+ Sœur Benoîte
et Notre-Dame du Laus
Le livret du pèlerin, intitulé Sœur Benoîte et Notre-Dame du Laus, rédigé par M. l’abbé Delagneau, donne une bonne vue d’ensemble du pèlerinage de Notre-Dame du Laus, fondé par Benoîte, la bergère choisie par Marie comme son instrument. On sait que, fait unique dans l’histoire de l’Église, la vénérable Benoîte a bénéficié pendant plus de cinquante ans d’apparitions de la sainte Vierge qui a choisi ce lieu « pour la conversion des pécheurs ». Appelé le « Lourdes du XVIIe siècle », depuis plus de trois cents ans le Laus voit défiler un flot ininterrompu de pèlerins. Tous viennent chercher auprès de la Vierge et de Benoîte guérisons corporelles et spirituelles.
Le livret, qui est un guide du pèlerin, donne des indications précieuses pour ceux qui veulent visiter les lieux marqués par la présence de la Vierge et de Benoîte, avec la grâce qui s’y attache.
D’abord, la maison natale de la voyante, au village de Saint-Étienne-le-Laus, situé à 6 kilomètres du Laus, de l’autre côté de la vallée. A la suite d’un incendie, la maison a brûlé, laissant miraculeusement intact le voile de première communion de Benoîte, placé dans la maison rebâtie. A côté, l’église du village, où Benoîte a été baptisée et a fait sa première communion.
Derrière le village, au pied de la montagne, à 800 mètres, se trouve le Vallon des Fours (on extrayait là du gypse que l’on faisait cuire dans des fours pour en faire du plâtre), où eurent lieu les premières apparitions de la Mère de Dieu à Benoîte, pendant quatre mois. Là, elle révéla son nom à Benoîte : « Je suis Dame Marie. » Un petit oratoire a été construit sur l’emplacement même de la grotte dans laquelle la Vierge est apparue, et qui s’est effondrée. Au siècle dernier, on a bâti une petite chapelle, appelée Notre-Dame des Fours, où les pèlerins aiment venir se recueillir. Le village garde précieusement et jalousement le souvenir vivant de ce qui s’est passé en ce lieu où se conserve l’atmosphère toute paisible et purifiante des premières apparitions.
Sur la hauteur, de l’autre côté de la vallée, et donc sur le même versant que le Laus, le monument de Pindreau commémore l’apparition de la sainte Vierge en cet endroit. C’est là qu’elle a indiqué à Benoîte le chemin du Laus où elle trouverait une petite chapelle « d’où s’exhaleront de bonnes odeurs, et où elle la verra et lui parlera très souvent ». Une seule apparition, le 29 septembre 1664. Les pèlerins fréquentent beaucoup ce lieu qui est un lieu de grâces.
Enfin, au hameau du Laus, se trouve la basilique, construite sur l’ordre de la Vierge, avec les dimensions qu’elle-même a indiquées. Elle a prédit que « beaucoup de pécheurs et de pécheresses s’y convertiront ». La petite chapelle primitive de Notre-Dame de Bon-Rencontre est enchâssée dans la basilique et en constitue le chœur. C’est dans cette basilique – qui selon la volonté de la Vierge reste sombre pour que les pécheurs puissent pleurer sans honte leurs péchés – que la bonne Mère est apparue très souvent à la bergère, sur l’autel, à droite, du côté de l’épître. Sur la crédence, à proximité, brûle la lampe du Saint-Sacrement dont Marie a dit à Benoîte, dès le commencement de la dévotion, que « ceux qui s’en serviraient avec foi et en priant seraient soulagés ou guéris ». Des quantités de guérisons miraculeuses ont été signalées, survenues à la suite d’une onction faite avec cette huile.
Devant l’autel se trouve le tombeau de Benoîte, « morte en odeur de sainteté en 1718 », comme l’indique la pierre grossièrement taillée. Les pèlerins ont l’habitude de venir s’y agenouiller ; on y demande spécialement la grâce de faire une bonne confession.
La chambre de Benoîte, située en contrebas, à 100 mètres de la basilique, est une relique. La bergère y a vécu pendant plus de quarante-cinq ans. L’ancienne inscription, qui était placée au-dessus de la porte, définit fort bien ce qu’a été la vie de la sainte bergère : « Sœur Benoîte est morte pauvre dans cette pauvre chambre le 28 décembre 1718. Ici, elle a répandu des prières, des larmes et du sang ; ici, elle a été tourmentée par les démons et réjouie par les parfums de la sainte Vierge et des anges. »
La présence de Benoîte y est toujours vivante. Benoîte attire les pèlerins et continue sa mission en les amenant vers Dieu.
A 500 mètres environ, on pourra visiter la chapelle du Précieux Sang, qui contient, dans un reliquaire de cristal et de bronze, la croix de bois sur laquelle Benoîte vit à plusieurs reprises le Christ agonisant qui lui a montré ainsi « ce qu’il avait souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a pour eux ». Depuis, Benoîte a souffert toutes les semaines pendant quinze ans les stigmates. Ces visions du Christ sanglant sur la croix sont au cœur du message du Laus : la rédemption s’accomplit par le sang du Christ.
Enfin, on accède par un beau chemin de croix à « la Roche où niche l’aigle », située sur la montagne au-dessus du hameau du Laus. Là, le démon pour se venger de Benoîte, « qui lui arrachait trop d’âmes », la transporta souvent en pleine nuit, au milieu de la neige, des ronces et des précipices. Souvent, un ange venait la chercher, éclairait la montagne avec un flambeau. Une statue de l’ange tenant en main un flambeau commémore ces faits.
Ce livret laisse deviner les richesses spirituelles de ce haut lieu, embaumé par les grâces que donne la Vierge et par les « bonnes odeurs », signe sensible de la présence de Marie. Il indique que de nombreux miracles et de nombreuses conversions ont été obtenus par l’intercession de la bonne Mère qui y répand ses miséricordes inépuisables.
Il dessine rapidement la physionomie morale et spirituelle de sœur Benoîte. Il note son esprit de prière, de pénitence, son culte du Saint-Sacrement, ses vertus : simplicité, pureté, patience, charité… Il signale son don de discernement des cœurs, charisme qui lui fut accordé dès le début des apparitions pour œuvrer à la conversion des pécheurs, en les aidant notamment à bien se confesser. Nous pouvons ajouter que sœur Benoîte fut essentiellement une grande mystique qui, aidée par Marie, a contemplé longuement le Mystère de Dieu et les mystères du salut. « Elle fut petite devant les hommes, mais grande devant Dieu. »
Puisse ce livret donner à ceux qui le liront, le désir d’aller en ce haut lieu marial. Depuis toujours, « personne ne va au Laus qui n’en reparte content, autrement qu’il n’était venu » [1].
M. l’abbé Delagneau, Sœur Benoîte et Notre-Dame du Laus, N.-D. du Pointet, Brout-Vernet 03110, 25 F.
[1] — Signalons au lecteur que le saint Maurice dont il est question dans le livret, à la p. 11, § 2, est le centurion romain, martyr en Valais.

