top of page

Brèves informations

 

Le 11 septembre 2001

 

 

 

Nous donnons ici quelques documents relatifs aux attentats du 11 septembre dernier qui peuvent aider à réfléchir sur la signification de ces événements.

Le Sel de la terre.

 

 

k

k  k

 

 

Lettre de M. l’abbé Jean Violette

Supérieur de la Fraternité Saint-Pie X au Canada.

 

 


Octobre 2001

Chers fidèles,

 

Permettez-moi de vous donner quelques réflexions sur les événements récents, qui ont eu lieu aux États‑Unis le mois dernier. Je pense que, au-delà du drame tragique des pertes de vies hu­maines et des destructions matérielles, il nous faut considérer ces événements et les changements qu’ils apportent à notre vie quotidienne comme des signes de ce que Notre‑Seigneur essaie de nous dire. Je crois, en effet, qu’il nous parle par ces événements.

Sans aucun doute, des sinistres comme ceux dont nous avons été témoins, don­nent l’occasion de mettre en valeur le bon qui est en chacun de nous. Beaucoup d’exemples de vertu et de dévouement naturels nous ont été racontés dans les journaux. Nous y avons aussi trouvé des exemples de vertu surnaturelle tel celui du prêtre, aumônier des pompiers, mort en donnant les derniers sacrements aux mourants. Le bon Dieu sait faire sortir le bien du mal, et si une seule âme y a trouvé son salut, elle remerciera éternel­lement la bonté divine d’avoir permis cette catastrophe.

Je pense que nous devons chercher [la cause de ces événements] ailleurs que dans la « haine qu’ils portent à un gou­vernement démocratiquement élu et leur haine pour nos libertés : liberté de reli­gion, liberté de parole, liberté de vote et d’assemblée et liberté d’exprimer les dés­accords entre nous [1] ». Je ne puis m’em­pêcher d’y voir un châtiment de la justice divine. Je me souviens que l’une de mes premières pensées en voyant cette des­truction fut de constater que cela arrivait seulement quelques semaines après que le président Bush eut annoncé que le gouvernement fédéral subventionnerait les recherches sur les cellules souches embryonnaires.

En dépit des grands élans patriotiques, nos nations, en tant que nations, sont coupables de nombreux péchés, non seu­lement les péchés des individus mais les péchés « nationaux », péchés acceptés socialement par nos nations dites civili­sées. l’Amérique mène le monde en ma­tière d’avortement, de divorce, de contra­ception, d’abus de drogue, de pornogra­phie, d’homosexualité, de travail du di­manche, de recherche médicale immorale, de séparation de l’Église et de l’État, etc. Bientôt ce sera l’euthanasie, qui est déjà discrètement pratiquée. Une campagne de presse bien orchestrée est en train de faire basculer les mentalités pour la rendre acceptable par la majorité. Ce n’est qu’une question de temps ! Dans tous ces domaines, d’ailleurs, le Canada suit de très près les États‑Unis.

Il est clair qu’une réparation devra être faite pour tous ces crimes et abomina­tions. Cela aura lieu ou bien par la prière et la pénitence, à genoux devant le Saint-Sacrement ; ou alors par l’effusion du sang de nos concitoyens. Puisque les na­tions ne vont ni au ciel, ni en enfer, la jus­tice divine se doit de les punir en ce monde ; ce qu’elle fait par les guerres et autres calamités.

Nous pouvons comprendre la colère de nos amis Américains. Certainement les Américains sont capables de pulvériser l’Afghanistan, mais est-ce la solution ? Ce n’est pas qu’il ne faille pas se défendre. Mais la cause de nos malheurs demeure­rait. Mais je pense que si nous arrêtions d’offenser le bon Dieu, ces gens n’au­raient aucun pouvoir contre nous. C’est bien ce que la sainte Vierge nous a dit à Fatima : si les hommes n’arrêtent pas d’offenser Dieu et si sa demande de consécration de la Russie n’est pas accor­dée, alors la Russie répandra ses erreurs dans le monde causant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons se­ront martyrisés, le Saint-Père aura beau­coup à souffrir et plusieurs nations seront annihilées. La solution n’est pas dans le bombardement de l’Afghanistan, ce n’est pas une question de puissance militaire. « Non, je vous le dis ; mais, si vous ne faites pénitence, vous périrez tous pareil­lement. » Nous devons tous faire péni­tence ; cette fois, la cible fut l’Amérique, la prochaine fois ce pourrait être la France, la Grande-Bretagne, le Canada.

