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Brèves informations

 

 

 

Nous voudrions signaler ici quelques brèves informations recueillies dans des revues spécialisées ou peu connues, et qui peuvent intéresser nos lecteurs.

 

 

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Offensive pour une nouvelle université [1] numéro 2, 2e semestre 1997, publie une interview de Jean-Marie Le Pen par Stéphane Bourhis et Olivier Chalmel (rédacteur en chef de Offensive) dans lequel on lit ceci :

 

Question : Dans l’imaginaire et les mythes celtiques dominent deux hautes figures qui sont celles du Roi Arthur et de Merlin l’Enchanteur. Selon vous, à quel point ont-elles valeur d’exempla­rité pour une jeunesse en quête de re­pères ?

J.-M. Le Pen : Cette mythologie celtique appartient à la culture fran­çaise. Elle a irrigué de puissantes œuvres romanesques, littéraires ou mu­sicales. On comprend que l’idéal de chevalerie qui a animé le « roman bre­ton » a de quoi étancher des âmes as­soiffées de grandeur. A côté des sources helléno-chrétiennes, il y a une source celtique importante qui a perduré. La religion chrétienne s’est souvent adap­tée aux sites et coutumes de la religion précédente qui était principalement le culte de Cernunnos. Par antipathie de ce vieux culte, le christianisme, négli­geant la figure de Lucifer, le porteur de lumière, a fait du dieu cornu des celtes l’image même du démon que l’on doit combattre tout comme la religion que l’on veut éliminer. Il y a fort à parier que les sorcières qui étaient brûlées, étaient en fait les grandes prêtresses de cette religion qui chantait les sources et le vent dans les arbres.

Question : Que représente pour vous le nom de Brocéliande ?

J.-M. Le Pen : C’est pour moi la forêt sacrée par excellence. Lorsque au début de notre entretien, je vous disais que Carnac est un lieu inspiré, il en est de même pour Brocéliande. Je l’ai tra­versée de multiples fois. (…)

 

On voit ici les dangers du dé­mocratisme. J.-M. Le Pen est catho­lique. Cependant, quand il est inter­rogé par un journal de tendance païenne, il n’hésite pas à présenter les dieux du paganisme, comme Cernun­nos, sous un aspect sympathique, re­prochant implicitement à l’Église de l’avoir combattu en l’identifiant à Luci­fer. Le dieu cornu des bretons ne doit pas être confondu avec le démon [2]. Et l’Église serait aussi coupable d’avoir brûlé « les grandes prêtresses de cette religion qui chantait les sources et le vent dans les arbres ».

Cette attitude est mauvaise.

D’abord parce qu’elle encourage au mal en favorisant les adeptes du néo-paganisme. Le paganisme est pré­senté comme une innocente religion « qui chantait les sources et le vent dans les arbres ».

Ensuite parce qu’elle est incom­patible avec une activité contre-révo­lutionnaire efficace : la Révolution a précisément pour instigateur le démon [voir l’éditorial] qui prend l’aspect d’un dieu cornu ou d’un porteur de lu­mière selon les circonstances. Si l’on défend le dieu cornu, on défend le père de la révolution.

 

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La Blanche Hermine [3] nu­méro 6 (mai-juin 1998), p. 4-6, publie une partie de ce texte et donne d’autres informations sur certains membres de l’entourage de J.-M. Le Pen : Bruno Racouchot, son directeur de cabinet, admirateur de Nietzsche et Evola [4], et Pierre Vial, membre du bureau politique du Front National.

Ce dernier déclarait en avril 1991 au sujet de l’écrivain Saint-Loup que celui-ci l’avait fait bénéficier « de cette seconde naissance qu’est toute authentique initiation. Saint-Loup a fait de moi un païen, c’est-à-dire quelqu’un qui sait que le seul véri­table enjeu depuis deux mille ans est de savoir si on appartient mentale­ment aux peuples de la forêt, ou à cette tribu de gardiens de chèvres qui, dans son désert, s’est auto-proclamée élue d’un dieu bizarre “un mauvais dieu” comme disait Gripari [5] ».

