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La conférence entre Luther et le diable


 

NDLR : Nous publions ici la traduction française de la conférence entre Luther et le diable telle qu’elle a été publiée en 1875 par Isidore Liseux (Paris). Il s’agit d’une réédition de l’ouvrage publié à la fin du XVIIe siècle par l’abbé de Cordemoy (Paris, 1681, 1684, 1701, in-12) et réimprimé par Lenglet-Dufresnoy en 1715 dans son « Recueil de Dissertations sur les Apparitions, les Visions et les Songes » (Paris, 4 vol. in-12). Cette édition est accompagnée de notes de Lenglet-Dufresnoy et de remarques de l’abbé de Cordemoy qui établissent la véracité de ce récit et répondent aux arguments que les luthériens ont essayé d’avancer pour réfuter ce texte. Il nous a semblé qu’à l’époque de l’œcuménisme et de la « Nouvelle Messe », largement inspirée des idées de Luther, cette pièce était à verser au dossier.

 

 

 

La conférence entre Luther et le diable

 

Racontée par Luther lui-même dans son livre De la messe privée [1] et de l’onction des prêtres [2].

 

IL m’arriva une fois de m’éveiller en sursaut vers le milieu de la nuit : Satan était là qui, sans tarder, ouvrit la discussion.

« Ecoute, me dit-il, Luther, docteur savantissime. Tu sais que, durant quinze années, tu as célébré des messes privées ; que dirais-tu si ces messes privées étaient une horrible idolâtrie ? Que dirais-tu si le corps et le sang du Christ n’y avaient pas été présents, et que tu n’eusses adoré, fait adorer aux autres que du pain et du vin ? »

Je lui répondis [3] : « J’ai été ordonné prêtre, j’ai reçu l’onction et la consécration des mains de l’évêque, et j’ai fait tout cela par obéissance aux commandements de mes supérieurs. Pourquoi n’aurais-je pas consacré, puisque j’ai prononcé sérieusement les paroles du Christ, et que j’ai célébré ces messes avec un grand sérieux ? Tu le sais bien. »

« — Tout cela est vrai, me dit-il, mais les Turcs et les païens, eux aussi, font toutes choses dans leurs temples par obéissance ; ils pratiquent très sérieusement leurs cérémonies. Les prêtres de Jéroboam faisaient aussi toutes choses avec un grand zèle et en toute conscience, contre les vrais prêtres de Jérusalem. Que dirais-tu si ton ordination et ta consécration étaient aussi fausses que les prêtres des Turcs et des Samaritains sont faux, et leur culte faux et impie ? »

« Premièrement, tu dois savoir, continua-t-il, que tu n’avais alors ni connaissance du Christ, ni vraie foi, et qu’en ce qui regarde la foi, tu ne valais pas mieux qu’un Turc. Car le Turc [4] et même tous les diables croient ce qu’on raconte du Christ : qu’il est né, qu’il a été crucifié, qu’il est mort, etc. Mais ni le Turc, ni nous autres, esprits réprouvés, nous n’avons de confiance en sa miséricorde, nous ne le reconnaissons pas pour notre Médiateur ou notre Sauveur ; au contraire, nous en avons horreur, comme d’un juge cruel.

« Telle était ta foi, tu n’en avais point d’autre [5], quand tu reçus l’onction de l’évêque ; et tous ceux qui donnaient l’onction, comme ceux qui la recevaient, pensaient ainsi, et non autrement, de Jésus-Christ. C’est pourquoi, vous éloignant du Christ comme d’un juge cruel, vous aviez recours à la Vierge Marie et aux Saints [6] ; c’étaient vos médiateurs entre le Christ et vous. Voilà comme on a ravi sa gloire à Jésus-Christ [7]. C’est ce que ni toi [8], ni aucun autre papiste ne pourra nier. Donc vous avez été oints, consacrés et tondus, et vous avez sacrifié à la messe comme des païens, et non comme des chrétiens. Comment donc auriez-vous pu consacrer dans une pareille messe, ou célébrer vraiment la messe ? Il n’y avait là personne ayant pouvoir de consacrer, et n’est-ce pas, selon votre propre doctrine, un vice essentiel ? »

« Secondement, tu as été ordonné prêtre, et tu as abusé de la messe contre son institution, contre la pensée et le dessein du Christ qui l’a instituée. Car le Christ a voulu que le sacrement fût distribué entre les fidèles qui communient, et qu’il fût donné à l’Église pour être mangé et pour être bu. Le vrai prêtre, en effet, est établi ministre de l’Église pour prêcher le verbe et conférer les sacrements, comme le portent les paroles du Christ en la cène et celles de saint Paul dans sa première Épître aux Corinthiens (chap. II) où il est question de la cène du Seigneur. De là est venu que les anciens l’ont appelée communion parce que, suivant l’institution du Christ, ce n’est pas le prêtre seul qui doit user du sacrement, mais tous les autres chrétiens ses frères avec lui. Et toi, pendant quinze longues années, tu as toujours, en disant la messe, gardé le sacrement pour toi seul, tu n’en as rien communiqué aux autres. Bien plus, il t’était interdit [9] de le leur donner tout entier. Quel sacerdoce est-ce donc là ? Quelle messe et quelle consécration ? Quelle sorte de prêtre es-tu, qui n’as pas été ordonné pour l’Église, mais pour toi-même ? Voilà, certes, une onction dont le Christ ne sait rien et qu’il ne reconnaît pas. »