Je ne puis m’empêcher de penser que si, au lieu de la rhétorique et des me­naces, le président Bush, comme le roi de Ninive, avait demandé pardon à Dieu en demandant à ses compatriotes de suivre une journée de prière et de jeûne, la tour­nure des événements aurait été bien diffé­rente. Ce n’est pas une journée de prière œcuménique qui peut aider ! Le bon Dieu a fait des miracles lorsque des nations sont revenues à lui. Le patriotisme ne doit pas nous aveugler, nous ne sommes pas punis parce que nous sommes bons. Notre trésor, c’est celui des innombrables sacrifices qui ont eu lieu à l’occasion de la fondation de nos pays. Mais le progrès matériel qui est venu ensuite n’a produit qu’une culture de mort.

Si, du moins, tous les catholiques fai­saient une bonne confession, récitaient le chapelet quotidiennement, s’abstenaient de viande le vendredi, évitaient le travail inutile le dimanche, et offraient des prières et jeûnes en réparation, je vous as­sure que nos pays changeraient rapide­ment et le bon Dieu nous bénirait vrai­ment. Mais il ne peut pas continuer à nous bénir si nous continuons à l’offen­ser. « Sa miséricorde se répand d’âge en âge sur ceux qui le craignent » (Lc 1, 50).

Nous devons prier pour nos diri­geants. Ils ont perdu toute crainte de Dieu. Les chefs de ce monde, de même que nos chefs religieux et la grande majo­rité des peuples ont perdu cette crainte de Dieu. La plupart se sont fabriqué un dieu selon leurs désirs, et ils se tournent vers lui en temps de calamité sans jamais changer leur vie. Grâce au libéralisme du siècle dernier, les musulmans ont réussi ce qu’ils n’avaient pu réussir auparavant par les armes, envahir l’Occident. Il y en a des millions dans tous nos pays oc­cidentaux. Qu’arrivera-t-il s’ils décident de se ranger du côté de leurs frères Af­ghans ? Sans l’avouer, c’est ce que crai­gnent les dirigeants occidentaux. Voilà pourquoi ils ne cessent de vanter l’islam comme étant une religion d’amour ! Ceux qui croient que l’islam est une religion d’amour n’ont sûrement jamais lu un livre d’histoire, ni lu les journaux récem­ment. Il n’y a qu’à voir : dans tous les pays où ils ont pris le contrôle, les chré­tiens sont persécutés. L’islam est par na­ture très militant et très cruel.

Dom Guéranger (1805-1875) disait que : « La Russie catholique, c’est la fin de l’islam et le triomphe définitif de la croix sur le Bosphore, sans péril aucun pour l’Europe ; c’est l’empire chrétien d’Orient relevé avec un éclat et une puissance qu’il n’eût jamais ; c’est l’Asie évangélisée, non plus seulement par quelques prêtres pauvres et isolés, mais avec le concours d’une autorité plus forte que celle de Charlemagne. C’est enfin la grande fa­mille slave réconciliée dans l’unité de foi et d’aspirations pour sa propre grandeur. Cette transformation sera le plus grand événement du siècle qui la verra s’ac­complir et changera la face du monde [2]. » Savait-il quelque chose que nous de­vrions savoir ou que nous avons pu oublier ?

Nous ne savons comment cette trans­formation s’accomplira. C’est pourquoi, nous devons redoubler nos prières pour celui qui seul peut la rendre possible : le pape Jean‑Paul II. Si la consécration au Cœur Immaculé de Marie n’a pas encore été faite, c’est sûrement parce que nous ne le méritons pas à cause de notre manque de prière et de sacrifice. Il ne faut pas oublier que la question est avant tout religieuse. Le combat est un combat pour les âmes, pas pour la démocratie ! Bien chers fidèles, soyez fidèles à votre chape­let quotidien, faites pénitence, et gardez l’état de grâce.


 

 

k

k  k

 

 

Vers la troisième guerre mondiale ?

 

Nous publions ici des réflexions qui nous sont transmises par un de nos lec­teurs (dans le cadre d’un groupe de travail dénommé le Comité Saint-Louis). Les idées émises ici ne sortent pas du cadre des opinions, et nous ne voulons pas engager la responsabilité de la revue. Il nous semble cependant utile de les faire connaître à l’approche des élections, pour aider à se faire un jugement sur la situation politique.

