Le confesseur de la foi
« Parce que nous avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons » (2 Co 4, 13).
« La foi produit la confession comme son acte propre… » (II-II, q. 3, a. 1, ad 3).
« La confession de la foi est nécessaire au salut quand, en omettant cette confession, on soustrairait à Dieu l’honneur qui lui est dû ou bien au prochain l’utilité qu’on doit lui procurer » (II-II, q. 3, a. 2, c.).
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Le Sel de la terre est né d’un vœu plusieurs fois réitéré de Mgr Lefebvre. Il y a juste dix ans, deux mois et demi avant sa mort, Monseigneur nous écrivait :
« ... En attendant que vous puissiez réaliser mon vœu d’une revue détruisant les erreurs du Concile et de l’Église conciliaire professées de plus en plus ouvertement par le pape et la curie romaine, remettant en lumière la doctrine catholique. Désormais nous avons affaire à des assassins de la foi catholique, sans aucune vergogne [1] ! »
Voulant rester fidèle à cet appel et désirant spécialement honorer la mémoire de Mgr Lefebvre en ce dixième anniversaire de son rappel à Dieu, nous lui avons consacré une partie de ce numéro avec lequel la revue entre dans sa dixième année.
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Tout le monde connaît la devise tirée de saint Paul (1 Co 11, 23) que Monseigneur a lui-même choisie pour résumer son œuvre et sa vie épiscopale et qu’il a voulu faire inscrire sur sa tombe, Tradidi quod et accepi :
Je ne suis qu’un évêque de l’Église catholique qui continue à transmettre la doctrine. Je pense, et cela ne tardera sans doute pas, que l’on pourra graver sur ma tombe ces paroles de saint Paul : Tradidi quod et accepi, je vous ai transmis ce que j’ai reçu, tout simplement [2].
La préservation et la transmission de la foi était un thème cher à Monseigneur. Ses anciens séminaristes et les fidèles qui ont entendu ses prédications se souviennent qu’il revenait souvent sur cette question, capitale aujourd’hui parce que Rome, devenue conciliaire, ne garde plus et ne transmet plus la foi catholique dont elle a reçu le depôt [3].
Ainsi, Mgr Lefebvre aimait à commenter les questions de la Somme de saint Thomas sur la vertu et l’acte de foi : il a consacré à ce sujet de nombreuses conférences spirituelles émaillées de remarques profondes sur la nécessité d’avoir une foi intègre et d’en témoigner. De même, dans ses homélies, il s’est appuyé souvent sur les premières paroles du cérémonial du baptême : « — Que demandez-vous à l’Église de Dieu ? — La foi. — Et que vous procure la foi ? — La vie éternelle. »
Mais Monseigneur n’a pas seulement gardé et transmis la foi. En vrai pasteur soucieux du bien des âmes, il l’a aussi confessée publiquement lorsqu’il vit qu’elle était transformée et menacée par « l’hérésie contemporaine », comme il disait déjà en 1966 [4]. Bien plus, il a encouragé les catholiques à la confesser avec lui.
En effet, comme l’explique saint Thomas, si, en temps ordinaire, « instruire les hommes dans la foi n’est pas l’affaire de tous les fidèles », mais des majores – c’est-à-dire de ceux qui ont charge d’âmes, et en premier lieu des évêques –, en temps de crise ou « en cas de nécessité, là où la foi est en péril, n’importe qui est tenu (quilibet tenetur) de divulguer aux autres sa foi, soit pour instruire ou confirmer ceux qui partagent la même foi (aliorum fidelium), soit pour réprimer l’impertinence de ceux qui pèchent par infidélité (infidelium) [5]. »
On aura remarqué que saint Thomas dit que la confession extérieure de la foi consiste en deux choses : l’exposition de la vérité catholique pour conforter les âmes et la dénonciation de l’erreur qui s’y oppose pour les préserver [6]. Mgr Lefebvre n’a omis ni l’une ni l’autre : il a prêché la vérité et il a stigmatisé les erreurs contemporaines dont il a vu la nocivité avec une perspicacité vraiment remarquable.
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Pour comprendre et décrire l’enseignement de Mgr Lefebvre, il faudrait commencer par rapporter ce qu’il avait lui-même reçu au séminaire français de Rome, en particulier cette grande lumière des enseignements pontificaux du XIXe siècle, dénonçant les erreurs contemporaines. Lui-même a confié qu’en entrant au séminaire, il croyait de bonne foi que la séparation de l’Église et de l’État était chose normale. Ce sont les enseignements du père Le Floch et l’étude loyale des encycliques des papes et de la doctrine de saint Thomas qui ont éclairé le jeune abbé.
Il faudrait ensuite retracer en détail ses années d’activité missionnaire, d’abord comme simple religieux spiritain au Gabon, puis comme vicaire apostolique et comme premier archevêque de Dakar, après que Pie XII l’eut nommé délégué apostolique de toute l’Afrique francophone. Il faudrait également évoquer ses années comme professeur et directeur du séminaire Sainte-Marie de Libreville et, plus tard, comme supérieur du scolasticat de philosophie des Pères du Saint-Esprit à Mortain, en Normandie.
Même si l’on s’en tient à la deuxième période de sa vie, celle qui commence après le Concile, on constate que Monseigneur n’a jamais cessé d’enseigner. D’une certaine manière, il a même enseigné alors plus que jamais, car son champ d’apostolat s’est élargi au monde entier.
Il suffit de consulter la liste impressionnante des enregistrements conservés à Écône pour constater l’ampleur de la prédication de Mgr Lefebvre : sermons pour les fêtes liturgiques, les ordinations et bien d’autres circonstances encore ; conférences spirituelles aux séminaristes ; retraites diverses ; tournées de conférences dans le monde entier, etc.
L’enseignement de Monseigneur était à la fois très doctrinal et très pratique, un peu à l’exemple des épîtres de saint Paul qu’il citait fréquemment. Il se fondait sur la doctrine, mais, en vrai pasteur, il n’omettait jamais de donner des applications pratiques en s’adaptant à son auditoire. Les prêtres et les clercs, les familles catholiques, les grands et les petits…, chacun trouvait en l’écoutant les mots simples et profonds dont son âme avait besoin. Il a plusieurs fois confié que, jeune prêtre, il s’était plongé dans les homélies de saint Jean Chrysostome et que ce Père de l’Église était devenu son modèle en matière de prédication, à cause de sa clarté et de son grand sens doctrinal et pratique. Force est de constater que l’élève a bien profité du maître.