On lit encore dans ce numéro de La Blanche Hermine :

 

Lectures Françaises mettait ainsi ses lecteurs en garde à la sortie du premier numéro d’Offensive pour une nouvelle université (journal du « Renouveau Étudiant ») : « ce numéro est très mar­qué par les thèmes de la Nouvelle Droite [6]. » Dès la page 4 du numéro 1 d’Offensive, Pierre Vial, antichrétien notoire, membre du bureau politique du FN, donne en effet le ton de la re­vue. Evoquant le décès du fondateur de « Renouveau Etudiant », il déclare : « Philippe Bresnu nous quittait et commençait le long voyage vers l’astre de vie… Au solstice d’été, nous avons été nombreux à jeter dans le feu une bûche à sa mémoire [7]. » Suivent dans ce même numéro une publicité pour les chants païens du « bon Docteur Mer­lin [8] », ainsi qu’une recension laudative de « Traditions d’Europe », compila­tion de travaux effectués par les blas­phémateurs du GRECE [9].

Le numéro 2 d’Offensive, [2e se­mestre 1997, dans lequel prennent place les propos de Jean-Marie Le Pen sur Cernunnos commentés ci-dessus], a pour thème principal « Le réveil des celtes ». En marge de ce dossier est publié un commentaire très flatteur d’un ouvrage écrit récemment sur Ju­lius Evola. L’auteur de cette recension affirme : « Mais Evola n’était pas un écrivain, ni même un philosophe, mais bien plutôt un théologien... Héraut de la Tradition, prophète d’une spiritua­lité héroïque, solaire et virile [10]. »

 

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• Le Libre Journal de la France Courtoise, numéro 147, 13 mars 1998 publie un dossier sur les deux co-fon­dateurs du « Café métaphysique », Christophe Levalois et Arnaud Guyot-Jeannin.

Serge de Beketch les introduit ainsi, sous une photograhie de Julius Evola :

 

Pour saluer ces deux jeunes aven­turiers de l’esprit résolus à poursuivre l’incessante quête spirituelle qui, plus que le rire, est le propre de l’homme, le Libre Journal leur ouvre ses colonnes.

Et rend hommage à Julius Evola qui, pour n’être pas un maître à penser des fidèles de la Tradition catholique, n’en reste pas moins, avec Guénon, Bo­rella, Jean Phaure et tant d’autres, dont mon maître et ami Jacques Bergier, ce mutin magicien matinal, un des Éveil­leurs les plus providentiellement sub­versifs de cette fin de siècle aux allures de fin de cycle.

 

L’« entretien courtois » avec Christophe Levalois et Arnaud Guyot-Jeannin révèle que le « Café métaphy­sique » a été inauguré le 12 décembre 1997 sur le thème du « loup comme symbole initiatique », devant 120 per­sonnes. Le mois suivant le thème de « l’alchimie, une voie intérieure » a at­tiré 200 personnes. Les thèmes sui­vants devaient être : « Mythe et quête initiatique », « l’ésotérisme chrétien », « le soufisme », « le bouddhisme », « le corps de lumière dans les traditions européennes et orientales », « la doc­trine de l’éveil » (dans le cadre de « l’année Evola » à l’occasion du cen­tenaire de Julius Evola), etc.

Christophe Levalois explique qu’il se réfère à René Guénon, Julius Evola, Ananda K Coomaraswamy, Frithjof Schuon, Titus Burckhardt, Jean Borella, Jean Hani, Henri Montaigu, Jean Phaure, etc. Il dit « tenir à une orientation traditionnelle (au sens guénonien du terme [11]) ». Le but de ces réunions est de favoriser une « quête spirituelle », une « tranformation de l’être », une « réalisation effective » pour arriver à « une communication vitale avec le supra-monde ». Pour cela, en se réfé­rant aux traditions de l’ancien Iran, de l’islam, de l’hindouisme (entre autres), il s’agit de « construire, nourrir, densi­fier le corps de lumière » – qui peut franchir les mondes – par le moyen d’outils nombreux : « prières, oraisons, ascèses, jeûnes, mantras, arts mar­tiaux, etc. »