« Troisièmement, la pensée et le dessein du Christ, ses paroles l’indiquent assez, c’est qu’en faisant usage du sacrement, nous annoncions sa mort. « Faites ceci », dit-il, en mémoire de moi, et, comme ajoute saint Paul, jusqu’à ce qu’il vienne. Et toi, diseur de messes privées, dans toutes tes messes tu n’as pas même une seule fois prêché ou confessé le Christ ; tu t’es réservé pour toi seul le sacrement [10] ; et les paroles de la cène, tu les as marmottées pour toi seul, entre tes dents, comme si tu sifflais. Est-ce là l’institution du Christ ? Sont-ce là les actes qui feront voir en toi le prêtre du Christ ? Est-ce là se comporter en prêtre chrétien et pieux ? Est-ce pour cela que tu as été ordonné ? »

« Quatrièmement, il est clair que la pensée et le dessein, l’institution du Christ, c’est que les autres chrétiens participent au sacrement. Mais toi, tu as reçu l’onction, non pour distribuer le sacrement, mais pour sacrifier, et contre l’institution du Christ, tu as fait de la messe un sacrifice. C’est bien d’ailleurs ce que signifient clairement les paroles de l’ordonnateur, car au moment où, selon le rite traditionnel, il met le calice dans les mains du nouveau prêtre : “Reçois, lui “dit-il, la puissance de consacrer et de sacrifier pour les vivants et pour les morts”. Quelle perversité, ô malheur ! Quelle infamie dans cette onction, dans cette ordination ! Voilà une viande, voilà un breuvage que le Christ a institués pour toute l’Église, pour tous ceux qui communient avec le prêtre, et tu en fais, toi, un sacrifice propitiatoire devant Dieu ? Ô abomination qui passe toute abomination ! »

« Cinquièmement, la pensée et le dessein du Christ, nous l’avons dit, est que le sacrement soit distribué à l’Église et aux communiants pour relever et affermir leur foi contre les diverses tentations du péché, du diable, etc., et aussi pour renouveler et prêcher le bienfait du Christ. Mais toi, tu l’as considéré comme une chose toute personnelle, que tu pouvais faire sans les autres ou leur communiquer à ta fantaisie, soit gratuitement, soit pour de l’argent. Je te le demande, que peux-tu nier de tout cela ? Ainsi, c’est là le prêtre que tu as été, sans Christ et sans vraie foi ! un prêtre consacré et ordonné contre la pensée et l’institution du Christ, non afin de conférer le sacrement aux autres, mais afin de sacrifier pour les vivants et pour les morts ! Non, tu n’as pas été ordonné pour être ministre de l’Église. De plus, n’ayant jamais distribué le sacrement aux autres, tu n’as pas prêché le Christ dans ta messe et tu n’as rien fait, en somme, de ce que le Christ a institué. Eh bien ! ne vois-tu pas que tu as été oint et ordonné par l’évêque contre le Christ, n’est-il pas évident que ton onction et ton ordination sont impies, fausses et anti-chrétiennes ? Je soutiens donc que tu as simplement offert, adoré et fait adorer aux autres du pain et du vin [11]. »

« Tu vois à présent que, dans ta messe, il manque tout d’abord une personne qui ait pouvoir de consacrer, c’est-à-dire un homme chrétien. En second lieu, qu’il y manque une personne pour qui l’on consacre et à qui l’on doive conférer le sacrement, c’est-à-dire l’Église, le reste des fidèles et le peuple. Mais toi, impie, toi ignorant du Christ, tu es là debout, seul [12], et tu t’imagines que c’est pour toi que le Christ a institué le sacrement et qu’il te suffit de dire un mot dans ta messe pour fabriquer incontinent le corps et le sang du Seigneur ; quand, au lieu d’être un membre du Christ, tu es son ennemi. Troisièmement, il manque ici l’esprit, l’intention, le fruit et l’usage du sacrement, toutes choses en vue desquelles le Christ l’a institué. Car le Christ a institué le sacrement au profit de l’Église pour être mangé et pour être bu, pour fortifier la foi des fidèles, pour prêcher et pour exalter dans la messe le bienfait du Christ. Maintenant, de ta messe à toi, personne, dans le reste de l’Église, n’en connaît rien ; tu n’en dis rien, tu n’en donnes rien à personne [13] ; seul dans ton coin, silencieux et muet, tu manges tout seul, tu bois tout seul ; ignorant de la parole du Christ, incrédule, indigne, tu ne fais communier personne avec toi et, suivant l’usage qui vous fut cher, tu vends cela pour de l’argent comme de bon ouvrage [14] »