Qu’enseignait-il ? Notre-Seigneur Jésus-Christ [7]. C’est le thème auquel il revenait toujours. Qui ne se souvient de ses commentaires de la liturgie du cierge pascal : « Christus, heri et hodie ; principium et finis ; alpha et omega ; […] Ipsi gloria et imperium… » ; ou des explications synthétiques sur les études philosophiques et théologiques du séminaire, toutes ramenées à cette unique vérité : Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Le Christ-Roi, parce que c’est la vérité qui est directement visée par l’erreur conciliaire de la liberté religieuse, l’enflammait ; en l’entendant scander les strophes de l’hymne de la fête, on ne pouvait s’empêcher d’être profondément remué : « Te sæculorum Principem ; Te, Christe, Regem gentium… Scelesta turba clamitat : Regnare Christum nolumus !… »
Bien sûr, Monseigneur parlait aussi très souvent du saint sacrifice de la messe, montrant comment le sacrement de l’Eucharistie lui-même dépend du sacrifice. Le saint sacrifice, disait-il, a été trop oublié dans la spiritualité des derniers siècles et c’est une des causes de la crise actuelle. Il voulait que le sacrifice de la messe soit comme le condensé de toute la spiritualité de sa Fraternité. Fondateur d’une œuvre sacerdotale, il a encore beaucoup prêché sur le prêtre et sa participation à la grâce d’union de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sans oublier les vertus sacerdotales (la prudence, le zèle, l’humilité, la charité, etc.). Enfin, il faut signaler son amour de la Vierge Marie. Il terminait systématiquement ses sermons par un petit mot sur Notre-Dame, « notre bonne mère du ciel » ; jamais elle n’était oubliée.
En tout cela, Mgr Lefebvre, fidèle à la solide formation théologique qu’il avait reçue au séminaire français de Rome du temps du père Le Floch et du cardinal Billot, était très thomiste. Le Docteur angélique revenait sans cesse sur ses lèvres et sous sa plume. Il le relisait régulièrement. Bien des fois, pour les conférences spirituelles, il se contentait d’apporter l’un des volumes de la Somme publié par la Revue des jeunes, et il commentait directement le texte de saint Thomas.
A titre d’exemple, pour illustrer cet enseignement de Monseigneur, nous avons choisi de reproduire dans le présent numéro un éloge de saint Thomas qu’il prononça lors d’une retraite sacerdotale et un sermon qu’il fit sur l’état religieux. Nous avons également signalé par une anecdote, en marge du texte de saint Thomas sur le Saint-Esprit que nous donnons dans la rubrique « Vie spirituelle », combien Mgr Lefebvre aimait et encourageait cette doctrine de l’habitation du Saint-Esprit dans l’âme des justes, pour son caractère profondément surnaturel et thomiste.
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A côté de cette prédication de la vérité, Monseigneur s’est attaché à dénoncer sans relâche les erreurs. La haine de l’erreur, en effet, est la pierre de touche de l’amour de la vérité. Or Mgr Lefebvre avait un grand amour de la vérité. A cet égard, il fut comme un autre cardinal Pie, qui proclamait, au jour de son intronisation comme évêque de Poitiers : « Je suis évêque, je parlerai ! » Monseigneur Lefebvre aussi a parlé haut et fort quand il le fallait.
D’ailleurs, ce deuxième aspect de la confession de la foi n’était, chez lui, jamais séparé du précédent. Pour preuve, nous nous contenterons de signaler ce petit fait révélateur : c’est dans l’introduction de son livre Itinéraire spirituel [8], qui est une courte et belle synthèse spirituelle de la Somme théologique de saint Thomas, que Mgr Lefebvre parle de « la troisième guerre mondiale », plus terrible que les deux premières : ainsi désignait-il la guerre allumée par le néomodernisme conciliaire. On voit bien qu’il ne séparait pas les deux choses.
Où a-t-il acquis une telle clairvoyance pour avoir su discerner les erreurs modernes avec cette pénétration d’esprit ? Pour répondre à cette question, il faudrait entrer dans le secret de sa vie intérieure, de son oraison à laquelle il était très fidèle. Sans nul doute, Dieu lui a donné des lumières spéciales pour conduire les âmes à travers la crise qui secoue l’Église et il a été très docile aux inspirations du Saint-Esprit quoiqu’il dût lui en coûter. Mais aussi, il était bien formé.
En effet, par la formation qu’il avait reçue auprès de grands esprits catholiques antilibéraux comme le père Le Floch, le cardinal Billot, le père Philippe (C.SS.R.) et d’autres encore, Mgr Lefebvre était prévenu et renseigné sur les menées de la révolution et sur le libéralisme catholique qui sévit depuis deux siècles. Comme nous l’avons déjà dit, il avait acquis une exacte connaissance de la lettre et de l’esprit des documents pontificaux qui ont condamné les principales erreurs modernes. A Écône, c’est lui qui inaugura, avec beaucoup de sens pédagogique, le cours des Actes du magistère sur les erreurs modernes (franc-maçonnerie, libéralisme, modernisme, communisme…). Les notes de ce cours ont d’ailleurs été rassemblées en un livre capital, intitulé : C’est moi l’accusé qui devrais vous juger [9] !
Par cette formation, Monseigneur était donc à même de discerner et d’affronter les subtilités du libéralisme et du néomodernisme ambiants. Il connaissait l’ennemi. Du coup, la révolution du Concile, même si elle l’a profondément meurtri, ne l’a pas vraiment surpris :
Pour bien comprendre et mesurer la nocivité de ce Concile, il faut l’étudier à la lumière des documents pontificaux qui mettent les évêques, les clercs et les fidèles en garde contre la conjuration des ennemis de l’Église agissant à travers le libéralisme et le modernisme, et cela depuis bientôt deux siècles.
Il faut aussi connaître les documents des adversaires de l’Église et spécialement des sociétés secrètes préparant ce concile depuis plus d’un siècle [10].
Notamment, Mgr Lefebvre savait reconnaître et désigner les causes cachées du mal, que beaucoup d’esprits ignorent, ce qui explique qu’ils s’arrêtent en chemin et sont incapables de poursuivre l’erreur jusque dans ses racines.
Ainsi, a-t-il immédiatement accusé le scandale du triple accord que le Vatican, avant et pendant le Concile, passa secrètement avec les francs-maçons juifs du B’naï B’rith, avec Moscou, et avec les protestants du Conseil œcuménique des Églises. Mgr Lefebvre voyait le lien étroit entre le travail de sape que les nouveaux théologiens (Rahner, Congar, de Lubac…) opéraient dans la doctrine et ces sombres démarches commanditées par le Secrétariat pour l’unité des chrétiens et quelques prélats « damnés » de la Curie romaine. Il n’hésitait pas à parler ouvertement de la franc-maçonnerie et de la Contre-Église pour expliquer la crise actuelle [11].
Sa bonne formation l’aidait également à isoler les principes de l’erreur auxquels plusieurs ne savent pas remonter, s’égarant ainsi dans la dénonciation d’aspects secondaires de la crise. A cet égard, le rapprochement qu’il établissait entre la trilogie de 1789 (Liberté, Égalité, Fraternité) et les trois grandes inspirations de Vatican II (liberté religieuse, collégialité, œcuménisme), est particulièrement éclairante.
En effet, disait-il, l’erreur fondamentale qui commande le Concile et les réformes postconciliaires est l’œcuménisme. Que ce soit la messe, le nouveau Droit canon (et sa nouvelle définition de l’Église, « peuple de Dieu »), la TOB, etc., toutes ces réformes s’expliquent par l’œcuménisme. C’est encore ce même dialogue œcuménique qui inspire la nouvelle théologie, l’« esprit d’Assise » et la rédemption universelle des discours de Jean-Paul II.
