top of page

Pourquoi ne pas obéir à

la Mère de Dieu comme

il le faudrait ?

 

Tentative de neutralisation de l’événement salutaire le plus important du XXe siècle

 

 

 

par l’abbé Fabrice Delestre

 

 

 

Monsieur l’abbé F. Delestre, prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, est en poste à Lisbonne et à Fatima. Il a donc étudié de manière approfondie tout ce qui se rapporte au grand événement des apparitions de Notre-Dame à Fa­tima et spécialement ce qui concerne les demandes de la sainte Vierge. Il nous démontre ici que, malgré les affirmations contraires répandues par les autorités conciliaires qui sèment la confusion dans les esprits, la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie n’est toujours pas faite. Par suite de cette négligence et de l’opposition à cet acte salutaire demandé par le ciel, le monde et l’Église connaissent une anarchie croissante.

On lira, dans la partie « Documents » de ce numéro, un autre texte de M. l’abbé Delestre sur les deux plus jeunes voyants de Fatima, Jacinthe et François, que l’Église s’apprête à placer officiellement sur les autels.

NB : En raison de leur longueur, les notes sont exceptionnellement reportées en fin d’article.

Le Sel de la terre.

 

*

  

 

 

LE NUMÉRO 22 du 30 mai 1998 du journal du Saint-Siège l’Osservatore Romano en langue portugaise, publia en page 10 un grand article de Madame Emilia Paola Pacelli, « orientaliste, rédactrice de la revue Omnis Terra » : « A la lumière de Fatima, en route vers le troisième millénaire : Pie XII, père, maître et ami de notre temps. » Dans cet article, dont on peut légi­timement penser qu’il reflète la position du Saint-Siège, il est affirmé que Pie XII fit « la consécration de l’Église et du genre humain au Cœur Immaculé de Marie en 1942 [1], et dix ans plus tard, la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. » De plus, il est dit que « le 25 mars 1984, le pape Jean-Paul II en per­sonne, en union avec tous les évêques du monde, évoquant Pie XII, consacra une nouvelle fois le genre humain et la Russie au Cœur Immaculé de Marie, confirmant l’acte de consécration prononcé en 1982. »

Dans le numéro de juillet 1999 de l’organe officiel du sanctuaire de Fatima Voz de Fátima, en page 2, le père F. Leite répète que la consécration de la Russie est déjà faite :

 

La consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, telle que Notre-Dame l’a demandée, c’est-à-dire faite par le Saint-Père en union avec tous les évêques du monde, finit par être réalisée le 25 mars 1984, devant la statue de Notre-Dame trans­portée pour l’occasion de la chapelle des apparitions de Fatima jusqu’à Rome. En union avec le Saint-Père, et sur sa demande expresse, les évêques du monde l’accompagnèrent dans un acte d’une telle signification.

Sœur Lucie a dit, plusieurs fois, que cette consécration a correspondu entièrement aux désirs de Notre-Dame. Dans une lettre à Walter Noelker, elle affirme : « On m’a demandé si la consécration était faite conformément à la demande de Notre-Dame. J’ai répondu en disant que oui [2]. »

 

Et le père Leite termine son article en affirmant sans ciller : « Maintenant que la consécration est faite, la conversion de la Russie a commencé. »

Ces deux auteurs prétendent donc que la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie a déjà été effectuée en bonne et due forme, et Mme Pacelli va jusqu’à écrire qu’elle a été faite trois fois : en 1952, en 1982 et en 1984 [3]. En est-il donc réellement ainsi ? Pour le savoir, il nous faut examiner trois points :

1. — la demande précise de consécration de Notre-Dame à sœur Lucie ;

2. — la correspondance ou non des trois consécrations de 1952, 1982 et 1984 à la demande du ciel ;

3. — enfin, il nous faut établir si l’une au moins des trois consécrations susmentionnées a procuré au monde les deux immenses grâces promises par Notre‑Dame comme effets et signes de l’authentique consécration :

– grâce de la conversion de la Russie à la vraie foi ;

– grâce d’« un certain temps de paix dans le monde ».

 

 

Quel genre de consécration la très sainte 

Vierge a-t-elle demandé à sœur Lucie ?

 

C’est lors de sa troisième apparition à Fatima, le 13 juillet 1917, que Notre‑Dame a parlé pour la première fois de « consécration de la Russie » en in­diquant que cet acte est le remède souverain, et le seul efficace, pour sauver la chrétienté contre de très graves erreurs et de très grands maux :

 

Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre va fi­nir. Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, en commencera une autre pire. (…) Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église ; les bons seront martyrisés, le Saint‑Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations se­ront anéanties. A la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. 

 

Par ces paroles, Notre-Dame indique très nettement, et par deux fois, les deux merveilleuses grâces attachées à la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé :

— grâce de la conversion de la Russie ;

— grâce d’« un certain temps de paix » dans le monde.

De plus, Notre-Dame dit qu’elle « viendra » demander la consécration de la Russie, ce qui signifie qu’elle reviendra au moment le plus opportun pour de­mander cette consécration. De fait, Notre-Dame revint visiter Lucie à Tuy (Espagne), le 13 juin 1929, pour lui faire cette demande :

 

Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie 4.

 

A la suite de ce message, dans deux lettres qu’elle adressa en mai 1930 au père Gonçalves, son confesseur, Lucie exprima les demandes du ciel, en unissant étroitement la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie et la consécra­tion de la Russie :

 

Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint‑Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice [des premiers sa­medis du mois] [4].

 

Ces paroles de Notre-Dame et ces lettres de sœur Lucie présentent donc la forme exacte de consécration que le ciel demande :

Consécration de la Russie explicitement mentionnée, et non pas consé­cration du monde ou du genre humain avec vague et imprécise allusion à la Rus­sie [5] ;

Consécration faite par le Saint-Père en union avec tous les évêques du monde catholique, ce qui signifie que chaque évêque doit organiser et présider dans son diocèse, en même temps que le pape et en union avec lui, cet acte de réparation et de consécration, à moins que le pape ne profite d’une réunion de l’épiscopat mondial à Rome pour l’effectuer. Sœur Lucie n’a jamais exclu que la consécration puisse être faite dans le cadre d’un concile œcuménique par exemple, tout en semblant préférer nettement la première solution ; l’important est l’union morale et spirituelle des évêques au pape [6].

— Enfin, très grande solennité de cette consécration, qui devra être fait dans le cadre d’« un acte solennel et public de réparation et de consécration », sans doute pour frapper les esprits et pour que le plus grand nombre possible de catholiques puisse y prendre part.

 

 

Les trois consécrations effectuées

en 1952, 1982 et 1984 répondent-elles à

toutes les conditions demandées par le ciel ?

 

1. — Consécration de la Russie au

Cœur Immaculé de Marie par Pie XII

dans la Lettre Apostolique Sacro Vergente Anno, adressée

aux peuples de la Russie en date du 7 juillet 1952 [7].

