+ La Création redécouverte
Traduction d’une recension parue dans Daylight, Creation Science for Catholics, nº 29, automne-hiver 1999 (A.L.G. Nevard, 19 Francis Avenue, St. Albans, Herts AL3 6BL, Angleterre).
Le Sel de la terre.
*
Dans la première édition très applaudie de ce livre publié en 1991, Gérard Keane avait amassé un grand nombre de preuves disparates pour soutenir le point de vue selon lequel le concept de création est à la fois scientifiquement et théologiquement supérieur à la théorie de l’évolution. Il a maintenant renouvelé et augmenté le texte qui passe de 300 à 400 pages, ajouté une bibliographie étoffée, et doublé l’index qui compte maintenant 17 pages. La nouvelle édition a bénéficié d’une réorganisation du contenu, d’une profonde révision et de la réécriture complète de plusieurs chapitres.
En plus de l’introduction par le professeur de génétique distingué Maciej Giertych, il y a maintenant une préface du père Peter Fehlner, théologien dogmatique, qui affirme que le livre « est exempt d’erreurs sur la foi et la morale et propose des arguments sur les origines en accord avec les principes de la théologie catholique. »
La structure fondamentale de l’œuvre est inchangée. La première partie traite « la question fondamentale » – le statut philosophique de la science et de l’étude des origines, et les principes des modèles de l’évolution et de la création. Il devient très clair que les deux modèles constituent les deux parties contradictoires d’une alternative, incapables d’être réconciliées. La foi chrétienne, fondée sur la Bible, en l’unité du genre humain provenant de parents créés parfaits, et les réalités historiques de la chute et du déluge universel, ne peuvent être enseignées en même temps qu’un modèle naturaliste évolutionniste. Une très grande importance est donnée à la preuve de l’ordre dans la nature incluant beaucoup d’exemples dans les caractéristiques remarquables du système planétaire, qui excluent abondamment leur origine par le processus d’un big-bang, et la sélection naturelle.
Des découvertes et recherches récentes sont citées dans une section très développée sur la preuve du Déluge, bien que l’auteur évite sagement d’entrer dans une controverse sur le fait que l’arche de Noé ait été vue. L’hypothèse de Joseph Dillow sur une voûte de vapeur et la théorie de Walt Brown sur les plaques marines sont discutées, et il donne des arguments en faveur de la longévité des patriarches bibliques. En ce qui concerne les questions d’exégèse, Keane adopte l’attitude catholique traditionnelle consistant à examiner sérieusement le sens littéral de la Genèse à la lumière de la science moderne, sans être ni trop étroitement fondamentaliste, ni imprudemment libéral, et il admet la nature provisoire de beaucoup de détails du modèle créationniste. Son zèle évident pour la cause ne l’a pas conduit à des arguments immodérés, encore moins à des attaques violentes ou émotives contre ceux qui ont des points de vue opposés, ce qui gâte si souvent la polémique des évolutionnistes.
La deuxième partie recense les découvertes de la science, particulièrement dans les domaines du registre des fossiles, la génétique et l’entropie. Des références détaillées incluent les travaux de Walter ReMine, Michael Behe, Philip Johnson, Paul Davies et Marvin Lubenow, qui fortifient encore plus le combat contre l’évolution. Vingt pages d’illustrations en couleurs, et quatre tables, détaillant des preuves qui réfutent l’évolution et affirment la création, complètent le texte.
Dans la troisième partie, Keane considère le problème de l’évolution théiste et la position catholique sur la doctrine de la création et l’interprétation de l’Écriture. Les références incluent des citations du livre du cardinal Ruffini, La Théorie de l’évolution jugée par la raison et par la Foi, publié pour la première fois en 1941, et l’enseignement du nouveau Catéchisme de l’Église catholique (1992). Il y a aussi une discussion utile du procès de Galilée, une question si souvent mal comprise par les ennemis de l’Église. Cependant, alors qu’il ne disculpe pas Galilée, l’auteur en vient à expliquer pourquoi il n’est pas influencé par ceux qui militent pour un retour à la théorie géocentrique.