La collégialité est la ruine du principe d’autorité et l’application à l’Église de l’idée démocratique des sociétés modernes. Moins présente dans l’après Concile que l’œcuménisme, elle a néanmoins été bien implantée grâce aux réformes de la Curie et des conférences épiscopales, et par la multiplication des synodes.
Enfin, pour expliquer le présent refus du règne de Notre-Seigneur et la confusion présente, Mgr Lefebvre en appelait à la liberté religieuse promue par Vatican II et, plus généralement, au libéralisme. Comment l’Église (conciliaire) a-t-elle pu renier Notre-Seigneur et se détruire ainsi ? Comment peut-elle professer de telles incohérences ? D’où lui vient cette fièvre d’évolution et de changement ? Ce sont les conséquences du libéralisme. Dans la « Lettre aux amis et bienfaiteurs » numéro 9 d’octobre 1975, Monseigneur a donné un magistral exposé sur le libéralisme pour expliquer la crise actuelle. Relisons quelques passages de ce texte capital :
Le libéralisme prétend libérer l’homme de toute contrainte non voulue ou acceptée par lui-même.
Première libération : celle qui libère l’intelligence de toute vérité objective imposée. La vérité doit être acceptée différente selon les individus ou les groupes d’individus. Elle est donc nécessairement partagée. La vérité se fait et se recherche sans fin. Personne ne peut prétendre l’avoir exclusivement et dans son intégralité. On devine combien cela est contraire à Notre-Seigneur Jésus-Christ et à son Église.
Deuxième libération : celle de la foi qui nous impose des dogmes, formulés de façon définitive et auxquels l’intelligence et la volonté doivent se soumettre. Les dogmes, selon le libéral, doivent être soumis au crible de la raison et de la science et cela d’une manière constante, étant donné les progrès scientifiques. Il est donc impossible d ’admettre une vérité révélée définie pour toujours. On remarquera l’opposition de ce principe à la Révélation de Notre-Seigneur et à son autorité divine.
Enfin, troisième libération, celle de la loi. La loi, selon le libéral, limite la liberté et lui impose une contrainte d’abord morale et enfin physique. La loi et ses contraintes vont à l’encontre de la dignité humaine et de la conscience. La conscience est la loi suprême. Le libéral confond liberté et licence. Notre-Seigneur Jésus-Christ est la loi vivante, étant le Verbe de Dieu ; on mesurera encore combien est profonde l’opposition du libéral à Notre-Seigneur.
Dès lors, les conséquences suivent logiquement :
Les principes libéraux ont pour conséquence de détruire la philosophie de l’être et de refuser toute définition des êtres pour s’enfermer dans le nominalisme ou l’existentialisme et l’évolutionnisme. Tout est sujet à la mutation, au changement.
Une deuxième conséquence aussi grave, sinon plus, est la négation du surnaturel, donc du péché originel, de la justification par la grâce, du véritable motif de l’incarnation, du sacrifice de la croix, de l’Église, du sacerdoce. Tout est faussé dans l’œuvre accomplie par Notre-Seigneur, et cela se traduit par une vision protestante de la liturgie du sacrifice de la messe et des sacrements qui n’ont plus pour objet l’application de la rédemption aux âmes,[…] mais qui ont désormais pour centre et motif l’appartenance à une communauté humaine de caractère religieux. Toute la réforme liturgique se ressent de cette orientation.
Autre conséquence : la négation de toute autorité personnelle, participation à l’autorité de Dieu. La dignité humaine demande que l’homme ne soit soumis qu’à ce qu’il consent. Puisqu’une autorité est indispensable pour la vie de la société, il n’acceptera que l’autorité agréée par une majorité, parce qu’elle représente la délégation de l’autorité des individus les plus nombreux à une personne ou un groupe désigné, cette autorité n’étant toujours que déléguée [12].
On voit combien ce libéralisme, qui a dicté le fameux aggiornamento du Concile, est un principe qui ruine la foi catholique.
Monseigneur montrait aussi comment ce libéralisme permet d’expliquer la défaillance de l’actuelle papauté. Devant le mystère de tant d’erreurs acceptées ou propagées par le souverain pontife, que semble contredire l’infaillibilité du pape et les promesses d’indéfectibilité laissées par le Christ à son Église, certains sont tentés de conclure à la vacance du Siège apostolique. Mgr Lefebvre refusait cette solution qu’il estimait trop simpliste et mal fondée dans la réalité. Les papes récents, disait-il, sont des libéraux : or le libéral, par définition, est incohérent ; il refuse de définir ou de condamner ; il cherche l’union des contraires et ne voit pas les contradictions où ses thèses le conduisent. Tel est bien le spectacle que Rome donne aujourd’hui.
Œcuménisme, collégialité, liberté religieuse. On retrouve bien, appliqué à l’Église, la trilogie révolutionnaire : Fraternité, Égalité, Liberté. En fin de compte, au-delà des aspects contingents, c’est le même but, poursuivi par la Contre-Église : faire du catholicisme le fédérateur d’une nouvelle religion universelle fondée sur les droits de l’homme.
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Il nous reste à évoquer les grandes étapes qui ont marqué la croisade entreprise par Mgr Lefebvre contre les erreurs actuelles.
Ce sont les circonstances qui ont en quelque sorte fixé elles-mêmes ces étapes. Monseigneur ne devançait pas la Providence mais se laissait conduire par elle. C’est elle qui lui a signifié les moments où il devait parler et ce qu’il lui fallait dire.
Il faut relire ces textes si importants pour comprendre la crise ; aussi, dans les paragraphes qui suivent, lui laissons-nous le plus possible la parole.
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1. Cette confession extérieure de la foi contre l’erreur moderne commence véritablement avec le Concile [13].
Avec un groupe de deux cent cinquante prélats fidèles réunis dans le Cœtus internationalis Patrum, parmi lesquels se trouvait Mgr de Castro Mayer, Mgr Lefebvre s’attacha à éclairer les Pères du Concile sur la nocivité des opinions propagées par les évêques et les théologiens de l’Alliance européenne progressiste.
Dans l’ouvrage J’accuse le Concile, Monseigneur a rassemblé ses interventions dans l’aula conciliaire : il est intéressant de noter que presque toutes dénoncent déjà l’œcuménisme et la liberté religieuse.
Monseigneur, dans ce livre, montre bien que ce ne sont pas les interprétations ou les abus du Concile qui sont en cause, mais le Concile lui-même, qui fut une entreprise de subversion. D’où l’autorité que lui confèrent les novateurs :
Il est aisé de penser que quiconque s’opposera au Concile, leur nouvel évangile, sera considéré comme hors de la communion de l’Église. On peut leur demander de quelle Église ? Ils répondent de l’Église conciliaire.
Il est donc indispensable de démythifier ce Concile qu’ils ont voulu pastoral en raison de leur horreur instinctive pour le dogme, et pour faciliter l’introduction officielle dans un texte d’Église des idées libérales. Mais, l’opération terminée, ils dogmatisent le Concile, le comparent à celui de Nicée [14], le prétendent semblable aux autres sinon supérieur !
