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Aspect médical approfondi

de la passion de Jésus

sur la croix

 

 

 

par le Dr Jean-Maurice Clercq

 

 

 

A mesure que s’effectue la reconnaissance de l’authenticité historique et scientifique du linceul de Turin comme étant bien celui de Jésus‑Christ, il a semblé opportun d’actualiser et d’approfondir les connaissances médicales de la passion et de la mort de Jésus à la lumière des derniers apports de la méde­cine légiste et de la traumatologie.

On constate alors une conformité rigoureuse et totale entre les textes évangéliques relatifs à la passion, les observations relevées sur les reliques scientifiquement attribuées à la passion (linceul de Turin et suaire d’Oviedo) et les conclusions de la traumatologie et de la médecine légiste.

 

*

  

 

A LA LUMIÈRE des dernières connaissances médico-légistes, il devient intéressant d’examiner les linges qui nous sont parvenus et qui sont reconnus sur le plan scientifique comme provenant bien de la même passion et ayant été en contact avec le même cadavre, le linceul de Turin et le suaire d’Oviedo, pour essayer de reconstituer la passion sous l’angle médical.

 

• Le suaire d’Oviedo *

 

Cette pièce de lin, mesurant 53 x 83 centimètres, ne porte pas d’image, mais des taches et des traces ensanglantées. Elle est conservée dans la cathédrale d’Oviedo, en Espagne, depuis l’an 812. Elle est présente en Espagne depuis la première moitié du VIIe siècle.

Les analyses scientifiques et médico-légistes effectuées sous l’égide du Centre espagnol de sindonologie, de 1989 à 1994, ont démontré par la coïnci­dence géométrico-anatomique, que ce morceau de tissu avait été posé sur la tête du même cadavre que celui qui avait été contenu dans le linceul : Jésus de Naza­reth. Il avait été posé en enroulement, sur la croix, aussitôt après le coup de lance, et avait été retiré au moment de la mise en linceul.

Il donne des renseignements très précieux, entre autres, sur la pathologie pulmonaire traumatique entraînée par la flagellation.

 

• Le linceul de Turin

 

Le linceul de Turin (communément appelé, à tort, « suaire ») est une toile de lin mesurant environ 4,30 mètres de long sur 1,10 mètre de large.

Ce linge a contenu le corps de Jésus de Nazareth au tombeau. Il porte deux images mystérieuses attribuées au Christ, l’une de face, l’autre de dos, avec tous les stigmates de la passion tels qu’ils sont décrits dans les Évangiles. Ces images sont du type « négatif photographique » à propriété tridimensionnelle dont l’ori­gine demeure toujours inexpliquée.

 

 

— I — 

Les conséquences de la flagellation

 

 

Il y a plus de 50 ans, le docteur Pierre Barbet avait commencé l’étude du linceul sous l’angle médical. Nous ne reviendrons pas ici sur ce qu’il a dit concernant l’enclouement des mains et des pieds. Son étude mérite cepen­dant d’être approfondie pour ce qui est de la flagellation et des phénomènes pathologiques provoqués par la crucifixion. Les dernières connaissances mé­dicales que nous communiquons au lecteur sont dues aux progrès de la mé­decine spécialisée en traumatologie.

 

• Le supplice de la flagellation et ses traumatismes

 

Après avoir été livré entre les mains des soldats romains, Jésus eut à subir le supplice de la flagellation.

Le linceul nous indique que cette flagellation a été effectuée avec une ex­trême violence.

Les mains attachées à l’anneau fixé au sommet d’une colonne et les jambes écartées, le corps de Jésus a été systématiquement lacéré par les deux lanières d’un fouet dont les extrémités étaient lestées de deux boules de plomb.

Ce fouet typiquement romain, le flagrum, fouet à deux lanières et manche court, était destiné à punir les soldats par une flagellation de cinq, dix, voire vingt coups de fouets. Chaque coup porté sur le corps laissait une trace précise en forme de double haltère. Si la force de frappe des lanières étaient nettement moins importante que celle d’un fouet normal parce que leur longueur était plus courte (de l’ordre de 60 cm), ces lests permettaient aux lanières de s’enrouler avec violence autour des membres et les boules de plomb venaient alors terminer leur course en s’incrustant durement dans la chair et les muscles.

Rappelons que cette flagellation a été perpétrée :

— sur un personnage d’une grande sensibilité psychologique et physique,

— sur un corps déjà affaibli par l’agonie morale de la nuit de Gethsémani (donc ayant une résistance moindre à la douleur),

— sur un corps dont la peau était devenue hypersensible, car elle s’était transformée en une fine plaie superficielle par suite de la sueur de sang (hématidrose) de Gethsémani,

— sur un corps affaibli par le jeûne et par les coups reçus lors de l’interro­gatoire musclé devant le grand-prêtre.

La violence de la flagellation, telle que nous pouvons la reconstituer grâce au linceul et au suaire d’Oviedo, nous permet de restituer les pathologies trau­matiques suivantes :

– de violentes douleurs brûlantes et névralgiques à la surface du corps ;

– des contractures des muscles traumatisés ;

– un hydropéricarde ou œdème du péricarde (séreuse qui enve­loppe le cœur) ;

– une pleurésie ou œdème de la plèvre des poumons.

