Brèves informations
Nous signalons ici quelques brèves informations qui peuvent intéresser nos lecteurs.
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Nouvelles
Ce 25 mars, à l’Institut Universitaire Saint-Pie X, a eu lieu un colloque pour la promotion et la renaissance des étude latines, organisée par l’Association Catholique des Professeurs de Lettres (ACPL [1]).
Le colloque avait été préparé par M. Bruno de la Mettrie qui exposa, au début, « l’état des lieux de nos difficultés » : le désintéressement général pour les lettres classiques, car c’est un investissement à long terme ; les classes de latin difficiles à maintenir dans les lycées, car, dit-on, c’est un lourd travail ; enfin les méthodes plus ou moins imposées du « latin-devinette », c’est-à-dire où l’on cherche, à l’aide du texte latin et d’une traduction, à retrouver quels mots se correspondent entre les deux langues.
Les conférenciers insistèrent sur la nécessité de (re)venir à la méthode directe d’apprentissage du latin, c’est-à-dire en l’étudiant comme une langue vivante. M. Christopher Brown, Professeur d’Université à Washington (USA), rappela brillamment que cette méthode avait été celle utilisée pendant quinze siècles. La Renaissance, toujours elle, voulant « purifier » et simplifier le latin, renversa l’ordre de l’enseignement et imposa de lire d’abord, puis de faire des thèmes, et enfin de parler latin. Le résultat est qu’aujourd’hui plus personne ne sait parler le latin, même les professeurs de latin !
M. Gérard Bedel eut beau jeu, dans son exposé, de montrer l’échec de la méthode dite « traditionnelle » (datant, en fait, de la Renaissance) qui a transformé le latin en une langue morte. Il proposa qu’au lieu de traduire, on écrive directement en latin.
M. Dominique Viain, président et fondateur de l’ACPL, développa le sujet : « Parler latin ? », en répondant par l’affirmative.
On doit regretter toutefois le petit nombre de participants à ce colloque. Aussi signalons-nous dès maintenant le deuxième colloque sur le latin organisé par l’ACPL, le 7 octobre prochain. Il faut que ce soit un « Lépante » pour tous les défenseurs et les amoureux du latin !
Nous exprimons un souhait : que plusieurs conférenciers donnent leurs exposés dans la langue de l’Église !
Signalons qu’en Allemagne, à Koblenz (prieuré Mariä Heinsuchung), a eu lieu une rencontre nationale d’étudiants, les 6 et 7 mai derniers, sur le thème du langage. La langue de l’Église était à l’honneur, avec messes et offices en latin, et grâce à l’organisateur du congrès, le Dr Heinz-Lothar Barth, professeur à l’Université de Bonn, qui donna une conférence sur « Le latin, langue universelle de l’Église catholique ».
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La Somme théologique
en vietnamien
Saluons ici l’effort entrepris par un père dominicain pour traduire en vietnamien la Somme théologique directement à partir du latin. C’est la première édition de cette sorte, les traductions précédentes ayant été faites à partir du français ou d’une autre langue moderne. Le texte latin est sur la page de gauche, le texte vietnamien en vis-à-vis.
Trois fascicules ont déjà été publiés : I, q. 1-13, II-II, q. 47-56 et I, q. 14-26.
Cette édition se fait très discrètement, à l’insu du gouvernement. L’évêque accorde sa bénédiction, mais non son support financier. L’impression d’un fascicule (500 exemplaires) coûte 900 $ US.
Nous écrire pour plus de renseignements, ou si vous voulez aider ce courageux prêtre.
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Une déception des ralliés
Selon une source bien informée, la communauté de l’Opus Mariæ [2] a voulu acquérir la prestigieuse abbaye de Saint-Maur, située entre Saumur et Angers, sur le bord de la Loire, mais l’évêque d’Angers y a mis son veto.
