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Éditorial

 

La cinquième colonne

 

 

MGR LEFEBVRE faisait remarquer que ceux qui le quittaient pour se « rallier » à la Rome moderniste, ne tardaient pas à se laisser corrompre par la mentalité de l’Église conciliaire.

La dernière réunion interreligieuse d’Assise, du 24 janvier 2002, a été l’occasion de constater la vérité de cette affirmation. Nombre de ceux qui font partie des milieux « ralliés » ont tenté de justifier l’injustifiable.

En voici deux exemples parus dans la presse « ralliée » :

 

— D’abord, c’est le propre supérieur pour la France de la Fraternité Saint-Pierre, M. l’abbé Xavier Garban, qui écrit dans le très officiel Tu es Petrus, Bulletin de la Fraternité Saint-Pierre, nº 81, pages 7-8 :

 

En 1986, dans une étude publiée par la revue La Pensée catholique, l’abbé Luc Lefèvre avait relevé plusieurs déclarations pontificales antérieures, qui annonçaient déjà ce que Jean-Paul II fera à Assise.

Ainsi, en 1937, Pie XI, dans son encyclique Divini Redemptoris, écrivait : « Contre le violent effort de la puissance des ténèbres pour arracher des cœurs des hommes l’idée même de Dieu, Nous espérons beaucoup qu’aux chrétiens viendront se joindre tous ceux – et ils forment la plus grande partie de l’humanité – qui croient que Dieu existe et qui l’adorent ». Pie XI n’avait alors invité les hommes à aucun rassemblement, mais l’idée était bel et bien la même. […]

Peut-on pour autant faire appel, comme à Assise, à la prière de ces hommes qui n’entrevoient Dieu qu’à travers un voile parfois épais d’ignorance et d’erreurs ? N’est-ce pas reconnaître à cette prière, sans même mettre en doute sa sincérité, une certaine valeur ?

Laissons encore la parole à Pie XI qui, en 1932, à l’heure de la montée des périls, écrivait dans l’encyclique Caritate Christi, en évoquant clairement tous les hommes dont le regard est tourné vers Dieu : « C’est précisément la prière qui, suivant l’Apôtre, doit apporter le don de la paix ; la prière qui s’adresse au Père céleste qui est le Père de tous les hommes ; la prière qui est l’expression commune des sentiments de famille, de cette grande famille qui s’étend au-delà des frontières de tous les pays, de tous les continents. »

Avec les deux réunions d’Assise, Jean-Paul II montre qu’il s’inscrit parfaitement dans la ligne de cette vérité exprimée si clairement par son prédécesseur.

 

— Puis, c’est Robert Chermignac qui écrit dans La Nef nº 124 de février 2002 :

 

Au demeurant, l’appel du pape à l’humanité entière de prier pour la paix n’est pas nouveau. Pie XI, dans Caritate Christi (1932), puis dans Divini Redemptoris (1937), invitait tous les hommes à la prière, quelle que soit leur religion : « Contre le violent effort de la puissance des ténèbres pour arracher des cœurs des hommes l’idée même de Dieu, Nous espérons beaucoup qu’aux chrétiens viendront se joindre tous ceux - et ils forment la plus grande partie de l’humanité - qui croient que Dieu existe et qui l’adorent. » La prière que Pie XI demandait à tous les hommes de bonne volonté, Jean-Paul II l’a rendue symboliquement visible à Assise.

 

Dans l’excellent Pour qu’il règne, livre écrit pour la Cité catholique et préfacé par Mgr Lefebvre, Jean Ousset a écrit un intéressant chapitre intitulé : « La révolution, sa cinquième colonne ». Il s’agit de la pénétration, au sein du catholicisme, de la mentalité et des idées de la révolution, et d’abord de la mentalité libérale.

On peut dire que les publications que nous avons citées représentent bien cette cinquième colonne : les ralliés se font les alliés de la Rome moderniste pour essayer de « changer la mentalité » des catholiques.

C’est notre devoir de résister à une telle manœuvre et de manifester ouvertement la fausseté des arguments sur lesquels on prétend s’appuyer.

 

*

 

Nos deux auteurs, qui se recopient l’un l’autre ou qui puisent à une source commune, prétendent s’appuyer sur Pie XI.

En 1932, ce pape a écrit l’encyclique Caritate Christi « sur les prières et expiations à offrir au Sacré-Cœur de Jésus dans les épreuves actuelles du genre humain » (3 mai 1932). On voit déjà, par le titre, que l’objet n’est pas le même que celui de la réunion d’Assise.

Mais regardons le contexte de la citation donnée par l’abbé Garban. Le pape invite à lutter contre « l’athéisme organisé et militant » soutenu par « les sociétés secrètes », à l’aide des moyens donnés par Notre-Seigneur lui-même : la prière et la pénitence. Et il dit bien qui il faut prier :

 

Et quel objet plus digne de notre prière et convenant mieux à la personne adorable de celui qui est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus fait homme, que de l’implorer pour la conservation sur terre de la foi dans le seul Dieu vivant et vrai ?

 

On voit bien que l’idée n’est pas du tout « la même » que celle de Jean-Paul II : celui-ci n’a pas invité les bouddhistes, musulmans, sikhs, shintoïstes, hindouistes, tenrykios, animistes africains, confucéens, jaïnistes et zoroastriens à prier Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Pie XI dit ensuite qu’on doit spécialement prier pour la paix, et c’est alors qu’il donne les paroles reproduites par l’abbé Garban. Mais il s’agit toujours de s’adresser à Dieu par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il suffit de donner la suite de la citation :

 

Des hommes qui dans toute nation prient le même Dieu pour la paix sur la terre ne peuvent pas être en même temps les agents de la discorde entre les peuples ; des hommes qui se tournent dans la prière vers la divine Majesté ne peuvent pas fomenter cet impérialisme nationaliste qui de chaque peuple fait son propre Dieu ; des hommes qui jettent leur regard vers le Dieu de paix et d’amour, qui s’adressent à lui par l’intermédiaire du Christ qui est Pax nostra, ne s’accorderont pas de repos jusqu’à ce que finalement la paix, que le monde ne peut pas donner, descende de l’Auteur de tout bien sur les hommes de bonne volonté.