Le cœur et les poumons se trouvaient donc serrés comme dans un étau. Nous sommes en présence d’une insuffisance cardiaque et respiratoire.

 

• Le nombre de coups

 

Le linceul ne permet pas de compter en totalité les coups reçus, car les images latérales du corps ne sont pas imprimées sur le linge, excepté les faces externes des bras et des avant-bras.

On a quand même réussi à dénombrer environ une centaine de coups à partir des traces visibles. On retrouve deux axes de flagellation : y avait-il un ou deux flagellateurs qui opéraient simultanément ? Ou bien se sont-ils relayés ? Toujours est-il que tout indique que la flagellation a été portée avec une violence inouïe qui aurait pu ou dû entraîner un malaise vagal pouvant déboucher sur une syncope mortelle.

Une flagellation violente et importante engendre un état de défaillance car­diaque et respiratoire avec angoisse, épuisement et essoufflement intense. Le rythme cardiaque augmente alors considérablement. Mais, dans certains cas, cet état de détresse peut entraîner immédiatement une syncope vagale d’origine car­diovasculaire due à un ralentissement trop important du rythme cardiaque (qui serait descendu de 70 à 30, voire 20 pulsations à la minute ; ceci se produit lorsque l’œdème cardiaque survient très rapidement, ce qui comprime le cœur et bride son battement) pouvant déboucher sur le risque de mort subite par arrêt cardiaque et respiratoire.

C’est sans doute pour cette raison que, lorsqu’une flagellation était exécutée par les soldats du Temple, le nombre de coups de fouet ne pouvait pas dépasser 40, car, au-delà, on savait qu’elle pouvait entraîner la mort. Aussi, la loi judaïque en limitait-elle le nombre à 39 pour être sûre de ne pas transgresser cette inter­diction [1].

Mais les soldats romains, n’étant pas concernés par cette restriction, n’ont arrêté leur fureur persécutrice que devant la crainte de faire mourir leur victime innocente effondrée sous les coups.

 

• L’insuffisance cardiaque

 

L’insuffisance cardiaque de Jésus est confirmée sur le linceul par l’examen de la plaie du cœur.

La flagellation thoracique subie par Jésus a provoqué une péricardite (inflammation de la membrane qui enveloppe le cœur) qui, après un stade très court d’hyperhémie n’excédant pas quelques heures, amène un épanchement de liquide séreux rapide et abondant (hydropéricarde). Le cœur se trouve alors serré comme dans un étau, ce qui déclenche des irrégularités graves du rythme car­diaque avec une accélération importante du pouls.

Cette péricardite séreuse traumatique réalise ce que l’on appelle en urgence médicale un tableau de « tamponnade » (compression aiguë du cœur liée à un épanchement dans une enveloppe inextensible, le péricarde).

Les signes cliniques généraux en sont :

– une angoisse intense ;

– une prostration ;

– des troubles de la conscience ;

– des convulsions possibles.

Les signes cliniques cardiovasculaires sont :

– des précordialgies (douleurs de la région précordiale) ;

– une tachycardie (accélération du rythme des battements car­diaques) ;

– un collapsus (effondrement rapide des forces rendant le mouve­ment pénible, la parole faible, le pouls dépressible : c’est une sorte d’état intermédiaire entre la syncope et l’adynamie – extrême faiblesse muscu­laire – entraînant une chute de tension artérielle avec sueurs profuses, cyanose, refroidissement des extrémités) ;

– une insuffisance cardiaque droite.

Les signes cliniques respiratoires associés sont :

– une oppression thoracique ;

– une dyspnée intense (difficulté de la respiration) de type poly­pnée (respiration rapide et superficielle).

 

La tamponnade est une urgence médicale.

Si une prise en charge médicale n’est pas réalisée rapidement pour réduire les phénomènes pathologiques (par remplissage vasculaire et par ponction péri­cardique permettant la décompression du cœur), l’insuffisance cardio-circulatoire aiguë peut entraîner un décès.

 

• L’insuffisance respiratoire

 

L’insuffisance respiratoire se trouve être la conséquence directe de l’œdème traumatique de la plèvre qui entoure les poumons. Provoquée par la flagellation, elle se surajoute à la pathologie de l’insuffisance cardiaque et l’aggrave.

La cause de l’insuffisance respiratoire présentée par Jésus est due au dys­fonctionnement de la mécanique ventilatoire provoqué par les traumatismes tho­raco-abdominaux et par l’existence d’un épanchement pleural bilatéral occa­sionné par la flagellation.

L’insuffisance respiratoire évolue vers la détresse respiratoire aiguë lorsque les altérations du métabolisme tissulaire deviennent sévères et menacent la vie.

Le thorax se trouve serré comme dans un étau et l’amplitude du mouve­ment respiratoire de la cage thoracique s’en trouve fortement entravée. La respira­tion devient difficile, pénible, courte, haletante, superficielle et insuffisante. Il en résulte une perturbation importante des échanges gazeux entre l’air ambiant et le sang circulant.