Un nouveau chapitre suit la question controversée de l’âge de l’univers, développé à la fois dans les contextes scientifiques et scripturaires, sur les théoriciens de la création progressive (les créationnistes partisans des longues périodes), tels que Hugues Ross. Keane examine un tas de preuves appropriées, discute la valeur des arguments et conclut sobrement qu’étant donné qu’il n’y a pas de preuve incontournable des âges longs (plusieurs millions d’années) et que l’évolution est de toutes façons scientifiquement impossible, aussi bien l’Écriture que la Tradition catholique exigent l’acceptation de la création en six jours littéraux. La charge de la preuve est du côté de ceux qui soutiennent les longues durées : Keane montre que le poids des faits est lourdement contre cette position.
La quatrième partie traite de l’influence de l’évolution sur les systèmes de pensée tels que le nazisme, le communisme, l’humanisme et le modernisme. La plupart des savants catholiques de notre siècle ont adopté les préjugés favorables à l’évolution du XIXe siècle qui doivent maintenant être abandonnés à la lumière des preuves qui la contredisent. Les erreurs et l’influence de Teilhard de Chardin sont bien connues, mais beaucoup de membres du clergé dans son sillage perdent contact avec la doctrine et la Tradition dans la mesure où ils adoptent l’évolution qui est opposée à la création : les exemples cités incluent le père Stanley Jaki, les Dr. Bruce Vawter et A. Hulbosch et le père Bernhard Philberth. Le pape saint Pie X a condamné les erreurs modernistes qu’ils ont adoptées, et pourtant quelques-uns de ces prêtres demeurent non seulement sans censure, mais sont même acclamés comme conseillers du Saint-Père.
Dans la cinquième partie, l’auteur réunit des aspects de certaines philosophies modernes pour illustrer sa thèse selon laquelle la résolution des questions des origines est la seule réponse à l’effondrement de la foi dans l’Eglise, et à la recherche du sens de la vie. Des liens certains sont établis entre l’évolution et la psychologie du comportement, le New Age, Jung, Freud, l’existentialisme et la phénoménologie. Le problème du mal est exploré à partir d’une perspective chrétienne, et les effets négatifs de l’évolutionnisme sur la foi et la pratique catholiques sont illustrés. L’auteur préconise que le pape fasse une encyclique, laquelle serait nécessaire pour renforcer le sain enseignement traditionnel sur la création. Alors que je conviens que ceci est hautement désirable, on pourrait prétendre que le Nouveau Catéchisme l’a fait, mais cela a eu peu d’effet pour améliorer l’enseignement sur la création dans les écoles. Sans une réforme catéchétique radicale à tous les niveaux dans l’Église, visant l’évolution et les erreurs qui en découlent et la suppression des textes et des professeurs modernistes, une simple encyclique pourrait être aussi peu prise en considération que ne l’a été Humanæ Vitæ.
Le livre devrait être lu par tout prêtre, professeur ou parent catholique qui est encore dans l’illusion selon laquelle les faits de la science moderne exigent une révision de la doctrine catholique concernant l’origine du monde et la nature de l’homme. Gerry Keane et l’éditeur (TAN Books) ont fait un excellent travail en mettant à jour et en publiant ce livre superbe et unique à un temps très opportun.
Réveillez-vous les Darwinistes ! Tout ceci n’était qu’un rêve ! Dieu sait comment le monde a commencé et il l’a révélé à l’humanité dans l’Écriture sainte avec la profondeur dont nous avons besoin pour notre salut. « Pour les six jours, suffit le récit biblique [1]. » L’histoire de la création sera toujours appropriée pour la prédication de l’Évangile ; le mythe païen de l’évolution ne l’a jamais été, et ne le sera jamais.
Anthony Nevard
Gerard J. Keane, Creation rediscovered, Evolution and the Importance of the Origins Debate, TAN Books (Rockford, Illinois 61105, USA), 2e éd, 1999, 398 p. (disponible pour £15 auprès de Daylight).
[1] — Il est difficile de rendre la phrase anglaise, calquée sur la phrase évangélique : « A chaque jour suffit sa peine. » (NDLR.)