Quant à Arnaud Guyot-Jeannin, il explique encore plus clairement que « la gnose reste le fondement salvateur des religions et notamment du chris­tianisme ». Il se réfère à « l’Évangile de Thomas » [apocryphe gnostique] et à « saint Paul dans son Épître de Bar­nabé [sic] qui invite à avoir “avec la foi,… une gnose parfaite” ». Il invite à se méfier « des amalgames aventureux de Jean Vaquié d’hier ou d’Étienne Couvert d’aujourd’hui. Mieux vaut prê­ter l’oreille à Jean Borella. »

Sa conclusion : « Une élite tradi­tionnelle doit se former. Et elle se formera. Parce que, ontologiquement, les puissances de la Lumière auront toujours raison des forces des Té­nèbres. Nous sommes à la fin de l’Age de Fer. Un cycle s’achève. Libérons l’Age d’Or. »

Il est difficile d’exprimer plus clairement les thèmes de la gnose. Nous ne comprenons pas comment un journaliste proche de la Tradition catholique comme Serge de Beketch peut se mêler à une telle entreprise. Quelle époque de confusion !

 

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• Pour la quatrième année consécutive, l’association France Royaliste a organisé le 21 juin dernier son rassemblement « Brocéliande – Feux de la Saint-Jean » en Bretagne. A cette occasion, il paraît utile de don­ner quelques informations sur ce mouvement qui cherche à recruter parmi les milieux de la Tradition ca­tholique.

France Royaliste s’est fait connaître début 1995. Il dispose au­jourd’hui de quelques groupes dans l’Ouest et à Paris. Son premier pério­dique, Combat Royaliste, portait en exergue sur la première page une ci­tation de Cioran :

 

L’âge d’or qu’une aveugle tradition a placé dans le passé, est devant nous.

 

Le Secrétaire Général du mou­vement, Nicolas Salvador Morgillo rendait par ailleurs hommage dans les colonnes du journal à l’intellectuel franco-roumain :

 

Décédé le 20 juin dernier [1995], à l’âge de 84 ans, Cioran sut en der­nière instance rejoindre les lumières de l’au-delà en pleine « ascension solsti­ciale », liant ainsi, pour l’Eternité, son devenir à celui du Sol Invictus.

A la fois réactionnaire et révolu­tionnaire, païen et mystique, indivi­dualiste et communautariste, cet « Anarque », enraciné dans la Tradition sut par son œuvre cultiver cette com­plexité [12].

 

Et l’auteur de citer Cioran :

 

« L’éclat intellectuel du monde antique s’éteind [sic] avec la percée du christianisme ». « Le polythéisme cor­respond mieux à la diversité de nos tendances et de nos élans... le Dieu unique rend la vie irrespirable, le mo­nothéisme contient en germe toutes les formes de tyrannies ».

 

Morgillo nous fait part de son jugement :

 

Personnellement, nous pouvons accepter cette critique mais le catholi­cisme n’est-ce pas justement cette sym­biose du Dieu unique et de cette multi­tude d’assesseurs que sont nos saints. A la différence, le protestantisme qui combattait ce culte des saints était cer­tainement plus proche de cette défini­tion, que le catholicisme qui sut perpé­tuer un certain nombre de traditions préchrétiennes [13].

 

Le même Secrétaire Général cé­lébrait dans le numéro 6 de Combat Royaliste la réédition du Cœur aven­tureux d’Ernst Jünger paru à l’occa­sion du centenaire du « Maître ». Il n’était pas le seul à fêter le vieux chantre de la révolution conservatrice. Nouvelle Ecole, l’une des revues du GRECE, lui a consacré tout un numéro (numéro 48/1996) et Enquête sur l’His­toire (numéro 20, avril-mai 1997), autre revue sous influence greciste, a publié un long article d’Isabelle Rozet sur le même sujet.

