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+ Planification des naissances en Chine

 

Le numéro d’Esprit et Vie (anciennement dénommé L’Ami du Clergé) du 1er octobre 1998 signale avec beaucoup de pudeur et sans formuler de jugement moral, un article du bulletin mensuel d’in­formation (numéro 337) de l’« Institut National d’Études Démographiques » de juillet-août 1998. Il y est question de la Chine et de la baisse de fécondité des femmes « due aux mesures de limitation des naissances adoptées vers les années 1970 : retard du mariage, espacement des naissances, limitation draconnienne de la descendance. (…) Des brimades sont pré­vues pour quiconque enfreint les règle­ments de planification des naissances : re­fus du permis de conduire ou d’une pa­tente commerciale, coupure de l’eau ou de l’électricité pour les couples qui attendent un enfant sans autorisation, par exemple. »

En octobre 1984, la revue Est & Ouest, depuis longtemps spécialisée dans l’étude du communisme à l’échelle internationale, avait donné d’autres exemples de « limitation draconnienne des naissances ». Nous reproduisons le résumé de cette étude qu’avait publié le bulletin du C.I.C.E.S. (numéro 319, 1er-15 novembre 1984).

 

« Mon travail ? Je donne la vie et je donne la mort. Puisque Shangai est une ville, une seule naissance est au­torisée par famille. Dans les hôpitaux, il est strictement interdit de laisser vivre le second enfant dont une mère accouche. Au moment où la tête du bébé apparaît dans le col de l’utérus, je fais une injection mortelle dans le crâne et il meurt instantanément. La femme est déclarée avoir accouché d’un enfant mort, mais elle accouche toute seule, ce qui simplifie le travail. Je n’y peux rien, ce sont les ordres. » Ce témoignage d’une gynécologue de l’hôpital de Shangai a été publié dans le numéro de juin de la revue de Hong-Kong Zheng Ming (qui repré­sente dans le P.C.C. un courant ré­formiste, partisan d’un communisme à visage humain).

Lancée en 1979, la campagne « une famille, un enfant » est appliquée avec de plus en plus de rigueur, notamment dans les villes où le contrôle du Parti est plus strict. A la campagne, on to­lère deux enfants par famille et l’on fait tout pour stériliser la mère après cette deuxième naissance. De toute fa­çon, on ne laisse pas vivre le troisième enfant…

La sanction la plus légère pour celles qui ne respectent pas le plan­ning familial est une réduction de sa­laire de l’ordre de 20 % et la non-attri­bution de tickets de ravitaillement au bébé hors-normes (soit que la mère n’ait pas respecté son « tour » et qu’elle ait eu son premier enfant avant la date fixée par le Parti, soit qu’elle en ait eu un second). Des primes et la priorité absolue pour les places à la crèche, le logement, les prêts, etc…, sont accor­dés aux familles qui s’en tiennent stric­tement à un enfant. Les collègues de travail qui n’auraient pas dénoncé une mère en grossesse illégale ont toutes leurs primes annuelles supprimées. On avorte autoritairement les contreve­nantes jusqu’au septième mois, on pra­tique au-delà une césarienne, dont l’is­sue est toujours fatale pour le fœtus. L’on pratique enfin très couramment l’infanticide à la naissance, comme en témoignent cette gynécologue de Shangai et de très nombreux autres ré­cits.

Les femmes qui voudraient avoir un autre enfant sont soumises à des séances « d’éducation » à raison de huit heures par jour, parfois pendant cinq mois d’affilée pour celles qui ne se laissent pas convaincre. Séances évi­demment non payées. Celles qui man­quent ces « réunions d’études » ont une amende de un yen par jour, soit, à la campagne, souvent plus que ce qu’elles gagnent…

Souvent les paysans postent des sentinelles à l’entrée des villages pour annoncer l’arrivée des équipes d’ins­pection du planning familial. Dès qu’elles sont signalées, les mères en­ceintes d’un troisième enfant s’enfuient avec un sac de vivres, dans la mon­tagne, où elles attendent le départ de l’équipe. A leur retour, elles ont la désagréable surprise de constater qu’on leur a saisi tous leurs biens, meubles, réveil, machine à coudre, vélo, etc. Si elles vont au chef-lieu de district pour tenter de les récupérer, on les fait avorter de force…

Les mères qui, ayant déjà une fille, accouchent d’une seconde, la noient sitôt née pour garder une chance d’avoir un garçon. Trois millions de bébés filles ont ainsi été tués ou aban­donnés en deux ans…

Dans une brigade du district de Huayuan (une brigade compte 2 000 à 3 000 personnes) une quarantaine de bébés filles ont été noyés en 1980 et 1981. Dans une autre brigade, sur huit nouveaux-nés au premier trimestre de 1982, on comptait trois garçons et cinq filles. Trois d’entre elles ont été noyées, les deux autres abandon­nées [1].

 

Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ ne règne plus sur les nations, le diable prend sa place, lui dont le Sauveur nous a avertis : « Ille homicida erat ab initio – Il a été ho­micide dès le commencement (Jn 8, 44). »


 


[1] — « La Chine après Mao. Le massacre des innocents » article paru dans le bulletin du C.I.C.E.S. nº 319, du 1er-15 novembre 1984, d’après Est & Ouest, octobre 1984.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 28

p. 200-201

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