[…] Mais si nous laissons à Dieu et aux futurs vrais successeurs de Pierre de juger de ces choses, il n’en est que plus certain que le Concile a été détourné de sa fin par un groupe de conjurés et qu’il nous est impossible d’entrer dans cette conjuration, quand bien même il y aurait beaucoup de textes satisfaisants dans ce Concile. Car les bons textes ont servi pour faire accepter les textes équivoques, minés, piégés.
[…] Ajoutons que les appréciations des clercs et des catholiques libéraux, des protestants, des francs-maçons sur le Concile ne font que confirmer nos appréhensions. Le cardinal Suenens affirmant que ce Concile a été 89 dans l’Église n’aurait-il pas raison ?
Alors notre devoir est clair : prêcher le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ contre celui de la déesse raison [15].
L’histoire du Concile et de la lutte doctrinale qu’y mena la minorité traditionnelle reste à faire. Il faut souhaiter que des historiens et des théologiens se mettent à ce travail très important pour comprendre la crise actuelle et répondre aux ouvrages tendancieux que le camp progressiste publie de plus en plus nombreux [16]. En effet, le combat entrepris par Mgr Lefebvre tourne tout entier autour de Vatican II, même si les fondements doctrinaux sont à chercher bien en amont.
Les équivoques et ambiguïtés de ce concile pastoral contenaient le poison qui s’est répandu dans toute l’Église par l’intermédiaire des réformes et applications conciliaires. De ce concile est née une nouvelle Église Réformée que S. Exc. Mgr Benelli appelle lui-même l’Église conciliaire [17].
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2. Au lendemain du Concile, Mgr Lefebvre a continué de confesser la foi en dénonçant la réforme de la messe, qui fut la première d’une longue suite de révolutions.
Comme le raconte Mgr Tissier de Mallerais dans l’article publié dans ce numéro, Monseigneur s’attaqua à la « messe normative » du père Bugnini dès son apparition (1967). Démissionnaire de sa charge de Supérieur général des Pères du Saint-Esprit en septembre 1968, il tenta de faire échouer la mise en œuvre du Novus Ordo Missæ [18] : c’est sous sa présidence que douze théologiens élaborèrent en juin 1969 le fameux Bref examen critique que les cardinaux Ottaviani et Bacci acceptèrent de préfacer et de présenter à Paul VI.
Alors, Mgr Lefebvre comprit que pour sauver la messe et la foi catholique, il fallait former de bons prêtres. Providentiellement libre de toute charge, il fonda la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et le séminaire d’Écône en 1970-1971 que les évêques de France déclarèrent bientôt « séminaire sauvage ».
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3. L’année 1974 est celle de la fameuse « Déclaration », datée du 21 novembre (Présentation de la très sainte Vierge), « qui m’a valu, commentait plus tard Monseigneur, les coups de crosse du Saint-Siège [19] ».
Devant l’aggravation de la situation et les attaques dont Écône était l’objet, suite à la visite hypocrite de deux envoyés de Rome (11-13 novembre 1974), Mgr Lefebvre écrivit cette page qui est comme la charte fondamentale de tout son combat :
Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.
Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le Concile dans toutes les réformes qui en sont issues.
Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du sacerdoce, à l’anéantissement du sacrifice et des sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les universités, les séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église [20]. […]
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4. L’été 1976 est resté dans les mémoires sous le nom « d’été chaud ».
En février 1975, Mgr Lefebvre avait été convoqué à comparaître devant une commission de trois cardinaux pour un « simulacre de procès [21] ». L’approbation canonique était retirée à sa Fraternité. Le 24 mai 1976, Paul VI attaqua violemment Mgr Lefebvre dans son discours au consistoire. Le 25 juin 1976, Mgr Benelli écrivit pour confirmer l’interdiction faite au prélat d’Écône de procéder aux ordinations sacerdotales du 29 juin.
C’est dans cette lettre que Mgr Benelli déclarait, au sujet des ordinands, que « s’ils sont de bonne volonté et sérieusement préparés à un ministère presbytéral dans la fidélité véritable à l’Église conciliaire, on se chargera de trouver ensuite la meilleure solution pour eux… ». Quelque temps après (le 29 juillet), une fois notifiée sa suspense a divinis, Monseigneur commentait ainsi cette expression « Église conciliaire » :
… Il m’est interdit de célébrer la messe nouvelle, de conférer les sacrements nouveaux, de prêcher la nouvelle doctrine. Ainsi, parce que je refuse précisément depuis leur institution ces nouveautés, on m’interdit désormais officiellement de les utiliser. […] On peut par là deviner le peu de dommage que me cause cette suspense.
[…] Quoi de plus clair ! Désormais c’est à l’Église conciliaire qu’il faut obéir et être fidèle, et non plus à l’Église catholique. C’est précisément tout notre problème. Nous sommes suspens a divinis par l’Église conciliaire et pour l’Église conciliaire, dont nous ne voulons pas faire partie.
Cette Église conciliaire est une Église schismatique, parce qu’elle rompt avec l’Église catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes, son nouveau sacerdoce, ses nouvelles institutions, son nouveau culte, déjà condamnés par l’Église en maints documents officiels et définitifs.
C’est pourquoi les fondateurs de l’Église conciliaire insistent tant sur l’obéissance à l’Église d’aujourd’hui, faisant abstraction de l’Église d’hier, comme si celle-ci n’existait plus.
[…] L’Église qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique. L’Église d’aujourd’hui n’est la véritable Église que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l’Église d’hier et de toujours. La norme de la foi catholique c’est la Tradition [22].
Le 29 juin 1976, il y eut foule aux ordinations d’Écône. Monseigneur en profita pour s’expliquer et dénoncer « cette nouvelle religion », avec sa nouvelle messe, son nouveau sacerdoce et son refus de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ [23] :
Demain peut-être, dans les journaux, paraîtra notre condamnation ; c’est très possible, à cause de cette ordination d’aujourd’hui ; je serai frappé d’une suspense probablement, ces jeunes prêtres seront frappés d’une irrégularité qui, en principe, devrait les empêcher de dire la sainte messe…
Eh bien ! je fais appel à saint Pie V.
Saint Pie V qui dans sa bulle a dit que, à perpétuité, aucun prêtre ne pourra encourir une censure, quel qu’il soit, s’il dit cette messe.
Le sermon de Lille, le 29 août, donna une nouvelle occasion à Monseigneur d’expliquer la crise dans l’Église et le sens de son combat. Ce sermon fut très médiatisé, et comme Mgr Lefebvre cita quelques exemples historiques d’initiatives politiques pour reconnaître le règne social du Christ-Roi, on lui reprocha de faire de la politique et de se ranger du côté de l’extrême droite. La presse devint haineuse. Un article des Izvestia communistes (URSS) le déclara « Chapelain d’extrême droite » :
Marcel Lefebvre fut évêque au Sénégal, puis dans la ville française de Tulle. Il a toujours été d’accord avec les opinions d’extrême droite. Pendant la guerre de libération de l’Algérie, il avait des liens avec les bandes de l’OAS, une organisation d’extrême droite.