Une personne atteinte d’insuffisance ventilatoire est en état d’insuffisance d’oxygénation (ou hypoméxie). Elle ne possède plus la capacité d’assurer une élimination suffisante du CO2 permettant de maintenir un pH stable et homéosta­tique (maintenant à leur valeur normale les différentes constantes physiologiques de l’individu : température, composition du sang, tonus cardiovasculaire). Cette incapacité provoque un effondrement des forces musculaires, une difficulté respi­ratoire intense et intolérable qui peuvent nécessiter une ventilation mécanique en urgence.

Les signes cliniques généraux sont :

– un collapsus avec des sueurs, une cyanose ;

– des troubles du comportement et de la conscience traduisant une encéphalopathie respiratoire ;

– des convulsions.

Les signes cliniques cardiovasculaires sont :

– une tachycardie ;

– une hypertension artérielle ;

– un cœur pulmonaire aigu (accident cardiaque aigu provoqué par une affection pulmonaire brutale qui entraîne une insuffisance ventricu­laire droite avec dyspnée et cyanose).

Les signes cliniques respiratoires sont :

– une dyspnée intense de type polypnée ;

– un tirage, un battement des ailes du nez, une respiration abdo­minale paradoxale.

 

L’insuffisance respiratoire est une urgence médicale.

Elle entraîne une inefficacité cardiovasculaire aiguë qui peut déboucher sur la mort, si une prise en charge rapide médicalisée n’est pas réalisée (oxygénation, drainage pleural, ventilation assistée, voire mécanique).

 

• L’augmentation du CO2

 

L’augmentation du CO2 dans le sang provient de la déficience persistante de l’oxygénation. Elle va entraîner l’installation d’une acidose respiratoire et d’une hyperkaliémie (teneur élevée du potassium dans le sang). Si ces processus ne ré­gressent pas, le coma peut survenir très rapidement.

 

1. — L’acidose respiratoire :

Elle est provoquée par l’augmentation du CO2 dissous dans le plasma ; elle est liée à la diminution de la ventilation pulmonaire. La diminution du mouve­ment du CO2 du sang aux alvéoles pulmonaires, puis de son rejet dans l’atmo­sphère, crée un surplus de sécrétion dans les voies respiratoires qui entrave en­core plus la respiration et en augmente d’autant plus la pénibilité.

 

2. — L’hyperkaliémie :

Elle est due à l’augmentation de l’ion K+ (potassium) dans les cellules de l’organisme. Le taux de potassium permet de maintenir le volume du liquide cel­lulaire et son excédent est excrété par les reins. La flagellation avait provoqué son excès, ce qui déclenche en particulier des crampes abdominales, une fai­blesse des membres inférieurs, des paresthésies (c’est-à-dire des sensations anor­males de brûlures et de piqûres) qui s’ajoutent à celles issues de la flagellation. Elle peut aussi causer la mort par fibrillation du cœur.

 

La plaie du cœur sur le linceul de Turin confirme l’importance de l’œdème cardiaque traumatique.

Les taches présentes sur le suaire d’Oviedo nous confirment l’importance de l’œdème pulmonaire issu de l’acidose respiratoire (puisque ce linge avait été ta­ché à 4 reprises par du liquide provenant des poumons et s’écoulant par le nez lorsque le corps de Jésus avait été déposé de la croix et porté au tombeau).

 

La simple superposition des pathologies d’insuffisance cardiaque, d’insuffi­sance respiratoire et de l’acidose augmentait considérablement le risque de mort imminente du supplicié.

Même si la constitution physique puissante de Jésus (qui mesurait environ 1,78 mètre) lui avait permis mieux que toute autre personne de supporter la tor­ture, même si l’on fait abstraction de son état d’épuisement physique dû à Geth­sémani, on ne peut que rester surpris, sur le plan médical, de constater qu’il avait survécu à la torture de la flagellation sans tomber dans un état comateux débou­chant sur la mort après plusieurs évanouissements avertisseurs.

Les connaissances actuelles en médecine d’urgence sont bien incapables d’expliquer cette résistance formidable de Jésus lors de la passion.

 

 

— II —

Les conséquences de la crucifixion

 

 

Après avoir examiné dans la première partie les conséquences physiolo­giques de la flagellation, nous continuons l’analyse médicale de la passion de Jésus de Nazareth en approfondissant la crucifixion.

 

La flagellation a engendré une détresse cardiorespiratoire extrêmement sé­rieuse par la création d’œdèmes importants des séreuses du cœur et des pou­mons.

Cette diminution de la résistance physique du Christ était telle qu’elle fit craindre aux bourreaux qu’il ne réussît pas à se rendre au Golgotha, aussi lui en­levèrent-ils la pièce horizontale de la croix (le patibulum, pesant environ 20 kg) qui lui était attachée aux épaules et dont le poids avait été la cause de nom­breuses chutes.

 

La crucifixion infligée à Jésus n’engendre que peu de saignements : les clous ne lèsent pas d’artères importantes. En revanche, elle génère des douleurs atroces auxquelles vont très rapidement s’ajouter toute une série de crampes. Ces crampes sont, d’une part, liées à la position des jambes sur la croix et, d’autre part, le résultat d’une accumulation des déchets métaboliques créant une acidose élevée dans les muscles (causée par la présence d’acide lactique). Une tétanie musculaire extrêmement douloureuse envahit en premier lieu les jambes, puis remonte dans tout le corps, de sorte qu’elle va rendre encore plus pénible la res­piration qui ne pourra plus être qu’abdominale, alors que le ventre lui aussi se trouve être sous l’emprise de crampes du fait de l’hyperkaliémie.