Le Sel de la terre.

 

 


La troisième guerre mondiale pourrait bien, hélas, avoir débuté le 11 septembre 2001 aux États‑Unis.

Si tel devait être le cas, ainsi que nous devons l’envisager désormais, et les faits ne sauraient longtemps tarder à nous éclairer sur ce point, la seule question se­rait : comment cela pourrait-il se dérou­ler, que pourrions-nous alors subir, nous, nos enfants et petits‑enfants ?

Face à ces attentats monstrueux, il y a en effet, grosso modo, deux thèses :

— La première, officielle et quasi una­nime, est que le seul organisateur en est la nébuleuse islamiste internationale du wahhabite yéméno-saoudien Oussama Ben Laden.

— La seconde, chuchotée dans certains milieux, et qui commence même à percer maintenant dans le système médiatique américain, est si monstrueuse qu’elle est rejetée comme intolérable, car elle laisse à entendre que les chefs d’orchestre ultimes de ces événements se trouveraient aux États‑Unis mêmes.

 

Commençons par examiner cette der­nière thèse en faisant abstraction des sen­timents d’horreur qu’elle peut inspirer comme dépassant les limites du machia­vélisme imaginable, car on ne juge pas une thèse avec des sentiments, mais avec des arguments.

Tout d’abord, il importe de bien dis­tinguer le peuple américain et les diri­geants américains. Le peuple français éprouve spontanément une profonde sympathie, une véritable amitié et une réelle admiration pour le peuple améri­cain, qui sont exceptionnelles, car il est peu probable qu’il éprouve à ce point ces sentiments pour un autre peuple. Mais, si l’on parle des dirigeants américains, il y a ambiguïté, car il importe de bien distin­guer les dirigeants connus, visibles, offi­ciels, et les dirigeants peu visibles parce que, délibérément, plus ou moins dis­crets, voire secrets, donc occultes.

 

Un remarquable article « Mondialisme et Nouvel Ordre Mondial » a été rédigé sur le sujet en mai 1999 par M. P. Bourcier de Carbon, et publié par le journal La Voix des Français dans son numéro 19 du mois d’octobre 1999 [3], puis repris dans le cha­pitre « L’ogre mondialiste » du livre La France délivrée (éditions Arma Communi­cation) de Paul Lambert.

 

En forme de « grille de lecture », ce texte place, entre autres, brièvement, en perspective l’historique de ces orga­nismes, à présent un peu plus connus, que sont le CFR (Council on Foreign Rela­tions) de New‑York et son jumeau le RIIA (Royal Institute of International Affairs) de Londres, constitués tous deux en 1919 au­tour des principales familles anglo-saxonnes qui contrôlent les banques cen­trales d’Angleterre et des États‑Unis, ainsi que les principales compagnies pétro­lières mondiales, en mentionnant aussi quelques autres officines périphériques, tels le Bilderberg Group et la Trilateral Commission. Il évoque le rôle nouveau que jouent aujourd’hui ces organismes, ainsi que d’autres, tel le B’nai-B’rith, dans la géopolitique mondiale, sur laquelle in­terviennent aussi un petit nombre de fi­nanciers, inconnus du grand public, qui gèrent les capitaux des multinationales et les gigantesques fonds de pensions anglo-saxons et, par là, exercent de facto des pouvoirs réels, égaux, voire supérieurs, à ceux de chefs d’États, sans en partager ni la visibilité, ni les responsabilités.

Mais trois documents américains [4], diffusés discrètement et récemment sur Internet, complètent cet éclairage par des informations importantes et précises :

— Le premier, datant d’avril 1991, donc de la guerre du golfe, intitulé « George Bush, Skull and Bones and the New World Order » est un « white paper » (livre blanc), rédigé pour un groupe de diri­geants japonais par deux journalistes : Paul Goldstein et Jeffrey Steinberg.

— Le second, datant de 1991 égale­ment, est un chapitre du livre George Bush : the unauthorized biography rédigé par Webster G. Tarpley et Anton Chait­kin.

— Le troisième est un article de Stu Rosenblatt, paru le 12 mars 1999 dans la revue Executive Intelligence Review, qui s’intitule « How Henry Stimson bombed Hi­roshima, and Nagasaki too ».