Présent a cédé aussi à la tenta­tion de louer Ernst Jünger en le quali­fiant de « dernier chevalier des temps modernes », tout en reconnaissant qu’il dévorait « intensément » les œuvres de Nietzsche et qu’il se défi­nissait lui-même comme Allemand, Prussien et protestant [14] ». Jean-Marie Le Pen, dans ce même numéro de Présent, rend aussi hommage à Ernst Jünger, terminant par ces mots : « Ce rebelle éternel, qui prônait le recours aux forêts, s’impose comme l’une des figures les plus hautes et les plus lu­mineuses que l’on puisse offrir en exemple à la jeunesse européenne. »

L’objectif de France Royaliste semble bien exprimé par Arnaud Imatz dans un entretien accordé à La Tradition, la revue qui a remplacé Combat Royaliste :

 

Vous savez aussi que deux courants ont toujours existé au sein de la culture non-conformiste. Un premier courant, « traditionaliste », rejette la modernité qu’il considère comme essentiellement pathogène. Il cherche à réaliser l’unité et l’harmonie des forces et des ten­dances politiques opposées. Un second courant « traditionaliste-révolution­naire » ou « conservateur-révolution­naire », assume pleinement la moder­nité qu’il juge porteuse à la fois du plus grand bien et du plus grand mal. Ob­sédé par le dépassement de la pensée antinomique, il cherche à réaliser une synthèse entre la Tradition et la Révo­lution [15].

 

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• Nous lisons dans le journal Présent du 30 mai 1998, à la page 7, dans un article consacré aux « démélés de la foi » au XVIIe  siècle :

 

La conversion d’Henri IV puis l’Édit de Nantes (13 avril 1598) avaient consacré la pacification du Royaume. Le pouvoir reconnaissait la coexistence légale des deux religions. Il inaugurait une ère de tolérance. Aucun autre pays d’Europe, hormis la Pologne, n’obli­geait deux églises rivales à respecter le principe de saint Paul [16] : « En péchant contre vos frères, en blessant leur conscience, c’est contre le Christ que vous péchez » (1 Co 8, 12). Image du Dieu invisible, le Christ s’est adressé à tous les hommes ; ils doivent s’unir pour préparer leur salut.

 

On pourrait croire, en lisant ces lignes, que le régime de chrétienté (avec une seule religion reconnue par l’État), qui fut celui de l’Europe pen­dant plus de dix siècles, ne respectait pas le « principe de saint Paul ». Ainsi, si l’on suit le raisonnement inauguré par l’auteur de cet article, saint Paul prêchait la liberté religieuse, et l’Église catholique fut bien longue à s’en apercevoir.

Mais il y a plus. L’œcuménisme a été voulu par Notre-Seigneur. Celui-ci s’est adressé à tous les hommes : par conséquent ils (lisez : les protes­tants et les catholiques) « doivent s’unir pour préparer leur salut ».

Voilà une exégèse bien nouvelle et fort peu catholique. En effet le contexte de l’épitre aux Corinthiens montre bien que saint Paul n’avait nullement en vue d’inciter les chré­tiens à respecter la liberté religieuse des autres religions, ni à unir des hommes de religion différente, mais tout simplement à inciter les chrétiens à éviter des actions de soi innocentes (manger des viandes qui avaient été offertes aux idoles et qui étaient en­suite vendues sur le marché) qui pou­vait scandaliser d’autres chrétiens faibles dans la foi.

Quant à Notre-Seigneur, s’il a prêché à tous les hommes, c’est pour qu’ils se convertissent à la vraie et unique foi !

Dans la suite du même article nous lisons ceci :

 

Depuis 1678, Louis XIV, menacé par le pape d’excommunication, se dé­bat dans des questions qu’il maîtrise mal. (…) Autre problème épineux : le roi affirme tenir ses pouvoirs de Dieu et sans intermédiaire. Le pape veut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Dans ce cas, au pape seul appartient la puissance donnée d’En-Haut. Les rois ne sont que ses lieutenants à qui le pape délègue le pouvoir temporel.

