Catéchisme de la médiation
universelle de Notre-Dame
par Filius Ancillæ
Les parties précédentes de ce catéchisme de la médiation universelle de Notre-Dame se trouvent dans les numéros 20, 22 et 24.
Le Sel de la terre.
Article 2 : Le témoignage
de l’Ancien Testament (fin)
« Comme ce Père tout puissant a pris plaisir de nous figurer dans toutes les parties de l’univers et dans tous les mystères, sacrifices et cérémonies de l’ancienne Loi, celui par lequel il a fait et par lequel il voulait refaire et réparer toutes choses, et qui est la fin et la perfection de la même loi : aussi, ce Père divin a pris un singulier contentement à nous dépeindre celle qu’il a choisie de toute éternité pour être la mère de cet adorable Réparateur, tant dans l’état de ce monde visible, qu’en celui de la loi de Moïse. »
Saint Jean Eudes [1].
— 28e question : « Comment la très sainte Vierge peut-elle être aussi annoncée par des figures corporelles ? »
Réponse : Le principe de solution se trouve dans le mystère de la prédestination du Christ et de sa très sainte Mère. Il nous faut donc ici le résumer autant que possible [2], pour bien comprendre la variété et le bien-fondé des figures mariales dévoilées par la Tradition.
Dieu nous a révélé par son Apôtre (Col 1, 16-17) que Notre-Seigneur Jésus‑Christ est l’image de Dieu invisible, le premier-né de toute créature, car en lui tout a été créé au ciel et sur terre, choses visibles et invisibles. (…) Toutes choses ont été créées par lui et en lui ; lui-même est avant toutes choses, et c’est en lui que toute chose subsiste. Un des plus éminents commentateurs de saint Paul nous fait remarquer que « non seulement tout a été créé par lui, mais tout a été créé en lui. L’Apôtre nous laisse deviner comment. Beaucoup de Pères, à la suite de saint Hippolyte et d’Origène, supposent que c’est en qualité d’exemplaire divin [3] ». En effet, avec les Pères, les grands Docteurs enseignent que « Dieu est la première cause exemplaire de toutes choses [4] ». Ainsi Notre-Seigneur Jésus-Christ, homme-Dieu, est à la fois le premier des prédestinés dans l’intelligence divine (« premier né de toutes les créatures »), et la cause exemplaire de toutes les autres créatures (« toutes choses ont été créées par lui »). Celles-ci ne sont donc en fait que ses images plus ou moins imparfaites, et c’est pourquoi l’Esprit-Saint les évoque pour nous le présenter comme la Pierre d’angle, le Soleil de justice, le Lion de Juda, l’Agneau de Dieu, etc.
Dieu avait ainsi prévu, dès le commencement que ces créatures corporelles devraient glorifier d’une certaine manière son Fils. Quant aux créatures raisonnables, il les a aussi prédestinées à reproduire par ressemblance l’image de son Fils (Rm 8, 29), non seulement dans l’ordre de la nature, mais encore, d’une manière bien supérieure, dans l’ordre de la grâce et de la gloire. Parmi ces créatures, il en est une qui se distingue par une prédestination particulière, unique, exceptionnelle : celle que Dieu a choisie de toute éternité pour être la Mère de son Fils. Prédestination d’un ordre éminemment supérieur aux autres, car « prévue et arrêtée dans un seul et même décret avec l’incarnation de la Sagesse divine [5] ». Ce qui faisait dire à saint André de Crête :
Vous êtes le but que Dieu avait en sa pensée avant tous les siècles, et auquel, après l’humanité du Christ, se rapportent toutes choses [6].
Avant de passer en revue les principales figures matérielles que l’on peut appliquer à la très sainte Vierge dans l’Histoire sainte, il faut encore remarquer que, si Marie fut la première des créatures prédestinées dans l’intelligence divine, son nom le fut donc aussi ; dès lors, il n’est pas étonnant qu’aux premières œuvres que Dieu a accomplies dans le temps, correspondent les différents sens [7] reconnus au saint nom de Marie. Ce fait mérite attention car, comme pour Jésus, « Dieu a imposé ce nom à Marie afin que, par ce même nom, sa mission future soit annoncée [8] ».
• La lumière. — Au commencement, Dieu dit : « Que la lumière soit ! » (Gn 1, 3). Cette lumière est une figure prophétique de Jésus-Christ, la véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn 1, 9). Aussi la Vierge est-elle la Mère de la lumière et, elle-même miroir de la lumière, toute illuminée. C’est le premier sens de son nom : La bienheureuse Vierge est pleine de grâce et sa plénitude dépasse celle des anges. Aussi est-ce à juste titre qu’on l’appelle Marie, car ce nom signifie : « éclairée en elle-même », et : « celle qui éclaire les autres » et même le monde entier. Oui, votre lumière est supérieure à celle du soleil car vous verserez sans cesse sur le monde les fleuves de la grâce, avec les purs, immmortels et toujours inépuisables rayons de la lumière et de la vie [9].
• Le firmament. — Le deuxième jour, Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament ! » (Gn 1, 6). Le Seigneur qui, à l’origine, avait créé le firmament, a fait de la très sainte Vierge un firmament qui porte, bien plus encore que l’autre, la marque de la divinité. En effet, il en a fait un ciel capable de contenir Dieu, lui qui ne peut être contenu par personne. De plus, le firmament domine tout l’univers créé, il n’a au-dessus de lui que l’infini. Or, être Mère de Dieu confère une dignité quasi-infinie, ce qui la rend plus élevée que le ciel. Et comme en syriaque – qui était la langue populaire des Hébreux après l’exil – ce nom signifie « souveraine » (…) ainsi, dans les hymnes sacrées et les prières de l’Église, la très sainte Vierge est-elle souvent appelée « reine des cieux » ou « souveraine des anges ». Prions donc ce firmament donné aux fidèles par le Christ pour en obtenir la rosée de la grâce divine : Rorate cæli desuper [10].
• La mer. — L’œuvre du troisième jour nous figure Marie d’une manière plus frappante encore : Dieu rassembla « en un seul lieu toutes les eaux qui étaient sous le ciel » (Gn 1, 9), et il appela « mer », en latin maria (mare au pluriel), la réunion des eaux. Ainsi, Marie est appelée une mer, par l’affluence et l’abondance des grâces qui sont en elles ; en effet, de même que l’on ne peut ni sonder ni mesurer la capacité de l’océan, de même Marie a reçu la grâce dans une mesure incomparable aux autres. Cependant, elle est aussi pleine de douleurs qu’elle est pleine de grâces, et donc une mer amère, où des fleuves très amers entrèrent au temps de la Passion de son Fils. Déjà, cette mer amère nous emportait nos propres amertumes, et comme l’océan renvoie à la terre une eau très pure et condensée, Marie est bien cette mer de laquelle la terre de l’Église militante reçoit la pluie salutaire avec l’influence des grâces [11].
• La terre. — « Et que ce qui est sec apparaisse ! » Et il en fut ainsi. « Et Dieu appela le sec “terre” (…) et Dieu vit que c’était bon » (Gn 1, 10). Oui, Marie est aussi cette terre vierge que le Seigneur a bénie. En effet, de même que ce premier homme modelé, Adam, a reçu sa substance d’une terre intacte et vierge encore (…) de même lui, le Verbe, c’est de Marie encore vierge qu’à juste titre il a reçu cette génération qui est la récapitulation d’Adam. Elle est aussi une terre nourricière du cœur des fidèles ; en effet, de même que la terre est dite mère et nourrice de tous les vivants par le corps, ainsi la bienheureuse Vierge est dite mère et nourrice de tous les vivants par l’esprit [12].
• Les luminaires. — Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel (…) et qu’ils éclairent la terre ! » Et il en fut ainsi. « Et Dieu fit les grands luminaires, le plus grand pour présider au jour, le plus petit à la nuit, et les étoiles » (Gn 1, 14-17). Le plus grand luminaire c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Soleil de Justice (M l, 4, 2), le Roi des cieux, celui qui a été « préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations » (Lc 2, 32). Cependant, Marie est justement montrée « revêtue de soleil » (Ap 12, 1), elle qui pénètre l’abîme insondable de la divine Sagesse, qui, autant que la condition de la créature le permet, et à part l’union personnelle, paraît plongée dans cette lumière inaccessible [13].
Ô Marie, Mère et Vierge des vierges, vous pouvez à juste titre être appelée l’aurore que le vrai soleil, Jésus-Christ, a illuminée. Car, de même que l’aurore marque la fin de la nuit et le commencement du jour, à juste titre la Vierge Marie est-elle figurée par l’aurore, elle qui marqua la fin de notre condamnation et fut à l’origine de notre salut. Et de même que l’aurore tient le milieu entre le jour et la nuit, ainsi la Mère de Dieu se tient comme la médiatrice entre la famille divine et la famille humaine, participante de l’une et de l’autre [14].
« Quelle est celle-ci qui s’avance comme l’aurore, belle comme la lune ? » (Ct 6, 10). C’est encore Notre-Dame, car parmi tous les astres, la lune seule est très semblable au soleil et, par sa blancheur argentine, elle jette au firmament un plus vif éclat que les astres. S’appropriant la lumière du soleil, elle éclaire notre nuit. Car cette lumière, elle ne la garde pas pour elle, mais elle la commmunique aussitôt à la terre. Ainsi la sainte Vierge, qui est redevable à son Fils de toute la grâce qui est en elle, n’en veut cependant pas retenir pour elle seule tout le bienfait, mais, connaissant l’affection qu’il porte aux hommes, elle répand sans cesse sur eux la lumière qu’elle a reçue de lui [15].
