+ Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché
de l’histoire
Dans sa Deuxième Epître aux Thessaloniciens, l’apôtre saint Paul nous avertit que déjà à son époque le « mystère d’iniquité était à l’oeuvre dans le monde »... Mais cette constatation ne s’applique pas qu’à son époque. Il faut savoir en effet que, depuis Caïn – dont est issue la « Tradition primordiale » chère aux « initiés » –, existe une lignée d’hommes en lutte contre Dieu et son « plan sur la création ». Ces hommes pervers, qui se sont cooptés de siècles en siècles (Notre-Seigneur ne dit-il pas lui-même que les « fils des ténèbres sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de lumière » et savent d’autre part se reconnaître...) constituent la « Synagogue de Satan », la « Contre-Église » satanique qui verra son plein épanouissement au temps du gouvernement mondial de l’Antéchrist.
Le « complot » ne date pas d’aujourd’hui : il est vieux comme le monde. Le Serpent du jardin d’Éden est son inspirateur, après avoir soufflé un vent de révolte au Ciel.
C’est là que réside l’intérêt du gros volume signé « Epiphanius » – nom de plume d’un grand spécialiste italien du « mystère d’iniquité » : le Pr Paolo Taufer – qui vient de paraître en traduction française aux éditions du « Courrier de Rome », éditeur du bulletin Sì Sì No No. Ce livre, qui remonte loin dans les origines du « complot », s’intitule : Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’histoire. Il compte 672 pages avec index et bibliographie substantielle. Remarquons toutefois que cette dernière est loin d’être exhaustive car il existe une pléiade d’auteurs et d’ouvrages qui ont remarquablement « débroussaillé le terrain » et nous permettent de bien appréhender les enjeux de la bataille : ceux du « combat des deux Cités » qui doit durer jusqu’à la fin du monde.
Nous devons objectivement reconnaître que la « bibliographie essentielle » du livre d’Epiphanius permettra au lecteur curieux, voire désireux d’approfondir ces matières nauséabondes, de se procurer nombre d’ouvrages importants, d’autant plus que l’auteur indique les adresses d’éditeurs étrangers où il est possible d’acquérir les précieux volumes.
Epiphanius a également jugé bon d’indiquer l’affiliation maçonnique d’un auteur en plaçant le fameux « tripoint » des initiés devant son nom. Les lecteurs seront ainsi fixés sur l’écrivain qu’ils auront décidé de consulter. Il est bon de savoir à qui l’on a affaire et d’être sur ses gardes.
L’Erratum joint à l’ouvrage corrige une erreur de taille : le tripoint maçonnique précédait, dans la bibliographie dont nous venons de parler, le nom du Pr Bernard Faÿ, auteur du fameux : La F\ M\ et la révolution intellectuelle du XVIIIe siècle édité en 1961 par Henry Coston aux éditions de la « Librairie française ». Le Pr Faÿ n’a jamais été F\ M\ ! Sous Vichy, il fut même chargé de dépouiller les archives des loges maçonniques et dirigea la revue « Les Documents maçonniques » pour éclairer les populations sur les origines du « désastre de 1940 » ! 33 fascicules parurent de 1940 à 1944. La collection complète a été rééditée par la « Librairie française » en un gros volume, il y a un peu plus de dix ans. Vous comprendrez sans peine que B. Faÿ ait été inquiété à la « Libération », mais cet excellent homme réussit à prendre la fuite grâce à une ...soutane ! « L’habit » peut parfois servir…
Maçonnerie & Sectes Secrètes est préfacé par ce vieil ennemi des « sectes » qu’est Henry Coston. Sa préface est élogieuse. A juste titre, car l’ouvrage constitue un remarquable résumé de tout ce qu’il faut savoir actuellement sur la question.
Volumineux par le nombre de pages, il se lit très facilement ; les chapitres sont courts ; l’iconographie bien choisie ; la documentation très abondante. C’est une véritable somme qu’on pourrait comparer à un « résumé » des quatre volumes monumentaux de l’historien-chartiste Jean Lombard : La Face cachée de l’histoire moderne (un seul tome paru en français ; édition complète en espagnol : La Cara Oculta de la Historia Moderna).
Le livre d’Epiphanius, à la différence de celui de Jean Lombard, n’entre pas dans des multitudes de détails, certes captivants, et qui émaillent remarquablement l’histoire occult(é)e, l’« histoire honteuse » dont parlait Honoré de Balzac, mais nous donne la substantifique moelle du « complot contre l’humanité et de la guerre menée contre Dieu et son Église ».
Autre avantage et non des moindres par rapport au traité de Jean Lombard, qui date de 1980 (pour le dernier tome paru) : l’actualisation du complot et des forces qui le composent. En presque vingt ans les spécialistes de la Contre-Église ont amassé une documentation exceptionnelle qui permet de mieux discerner les lignes directrices de la formidable conjuration qui dépasse d’ailleurs ses propagateurs. N’oublions jamais que le chef d’orchestre de cette monstrueuse entreprise est « celui qui est homicide depuis le commencement » et qu’ici-bas tous les chefs de la Contre-Église sont à ses ordres. Sans cette clé, on ne peut strictement rien comprendre au plan qui se déroule selon une programmation très précise.
Les révélations concernant le Nouvel Age, certaines sectes « ultra-secrètes » parmi les plus importantes, dont le grand public ignore jusqu’à l’existence, comme l’« Ordre de Yale » (Skull & Bones), les nouveaux cercles mondialistes, la mise en place de la religion mondiale qui va de pair avec l’instauration du gouvernement mondial, ne manqueront pas de captiver le lecteur.
