top of page

Insectes d’eau

 

A la gloire du Créateur de la nature (IX)

 

 

 

par Olivier Dugon

 

 

 

Notre ami, M. Dugon, continue ses études sur les merveilles de la créa­tion et la toute-puissance du Créateur. Cette fois-ci, il nous parle des insectes qui peuplent les mares. Laus Deo ! On trouvera les précédents articles dans les numéros 11, 14, 20, 21, 24, 26, 33 et 38.

Le Sel de la terre.

 

*

  

 

 

LES CURIOSITÉS de la nature ne sont pas toujours aussi inaccessibles à notre admiration que nous le croyons. Point n’est besoin d’aller les chercher très loin : une simple mare, par exemple, est déjà par elle-même tout un petit monde passionnant. C’est ce que nous allons voir en étudiant brièvement parmi ses habitants quelques insectes :

 

— Ceux que l’on voit patiner à la surface de l’eau s’appellent gerris (10 mm) ou plus vulgairement « araignées d’eau ». Cette dernière appellation est quelque peu erronée car il s’agit bien d’insectes dotés de six pattes comme tous les insectes, alors que les araignées en ont huit et font partie des arachnides.

Les pattes du gerris sont dotées de poils huileux qui servent de flotteurs et de griffes qui pénètrent dans l’eau pour progresser même si le courant est contraire. Les pattes arrières font office de gouvernail, celles du milieu de rames pour avancer, jusqu’à un mètre à la fois, et celles de devant sont destinées à saisir les petits insectes tombés à l’eau, leur nourriture. Ils ne les mâchent pas, mais en sucent le contenu grâce à leur rostre.

 

— D’autres insectes plus petits (6 mm) patinent également à la surface de l’eau mais à toute vitesse en faisant des cercles, des 8 et autres figures en se frô­lant sans jamais s’accrocher. Il s’agit des gyrins.

Ces petits coléoptères au dos d’un bleu métallique éclatant progressent grâce à leurs pattes arrière en forme de lames comme des rames. Une fois lancés, ils continuent leur progression en repliant leurs pattes arrière dans de petites dé­pressions situées à cet effet sous l’abdomen et leur « hydrodynamisme » est alors parfait.

Très bien équipé pour son milieu, le gyrin possède deux paires d’yeux : l’une pour voir à la surface de l’eau et l’autre dessous !


Les deux paires d’yeux du gyrin .

Et si l’alerte est donnée, hop, il plonge, emportant sous son ventre une petite bulle d’air en guise de bouteille d’oxygène.

Au cas où la mare ne lui plaît plus, il s’envole tout simplement vers d’autres eaux. Un vrai surdoué, ce petit gyrin !

 

— A la belle saison on voit souvent les mares et leurs abords survolés par des libellules et des demoiselles. Les libellules sont les plus grosses et se recon­naissent à leurs ailes repliées le long du corps au repos, tandis que celles des demoiselles, c’est leur nom, restent toujours déployées perpendiculairement au corps. Ces dernières sont les plus élégantes par leur finesse et leur couleur vive, rouge chez la petite nymphe au corps de feu et bleue chez l’agrion jouvencelle. Toutes ont de gros yeux à facettes bien utiles pour voir sur 360° et guetter les pe­tits insectes dont elles se nourrissent.

Les demoiselles, en général, pondent leurs œufs posées sur la tige d’une plante aquatique, juste sous la surface de l’eau.


Les libellules peuvent procéder autre­ment : la libellule déprimée, ainsi nommée car son abdomen est légèrement aplati, vole en « sur place » à l’horizontale, au-dessus d’une plante aquatique, puis elle se redresse, plonge son oviducte sur la plante, juste sous la surface de l’eau, pour y déposer un œuf et reprend sa position initiale et ainsi de suite toutes les deux ou trois secondes jus­qu’à ce que les 60 à 80 œufs soient pondus côte à côte, dans un ordre parfait.

De ces œufs vont bientôt éclore des larves aquatiques. Celles-ci ressemblent un peu aux adultes mais sans les ailes et l’élé­gance. Et ce n’est qu’au bout d’une à trois années qu’elles donneront l’insecte parfait par une belle journée de mai ; le soleil séchera ses ailes toutes neuves.

D’ici là, il faut vivre et vivre dans l’eau. Les libellules et les demoiselles ont donc des branchies pour puiser l’oxygène de l’eau. Ces branchies sont situées sous l’abdomen chez les libellules et à son extrémité chez les demoiselles. Chez ces dernières, elles sont formées de trois appendices, les cerques, qui leur servent également à se mouvoir dans l’eau.

Les larves de libellules se propulsent autrement : par l’extrémité de leur ab­domen elles « avalent » de l’eau, puis la rejettent violemment, ce qui les fait avancer.

Une autre curiosité chez la larve de libellule, c’est son masque, lèvre infé­rieure très développée qui ressemble à un bras articulé, plié au repos. Celui-ci est équipé de deux crochets et se déploie vivement, comme la langue d’un camé­léon, pour capturer les petites proies.