« Comme l’étoile du matin au milieu des nuées » (Si 50, 6), Vénus est la plus brillante de toutes les planètes. Elle paraît seule trois mois à l’Orient avant le lever du soleil, puis trois mois à l’Occident après son coucher. Elle fut de tous temps très utile aux navigateurs. Le nom de Marie signifie non seulement « illuminatrice », mais aussi « étoile de la mer », et cet autre sens lui convient bien ; car de même que les navigateurs, par l’étoile de la mer, sont conduits au port, ainsi, par Marie, les chrétiens sont conduits vers la gloire. Mieux que Vénus, la Vierge est donc cette étoile étincelante qui, par un privilège spécial, brille au-dessus des flots de ce monde souillé. Aussi, réjouissez-vous, ô étoile pure ornée de toute la beauté de la gloire, et surtout, ne permettez pas que sur la mer de cette vie nous fassions naufrage, mais que pour nous toujours votre prière s’adresse au Sauveur né de vous [16].
• La source du paradis. — « Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol, mais une source inondait la terre, et elle irriguait toute la surface du sol » (Gn 2, 5-6). Il faut voir ici encore une figure de Marie, car de même que cette source était une réserve profonde de grandes eaux, de laquelle naissaient les autres cours d’eau, ainsi la très bénigne Vierge est une réserve profonde de grandes grâces, de laquelle les pécheurs puisent sans cesse la grâce. Elle est vraiment une source très claire et vivifiante, une source éternelle d’où jaillit une surabondante richesse de grâces et de remèdes [17].
• Le jardin. — « Et Dieu planta un jardin de délices… » (Gn 2, 8). Il ne peut exister aucun autre lieu de délices, sinon dans le sein de la Vierge. C’est donc elle qui était figurée par ce paradis verdoyant et incorruptible dans lequel l’arbre de vie a été planté pour donner à tous le fruit de l’immortalité. Jardin choyé par Dieu, car c’était sa bonté infinie envers le premier Adam qui lui avait fait faire ce premier paradis pour lui et pour sa postérité, [et] c’est aussi l’amour incompréhensible du Père éternel au regard du second Adam, c’est-à-dire de son Fils Jésus, qui lui a fait faire ce second paradis pour lui et pour tous ses véritables enfants. Oui, jardin ouvert à Dieu, vous guérissez les maux du monde [18] !
• L’arche de Noé. — Comme l’Église, vous êtes aussi notre arche de Noé (Gn 6 sq.). En effet, cette arche du temps passé vous annonçait en figure, car vous êtes l’arche de chair en laquelle s’est reposé le vrai Noé ; et Noé se traduit par « se reposant ». Il fut à la fois son architecte et son passager (…) celui qui récapitule toutes les créatures, et il ne l’a donc pas faite seulement pour lui-même, mais aussi pour les hommes et les anges, elle que la surabondance des eaux de la grâce a élevée bien au-dessus de la terre. Elle est l’arche de ceux qui doivent être sauvés, de tous les rescapés du naufrage du péché, elle qui s’est enfin reposée sur la montagne d’Arménie, c’est-à-dire qui est élevée au-dessus des chœurs des anges. Arménie veut dire en effet : « sommet très élevé » [19].
• La colombe. — La Vierge est aussi notre colombe spirituelle et très pure, plus blanche que la neige par la splendeur divine de l’âme, et qui s’est montrée au monde, comme après le déluge, à la voix de son Époux : « Viens ma colombe… la pluie a cessé » (Ct 2, 10-11). La colombe est symbole de paix. Nous voyons en conséquence une figure de Marie dans la colombe de Noé, laquelle, étant sortie de l’arche, y revint portant dans son bec un rameau d’olivier, en signe de paix que Dieu accordait au genre humain. Noé l’ayant relâchée une nouvelle fois, elle ne revint plus. Mais après s’être envolée là-haut, la colombe toute sainte ne cesse de protéger ceux qui demeurent ici-bas. Aussi, nous vous saluons, ô colombe sans tache, épouse du Saint-Esprit, et nous vous prions de vous souvenir de nous devant votre Fils [20].
• L’arc-en-ciel. — Médiatrice de paix, n’est-elle pas l’arc-en-ciel posé sur les nuées devant Dieu en signe d’alliance pacifique ? (Gn 9, 13). Oui, car Notre-Dame, qui reflète en elle toutes les perfections du soleil de justice, est également le signe et le gage de la réconciliation de Dieu et des hommes. Aussi, vous qui êtes le signe du pacte, Marie, arc-en-ciel lumineux, dès que, de la part de Dieu miséricordieux, Noé vous eut prise comme protectrice, le déluge n’a pas recommencé à ravager la terre. Vous l’avez confirmé vous-même : Je domine le monde par mes continuelles prières ; comme l’arc-en-ciel sur les nuées, qui s’incline vers la terre et qui la touche par ses deux bouts, je suis moi-même le céleste arc-en-ciel. Je m’incline vers les habitants de la terre, touchant les bons et les méchants par ma prière [21].
• L’échelle de Jacob. — N’est-il pas évident que c’est vous, ô Vierge Marie, qui avez été préfigurée et prophétisée par l’échelle de Jacob ? (Gn 28, 12). Le saint patriarche vit le ciel réuni à la terre par les deux extrémités de cette échelle mystérieuse ; il vit les anges qui, par elle, descendaient et remontaient : et vous aussi, ô Immaculée, faisant l’office de Médiatrice, vous êtes devenue l’échelle vivante par laquelle Dieu est descendu jusqu’à nous, pour prendre notre pauvre nature, se l’unir et l’épouser. Et ceci, pour que, par elle, les hommes méritent à leur tour de monter aux cieux, puisque la grâce passe par elle, échelle céleste par laquelle montent et descendent les anges, et au milieu de laquelle s’est placé le Christ. Puisque Dieu vous a faite, c’est sûr, comme une échelle par où lui, le Très-Haut, est descendu au plus bas, donnez-nous d’atteindre les plus hauts sommets du paradis [22].
• La maison de Dieu. — Après cette vision, Jacob s’écria : « Il n’y a rien d’autre ici, sinon la maison de Dieu et la porte du ciel ! » (Gn 28, 17). La maison de Dieu, c’est-à-dire l’extrémité de l’échelle qui se dressait sur la terre, et la porte du ciel, le sommet qui y touchait. La Mère de Dieu est véritablement la grande maison de Dieu, la demeure de son Fils unique qui y habita corporellement ; celle dont Salomon écrivait : “La Sagesse s’est bâtie une maison, s’y taillant sept colonnes” (Pr 9, 1), c’est-à-dire la dotant des sept dons du Saint-Esprit. Maison toute couverte de l’or de la charité, bien plus glorieuse que celle de Salomon, parce que pied-à-terre de la Sagesse divine qui nous comble de biens, et où nous trouverons de nombreuses grâces et bienfaits [23].
• La porte du ciel. — Cette porte du ciel, c’est Marie, et c’est le Christ ; car Marie est la porte par laquelle Dieu est venu à nous, et le Christ la porte par laquelle nous allons à Dieu. Cette porte est donc le Christ, parce que Médiateur entre Dieu et les hommes, lui, l’Homme-Dieu ; et de même Marie est aussi la porte, parce que Médiatrice entre le Christ et les fidèles. Elle est donc la porte des cieux, la porte du salut, la porte de la grâce, c’est-à-dire la porte par laquelle non seulement la grâce incréée, mais toute grâce, tout bien descendent sur nous. C’est bien à cette vraie porte que nous devons frapper, nous pécheurs, pour qu’elle s’ouvre, et qu’elle puisse présenter nos prières à notre Dieu. Aussi, vous qui êtes la porte du ciel toujours ouverte, la porte par laquelle la lumière s’est levée sur le monde, la porte du grand Roi, la porte du royaume céleste, intercédez pour nous [24] !
• Le buisson ardent. — Elle est ce buisson ardent, qui ne peut se consumer (Ex 3, 2). En effet, ne reconnaissez-vous pas la Vierge dans ce buisson ? Le buisson est une figure de Marie. Si donc Dieu autrefois a pris tant de soin de ce vil arbuste, qu’il lui communique une si grande splendeur, une si grande gloire, une si admirable intégrité, que n’a-t-il pas opéré de merveilleux en Marie ? Or voici en quoi consiste la merveille : le buisson nourrit le feu sans être consumé, et la Vierge enfante le feu et la lumière, et n’en souffre nullement. Oui, c’est un vrai miracle que cette femme qui demeure intacte au milieu du soleil qui lui sert de vêtement (Ap 12, 1). Aussi, du Verbe du Père, flamme sainte que vous portâtes, ô Vierge Mère, comme le buisson porta le feu, faites que nous puissions approcher dans des vêtements sans tache, pieds nus, les lèvres et le cœur pur [25].
• La colonne de nuée. — Ayant fait sortir son peuple élu d’Égypte, Dieu le conduisait par une colonne de nuée lumineuse (Ex 13, 21). Écoutons saint Paul : « Je ne veux pas que vous l’ignoriez, mes frères : nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer (…) et ces événements se sont produits pour nous en figure… » (1 Co 10, 1 et 6). Oui, par cette nuée, nous devons entendre la Vierge Marie, car elle est la Vierge pleine de grâce, la colonne de nuée en qui réside le Dieu qui guide son peuple dans le désert ; nuée dont la lumière dirige et conduit, non l’Israël ancien et charnel qui s’est écarté, mais l’Israël nouveau et spirituel, qui marche à la conquête de la lumière absolue de la vérité. Ainsi, nous vous saluons, colonne de feu guidant ceux qui sont dans les ténèbres ! Oui, nous vous saluons, nuée de lumière ! Votre médiation couvre et rafraîchit le nouvel Israël dans le désert de cette vie, vous nous faites entendre les décrets de l’amour divin [26] !