 

Le pape auquel l’auteur de l’ar­ticle attribue ces théories bizarres n’est autre que le bienheureux Innocent XI. Il serait étrange que ce saint pape ait proféré de telles erreurs, contraires à ce que l’Église enseigne depuis le pape Gélase (492-496) sur la théorie des deux glaives. M. Pierre Sipriot (auteur de l’article) peut-il nous don­ner ses références ?


 

 

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De vrais évêques

 

 

La Foi de toujours, bulletin de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X aux Antilles / Guyane, numéro 72 – mai-juin 1998, publie le texte suivant sous le titre : « De vrais évêques » :

 


Le 30 juin 1988, il y a dix ans, Mgr Lefebvre consacrait quatre évêques pour la survie de la foi catho­lique.

Surtout depuis Vatican II (1962-1965), l’Église souffre intérieurement de quatre maux que la hiérarchie ac­tuelle refuse absolument d’éradiquer :

1) l’œcuménisme ;

2) la collégialité ;

3) le libéralisme ;

4) le modernisme.

Pourquoi refuse-t-elle de sup­primer ces maux ? Précisément, parce que, pour elle, ce ne sont pas des maux mais des biens à promouvoir et à diffuser. Or il est manifeste que l’Église de toujours par la voix de ses papes et de ses saints a toujours com­battu ces quatre systèmes parce qu’ils réduisent à néant l’œuvre de salut ap­portée par le Christ. D’où la conclu­sion inévitable : la hiérarchie actuelle qui les promeut habituellement depuis plusieurs décennies est malade dans sa foi. Elle appelle bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien. Elle n’est donc pas capable d’assurer le bien des fidèles : « Si le sel s’affadit il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. »

Tous les évêques actuels sont devenus douteux voire inaptes dans leur mission essentielle : la transmis­sion de la foi et des moyens nécessaires à sa conservation. Les sacres de 1988 étaient donc nécessaires pour donner des évêques sûrs et capables de transmettre un sacerdoce sûr, une doctrine sûre, des sacrements sûrs.

Ceux qui ne comprennent pas cela sont aussi malades que la hiérar­chie officielle qu’ils suivent. Une source empoisonnée ne peut répandre qu’une eau de mort : « Un mauvais arbre ne peut donner de bons fruits. »

 

• Les maladies de la hiérarchie of­ficielle

 

1) L’œcuménisme. — L’œcumé­nisme dit que toutes les religions sont des moyens valables de salut. Cette af­firmation va directement contre le dogme catholique qui affirme depuis des siècles : « Hors de l’Église catho­lique et romaine point de salut. » Les religions chrétiennes qui se prévalent de la Bible ne font pas exception à la règle : « Il n’a pas Dieu pour Père celui qui n’a pas l’Église pour Mère » (saint Augustin).

Chacun peut comprendre d’ail­leurs que des religions qui s’opposent ne peuvent pas être toutes vraies. Or la religion catholique s’oppose avec vigueur à toutes les religions car elle se dit clairement seule héritière légi­time du Fils de Dieu fait homme. De plus Jésus-Christ a dit : « Je bâtirai mon Église » et non pas mes Églises.

Pour un prêtre, promouvoir l’œcuménisme est un signe non équi­voque de trahison dans la foi.

 

2) La collégialité. — La collégia­lité est un nouveau système de gou­vernement dans l’Église, typiquement révolutionnaire et foncièrement op­posé à ce qu’a voulu le Christ.

Le Christ a voulu que les fidèles soient guidés par une hiérarchie res­ponsable devant Dieu : le pape, les évêques et, sous leur direction, les prêtres.

En fonction des circonstances où ils se trouvent, ces évêques et ces prêtres doivent faire tout leur possible pour assurer la sanctification des âmes qui leur sont confiées (la parabole du Bon Pasteur exprime très bien cette relation entre fidèles et prêtres).