« Si donc tu n’es pas la personne qui puisse et doive consacrer ; si pareillement il n’y a personne à ta messe pour recevoir le sacrement ; si encore tu bouleverses, détruis ou dénatures complètement l’institution du Christ ; si en un mot tu as été oint pour faire tout cela contre le Christ et l’institution du Christ, qu’est-ce alors que ton onction, ta messe et ta consécration, sinon blasphème et tentation de Dieu ? D’où il suit que tu n’es pas véritablement prêtre, ni le pain véritablement le corps du Christ. »

« Je ferai une comparaison : supposons qu’on administre le baptême là où il n’y a personne à baptiser ; qu’un évêque, par exemple (selon la coutume ridicule [15] qui a eu cours chez les papistes), s’avise de baptiser une cloche ou une sonnette, c’est-à-dire chose qui ne peut ni ne doit être baptisée : dis-moi je te prie, serait-ce là un véritable baptême ? Ici tu es bien forcé de convenir que non. Car qui pourrait baptiser ce qui n’existe point [16], ou ce qui n’est point personne apte à être baptisée ? Quelle sorte de baptême serait-ce là si, en versant de l’eau, je prononçais en l’air ces paroles : Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ? Qui donc, dans ce cas, recevrait la rémission de ses péchés, ou le Saint-Esprit ? L’air ou la cloche ? Il n’y a point là de baptême, c’est palpable, encore que les paroles du baptême soient prononcées, ou que l’eau soit répandue, car il manque une personne qui puisse recevoir le baptême. Eh bien, que dirais-tu si dans ta messe il en était de même, si tu prononçais des paroles, croyant recevoir le sacrement, et que toutefois tu ne reçusses que du pain et du vin ? Car la personne qui doit recevoir, l’Église, est absente ici ; et toi, impie, toi incrédule, tu n’es pas plus capable de recevoir le sacrement que la cloche de recevoir le baptême ; enfin tu n’es rien du tout quant au sacrement [17] »

« Tu diras peut-être : c’est vrai, je ne confère pas le sacrement aux autres membres de l’Église, mais je le prends moi-même, je me le confère à moi-même. Et il y en a plusieurs parmi les autres qui, tout incrédules qu’ils sont, reçoivent le sacrement ou le baptême ; et cependant c’est un vrai baptême, un vrai sacrement qu’ils reçoivent. Pourquoi alors n’y aurait-il pas dans ma messe un vrai sacrement ? Mais ce n’est pas la même chose : dans le baptême en effet (même lorsqu’il est conféré dans un cas pressant), il y au moins deux personnes, celle qui baptise et celle qui doit être baptisée, et souvent aussi plusieurs autres membres de l’Église. Et la fonction de celle qui baptise est telle qu’elle communique quelque chose aux autres personnes de l’Église, au lieu de le prendre pour elle seule, au détriment des autres, comme tu le fais, toi, dans ta messe. Enfin tous les accessoires de l’œuvre principale sont ici selon l’ordre et la règle de l’institution du Christ : ta messe, au contraire, est opposée à l’institution du Christ [18]. »

« En second lieu, pourquoi n’enseignez-vous pas qu’on peut se baptiser soi-même ? Pourquoi condamnez-vous un baptême de cette espèce ? Pourquoi rejetez-vous la confirmation que, d’après vos rites, on se donnerait à soi-même ? Pourquoi la consécration ne vaudrait-elle rien, si quelqu’un se consacrait prêtre lui-même ? Pourquoi n’y aurait-il point d’absolution, si on s’absolvait soi-même ? Pourquoi point d’onction, si un malade à l’extrémité se la donnait à lui-même, selon les formes usitées chez vous ? Pourquoi point de mariage si quelqu’un s’épousait lui-même, ou voulait forcer une fille et prétendre que ce serait là un mariage, même malgré la fille ? Car voilà bien, avec l’eucharistie, vos sept sacrements. Or si personne ne peut faire aucun de vos sacrements ni en user pour soi-même, comment expliques-tu que tu veuilles faire pour toi seul ce sacrement suprême, l’eucharistie ? »

« Il est vrai sans doute que le Christ s’est pris lui-même dans le sacrement et que tout ministre quelconque, en le conférant aux autres, le prend aussi pour lui. Mais il ne le consacre pas pour lui seul : il le prend de communauté avec les assistants et avec l’Église, et tout se passe conformément au verbe de Dieu, selon l’ordre et le commandement du Christ. Quand je parle ici de consécration, c’est pour demander si un prêtre peut consacrer et réaliser le sacrement pour lui seul ; car je sais fort bien qu’une fois la consécration faite, il peut en user comme les autres : c’est une communion, et la table du Seigneur est ouverte à tous. De même, quand j’ai demandé si l’on pouvait se donner l’onction et s’appeler soi-même, je savais de reste qu’une fois oint et appelé, on pouvait ensuite user de sa vocation. De même encore, en parlant de quelqu’un qui violerait une fille, j’ai demandé s’il suffirait au mécréant d’appeler mariage cette conjonction ; mais je sais fort bien que, si la fille consent d’abord au mariage, la conjonction qui s’ensuit est un mariage. »

 

Dans cette angoisse, dans ce débat contre le diable [19], je voulais repousser l’ennemi avec les armes qui m’étaient familières sous la papauté ; je lui objectais l’intention et la foi de l’Église, foi et intention auxquelles je m’étais conformé en célébrant des messes privées. À supposer, disais-je, que je me sois trompé dans ma foi et dans ma pensée, encore est-il certain que la foi de l’Église, la pensée de l’Église ont été en cela ce qu’elles devaient être.