Il s’est fait spécialement un grand bruit autour de Lefebvre après le défi qu’il a lancé au Vatican sur des questions capitales de doctrine et de politique ecclésiastique. Le prélat français a déclaré que si les décisions du dernier Concile œcuménique de l’Église catholique n’était pas le fruit d’une « conspiration communiste », elles étaient en tout cas le résultat des manigances de Satan. Au fond, c’est pour cela qu’il a été condamné. L’évêque exigeait que l’Église revienne à l’intolérance des siècles passés, rompe le dialogue avec toutes les puissances et les régimes du monde, et se consacre à la lutte contre « les idées diaboliques de la société contemporaine ».
Malgré l’interdiction du Vatican, Lefebvre a continué à exercer son ministère. L’ex-évêque ne se limite pas, dans ses sermons, aux thèmes traditionnels. Il publie son propre programme politique. L’idéal de l’État, est, selon Lefebvre, l’Espagne de Franco. « Que de bien a fait Franco ! » s’écrie le partisan de l’OAS en soutane, « dans de tels cas, le pouvoir vient de Dieu ». « De Dieu » aussi était, selon Lefebvre, le régime de Salazar. Dans aucun de ses sermons, l’évêque Lefebvre n’oublie le préjugé qui consiste à dénoncer « le danger des armées soviétiques qui menacent l’Europe ».
Selon la presse italienne, les néofascistes d’Europe de l’Ouest ont trouvé, en définitive, leur pasteur en soutane. Ce n’était pas par hasard si des centaines de pèlerins avec le badge du parti d’Almirante à la boutonnière, ont assisté à la messe provocatrice de Lefebvre à Lille [24].
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5. Le 23 septembre 1979, Mgr Lefebvre fêta son jubilé sacerdotal à la porte de Versailles, à Paris. Il en profita pour appeler les catholiques fidèles à s’unir dans la confession de la foi véritable :
Je pense pouvoir dire ce que nous devons faire : une croisade, appuyée sur le saint sacrifice de la messe, sur le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, appuyée sur ce roc invincible et sur cette source inépuisable de grâces qu’est le saint sacrifice de la messe.
Alors, Monseigneur passa en revue toutes les catégories de catholiques : les jeunes, les familles, les chefs de famille, les prêtres, pour les encourager à lutter et à se défendre. Il termina par ces mots :
Je terminerai, mes bien chers frères, par ce que j’appellerai, un peu, mon testament. Testament, c’est un bien grand mot, parce que je voudrais que ce soit l’écho du testament de Notre-Seigneur : Novi et Æterni Testamenti. […]
Aussi je vous dis :
Pour la gloire de la Très Sainte Trinité, pour l’amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour la dévotion à la très sainte Vierge Marie, pour l’amour de l’Église, pour l’amour du pape, pour l’amour des évêques, des prêtres, de tous les fidèles, pour le salut du monde, pour le salut des âmes, gardez ce testament de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! gardez le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! gardez la Messe de toujours !
Et vous verrez la civilisation chrétienne refleurir, civilisation qui n’est pas pour ce monde, mais civilisation qui mène à la cité catholique, et cette cité catholique c’est la cité catholique du Ciel qu’elle prépare [25].
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6. L’année 1983 doit être signalée également comme une date importante.
C’est en cette année, en effet, que parut le nouveau code de Droit canonique. Dans la constitution Sacræ disciplinæ leges (25 janvier 1983) par laquelle il le promulguait, le pape Jean-Paul II disait que ce « code, non seulement par son contenu mais déjà dès sa naissance, a mis en acte l’esprit du Concile dont les documents présentent l’Église, “sacrement universel de salut” (Lumen gentium, n. 1, 9, 48), comme le peuple de Dieu et où sa constitution hiérarchique apparaît fondée sur le collège des évêques uni à son chef ». Mgr Lefebvre dénonça cette nouvelle « ecclésiologie » dans plusieurs conférences remarquables qu’il fit aux séminaristes.
Cette même année, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer adressèrent une « Lettre ouverte au pape », datée du 21 novembre (jour anniversaire de la Déclaration de 1974), à laquelle ils joignirent un « Bref résumé des principales erreurs de l’ecclésiologie conciliaire [26] ». Monseigneur commentait ainsi :
Ce document est très important. Cette prise de position est une date dans l’histoire de l’Église postconciliaire. J’ai surtout insisté, pendant la conférence de presse, sur le fait que ce sont les fidèles qui nous poussent à prendre position parce qu’ils sont excédés par cette situation trouble, confuse, par cette démolition de l’Église toujours de plus en plus grave, toujours de plus en plus étendue, dans tous les pays du monde. […] Alors, devant cette résistance du Saint-Siège, eh bien, il nous a paru qu’il fallait faire une déclaration publique [27].
En effet, depuis quinze ans déjà, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer protestaient vainement auprès de Rome. De plus – parfaite illustration de la nouvelle ecclésiologie –, quelques jours auparavant, le pape Jean-Paul II était allé dans un temple luthérien, à Rome.
[…] Si vous lisez le discours du Saint-Père, on est vraiment stupéfait. Il parle comme si l’unité de l’Église n’existait pas, comme si elle n’avait pas existé depuis très longtemps et surtout depuis que les protestants existent. […] Ce n’est pas l’Église qui est divisée ; il y a des gens qui se sont séparés de l’Église, oui. […] Mais l’Église est toujours une dans sa foi, elle est une dans son baptême, elle est une dans son Credo. Elle sera toujours une. Elle ne peut pas ne pas être une, c’est une qualité essentielle de l’Église. […] C’est incroyable que le pape lui-même donne l’impression que l’unité de l’Église n’existe pas [28] ! »
L’histoire jugera, expliqua Monseigneur aux journalistes : il se sera trouvé au moins deux évêques pour élever la voix. « Nous taire, dans cette occurrence nous semblerait devenir complices de ces mauvaises œuvres [29]. »
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7. Puis vint l’année d’« Assise », qui fut également celle du discours du pape à la synagogue de Rome (1986).
Nous avons publié dans Le Sel de la terre numéro 30 plusieurs textes de Mgr Lefebvre datant de cette année, notamment ses sermons de Pâques et du 29 juin et sa lettre du 27 août à plusieurs cardinaux. En décembre, un mois après le scandale d’Assise, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer signaient à nouveau une déclaration commune citant les paroles de Notre-Seigneur à ceux qui venaient l’arrêter : Haec est hora vestra et potestas tenebrarum [30] et dénonçant l’état de rupture où se plaçait le pape vis-à-vis de l’Église :
…Les autorités romaines tournent le dos à leurs prédécesseurs et rompent avec l’Église catholique, et elles se mettent au service des destructeurs de la chrétienté et du règne universel de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les actes actuels de Jean-Paul II et des épiscopats nationaux illustrent d’année en année ce changement radical de conception de la foi, de l’Église, du sacerdoce, du monde, du salut par la grâce.