La collégialité enlève la respon­sabilité de chacun et donne toute puissance à une majorité imperson­nelle : « La conférence épiscopale » ou « le conseil presbytéral ». Les évêques abdiquent leur fonction de gardien vi­gilant de la foi et ne font qu’appliquer (souvent de façon bête et méchante) ce qu’a décidé une majorité anonyme irresponsable.

Trente ans de ce système ont réussi à supprimer toute personnalité forte dans l’Église, c’est la dérive to­tale et chacun se reconnaît impuissant à stopper la crise.

 

3) Le libéralisme. — Le libéra­lisme est la doctrine qui refuse à Jésus-Christ sa légitime domination sur la société. L’État laïque est une injure à Dieu, inconcevable pour des catho­liques qui répètent chaque jour : « Que votre règne arrive. »

La situation normale sera tou­jours que l’État soutienne la vraie reli­gion et limite l’influence de l’erreur quand il ne peut pas la supprimer sans de graves inconvénients.

Le libéralisme accorde une égale protection à la vérité et au mensonge ; c’est Pilate qui estime Jésus mais le fait flageller puis crucifier, et qui li­bère Barabbas, criminel notoire.

Les évêques en place sont tous libéraux puisqu’ils estiment que la question du règne du Christ dans les écoles, dans les lois, à l’armée, n’est plus à l’ordre du jour et que la laïcité est un bienfait pour tous. Que font nos prélats pour le soutien d’écoles vraiment catholiques ?

Malheureusement beaucoup de catholiques, même de la Tradition, ont du mal à admettre que cette doctrine de l’État indifférent à la religion est une véritable peste.

 

4) Le modernisme. — Comme le dit saint Pie X dans son encyclique Pascendi : « Le modernisme est l’égoût collecteur de toutes les hérésies… »

« La doctrine des modernistes comme l’objet de leurs efforts, c’est qu’il n’y a rien de stable, rien d’im­muable dans l’Église. »

Le Pape Pie IX avait pourtant bien condamné la proposition sui­vante : « La révélation divine est im­parfaite, sujette par conséquent à un progrès continuel et indéfini, en rap­port avec le progrès continu de la rai­son humaine » (propr. 5 du Syllabus).

Le plus frappant depuis le concile c’est d’ailleurs ces change­ments subits qui ont envahi l’Église au point de la rendre méconnaissable aux yeux des catholiques d’avant cette période.

Changement de la messe, aban­don du latin, de la soutane, nouveaux catéchismes, nouvelles bibles, nou­veau Droit Canon, nouvelles relations avec les fausses religions…

C’est véritablement l’installation d’une nouvelle religion qui s’est mise en place à l’intérieur de l’Église et qui exclut les vrais catholiques de son giron.

 

• Le salut : de vrais évêques

 

Mgr Lefebvre a voulu sauver ce qui pouvait encore l’être en perpé­tuant ce qui peut continuer l’Église : des évêques qui ne soient pas atteints du sida spirituel (œcuménisme, collé­gialité, libéralisme, modernisme).

Nous savons que Jésus-Christ a promis à son Église l’indéfectibilité : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle. »

Depuis le jour des sacres on peut entrevoir la « résurrection » de l’Église qui semblait morte par la tra­hison de ses clercs.

 

Père Pierre Barrère


 

 

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Dixième anniversaire

des consécrations épiscopales

 

 

Voici maintenant un extrait du bulletin Le Pélican, mai-juin 1998, Prieuré Saint-François-Régis, 31 rue Holtzer, 42240 Unieux :

 


Il y a dix ans Mgr Lefebvre se préparait à sacrer quatre évêques.

Il est sans doute possible de ti­rer quelques leçons de ces dix années de souffrances, de combats pour pré­server notre foi.

La première est que les fidèles, loin d’abandonner « l’évêque rebelle », sont devenus plus forts et plus déter­minés pour défendre et faire triom­pher la Tradition de l’Église. « Quatre-vingts pour cent des fidèles de Mgr Lefebvre l’abandonneront après les sacres », avait annoncé le cardinal Gagnon. Les quatre-vingts pour cent sont restés fidèles et, bien vite, d’autres vinrent retrouver dans les chapelles traditionalistes la saine doc­trine, les sacrements et la messe de toujours.

