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Dieu ou le hasard ?

 

NDLR : Nous avons selectionné pour nos lecteurs quelques découvertes récentes qui montrent à quel point la nature est bien faite. Pour les uns ce sera l’occasion d’admirer la sagesse de Dieu, pour les autres, de dire : « Le hasard fait bien les choses. »

Rappelons-nous ici que celui que saint Thomas appelle “le philosophe”, Aristote, a été un grand observateur de la nature, et des animaux en particulier qu’il a étudiés très scientifiquement. C’est peut-être cela qui l’a prédisposé à admirer le bel ordre que Dieu a mis dans sa création : « Tout dans l’univers est soumis à un ordre certain, bien que cet ordre ne soit pas semblable pour tous les êtres, poissons, volatiles, plantes. Les choses n’y sont pas arrangées de telle façon que l’une n’ait aucun rapport avec l’autre. Loin de là, elles sont toutes en relations entre elles : et toutes, elles concourent, avec une parfaite régularité, à un résultat unique. C’est qu’il en est de l’univers ainsi que d’une maison bien faite [1]. »

 

 

Le gui, les orchidées, le scarabée bombardier et quelques autres.

(Tiré de : Lettre aux savants qui se prennent pour DIEU, Jacques Vauthier, Criterion, 1991, pp. 87 à 89.)

 

La découverte des interactions entre les plantes et les insectes pour la propagation de l’espèce sont proprement invraisemblables. Pensez au gui : il s’adjoint l’aide de deux oiseaux, la fauvette et la grive, pour se propager d’arbre en arbre. Si les boules de gui tombaient en terre, elles ne pourraient se reproduire. Elles doivent rester sur l’écorce de l’arbre où elles donneront lieu à un nouveau plant en suçant la sève. Comment tourner la difficulté quand on a un fruit qui est une bille et qui aura une probabilité quasi-nulle de rester en équilibre sur une branche ! Eh bien ! on utilise l’aide des deux oiseaux précédents. Mais attention ! le suc gastrique risque de détruire le fruit et tout serait à recommencer. Alors on se crée une carapace qui résiste à ce type d’attaque et la fiente de l’oiseau non seulement redéposera la graine sur une branche mais lui fournira le fumier dont elle a besoin pour bourgeonner. C’est aussi simple que cela.

Pour éviter la prolifération de ce parasite, la mésange bleue sera là, pour casser avec son bec les noyaux de gui et les manger. Je voudrais bien que l’on m’explique cette coordination entre des espèces aussi éloignées sans invoquer un Dieu « hasard » qui rappelle l’invocation aux nymphes ou aux elfes... Il y a comme cela des centaines d’exemples de « trouvailles » de la nature. Ainsi encore, chez les orchidées, le maquillage d’un de leurs pétales en faux insecte femelle. Tout y est : les poils disposés de façon analogue, l’odeur de la femelle indispensable pour l’attraction du mâle, autrement dit un simulacre à la fois tactile, visuel et odorant ! Ou encore les stratégies de combat, dont une des plus belles est incontestablement celle du scarabée bombardier. Cet insecte est doté d’une minuscule usine chimique qui produit dans deux cavités distinctes de l’eau oxygénée d’une part et une substance phénolique d’autre part. En cas d’attaque, ces deux liquides sont mis en contact, ce qui provoque une élévation de la température avoisinant 100°C. Le mélange est expulsé avec une détonation analogue à un coup de feu. Imaginez la tête de l’insecte qui reçoit en pleine face cette giclée d’eau oxygénée portée à ébullition... Là encore, nous avons affaire à une trouvaille qui, si elle suivait un plan graduel à la Darwin, conduirait à un Tchernobyl intérieur pour l’insecte !

On pourrait aussi parler des techniques de pêche de tel cormoran qui fait de l’ombre avec ses ailes tout en marchant dans les marais, ou de tel poisson qui mange les mouches posées sur les herbes au bord de la rivière ; il vise la mouche en tenant compte de la diffraction de la lumière qui passe de l’eau à l’air — tout le monde a fait l’expérience du bâton plongé dans l’eau qui a l’air “cassé” — et projette de l’eau sur elle pour la faire tomber et ainsi la gober.