 

La consécration de la Russie est réellement faite, mais par le pape seul, sans l’union de tous les évêques du monde catholique, et sans la solennité requise. En effet, cette consécration n’a pas été effectuée dans le cadre de l’« acte solennel et public de réparation et de consécration » dont parle sœur Lucie, mais un peu à la sauvette, pourrait-on dire, à l’occasion de la publication d’une Lettre Apostolique qui resta inconnue de beaucoup, et qui fut bien vite oubliée par ceux qui en avaient pris connaissance.

A propos de cet acte, sœur Lucie écrivit dans l’une de ses lettres de l’été 1952 : « Je vous remercie également de la coupure de journal qui rapporte la consécration de la Russie. Je suis peinée qu’elle n’ait pas encore été faite comme Notre‑Dame l’avait demandée [8]. »

 

2. — Acte d’offrande et de consécration par Jean-Paul II

à Fatima, le 13 mai 1982.

 

Le pape dit lui-même ce qu’il entendait faire par cet acte, dans l’homélie de la messe qu’il célébra le matin du 13 mai 1982 à Fatima : « Accomplir une fois de plus ce que mes prédécesseurs ont déjà fait : confier le monde au Cœur de la Mère… [9] »

De fait, cet acte d’offrande et de consécration ne correspondait pas du tout à la consécration demandée par Notre‑Dame, pour plusieurs raisons :

— C’était une consécration du monde, et non de la Russie qui n’était pas même nommée une seule fois !

— Cet acte n’était pas fait explicitement au Cœur Immaculé de Marie.

— Enfin, l’union de tous les évêques au pape n’avait pas été requise.

Sœur Lucie déclara d’ailleurs à sa nièce, Maria do Fetal, le 11 août 1982 : « Je suis vieille, j’ai 75 ans, je me prépare à voir Dieu face à face. J’ai donné tous mes textes à la sainte Église. Je mourrai tanquille. Mais si l’on veut mon avis, le voici : la consécration de la Russie, telle que Notre‑Dame l’a demandée, n’est pas faite. » Et elle répéta exactement la même chose quatre jours plus tard, le 15 août, à sa vieille amie, Madame Pestana.

Sœur Lucie écrivit dans le même sens, dans le texte qu’elle rédigea à l’oc­casion du parloir qu’elle eut le 19 mars 1983 avec Mgr Portalupi, Nonce Aposto­lique au Portugal :

 

Dans l’acte d’offrande du 13 mai 1982, la Russie n’est pas apparue nettement comme étant l’objet de la consécration. Et chaque évêque n’a pas organisé dans son diocèse une céré­monie publique et solennelle de réparation et de consécration de la Russie. Le pape Jean-Paul II a simplement renouvelé la consécration du monde faite par Pie XII le 31 octobre 1942. De cette consécration du monde, on peut espérer certains bienfaits, mais non pas la conversion de la Russie [10].

 

Il convient aussi de signaler la conclusion de ce texte que sœur Lucie a tenu à remettre au Nonce Apostolique, car ces phrases sont éclairantes sur l’humble simplicité de l’obéissance de la voyante : « La consécration de la Russie n’est pas faite comme Notre‑Dame l’a demandée. Je ne pouvais pas le dire, car je n’avais pas la permission du Saint-Siège. » Cette dernière phrase signifie que sœur Lucie est habituée à voir dans les hommes qui occupent les postes d’auto­rité dans l’Église les représentants de Dieu sur la terre ; elle considère donc qu’elle leur doit humble respect et entière soumission. C’est pourquoi il est abso­lument utopique d’attendre d’elle une grande déclaration publique affirmant que la consécration de la Russie n’est pas faite : ce serait totalement contraire à son sens de l’obéissance religieuse. Elle considère simplement qu’elle accomplit en­tièrement son devoir quand elle profite de toutes les occasions qui s’offrent à elle pour rappeler au pape, de manière privée mais avec constance et fermeté, que la consécration n’est pas faite, comme elle le fit d’ailleurs après l’acte du 13 mai 1982, puisqu’elle dit au Nonce Apostolique, en ce 19 mars 1983, que tout ce qu’elle avait affirmé dans cet entretien, elle l’avait déjà écrit au pape Jean‑Paul II [11].

 

3. — Renouvellement, le 25 mars 1984,

sur le parvis de la Basilique Saint‑Pierre de Rome,

de l’acte d’offrande et de consécration de 1982 [12]

 

Jean-Paul II avait annoncé, le 8 décembre 1983, dans une lettre adressée à tous les évêques, le renouvellement de cet acte, en concluant : « Je vous saurai gré de bien vouloir, ce jour-là (25 mars 1984), renouveler cet acte en même temps que moi, de la manière que chacun de vous jugera la plus adaptée. »

De très légères modifications avaient été apportées à l’acte de 1982 ; ce­pendant, il manquait toujours l’essentiel à cet acte de consécration :

 

1.— Il s’agissait du simple renouvellement de la consécration du monde faite par Pie XII en 1942, comme le montre clairement la lecture du texte intégral (d’ailleurs très confus par endroits !) dont voici quelques extraits :

 

(…) Avec ton amour de mère et de servante du Seigneur, embrasse notre monde hu­main que nous t’offrons et te consacrons, plein d’inquiétude pour le sort terrestre et éternel des hommes et des peuples.

(…) Nous voulons nous unir à notre Rédempteur en cette consécration pour le monde et pour les hommes

(…) Combien profondément nous sentons le besoin de consécration pour l’humanité et pour le monde, pour notre monde contemporain, dans l’unité du Christ lui-même !

(…) En te confiant, ô Mère, le monde, tous les hommes et tous les peuples, nous te confions aussi la consécration même du monde et nous la mettons dans ton cœur mater­nel. [Phrase bien confuse !]

 

2. — La Russie n’était pas mentionnée une seule fois dans l’ensemble du texte !

 

3. — Enfin, cet acte n’était pas fait explicitement au Cœur Immaculé de Marie, mais « à Marie, Mère ».

 

D’ailleurs, peu de temps après, le pape expliqua lui-même à Mgr Cordes, Vice-Président du Conseil pontifical pour les laïcs, pour quelle raison il avait renoncé à nommer expressément la Russie ; il craignait « que ses paroles soient interprétées comme une provocation par les dirigeants soviétiques [13] » !

Sœur Lucie ne s’y était pas trompée : trois jours avant la consécration, le jeudi 22 mars 1984, à Mme Pestana qui lui demandait : « Alors, Lucie, dimanche, c’est la consécration ? », elle fit signe que non et ajouta : « Cette consécration ne peut avoir un caractère décisif. » Et quand elle a écouté le père Kondor lire l’acte du 25 mars 1984, lors d’une cérémonie au Carmel de Coïmbra, au printemps 1984, tout à coup son visage a changé d’expression ; l’enregistrement en vidéo, diffusée par la vice-Postulation, en témoigne : sa révolte intérieure était visible­ment très grande [14] !

