+ Le paradoxe d’un jeune soleil pâle et l’âge
du système solaire *
Selon la théorie évolutionniste, le soleil (comme les autres étoiles) s’est formé par la contraction d’un immense nuage de gaz et de poussière qui a fini par produire en son centre la transformation de l’hydrogène en hélium par fusion thermonucléaire. Cette fusion thermonucléaire est une source d’énergie très importante, et on a calculé qu’elle est capable de produire l’actuelle luminosité du soleil pendant environ dix milliards d’années. On pense que toutes les étoiles sont alimentées par de telles réactions nucléaires qui constituent la partie la plus importante de la vie de l’étoile, ce qu’on appelle sa « période principale [1] ».
On suppose que le soleil est actuellement dans sa période principale, depuis sa formation qu’on fait remonter à 4, 6 milliards d’années. Cela veut dire que presque la moitié de l’hydrogène du noyau du soleil aurait déjà été transformée en hélium et, par conséquent, que sa structure même a dû changer au point qu’il devrait avoir aujourd’hui 40 % de luminosité de plus qu’à l’origine.
Ainsi se pose le problème que l’on nomme « le paradoxe d’un jeune soleil pâle ». Selon la théorie de l’évolution, lorsque la vie a commencé sur la terre il y a environ 4 milliards d’années, la température devait être plus ou moins égale à ce qu’elle est aujourd’hui. Mais si la luminosité du soleil a augmenté de 40 % pendant cette période, la terre devrait être aujourd’hui beaucoup plus chaude qu’il y a 4 milliards d’années, si chaude même que la vie ne devrait plus pouvoir y exister [2]. Or, selon les géologues, l’histoire de la formation des pierres montre que la température de la terre n’a pas beaucoup changé depuis le début.
Pour résoudre cette contradiction, les évolutionnistes supposent que l ’atmosphère de la terre a dû évoluer aussi, mais de façon à produire le résultat exactement contraire à celui de l’évolution du soleil. A l’origine, disent-ils, l’atmosphère était composée d’autres gaz (comme le méthane, par exemple) qui produisaient un effet de serre [3]. Ils prétendent expliquer ainsi que la température de la terre a pu être au début à peu près égale à ce qu’elle est aujourd’hui, malgré une luminosité plus faible du soleil. Avec l’évolution de la vie sur la terre, ces gaz auraient disparu peu à peu, en proportion inverse de la luminosité croissante du soleil, en sorte que la température sur terre serait demeurée constante.
La coordination précise requise pour une telle « coévolution » ne peut être que miraculeuse. En outre, on ne voit pas quel rapport existe entre ces deux phénomènes – la luminosité du soleil et la composition de l’atmosphère de la terre – ni comment l’un a pu se régler sur l’autre de façon à produire une température constante pendant 4 milliards d’années et, en plus, la température exactement requise pour le maintien la vie [4].
Ce problème est connu des évolutionnistes, qui ont même trouvé un nom pour l’identifier : ils l’appellent « le problème de Goldilocks » [5]. Deux solutions sont proposées pour le résoudre. Les uns proposent d’admettre une évolution de l’atmosphère pour contrebalancer la chaleur croissante du soleil, selon un processus naturel qui ne requerrait aucune direction. Il est vrai que des phénomènes semblables se produisent dans le cas d’organismes vivants : mais ce n’est possible que grâce à des instructions complexes contenues dans le code ADN. Les autres s’imaginent que la terre constitue une sorte d’organisme vivant qui a évolué sous l’impulsion d’une « force de vie » immanente [6]. La plupart des scientifiques s’insurgent contre les implications spirituelles et téléologiques d’une telle théorie, mais il existe dans la physique moderne un courant qui va en ce sens [7].
Il y a une troisième possibilité. Elle consiste à accepter que le système terre-soleil n’existe pas depuis des milliards d’années. Dans ce cas, il n’y a pas eu une augmentation de 40 % de la luminosité du soleil. Assurément, « le paradoxe d’un jeune soleil pâle » ne prouve pas que le système solaire n’existe que depuis quelques milliers d’années seulement, mais il semble bien indiquer qu’il ne peut pas en avoir quelques milliards.
Fr. A.
Impact # 300, juin 1998.
* — Résumé d’un article de Danny Faulkner, professeur d’astronomie et de physique à l’Université de Caroline du Sud, dans la publication Impact, # 300, juin 1998, éditée par l’Institute for Creation Research, P.O. Box 2667, El Cajon, CA 92021, U.S.A.
[1] — « Main sequence », en anglais.
[2] — Une comparaison de la terre avec ses deux planètes voisines, Vénus et Mars, montre les conséquences dramatiques d’une différence de luminosité du soleil. Sur la surface de Vénus, qui est plus proche du soleil, il fait assez chaud pour fondre du plomb. Sur Mars, en revanche, plus éloignée du soleil, il fait si froid que la seule eau qui s’y trouve actuellement est sous forme de glace.
[3] — On observe ce phénomène aujourd’hui sur la surface de Vénus, ce qui est en partie la cause de sa température si élevée.
[4] — Il faut remarquer aussi que cette constance a dû être parfaite tout au long de cette période : une seule petite variation aurait provoqué les conditions actuelles de Vénus ou de Mars et, par conséquent, la destruction immédiate et irrémédiable de la vie.
[5] — Voir Rampino M.R. et Caldeira K. « The Goldilocks problem : climatic evolution and long-term habitability of terrestrial planets », Annual Reviews of Astronomy and Astrophysics, vol. 32, Annual Reviews Inc., Palo Alto, CA, p. 83-114.
Ce nom vient d’une histoire pour enfants des pays anglophones dont le personnage principal est une petite fille nommée Goldilocks. Elle se perd dans un bois et doit passer la nuit dans la maison d’une famille d’ours. Elle y trouve trois bols de porridge : le premier – celui du père ours – est trop chaud, le deuxième – celui de la mère – est trop froid. Finalement, elle goûte le bol destiné au petit ours et le trouve d’une température idéale.
[6] — Voir Lovelock J.E., The Ages of Gaia : a Biography of Our Living Earth, Norton Press, New York, 1995.
[7] — Voir Zukav G. The Dancing Li Wu Masters : an Overview of the New Physics, Morrow Publishing, New York, 1978 ; et Capra, F. The Tao of Physics, Shambhala Press, Boston, 1991.

