Présentation
du Catéchisme des vérités opportunes
de Mgr de Castro Mayer
par S. Exc. Mgr Licinio Rangel
POUR PRÉSENTER ce « Catéchisme » rien n’est plus à propros que de transcrire quelques points de la « Lettre pastorale sur les problèmes de l’apostolat moderne » qui lui sert d’introduction.
Voici quelques-uns des points initiaux de cette Lettre pastorale magistrale et toujours d’actualité :
De tous les devoirs qui incombent à l’évêque, aucun ne surpasse en importance celui de fournir aux brebis qui lui ont été confiées par le Saint‑Esprit, la nourriture salutaire de la vérité révélée.
Cette obligation est particulièrement pressante de nos jours. Car l’immense crise dans laquelle se débat le monde résulte, en dernière analyse, du fait que les pensées et les actions des hommes ont été dissociées des enseignements et des normes tracés par l’Église, et ce n’est que par un retour de l’humanité à la vraie foi que cette crise pourra trouver un remède.
Il importe, en effet, au plus haut degré, de lancer, unies et disciplinées, toutes les forces catholiques, toute l’armée pacifique du Christ-Roi, à la conquête des peuples qui gémissent à l’ombre de la mort, trompés par l’hérésie ou le schisme, par les superstitions du paganisme antique ou par les multiples idoles du néopaganisme moderne.
Pour que cette offensive générale, tant désirée par les souverains pontifes, soit efficace et victorieuse, il importe que les forces catholiques elles-mêmes demeurent pures des erreurs qu’elles doivent combattre. La préservation de la foi parmi les fils de l’Église est une mesure nécessaire et souveraine pour l’instauration du règne du Christ sur la terre.
L’histoire nous enseigne que la tentation contre la foi, toujours la même dans ses éléments essentiels, se présente, à chaque époque sous un aspect nouveau. L’arianisme, par exemple, qui exerça une si grande force de séduction au IVe siècle, aurait peu intéressé l’européen frivole et voltairien du XVIIIe ; et l’athéisme déclaré et radical du XIXe aurait eu de faibles chances de succès au temps de Wyclif et de Jean Hus.
En outre, la tentation contre la foi a l’habitude d’agir avec une intensité différente à chaque génération. Elle parvient à entraîner l’une totalement vers l’hérésie. A l’autre, sans l’arracher de manière formelle et déclarée au giron maternel de l’Église, elle insuffle son esprit, en sorte que, chez beaucoup de catholiques qui récitent correctement les formules de la foi et croient, parfois sincèrement, adhérer sans restriction aux enseignements du magistère ecclésiastique, le cœur bat sous l’influx de doctrines condamnées par l’Église.
De là, l’opportunité de la méthode employée par Mgr Antonio de Castro Mayer, juxtaposant « les doctrines que l’Église a condamnées », latentes dans le cœur d’un grand nombre, spécialement en ces temps de crise post-conciliaire, et l’affirmation claire de la doctrine authentique du magistère ecclésiastique.
Si déjà grave était la crise désignée par Dom de Castro Mayer au milieu du siècle précédent, qu’en dire après trois décades de subversion conciliaire ?
Cependant, bien qu’ayant parcouru un demi-siècle d’existence, la Lettre pastorale de Mgr de Castro Mayer, avec le Catéchisme des vérités opportunes qui s’opposent aux erreurs contemporaines, conserve toute son actualité, parce que « les erreurs contemporaines » que combattent ces « vérités opportunes » n’ont fait que s’aggraver avec la crise conciliaire. On peut même dire que celle-ci n’est autre chose qu’une explosion des erreurs alors dénoncées par Dom Antonio de Castro Mayer. Il suffit d’en rappeler un aspect : la réforme liturgique conciliaire, avec tout son caractère dévastateur, était contenue en germe dans les erreurs du liturgicisme condamné dans les propositions de la Lettre pastorale de Dom de Castro Mayer.
Félicitations, donc, aux responsables de la prestigieuse revue Le Sel de la terre pour l’initiative de cette publication à l’occasion du dixième anniversaire du rappel à Dieu de son auteur.
† Dom Licinio Rangel
Mgr de Castro Mayer en chaire |