Ainsi pendu aux clous de la croix, le corps de Jésus se trouvait totalement envahi par la souffrance, incapable du moindre mouvement ; l’action de parler ne devenait possible qu’au prix d’un immense effort.

 

Mais la crucifixion, par la position d’immobilité du corps en croix, allait provoquer encore bien d’autres modifications biologiques, sources de nouvelles douleurs de nature différente.

L’affaiblissement de Jésus sur la croix était si important que son organisme n’était plus en mesure de trouver une « compensation systémique [2] » efficace, en mettant en œuvre des mécanismes compensatoires de manière à accroître l’oxy­génation des organes et des muscles, et à les débarrasser des déchets métabo­liques lorsque les mécanismes locaux étaient défaillants.

Cette compensation systémique s’effectue :

– par une augmentation de l’oxygénation, grâce à l’accroissement de la cadence et de l’intensité respiratoire ;

– par une adaptation locale de la musculature pour favoriser la cir­culation sanguine, grâce à l’ouverture de précapillaires et à la fermeture des anastomoses artéro-veineuses ;

– par l’augmentation du débit cardiaque ;

– par une redistribution du volume du sang vers les muscles au dé­triment de l’irrigation de la peau, du système digestif et des reins.

Lorsque ces mesures compensatoires systémiques fonctionnaient, le crucifié pouvait rester des jours à survivre sur la croix avant de mourir de soif [3]. On comprend mieux l’horreur qu’inspirait la crucifixion réservée aux esclaves et aux criminels et par laquelle Jésus a voulu passer pour l’expiation de nos fautes.

L’homme du linceul de Turin présente une forte dilatation de la poitrine ainsi qu’une rigidité cadavérique installée, qui indiquent que son organisme n’a pas été en mesure d’installer la « compensation systémique efficace » que nous venons d’évoquer, mais qu’il a bien été victime d’un phénomène dramatique de « décompensation systémique » qui s’est achevé dans la mort.

 

Cette décompensation systémique provoque :

1.— Augmentation de la température du corps : dans le cas des contrac­tures isotoniques des muscles, la totalité de l’énergie musculaire se transforme en chaleur. L’organisme met alors en œuvre un mécanisme de refroidissement par radiation et par transpiration, réalisé par la dilatation de vaisseaux sous-cutanés, au détriment de l’apport sanguin aux muscles. Ceci provoque une déshydratation secondaire du corps dont la température atteint alors 41° et plus.

2.— Apparition d’une acidose métabolique importante (acide carbonique et acide lactique) produite par les muscles privés d’oxygène, conséquence des contractures. Elle n’arrive plus à être neutralisée parce que la capacité respiratoire se trouve déjà réduite.

3.— Déshydratation de l’organisme du crucifié avec la perte de sels miné­raux : cela diminue encore le volume du sang circulant (qui a déjà été réduit par la sueur de sang, la flagellation, le port de la couronne d’épines et l’enclouement des membres), ce qui fléchit la circulation. Elle a été provoquée par la transpira­tion intense. Le rythme cardiaque commence alors à faiblir, diminuant encore l’oxygénation des muscles et l’élimination des déchets acides. Les muscles, deve­nant ischémiques [4], utilisent maintenant un métabolisme anaérobie, épuisant le sérum, ce qui accroît encore l’acidose systémique. La soif devient alors intense. Elle nous est d’ailleurs confirmée dans le texte évangélique.

4.— La redistribution du sang dans l’organisme ainsi épuisé est impérieuse pour retarder l’apparition de la mort par « choc hypovolémique » (insuffisance de la masse volumique du sang). Le cerveau, le cœur, les muscles du diaphragme de la poitrine et de l’abdomen deviennent prioritaires au détriment des membres dont les extrémités se voient privées de sang. Cette compensation circulatoire augmente encore l’hyperthermie du corps, le taux d’épinéphrine dans le sérum ainsi que l’excitation orthosympatique, ce qui a pour conséquence de dilater encore plus le diaphragme de la cage thoracique et de rendre la respiration de plus en plus haletante et la parole quasiment impossible, sauf au prix d’un violent effort. La peau, privée de l’irrigation sanguine prend une coloration « sale », entre le violacé et le terreux.

5.— L’augmentation importante de l’acidose métabolique va déclencher un ictère hépatique (jaunisse) de type hémolytique (c’est-à-dire une destruction mas­sive des globules rouges et de l’hémoglobine du sang qui ne pourrait plus coagu­ler), processus en lui-même létal à terme, qui sera interrompu par une mort pré­coce. Ceci est confirmé par la présence, sur le linceul de Turin, d’une teneur éle­vée en bilirubine dans le sang [5].

6.— L’acidose, continuant à s’élever, atteint alors un niveau tel, qu’elle em­pêche la formation d’ATP (adénosine triphosphatée), ce qui met fin à la fonction métabolique des fibres musculaires (dont le cœur), entraînant ainsi la mort par arrêt cardiaque et, aussitôt, l’apparition de la rigidité cadavérique dans les membres.

Cette hyperextension de la cage thoracique et la rigidité des membres sont nettement constatables sur le linceul de Turin.