• L’arche d’alliance. — L’arche d’alliance vous figure à l’avance, ô Immaculée, vous qui avez reçu le pain de la vraie vie, le Verbe coéternel du Père. En effet, elle ne renferme ni la manne, ni les tables de la Loi, mais celui qui donnait la manne et procure les biens éternels, et qui est l’auteur même de la Loi. Arche vivante de Dieu, faite d’un bois incorruptible, dorée à l’intérieur et à l’extérieur, sanctifiée dans le corps et dans l’esprit. Dans le Saint des Saints, l’arche d’alliance était placée au milieu : la Vierge Mère de Dieu se tient entre Dieu et les créatures, unissant l’homme avec son Dieu (…) et c’est pour cela qu’on la nomme Médiatrice. Aussi, quand Obédédom l’acueillit chez lui, elle le combla de bienfaits, lui et tous les siens (2 S 6, 11). Et vous, arche de salut, ô Marie, priez pour nous, réconciliez-nous avec Dieu et obtenez-nous la grâce que nous implorons [27].
• L’urne d’or. — L’arche renfermait l’urne d’or remplie de manne (Ex 16, 32). Aujourd’hui, Moïse contemplant la toute sainte s’écrie : « Voici la Vierge que figurait mon vase d’or ! » Oui, l’urne d’or, c’est la bienheureuse Marie : d’or par l’intégrité et la pureté, d’or par la plénitude de la grâce. Elle fut vraiment un vase admirable (…) contenant celui que rien ne peut contenir, c’est-à-dire un vase contenant corporellement la plénitude de la divinité. Mieux que le vase d’or de l’arche, qui ne contenait que la manne, elle renfermait le vrai Pain du ciel en son sein. C’est pour cela qu’elle est un vase virginal, orné d’ineffables grâces divines, un vrai vase de vie, et que nous pouvons ainsi la prier : Vase embaumé de tous les parfums, trésor de toutes les grâces du salut, exhalez en nous vos suavités, et répandez sur nous la grâce qui vous enrichit [28] !
• Le propitiatoire. — L’arche était surmontée d’une lame d’or pur polie comme un miroir, dans laquelle se regardaient l’un l’autre deux grands chérubins en or massif ; on l’appelait le propitiatoire. Marie est le vivant propitiatoire où les deux grands chérubins, qui représentent l’ancienne et la nouvelle Alliance, trouvent, contemplent et adorent Jésus, le Christ Rédempteur. Elle est le miroir de justice, comme le chante l’Église d’Occident, et le propitiatoire du monde entier, pour celle d’Orient. Oui, Notre-Dame est bien le propitiatoire commun de tous les chrétiens, que le Grand-Prêtre a aspergé de sang au pied de la Croix, au grand jour de l’Expiation (Lv 16, 14) et aussi par qui Dieu est incliné à nous pardonner [29].
• Le tabernacle. — Notre-Dame est encore préfigurée par le Tabernacle, la tente de l’Alliance, aux portes de laquelle se réunissait tout le peuple élu (Nb 10, 3). En effet, la tente de Dieu renfermait le Saint des Saints, la verge miraculeuse, les tables du Testament, l’autel de l’encens, les deux chérubins tournés l’un vers l’autre et le propitiatoire exposé à découvert. Et tout cela a reposé en elle, non plus en figures, mais en vérité, découvrant au monde la sainteté et la loi, le feu d’un zèle dévorant et la bonne odeur de la vertu, l’accord des deux Testaments et la nourriture impérissable du vrai Pain de vie. Elle est véritablement le tabernacle du Christ, la tente ornée de la majesté divine, c’est-à-dire le tabernacle de celui que le monde ne peut contenir. Protectrice, vous êtes la tente du Très-Haut, en laquelle les hommes ont reçu le pacte d’alliance juré par Dieu, à leur plus grand avantage. Médiatrice, vous êtes le tabernacle vivant de la vivante alliance entre Dieu et l’homme [30].
• La cité du refuge. — Réfugie toi, homme pécheur, auprès d’elle, car elle est aussi la cité du refuge. Le livre des Nombres (35, 9) parle de villes où pourraient se réfugier ceux qui avaient commis involontairement un homicide. De nos jours, la miséricorde du Seigneur a pourvu Marie comme refuge de miséricorde, même pour des homicides volontaires. Elle est bien le refuge pour nos âmes, refuge préparé pour les hommes, car tous nous avons péché, et sommes nés enfants de la colère (Ep 2, 3). La Mère de miséricorde fut donc figurée par cette cité refuge, où devait venir chercher asile quiconque voulait échapper à la mort. C’est pourquoi l’Église nous fait dire : Refugium peccatorum, ora pro nobis [31] !
• La toison de Gédéon. — Elle est la toison sans laine en laquelle habita l’Esprit-Saint, comme la toison en laine qui reçut chez Gédéon la rosée (Jg 6, 37) ; la terre souffrait de sécheresse, et la toison seule fut toute mouillée : c’est la figure de Marie, qui est de beaucoup supérieure. En effet, la rosée, qui ne fut d’abord que sur la toison, humecta ensuite l’aire entière. (…) Jésus-Christ est d’abord venu en la Vierge avec la plénitude de la grâce, il a ensuite appelé les fidèles et ses élus pour y participer. Car cette eau vivante, descendant des cieux, s’épancha silencieusement sur la toison qui est la Vierge et, rosée de la Divinité, elle s’y referma toute entière. Sous le pressoir de la croix, la toison la répandit en pluie de salut sur l’univers. Là encore, elle se montre comme médiatrice, elle, la toison mystérieuse placée par la Providence entre la rosée et la terre, entre le Christ et l’Église [32].
• La tour de David. — Elle est aussi la Vierge puissante, comme la tour de David : mille boucliers y sont suspendus, toute l’armure des forts (voir Ct 4, 4). Car sa protection, dont l’universalité et l’efficacité souveraine sont exprimées par les mille boucliers qui y sont suspendus, nous délivre tous de l’ennemi et de ses traits empoisonnés. Oui, une tour puissante, entourée d’ouvrages de défense, un arsenal où l’on trouve boucliers et armes de toutes sortes contre l’ennemi infernal : telle se présente Marie à ceux qui l’aiment et qui, dans les combats, invoquent son secours. Elle est la tour de David, c’est-à-dire du Christ. (…) Tour d’ivoire, parce que complètement prémunie contre l’orgueil de par sa parfaite chasteté. Aussi nous vous saluons, tour inébranlable de l’Église, figurée par celle qui dominait Jérusalem, nous donnant la vraie liberté et gardant en réserve pour nous l’abondance des dons divins [33].
• Le temple. — Selon le sens allégorique, on peut comprendre sous le nom de temple le sein de la Vierge dans lequel toute la divinité a habité corporellement, et ainsi elle est appelée justement le temple de Dieu. Car le Saint-Esprit est avec Marie, comme dans le temple où il opère ; et dans le sanctuaire de ce temple virginal, où Dieu a déposé sa majesté divine, sachons que le Souverain Prêtre a offert son premier sacrifice, au moment de son incarnation. Elle est donc plus que le temple de Salomon : elle est le temple du Christ-Roi, un temple sanctifié, un temple consacré par le Saint-Esprit et faisant de nous-mêmes des temples du Saint-Esprit. Aussi, nous ne devons pas nous éloigner de ce temple, mais y déposer notre prière, car si nous la transmettons par la mère du Christ, Dieu l’exaucera [34].
• Le trône royal. — Après avoir bâti un temple magnifique, Salomon se fit faire un trône royal, « et il ne s’est jamais fait un tel ouvrage dans tous les royaumes de l’univers » (3 R 10, 20). Marie est le trône portant le Roi qui porte toutes choses, le trône que le vrai Salomon, le Roi de gloire, a enrichi des plus magnifiques dons du ciel. Elle est bien figurée par ce trône que s’est fait Salomon, le roi pacifique, figurant lui-même le Christ ; en effet, il s’est fait un trône pacifique, pour y rendre la paix, parce que c’est grâce à la médiation du Fils de l’homme que nous avons trouvé la paix avec Dieu le Père, et c’est aussi par la médiation de la mère du vrai Dieu de paix que nous pouvons trouver cette même paix, chaque fois que nous le voulons, auprès de son Fils. Aussi nous pouvons dire au sujet de celle que l’Église appelle le « trône de la Sagesse », avec foi : « Approchons-nous avec confiance du trône de la grâce, afin d’y trouver miséricorde et le secours de la grâce en temps opportun [35] ».
D’autres figures auraient pu être évoquées, comme l’arbre de vie, la nacelle de Moïse, l’autel des holocaustes, le candélabre d’or, le sceptre du Roi, le grand livre ou la cité sainte, etc. Mais ces types de l’Ancien Testament illustrent moins la médiation de Notre-Dame.
Par ailleurs, on ne peut traiter ici certaines figures volontiers appliquées à Marie-Médiatrice, mais qui se révèlent plus métaphoriques que bibliques : pont, ancre, port, fleuve, acqueduc, puits, cou, etc.
En revanche, il convient de relever encore quelques types prophétiques intéressants :
• La sainte montagne. — Salut, ô sainte montagne que Daniel a vue à l’avance dans l’Esprit divin (Dn 2, 45), et de laquelle doit être détachée cette pierre spirituelle qui brisera les vaines idoles des démons. Aussi, n’est-elle pas une haute montagne, Marie, qui, pour mériter de concevoir le Verbe éternel, a dépassé par ses mérites tous les chœurs des anges, et touche jusqu’au trône de Dieu ? La dignité suréminente de cette montagne est annoncée par Isaïe (chapitre 2, 2), quand il dit : « Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes ». Et si la bienheureuse Vierge est prophétisée sous cette figure, c’est parce que tout ce qui a été promis ou révélé s’est accompli en elle, et que toute grâce qui influe en nous dérive d’elle [36].