Il y a une seconde leçon à rete­nir : ceux qui ont abandonné le com­bat par crainte d’une excommunica­tion et d’un schisme que tous s’accor­dent aujourd’hui à déclarer inexistant, se sont rapidement trouvés désarmés dans le combat contre les erreurs mo­dernes. Ils ont cru être plus malins, plus perspicaces que notre vénérable archevêque qui connaissait mieux que quiconque le langage souvent ambigu – pour ne pas dire perfide – du Vati­can, parce que, pendant de longues années, il avait fréquenté les couloirs des palais romains. Monseigneur, fort de son expérience, a conclu : « Je n’ai pas confiance » ; un prieur de monas­tère, fort de sa suffisance, est revenu d’une visite romaine en disant : « J’ai confiance. »

Dix ans après, il faut bien constater que ceux qui sont restés fi­dèles à Mgr Lefebvre sont les seuls à défendre publiquement et fermement la foi catholique intégrale. Ceux qui ont cru à un accord possible ont abandonné le combat et rejoint l’im­mense foule des destructeurs de l’É­glise, ou bien se sont réduits au si­lence pour ne pas perdre les maigres avantages d’une reconnaissance offi­cielle et d’une apparente légalité. Ils ne prêchent plus « à temps et à contretemps » contre l’œcuménisme, la liberté religieuse, et tous les scan­dales qui font perdre « le peu de foi » qui reste dans l’âme des fidèles.

La troisième leçon est impor­tante. La réaction à la crise de l’Église se cristallisa autour de la défense de la messe et de la liturgie traditionnelle, elle permit de dénoncer les erreurs et de prêcher la foi. Ceux qui en 1988 ont cru pouvoir garder la foi en de­mandant uniquement la liberté de la messe traditionnelle se sont lourde­ment trompés. Il ne peut y avoir de liberté pour la liturgie traditionnelle sans une liberté totale de la prédica­tion de la foi, c’est-à-dire, exposition de la foi et condamnation des erreurs. Le silence sur les erreurs du concile et la pratique de la liturgie traditionnelle ne peuvent coexister. D’ailleurs il est tout aussi absurde de vouloir défendre la foi et condamner les erreurs mo­dernes en pratiquant la liturgie mo­derne. Dans les deux cas les erreurs triomphent et la liturgie et la foi de l’Église disparaîtront.

C’est la raison profonde pour laquelle Monseigneur n’a pas voulu signer d’accord.

On lui laissait la liturgie mais pas la prédication de la foi. Il aurait été impossible de résister. La Tradition aurait été dévorée par le modernisme. C’était, à court terme, la disparition de celle-ci et le triomphe de celui-là.

C’est aussi la raison pour la­quelle le Prieur du Barroux (aujourd’hui abbé) et les autres qui l’ont suivi, ont été bernés. Ils ont cru pouvoir sauver la foi par la liturgie sans la prédication. Ils ne sauvent au­jourd’hui ni la foi ni la liturgie.

On laisse entendre que certains des modernistes des plus résolus mais lucides sur la force de la Tradition, se­raient prêts à donner une liberté totale à la liturgie traditionnelle. On pourrait parler de « restauration » pour essayer de séduire « les fidèles de Mgr Lefebvre ». Imaginons : avoir les sacrements et la messe librement, où l’on veut, comme on veut. Ne serait-ce pas merveilleux ?

Outre que cette solution ne se­rait pas acceptée par les pires de nos prélats qui ne veulent pas entendre parler de messe traditionnelle (on le constate tous les jours), il ne faudrait pas se réjouir d’une telle solution qui serait un moyen effrayant de dis­soudre la foi et d’insinuer les erreurs dans les âmes des meilleurs.

Il n’y a de solution à la crise de l’Église qu’en lui rendant sa liturgie dans la totale liberté de prédication de la foi.

