+ In memoriam,
Robert Martel
(La Contrerévolution en Algérie,
présenté par Claude Mouton)
Cet ouvrage, paru en 1972, relate le combat de Robert Martel et de ses amis durant les événements qui marquèrent la fin de l’Algérie française, de 1954 à 1962. Il a édifié bien des esprits qui cherchaient la vérité sur cette belle province conquise à la France par Charles X, sur la colonisation, l’épopée de l’armée d’Afrique, et surtout, sur les traquenards et subversions du complot qui aboutit à l’exode des pieds‑noirs et des harkis, ainsi qu’à la barbarie actuelle prédite par le Père de Foucauld, en 1912, parce que la fille aînée de l’Église avait failli à sa mission évangélisatrice.
Pour honorer la mémoire de Robert Martel, décédé le 21 décembre dernier à Bruz, près de Rennes, nous recommandons aux nouvelles générations ce témoignage extraordinaire d’un homme qui, simple agriculteur, parvint, grâce à son honnêteté et à une foi catholique s’approfondissant sans cesse, à devenir chef de mouvement et à dégager la ligne de force de l’action contrerévolutionnaire, dont ne finissent pas de s’inspirer, depuis, de multiples initiatives.
D’abord, il faut poser comme principe que la contrerévolution n’est par une contre-révolution, c’est-à-dire une révolution opposée à une autre révolution, mais le contraire de la révolution. Ainsi, les méfaits de la pilule abortive ne peuvent-ils se combattre par une pilule sans danger, mais par l’absence totale de pilule. Il n’y a pas une pilule meilleure qu’une autre, car elles tendent toutes deux à entraver l’ordre naturel de la procréation voulue par Dieu et à favoriser les bas instincts si dommageables à la vie surnaturelle. Cette simple image, transposée par le domaine politique, économique et social, montre que le capitalisme sauvage n’est pas meilleur que le communisme concentrationnaire, et qu’il vaut mieux chercher dans la famille et le métier, les bases naturelles de réorganisation de la société, plutôt que dans les partis politiques semeurs de divisions et supports de ces idéologies s’identifiant à Gog et Magog.
En défendant sa religion et sa terre, d’une manière d’abord instinctive puis plus élaborée, plus pensée, Robert Martel, doté de surcroît d’une intuition politique peu commune, comprit bien vite le jeu des deux subversions qui, apparemment opposées, avaient les mêmes finalités, y compris sous le képi du gaullisme. Il excella alors dans l’art de dénoncer et de déjouer leurs pièges, comme en témoignent ses interventions lumineuses du 13 mai 1958, du 24 janvier 1960 (barricades d’Alger), du 22 avril 1961 (putsch des généraux), et même au sein de l’O.A.S., où ses mises en garde, hélas ! ne furent pas entendues.
Son drame est de ne pas avoir trouvé à son action l’appui nécessaire des intellectuels et des cadres qui se disaient doctrinalement formés et qui ne surent pas, pour diverses raisons, « saisir l’événement », – point fondamental qu’ils enseignaient pourtant…
Martel Robert, La Contrerévolution en Algérie, présenté par Claude Mouton, Chiré en Montreuil, Éd. D.P.F., 1972, 21,5 x 14,5, 670 pages, 120 F. en présentation brochée, 165 F. en présentation reliée.
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Lettre du père de Foucauld
à René Bazin (1er janvier 1916)
« Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre Empire colonial du Nord de l’Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste. (…) Le sentiment national ou barbaresque s’exaltera donc dans l’élite instruite ; quand elle en trouvera l’occasion, par exemple lors de difficultés de la France au-dedans ou au-dehors, elle se servira de l’islam comme d’un levier pour soulever la masse ignorante et chercher à créer un empire musulman africain indépendant…
« Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent français est qu’ils deviennent chrétiens. Sinon, avant cinquante ans, nous serons chassés de l’Afrique du Nord. »
Dessin souvenir de son « ami Piéchaud », comme aimait à dire Robert Martel
(souvenir du 13 mai 1958)