• Le Mont Carmel. — Ne vous semble-t-il pas, mes chères âmes, que c’est à elle à qui l’on doit appliquer ces paroles du Cantique des cantiques, où le divin époux décrivant les beautés de son épouse en détail et par le menu, dit que sa tête ressemble au Mont Carmel : « Caput tuum ut Carmelus » (Ct 7, 5). Le Mont Carmel est un mont très agréable, lequel est tout couvert et diapré de fleurs très odoriférantes, aussi, cette montagne est devenue très vite, dans la littérature prophétique et poétique d’Israël, le symbole de la grâce : le Carmel est le jardin de la beauté et de la fécondité verdoyante. (…) Il désignera toujours le jardin des grâces de Dieu, celui où elles sont d’abord reçues et où elles se concentrent pour se répandre ensuite sur tout le peuple de Dieu [37].
• Le léger nuage. — C’est vous [Seigneur], qui avez révélé au bienheureux Élie, au moyen d’un léger nuage se levant sur la mer, l’Immaculée Vierge Marie (3 R 18, 43). En effet, la sainte Vierge était figurée par cette petite nuée. Cette nuée était toute petite : la Vierge fut humble et pauvre ; la nuée sortit du sein de la mer : Marie naquit de l’humanité pécheresse ; et comme cette nuée, issue d’une eau amère, était cependant pure et sans amertume, ainsi la Vierge, enfant d’une race souillée par le péché, fut, dès son origine, exempte de toute corruption (…) et, par suite, douce de la plénitude des dons de la grâce. Ainsi, que de prodiges sont ici cachés ! Ce petit nuage donnera une pluie abondante et féconde. Salut et paix à vous, nuage rapide, prophétisé par le glorieux Isaïe ! Oui, Salut, nuée légère, qui répandez la rosée de la pluie céleste [38] !
• La tige de Jessé. — Elle est la tige dont Isaïe (11, 1), rapporte qu’elle est issue de la racine de Jessé, dont le Messie est lui-même la fleur, car sa fleur et son fruit, c’est Jésus-Christ. Et ainsi, si vous désirez avoir cette fleur, attirez à vous par vos prières la tige de cette fleur : en effet, si cette fleur est très élevée par sa divinité, en revanche sa tige est très flexible par sa bonté. Et de même que la tige est médiatrice entre la racine et le fruit, la bienheureuse Vierge est-elle Médiatrice ; c’est pourquoi celui qui recherche la grâce du Saint-Esprit sous toutes ses formes, doit chercher la fleur de cet Esprit sur la tige qui l’a portée : c’est par la tige que nous parviendrons à la fleur, et par la fleur que nous arriverons à l’Esprit qui a reposé sur elle (voir Is 11, 2). Par Marie nous nous approchons de Jésus-Christ, et par Jésus-Christ nous trouvons la grâce du Saint-Esprit [39].
*
— 29e question : « Est-ce que toutes ces figures ne sont pas le fruit de la pieuse imagination de nos anciens ? »
Première réponse de Mgr de Ségur :
Qu’on ne s’imagine pas que ce soient là seulement des comparaisons, des rapprochements plus ou moins ingénieux, des symboles trouvés après coup. Non pas ; c’est pour annoncer et prophétiser l’auguste mystère du Christ et de sa mère, c ’est pour le mieux faire comprendre que le bon Dieu a ainsi organisé les choses. Jésus et Marie, le Christ et l’Église, se retrouvent en toute l’histoire du monde, parce que le monde a été fait pour eux : le monde leur ressemble, comme un portrait ressemble à l’original. Toutes ces images sont des lumières de foi, et non de vains jeux d’imagination [40].
Si cette réponse d’autorité n’était pas encore assez convaincante, nous pouvons y ajouter des arguments plus probants, en examinant plus précisément, par exemple, la figure de l’arche d’alliance, si représentative de la médiation mariale, selon les critères spécifiques de l’interprétation typologique. Nous savons en effet [41] que les arguments probables en faveur du sens typique sont à rechercher d’abord dans la sainte Écriture même et dans la Tradition, attestée par l’unanimité morale des Pères ; puis dans la prière liturgique et dans les analogies évidentes que l’on peut relever entre le type et l’antitype.
Origène, l’un des plus célèbres exégètes des premiers siècles, enseignait qu’il faut chercher à expliquer l’Écriture par l’Écriture. Sous l’angle de la typologie, cela consistera à relever dans le Nouveau Testament les passages qui font visiblement appel à une figure de l’Ancien Testament. Pour ce qui concerne l’arche d’alliance, nous nous contenterons de citer les extraits les plus significatifs d’un exégète récent, le père Feuillet [42] :
L’ange Gabriel dit à Marie : La Puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre, c’est pourquoi ce qui naîtra [de toi] sera appelé saint, Fils de Dieu (Lc 1, 35). Le verbe « couvrir d’ombre » (episkiazein) retient l’attention. (…) La parole de l’ange se référait à Ex 40, 35 : La nuée couvrit de son ombre le tabernacle (episkiazein dans la Septante, en hébreu shakan) et la gloire de Yahvé remplit la demeure.
(…) Une manifestation divine semblable est rapportée par le chroniste lors du transfert de l’arche d’alliance dans le temple de Salomon : Les prêtres apportèrent l’arche d’alliance de Yahvé à sa place, au Debir du Temple, c’est-à-dire au Saint des Saints, sous les ailes des chérubins. (…) Le sanctuaire fut rempli par une Nuée. (…) Les prêtres ne purent pas continuer leur fonction à cause de la Nuée ; la Gloire de Yahvé remplissait le temple de Dieu » (2 Ch 5, 7. 13-14).
Ainsi donc Marie serait implicitement assimilée par Gabriel au tabernacle ou à l’arche d’alliance. Il y aurait une correspondance voulue entre la venue de la nuée au-dessus de l’arche d’alliance et l’intervention de la vertu du Très-Haut qui couvre Marie de son ombre. La nuée était le signe de la présence de la gloire divine : par conséquent, à l’habitation de la gloire dans le tabernacle ou le temple répondrait le mystère de l’incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie [43].
(…) Il y a lieu de croire que, tout comme l’annonciation, la visitation veut nous faire contempler en Marie portant dans son sein le Fils de Dieu, le correspondant du tabernacle ou de l’arche d’alliance de l’ancienne économie. (…) Plusieurs commentateurs modernes ont relevé la curieuse parenté entre l’exclamation d’Élisabeth accueillant la Vierge Marie : D’où [comment] m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne chez moi ? (Lc 1, 43), et l’exclamation de David quand il reçoit l’arche d ’alliance : Comment se peut-il que l’arche du Seigneur vienne chez moi ? (2 S 6, 9). Il est à noter, par ailleurs, que le verbe qui exprime le cri d’Élisabeth (anephônésen) n’est utilisé que pour désigner des exclamations liturgiques (1 Ch 16, 4-5, 42), et plus spécialement celles qui sont liées au transport de l’arche d’alliance (1 Ch 15, 28 ; 2 Ch 5, 13).
Malgré tout, on pourrait légitimement se demander si la rencontre en Lc 1, 43 et 2 S 6, 9 n’est pas purement fortuite. Ce qui détourne de le penser, c’est tout d’abord qu’on soupçonne déjà une première allusion à l’arche d’alliance en Lc 1, 35 : les deux passages s’éclairent et se corroborent mutuellement. C’est ensuite que, d’une manière générale, Lc 1-2 est rempli de réminiscences des livres de Samuel, et qu’en particulier le récit de la visitation semble bien renfermer d’autres allusions au transport de l’arche à Jérusalem raconté en 2 S 6. Il y a, dans les deux cas, un voyage dans les montagnes de Judée (voir 2 S 6, et Lc 1, 39) et des manifestations d’allégresse (voir 2 S 6, 12 et Lc 1, 44) ; aux bonds joyeux de David (2 S 6, 16) correspond le tressaillement de Jean-Baptiste (Lc 1, 44) ; l’arche de Yahvé resta trois mois dans la maison d’Obédédom (2 S 6, 11) et Marie demeure avec Élisabeth environ trois mois [44] (Lc 1, 56).
(…) La Femme du chapitre 12 de l’Apocalypse apporte un appui sérieux à l’exégèse de Lc 1, 35 et 43 qui fait de la Mère du Christ l’arche de la nouvelle alliance. (…) En effet, en Ap 11, 19 le temple céleste s’ouvre pour que devienne visible l’arche d’alliance qui demeurait cachée dans l’ancienne économie, et aussitôt après (12, 1 sq.), nous avons la vision de la Femme couronnée d’étoiles qui met au monde le Messie. La ressemblance avec Lc 1, 35 et 43 devient plus saisissante encore si, à la suite de E.B. Allo [45], on fait de l’apparition de l’arche d’alliance, non pas la conclusion du septénaire des trompettes du chapitre 11, mais un prélude à l’apparition de la Femme ; de cette façon les deux apparitions de l’arche d’alliance et de la Femme se trouvent liées. De bons arguments militent en faveur de cette manière de voir. Littérairement parlant, nous avons trois fois la formule « et on vit apparaître » (Kai Ôphté) : 11, 19 ; 12, 1 et 3, formule qui ne se retrouve nulle part ailleurs dans le livre ; or il est difficile de dissocier le premier « et on vit apparaître » des deux autres [46].
Concluons avec le même auteur que ces différents passages cités…
… suggèrent de voir en Marie une nouvelle arche d’alliance, celle de l’ère de grâce, donc celle de l’Église. Ce n’est d’ailleurs qu’en tant qu’unie indissolublement à Jésus que Marie mérite ce titre d’arche d’alliance. (…) De plus, s’il est vrai que l’Église est le lieu normal où, dans l’économie nouvelle, nous recevons la grâce du Christ Rédempteur, il est encore beaucoup plus vrai de dire que, cette grâce du Christ, nous la recevons par l’entremise et la médiation de Marie [47].