Ainsi, l’examen minutieux des trois actes de consécration de 1952, 1982 et 1984 et les déclarations ou réactions successives de sœur Lucie à propos de ces trois actes permettent de conclure ceci : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, telle que le ciel l’a demandée, n’a jamais été faite !

 

 

Absence complète dans le monde

des deux effets promis par Notre‑Dame

 

Une autre constatation bien réelle vient confirmer encore cette conclusion : l’absence complète dans le monde des deux précieuses grâces promises par Notre‑Dame comme effets et signes de la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé.

 

1. — Grâce d’« un certain temps de paix dans le monde »

 

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Javier Perez de Cuellar, déclara, au cours d’une conférence d’avril 1988 à l’Institut des hautes études internationales de Genève, que les conflits armés qui ont éclaté depuis 1945 avaient fait, jusqu’à la fin de 1986, 17 millions de morts, dont 80 % étaient des victimes civiles ! Soit, en quatre décennies d’une période dite « de coexistence pacifique », autant de morts que le nombre de victimes de la Première Guerre mondiale ! A cette diffé­rence près : 80 % des morts de 1914-1918 étaient des militaires (13,8 millions sur 17) alors qu’entre 1945 et 1986, 80 % des morts sont des civils : femmes, enfants et vieillards en grande majorité.

M. Perez de Cuellar a ajouté qu’à la fin de 1986 avaient lieu 36 conflits ar­més, dans lesquels étaient engagés 5,5 millions de soldats originaires de 41 États, soit d’un État sur quatre :

— 4 de ces 36 conflits avaient commencé entre 1945 et 1949 ;

— 7 dans les années 1960 ;

— 17 dans les années 1970 [15].

Depuis cette déclaration, la situation ne s’est pas du tout améliorée. Le journal portugais 24 Heures du 18 avril 1999 publia une carte des guerres civiles qui se sont déroulées dans le monde durant la décennie 1990, avec le bilan sui­vant des victimes :

 

        — Soudan : ................... 1 900 000 morts........ — Algérie : ..................... 80 000 morts

        — Angola : .................... 1 000 000 morts........ — Sri Lanka : ............... 56 000 morts

        — Rwanda : ................. 1 000 000 morts........ — Tchétchénie : ............ 40 000 morts

        — Tibet : ....................... 1 000 000 morts........ — Turquie : ................... 37 000 morts

        — Somalie : ..................... 300 000 morts........ — Congo : ...................... 10 000 morts

        — Timor oriental : ......... 300 000 morts........ — Irlande du Nord : ....... 3 200 morts

        — Bosnie : ........................ 200 000 morts........ — Sierra Leone : ............. 3 000 morts

                         Total des morts : ..................................................... 5 929 200 morts

 

Or, toutes les guerres civiles de la décennie ne sont pas répertoriées dans ce bilan (il manque notamment le bilan des guérillas communistes des pays d’Amérique centrale et du Sud-Salvador, Guatémala, Pérou, Colombie où l’on compte en moyenne 40 morts violentes par jour – et de la guérilla communiste et musulmane des Philippines) ; et ce tableau ne comporte pas non plus le bilan des victimes des guerres entre États souverains : notamment, le conflit Éthio­pie/Érythée ; le conflit Inde/Pakistan à propos du Cachemire : 30 000 morts de­puis 1990… etc., sans parler des récents événements au Kosovo.

Comment parler ensuite de « paix » dans le monde, de 1945 à nos jours, et de période de « coexistence pacifique » (bel euphémisme médiatique…), à la lec­ture de tous les terribles chiffres ci-dessus, hélas bien réels ?

 

2. — Grâce de conversion de la Russie

à la vraie foi, à la foi catholique

 

Contrairement à ce qu’écrit le père Leite, cette conversion ne se produit pas du tout, comme en témoignent les personnes crédibles qui rentrent de Russie. Écoutons, par exemple, ce que déclare le frère Hector Muñoz O.P. (retourné en Argentine après trois années passées à travailler à l’évangélisation en Russie), dans une récente entrevue à l’hebdomadaire argentin Cristo Hoy :

 

— Question : Quelle est la situation politico-sociale du peuple russe ?

Réponse : La Russie est une terre dévastée par le marxisme, par les siècles qui l’ont précédé et par le passage brutal et irrationnel à un autre système. L’athéisme a pénétré très profondément. Selon les données des prêtres orthodoxes, la pratique religieuse dans leur Église n’arrive pas à 2 %. Les dirigeants politiques sont très attaqués et avec raison. La corruption atteint des niveaux de scandale public, le salaire moyen d’un ouvrier ordi­naire est de quatre-vingts dollars par mois, celui d’un travailleur rural de trente dollars et les pensions des veuves de quatorze dollars. Le pourcentage de divorces à Moscou atteint 70 % et, sur l’ensemble de la Russie, 45 %, ce qui signifie que la moitié des familles sont blessées [16].

 

En quelques lignes, se trouve décrite toute la profondeur du drame de soixante-dix ans de règne implacable et sans partage du marxisme en Russie : y ont été détruites de fond en comble non seulement toute vie religieuse et surna­turelle, mais jusqu’aux bases mêmes de l’ordre naturel et social. Et seul un mi­racle de la miséricorde divine, promis comme effet de la consécration de la Rus­sie au Cœur Immaculé de Marie, est en mesure de restaurer cette société sur des bases naturelles et surnaturelles saines et intègres.

Accompagnant cette réalité catastrophique, les autorités politiques semblent de leur côté s’acharner à entraver l’action de l’Église catholique en Russie. En ef­fet, la loi sur la « liberté religieuse », adoptée en 1997, œuvre des néo-commu­nistes et du Patriarcat orthodoxe de Moscou, est une loi de véritable persécution contre l’Église catholique. Cette loi fait une subtile distinction entre :

— « Les organisations religieuses » qui ont le statut de personne morale et bénéficient donc d’une totale existence légale en Russie. Quatre religions sont re­connues ainsi : l’Église orthodoxe russe, le judaïsme, l’islam et le bouddhisme.

— « Les groupes religieux » qui ne bénéficient pas du statut précédent et dont la situation demeure très précaire dans le pays. L’Église catholique est considérée ainsi ; elle est mise au même rang que les sectes ! De ce fait, elle se voit privée pendant 15 ans :

– du droit d’enseigner la religion dans les écoles publiques ;

– du droit de fonder ses propres écoles religieuses ;

– du droit d’assurer l’aumônerie dans les prisons, hôpitaux et mai­sons de retraite ;

– du droit d’importer et de diffuser de la littérature religieuse ;

– du droit d’être propriétaire d’imprimeries et de media.

 

En un mot, cette loi est une loi d’interdiction de tout apostolat catholique en Russie [17].