 

Ces trois documents décrivent l’histo­rique d’une autre société discrète, sinon secrète, nommée « Skull and bones » ou « S & B » (« Crâne et os »), qui est une « Fraternité », un « Ordre » très élitaire, présenté, avec une liste historique de membres éminents, dont des présidents des États‑Unis, comme l’organisation se­crète, aujourd’hui la plus influente, des États‑Unis. Fondée dès 1832, elle est ba­sée depuis lors à l’université de Yale, bas­tion des Wasp (White Anglo-Saxon Protes­tants), qui a formé une grande partie des dirigeants américains, et cette « Fraternité » contrôle le CFR. Elle appa­raît tout spécialement déterminante au sein de la douzaine de services spéciaux et services de sécurité des États‑Unis (de l’OSS, à la CIA, NSA, DFBI, Army, Navy, Air Force, Intelligences, etc.).

Leur credo est que les États‑Unis ont un « droit stratégique et moral » à diriger le monde, qui les habilite à écraser toute ré­sistance à leur impérialisme.

Ils se voient comme une caste de sa­mouraïs, guerriers du « Nouvel Ordre Mondial » (l’expression émane de leurs cercles), dont la mission est d’instituer leur suprématie universelle, grâce à la puissance des États‑Unis, pour le plus grand bienfait de l’humanité.

Leur philosophie stratégique est celle du « chaos constructif », qu’ils cherchent à instaurer et à propager.

Parmi les membres célèbres de la « Fraternité », on trouve en particulier : Henry Lewis Stimson qui fut, entre autres, « Secretary of War » des prési­dents Roosevelt et Truman, et également le grand-père (Prescott Bush) de Georges W. Bush, ainsi que son père et lui-même [5].

C’est Stimson qui fut l’artisan de la manœuvre qui consista à piéger le Japon en le poussant à attaquer les États‑Unis à Pearl‑Harbor, le 7 décembre 1941, pour se libérer de la paralysie économique où les manœuvres américaines l’enfermaient par un blocus énergétique hermétique. Or il est à présent établi, grâce aux archives déclassifiées depuis peu, que Roosevelt se tenait informé des communications chif­frées de la marine impériale japonaise, dont le code (« code pourpre ») avait été « cassé », dans le plus grand secret, de­puis 1940. L’objectif était en effet de pousser l’opinion publique américaine, jusqu’alors résolument pacifiste, à accep­ter l’entrée en guerre des États‑Unis.

C’est également Stimson qui, contre l’avis de tous les généraux (Mac Arthur, Eisenhower, etc.), parvint à persuader Truman de détruire Hiroshima, puis Na­gasaki, sous le feu nucléaire, en 1945, sa­crifiant ainsi largement plus de 100 000 civils, femmes et enfants, sans aucune utilité militaire, la guerre étant déjà tota­lement gagnée, puisque l’empereur avait déjà demandé l’armistice, simplement dans le but de préparer l’opinion mon­diale et soviétique à accepter la domina­tion des États‑Unis.

C’est bien en effet ce qui s’est passé, puisque Roosevelt, de retour de Yalta, en 1945, fit signer, à Suez, sur son navire, au monarque wahhabite Ibn Saoud, un traité accordant aux États‑Unis le monopole exclusif de la prospection et de l’exploi­tation des plus grands gisements pétro­liers du monde, qui venaient d’être dé­couverts en Arabie, en échange de la pro­tection du régime, du royaume et de la secte wahhabite par les États‑Unis.

Prévu pour durer 60 ans, ce traité prend fin dans moins de 4 ans, en 2005.

Or le pragmatisme américain a tou­jours fondé l’hégémonie mondiale sur le contrôle des richesses pétrolières, qui of­frent la puissance, la domination et les moyens de contrainte. Il est clair que, sans l’argument décisif du monopole (à l’époque) de l’arme atomique, l’URSS n’aurait jamais laissé cette mainmise s’établir.

Georges Bush, en 1990, s’inspira de la stratégie de Stimson pour piéger Sa­dam Hussein, en lui faisant croire, par la voix de son ambassadeur à Bagdad, que les États‑Unis ne bougeraient pas s’il en­vahissait le Koweit : on connaît la suite.