A cette confirmation de la sainte Écriture, joignons celle de la Tradition ; nous nous contenterons de citer, en premier lieu, les témoins les plus connus de la période patristique, jusqu’à saint Jean Damascène († 749), le dernier des Pères de l’Église. Un savant bénédictin va nous faire l’introduction :
Cette application de l’arche d’alliance est fort ancienne. On la trouve déjà au début du IIIe siècle, sous la plume d’Hippolyte de Rome : Le Seigneur était impeccable car, en tant qu’homme, il était fait de bois imputrescible en dedans et en dehors, étant œuvre de l’Esprit-Saint et de la Vierge [48]. Le texte de l’Exode disait en effet de l’arche (Ex 25, 11) : Tu la revêtiras d’or pur en dedans et au dehors. C’est cet or pur qui achevait d’en rendre imputrescible le bois. Entendu du Christ, le dedans signifie, au jugement d’Hippolyte, sa divinité et le dehors son humanité, reçue de la Vierge. Celle-ci est donc le bois très pur dont fut fait l’arche de notre alliance, le Dieu fait homme. Cette interprétation mariale de la fœderis arca était, on le voit, très réfléchie. Elle ne cessera plus désormais [49].
En effet, on la retrouvera ensuite chez : saint Éphrem d’Edesse (Sermo de SS. Dei Gen. V.M. laud.) ; saint Ambroise de Milan (Sermo 80 vel 81) ; Théodote d’Ancyre (Hom. 5 in die Nativ. Dom.) ; saint Proclus de Constantinople (Orat. V de Laud. S.M.) ; Pseudo Méthode (Sermo de Simeone et Anna) ; Hésychius de Jérusalem (Hom. V de S.M. Deip.) ; Basile de Séleucie (Orat. 39 in SS. Deip. Ann.) ; Pseudo Grégoire (Hom. I in Ann.) ; Jean le Notaire (Sermo in Ascens.) ; saint Sabas de Cappadoce (In Menœis graec., 14-VIII) ; Sévère d’Antioche (De Ritibus baptism.) ; saint Romanos d’Émèse (Canticum in Nativ.) ; Pseudo Proclus (Orat. VI de laud. S.M.) ; Venance de Poitiers (Elegia in laud. S.M.V.) ; Pseudo Modeste (Encomium in Dormit.) ; saint Germain de Constantinople (Orat. III de Dormit. B.V.) ; saint André de Crête (Sermo III in Dormit. B.V.) ; Pseudo Épiphane (Hom. V de laud. S.M. Deip.) ; Jean d’Eubée (In concept. S. Dei Genit.) ; saint Jean Damascène (Cant. II in Dormit. B.M.V.).
Pour montrer comment cette Tradition a perduré, il convient d’ajouter au témoignage des Pères celui des Docteurs de l’Église postérieurs, qui ont mérité ce titre de par leur remarquable science des choses divines : saint Bernard (Sermo II in die Pentec.) ; saint Antoine de Padoue (Sermo in Assumptione) ; saint Albert le Grand (in Luc, cap. X) ; saint Thomas d’Aquin (In salut. angel.) ; saint Bonaventure (Sermo V de Nativitate B.V.M.) ; saint Laurent de Brindes (Sermo VII in salut. angel.) ; saint Robert Bellarmin (Conc. 40 de Assumpt B.M.) ; saint François de Sales (IIe sermon pour l’Assomption) et saint Alphonse-Marie de Liguori (Gloires de Marie, p. 1, c. 4, § 2).
Cette longue liste chronologique, qui ne peut être exhaustive, est largement suffisante pour prouver l’unanimité morale requise [50] pour la Tradition, et ainsi confirmer le caractère révélé du fait que Notre-Dame est préfigurée dans l’Ancien Testament par l’arche d’alliance, tel que nous l’avons pressenti dans l’étude exégétique précédente.
A ces deux critères essentiels à la doctrine révélée, on peut encore joindre celui de la liturgie, qui est « la Tradition même, à son plus haut degré de puissance et de solennité », selon Dom Guéranger [51]. Ce nouvel argument a aussi pour intérêt de démontrer l’unanimité « géographique » du sens typique attribué à l’arche.
Pour notre liturgie romaine, à l’invocation Fœderis arca des litanies de Lorette, on peut ajouter aussi cette strophe de l’hymne des Laudes du 11 février : « Le torrent aux flots néfastes qui entraîne tous les hommes vers l’abîme, arrête doucement ses eaux quand passe l’arche d’alliance » ou encore celle-ci, de l’hymne des Matines du 15 août : « Arche faite d’un bois incorruptible, vous gardez la manne, d’où découle la vertu qui fait surgir de leurs sépulcres les ossements eux-mêmes rendus à la vie. »
La liturgie grecque le dit explicitement : « L’arche jadis vous préfigura, ô Pure, vous ne portez pas les tables de la Loi, mais le Christ législateur [52] » et aussi : « Par un signe divin, le glorieux Moïse vous décrit d’avance comme l’arche couverte de toutes parts des feux de l’Esprit comme avec de l’or, pour la gloire de Dieu » et encore plus loin : « L’arche de l’alliance vous décrit d’avance, ô Immaculée qui avez reçu le pain de la vraie vie, le Logos coéternel du Père [53]. »
Après les deux grandes liturgies romaine et byzantine, il faut citer celles qui se recommandent par leur haute antiquité, et en premier lieu celle de Jérusalem. Dans un lectionnaire qui a pu être daté entre 417 et 439 [54], on trouve déjà comme antienne pour la fête de la Mémoire de Marie, au 15 août, le verset 8 du psaume 131 : « Levez-vous, Seigneur, vers votre repos, vous et l’arche de votre Sainteté [55]. » De son côté, la liturgie de saint Jean Chrysostome lui décerne le titre d’Arche sacro-sainte [56].
Non loin de la terre sainte, l’Office du rite syro-maronite nous rappelle qu’« en ce temps-là le prophète Moïse fit l’arche, dans laquelle il mit les deux tables des commandements, la manne et la verge d’Aaron. Il la couvrit d’or pour être la demeure de Dieu de Sabaoth et un instrument de salut pour le peuple hébreu. Or Marie est elle-même l’arche incorruptible du Seigneur [57]. »
Pour fêter Notre-Dame, l’Église arménienne la loue ainsi : « Plus sublime que les séraphins et les chérubins aux yeux multiples, ô Mère du Seigneur, Vierge sainte, Arche d’alliance [58]. » Et les Slaves de reprendre : « David, votre ancêtre, l’annonce en chantant l’arche de la sanctification divine, car vous avez reçu surnaturellement Dieu qui siège dans le sein du Père [59]. »
Les Coptes la vénèrent comme « l’arche du Testament qui contient l’auteur même de la loi [60] » et les Éthiopiens la proclament « recouverte sans fin par l’or pur de la sainteté et par l’argent [61] ». Les Tchèques, eux, la voient « chargée sur les épaules de David, et transportée dans la jubilation [62] ». Achevons ce tour d’horizon avec la liturgie parisienne : « Elle entre dans son repos, elle donne son visage au ciel, l’arche vivante de Dieu [63]. »
Qu’on nous permette ici une petite parenthèse, avant de quitter l’art sacré. En effet, en Orient comme en Occident, de nombreuses représentations de la Mère de Jésus la placent entre deux anges, tout comme l’arche était encadrée par deux chérubins (Ex 25, 19). Ainsi, la « Vierge en majesté », icône à l’encaustique peinte au milieu du VIe siècle à Constantinople et actuellement exposée au Monastère Sainte-Catherine du Sinaï [64]. Ou encore cette « Vierge de la clémence », fresque de l’antique basilique Santa Maria in Trastevere, à Rome, et exécutée sous le pontificat de Jean VII († 705) [65]. Mais la plus célèbre de ce type d’icône est sans doute celle de la « Vierge de la Passion », que la dévotion populaire vénère comme miraculeuse sous le titre de « Notre-Dame du Perpétuel Secours », titre expressif de la médiation universelle.
A l’époque de Samuel, l’arche demeura longtemps sur la colline de Qiriat-Yearim, dans la maison d’Aminadab (1 S 7, 1). Une basilique dédiée à Notre-Dame Arche d’alliance se dresse actuellement à cet endroit. Déjà, au Ve siècle, une église y avait été bâtie, où l’on venait en pèlerinage, et une grande fête s’y célèbrait le 2 juillet [66].
Maintenant que le bien-fondé de cette interprétation mystique est suffisamment établi, il ne reste plus qu’à l’illustrer – et le confirmer – en relevant les analogies les plus marquantes entre l’arche de l’Ancien Testament et celle du Nouveau. Au témoignage de saint Bonaventure [67], cette figure est, de toutes, la plus riche en explications mystiques, aussi, nous contenterons-nous de résumer celles qui ont quelque rapport avec la médiation de Notre-Dame.
Dieu a voulu une arche qui puisse recevoir dignement sa parole écrite pour les hommes (Dt 10, 1-3) ; il a aussi voulu une Médiatrice qui puisse recevoir dignement son Verbe incarné propter nos homines.
Il a ordonné de faire faire une couronne d’or tout autour de l’arche (Ex 25, 11). De même, il ordonne à tous les anges et les hommes de révérer sa Mère comme leur reine.
L’arche était encadrée par deux anges (Ex 25, 19 ; 1 R 8, 6-7) ; Marie est assistée par les anges, eux aussi médiateurs des prières humaines (Tb 12, 12 ; Ap 8, 3) et des grâces divines (Ps 90, 11 ; He 1, 14).
Au-dessus de l’arche était fixé le propitiatoire (Ex 26, 34) qui devait être aspergé de sang par le Grand-Prêtre au jour solennel de l’expiation (Lv 16, 14). Sous la croix où était fixé son Fils Jésus, victime de propitiation pour nos péchés (1 Jn 2, 2), se tenait la corédemptrice.
L’arche devait encore garder la manne et la verge d’Aaron (He 9, 4) ; de son côté, Marie veille sur les sacrements et sur ceux qui doivent les dispenser [68].