Enfin, citons ce dernier exemple, toujours fascinant, qui met en scène une plante : le maïs, une chenille et une guêpe. Le travail de la première consiste à manger les feuilles du maïs. Celui-ci secrète alors une molécule qui attire les guêpes qui mangent les chenilles. Tout se passe donc comme si la plante résistait à sa propre mort. Certes, on pourrait dire : « Soit, mais ce n’est que fortuit ». Or des chercheurs américains ont montré que c’est en fait la bave de la chenille sur la blessure de la feuille qui provoque l’émission de l’odeur qui attirera la guêpe. Si vous coupez la feuille de maïs avec des ciseaux, rien ne se produira. Nécessité soit, mais hasard ... ? »

 

 


Araignée qui roule n’est pas dévorée.

(Tiré de : Science Illutrée n°9 bis, septembre 1992.)

 

 

Dans le désert de Namibie existent d’étranges araignées qui se roulent en boule et dévalent les pentes sableuses à une vitesse vertigineuse.

L’une d’entre elles, Carparachne aureoflava, est une petite araignée recouverte de poils jaunes brillants. Ses exploits ont été étudiés et “chronométrés” par un zoologue du Muséum national de Namibie. L’araignée se roule en boule uniquement pour échapper à ses prédateurs – les guêpes principalement – mais jamais pour chasser ou chercher un partenaire.

L’araignée sort en courant de son terrier quand elle se sent traquée, prend son élan, saute sur le côté, se roule en boule en ramenant sous elle ses huit longues pattes et dévale la dune. Elle peut atteindre une vitesse de 1,5 m par seconde, et sa vitesse de rotation maximum est de 44 révolutions par seconde.

L’araignée peut ainsi parcourir plusieurs dizaines de mètres et échapper à son prédateur. »

 

 

Prisons “dorées” pour fourmis argentées.

(Tiré de : “La recherche” n° 246, septembre 1992, p. 968.)

 

 

En plein été au milieu du Sahara, aux heures les plus chaudes de la journée, les fourmis argentées Cataglyphis bombycina sortent en masse de leurs trous, et cela pendant seulement quelques minutes par jour. L’explication de ce comportement inattendu en milieu désertique chaud vient d’être donnée par des chercheurs de l’université de Zurich et de l’université de Namibie (R. Wehner et al., Nature, 357, 586, 1992).

L’observation minutieuse de ces curieux arthropodes a permis de constater que, contrairement aux autres espèces de fourmis du désert, la température du corps des fourmis argentées est capable d’atteindre 53,6°C, ce qui est un véritable record pour un animal terrestre. Leur période de sortie hors de la fourmilière pour aller chercher entre autres de la nourriture correspond à une très étroite fenêtre thermique. En effet ces insectes attendent que la température extérieure, surveillée par quelques fourmis à l’entrée de la fourmilière (température prise à 4 mm d’altitude au–dessus du sable, à hauteur de fourmi) soit exactement de 46,5°C. Le signal de sortie est alors donné. Jaillissant brutalement de leurs terriers, les fourmis s’agitent en tous sens et s’échauffent, malgré quelques pauses prévues pour se “rafraîchir”, et cela jusqu’à la température fatidique de 53,6°C. D’après les chercheurs, cette course contre la montre est en fait une stratégie défensive contre leur principal prédateur, Acanthodactylus dumerili, un lézard habitué des heures chaudes, mais qui “jette l’éponge” vers 45°C pour regagner l’ombre. Coincées entre la menace du lézard et celle du soleil, ces fourmis ont une marge de manœuvre réduite, poussant à l’extrême l’adaptation au milieu ambiant. »






[1] — Métaphysiques, l.12, ch.10.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 3

p. 112-115

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