La même stratégie de provocation fut appliquée en 1999 avec la Serbie, en im­posant à celle-ci des conditions de paix totalement inacceptables pour tout chef d’État. Hélas, la France, qui avait prêté la  main à ce guet-apens de Rambouillet, s’associa ensuite au massacre de la popu­lation serbe par l’aviation de l’Alliance, qui suivit aussitôt, en violation flagrante de tous les textes et procédures interna­tionales et nationales les plus solennels.

Il faut ajouter que, depuis la chute, en 1979, du Shah d’Iran (qui accusait les ser­vices américains de l’avoir organisée afin de promouvoir l’accession au pouvoir de leur ancien agent, longtemps réfugié en Irak avant d’être accueilli par la France, l’Hayatollah Khomeiny), la politique des États‑Unis vis-à-vis des peuples musul­mans a consisté à démanteler (hormis en Turquie) les quelques régimes laïques de ces nations, pour promouvoir des ré­gimes fondamentalistes, et à les utiliser depuis contre leur ennemi russe.

En particulier, ce fut bien la « diplomatie » des États‑Unis, ainsi que leurs services, qui avec l’aide de leurs principaux protégés fondamentalistes, l’Arabie Saoudite et le Pakistan, ont de­puis plusieurs années, mis en place, or­ganisé et armé les réseaux du terrorisme islamique fondamentaliste autour d’un de leur ancien agent de la CIA, le wahhabite yéméno-saoudien Oussama Ben Laden, très proche de la famille royale du royaume saoudien.

Ces réalités étaient déjà traitées dans le livre, paru en 1997 et préfacé par le géné­ral Pierre-Marie Gallois, États‑Unis et Is­lam, une alliance contre l’Europe (A. del Valle, Éditions L’Age d’homme).

De tous ces précédents historiques, peut-on conclure que, délibérément, des dirigeants occultes américains aient poussé Oussama Ben Laden à la faute, ou bien l’aient manipulé d’une manière ou d’une autre, lui-même ou les réseaux qui lui sont proches, pour acquérir face à l’opinion le droit moral de déclencher un véritable cataclysme, afin (comme cer­tains en font l’hypothèse) de s’assurer le contrôle exclusif des richesses énergé­tiques du Moyen‑Orient et d’Asie Cen­trale (Iran, Irak, Tadjikistan, Turkmenis­tan, Ouzbékistan, Kazakhstan, Azerbaïd­jan), qui leur permettrait d’être alors en position d’imposer un gouvernement mondial et d’instaurer ainsi leur Nouvel Ordre Mondial, avant que la Russie ne se retrouve, dans cinq ans, en mesure d’en contrer le projet, parce qu’elle aurait alors rétabli son économie et mis en exploita­tion ses gigantesques ressources pétro­lières potentielles ?

Un tel degré de machiavélisme hors normes et de cynisme monstrueux, dé­passe bien sûr l’imagination ordinaire.

Quoi qu’il en soit, les actions des États‑Unis et de l’Angleterre, dans les mois qui viennent, ne sauraient tarder à nous éclairer sur leurs véritables objectifs.

 

Mais surtout, le peuple américain commence à se poser des questions : pourquoi sommes-nous tellement haïs ?

Aucun peuple ne peut vivre fier et heureux en se sentant haï par les autres peuples. Cette prise de conscience devrait déclencher une profonde remise en cause de l’attitude de la nation américaine et de ses dirigeants, parce que le peuple améri­cain est profondément marqué par la foi chrétienne.

 

Si, en effet, l’on examine maintenant la première thèse, il est surprenant que per­sonne n’ait repris et souligné une phrase attribuée à Oussama Ben Laden, qui semble poser le fond du problème : « Les murs de l’oppression et de l’humiliation seront détruits. »

Il est de fait que les masses populaires islamiques suivent Ben Laden parce qu’elles se sentent opprimées et humi­liées, et si aucun peuple ne peut vivre heureux dans la haine des autres, aucun peuple non plus ne peut vivre heureux dans la honte de ce qu’il est : le premier besoin des peuples est en effet d’être fiers de ce qu’ils sont.

Lorsque ce n’est pas le cas, ils réagis­sent par l’émigration (la fuite), avec sou­vent une soif de revanche latente qui fournit un terreau au terrorisme, résul­tante de la révolte contre le mépris, du désespoir, de l’humiliation et de la haine contre ceux que l’on rend responsables, pouvant même aller jusqu’au sa­crifice religieux suprême pour retrouver la fierté.