Epiphanius a bien noté, aussi, le rôle essentiel de la gnose, moteur de la Contre-Église, dans ce complot universel. Cette gnose qui a réussi à infiltrer des adeptes jusque dans la Tradition comme l’avaient observé le regretté Jean Vaquié et son disciple Étienne Couvert. Nous conseillons à nos lecteurs d’étudier en complément le numéro spécial de Lecture & Tradition sur « Le retour offensif de la gnose » ainsi que l’ouvrage des Cahiers A. Barruel intitulé « L’école de l’ésotérisme chrétien » (qu’on peut se procurer chez DPF).
En revanche, il est dommage qu’Epiphanius n’ait pas insisté davantage :
— sur le rôle du Noachisme (principes de « décalogue abrégé » pour tous les goyim, mis au point et codifiés par le rabbin italien Elie Benamozegh, à la fin du siècle dernier) dans la constitution de la religion mondiale qui approche à grands pas ;
— sur le minage de l’Église Catholique Romaine par la Contre-Église et ce jusque dans sa plus haute hiérarchie...
Ces détails mis à part, l’ouvrage d’Epiphanius permet de saisir que les « prédictions » d’auteurs essentiels comme Léon de Poncins et Pierre Virion sont pratiquement accomplies et que l’ennemi est sur le point d’arriver à la consécration suprême.
L’ouvrage d’Epiphanius est divisé en trois grandes parties :
— une première partie : « Mysterium iniquitatis », qui offre une vue panoramique des forces ennemies depuis les premiers gnostiques jusqu’à notre époque ;
— une deuxième partie : « Les Nations Unies ou encore le gouvernement mondial », qui dévoile le rôle dissolvant assigné à cet organisme mondialiste selon la règle d’or des hautes sectes : solve et coagula (« dissous et réassemble » : dissous l’ancien ordre chrétien et réassemble selon le « nouvel ordre des siècles » !).
— une troisième et dernière partie : « L’âge du Verseau ou le règne de la Contre-Église », qui décortique le mouvement du Nouvel Age (New Age) et son rôle dans l’élaboration de la religion universelle et du pouvoir politique mondial.
Ajoutons un détail « piquant » en provenance de l’imprimeur : l’ouvrage, qui dénonce le « mondialisme » et ses ravages est imprimé en « Union européenne » et non pas en France alors que l’imprimeur [Ch. Corlet] est situé dans le Calvados !
O stupidité des décisions européo-mondialistes ! Que signifie « imprimé en Union européenne » alors que l’ouvrage a été imprimé dans une imprimerie française ?! Voilà où nous en sommes.
En conclusion, nous ne pouvons qu’inviter nos lecteurs à se procurer l’ouvrage d’Epiphanius et à l’étudier la plume à la main. Ils en retireront un grand profit et une meilleure connaissance des ennemis de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous le recommandons plus particulièrement aux jeunes qui disposeront d’une excellente base de données et pourront ensuite avancer plus loin, s’ils le désirent et ... peuvent le supporter.
Depuis longtemps, un ouvrage d’une aussi grande qualité n’était paru. Il vient à son heure.
Epiphanius a en outre bien choisi son pseudonyme, d’origine grecque, puisqu’il a fait « remonter à la surface » ce que les « forces de la Synagogue de Satan » voudraient maintenir au plus profond de leurs antres ténébreux. Son livre constitue donc une excellente « manifestation ».
Enfin, il est une certitude que nous devons faire nôtre : c’est que, en dépit de la colossale puissance de l’ennemi – l’ouvrage de notre auteur italien a bien insisté là-dessus – Dieu reste le souverain maître. Que pèse, en effet, la Contre-Église en face du Très-Haut ? Certes, l’ennemi peut actuellement se permettre tout ce qu’il veut, ou presque. Son pouvoir sur le monde est exorbitant mais il n’a pas encore atteint la puissance fabuleuse qui sera la sienne à l’époque de l’Antéchrist.
D’autre part, celui qui est au-dessus « d’eux » est infiniment moins puissant que Celui qui est au-dessus de nous ! Méditons bien sur cette certitude très réconfortante pour ne pas sombrer dans le découragement ! Dieu est infiniment plus puissant que tous ces misérables « artisans d’iniquité » qui ont l’outrecuidance insensée de le défier ! La toute-puissance de Dieu ! Quel sujet de méditation et quel réconfort en ces temps d’apostasie !
Gardons ces espérances en notre coeur et attendons l’heure de Dieu qui finira bien par sonner. Ainsi que l’écrit le R.P. Berthe – biographe de saint Alphonse de Liguori et du président-martyr de l’Équateur Garcia Moreno – dans son bel ouvrage sur Jésus-Christ, sa vie, sa passion, son triomphe, à propos des ennemis de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de son Église : « Dans les combats de Dieu, jamais on n’est plus près de la ruine que quand on chante victoire ! »
En conséquence, laissons-les chanter ! Lorsque Dieu se décidera à intervenir, les clameurs de triomphe se changeront en cris de désespoir, les mêmes que ceux des damnés en enfer.
Epiphanius l’a bien fait ressortir dans son ouvrage : « Je régnerai malgré mes ennemis ! » Que sainte Marguerite-Marie intercède en notre faveur pour que nous soyons les témoins de la réalisation de ces promesses divines.
A.C.
Epiphanius, Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’histoire, Versailles, Publications du « Courrier de Rome », 1999, 24 x 16,5, 671 p., 245 F.