Mais Satan, avec plus de force et de véhémence : « Ah çà, me dit-il, fais-moi donc voir où il est écrit qu’un impie, un incrédule, puisse officier à l’autel du Christ, et consacrer, réaliser le sacrement dans la foi de l’Église [20] ? Où est-ce que Dieu a prescrit ou ordonné cela ? Comment prouveras-tu que l’Église te communique son intention pour dire ta messe privée ? Et si, maintenant, tu ne possèdes pas le verbe de Dieu, si ta science vient des hommes et non du Verbe, alors ta doctrine entière n’est que mensonge. Quelle impudence est la vôtre ! Vous faites tout cela dans les ténèbres, vous abusez du nom de l’Église ; et puis vous voulez défendre toutes ces abominations en prétextant de l’intention de l’Église. Tu as beau m’alléguer l’intention de l’Église : l’Église ne croit rien, ne pense rien en dehors du verbe et de l’institution du Christ, à plus forte raison contre son esprit et son institution ; c’est ce que j’ai déjà dit, et saint Paul l’a dit avant moi dans sa première Épître aux Corinthiens (chap. II) touchant l’Église et l’assemblée des fidèles : “Nous possédons l’esprit du Christ”. »

« Or de qui apprendras-tu que telle ou telle chose est selon l’esprit et l’intention du Christ et de l’Église, sinon du verbe de Jésus-Christ, de la doctrine et de la confession de l’Église ? Comment sais-tu que, selon l’intention et l’esprit de l’Église, l’homicide, l’adultère, l’incrédulité sont des péchés damnables, comment sais-tu cela, et autre chose du même genre, sinon par le verbe de Dieu ? »

« Si maintenant, pour connaître l’intention de l’Église à l’égard des bonnes ou des mauvaises actions, il faut s’en rapporter au verbe et au commandement de Dieu, combien plus grande la nécessité de demander au verbe de Dieu ce qu’il pense de la doctrine ! Pourquoi donc dans ta messe privée, ô blasphémateur ! contreviens-tu aux ordres et aux paroles précises du Christ ? Pourquoi cherches-tu ensuite à couvrir ton mensonge, ton impiété, du nom et de l’intention de l’Église ? Et c’est de ces misérables couleurs que tu pares tes fictions, comme si l’intention de l’Église pouvait être contraire aux paroles précises et à l’institution du Christ ? D’où te vient cette prodigieuse audace, de profaner le nom de l’Église par un mensonge si impudent ? »

« Bref, tu es diseur de messes, et tu n’as été consacré tel par l’évêque que pour agir dans la messe privée contre les paroles précises et l’institution du Christ, contre l’esprit, la foi et la confession de l’Église : donc ton onction est tout ce qu’il y a de plus profane ; elle n’a rien de saint ni de sacré. En outre, elle est plus vaine, plus inutile, et tout aussi ridicule que le serait le baptême d’une pierre, d’une cloche, etc. Et pour finir, ajouta Satan, il est donc prouvé que tu n’as pas consacré, mais que tu as seulement offert du pain et du vin, comme les païens ; et que, par un trafic infâme, insultant pour la divinité, tu as vendu ton œuvre aux chrétiens, ne servant ainsi ni Dieu, ni le Christ, mais ton ventre. »

« Quelle est donc cette abomination, inouïe au ciel et sur la terre ? »

 

Tel est à peu près le résumé de cette discussion.

 

 

Remarques de l’abbé de Cordemoy sur la conférence entre Luther et le diable

 

Chapitre premier. Que cette pièce est de Luther

 

Il n’y a personne de bon sens qui ne crût, après avoir lu cette conférence, que ceux qui reconnaissent Luther pour le premier de leurs réformateurs ne la rejetassent comme une pièce supposée et faite exprès pour décrier sa doctrine. Cependant Dieu a permis, pour les confondre, que Luther l’ait lui-même écrite et qu’ils l’aient reçue comme un ouvrage de Luther. En effet le livre où cette conférence est rapportée parut d’abord [21] en allemand dès l’année 1533, c’est-à-dire environ treize ans avant la mort de Luther [22] qui, bien loin de se plaindre qu’on lui eût attribué ce livre par malice, écrivit [23] à Juste Jonas, son intime ami, pour le prier de le traduire en latin. Cette traduction fut faite en 1534. Et, après la mort de Luther, ses disciples, et principalement Philippe Melanchthon, eurent soin de la mettre parmi ses œuvres, qui furent imprimées en latin à Wittemberg.