C’est cela que demandait Mgr Lefebvre quand il demandait de « le laisser faire l’expérience de la Tra­dition ».

 

Abbé L. Duverger

1er mai 1998.


 

 

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Réponse à la question posée

page 205 du numéro 25.

 

 

La première déclaration est de Mgr Redwood, originaire de Maryland et ar­chevêque de la Nouvelle-Zélande, lors du congrès de Chicago qui se tint du 11 au 28 septembre 1893.

La deuxième déclaration est de Mgr Keane, recteur de l’Université de Wa­shington, au congrès scientifique de Bruxelles en septembre 1894. Déposé de sa charge par Léon XIII il sera élevé par lui à l’évêché de Dubuque.

Voir, pour plus de détails : Barbier Abbé Emmanuel, Histoire du catholi­cisme libéral et du catholicisme social en France, Bordeaux, Imprimerie Cadoret, 1923-1924 : t. III, p. 246, et tables p. 29-30.

 

Plusieurs lecteurs ont avancé le nom de Mgr Ireland. Aucun n’a trouvé le nom de Mgr Redwood. Un seul a trouvé celui de Mgr Keane : c’est à ce lecteur qu’a été offert l’abonnement gratuit.

 

 




[1] — Journal du Renouveau Étudiant.

[2] — Et pourtant le psaume dit bien : « Omnes dii gentium, dæmonia ; tous les dieux des Gentils (des païens) sont des démons » (Ps 95, 5).

[3] — La Blanche Hermine, Fédération Bre­tonne Légitimiste, BP 1851, 35018 Rennes cedex 7.

[4] — Voir l’article de Racouchot « Evola, le romain, aristocrate des cimes enneigées » paru dans le Supplément à Français d’abord, pre­mière quinzaine de juillet 1996, p. 4-6.

[5] — Association des amis de Saint-Loup, « Rencontre avec Saint-Loup ». Cité par Monzat, Enquête sur la droite extrême, Le Monde Edi­tions, collection « Actualité », Paris, 1992, p. 243

[6] — Lectures Françaises 483-484, juillet-août 1997, p. 50.

[7] — Offensive pour une nouvelle université, nº 1, premier semestre 1997, p. 4.

[8] — Ibid., p. 7 : « Pourquoi nous aimons ce bon Docteur Merlin. »

Le « Docteur Merlin » est un chanteur qui se produit régulièrement à certaines fêtes. Voici quelques extraits des chansons de « ce bon Docteur Merlin » : « Tes gènes, ils ne sont pas chrétiens, la secte qui a réussi. Ils sont ceux d’un Européen. » (Petit Enfant). « J’ai loué des pédalos sur la Mer Morte et ce taré s’est mis à marcher sur l’eau, c’est ma clientèle qui a coulé… Oh Ponce Pilate, t’es un copain, je crois qu’on peut te dire bravo, car, quand tu t’es lavé les mains et que tu as dit “Ecce Homo”, t’as fait du bon boulot. » (Barabas). Nous renonçons ici à donner des extraits encore plus abominables d’autres chansons comme Le Blues du crucifié.

[9] — Ibid., p. 7, encart publicitaire.

[10]Offensive pour une nouvelle université, nº 2, deuxième semestre 1997, p. 5 : « Julius Evola : sur les hautes cimes », signé Jean Benvoar.

[11] — Voir dans Le Sel de la terre 13, l’article sur René Guénon.

[12]Combat Royaliste, nº 7, p. 24.

[13]Combat Royaliste, nº 7, p. 27.

[14]Présent, 28 mars 1998, p. I et II.

[15]La Tradition, nº 9, p. 8. Propos recueil­lis par Gwendal Gauthier, Président du Conseil de Rédaction de La Tradition.

On peut mettre en regard de ce propos le jugement de Pie IX condamnant dans la der­nière proposition du Syllabus cette affirmation : « Le pontife romain peut et doit se réconcilier et composer avec le progrès, le libéralisme et la culture moderne. »

[16] — C’est nous qui soulignons.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 26

p. 190-201

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