Et, pendant ce temps, le Vatican continue à imposer sa folle politique d’œ­cuménisme avec les orthodoxes et sa funeste « Ostpolitik » avec les autorités ci­viles, bien souvent néo-communistes, de l’Est européen, comme l’a malheureu­sement montré le voyage du pape en Roumanie, en mai 1999 [18]. Tout cela au nom du fameux « dialogue » devenu « sacré », mais certainement pas au nom du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! C’est une dramatique politique de chimères et d’auto-démolition de l’Église, une politique purement humaine et sans aucune vision surnaturelle des choses. Mais c’est pour continuer coûte que coûte cette politique que le Vatican refuse obstinément depuis tant d’années d’appli­quer au monde le remède souverain, pourtant si simple à effectuer, que Notre‑Dame, toujours si miséricordieuse envers ses enfants, vint du ciel donner à trois petits pastoureaux de chrétienté : la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé par le pape en union avec tous les évêques du monde.

 

 

 

k

k   k


 


NOTES

 

[1] — La consécration du genre humain au Cœur Immaculé de Marie, faite par Pie XII le 31 octobre 1942, est l’aboutissement des demandes non de sœur Lucie, mais d’une autre portugaise, Alexandra Da Costa, connue sous le nom d’« Alexandrina » au Portugal, qui naquit à Balasar, village situé entre les villes de Porto et de Braga, le 30 mars 1904, jour du Vendredi-Saint. A 14 ans, pour se défendre des intentions perverses de trois hommes qui s’étaient introduits dans la maison où elle se trouvait en compagnie de deux jeunes filles, elle se jeta par une fenêtre de quatre mètres de hauteur et, à la suite de cette chute, une myélite dans la colonne vertébrale l’immobilisa dans un douloureux martyre jusqu’à sa mort le 13 octobre 1955. A cette victime, Notre-Seigneur ordonna d’obtenir du pape la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie ; la première de­mande est du 31 juillet 1935, et Alexandrina, qui était déjà victime volontaire de l’eucharistie, s’offrit aussi comme « victime pour la consécration du monde à notre petite Mère du ciel ». Notre-Seigneur ayant insisté pendant plus d’un an auprès d’Alexandrina pour obtenir cette consécration, son directeur spirituel, le père Mariano Pinho S.J., transmit, le 11 septembre 1936, cette demande de consécra­tion du monde au Saint‑Père Pie XI, par l’intermédiaire de son Secrétaire d’État, le Cardinal Pacelli. Le Saint-Siège ordonna alors à la Nonciature Apostolique de Lisbonne de procéder à une enquête sur le sujet. Le 11 juillet 1937, le Provincial des Jésuites écrivait au Nonce, en lui transmettant les conclusions de l’enquête :

 

« Sur la base des informations collectées, on ne peut mettre en doute la sincé­rité et la vertu de la jeune femme. Mais comme elle ne présente aucun signe qui puisse prouver extérieurement l’origine divine de ces locutions qu’elle-même af­firme entendre, il reste toujours la possibilité qu’il y ait quelque illusion. »

 

Ce fut le père Pinho qui fut chargé de prêcher la retraite spirituelle aux Évêques portugais à Fatima en juin 1938 ; à la fin de cette retraite, ces derniers adressèrent la lettre collective suivante au pape Pie XI :

 

« Très Saint-Père, le cardinal Patriarche de Lisbonne et tous les archevêques et évêques du Portugal, réunis au Sanctuaire de Fatima aux pieds de la bienheu­reuse Vierge Marie, pour renouveler, en esprit d’action de grâces, la consécration, jadis effectuée, à son Cœur Immaculé, consécration qui a sauvé le Portugal, surtout au cours des deux dernières années, du péril du communisme, exultent de joie pour un bienfait si grand et si miraculeusement accordé par la Mère de Dieu. Humble­ment prosternés aux pieds de Sa Sainteté, ils lui demandent instamment que, dès que Sa Sainteté le jugera opportun, le monde entier soit aussi consacré à ce Cœur très pur, pour qu’enfin il se voit délivré une fois pour toutes de si grands périls qui le me­nacent de toutes parts, et que règne la paix du Christ dans le règne du Christ, par la médiation de la Mère de Dieu. »

 

Quelques mois après cette lettre, Notre-Seigneur envoya à Alexandrina le signe surnaturel externe qui devait authentifier, aux yeux du Saint-Siège, que cette demande venait bien de Dieu : il s’agissait de la participation, à la fois phy­sique et spirituelle, de la jeune femme à la sainte passion de Notre‑Seigneur. Ce phénomène eut lieu chaque vendredi, à partir du 3 octobre 1938, et devint chaque fois plus douloureux pour la jeune femme : elle, qui d’ordinaire ne pou­vait bouger, se levait alors en extase pour revivre la passion de Jésus. Ce phéno­mène se termina seulement le 27 mars 1942, quand, sous le pontificat de Pie XII, tout était déjà prêt pour la consécration tant désirée. Le 22 mai 1942, Jésus dit à Alexandrina : « Le cœur du pape, le cœur d’or, est résolu à consacrer le monde au cœur de Marie. » De fait, le 31 octobre 1942 à l’occasion des fêtes du 25e anniversaire des apparitions de Fatima, Pie XII fit, par la radio et en langue portugaise, la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie, consécration qu’il renouvela le 8 décembre 1942, à Rome, au cours d’une cérémonie impétra­toire.

Comme dans ces mêmes années, sœur Lucie présentait des instances au Vati­can pour obtenir la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, cette consécration du monde fut attribuée aux demandes de la voyante de Fatima. Ce­pendant, les deux demandes sont distinctes et leur origine aussi :

— On doit la consécration du monde aux demandes et aux souffrances d’Alexandra da Costa ;

— La demande de consécration de la Russie fait partie du message de Fatima et provient de sœur Lucie.

(Voir la brochure du père Humberto Maria Pasquale, S.D.B. : Mensageira de Jésus para a consagração do mundo ao Imaculado Coração de Maria, publiée avec Imprimatur en 1980 par les éditions du Cavalier de l’Immaculée, Porto, 60 p. A notre connaissance, il n’existe pas de traduction française de cette bro­chure).

 

Sur la consécration du 31 octobre 1942, sœur Lucie écrivait, dans une lettre du 28 février 1943 à l’évêque de Gurza :

 

« Le Bon Dieu m’a déjà montré son contentement de l’acte, bien qu’incomplet selon son désir, réalisé par le Saint-Père et par plusieurs évêques. Il promet, en re­tour, de mettre fin bientôt à la guerre. La conversion de la Russie n’est pas pour mainte­nant. »

 

Le 4 mai 1943, sœur Lucie écrivait de même au père Gonçalves :

 

« Notre-Seigneur promet la fin de la guerre pour bientôt, eu égard à l’acte qu’a daigné faire Sa Sainteté. Mais comme il fut incomplet, la conversion de la Russie sera pour plus tard. »

(Voir Fatima, Joie intime événement mondial, du frère François de Marie des Anges, CRC, 2e édition revue et corrigée de décembre 1993, 455 p., chapitre XI, p. 248.)