Les calvinistes, aussi bien que les luthériens, reconnaissent que cette pièce est de Luther. Hospinien, qui est un historien calviniste, parle sur l’année 1533 de cette Conférence en ces termes [24] : « Cette année Luther mit au jour son Livre de la messe privée et de la consécration des prêtres, au commencement duquel il rapporte l’entretien qu’il eut avec le diable au milieu de la nuit, et il avoue que c’est par ce malin esprit qu’il a été averti de plusieurs abus de la messe privée. » Cet auteur ajoute que le sommaire de cette conférence est que Luther a appris du diable que la messe privée est une mauvaise chose, et qu’ayant été convaincu par les raisons du diable, il l’a abolie.

M. Drelincourt, Ministre de Charenton près Paris, dit à peu près la même chose [25] : Le serpent ancien attaqua Luther et il s’en promettait la victoire. Parce que le serviteur de Dieu avait été prêtre, et que durant quinze ans il avait célébré des messes privées, il lui prouve par des arguments invincibles que ces messes sont contre Dieu et contre l’Écriture divinement inspirée.

M. Claude [26] fait le même aveu : Luther, dit-il, rapporte que, s’étant une fois réveillé pendant les ténèbres de la nuit, le diable se prit à l’accuser d’avoir fait idôlatrer le peuple de Dieu et d’avoir idôlatré lui-même durant quinze ans qu’il avait dit des messes privées. M. Claude ajoute que Luther fut saisi d’une violente agitation d’esprit, accompagnée d’une sueur générale par tout son corps ; et que, la confusion où il se trouva lui ayant fait comprendre que sa défense n’était pas solide..., il fit résolution de renoncer aux messes privées.

Enfin, quand les luthériens d’Allemagne reprochent aux calvinistes que Zwingle a appris d’un ange, qui n’était ni noir ni blanc, à expliquer dans un sens figuré ces paroles, « Ceci est mon corps », les calvinistes repoussent ce reproche en leur rappelant la conférence du diable avec Luther.

Il est faux, dit Hospinien [27], que Zwingle ne sût pas si cet ange était blanc ou noir. Car Zwingle ne parle d’aucun ange ; et, quand il en parlerait, qu’en voudrait conclure Hunnius pour rendre notre doctrine absurde ? Ne sait-il pas ce que Luther, dans le sixième tome de ses Œuvres imprimées en allemand à Iéna, écrit au feuillet 83 non d’un ANGE, MAIS DU DIABLE MÊME, qui avait eu avec lui un entretien durant la nuit et qui l’avait informé de beaucoup d’abus de la messe des papistes ? Dira-t-il que ce soit une tache à la secte des luthériens ?

Le même historien, après avoir rapporté le sommaire de la dispute qu’eut le diable avec Luther, dit [28] que les disciples de Luther devraient se ressouvenir de cette dispute et cesser de reprocher à Zwingle son SONGE, dans lequel il fut averti du vrai sens des paroles de la cène, non pas par le DIABLE, comme Luther le fut des abus et des superstitions de la messe, mais par un autre AVERTISSEUR, comme lui-même l’écrit.

Et David Paréus, dont le synode de Dordrecht fait tant d’estime [29], parlant des luthériens, qui attribuent au diable le songe de Zwingle, use de ces termes [30] : « Que ne pensent-ils plutôt eux-mêmes à ce que raconte Luther de ses entretiens familiers avec l’esprit noir, qui est le diable, et aux choses qu’il déclare ouvertement que le diable lui a suggérées dans ses conférences ? Qu’ils réfutent donc la chanson ordinaire et l’argument tant rebattu des papistes : “Luther, de son propre aveu, a appris de l’esprit noir, qui est le diable, les raisons pour lesquelles on doit condamner la messe privée et l’onction des prêtres ; donc la doctrine de Luther, touchant la condamnation de la messe, est diabolique.” Voilà, dis-je, à quoi il faut répondre. Ils ne peuvent nier l’antécédent : car les papistes leur objecteraient la longue légende de Luther, touchant la conférence qu’il a eue avec l’esprit noir qui est le diable, et qu’il a lui-même décrite. Mais vous entendrez aussitôt crier aux luthériens que c’est un sophisme, parce que le vrai est toujours le vrai et ne devient point faux, quoiqu’il soit proféré ou suggéré par l’esprit noir, qui est le diable. Pourquoi cela n’aurait-il pas plus de force pour Zwingle, puisqu’il ne dit point, comme Luther l’avoue de lui-même, que l’esprit noir lui eût rien suggéré, et que c’est une chose que ses calomniateurs ne sauraient prouver ? »

 

CHAPITRE II. Que les protestants ne doivent pas même écouter Luther

 