La cage thoracique se trouvant ainsi forcée en hyperextension, l’action de parler devenait extrêmement difficile et pénible, car Jésus devait pouvoir vider suffisamment ses poumons. Il ne pouvait que haleter quelques paroles très fai­blement. Lorsqu’il voulait s’exprimer plus fortement, il lui fallait rassembler toutes ses forces pour arriver à vider ses poumons, et, de ce fait, il ne pouvait parler que « comme dans un cri ». On comprend ainsi pourquoi Jésus est mort après avoir poussé un grand cri (Lc 23, 46 ; Mc 15, 37 ; Mt 27, 46).

 

*

 

Comme on le constate, il existe une parfaite concordance entre les textes évangéliques, l’image du linceul et l’aspect médical de la crucifixion de Jésus‑Christ. Cet examen de l’image de l’homme du linceul de Turin, qui est Jésus de Nazareth, et du suaire d’Oviedo, suffit à lui seul pour établir qu’il est bien dé­cédé des suites d’une crucifixion et qu’il était bien déjà en rigidité cadavérique lorsque l’image s’est formée :

– cage thoracique en hyperextension ;

– pouces des mains rétractés ;

– jambes en position semi-fléchie (attitude sur la croix) ;

– tête inclinée sur l’avant de 25° (mesurée par la distance bouche-articulation sternoclaviculaire qui est de 16 cm sur un sujet de 1,78 m, et ici de 9 cm).

 

Rappelons pour mémoire : la rigidité cadavérique s’installe vers la troisième heure, en conditions normales, après le décès et, ici, dans les minutes qui suivent la mort, à cause des mécanismes de décompensation systémique, en commen­çant de haut en bas, pour disparaître dans le même ordre deux à trois jours plus tard. L’image du linceul de ce point de vue est donc conforme au délai évangé­lique (l’image s’étant formée à « l’instant infime » précédant la résurrection, soit 36 heures après la mise au tombeau).

 

*

  

 

Liste (non exhaustive) des pathologies

vécues par Jésus de Nazareth

 

L’examen médico-légiste de l’image du linceul du Christ et du suaire d’Oviedo, complété par la lecture des Évangiles, permet de dresser une liste non exhaustive des pathologies entraînées par la passion :

 

— détresse psychologique intense avec angoisse (Gethsémani) ;

— hématidrose (sueur de sang) ;

— froid ;

— contusions diverses : coups (gardes du Temple, soldats romains), chutes lors du port de la croix ;

— faim par le jeûne absolu ;

— fracture du nez ;

— hémorragies (flagellation, couronnement d’épines, crucifixion) ;

— lésion des nerfs médians par l’enclouement des poignets ;

— lésions des nerfs par l’enclouement des pieds ;

— contractures et tétanie généralisées des membres et des muscles ;

— détresse cardiorespiratoire intense provoquée par :

– les hémorragies ;

– la pleurite exsudative hémorragique et l’œdème pulmonaire dus à la flagellation (contusion pulmonaire) ;

– péricardite (œdème cardiaque par le liquide entourant le cœur) due à la flagellation ;

— suffocation respiratoire et asphyxie partielle sur la croix entraînant une hyperextension du thorax ;

— épigastre rentré, hypogastre distendu ;

— anémie secondaire ;

— déshydratation totale avec soif intense ;

— hémoconcentration ;

— jaunisse hémolytique entraînant une anémie hémolytique ;

— hyperpotassémie ;

— altération de la thermorégulation ;

— syndrome de déconditionnement ;

— collapsus orthostatique.

 

Commentaires

 

On comprend ainsi pourquoi la survie de Jésus de Nazareth sur la croix n’a duré que trois à quatre heures. Elle a été très courte car, habituellement chez les autres condamnés, elle pouvait s’étendre sur plus d’une semaine selon leur condition physique et la saison. Généralement, on mourait de soif sur la croix et il n’était pas rare que les crucifiés implorassent les passants de les lapider afin d’abréger leur supplice. Mais il est vrai que les crucifiés étaient quasiment tou­jours attachés à l’aide de cordes, et non cloués, avec très souvent un support sous les pieds ou à l’entrejambe, ce qui avait pour effet de prolonger leur survie. Le dialogue rapporté par les Évangiles entre les deux compagnons de crucifixion de Jésus confirme que ces deux derniers ne l’étaient pas de la même manière ; ils étaient probablement seulement attachés sur leur croix avec des cordes, avec un support pour les jambes. Il devenait parfois nécessaire de briser les jambes du crucifié afin de hâter son agonie. Ce traumatisme supplémentaire pouvait déclen­cher à lui seul la mort sur un organisme déjà très affaibli et, de toute façon, il empêchait la mise en place ou la poursuite de la compensation systémique. De ce fait, les condamnés mouraient alors rapidement sur la croix. Cela était connu et exploité par les bourreaux romains : les Évangiles ne font que confirmer une pratique de torture habituelle.

Il n’y avait pas de technique précise de crucifixion. Celle-ci variait en fonc­tion de l’imagination morbide des bourreaux.

La crucifixion était considérée comme la condamnation à mort la plus hor­rible qui soit et était habituellement réservée aux esclaves ou aux assassins.