 

— Mais il existe dans la mare, juste sous la surface de l’eau, une larve en­core plus spectaculaire, c’est celle du dytique bordé. Elle mesure cinq centi­mètres tandis que l’insecte adulte n’en fait que trois.

N’ayant pas de branchies comme les libellules ou les demoiselles, elle est obligée de rester juste sous la surface de l’eau, ne présentant à l’air libre que l’ex­trémité de son abdomen pour faire des réserves d’air et respirer.

Mais elle ne fait pas que cela… Elle est à l’affût, cachée dans les herbes aquatiques et, si par malheur un têtard un peu traînard passe à proximité, elle bondit sur sa proie, même si celle-ci est plus grosse qu’elle, la saisit de ses deux pinces acérées situées de chaque côté de la tête, et y injecte une salive toxique qui la transforme bientôt en bouillie consommable.

Ainsi dans la mare, comme partout dans la nature, les prédateurs, qu’ils soient dytiques ou tigres, jouent leur rôle d’assainissement en supprimant les plus faibles, les malades qui risqueraient de provoquer des épidémies ou d’affaiblir la race en se reproduisant.

 

— Mais tous les insectes d’eau ne sont pas carnivores. Par exemple le grand hydrophile, (cinq centimètres à l’état adulte), n’est que végétarien. Avant de plonger, il fait une réserve d’air sous ses élytres et ceci grâce à ses antennes, tout en restant juste sous la surface de l’eau pour ne pas être vu.

 


La notonecte.

— Un autre insecte d’eau qui habite toutes les mares est la notonecte (15 mm) ou « abeille d’eau », car elle pique. Elle se pro­pulse grâce à de longues pattes médianes qui lui servent de rames. Mais ce qu’il y a de plus curieux chez cet insecte, c’est sa position : qu’il soit au repos ou en train de nager, il se tient toujours sur le dos. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il reste habituel­lement juste sous la surface de l’eau et que, carnivore, il guette mieux dans cette position les petits moucherons imprudents qui viennent s’y noyer. Il fait égale­ment, avant de plonger, une provision d’air et ceci dans ses poils abdominaux.

 

— Autre habitant des mares, la ranâtre linéaire (45 mm) est un insecte tout en longueur muni d’un long tube caudal. La ranâtre linéaire, en apparence une simple brindille, se cache habituellement dans les herbes aquatiques, la tête en bas, le tube caudal dépassant juste la surface de l’eau pour respirer. Ainsi postée, elle guette les petites proies qui passent im­prudemment à portée de ses pattes ravisseuses.

 

 

La ranâtre

 


La larve « porte-bois »

— Les phryganes sont des insectes en appa­rence intermédiaires entre les papillons et les libel­lules. L’insecte adulte ne vit que quelques jours au grand air.

Au contraire, sa larve, plus connue sous le nom de « porte-bois », vit un an au fond de l’eau. Les larves de phryganes se cachent dans un fourreau confectionné avec de la sa­live et différents matériaux suivant les espèces : débris de plantes assemblés en spirale, brindilles, feuilles décou­pées et renouvelées une fois fanées, petits escargots minuscules, grains de sable, etc.

 

— Terminons par un autre habitant des mares qui n’est pas un insecte mais un arachnide (8 pattes) : l’araignée argyronète (10 mm). Il existe en France 1500 espèces d’araignées. Seules quelques-unes sont adaptées au milieu aquatique grâce à leur pilosité hydrofuge qui leur permet de rester toujours parfaitement sèches, même sous l’eau.

Parmi celles-ci, seule l’argyronète construit sa maison sous l’eau : elle tisse d’abord entre des végétaux aquatiques une toile en forme de cloche. Puis, par de multiples allers et retours à la surface, elle va chercher un peu d’air retenu dans ses poils hydrofuges et gonfle sa cloche jusqu’à avoir une bulle d’un centimètre.

Pas de scènes de ménage subaquatiques, car monsieur a sa bulle et ma­dame a la sienne. Celle-ci y pond 50 à 100 œufs dans la partie supérieure. Les­quels vont éclore au bout de 20 jours, donnant naissance à de charmants bébés qui vont rester trois semaines encore dans le logis maternel. Ils prennent alors leur autonomie, Dieu merci, car la maison est petite, et construisent à leur tour une maison subaquatique.

Si tout va bien, ils vivront deux ans. Si tout va bien, car, comme nous l’avons vu, la sélection est sévère dans la mare !

 

Tous ces insectes ou arachnides peuvent s’élever dans un aquarium. Un coup de râteau au fond d’une mare remonte en général toutes sortes de larves ou d’insectes adultes. A vous de choisir parmi ces espèces celle dont vous voulez étudier le comportement.

Relâchez vos pensionnaires dans quelque temps, ils n’ont qu’une petite vie !

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 40

p. 147150

Les thèmes
trouver des articles connexes

L'évolutionnisme

Science et Philosophie : La Hiérarchie des Savoirs et l'Ordre de la Nature

La création chante la gloire de Dieu

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page