Après tous ces témoignages, on ne peut douter que cette pièce ne soit de Luther. Mais en même temps il y a lieu de s’étonner que les protestants, rendus à la seule lumière de la saine et droite raison, aient pu regarder Luther comme un homme dont Dieu s’était servi pour rétablir la pureté de l’Évangile [31] : car il ne faut que le sens commun pour être convaincu qu’on ne doit pas même écouter celui qui se vante d’avoir appris du démon ce qu’il veut enseigner aux autres. Aussi voit-on que les faux prophètes ont toujours dit, pour donner de l’autorité à leurs paroles, qu’ils étaient inspirés d’en haut. Ce n’est qu’en supposant des entretiens secrets avec la déesse Égérie, que Numa Pompilius fit recevoir au peuple romain plusieurs choses qui regardaient le culte des faux dieux. Ce n’est qu’en feignant de nouvelles révélations que Montan séduisit tant de chrétiens, et Tertullien même, qui avait fait paraître avant sa chute un si grand zèle pour l’Église. Ceux qui suivirent Mahomet ne crurent à ses discours que parce qu’il se vantait d’être un grand prophète et qu’il avait assez d’adresse pour leur persuader que l’ange Gabriel lui parlait souvent de la part de Dieu. Mais, sans rechercher dans l’antiquité de semblables exemples, on en trouve dans le dernier siècle, où tant d’imposteurs se sont élevés contre la doctrine de l’Église [32]. Carlostad, qui avait été un des premiers disciples de Luther et qui avait entièrement rompu avec lui au sujet de l’eucharistie, osa bien dire, pour se faire aussi des sectateurs, que c’était du Père éternel qu’il avait appris le nouveau sens qu’il donnait à ces paroles : « Ceci est mon corps. »

L’histoire de tous les temps fait donc connaître que, pour attirer l’attention des hommes, il faut leur persuader que ce qu’ils entendent vient de Dieu ; et jamais il n’y a eu que Luther qui ait pu se faire croire en déclarant, comme il fait, que le démon est son maître. Mahomet a beau dire que l’ange Gabriel est le sien, tous les chrétiens ont horreur de ses impostures. Carlostad a beau feindre que le Père éternel lui a fait entendre le sens des paroles de l’institution de l’eucharistie, Luther se moque le premier de ce fanatique [33], et les protestants, [34] aussi bien que les catholiques, le regardent comme un insensé : mais, dès que Luther dit que c’est à la persuasion du diable qu’il a aboli les messes privées, alors tous les protestants l’écoutent avec respect, le regardent comme un apôtre [35] et soutiennent même, quand on les presse, que le démon lui a découvert une vérité inconnue à toute l’Église. À quel égarement n’est-on pas sujet quand on abandonne, comme font les protestants, la doctrine de cette Église, pour ne suivre que des nouveautés ? Et n’est-il pas visible que Dieu les a livrés à un sens réprouvé, parce qu’ils ont changé la vérité en mensonge [36] ?

Au reste, s’ils avaient eu soin de consulter l’Écriture sainte, qu’ils se vantent de suivre uniquement, ils se seraient bien gardés d’écouter ce que le démon n’a suggéré à Luther que pour le perdre. En effet l’apôtre saint Jean recommande aux fidèles [37] de ne pas croire à tout esprit, mais d’éprouver si les esprits sont de Dieu. Ainsi, dès qu’on connaît que c’est le démon qui parle, comme Luther nous en assure, il faut être sourd à tout ce qu’il dit. Saint Paul écrit aux Galates [38] que, si un ange du ciel annonce un autre Évangile que celui qui a été annoncé, qu’il soit anathème. On doit donc à plus forte raison rejeter ce que le démon annonce à Luther contre la doctrine qui avait été annoncée jusques alors à tous les fidèles sur le sacrifice de la messe. Le même apôtre, qui dit aux Corinthiens [39] que Satan se transforme en ange de lumière pour nous tromper, n’a pas cru les devoir avertir de ne le pas écouter, lorsqu’il leur parlerait comme Satan et qu’ils le reconnaîtraient pour tel ; parce qu’il jugeait bien que des hommes raisonnables ne se laisseraient jamais surprendre aux discours de ce malin esprit, tant qu’il leur parlerait à découvert. Il est donc étonnant que Luther, sachant que c’était Satan même qui lui parlait, l’ait écouté avec tant de soumission ; et il est encore plus étonnant que tous les protestants aient pu se persuader que Luther fût envoyé de Dieu pour réformer l’Église, après les avoir assurés que Satan est le premier docteur de cette nouvelle réforme.