L’Occident est-il responsable de ce sentiment d’humiliation et d’oppression ? Bien sûr que non : ce sont d’abord les gouvernements de ces peuples musul­mans qui en sont responsables, en se montrant incapables de leur offrir des conditions de vie matérielle décentes. Et ces immigrés adoptent trop souvent dé­sormais un comportement qui suscite in­dignation ou rejet, comme ces réfugiés qui, sitôt arrivés en Occident, exercent un véritable chantage à la misère et à la pitié. C’est ainsi, pour n’en prendre qu’un exemple, que l’on a pu dernièrement voir des « boat people », dont le bateau faisait naufrage, recueillis par un bateau norvé­gien, et, à peine à bord, déclencher une grève de la faim pour exiger d’être trans­portés dans l’île australienne de Christ­mas.

Pourquoi exigeraient-ils d’aller en Australie, et non pas en Arabie saoudite, dont on apprenait au même moment que l’un des princes héritiers rencontrait des problèmes de circulation et de parking à Paris parce qu’il déclarait n’accepter de voyager qu’en compagnie de quatre-vingt cinq voitures au moins, nécessaires à son harem et sa suite ? C’est parce que ces « réfugiés » ont désormais parfaitement compris les mécanismes de l’opinion pu­blique et des médias des pays riches, sur lesquels le chantage à la compassion s’avère presque toujours payant, du fait des principes de charité chrétienne ancrés dans les esprits et les mœurs, même laïques, et du cynisme des apparatchiki gauchistes et trotskistes, pour qui l’immi­gration est l’un des trois moyens de dé­truire nos sociétés.

Alors, nous voici à présent dans une impasse, devant une nébuleuse d’isla­mistes qui prêchent la Guerre sainte contre l’Occident à des centaines de mil­lions de musulmans, dont cinq millions au moins sont maintenant installés en France, dans nos banlieues.

Or ils trouvent, à l’appui de leur appel à la révolte, de solides arguments dans la politique américaine, à laquelle se sont soumis tous les gouvernements euro­péens.

La guerre contre l’Irak avait, sans doute, une justification puisque les prin­cipaux pays arabes s’y sont ralliés : l’invasion du Koweit.

Mais qui peut défendre les bombar­dements quotidiens sur l’Irak que s’auto­risent depuis dix ans les Anglais et les Américains sans la moindre autorisation, ni de l’ONU, ni de l’OTAN, ni des parle­ments, sous le prétexte d’empêcher Sa­dam Hussein de reconstituer ses arme­ments atomiques, chimiques ou bactério­logiques ?

Qui peut, sans honte, justifier un em­bargo, sur la nourriture et les médica­ments, qui dure depuis maintenant dix ans, et qui, depuis lors, a déjà fait un mil­lion de victimes, dont une majorité d’enfants, et ce sous le même prétexte ?

 

Quelle commune mesure y a-t-il entre les dix mille victimes innocentes du 11 septembre [6] et ce million de victimes non moins innocentes ? Quel pays s’est élevé avec détermination contre ce véri­table crime contre l’humanité, commis dans l’indifférence de tous les gouvernements des « grandes démocraties » ?

Quel pays s’est élevé fermement pour condamner les bombardements délibérés d’objectifs civils en Serbie, et la destruc­tion d’usines chimiques qui ont grave­ment pollué le Danube ?

Quel pays a dénoncé l’« épuration ethnique » à l’envers qui s’est opérée, sous le contrôle et avec l’aval des troupes de l’OTAN, et qui a conduit le Kosovo à se vider de sa population serbe, pour de­venir un pays albanais musulman, selon le même processus d’islamisation qui s’est déroulé en Bosnie, et qui se déroule actuellement en Macédoine grâce à l’OTAN ?

Quel pays a décidé que le conflit is­raëlo-palestinien actuel était intolérable, et qu’il fallait absolument aboutir à une solution qui garantisse à Israël sa survie, tout en accordant aux Palestiniens un vé­ritable État, qui ne soit pas réduit à des confettis, et qui soit respecté par Israël ?

Quel pays, ou quelle institution inter­nationale, a osé souligner que l’occupa­tion américaine prolongée de l’Ara­bie Saoudite était devenue illégale, puis­qu’elle aurait dû cesser avec les hostilités, selon le point numéro cinq de l’accord conclu lors de la guerre du Golfe entre les deux États ? Qui a dénoncé l’aspect unila­téral insupportable de cette occupation, parée des atours de la liberté et de la dé­mocratie, et certes tolérée par les diri­geants saoudiens, mais abominable aux yeux des musulmans du monde, tenus d’assurer leur pèlerinage sacré à La Mecque ?

