Fatima,
sœur Lucie témoigne ?
Dans la ligne de la campagne visant à faire croire que la consécration de la Russie a été faite en 1984 [1], est récemment parue la version française d’un petit livre publié au Portugal en 1998, de Carlos Evaristo : Fatima, Sœur Lucia témoigne, Le message authentique [2]. Ce livre rapporte le contenu de deux entretiens avec sœur Lucie, en octobre 1992 et octobre 1993, en présence, la première fois, d’un cardinal indien et, la seconde fois, d’un cardinal philippin. Le texte, présenté comme s’il s’agissait d’une transcription exacte des paroles échangées, fait dire à plusieurs reprises à la voyante que la consécration demandée par Notre-Dame a été accomplie en 1984 par Jean-Paul II. Certains lecteurs, troublés par cette publication qui se donne toutes les apparences d’un document fiable, nous ont demandé ce qu’il fallait en penser.
En attendant de présenter une recension détaillée de cet ouvrage, nous reproduisons ci-dessous la lettre écrite par le père Pacheco suite à la publication en anglais du premier entretien d’octobre 1992. Le père Pacheco était l’interprète officiel de cette première rencontre que Carlos Evaristo prétend rapporter fidèlement : il est donc un témoin qualifié. A notre connaissance, son témoignage accablant n’a jamais été réfuté. Il montre que Carlos Evaristo, qui n’hésite pas à s’attribuer une part contrefaite dans ces entretiens, n’est pas digne de foi et qu’on ne saurait recevoir ses attestations sans la plus grande réserve.
Cette lettre a été publiée pour la première fois par le père Gruner dans The Fatima Crusader 46 (hiver 1994), p. 15. Tout ce qui suit est tiré de cette revue et traduit par nos soins.
Le Sel de la terre.
*
De gauche à droite : le père Pacheco, le cardinal Padiyara, sœur Lucie, Mgr Michaelappa (décédé) et la Mère supérieure, en octobre 1992, lors de l’interview publiquement déformée (publicly distorted).
Lisez ce que le père Pacheco, l’interprète officiel, revèle de cet actuel canular publicitaire scandaleusement utilisé par des opportunistes pour discréditer sœur Lucie et Notre-Dame de Fatima.
Diocèse de P. Dos Indoios-Al
Padre Francisco Veras Pacheco
O.C.C. Postal,
60.033-790-FORT-CE-BRASIL
Moi, père Francisco Pacheco, j’ai été invité à rencontrer sœur Lucie de Fatima le dimanche 11 octobre 1992. Comme le portugais est ma langue natale et que je parle aussi italien et anglais, je fus invité à être l’interprète officiel de son Éminence le cardinal Padiyara et de son ami feu Mgr Francis Michaelappa. Nous fûmes conduits au carmel de Coïmbra par notre chauffeur Carlos Evaristo.
Comme j’étais l’interprète officiel de cette rencontre qui dura environ deux heures, j’affirme catégoriquement (I categorically do affirm) que la brochure intitulée Deux Heures avec sœur Lucie publiée par Carlos Evaristo contient des mensonges et des demi-vérités et qu’elle ne doit pas être crue (contains lies and half-truths and is not to be believed). Quand on m’a montré un exemplaire pour la première fois en janvier 1993, j’ai contacté immédiatement Carlos Evaristo et je lui ai dit personnellement de ne pas publier cette brochure à cause des mensonges flagrants qu’il avait mis dedans (the gross lies that he had put in it).
En octobre 1993, j’ai rencontré encore le cardinal Padiyara pendant plusieurs heures réparties sur quelques jours. A cette occasion le cardinal Padiyara m’a confirmé de manière absolue (absolutely confirmed to me) que la lettre publiée par Carlos Evaristo au début de sa brochure confirme seulement que nous avons bien rencontré sœur Lucie. Cette lettre du cardinal, datée de décembre 1992, avait été envoyée en réponse à Carlos Evaristo qui prétendait que certaine(s) personne(s) avai(en)t dit que nous n’étions jamais allés à Coïmbra. La lettre du cardinal avait seulement pour but d’exprimer que le cardinal, moi-même, Mgr Michaelappa et notre chauffeur (Carlos Evaristo) avions réellement rencontré sœur Lucie.
Le cardinal a confirmé encore en octobre 1993 que sa lettre ne souscrit absolument pas au contenu de l’interview tel que le rapporte Carlos Evaristo. Cela apparaît clairement par le simple fait que le cardinal Padiyara ne parle pas portugais, tout ceux qui le connaissent le savent bien. D’ailleurs si le cardinal parlait portugais, pourquoi aurait-il eu besoin d’un interprète ? J’espère que ceci mettra un terme à la confusion causée par Carlos Evaristo et sa trop fameuse brochure (notorious [3] booklet).
Father Francisco Veras Pacheco
k
k k
[1] — Voir Le Sel de la terre 32, p. 44-62 et notamment la note 2, p. 55.
[2] — Édition Chalet, groupe Fleurus-Mame, Paris, novembre 1999.
[3] — Notorious a souvent un sens péjoratif en anglais.