 

On peut raisonnablement penser que c’est à cause du refus obstiné du pape Pie XI de faire, entre 1930 et 1935, la consécration de la Russie au Cœur Imma­culé de Marie, que Notre-eigneur demanda à Alexandrina de s’offrir en victime pour obtenir la consécration du monde à ce même Cœur Immaculé. Cette consé­cration semble apparaître, dans le plan divin, comme un remède de substitution destiné non à détourner les châtiments, les souffrances et les persécutions annon­cés à sœur Lucie en 1929, mais à les alléger ou à les abréger. Dans cette perspec­tive, l’expression « acte incomplet » de sœur Lucie prend tout son sens.

 

*

 

[2] — Cette lettre à M. Walter Noelker n’est pas une lettre authentique de sœur Lucie, mais un faux !

Le Frère François de Marie des Anges nous apprend que, en 1989 et 1990, cinq lettres, prétendument de sœur Lucie, ont été diffusées par les autorités reli­gieuses de Fatima, dans le cadre d’une véritable campagne d’intoxication et de désinformation (dont l’origine semble être certains personnages très haut-placés du Vatican et de l’évêché de Leiria-Fatima) destinée à faire croire à l’opinion pu­blique que la consécration du 25 mars 1984 répondait en tous points à la consé­cration demandée par Notre-Dame.

Or, certaines de ces lettres contiennent de grossières erreurs historiques : en particulier, les deux lettres à Maria de Belem (datée du 29 août 1989) et à Walter Noelker (datée du 8 novembre 1989) parlent d’une consécration faite le 13 mai 1967 par le Pape Paul VI lors de sa venue à Fatima. Mais Paul VI ne fit aucune consécration ce jour-là, sœur Lucie le sait très bien puisqu’elle était présente ! Et l’hypothèse d’un mensonge délibéré de la part de sœur Lucie est totalement à exclure, tant il répugne à la raison et tant il contredit toute la vie de Lucie à la­quelle sa mère avait inculqué, dès son plus jeune âge, l’horreur du plus petit mensonge et qui, de fait, n’a jamais menti, préférant souffrir la prison et les me­naces de mort, avec ses petits cousins, plutôt que de mentir en disant qu’elle n’avait pas vu la sainte Vierge (voir ses Mémoires, notamment les pages 69, 70, 74, 76, 80-81 de la 2e édition en langue française, de mai 1991, réimprimée en août 1997; « Deuxième mémoire »).

Il ne reste donc que l’hypothèse de lettres apocryphes, et la critique interne des cinq documents la confirme pleinement : ces lettres ne contiennent pas le moindre élan de dévotion pour le Cœur Immaculé de Marie ; elles développent des thèmes rhétoriques étrangers à sœur Lucie (par exemple, un terme caractéris­tique du progressisme et du concile Vatican II, celui de « peuple de Dieu », re­vient jusqu’à sept fois dans la lettre à M. Noelker, en trente-cinq lignes environ) ; enfin, elles sont rédigées dans un esprit absolument contraire au cœur et à l’âme si simples et si dévots de sœur Lucie. (Sur la raison pour laquelle sœur Lucie n’a jamais démenti publiquement ces lettres, voir en page 86 et la note nº 11. D’ail­leurs, sœur Lucie connaît-elle l’existence de ces lettres ? C’est improbable.)

 

Le fait suivant vient aussi prouver qu’à partir de 1989, il y a eu désinformation et manœuvre à propos de la consécration de 1984 : dans les premières éditions officielles des Mémoires de sœur Lucie, la note nº 11 du 3e Mémoire affirmait ceci :

 

« Les conditions pour la consécration de la Russie et en conséquence pour sa conversion, telles que Notre-Dame les a demandées, ont-elles été satisfaites ? Lu­cie a manifesté l’opinion contraire. Ainsi, nous continuons à souffrir les consé­quences du communisme athée qui, dans la main de Dieu, est un châtiment pour punir le monde de ses péchés. »

 

Or, cette note se trouve encore écrite dans la deuxième édition des Mémoires en langue italienne, publiée en mai 1988, soit plus de 4 ans après la consécration de 1984 ! Ce qui montre clairement qu’en 1988, il n’y avait encore aucune lettre ou parole de sœur Lucie que l’on pût utiliser pour changer cette note et affirmer que la consécration de 1984 était la bonne ! Et, de plus, il est évident que sœur Lucie n’aurait pas attendu 4 ou 5 ans pour faire savoir aux autorités de l’Église que la consécration était déjà faite ! |

Malgré cela, cette note disparaît brusquement, dans la sixième édition des Mémoires en langue portugaise, publiée en mars 1990, pour être remplacée par la note suivante, qui la contredit :

 

« Sœur Lucie affirme que la consécration faite par Jean-Paul II en union avec les éveques, le 25 Mars 1984, correspondait à la demande de Notre-Dame et a été reçue par le Ciel. Elle précise qu’une union numérique de tous les évêques n’était pas exigée, une union morale étant suffisante. Les surprenants changements qui ont com­mencé à se constater dans les pays de l’Est en 1989, seront-ils déjà les premières réponses du Ciel quant à la promesse de 1917 : “Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira et il sera concédé au monde un certain temps de paix” ? »

 

Que s’est-il donc passé entre mai 1988 et mars 1990 ? M. l’abbé Caillon nous donne la réponse : en 1988, « une consigne arriva de Rome, obligeant tout un chacun à dire et à penser : “La consécration est faite. Le pape ayant fait tout ce qu’il pouvait, le Ciel a daigné agréer son geste”. »

Un historien de l’Université de Coimbra, dans une lettre du 16 janvier 1991, questionna le père Kondor pour savoir à qui Sœur Lucie avait déclaré oralement que la consécration de la Russie avait été faite ; et il reçut cette réponse datée du 26 janvier 1991 :

 

« Le bruit court [sic] que la personne qui a affirmé pour la première fois et pu­bliquement qu’elle avait entendu Sœur Lucie dire que la consécration a été accep­tée est une de ses cousines, Maria do Fetal. Elle est institutrice et demeure à la Casa Velha, à Fatima ; comme parente de Sœur Lucie, elle a la permission de lui rendre visite. »

 

Or, cette Maria do Fetal affirma jusqu’en juin 1989 que Sœur Lucie disait que la consécration n’était pas faite, avant de présenter soudain, en janvier 1990, un nouveau discours tout à fait au goût des autorités religieuses de Fatima, les­quelles s’étaient faites, depuis 1988, les porte-étendards de la manoeuvre visant à neutraliser, dans la mesure du possible, la réalisation du triomphe de l’Église par le Coeur Immaculé de Marie !

