 103-105.

[6] — Roland Gaucher a été député euro­péen FN et membre du Bureau politique de ce parti. Ancien directeur du journal frontiste Na­tional Hebdo jusqu’en 1993.

[7] — A propos de Jean-André Faucher et de ce fameux repas de 1988, lire aussi : E. Faux, T. Legrand, G. Pérez, La Main droite de Dieu, collection « L’épreuve des faits », Éd. Seuil, Paris, 1994, p. 38-54.

[8] — Comaraswamy Rama P., Les Pro­blèmes de la nouvelle messe, Lausanne, Éd. l’Âge d’homme, « La Fronde », 1995.

[9] — Voir Le Sel de la terre 13, l’article « Qui a inspiré René Guénon ? »

[10] — James Marie-France, Ésotérisme, occul­tisme, franc-maçonnerie et christianisme aux XIXe et XXe siècles – Exploration bio-bibliogra­phiques (préface de Émile Poulat), Paris, Nou­velles Éditions Latines, 1981, p. 78-79.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 25

p. 198+204

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