Lorsque des dizaines de millions de gens, répartis dans tout le monde mu­sulman, crient « à mort les États‑Unis », jusque et y compris en Turquie et au Pa­kistan, alliés des États‑Unis, la situation ne peut qu’exploser.

Certes, l’Amérique doit répondre à l’attaque monstrueuse qu’elle vient de subir. Elle doit répondre fort et clair, car c’est son honneur et sa crédibilité qui sont en jeu. Nous pouvons leur faire confiance : ils répondront.

Quant à nous, Français, qui sommes les alliés du peuple américain, nous leur sommes solidaires de par notre signature dans le cadre de l’Alliance atlantique, ce­pendant notre loyauté ne saurait exclure ni notre lucidité, ni notre vigilance : nous sommes des alliés, nous ne serons pas des sujets.

Mais, en même temps, si l’on veut évi­ter un cataclysme mondial, il est néces­saire qu’un pays, qui ne peut être les États‑Unis, prenne l’initiative d’une ac­tion qui mette fin aux ferments de haine qui alimentent le fanatisme et le terro­risme.

Ce pays, c’est la France, et ce ne peut-être que la France, à la condition expresse qu’elle se montre crédible, c’est-à-dire qu’elle commence par résoudre ses énormes problèmes internes.

C’est le sens du livre cité ci-dessus La France délivrée dont le sous-titre est Pour un destin.

 

Pourquoi la France ?

 

Pour plusieurs raisons parfaitement expliquées dans ce livre par M. l’ambassadeur Albert Chambon, et en particulier :

 

— parce que la France est le seul pays qui, longtemps, a su, comme le répétait le général De Gaulle, « prêter sa voix aux peuples qui n’en ont pas », ou qui en ont été privés ;

— parce que la France est le seul pays à pouvoir proposer au monde un modèle de civilisation alternatif au modèle améri­cain, ainsi que l’explique un grand jour­naliste américain, envoyé permanent à Paris, dans un article de la revue The New‑Yorker, reproduit dans le livre La France délivrée ;

— parce que la France a été pendant des siècles le guide, le modèle, inspirant la culture de toutes les cours d’Europe, à une époque où elle était le pays le plus peuplé et le plus riche du monde occiden­tal ;

— parce qu’enfin la France est le seul pays au monde auquel les États‑Unis peuvent, et doivent se sentir redevables de leur existence historique.

 

Certains historiens considèrent en effet que Louis XVI a payé de sa tête, et la France d’une révolution sanglante, l’aide généreuse qu’il a décidé d’apporter aux « insurgents » pour acquérir leur indé­pendance, en particulier lors de la bataille de Yorktown en 1781, gagnée par le ma­réchal de Rochambeau et Washington. Cette expédition avait ruiné les finances du royaume, ce qui déclencha la convo­cation des États Généraux, et l’on connaît la suite.

Au mois de mai dernier, lors d’une ré­union, en France, des sociétés Cincinatti américaines invitées par la société Cinci­natti française, le président, américain, de l’ensemble des sociétés Cincinatti, a dé­claré que l’Amérique devait son existence à Louis XVI, après avoir tenu à se recueil­lir à Saint‑Denis devant la tombe de celui-ci.

Il paraît qu’un sondage récent aurait fait apparaître que 80 % des Américains estimaient que la France n’avait joué au­cun rôle dans la guerre d’indépendance, et il est vraisemblable que le même son­dage, effectué en France, ferait apparaître un pourcentage encore plus élevé…

Faute de cette double action, l’une de riposte, conduite par les États‑Unis, l’autre de réparation, animée par la France, la troisième guerre mondiale, qui pourrait bien avoir commencé, annonce un cataclysme.