Le comble de cette rupture avec le magistère antérieur de l’Église s’est accompli à Assise, après la visite à la synagogue. Le péché public contre l’unicité de Dieu, contre le Verbe incarné et son Église fait frémir d’horreur : Jean-Paul II encourageant les fausses religions à prier leurs faux dieux ; scandale sans mesure et sans précédent.
[…] La rupture ne vient donc pas de nous, mais de Paul VI et Jean-Paul II, qui rompent avec leurs prédécesseurs.
Ce reniement de tout le passé de l’Église par ces deux papes et les évêques qui les imitent est une impiété inconcevable et une humiliation insoutenable pour ceux qui demeurent catholiques dans la fidélité à vingt siècles de profession de la même foi.
Nous considérons donc comme nul tout ce qui a été inspiré par cet esprit de reniement : toutes les réformes post-conciliaires, et tous les actes de Rome qui sont accomplis dans cette impiété [31].
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8. L’année suivante, 1987, dans le sermon des ordinations, Mgr Lefebvre expliqua que deux faits particulièrement graves l’avaient désormais convaincu de la nécessité de sacrer un évêque : 1) la réunion interreligieuse d’Assise ; 2) la réponse qu’il avait reçue de Rome à ses Dubia sur la liberté religieuse. Ces Dubia étaient un ensemble de questions posées à la Congrégation de la foi [32]. Dans sa réponse, Rome confirmait sa volonté de détruire la doctrine de la Royauté sociale de Notre-Seigneur, prétextant l’incompétence de l’État en matière religieuse.
La réplique de Monseigneur à cette « réponse », ce fut son livre : Ils l’ont découronné [33], paru le jour des ordinations 1987.
Il faut le dire. Je ne puis pas me taire. Je ne puis pas le cacher, cette année a été une année très grave pour l’Église catholique, pour nous catholiques, pour nous prêtres catholiques.
Vous le savez, différents écrits l’ont rapporté, j’ai eu l’occasion de dire que j’attendais des signes de la Providence pour accomplir les actes qui me paraissent nécessaires pour la continuation de l’Église catholique. Je dois avouer maintenant que j’ai la conviction que ces signes sont venus.
Quels sont-ils ? Il y en a deux : Assise et la réponse qui nous a été faite de Rome aux objections que nous avions formulées à propos de la liberté religieuse. […] En elle-même, elle est plus grave encore qu’Assise.
Assise est un fait historique, une action. Mais, la réponse à nos objections sur la liberté religieuse est une affirmation de principes et cela est donc très grave. Une chose est d’accomplir simplement une action grave et scandaleuse, autre chose est d’affirmer des principes faux et erronés, qui par conséquent ont dans la pratique des conclusions désastreuses.
C’est pourquoi la Providence a voulu que par un certain concours de circonstances nous ayons rédigé ce livre qui vient de paraître : Ils l’ont découronné. Ils l’ont découronné ! Qui a donc découronné et qui a été découronné ?
Qui a été découronné ? Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Qui l’a découronné ? Les autorités romaines d’aujourd’hui [34].
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9. Nous arrivons au terme de cette longue série de déclarations avec les sacres de l’année 1988, qui sont comme le sommet de la confession de foi de Mgr Lefebvre [35].
On a reproché à Monseigneur cette décision, lui opposant ses propres paroles de 1984, figurant à la fin de son ouvrage Lettre aux catholiques perplexes :
On écrit aussi qu’après moi mon œuvre disparaîtra, parce qu’il n’y aura pas d’évêques pour me remplacer. Je suis certain du contraire, je n’ai aucune inquiétude. Je peux mourir demain, le bon Dieu a toutes les solutions. Il trouvera de par le monde, je le sais, suffisamment d’évêques pour ordonner nos séminaristes [36].
On en a conclu qu’en prenant la décision de rompre le protocole d’accord de mai 1988 et de sacrer des évêques sans mandat pontifical, Mgr Lefebvre avait changé d’avis et manqué de confiance en la divine Providence. C’est faire un total contresens. Dès 1983, Mgr Lefebvre s’était expliqué sur ce point devant ses séminaristes. Conscient de ses responsabilités, il envisageait déjà la possibilité de consacrer un évêque, mais il attendait des signes de la Providence pour savoir si Dieu lui demandait de poser un tel acte ou bien si la Providence y pourvoirait autrement :
J’attends. Je ne dis pas que ce ne puisse pas se faire un jour. Je n’en sais rien. J’attends les indications plus précises de la Providence. Indications qui peuvent être des événements inconnus, je n’en sais rien. Événements politiques, événements ecclésiastiques… Pour le moment, il n’est pas question de consacrer un évêque [37].
On a vu plus haut que Monseigneur vit précisément dans la cérémonie d’Assise et dans la réponse de Rome aux Dubia, une double indication de la Providence.
Le 16 décembre 1983, il déclarait encore aux séminaristes à propos de l’éventualité d’un sacre :
Il n’est pas question pour moi de faire quelque chose qui soit contraire à la volonté de Dieu, contraire aux lois de l’Église. Mais, vous me direz, les lois de l’Église, il y en a justement qui… [s’opposent à des consécrations sans mandat pontifical]. C’est qu’il faut savoir ne pas tomber dans un légalisme étroit et mesquin. […] Le Droit lui-même a prévu des situations extraordinaires. A quoi se réfère le Droit pour donner à des prêtres la juridiction dans des cas extraordinaires [pour les confessions et les cas de mariage] ? Eh bien, il faut recourir aux lois générales de l’Église, au salut des âmes, à la nécessité de sauver les âmes. Ainsi, quand, dans certaines circonstances, on ne peut pas appliquer les lois particulières, alors c’est la loi générale qui intervient. […] Il s’agit donc de savoir simplement si, oui ou non, nous sommes dans des circonstances extraordinaires. A cela, je pense que vous pouvez répondre aussi bien que moi [38].
Après avoir pris plusieurs exemples montrant les contradictions romaines, Monseigneur concluait :
Ne disons pas que la situation est normale. Nous ne pouvons pas agir, nous ne pouvons pas penser, nous ne pouvons pas juger, nous ne pouvons pas décider comme si la situation était normale. […] La situation à Rome est absolument invraisemblable ! […] Réfléchissons un peu quand même. Ayons les yeux ouverts. Ne nous laissons pas prendre dans un espèce de légalisme qui nous ferait faire des choses que nous ne pouvons pas accepter et qui nous ferait perdre petit à petit la vraie foi catholique [39].