Ponce Pilate n’avait certainement pas pris conscience de l’affaiblissement dramatique de Jésus provoqué par la flagellation. En effet, lorsqu’il avait ordonné cette sanction, il était certain, dans son esprit, qu’elle devait s’apparenter à celles qui pouvaient être exécutées pour punir les soldats romains. Cependant n’oublions pas qu’en cette période de pèlerinage à Jérusalem pour la Pâque juive, il y avait énormément de pèlerins qui convergeaient vers la ville sainte, provenant de la diaspora juive du bassin méditerranéen comme du Moyen-Orient. On pense que probablement 10 000 pèlerins campaient autour de la ville. Cette situation avait exaspéré le nationalisme juif, provoquant une recrudescence d’attentats contre les Romains. Les soldats romains étaient certainement très contents de détenir en Jésus un prisonnier qui leur avait été présenté comme un agitateur se prétendant le roi des juifs. A ce titre, et pour venger leurs camarades morts dans les attentats perpétrés par les zélotes, ils exécutèrent la sentence de la flagellation avec une rage et une violence inouïes que ne pouvait soupçonner Pi­late. Aussi, ce dernier fut-il légitimement surpris lorsqu’il apprit la mort de Jésus après quelques heures de crucifixion.

 

Compte tenu du degré d’affaiblissement de Jésus à l’issue de la nuit de son agonie morale à Gethsémani, lequel ne fit que s’accentuer violemment, Jésus au­rait dû mourir au cours de la flagellation, si ce n’est dès la mise en croix.

La mort aurait déjà dû survenir après plusieurs évanouissements précédant une syncope mortelle. Cette dernière n’est pas intervenue, elle ne fut pas même provoquée par l’enclouement. Cependant, les textes évangéliques, qui se sont ré­vélés exacts dans tout ce qui précède, indiquent que Jésus est toujours resté conscient en croix.

Que Jésus ait encore survécu sur la croix pendant trois longues heures semble constituer une mystérieuse impossibilité médicale.

 

 

— III —

Plaie du cœur

 

 

Sont publiés parfois des articles de presse, pour le moins burlesques, af­firmant que Jésus de Nazareth n’est pas mort sur la croix, mais qu’en fait, il a été réanimé par ses disciples avant de réapparaître en pubic.

Une telle affirmation est hautement fantaisiste et dénuée de tout fonde­ment. C’est pourquoi il apparaît nécessaire de s’intéresser de près à la plaie du cœur telle que nous pouvons la voir à partir du linceul de Turin : elle nous apporte les réponses nécessaires.

 

Aspect

 

1. — Positionnement :

— sur le côté droit de la poitrine ;

— entre les 5e et 6e côtes, c’est-à-dire dans le 5e espace intercostal.

 

2. — Dimension :

— 48 mm de longueur x  15 mm de largeur ;

— de forme ovalaire.

 

3. — Aspect de la tache : coulée oblongue de haut en bas :

— nature : sang (groupe AB) ;


Le coup de lance dans le côté droit

— dimension : 6 cm maxi­mum de largeur sur 15 cm de hau­teur ;

— coulée : irrégulière, ondu­lée par la saillie des côtes moyennes et du muscle grand den­telé ;

— la tache est plus épaisse dans sa partie supérieure ;

— couleur : carminée (ca­ractéristique du sang) ;

— des plages plus claires : présence d’un 2e liquide incolore entremêlé au sang (sans se mélanger).

 

Examen approfondi * 

 

1. — La forme de la plaie

 

Elle est caractéristique, par sa forme et ses dimensions, de la trace d’un coup de lance romaine (type feuille de laurier) donné sur un cadavre (le coup porté à droite dénote une habitude militaire, car le côté gauche se trouve protégé par le bouclier)… Pourquoi sur un cadavre et non sur un être vivant ?

Les lèvres d’une plaie de ce type restent ouvertes sur un cadavre alors qu’elles se referment sur un corps vivant.

 

2. — La tache de sang

 

Nous avons fait remarquer que le sang provient d’un cadavre : le sang reste liquide à l’intérieur des vaisseaux d’un cadavre, mais, si la mort est récente, il coagule à sa sortie. Tout cela est donc conforme.

Le fait que la tache de sang soit plus épaisse dans sa partie supérieure in­dique que la plaie a produit une coulée rapide et massive de sang. Si la coulée avait été lente, ce serait l’inverse qui se serait produit : le sang s’épaissit et coa­gule au fur et à mesure de l’écoulement.

D’où vient ce sang ? Certainement pas de la perforation du poumon droit qui n’aurait provoqué qu’un très faible saignement. Il provient donc du cœur.

 

3. — Le liquide incolore

 

Intéressons-nous au trajet effectué par la lance pour atteindre le cœur.

Trajet : entre la 5e et la 6e côtes, un peu en oblique vers le haut.

1. — Perforation de la plèvre pour atteindre le poumon : la flagellation avait provoqué une pleurite séreuse traumatique (pleurésie traumatique) : cette inflammation aiguë de la plèvre avait provoqué un épanchement très important de liquide pleural qui s’échappe alors par la plaie. Ce liquide est incolore.

2. — Perforation du poumon droit : comme nous l’avons dit, cela ne pro­voque pratiquement pas de saignement.

3. — Perforation de la plèvre du poumon droit à la sortie de la lance qui arrive maintenant au cœur et qui libère de nouveau du liquide pleural.