Mais ceci suppose un bouleversement du personnel qui dirige la France depuis trente ans, et une véritable révolution de la politique menée par ces élus, car on ne voit pas comment notre pays pourrait jouer un rôle international crédible, alors que cette politique aura conduit à une si­tuation où :

— le gouvernement interdit aux poli­ciers de pénétrer dans les quelques deux cents zones dites « sensibles » pour ne pas déclencher des émeutes et une guerre ci­vile ;

— le ministre de l’Intérieur se déplace à Béziers pour déclarer que le geste du terroriste qui, au nom d’Allah, avait atta­qué au lance-roquettes une voiture de po­lice et assassiné un adjoint du maire, était « inexplicable » ;

— il apparaît que la France fait à pré­sent partie des pays les moins développés de l’Union Européenne (12e sur 15 selon le critère du PNB/habitant), et qu’elle est en tête du classement selon le critère « taux d’imposition des entreprises » (30 %, contre 7 % à 25 % dans les autres pays) ;

— le taux des prélèvements obliga­toires, devenus confiscatoires, est l’un des plus élevés du monde ;

— notre Éducation Nationale fabrique un taux d’illettrés qui, selon les sources, est estimé dans une fourchette de 20 à 40 % ;

— le peuple est privé du droit élémen­taire de penser, d’écrire et de parler li­brement par des lois liberticides qui ba­fouent la Déclaration des Droits de l’homme, et par la pratique du confor­misme étouffant de la « pensée unique » dans les médias, etc.

 

Des élections capitales arrivent pro­chainement.

Fasse le ciel que le peuple français sache en profiter pour purger la France de tous ces politiciens qui n’ont qu’un souci : se faire élire, voire, pour certains, s’enrichir [7].


 

 

 

k

k  k

 


[1] — Adresse du président George W. Bush au Congrès américain le 20 septembre 2001.

[2] — Dom Guéranger, L’Année liturgique, Temps après la Pentecôte, fête de saint Josaphat le 14 novembre.

[3] — Disponible à l’association Voix des Français, BP 23 – 92201, Neuilly-sur-Seine Cedex (tél : 01 42 67 22 05).

[4] — Disponibles en anglais (une traduction en français est en cours) à l’association Voix des Français.

[5] — Au sujet de Georges Bush, nous donnons cette information qui aide à mieux connaître ce « fervent pratiquant et adepte du dialogue entre les religions » qui n’hésite pas à se joindre à la prière des musulmans :

« Le ramadan à la Maison-Blanche. — Washington se met à l’heure du ramadan. Hier, après le coucher du soleil, Georges W. Bush devait recevoir 50 ambassadeurs représentants des pays musulmans à la Maison‑Blanche. Après avoir rompu le jeûne en compagnie du président des États‑Unis, en avalant des dattes et des jus de fruit, ils devaient se mettre à genoux dans les salons de réception de la Maison‑Blanche pour effectuer leur traditionnelle prière. Georges W. Bush, fervent pratiquant et adepte du dialogue entre les religions, devait se joindre à la prière. Ensuite, le président des États‑Unis devait convier ses invités, représentant cinquante pays membres de l’Organisation de la conférence islamique, à un dîner d’iftar, le repas qui rompt le jeûne pendant le ramadan. En ouvrant ainsi ses portes à l’islam, la Maison‑Blanche espère apporter une nouvelle preuve qu’elle n’est pas en guerre contre les musulmans mais contre le terrorisme » (Figaro du 20 novembre 2001). (NDLR du Sel de la terre.)

[6] — Depuis la publication de cet article, le nombre de victimes du 11 septembre, tant à New-York qu’à Washington et dans les avions, a été ramené à moins de 3000. (NDLR du Sel de la terre.)

[7] — Concernant ces élections, nous précisons qu’il n’y a aucun « devoir » de voter et encore moins de mettre tous ses espoirs dans les hommes politiques indignes qui sollicitent nos suffrages. Relisons les avertissements du prophète Isaïe aux juifs de son temps (VIIIe siècle avant J.-C.) : « Malheur aux enfants rebelles – oracle de Yahvé – qui font des projets, mais sans moi ; qui contractent des pactes, mais sans mon esprit, accumulant péché sur péché. Ils descendent sur le chemin de l’Égypte, sans avoir consulté ma bouche, pour se réfugier sous la protection de Pharaon et pour s’abriter à l’ombre de l’Égypte ! La protection de Pharaon sera pour vous une honte ; et le refuge à l’ombre de l’Égypte, une confusion » (Is 30, 1-3). Il faut plutôt nous convertir, par la prière et la pénitence, et le reste nous sera donné par surcroît. (NDLR.)

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 40

p. 255-264

Les thèmes
trouver des articles connexes

Informations et Chroniques : L'Actualité à la Lumière de la Tradition

Télécharger le Pdf ici :

.

bottom of page