Il faut encore remarquer que le père Kondor présentait, dans sa lettre, le « témoignage » de cette personne comme étant à l’origine d’« un bruit qui court », et que, par cette nouvelle note, il avait transformé ce simple « bruit » en l’affirma­tion d’un « fait incontestable », reproduit comme tel par tous les mass-media cu­rieusement intéressés à diffuser certaines dérives de l’Église conciliaire.

(Voir Fatima, joie intime…, ibid., chap. XVI, p. 374 à 378)

 

*

 

[3] — Madame Pacelli ne semble pas s’apercevoir qu’en affirmant que la consécration de la Russie a déjà été faite trois fois, elle se ridiculise aux yeux des lecteurs avertis en reconnaissant sans le vouloir que la consécration en bonne et due forme n’a jamais été faite : en effet, Notre-Dame a demandé la consécration de la Russie, faite une fois pour toutes, consécration à laquelle elle a attaché deux immenses grâces bien précises. Notre-Dame n’a jamais parlé de la nécessité de plusieurs consécrations successives de la Russie… L’article de Mme Pacelli entre, en fait, dans le cadre de la campagne d’intoxication commencée en 1988 (voir note précédente), et comme il est publié dans l’édition portugaise de l’Osservatore Romano, il confirme que l’origine de cette campagne provient de Rome même.

 

*

 

[4] — Référence de ces deux textes : Fatima, joie intime…, ibid., Chap. IX, p. 199.

 

*

 

[5] — Sœur Lucie a toujours affirmé que Notre-Dame de Fatima n’avait jamais demandé une consécration du monde, mais seulement la « consécration de la Russie ». Le père Humberto Maria Pasquale S.D.B., qui a écrit plusieurs livres sur Alexandra da Costa (voir note nº 1), a voulu avoir la confirmation écrite de ce point important, de la main même de sœur Lucie. Il lui écrivit donc une lettre en formulant la question suivante : « Notre-Dame vous a-t-elle jamais parlé de consécration du monde à son Cœur Immaculé ? » Sœur Lucie répondit à cette question, dans une lettre en date du 13 avril 1980 :

 

« Révérend père Humberto, répondant à votre question, je clarifie les choses : Notre‑Dame, à Fatima, dans sa demande, s’est seulement référée à la consécration de la Russie. Dans la lettre que j’ai écrite au Saint‑Père Pie XII, – par indication de mon confesseur – j’ai demandé la consécration du monde avec mention explicite de la Russie. »

 

A la lecture de ces lignes, il apparaît donc très clairement que la demande de consécration du monde, même avec mention explicite de la Russie, n’appartient pas au message de Fatima. Si sœur Lucie a présenté une telle demande au pape Pie XII dans une lettre du 2 décembre 1940, ce n’était pas en temps que messa­gère de Notre‑Dame, mais sur la suggestion de l’évêque de Gurza, son confes­seur, qui savait que des demandes ainsi formulées avaient déjà été présentées à Rome, et avaient plus de chances d’être exaucées que la demande de consécra­tion de la seule Russie. (Voir Fatima, joie intime…, ibid., chap. XI, p. 230 à 240, et Annexe du chap. XVI, p. 392).

 

*

 

[6] — Certains prêtres formulent quelquefois l’objection suivante, contre l’union de tous les évêques au pape dans l’acte de consécration de la Russie :

 

« On peut comprendre que le bon Dieu demande au pape de consacrer la Rus­sie au Cœur Immaculé de Marie, puisque le pape a juridiction sur toute la terre. Mais les évêques diocésains n’ont pas juridiction sur la Russie, et n’ont donc pas autorité pour consacrer ce pays. »

 

C’est oublier l’une des dimensions essentielles du Message de Fatima : celle de la réparation. Notre-Dame est venue demander « un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie ». S’il est vrai que les évêques n’ont pas juridiction sur la Russie, ils ont bel et bien en revanche le pouvoir de faire répara­tion au Cœur Immaculé de Marie pour leurs propres péchés et ceux de tous leurs diocésains, en organisant des cérémonies propitiatoires dans leurs diocèses res­pectifs. Cette réparation concerne bien sûr toutes les sortes de péchés, mais si l’on considère l’ensemble des paroles de Notre‑Dame à Fatima, elle semble s’ap­pliquer plus particulièrement à deux genres de péchés :

 

Les « cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Imma­culé de Marie » tels que Notre-Seigneur les a énumérés à sœur Lucie le 29 mai 1930, à Tuy :

 

« 1. — Les blasphèmes dirigés contre l’Immaculée Conception ;

« 2. — Les blasphèmes contre la Virginité de Marie ;

« 3. — Les blasphèmes contre la Maternité divine de Notre-Dame,en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes ;

« 4. — Les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le coeur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée ;

« 5.— Les offenses de ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images. »

 

Il est évident que ces offenses et blasphèmes ont pour effets de corrompre l’intégrité de la foi et les bonnes mœurs des peuples chrétiens. (Voir Fatima, joie intime..., ibid., chap. VI, p. 159.)

 

Les péchés d’apostasie, et en particulier ceux des âmes qui abandonnent la vraie foi pour embrasser plus ou moins ouvertement les doctrines erronées du communisme athée et matérialiste ou de ses succédanés (le « libéralisme » si vanté de nos jours n’est qu’une forme édulcorée du communisme, comme le grand pape Léon XIII l’a parfaitement montré dans sa magnifique Encyclique Libertas Praestantissimum, du 20 juin 1888).

Ces deux genres de péchés, contre les bonnes mœurs chrétiennes et contre la vraie foi, sont sans aucun doute les péchés à la fois les plus graves et les plus ré­pandus de notre époque. C’est pourquoi le bon Dieu veut, avant la consécration proprement dite de la Russie, une purification des âmes par le moyen de la dévo­tion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie. C’est certainement pour permettre la purification la plus ample et la plus générale possible, sur tout l’orbe de la terre, que l’union de tous les évêques au pape est demandée.

Et c’est sans doute pour permettre que cette purification des âmes soit efficace et à l’origine d’une vraie rénovation spirituelle, profonde et durable, du monde, que Notre-Dame demande la consécration spécifique de la Russie, c’est-à-dire du pays qui, de 1917 à nos jours, fut le principal foyer d’agitation, de subversion, de révolutions et de guerres du monde entier. Notre‑Dame attache deux grâces à cette consécration :

 

— Grâce de la conversion de la Russie : il faut voir une double conversion dans cette promesse : 1) conversion religieuse, du schisme orthodoxe à la vraie foi catholique ; 2) conséquence logique de cette première conversion, conversion politique et sociale, avec passage d’un régime matérialiste, athée et égalitaire, à un régime politique et social conforme à la doctrine de l’Église.

 

— Le grand foyer de subversion et d’agitation du monde ayant disparu grâce à la conversion de la Russie, « il sera donné au monde un certain temps de paix ».