Trajet effectué : 8 cm environ.

4. — Perforation du péricarde (séreuse qui enveloppe le cœur) : la flagella­tion avait aussi entraîné une hydropéricardite séreuse traumatique, c’est-à-dire un épanchement important de liquide péricardique, lui aussi incolore, qui s’échappe par la plaie ouverte.

5. — Perforation de l’oreillette droite qui est remplie de sang (ainsi que la veine cave supérieure qui l’alimente). Sous la pression orthostatique, le sang jaillit le long de la lance à travers la plaie. Si la lance avait atteint le ventricule droit ou l’oreillette gauche qui sont vides de sang, il ne se serait rien écoulé.

Les liquides pleural et péricardique sont incolores et ne se dissolvent pas dans le sang. Ils se sont écoulés et se sont joints au sang sans se mélanger, ce qui est nettement visible sur le linceul. Ces parties claires ne peuvent pas avoir été provoquées par une rétraction du caillot ou une exsudation du sérum (partie li­quide), car le sérum se serait alors étalé autour du caillot (et non pas mêlé). Ce li­quide incolore ne peut pas être non plus la conséquence d’un transsudat post-mortem : celui-ci s’effectue au bout de 48 h. On peut estimer que la flagellation avait augmenté la quantité du liquide péricardique de 10 à 20 ml et celle du li­quide pleural de l’ordre de 200 ml [6].

 

Conclusion médicale

 

1. — La cage thoracique en hyperextension, la rétraction des pouces de la main, la position semi-fléchie des jambes et la tête relevée de 25° indiquent que le crucifié du linceul était déjà en rigidité cadavérique lors de la mise au tom­beau.

2. — La forme de la plaie du côté indique que, lorsque le coup fut porté, le crucifié était déjà mort.

3. — Le coup de lance porté sur le côté droit eût été mortel à lui seul (s’il n’eût été porté sur un cadavre) : la coulée de liquide incolore entremêlée avec la coulée sanguine indique que le coup a été porté jusqu’au cœur.

4. — Cet écoulement de liquide pleural et péricardique rélève le fait que Jésus est mort très rapidement sur la croix, victime d’un phénomène de décom­pensation systémique fortement aggravé par une détresse respiratoire avec suffo­cation intense et par une détresse cardiaque aux douleurs précordiales déchi­rantes accompagnées d’une angoisse intense.

 

Affirmer que l’homme du linceul n’est pas mort de sa crucifixion rélève donc d’un mensonge flagrant, que contredit le simple examen médico-légiste de l’image mystérieuse du linceul de Turin qui nous est parvenue depuis vingt siècles.

 

 

— IV —

Notre commentaire de croyant

 

Cet examen de l’aspect médical de la passion de Notre‑Seigneur nous a ap­pris que Jésus a subi sur la croix plusieurs pathologies mortelles, mais ne nous permet pas d’affirmer laquelle fut la cause de sa mort.

On peut alors se demander si le Sauveur est bien mort d’une défaillance cardio-respiratoire ou bien, plutôt, puisqu’il n’existe pas d’autres alternatives, parce que sa mission rédemptrice était achevée ?

Il en ressort que Jésus a voulu « boire la coupe jusqu’à la lie ».

Il s’est soumis à la souffrance dans une si totale acceptation pour le rachat de nos âmes qu’il est devenu « l’Homme des douleurs » : dans son immense sen­sibilité, Jésus a voulu vivre tous les tourments possibles des souffrances psycho­logiques et physiques humaines ; pas une seule partie de son corps, ni intérieure, ni extérieure, n’a été épargnée.

Il a voulu souffrir jusqu’au bout et toucher le fond de la douleur dans sa globalité et sa totalité, telle qu’aucun être humain ne l’a jamais vécue et n’aurait pu la supporter, vivant dans son esprit et dans sa chair toutes les formes de souf­frances et tous les tourments possibles, sans chercher à y échapper, de sorte que toute souffrance humaine, de quelque nature et de quelque intensité qu’elle soit, tant physique que psychologique et psychique, puisse se rejoindre, s’unir et se fondre dans une des formes subies, acceptées et offertes par Jésus à son Père, du Mont des Oliviers au Calvaire.

Nous touchons ici au mystère de la rédemption et à l’union à ce mystère par la souffrance chrétienne.

Jésus accepta de mourir lorsque « tout fut achevé », lorsque « tout fut consommé », c’est-à-dire lorsqu’il eut accompli dans son corps et son esprit toutes les formes de souffrances existantes avec leurs violentes intensités nécessaires pour le rachat de l’humanité. Autrement dit, il accepta d’achever sa mission lors­qu’elle arriva à son terme ; il mourut lorsqu’il le décida, confirmant ainsi que l’heure finale de sa mort provenait d’un libre choix, puisqu’il dépassait les limites des contraintes biologiques qu’il transcendait. Nous rejoignons totalement en cela saint Thomas d’Aquin (III, question 47, qui enseigne que le Sauveur mourut sur la croix au moment où il le décida, sa mission étant achevée).

La mort du Christ était bien la conséquence de l’acceptation de son sacrifice rédempteur par le Père et non le résultat d’une déficience biologique mortelle, car alors il serait mort bien plus tôt.