Dieu était si présent dans l’arche, que la sainte Écriture l’identifie souvent avec elle. A son départ, Moïse disait : « Levez-vous Seigneur ! » (Nb 10, 35), et quand elle arrivera sur le champ de bataille, les Philistins s’effraieront en disant : « Dieu est venu dans leur camp ! » (1 S 4, 7) La très sainte Vierge est si unie à Dieu, sa volonté est si conforme à la sienne, que l’Archange le déclare : « Le Seigneur est avec vous ! » (Lc 1, 28) et que son Cœur Immaculé ne fait qu’un avec celui de Jésus [69].
L’arche d’alliance occupait la place d’honneur parmi tous les objets de culte renfermés dans le tabernacle, sous le propitiatoire, au milieu du Saint des Saints (Ex 26, 34). « Ainsi la très sainte Vierge brille dans l’Église parmi tous les autres membres de ce Corps Mystique dont Jésus-Christ est le chef, en sorte qu’aucune créature ne peut lui être comparée. (…) Elle se tient au milieu entre Dieu et les pures créatures, reliant, rejoignant, unissant l’homme avec Dieu [70]. »
Pour savoir ce qu’il fallait faire, Moïse, Josué, le Grand-Prêtre allaient se présenter devant l’arche pour consulter le Seigneur et entendre sa voix (Nb 7, 89 ; Jos 7, 6 ; Jg 20, 27). Quant à Notre-Dame, « elle veut qu’en la consultant nous réfléchissions sur le meilleur parti à prendre, mais que nous réfléchissions en sa présence et avec l’aide de la grâce qu’elle nous obtient [71]. » Au contraire, ceux qui veulent agir malgré elle (Nb 14, 44), ou compter sur elle tout en violant les commandements divins (1 S 2-4), ceux-là doivent s’attendre à un sévère châtiment de la part de Dieu.
L’arche avait été aussi donnée au peuple élu pour le guider dans le désert (Nb 10, 33) et enfin le faire entrer dans la terre promise (Jb 3, 17) : Marie a été donnée comme mère aux hommes pour les mener de cette terre d’exil jusqu’à la vraie patrie du ciel. Le Jourdain faisant obstacle pour pénétrer en Palestine, l’arche entra en premier et permit à tous les Israélites de passer ensuite (Jb 3, 15). La mort faisant obstacle pour pénétrer au ciel corps et âme, Jésus et Marie en triomphèrent en premier, pour précéder au paradis tous ceux qui verront Dieu.
Durant le siège de Jéricho, les guerriers hébreux firent chaque jour le tour des remparts de la ville en portant l’arche en procession, et la ville tomba (Js 6). Notre‑Dame a si bien manifesté son assistance aux troupes catholiques dans l’histoire de l’Église, que les rois lui ont donné le titre de « Notre-Dame des Victoires [72] » et les papes celui d’« Auxiliatrice des chrétiens ».
De même, quand l’arche fut placée en face de l’idole de Dagon, celle-ci s’écroula bientôt et fut brisée en plusieurs morceaux (1 S 5, 2-4). « Réjouissez-vous, Vierge Marie, vous seule avez vaincu dans le monde entier toutes les hérésies [73]. »
Dieu a comblé Obédedom de bénédictions, parce qu’il avait accueilli l’arche chez lui (2 S 6, 11). Jésus nous bénira si, comme son disciple préféré, nous accueillons Marie chez nous (Jn 19, 27), c’est-à-dire si nous la reconnaissons vraiment et pratiquement pour notre Mère, car comme elle nous l’affirme elle-même : « Dieu veut sauver le monde par la dévotion à mon Cœur Immaculé [74]. »
On s’étonnera peut-être que nous ayons consacré tant de pages à la typologie mariale dans l’Ancien Testament, alors qu’elle n’est presque jamais évoquée dans les ouvrages qui traitent ex professo de la médiation. Nous répondrons que justement il y avait là une lacune à combler, et que nous avons tenté – bien imparfaitement – de le faire.
On nous objectera alors que le sens spirituel de la sainte Écriture ne peut fournir un argument probant en théologie dogmatique. Nous répondrons que nous pouvons au contraire nous prévaloir de l’exemple de saint Thomas, « le prince des théologiens ». Dans son sed contra – qui sert « d’argument d’autorité » – voulant montrer la sanctification de la très sainte Vierge dans le sein maternel, voici ce qu’il écrit :
Les choses qui ont eu lieu sous l’Ancien Testament sont la figure du Nouveau, d’après ces paroles de saint Paul : Toutes ces choses leur arrivaient en figure (1 Co 10, 12). La sanctification du tabernacle dont il est dit : Le Très-Haut a sanctifié son tabernacle, (Ps 45, 5) apparaît ainsi comme la figure de la sanctification de la Mère de Dieu, qui est appelée le tabernacle de Dieu, d’après ces paroles du psalmiste : Il a mis sa tente dans le soleil (Ps 18, 6). Or il est dit du tabernacle : Après que tout fut achevé, la nuée couvrit le tabernacle du témoignage et la gloire du Seigneur le remplit (Ex 40, 34). Donc la Bienheureuse Vierge ne fut sanctifiée qu’après que tout son être fut complet, c’est-à-dire qu’elle eut un corps et une âme [75].
L’Ange de l’École ne se gêne donc pas pour utiliser la sainte Écriture selon le sens typique [76]. Sans décider de l’autorité propre de l’argument (Les sed contra de saint Thomas citent des autorités variées, selon des modes divers), nous devons voir dans cet usage un procédé parfaitement légitime, très traditionnel et aimé des anciens. Et s’il ne nous semble pas convaincant, c’est sans doute parce que nous avons perdu de vue cette interprétation mystique des saintes Écritures, en nous limitant à la seule étude du sens littéral et grammatical. Peut-être pour avoir trop voulu rivaliser avec les protestants sur leur propre terrain, celui de la sola Scriptura. En effet, comme le constatait en son temps le Cardinal Newman – un converti de l’hérésie – : « L’interprétation mystique et l’orthodoxie tiendront bon ensemble, ou tomberont ensemble. C’est presque une loi de l’histoire [77]. »
*
Pour résumer les témoignages de l’Ancien Testament en faveur de la médiation mariale, retenons donc un texte au sens littéral et prophétique, et plusieurs autres au sens spirituel et typique.
Dans le Protévangile (Gn 3, 15), Dieu nous révèle qu’entre l’ennemi du genre humain et la Mère du Rédempteur, il existera toujours un antagonisme total et permanent dont nous sommes l’enjeu ; Satan, l’adversaire, cherchera toujours à diminuer et détruire la vie de notre âme, et Marie, la maîtresse, cherchera toujours à l’augmenter et à la parfaire.
Quant aux nombreuses figures humaines et corporelles qui annoncent la Mère du Christ et des hommes, s’il est malaisé de distinguer toutes celles qui sont révélées et voulues en tant que telles par Dieu, on ne peut pas non plus les rejeter en bloc, de par leur affirmation par la Tradition, elle aussi « source de la Révélation ». On ne pourra pas non plus refuser une quelconque valeur probative à ces figures qui paraissent bien fondées, par exemple Ève ou l’arche d’alliance.
Enfin, il faut remarquer que, quel que soit le genre d’interprétation (littérale ou typique), on ne doit pas s’arrêter à une lecture univoque du texte, par exemple dans un sens exclusivement marial : c’est le Christ, Marie et l’Église qui brisent la tête du serpent [78], et c’est encore le Christ, Marie et l’Église qui sont figurés, par exemple, par le temple [79]. En effet, il ne faut pas séparer ce que Dieu a uni : le Fils, la Mère, l’Épouse ; il ne faut pas disjoindre trois mystères qui se fondent en un seul, celui de la rédemption, mystère qui n’appartient lui-même qu’à une seule pensée : celle de Dieu, simple, parfaite et éternelle.
Qu’on nous permette enfin de faire nôtre cette prière d’un Père de l’Église grecque à Marie :
Recevez de nous qui avons reçu de vous la lumière de la vérité, les éloges que nous avons essayé de faire à votre sujet, après avoir contemplé d’obscures images. A vous, Mère de Dieu, à vous de qui nous tirons notre gloire, d’accorder sa récompense à notre pauvre travail. Faites que nous possédions, plus précieuse et plus éclatante que toutes les richesses, votre prière suppliante auprès de votre Fils Notre‑Seigneur et notre Roi : c’est par elle que nos péchés seront pardonnés, par elle que nous agirons d’une manière plus vertueuse, (…) par elle enfin que tout bien sera accordé aux chrétiens [80].
(à suivre)
Vitrail de Laon |
[1] — († 1680) Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu, Paris, Lethielleux, 1935, t. VII, l. 2, ch. 2, p.74-75.
[2] —de Ségur Mgr a très bien développé ce préavis dans les cinq premiers chapitres de son ouvrage La Sainte Vierge dans l’Ancien Testament, Paris, Tolra, 1893, p. 11 à 37.
[3] — Prat père F. S.J., La Théologie de saint Paul, 9e édition, Paris, Beauchesne, 1920, t. I, p. 348.
[4] — Voir Thomas saint, I, q. 44, a. 3 et Bonaventure saint, in Sent. I, d. XXXVI, a. 2, q. 2.
[5] — Pie IX, Bulle dogmatique Ineffabilis Deus (voir Bréviaire Romain de S. Pie X, 4e leçon, matines du 10 décembre).
[6] — († 740) Sermo III in Dormitionem B.V.M., PG 47, col. 1086.
[7] — Nous ne retiendrons que les trois sens les plus communément reçus chez les Pères, les Docteurs et les exégètes. Saint Bonaventure souligne leur étroit rapport avec les trois voies de la vie spirituelle : « on l’appelle à juste titre mer amère parce qu’elle purifie, illuminatrice parce qu’elle éclaire, souveraine enfin parce qu’elle perfectionne et consomme » (Serm. I in Assumptione, Opera omnia, éd. critique Quaracchi, t IX, p. 689b.).