 

Quelles magnifiques sagesse et ordonnance de tout ce plan divin, qui laisse cependant tout dépendre de la décision d’un seul homme : le Saint-Père ! Cela doit nous encourager et prier toujours davantage pour obtenir du pape cette consécration qui se fera malgré tous les obstacles, comme Notre-Seigneur l’a promis à sœur Lucie lors d’une communication intime à Rianjo (Espagne), le 29 août 1931 : « (…) Ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. ».

D’autre part, l’un des aspects les plus graves de l’actuelle crise de l’Église étant une éclipse de l’autorité sans précédent dans l’histoire ecclésiastique, il est certain que la consécration de la Russie, une fois effectuée, facilitera grandement le réta­blissement de l’autorité traditionnelle dans l’Église, parce qu’elle aura mis en lu­mière le caractère à la fois monarchique (la papauté) et hiérachique (l’épiscopat) de la divine constitution de l’Église.

 

*

 

[7] — Texte complet de cette consécration de 1952 : Fatima, joie intime…, ibid., Chap. XII, p. 260.

 

*

 

[8] — Voir Fatima, joie intime…, ibid., Chap. XIII, p. 280.

 

*

 

[9] — Voir Fatima, joie intime…, ibid., Chap. XVI, p. 358.

 

*

 

[10] — Voir Fatima, joie intime…, ibid., Chap. XVI, p. 360. Les propos de sœur Lucie à Maria do Fetal et à Madame Pestana ont été recueillis directement auprès de ces deux dames par M. l’abbé Caillon.

 

*

 

[11] — Il faut bien avouer que des hommes d’Église sans scrupules ont profité de ce sens aigu de l’obéissance religieuse de sœur Lucie, ainsi que de sa situation de carmélite cloîtrée, pour diffuser de fausses lettres d’elle, sachant très bien qu’ils ne risquaient aucun démenti public. (Voir note nº 2).

 

*

 

[12] — Texte complet de cet acte d’offrande et de consécration du 25 mars 1984 : voir Fatima, joie intime…, ibid. – Chap. XVI – p. 362-363.

 

*

 

[13] — Voir Fatima, joie intime…, ibid., Chap. XVI, p. 363-364.

 

*

 

[14] — Les paroles de sœur Lucie à Madame Pestana ont été transmises par cette dame en personne à M. l’abbé Caillon, dès le 23 mars 1984, au cours d’une conversation téléphonique. Voir Fatima, joie intime…, ibid., p. 361.

Madame Pestana continua toujours, par la suite, à affirmer la même chose. Ainsi, le 12 septembre 1986, elle déclara à l’abbé Caillon, venu lui rendre visite chez elle à Porto : « Si vous le voulez, je puis vous le jurer, la main sur l’Évan­gile : la consécration de la Russie n’est pas faite. » Voir Fatima, joie intime…, p. 372-373. La réaction de sœur Lucie au Carmel de Coimbra est relatée en p. 383.

 

*

 

[15] — Le thème de cette conférence de M. Perez de Cuellar était : « Vivre avec des conflits ? Le rôle des Nations Unies. » Tous les chiffres cités par M. Perez de Cuellar ont été publiés par le quotidien français Le Courrier de l’Ouest du mardi 26 avril 1988, dans les pages des nouvelles internationales, rubrique : « En bref ».

 

*

 

[16] — Entrevue du frère Hector Muñoz O.P., par M. Humberto J. Macchi, pu­bliée dans l’hedomadaire argentin Cristo Hoy, numéro du 30 septembre 1999, p. l8. Dans cette entrevue, le frère Muñoz parle aussi de la loi de 1997 sur la li­berté religieuse et confirme en tous points ce que nous disons nous-mêmes sur cette loi.

Mme Irina Ilovaïsky Giorgi-Alberti, éditrice de La Pensée russe, confirme les propos du frère Muñoz dans le texte, malheureusement imprégné de faux œcu­ménisme, de son intervention au dernier Synode des évêques pour l’Europe de l’automne 1999. Elle déclare notamment : En Russie, « le nombre de personnes qui ont rencontré le Christ est encore très réduit : le désert de l’athéïsme imposé durant 70 ans disparaît lentement. Qui est ce Dieu dont vous nous parlez ? C’est une in­terrogation qui nous est souvent adressée. (...) L’évangélisation de la Russie re­présente une entreprise d’une difficulté qui dépasse l’imaginable. Il suffit d’obser­ver le fait que le nombre de croyants qui pratiquent la foi, toutes confessions chré­tiennes comprises, correspond à environ 2%-3% de la population. » (Voir L’Osser­vatore Romano, édition hebdomadaire en langue portugaise, nº 44 du 30 octobre 1999, p. 9-10.)

Les chiffres suivants sur l’avortement donnent d’ailleurs une idée de l’ampleur du vide spirituel et moral laissé par 70 ans de communisme :

— 3,5 millions d’avortements en Russie en l991 et autant en 1992, soit deux avortements pour une naissance (Iota Unum nº 239 du 26 mars 1994 et nº 295 du 27 mai 1995).

— 15 millions d’avortements sont pratiqués chaque année dans 1’ensemble des anciens pays de l’Est (chiffre donné par Jo Asvall, directeur de l’Organisation mondiale de la santé, à la conférence sur la santé de la femme tenue à Vienne en février 1994 – Iota Unum nº 238 du 19 mars 1994).

— « Le nombre moyen des avortements par femme en Europe, si l’on en croit les chiffres de la revue de planification familiale Entre nous, est de 6 en Rouma­nie ; 3,7 dans 1’ex-URSS ; 2,2 en Pologne ; 0,40 en France » (Iota Unum, nº 279 du 4 février 1995).

 

*

 

[17] — Sur cette loi, voir :

— la revue de M. Marc Dem, Iota Unum, nº 305 du 2 septembre 1995 ; article de Bénédicte Dem intitulé  : « Œcuménisme à la russe » ;

— la revue française Monde et Vie, nº 620 du 21 août 1997, en page 6 et 7 : article très intéressant de M. Pierre de Villemarest intitulé : « Les manœuvres d’Alexis II : le patriarche orthodoxe de Moscou veut marginaliser l’Église catho­lique en Russie. » Cet article nous apprend que cette loi voulue par le Patriarche de Moscou fut votée par 440 députés sur 450, et que, quand le Président Bo­ris Eltsine s’en est pris à cette loi, sous la pression du Sénat américain qui, pour défendre les églises protestantes, menaçait de couper toute aide financière à la Russie, il fut soutenu par 8 députés russes seulement ! Ces chiffres montrent à l’évidence que la Russie n’est pas du tout en train de se convertir à la foi catho­lique, mais au contraire fait bloc derrière sa hiérarchie orthodoxe !

— Les pages d’« informations » de la revue Marchons droit !, nº 80 (octobre-décembre 1997), p. 39-40 ; nº 81 (janvier-mars 1998), p. 45-46 ; et surtout les pages d’informations fournies en supplément du nº 82, numéro spécial sur l’édu­cation chrétienne.