Jésus est mort lorsque son témoignage rédempteur d’amour pour l’homme est arrivé à son terme ultime : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. »

Les souffrances de la passion, que nous percevons à travers les Évangiles et les aspects médicaux, ne sont en réalité que la partie infime d’un drame gigan­tesque dont les aspects psychologiques, psychiques et métaphysiques nous échappent.

Nous ne saurons jamais en ce monde la totalité de la grandeur et de la pro­fondeur de cet événement éminemment salvateur et douloureux qu’a voulu vivre Notre‑Seigneur.

Si la passion a été si terriblement sanglante et douloureuse, ce n’est pas parce que le Père exigeait une rédemption douloureuse, mais parce qu’elle était l’ultime preuve de son immense amour que le monde ne peut contenir, et de sa tendresse pour l’humanité tout entière. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Jésus les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1) dans et malgré la souffrance de la croix, cette croix imposée par l’orgueil de l’homme pécheur.

Jésus a été crucifié par nos fautes, mais aussi pour nos fautes.

Sur la croix, Jésus, cet agneau immaculé, offrait, pour nous, à son Père cet amour qui l’avait cloué si tragiquement. Ce n’était pas la souffrance qu’il offrait, mais l’amour total qui va jusqu’au bout.

Cet amour était si pur, si parfait et si puissant qu’il devenait rédempteur et qu’il allait éclater avec force en la résurrection et en salut pour les hommes.

 

*

  

 

Bibliographie

 

1 — Barbet Pierre, La Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ selon le chi­rurgien, Dillen, 1950.

2 — Bonnet-Eymard Bruno, Le Saint Suaire, t. II, CRC, 1990.

3 — Centro Espagnol de Sindonologia : Linteum 12 – 13, 1994.

4 — Identification scientifique de l’Homme du Linceul : Jésus de Nazareth ; Actes du Symposium scientifique international de Rome, 1993, F.-X. de Guibert, 1995.

5 — Congrès de Cagliari, 29-30 avril 1990 : El Sudario de Oviedo y la Sin­done de Turin, dos reliquas complementarias.

6 — Debout Michel, Durigon Michel, Médecine légale clinique, médecine et violence, Ellipses, 1994.

7 — Grabwski-Totora, Principes d’anatomie et de physiologie, De Boeck université, 2e édition, 1994.

8 — Libersa Claude, Myologie, angéiologie, neurologie, topographie, fasci­cule 3 : membre inférieur, Vigot, 1990.

9 — Libersa Claude, Myologie, angéiologie, neurologie, topographie, fasci­cule 4 : membre supérieur, Vigot, 1990.

10 — Olivier Georges, Ostéologie et arthrologie, fascicule 2 : Le squelette axial, Vigot, 1990.

11 — Wijffels Frans J.M., Medical aspect of roman crucifixion, Maastricht, 1988.

12 — Journal of the American Medical Association, Mars 1986, « La mort physique de Jésus », Dr W. D. Edwards, Dr W. J. Gabel, Dr F. E. Hosmer.

 

 



* — Le suaire d’Oviedo a fait l’objet d’un article complet exposant les conclusions scientifiques et médicales dans Le Sel de la terre 32, p. 63 à 100.

[1] — Médicalement, il a été constaté des mortalités entraînées par cent coups de fouet à lanière unique, soit immédiatement, soit après une cruelle agonie de quelques heures à plusieurs jours. Chez les Tartares de Sibérie dont le fouet, le knout, avec ses lanières lestées de morceaux de fer, rappelle étrangement le flagrum romain, il était considéré qu’une condamnation à 120 coups de knout équivalait à une condamnation à mort. Nous avons le cas du bienheureux Isidore Bakanja, du Congo belge, béatifié par Jean‑Paul II le 24 avril 1994, décédé le 15 août 1909 après une très longue agonie de plusieurs semaines pour avoir été fouetté d’une centaine de coups de fouet sur ordre de son patron, un militant athée, parce qu’il portait le scapulaire.

[2] — La compensation systémique permet à l’organisme de réaliser des modifications biologiques provisoires, de manière à pouvoir s’adapter au mieux à une situation agressive qui pourrait devenir létale si elle persistait.

[3] — Des auteurs antiques rapportent que les crucifiés suppliaient les passants de les lapider pour hâter leur mort car ils pouvaient, selon les saisons, survivre jusqu’à huit jours en croix. Les femmes pieuses de Jérusalem confectionnaient une boisson acidulée destinée à soulager la soif intense subie par les condamnés ; elles ajoutaient à cette boisson des plantes (drogues) destinées aussi à soulager un peu les souffrances des suppliciés.

[4] — Anémie locale par manque de sang.

[5] — La bilirubine est un pigment jaune issu de la dégradation finale de l’hémoglobine (destruction des globules rouges morts) dans le foie. Lorsque la production de bilirubine est trop rapide et excessive, le foie n’arrive pas à l’excréter à temps, d’où l’ictère.

* — Le trajet de la lance dans le thorax pour atteindre le cœur indique que le corps sur la croix n’était pas très élevé : les pieds à environ 40 cm de sol.

[6] — Cette évaluation peut être avancée grâce aux études légistes effectuées sur le suaire d’Oviedo.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 35

p. 89-105

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