C’est donc à cause de l’état de nécessité créé par cette situation invraisemblable que, le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre décida de sacrer quatre évêques avec Mgr de Castro Mayer :
Il me semble entendre, mes bien chers frères, les voix de tous ces papes depuis Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, saint Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII, nous dire : « Mais de grâce, de grâce, qu’allez-vous faire de nos enseignements, de notre prédication, de la foi catholique ? Allez-vous l’abandonner ? Allez-vous la laisser disparaître de cette terre ? De grâce, de grâce, continuez à garder ce trésor que nous vous avons donné. N’abandonnez pas les fidèles, n’abandonnez pas l’Église ! Continuez l’Église ! Car enfin, depuis le Concile, ce que nous avons condamné, voici que les autorités romaines l’adoptent et le professent. Comment est-ce possible ? Nous avons condamné : le libéralisme, le communisme, le socialisme, le modernisme, le sillonisme. Toutes les erreurs que nous avons condamnées, voici maintenant qu’elles sont professées, adoptées, soutenues par les autorités de l’Église. Est-ce possible ? Si vous ne faites pas quelque chose pour continuer cette tradition de l’Église que nous vous avons donnée, tout disparaîtra. L’Église disparaîtra. Les âmes seront perdues. » […]
Ce n’est pas à moi à savoir quand la Tradition retrouvera ses droits à Rome, mais je pense que c’est mon devoir de donner les moyens de faire ce que j’appellerai une « opération survie » dans la tradition. Aujourd’hui, cette journée, c’est l’opération survie, et si j’avais poursuivi avec Rome, en continuant les accords que nous avons signés et en poursuivant la mise en pratique de ces accords, je faisais « l’opération suicide ». Je ne le peux pas. Il n’y a pas de choix. Je suis obligé, car nous devons survivre. C’est pourquoi, aujourd’hui, en consacrant ces évêques, je suis persuadé de continuer à faire vivre la Tradition, c’est-à-dire à servir l’Église catholique [40].
*
Oui, vraiment, Mgr Lefebvre fut un confesseur de la foi. En lisant tous ces textes, comment douter qu’il ne fût envoyé de Dieu comme un nouveau Jérémie pour conforter le petit troupeau fidèle et dénoncer les assassins de la foi ?
Puis Yahvé étendit la main et toucha ma bouche. Et Yahvé me dit :
« Voici que je mets mes paroles dans ta bouche ; vois, je t’établis en ce jour sur les nations et les royaumes, pour arracher et pour abattre, et pour perdre et pour détruire, et pour planter et pour bâtir.
[…] Et toi, ceins tes reins, lève-toi et dis-leur tout ce que je t’ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, de peur que je ne te laisse trembler devant eux. Et moi, voici que je t’établis en ce jour comme une ville forte, une colonne de fer et une muraille d’airain [41]. »
*
Nous concluerons par ces paroles prononcées par M. l’abbé Schmidberger, qui était alors Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, à la fin de l’homélie de la messe d’enterrement de Mgr Lefebvre :
Mgr Lefebvre a formé une petite élite qui est à la disposition du Saint-Siège et des évêques ; mais permettez-moi de préciser : elle est à leur disposition en excluant tout compromis et toute concession vis-à-vis des erreurs du concile Vatican II et des réformes qui en découlent. Tant que l’esprit de destruction soufflera dans les évêchés et les dicastères romains, il n’y aura aucune harmonisation ni accord possibles. Nous voulons travailler à la construction de l’Église et non pas à sa démolition. On lit dans les journaux que Rome aurait attendu jusqu’à la fin le repentir de Monseigneur. De quoi peut se repentir un homme qui a accompli son devoir jusqu’au bout en préservant ou en redonnant à l’Église les moyens qui sont absolument nécessaires à la sainteté ? N’était-ce pas une bonne œuvre de lui donner des pasteurs catholiques, elle qui est occupée par des mercenaires, des voleurs et des larrons ? « Et pour cette bonne œuvre vous lapidez votre frère » (Jn 10, 32).
En cette heure, nous supplions Rome et les évêques : abandonnez l’œcuménisme funeste, la laïcisation de la société et la protestantisation du culte divin, retournez à la saine tradition de l’Église ; même si vous scellez le tombeau que vous avez creusé à la vraie sainte Messe, au catéchisme du concile de Trente et au titre de Roi universel de Jésus-Christ, par mille décrets et excommunications : la vie ressuscitera du tombeau même fermé. « Jérusalem, convertis-toi au Seigneur ton Dieu ! » Un signe essentiel d’une telle conversion et d’un tel retour pourrait être, une fois fermé le tombeau de Mgr Lefebvre, l’ouverture officielle d’un procès d’information pour constater le degré héroïque de ses vertus [42].
Textes de Mgr Marcel Lefebvre
parus dans Le Sel de la terre
(Les nombres entre parenthèse renvoient : le premier, en caractère gras, au numéro de la revue ; le second, en caractère ordinaire, à la page. La liste est donnée selon l’ordre de parution dans la revue.)
— Sermon pour les obsèques de sœur Marie de la Croix (1, 104).
— Lettres au sujet de la liberté religieuse (dans article sur Dignitatis humanæ, 2, 25-29).
— Lettre-préface (Théologie de l’histoire du R.P. Calmel) (12 bis, 272).
— Les pro et les anti-Syllabus (extrait d’une conférence de septembre 1990) (dans article sur catholicisme libéral, 14, 106).
— Il y a vingt ans : l’été chaud (18, 217).
Article paru dans le Le Figaro du mercredi 4 août 1976, donnant un texte composé par Mgr Lefebvre deux jours plus tôt.
— Préface de Mgr Lefebvre à L’Église romaine en face de la Révolution par J. Crétineau-Joly (16 septembre 1976) (21, 168).
— Il y a dix ans : les sacres (textes de Mgr Lefebvre) (25, 144).
– Déclaration (21 novembre 1974).
– Déclaration publique à l’occasion de la consécration épiscopale de plusieurs prêtres de la Fraternité Saint-Pie X (texte donné le 30 juin 1988).
– Extrait de la lettre de Mgr Lefebvre à ses prêtres sur le sacre et la juridiction (27 avril 1987).
– Lettre de Mgr Lefebvre aux futurs évêques (28 août 1987).
– Lettre au pape (2 juin 1988).
– Extraits du sermon du 30 juin 1988.
– Lettre ouverte à son Eminence le cardinal Gantin (6 juillet 1988 – Lettre des principaux supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X).
— Homélie pour l’année sainte (24 mai 1975 à saint Jean de Latran) (27, 203).
— Recommandations de Mgr Lefebvre avant les sacres (28, 164), suivies de :
– Rome et la « réconciliation » : la lettre de l’abbé C. (2 juin 1988).
– La lettre de Mgr Lefebvre au pape (2 juin 1988).
— La Petite histoire de ma longue histoire, vie de Mgr Lefebvre racontée par lui-même (extraits) (30, 172).
— La réitération d’Assise à Rome (30, 186) :
– Déclarations à l’occasion des prises de soutane et de la collation des Ordres mineurs (Écône, 1er et 2 février 1986).
– Un seul dénominateur commun : le grand architecte (Conférence faite à Paris, à l’Institut Saint-Pie X, le 8 mars 1986).
– Sermon de la fête de Pâques (Écône, le 30 mars 1986).
– Sermon des ordinations sacerdotales (Écône, le 27 juin 1986).
– Lettre de Mgr Lefebvre à plusieurs cardinaux avant la réunion d’Assise (27 août 1986).
– Les dessins de Monseigneur.
– Déclaration de Mgr Lefebvre et de Mgr Antonio de Castro Mayer faisant suite à la visite de Jean-Paul II à la synagogue et au congrès des religions à Assise.