Les mots « loi d’interdiction de tout apostolat catholique en Russie » ne sont pas exagérés et reflètent l’exacte et triste réalité de ce qui se passe actuellement en Russie ; ainsi la revue portugaise Christus de mai 1999, en p. 64, nous ap­prend que, le 1er avril 1999, le Ministère de la Justice de la Fédération de Russie a rejeté l’inscription de la branche russe de la Province jésuite d’Europe orientale, en vertu de la loi de 1997 « sur la liberté de conscience et les associations reli­gieuses » :

 

« Il y a trois raisons invoquées. En premier lieu, la branche russe de la Province jésuite d’Europe orientale a été fondée par une organisation étrangère, et la loi in­terdit aux organisations étrangères de fonder des entités ou associations reli­gieuses en Russie. En second lieu, les autorités russes allèguent que, dans ses sta­tuts, la Compagnie de Jésus se définit comme une organisation religieuse centrale, définition impropre pour la Russie, où la loi reconnaît seulement comme centrales les organisations qui ont au moins trois entités ou associations affiliées. Enfin, la dénomination « Compagnie de Jésus » ne spécifie pas le caractère de l’institution, du point de vue juridique et organisationnel, ni le groupe religieux auquel elle appartient, violant ainsi le code civil et le décret sur les cultes. »

 

Et la même revue Christus de juin 1999, en p. 19, écrit ces lignes, sous le titre « Religieux non reconnus » :

 

« Le refus du Ministère de la Justice russe d’enregistrer la Compagnie de Jésus a provoqué une profonde préoccupation dans les communautés religieuses du monde entier. Il est possible que les autorités russes empêchent l’enregistrement de tous les Ordres et Congrégations de religieux catholiques. Selon le service d’information des communautés religieuses « VID », les Franciscains et les Salésiens de Russie se sont vus dans l’obligation de trouver un artifice pour pouvoir travailler. Ainsi, ils ont choisi de ne pas s’inscrire comme Ordres indépendants, et ont pris d’autres moyens pour surmonter les milliers d’obstacles qu’impose la loi, comme, par exemple, celui de prouver une présence dans le pays depuis au moins 50 ans, ou celui de justifier l’existence de trois communautés différentes, avec au moins dix membres russes dans chacune d’elle. (…) »

 

*

 

[18] — Le voyage du pape en Roumanie, en mai 1999, présenté comme « une grande première qui marquera l’histoire » par les grands media, parce que c’est la première fois qu’un pape se rendait dans un pays à forte majorité orthodoxe, est en fait absolument catastrophique, si nous le jugeons d’un point de vue vraiment catholique, pour deux raisons principales :

 

1. — Le pape, en venant lui-même à la rencontre du patriarche orthodoxe roumain Teoctist, a réhabilité un personnage plus que douteux, assez largement discrédité dans son pays et fortement contesté au sein même de sa propre Église. En effet, le patriarche Teoctist fut un actif collaborateur du dictateur communiste Nicolae Ceaucescu, et il ne manquait jamais une occasion d’envoyer au tyran des messages à sa louange et à sa gloire personnelles ; ainsi, dans un message du 23 août 1989, adressé à Ceaucescu à l’occasion du 45e anniversaire de l’établis­sement du régime communiste, le patriarche exprimait « l’attachement et la grati­tude de l’Église roumaine pour l’œuvre historique grandiose du Président ». (Voir article du journal français Le Monde du 19 janvier 1990).

Lors de la révolution roumaine de décembre 1989, qui provoqua la chute du clan Ceaucescu, le discrédit de ce patriarche était tel qu’il fut obligé de démis­sionner au début de janvier 1990,… avant d’être « réintégré dans ses fonctions » le 4 avril suivant, sous la pression du ministre néo-communiste des cultes, Nicolae Stoicescu ! (Voir Le Monde, art. cit. et autre article du 7 avril 1990).

 

2. — Le pape, en venant en Roumanie principalement pour faire des ren­contres œcuméniques avec la hiérarchie orthodoxe roumaine, a méprisé la fidé­lité, jusqu’au martyre, de l’Église gréco-catholique (Église catholique de rite orien­tal), encore appelée Église « uniate », présente dans la plupart des pays de l’Est européen (principalement en Ukraine et en Roumanie, mais aussi en Slovaquie, Pologne, Bosnie, Hongrie…), sur laquelle Rome a toujours, jusqu’au concile Vati­can II, fondé ses espoirs de retour à l’unité catholique des orthodoxes. Ainsi, en utilisant l’argument de la venue du pape à Bucarest, le Vatican a renoncé à l’exi­gence, qu’il maintenait encore au début de 1999, de restitution intégrale de ses biens à l’Église gréco-catholique roumaine. (Ces biens avaient été brutalement confisqués par l’État communiste le 1er décembre 1948, et la quasi-totalité avait été livrée par l’État à ses alliés de l’Église orthodoxe.) De plus, le Vatican a cédé aux injonctions de la hiérarchie orthodoxe qui exigeait que le pape ne se rende pas dans l’ouest du pays, en Transylvanie où est concentrée la grande majorité des catholiques, tant de rite latin que de rite oriental, du pays.

Il est vrai que, depuis le concile Vatican II, l’uniatisme est considéré comme une « méthode d’union du passé », comme le titrait sans vergogne la Documenta­tion Catholique nº 2077 du 1er août 1993, en p. 711, en présentant la « Déclaration de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe », plus connue sous le nom d’« Accords de Bala­mand ».

Que reste-t-il donc de l’ancienne aspiration apostolique du pape Urbain VIII (1623-1644), reprise à son compte par le pape Benoît XV dans une lettre du 24 février 1921, adressée à l’archevêque de Lviv des Ukrainiens, Mgr André Szeptycki ?

 

« … Nous avons la ferme confiance que, par l’intermédiaire des Ruthènes [les gréco-catholiques ukrainiens], toujours attachés à la Chaire romaine, mais aujourd’hui plus encore fortifiés dans la foi par les récentes calamités, pourra se traduire rapidement en acte le vœu plein de piété de Notre illustre prédécesseur, Urbain VIII, vœu exprimé par ces paroles mémorables : “Per vos, mei Rutheni, Orientem convertendum spero” [Par votre entremise, mes chers Ruthènes, j’ai l’espoir que l’Orient se convertira] » (Acta Apostolicae Sedis ; 1921, p. 218-220. Texte officiel italien).

 

 

 

 

 

 

 

 


Informations

L'auteur

Membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), l'abbé Fabrice Delestre a exercé son ministère en France et au Portugal, notamment à Fatima.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 32

p. 44-62

Les thèmes
trouver des articles connexes

Apparitions mariales

La Vierge Marie : Dévotions envers la Mère de Dieu

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page