Enfin les protestants n’eussent jamais pu croire que le démon eût dit la vérité à Luther, s’ils avaient fait une sérieuse réflexion sur la manière dont Notre-Seigneur réfute les pharisiens, quand ils l’accusent de chasser les démons par la puissance du prince des démons [40]. « Comment, leur dit-il, Satan peut-il chasser Satan ? Et si un royaume est divisé contre lui-même, il est impossible qu’il se soutienne ; si donc Satan se soulève contre lui-même, le voilà divisé ; il est impossible qu’il subsiste, et il faut que sa puissance finisse. » Ce discours de Jésus-Christ montre évidemment que le démon ne peut vouloir abolir une chose dont il est lui-même l’auteur. D’où il faut conclure que, puisqu’il a suggéré à Luther d’abolir les messes privées, il n’en a pas été l’auteur, autrement il se serait détruit lui-même : ce qui ne peut lui arriver suivant la doctrine de Jésus-Christ. C’est donc pécher contre le Saint-Esprit, à l’exemple des pharisiens, que de soutenir, comme font les protestants, que les messes privées viennent du démon : et, s’ils avaient raisonné ou en chrétiens ou même en personnes raisonnables, jamais ils ne se seraient séparés de l’Église catholique, parce qu’ils auraient vu que le démon ne pouvant combattre que ce qui est saint, il fallait de nécessité que les messes qu’il voulait abolir fussent saintes.

Mais, sans alléguer ici l’Écriture, ce que Luther écrit des sacramentaires, ou de ceux qui nient la présence réelle de Jésus-Christ dans l’eucharistie, montre assez que lui-même ne devait pas seulement être écouté. Car ce nouveau docteur, ne pouvant souffrir que d’autres que lui se mêlassent de faire les réformateurs, dit, pour donner de l’horreur des sacramentaires, que le diable a parlé par leur bouche [41]. Si donc Luther veut qu’on rejette la doctrine des sacramentaires parce qu’elle vient du diable, quoiqu’aucun d’eux n’ait dit qu’elle en venait, peut-on sans folie écouter Luther et suivre sa doctrine après qu’il a déclaré hautement qu’il la tenait du diable même ? C’est néanmoins ce que font tous les protestants ; et Luther a tant d’autorité sur leur esprit qu’ils aiment mieux le croire, quoique le démon ait prévalu contre lui, que d’écouter l’Église catholique, contre laquelle Jésus-Christ a promis [42] que les portes de l’enfer ne prévaudraient jamais. Mais rien ne fait mieux voir jusqu’où va leur prévention et leur aveuglement que les différents moyens dont ils se servent pour justifier Luther.

 

(à suivre)





[1] — Les protestants appellent messes privées celles où le prêtre seul communie.

[2] — Feuillet 228 du tome 7 des Œuvres de Luther, imprimées à Wittemberg en 1558. — Ce n’était pas un songe, puisque Luther assure qu’il était bien éveillé lorsqu’il eut cette conférence avec le démon.

[3] — Puisque Luther entreprend ici de se justifier de l’idolâtrie, c’est une marque qu’il ne croyait pas encore que ce fût un crime de célébrer des messes privées.

[4] — Le diable dit là une fausseté, car les Turcs ne croient pas que Jésus-Christ ait été crucifié. « Les Juifs, dit Mahomet, n’ont pas crucifié le Messie Jésus, fils de Marie, mais un d’entre eux qui lui ressemblait. » Alcoran de Mahomet, chapitre des femmes.

[5] — L’esprit de mensonge fait ici connaître ce qu’il est lorsqu’il dit que les prêtres de l’Église catholique n’ont point de confiance en la miséricorde de Jésus-Christ ; qu’ils ne le regardent pas comme médiateur ; qu’ils le tiennent comme un juge cruel ; qu’ils ne le traitent pas de médiateur. Et c’est sur ces faux exposés qu’il prétend qu’il n’y a point de vraie foi en Jésus-Christ dans l’Église catholique. Toutes les prières de la messe s’adressent toujours à Dieu et finissent par Jésus-Christ comme médiateur.

[6] — Le diable attaque l’invocation des saints, en supposant faussement que l’Église fait tort à la médiation de Jésus-Christ lorsqu’elle a recours à leurs prières ; car l’Église croit simplement qu’il est bon et utile de prier les saints qui règnent avec Dieu, dans ce même esprit de charité qui nous porte à demander le secours de nos frères qui vivent sur la terre, Conc. Trid. Sess. 2. sessio de Invoc. etc. Exposit. de Mgr l’évêque de Meaux, art. 6 de l’invocation des saints, p. 19 et 29.

[7] — Le démon cherche ici à tromper le pauvre Luther : loin de ravir la gloire à Jésus-Christ, c’est au contraire la faire valoir, puisqu’on s’adresse aux saints non pour éloigner ou ne pas reconnaître la médiation de Jésus-Christ, mais au contraire pour la demander avec instance par le moyen de ses amis et de ceux qui lui sont chers dans la céleste patrie, comme ils lui ont été chers sur la terre.

[8] — Ces paroles font voir que Luther était encore dans le sein de l’Église, lorsqu’il eut cette apparition, qui l’engagea à secouer le joug de la religion catholique.

[9] — Qui a dit au démon qu’il est défendu au prêtre de donner le sacrement aux fidèles ? Il devait se souvenir du concile de Trente, session 22, chapitre 6, où le saint concile désire que les fidèles communient aux messes sacramentellement.

[10] — Mais s’il ne s’est présenté personne pour communier aux messes dites par Luther, ce n’était pas sa faute ; il faudrait, pour que le diable parlât vrai, qu’il reprochât à Luther d’avoir refusé la communion à ceux qui se présentaient pour la recevoir. Autrement tous ses raisonnements portent à faux et ne peuvent être admis par un esprit juste.