– Assise : la super-religion (Conférence donnée à Madrid, le 28 octobre 1986).
– Une année très grave pour l’Église (Sermon des ordinations sacerdotales, le 29 juin 1987).
— Mise en garde de Mgr Lefebvre et de Mgr de Castro Mayer (31 août 1985) (31, 174).
— Mgr Lefebvre : nos relations avec « Rome » (Conférence donnée à la retraite sacerdotale, le 4 septembre 1987 à Écône) (31, 193).
— Peut-on assister aux messes de l’« indult » ? (Réponses de Mgr Lefebvre à l’abbé Émily) (31, 208).
• Article sur Mgr Lefebvre :
— « De la race des Francs : Monseigneur Lefebvre » par S. Exc. Mgr B. Tissier de Mallerais (19, 243).
• Recensions :
— C’est moi l’accusé qui devrais vous juger ! (Mgr M. Lefebvre) (14, 193).
— La raison de notre combat : la messe catholique (contenant La Messe de Luther de Mgr Lefebvre et le Bref examen critique) (30, 208).
• Voir également :
— Études relatives aux sacres de 1988 dans les numéros 4, 5, 7, 8 (abbé G. Mura) : « Les sacres épiscopaux de 1988 : étude théologique ».
— La « Déclaration des prêtres de Campos » (6, 196).
— « Sacre épiscopal à Campos » (18, 190) (Sacre de Mgr Licinio Rangel, le 28 juillet 1991 ; extraits de l’étude des prêtres de Campos intitulée Sagração episcopal em Campos, « Operação sobrevivência da Tradição », um bispo para os católicos fiéis à Tradição no Brasil.
— « Déclaration de soutien à Mgr Lefebvre » (juin 1988) (26, 168).
— « Profession de foi de Mgr Lazo » (24 mai 1998) (26, 162).
[1] — Mgr Lefebvre, 7 janvier 1991.
[2] — Sermon des consécrations épiscopales, 30 juin 1988.
[3] — « Il est beaucoup plus grave de corrompre la foi qui assure la vie de l’âme que de falsifier la monnaie qui permet de subvenir à la vie temporelle. » (II-II, q. 11, a. 3, c.).
[4] — Fideliter 59, septembre-octobre 1987, p. 132.
[5] — II-II, q. 3, a. 2, ad 2.
[6] — « Saint Jérôme dit ceci : “Il faut couper les chairs pourries et chasser de la bergerie la brebis galeuse, de peur que toute la maison, toute la masse, tout le corps et tout le troupeau, ne souffre, ne se corrompe, ne pourrisse et périsse. Arius dans Alexandrie fut une étincelle ; mais, parce qu’il n’a pas été aussitôt étouffé, sa flamme a ravagé tout l’univers”. » (II-II, q. 11, a. 3, c.)
[7] — Voir Mgr Lefebvre, Le Mystère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Bitche, Clovis, 1995 ; Lettres pastorales et écrits, Eguelshardt, Fideliter, 1989.
[8] — Itinéraire spirituel à la suite de saint Thomas d’Aquin dans sa Somme théologique, Écône, séminaire Saint-Pie X, 1990.
[9] — Eguelshardt, éditions Fideliter, 1994.
[10] — Préface de J’accuse le Concile, Martigny, éditions Saint-Gabriel, 1976.
[11] — Voir par exemple la préface du livre de J. Crétineau-Joly : L’Église romaine face à la Révolution, publiée dans Le Sel de la terre 21, p. 168. Monseigneur a également souvent cité le livre de Marsaudon : L’Œcuménisme vu par un franc-maçon de tradition (Paris, Vitiano, 1964). De même Moscou et le Vatican du père Ulisse Floridi (Paris, France-Empire, 1976).
[12] — Lettre aux Amis et Bienfaiteurs nº 9, octobre 1975.
[13] — Certes, Mgr Lefebvre n’a pas attendu le Concile pour dénoncer les erreurs modernes. On peut le constater en lisant Un évêque parle (DMM, plusieurs éditions). Mais, avec le Concile, cette dénonciation prend une ampleur nouvelle.
[14] — Allusion à la lettre de Paul VI à Mgr Lefebvre du 29 juin 1975 : « Comment aujourd’hui quelqu’un pourrait-il se comparer à saint Athanase, en osant combattre un concile comme le deuxième concile du Vatican, qui ne fait pas moins autorité, qui est même sous certains aspects plus important encore que celui de Nicée ? » (Voir Itinéraires, « La condamnation sauvage de Mgr Lefebvre », décembre 1976, p. 67.)
[15] — J’accuse le Concile, « Note à propos du titre », p. 7-9 (27 août 1976).
[16] — Voir par exemple : Alberigo, Histoire du concile Vatican II, Paris, Cerf/Peeters (3 volumes parus).
[17] — Préface de J’accuse le Concile.
[18] — C’est le premier dimanche de l’Avent 30 novembre 1969 que le Novus Ordo Missæ (promulgué en avril de la même année) entra en vigueur.
[19] — Conférence spirituelle à Écône (COSPEC), 15 décembre 1983.
[20] — Déclaration du 21 novembre 1974. Texte complet dans Le Sel de la terre 25, p. 144.
[21] — Relation de Mgr Lefebvre du 30 mai 1975.
[22] — Lettre manuscrite photocopiée, envoyée par Monseigneur à ses amis le 29 juillet 1976.
[23] — Texte complet dans Itinéraires, « La condamnation sauvage de Mgr Lefebvre », décembre 1976, p. 124 sq. On trouvera aussi le texte dans la plaquette Notre croisade, éditions du Lion, Lyon, 1997.
[24] — Photocopie des Izvestia du 13 septembre 1976 (traduction par nos soins).
[25] — Notre croisade, éditions du Lion, Lyon, 1997, p. 37-38.
[26] — Supplément à Fideliter 37, janvier-février 1984.
[27] — COSPEC du 15 décembre 1983.
[28] — Ibid.
[29] — Lettre ouverte au pape, 21 novembre 1983.
[30] — « C’est ici votre heure et la puissance des ténèbres » (Lc 22, 52-53).
[31] — Le Sel de la terre 30, p. 198.
[32] — Ces Dubia ont été édités sous le titre : Mes doutes sur la liberté religieuse, Étampes, Clovis, 2000.
[33] — Eguelshardt, éditions Fideliter, 1987.
[34] — Le Sel de la terre 30, p. 200.
[35] — Sur les sacres, voir les textes de Mgr Lefebvre publiés dans notre numéro 25, p. 144 sq.
[36] — Lettre aux catholiques perplexes, Paris, Albin Michel, 1985, p. 216.
[37] — COSPEC, 15 décembre 1983.
[38] — COSPEC, 16 décembre 1983.
[39] — Ibid.
[40] — Sermon de la cérémonie de consécration des évêques, 30 juin 1988.
[41] — Jr 1, 9-10 et 17-18.
[42] — Homélie de la messe de funérailles, le 2 avril 1991. Texte distribué lors de la cérémonie.