Cette abbaye a été fondée par saint Maur, disciple de saint Benoît, et elle est donc la première abbaye bénédictine construite en France. Après bien des vicissitudes, elle a été acquise aux pères Assomptionistes, il y a quelques années, par le Conseil Général de Maine-et-Loire.
Ce dernier désire revendre cette immense bâtisse dont il ne sait quoi faire.
Le Père Abbé Wladimir, supérieur de la communauté de chanoines réguliers de saint Augustin « l’Opus Mariæ » actuellement sise à Gap [3], s’est porté acquéreur auprès du Président du Conseil Général, M. Lardeux.
Mais l’évêque (démissionnaire), Mgr Jean Orchampt, est intervenu auprès de M. Lardeux pour mettre son veto à cette vente, sous pretexte que la communauté du Père Wladimir est « intégriste ».
Etant donné les bonnes relations que la République athée entretient avec l’Église conciliaire, le président du Conseil s’est incliné devant le désir de l’évêque.
Il faut dire que le « pauvre » évêque a souffert de la présence sur son diocèse de plusieurs communautés traditionalistes. C’est sans doute pour cela qu’il a voulu épargner à son successeur (Mgr Bruguès, qui a été sacré le 30 avril), la présence d’une communauté nouvelle, fut-elle ralliée.
Ceci est une preuve supplémentaire, s’il en était nécessaire, de l’impasse du « ralliement » : même au prix d’un silence coupable sur les erreurs conciliaires, les ralliés n’ont pas droit de cité dans l’Église conciliaire.
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Une prophétie sur le jubilé conciliaire
Nous offrons un abonnement gratuit à celui qui trouvera le premier l’auteur de cette prophétie.
Le Sel de la terre.
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« Le clergé actuel est généralement plongé dans l’obscurité de la lettre ; aussi la hiérarchie y est-elle retournée. Les plus ignorants et les plus attachés à la lettre morte sont les chefs ; et ces aveugles conducteurs d’aveugles se jettent avec leurs troupeaux dans la fosse.
« Faut-il pour cela se séparer de leur communion ? Non, certainement, car ils sont les gardiens de la lettre qui est gardienne de l’esprit. Ils sont assis dans la chaire de saint Pierre comme les Pharisiens étaient assis dans la chaire de Moïse. Il faut communier à leur froment, mais se garder du levain qu’ils y mêlent. (…)
« Un jour viendra où un pape inspiré du Saint-Esprit déclarera que toutes les excommunications sont levées, que tous les anathèmes sont rétractés, que tous les chrétiens sont unis à l’Église, que les juifs et les musulmans sont bénis et rappelés par elle. Que tout en conservant l’unité et l’inviolabilité de son dogme, elle permet à tous les cultes de s’en rapprocher par degré en embrassant tous les hommes dans la communion de son amour et de ses prières ; alors il ne pourra plus exister de protestants. Contre quoi protesteraient-ils ? Le souverain pontife sera alors véritablement le roi du monde religieux et il fera ce qu’il voudra de tous les domaines de la terre.
« Il faut en répandant l’esprit de charité universelle préparer l’avènement de ce grand jubilé, car c’est l’esprit des nations qui fait le génie des princes.
« Courage donc, frère et ami, et ne vous laissez pas abattre par les difficultés de cette époque de transition. Nous souffrons, mais nous marchons. »
[1] — Adresse : 18 rue Saint-Jacques, 91410 Dourdan.
[2] — Sur cette communauté, voir Le Sel de la terre 24, p. 206-207.
[3] — Ayant fait sécession d’une communauté traditionaliste, il s’est installé d’abord à Moissac dans un ancien Carmel, à la fin des années 70. Après 1988, profitant de la politique de la main tendue de l’Église conciliaire, il a été acueilli à Gap par Mgr Lagrange que nos lecteurs connaissent (voir nº 23, p. 204). Mais il semble que cette situation ne convienne pas au Père Wladimir, soit du fait de l’inadaptation des locaux, soit à cause de l’impossibilité d’exercer un ministère.