[8] — Grégoire de Nysse saint, De Laudibus Virginis, cité par Plessis, Manuel de mariologie dogmatique, 1947, p. 44.
[9] — Pour ne pas surcharger le texte de renvois, ainsi que les notes elles-mêmes, nous nous contenterons d’énumérer sommairement les références des citations (non scripturaires) qui ont été transcrites en italique à l’intérieur d’un même paragraphe. Pour celui-ci : Liturgie romaine : Hymne des Vêpres du 24 octobre. – Philotée de Constantinople (XIVe siècle) : In Meneis græcor. – Thomas d’Aquin saint (XIIIe siècle) : Explicat. Ave, n. 10. – Liturgie ambrosienne : Laudes du 15 août. – Jean Damascène saint (VIIIe siècle, docteur de l’Église) : Hom. in Dormit. Deip. Virg.
[10] — Théodore Studite (IXe siècle) : Hom. in Nativ. B.M.V. – Pseudo Méthode (Ve siècle) : In Hypap. Dom. – Thomas saint : I, q. 25, a. 6. – Taraise de Constantinople saint (VIIIe siècle) : In Deip. Præsent. – Laurent de Brindes saint (XVIIe siècle) : De S.S. Mariæ nomine. – Liturgie grecque : Menées, 4 mars. – Liturgie romaine : Cantique Rorate pour l’Avent.
[11] — de Ségur Mgr (XIXe siècle) : La Sainte Vierge dans l’Ancien Testament, ch. 6. – Conrad de Saxe (XIIIe siècle : Speculum B.M.V., lib. III. – Richard de Saint-Laurent (XIIIe siècle) : De laud. Virg., lib. I. – Pollien Dom : Élévations sur l’Ave Maria, ch. 23. – Bernardin de Sienne saint (XVe siècle) : Sermo II de glorioso nomine Mariæ. – Columna card. G. (XIVe siècle) : Exposito in salut. angelic. – Bernardin de Bustis (XVe siècle) : Sermo II, de assimilat. S.M.
[12] — Bruno saint (le Chartreux, XIe siècle) : Expositio in Ps. 101. – Irénée de Lyon saint (IIe siècle) : Adv. Haereses, III, 21, 10. – Ancien Office grec de la Dormitio (VIIe siècle) : trop. XI – Pierre le Barde (XIIe siècle) : Sermo V de concept. B.M.V.
[13] — Bernard saint (XIIe siècle) : Sermo in Nativitate B.V.M.
[14] — Brigitte sainte (XIVe siècle) : Révélat., liv. IV, ch. 2. – Innocent III (XIIe siècle) : Serm. 28, in Assumpt. B.M.V. – John Fischer saint (XVIe siècle) : Sermo de Nativ. B.M.V.
[15] — Bernard saint : Sermo ad B. Virginem. – Ruppert de Deutz (XIIe siècle) : Lib. VI in Cantic.
[16] — Isidore de Séville saint (VIIe siècle) : Étymologies. – Thomas d’Aquin saint (XIIIe siècle) : Explicat. Ave, n. 17. – Bède le Vénérable saint (VIIIe siècle) : Serm. in fest. Annunt. – Liturgie éthiopienne : prière du Weddâsé Mânjâm. – Liturgie médiévale : Séquence du 15 août.
[17] — Idiota (XIVe siècle) : De B. M. Virg., part. XIV, contempl. 24. – Amphiloque d’Iconium saint (IVe siècle) : Orat. in S. Deip. – Liturgie grecque (VIIe siècle) : Menées, 18 août.
[18] — Nicolas de Clairvaux (XIIe siècle) : Sermo de Annunt. – Proclus de Constantinople saint (Ve siècle) : Hom. VI de Laud. S.M. – Jean Eudes saint (XVIIe siècle) : Le Cœur admirable…, liv. II, Ch. 7. – Liturg. lyonnaise : Prose, messe du 8 décembre.
[19] — Jacques de Nisibe saint (IVe siècle) : Cant. in laud. B.V.M. – Jean Damascène saint (VIIIe siècle) : Hom. I in Dormit. B.V.M. – Liturgie chaldéenne : Hymne de Warda (XIIIe siècle) – Chrysippe de Jérusalem (Ve siècle) : In S.M. Deipara. – Iodiota (XIVe siècle) : De B.M.V., part. III, contempl. 4. – Bernardin de Sienne saint (XVe siècle) : De Assumpt. B.M.V. – Jean d’Arezzo (IXe siècle) : Tract. in ven. Dormit. – Bernard saint (XIIe siècle) : Sermo II in Pentec. – Ernest de Prague (XIVe siècle) : Mariale, cap. 109.
[20] — Germain de Constantinople saint (VIIe siècle) : In Annuntiat. B.V.M. – Alphonse de Liguori saint (XVIIIe siècle) : Les Gloires de Marie, ch. 6, § 3. – Théodore Studite (IXe siècle) : In Dormit.
[21] — Pie XII : Encyclique Ad Cœli Reginam, 1954. – Demaret Dom G. : Marie de qui est né Jésus, t. I, p. 227. – Liturgie éthiopienne : Salâm du Malkee à Marie. – Brigitte sainte (XIVe siècle) : Révélat., lib. III, cap. 9 (ouvrage approuvé par quatre papes) – Voir aussi épître de la messe propre de Notre-Dame de la Salette, « Réconciliatrice des pécheurs ».
[22] — Jean Damascène saint (VIIIe siècle) : Hom. I in Dormit. – Fulgence saint (VIe siècle) : De laud. S.S.V. – Thomas de Villeneuve saint (XVIe siècle) : Conc. II de Assumpt. B.M.V. – Hymne médiéval, attribué à saint Pierre Damien (XIe siècle).
[23] — Denys d’Alexandrie saint (IIIe siècle) : Ep. adv. P. Samosat. – Origène (IIIe siècle) : Hom. I de diversis. – Paul Diacre (IXe siècle) : Sermo II de Assumpt. – Antonin de Florence saint (XVe siècle) : Summa, IV, t. 15, c. 12. – Hugues de Saint Cher (XIIIe siècle) : In psalmo 44.
[24] — Laurent de Brindes saint (XVIIe siècle) : Sermo IX in Concept. immac. – Éphrem saint (IVe siècle) : De laud. B.V.M. – Proclus de Constantinople saint (Ve siècle) : De laud. S.M. – Louis de Blois (XVIe siècle) : Endologia ad B.M.V. – Liturgie grecque : Menées du 2 juillet (IXe siècle). – Vie de saint Théophile, trad. Ixos. – Liturgie occidentale : Hymne Alma Redemptoris (XIe siècle), Ave Regina cælorum (XIIe siècle), O Gloriosa Virginum (VIe siècle) et Præclara custos virginum (XIXe siècle).
[25] — Liturgie tchèque : Séquence Quæ est ista (XIVe siècle). – Théodote d’Ancyre (Ve siècle) : Hom. de Christi Nativ. – Grégoire de Nysse saint (IVe siècle) : Orat. de Christi Nativ. – Bernard saint (XIIe siècle) : Sermo in octv. Assumpt. – Liturgie occidentale : Hymne Ave, præclara maris stella (XIe siècle).
[26] — Jérôme saint (IVe siècle) : In psalm. 77. – Épiphane II de Salamine (VIIIe siècle) : Sermo de Laud. Virg. – André de Crête saint (VIIe siècle) : Orat. II de Deip. – Liturgie byzantine : Hymne acathiste (VIIe siècle). – Nicolas de Clairvaux (XIIe siècle) : Hom. in Nativ. B.V.M.
[27] — Théophane Graptos (IXe siècle). – Pseudo-Modeste de Jérusalem (VIIIe siècle) : Enconium in Dormit. Deip. – Liturgie parisienne : Prose pour l’Assomption. – Proclus de Constantinople saint (Ve siècle) : Hom. de laud S.M. – Justin de Miechiow (XVIIe siècle) : Disc. sup. Litanias, n. 358. – Benoit-Joseph Labre saint (XVIIIe siècle) : Prière préservatrice.
[28] — Nersès de Tarse saint (XIIe siècle) : Disc. de B.V.M. – Amédée de Lausanne Bx (XIIe siècle) : Hom. I de Laudibus B.M. – Épiphane saint (IVe siècle) : Adv. Haer., n. 78 – Albert le Grand saint (XIIIe siècle) : Comm. in Luc II – Basile de Séleucie saint (Ve siècle) : Orat. in Ann. Deip. – Fulbert de Chartres saint (IXe siècle) : Sermo III de Nativ. S.S.V. – Missel gothique : Missa pro Assumpt. S.M. Deip. D.N. (VIIe siècle) – Ancien missel romain-français : Hymne Ave Virgo gloriosa.
[29] — de Ségur Mgr : La Sainte Vierge…, chap. 18. – Liturgie grecque : Rituel pour la bénédiction de l’eau. – Germain de Constantinople saint (VIIe siècle) : Orat. in Nativ. Virg. – Barthélémy de Pise (XIVe siècle) : Lib. I de Laud B.M.V.
[30] — Arnaud de Chartres (XIIe siècle) : De laudibus Mariæ. – Pseudo Méliton de Sardes (Ve siècle) : De transitu Virginis. – Liturg. grecque : Menées du 27 Mars (VIIIe siècle). – Cyrille d’Alexandrie saint (Ve siècle) : Homilia IV. – Méthode de Constantinople (IXe siècle) : Hom. in fest. Purif. – Bernard saint : De Laude M.V.
[31] — Antoine de Padoue saint (XIIIe siècle) : Hom. in laud. B.V.M. – Sabbas saint (VIe siècle) : in Meneis. – Liturgie grecque : Rituel des exorcismes – Pseudo-Albert (XIIIe siècle) : Bib. Mariæ, sup lib. Josue. – Liturgie romaine : Litanies de Lorette.