[11] — Toutes ces raisons portent à faux, comme nous l’avons montré dans la note précédente, qui peut s’appliquer à tout ce qui est dit dans les dernières pages.

[12] — Oh ! Oh ! Tout beau, il y avait un répondant, qui participait du moins aux prières et, s’il ne participait pas au sacrement, ce n’était pas la faute de Luther.

[13] — On donne l’eucharistie à tous ceux qui se présentent pour communier : mais le diable suppose par malice qu’il est défendu aux prêtres de la donner à personne. Et dans les assemblées même des protestants et des réformés, il s’en faut beaucoup que tous participent à la cène. Cependant malgré cela les ministres se gardent bien de croire et de dire que leur cène est imparfaite, parce qu’il en est peu qui y participent.

[14] — Qui ne voit combien le diable cherche ici à tromper ? L’argent que l’on donne au prêtre n’est pas le prix d’une vente, mais une aumône qu’il reçoit de la main des fidèles. Le sacrifice n’a point sur la terre de prix suffisant, mais on fait cette charité au prêtre célébrant, pour l’aider à subsister, parce que, selon saint Paul, le prêtre vit de l’autel. Et les ministres eux-mêmes, soit parmi les protestants, soit parmi les réformés, ne sont-ils pas payés pour exercer les fonctions de leur ministère ? Et peut-on dire par là qu’ils vendent la parole de Dieu et qu’ils en font commerce ? Si on le disait, ils rapporteraient pour leur défense, comme nous venons de le faire, l’autorité de saint Paul.

[15] — C’est une calomnie, l’Église ne baptise point les cloches ; elle les bénit seulement comme elle bénit les ornements et les autres choses qui servent au service divin. Et c’est proprement pour avertir que les choses ainsi bénites ne doivent pas servir à des usages profanes.

[16] — Aussi ne baptise-t-on pas, et jamais l’on n’a baptisé, que quand il y a un sujet propre à recevoir le sacrement du baptême. Et de même le prêtre ne célèbre pas seul. Il offre le sacrifice tant pour lui-même que pour les assistants : Orate, fratres, ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiat apud Deum. Telle est une des prières du prêtre.

[17] — Fausseté ; car le prêtre est au moins le ministre du sacrement, comme il est le ministre du baptême.

[18] — Mais où est-il marqué dans l’institution de l’eucharistie que tous les fidèles doivent communier ? C’est aux apôtres comme prêtres que Jésus-Christ dit : « Prenez et mangez, etc, prenez et buvez, etc. » Mais celui qui n’est pas disposé fait beaucoup mieux de s’abstenir que de communier ; autrement, il mange et boit sa condamnation.

[19] — Cet endroit et toute la suite de cette conférence, font voir que Luther n’avait pas encore quitté l’Église, lorsqu’il reçut cette apparition de l’esprit malin ; mais c’en fut le préliminaire.

[20] — Le diable soutient là l’hérésie des donatistes, en quoi il fait son métier.

[21] — Tom. 6 de Luther , feuillet 82 de l’impression d’Iéna.

[22] — Hospinien, 2 part. de son Histoire Sacram, feuillet 131 de l’impression de Zurich, 1602.

[23] — Just Jonam. Tom. 7, fol. 226 verso. Hospin. p.2 Hist. Sacram, ad an. 1546.

[24] — Hospin, 2 part. Hist. Sacram., fol. 131

[25]Faux Pasteur, section 48, p. 373

[26]Défense de la Réformation, p. 156

[27] — Ibid, fol 26.

[28] — Hospin, ibid, fol. 131

[29] — Synod. Dordrac. sess. 99.

[30] — David Pareus, lib. controvers. Eucharist. cap. 7. p. 257.

[31] — Calv., Rép. au Liv. de Phigius, opusc. col. 311 et 312, Bèze, liv. 1, Hist. Ecclés., p. 4 Drelincourt, Faux Pasteur, sect. 3, p. 13, M. Claude, Déf. de la Réform., 2 part. p. 68, etc.

[32] — Kemnitius in Libello Domini, p. 214. Oziander Epit. ent. 16, p. 86.

[33] — Alberus, 1. cont. Carlostadios, Z. 4 et y 2. Sleïdan, 1. 5.

[34] — Calvin, Rép. au 1er liv. de Phigius, opusc. 381. Drelincourt, Faux Pasteur, sect. 3, p. 11.

[35] — Calvin, Rép. au 1er liv. de Phigius, opusc. 381. Drelincourt, Faux Pasteur, sect. 3, p. 11.

[36] — Rom. 1/25, 28.

[37] — I Joan., 4/I.

[38] — Gal., 1/8.

[39] — I. Corinth., 2/14.

[40] — Marc, 3/23, 24, 26.

[41] — Luth. Tom. 7, fol. 212.

[42] — Math., 16/18.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 4

p. 173-184

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