[32] — Liturgie chaldéenne : Hymne de Warda. – Adam Scot (XIIe siècle) : Serm. XVI in dom. II advent. – Pierre Chrysologue saint (Ve siècle) : Serm. III de Annunciat. – Bernard saint : Serm. in dom. infra octav. Assumpt.
[33] — Liturgie romano-séraphique : 2e Ant. Vêpres du 15 décembre. – Thomas de Villeneuve saint (XVIe siècle) : Conc. I in Assumpt. B.V.M. – Alphonse de Liguori saint (XVIIIe siècle) : Les Gloires de Marie, ch. 2, § 2. – Jean Eudes saint (XVIIe siècle) : Le Cœur admirable…, L. III, ch. 4. – Liturgie grecque : Hymne acathiste. – Jean Damascène saint (VIIIe siècle) : In Paracl. B.M.V.
[34] — Bonaventure saint (XIIIe siècle) : De purif. B.V.M., sermo IV. – Thomas d’Aquin saint (XIIIe siècle) : Expl. Ave M. – Zénon de Vérone saint (IVe siècle) : Serm. III in Nativ. Christi. – Honorius d’Autun (XIIe siècle) : Sigillum B.M. – Robert Bellarmin saint (XVIIe siècle) : Conc. de Assumpt. B.M.V. – Liturgie grecque : Menées du 8 mai (pièce du VIe siècle). – Liturgie de saint Jacques, à la messe. – Pseudo-Cyprien (VIe siècle) : In Nativit. Domini. – Liturgie grecque : Menées du 1er février (IXe siècle). – Adam le Prémontré (XIIe siècle) : Lib. I, sermo 40.
[35] — Pseudo-Jean Damascène (VIIIe siècle) : Can. in Annunt. Deip. – Liturgie médiévale : Séquence Ave Virgo Gloriosa. – Pie IX (XIXe siècle) : Alloc. consistoriale du 9 décembre 1854. – Liturgie romaine : Introït des messes du Cœur Immaculé et de Marie Médiatrice (voir He 4, 16).
[36] — Liturgie grecque : Hymne Terra quæ magno du 24 mars – Grégoire le Grand saint (VIe siècle) : Expositio sup. Reg. I (Brév. rom., matines de la sainte Vierge au samedi, en août) – Bonaventure saint (XIIIe siècle) : Sermo I de Assumtione B.V.M.
[37] — François de Sales saint (XVIIe siècle) : Sermon pour l’Assomption – de Sainte Marie père Joseph : La Vierge du Mont Carmel, (1985).
[38] — Liturg. Carmélit. : Préface propre de N.D. du Mont Carmel – Jean de Jérusalem saint (Ve siècle) : De institutione monac., ch. XXXII – Liturg. Lyon. : Prose du 8 septembre – Sévère d’Alexandrie saint (VIIe siècle) : De precibus Abeced. Syr. – Taraise saint (VIIIe siècle) : In S. Deip. Præsent. (brév. rom. de S. Pie X, matines du 12 décembre).
[39] — Liturg. tchèque : Séquence Quæ est ista (XIVe siècle) – Tertullien (IIIe siècle) : De carne Christi – Jérôme saint (IVe siècle) : Comment. in Is. XI – Idiota : De B.M. Virg., part. XIV, contemp. 51 – Conrad de Saxe : Speculum B.V.M., lib. VI.
[40] — de Ségur Mgr, ibid., p. 56.
[41] — Voir q. 26, Le Sel de la Terre 24, p. 122.
[42] — Feuillet père A. P.S.S., Professeur d’Écriture sainte à l’Institut Catholique de Paris : Jésus et sa Mère, d’après les récits lucaniens de l’enfance et d’après saint Jean, Paris, Gabalda, 1974.
[43] — Ibid, p. 17-18. voir aussi Lyonnet S., de l’Institut Biblique de Rome, dans L’Ami du Clergé, 1956, p. 44.
[44] — Ibid, p. 26-27. Étude plus complète chez Burrows E. : The Gospel of the Infancy…, London, Sutcliffe, 1940, p. 1-34.
[45] — Allo E.-B. O.P. : L’Apocalypse, Paris, Gabalda, 1933, p. 172-173.
En fait, c’est ainsi que l’on a toujours lu ce passage de l’Apocalypse, pendant douze siècles, jusqu’à sa division en chapitres par l’Université de Paris. C’est encore sous cette forme qu’il sera commenté au XVIe siècle par saint Laurent de Brindes (Mariale, Padoue, t. I, p. 270) et retranscrit au XIXe siècle par les liturgistes romains, pour l’épître de la messe du 11 février (fête de l’apparition de Notre-Dame de Lourdes). Parmi les auteurs qui ont fait une application mariale de Ap 11, 19 : Richard de Saint Laurent, saint Bonaventure, saint Albert le Grand, Idiota, Suarez, etc.
[46] — Ibid, p. 42. Pour plus de détails : La Vision de la Femme et du Dragon de l’Apocalypse, Par Cerfaux Mgr, dans Éphrem. Théol. Lov. 31, 1955, p. 21-33.
[47] — Ibid, p. 126. A noter que p. 28, en commentant la scène de Cana où le vin miraculeux est une annonce symbolique des biens messianiques à venir, le P. Feuillet souligne que leur obtention est due à la médiation de Marie.
[48] — Comment. in psalm. XII, fragment cité par Théodoret, éd. Achélis, p. 147.
[49] — Capelle Dom B. : « Typologie mariale chez les Pères et dans la liturgie ». Dans la revue Les Questions liturgiques et paroissiales, Louvain, 1954, p. 111.
[50] — Voir q. 26, note 2, Le Sel de la Terre 24, p. 122.
[51] — Guéranger Dom Prosper, Institutions liturgiques, extraits, Chiré, DPF, 1977, chap. I, p. 18.
[52] — Cité par Ledit J. S.J., Marie dans la liturgie de Byzance, Théologie historique nº 39, Paris, Beauchesne, 1976, p. 71, nº 49, avec référence : 07 merc. mat. I, 8 t.
[53] — Ibid., p. 72 : 4 sept. II, t. (Clément) et 2 déc. 4, 5 (Théophane).
[54] — Voir Mimouni S.C., Dormition et Assomption de Marie, histoire des traditions anciennes – Théologie historique nº 98, Paris, Éd. Beauchesne, 1995, p. 382-383.
[55] — Ibid.
[56] — Cité par le P. Justin Mieckov O.P. († 1642), Conférences sur les Litanies de la sainte Vierge, Paris, 1870, t. V, p. 256 ; traduction A. Ricard.
[57] — Techmecht : Introduction des Complies de la fête de l’Immaculée Conception, traduction P. Sara, dans la revue Marie, vol. X-I, p. 60.
[58] — Strophe pour la fête de l’Assomption, traduction P.V. Tekeyan, dans Maria, t. I, p. 358.
[59] — Au 7 août, 8 t., traduction J. Ledit, ibid, p. 72.
[60] — Ibsalmudiah Kîahkîah, traduction G. Giamberardini, dans Maria, t. V, p. 103.
[61] — Hymne Akkonu beesi, traduction G. Nollet, dans Maria, t. I, p. 404.
[62] — Séquence Quæ est ista, traduction Dom Hesbert, dans L’Assomption de Notre-Dame, Paris, Éd. Plon, 1952, t. I, p. 249.
[63] — Séquence Induant Justitiam, au 15 août dans le propre du diocèse de Paris.
[64] — Représentée dans Les Icônes, ouvrage collectif, Paris, Éd. Solar, 1996, p. 36.
[65] — Ibid, p. 38.
[66] — Voir Martelet B., Marie de Nazareth, Paris, Saint-Paul, 1976, p. 30.
[67] — Dans son Cinquième Sermon pour la Nativité de la B.V. Marie, entièrement consacré à exposer différents rapports mystiques entre l’arche et Marie. Ibid, p. 715-719.
[68] — Jean Eudes saint : « Comme toutes les grâces qui sortent du Cœur de Dieu pour venir à nous, passent par les mains de Marie, ainsi elles nous sont données par le ministère des prêtres. » Œuvres complètes, Vannes-Paris, 1905, t. III, p. 216.
[69] — Expression que l’on trouve sous la plume de plusieurs graves auteurs (saint Jean Eudes, le Vénérable Fr. Libermann) ou de mystiques (sainte Brigitte, sainte Véronique Giuliani).
[70] — de Miechow père Justin, ibid, p. 259.
[71] — Neubert E., La Vie d’union à Marie, Paris, Éd. Alsatia, 1955, p. 82.
[72] — Pour hâter la reddition de La Rochelle, nouvelle Jéricho, les soldats firent chaque soir une procession avec la statue de la Vierge, sous les remparts, en récitant le chapelet. Et la ville se rendit.
[73] — Septième Antienne des matines du commun des fêtes de la très sainte Vierge. (Formule remontant au moins au VIIe siècle). Voir Maria et Ecclesia 9 (1961), p. 93-159.
[74] — Fatima, message du 13 juin 1917.
[75] — Thomas saint, III, q. 27, a 2, SC.
[76] — Ou peut-être même, dans le cas présent, « accommodatice » ? Mais saint Thomas ignore ces distinctions récentes. Il lui suffit de voir dans ces trois versets un sens spirituel donné par la tradition et qui s’accorde avec ce qu’il veut dire, pour qu’il en juge l’utilisation légitime.
[77] — Newman cardinal J.H. († 1890), Essai sur le développement.
[78] — Voir question 22, dans Le Sel de la Terre 22, p. 150-155.
[79] — Le temple, figure de Notre-Seigneur Jésus-Christ, voir Jn 2, 19-21 ; pour l’Église, voir 1 Co 3, 16-17.
[80] — André de Crête saint, In Dormit. B.M.V., PG 97-1108, traduction Vie spirituelle LVI, p. 30.