 

Or, précisément, c’est ce qu’on n’a pas voulu faire à Assise : on n’a pas voulu s’adresser à Dieu par l’intermédiaire du Christ, chaque religion s’adressant à son « Dieu » par qui elle voulait.

 

Quant à la deuxième citation tirée de Divini Redemptoris (19 mars 1937), elle ne peut davantage servir à justifier Assise. L’encyclique traite du « communisme athée », et le pape, dans une cinquième et dernière partie, passe en revue les ministres et auxiliaires dans la lutte contre le communisme. C’est alors qu’il dit son espérance que tous ceux qui croient que Dieu existe (Deum esse credunt) viendront apporter une aide aux chrétiens dans cette lutte. Mais le pape ne parle nullement de prière dans ce passage.

Quand il y a le feu dans la maison, on fait appel à toutes les bonnes volontés. On n’excepte que les pyromanes. De même, pour lutter contre l’athéisme, le pape fait appel à l’aide de ceux qui ne sont pas athées. Par exemple, l’Espagne (catholique) aurait pu recevoir l’aide de l’Angleterre (protestante) pour chasser de son sol le communisme. C’est du bon sens, et cela n’a rien à voir avec une quelconque cérémonie interreligieuse comme celle d’Assise.

D’ailleurs, juste après les paroles rapportées par l’abbé Garban et Robert Chermignac, le pape Pie XI dit ceci : « Nous renouvelons donc l’appel lancé, il y a cinq ans, dans Notre Encyclique Caritate Christi, que tous les croyants s’emploient avec loyauté et courage “à préserver le genre humain du grave péril qui le menace” ». Or, précisément, ce passage de Caritate Christi se trouve au début de l’encyclique (page 45 de l’édition de la Bonne Presse), dans la partie où le pape envisage les « moyens humains » avant de parler de la prière et de la pénitence (à partir de la page 46).

Il est donc tout à fait faux de prétendre trouver dans ces passages de Pie XI une « annonce » quelconque de la réunion de prière d’Assise.

 

*

 

Ajoutons que le contraire serait surprenant, quand on sait avec quelle énergie Pie XI a condamné le faux œcuménisme, notamment dans son encyclique Mortalium animos (6 janvier 1928), où il commence par constater que, dans le but d’unir les divers peuples en vue de la paix, certains…

 

… nourrissent l’espoir qu’on pourrait facilement amener les peuples, en dépit de leurs dissidences religieuses, à s’unir dans la profession de certaines doctrines admises comme un fondement commun de vie spirituelle. En conséquence, ils tiennent des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre assez considérable d’auditeurs ; ils invitent aux discussions tous les hommes indistinctement, les infidèles de toute catégorie, les fidèles, et jusqu’à ceux qui ont le malheur de s’être séparés du Christ ou qui nient âprement et obstinément la divinité de sa nature et de sa mission.

De pareils efforts – continue Pie XI – n’ont aucun droit à l’approbation des catholiques, car ils s’appuient sur cette opinion erronée que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables, en ce sens qu’elles révèlent et traduisent toutes également – quoique d’une manière différente – le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous incline avec respect devant sa puissance. Outre qu’ils s’égarent en pleine erreur, les tenants de cette opinion repoussent du même coup la religion vraie ; ils en faussent la notion et versent peu à peu dans le naturalisme et l’athéisme. Il est donc parfaitement évident que c’est abandonner entièrement la religion divinement révélée que de se joindre aux partisans et aux propagateurs de pareilles doctrines.

 

Or, malheureusement, il faut bien constater que c’est ce que le pape Jean-Paul II a fait à Assise. Le pape Jean-Paul II a déclaré notamment :

 

Frères et sœurs venus ici de différentes parties du monde ! Nous nous rendrons tout à l’heure dans les lieux prévus afin d’implorer de Dieu le don de la paix pour l’humanité entière. Nous demanderons qu’il nous soit donné de reconnaître la voie de la paix, des justes rapports avec Dieu et entre nous. Nous demanderons à Dieu d’ouvrir les cœurs à la vérité sur lui et sur l’homme. Le but est unique et l’intention est la même, mais nous prierons selon des formes diverses, respectant les traditions religieuses de chacun. Dans cela aussi, il y a au fond un message : nous voulons montrer au monde que l’élan sincère de la prière ne pousse pas à l’opposition et moins encore au mépris de l’autre, mais à un dialogue constructif, dans lequel chacun, sans verser en aucune manière dans le relativisme ni dans le syncrétisme, prend une conscience plus vive du devoir du témoignage et de l’annonce. Il est temps de dépasser résolument les tentations d’hostilité qui n’ont pas manqué dans l’histoire, même religieuse, de l’humanité. En réalité, lorsqu’elles se réclament de la religion, elles en expriment un aspect profondément immature. En effet, le sentiment religieux naturel conduit à percevoir de quelque manière le mystère de Dieu, source de la bonté, et cela constitue une source de respect et d’harmonie entre les peuples. C’est même dans ce sentiment que réside le principal antidote contre la violence et les conflits.

 

Le pape Jean-Paul II tombe précisément sous la condamnation de son prédécesseur en ce qu’il professe «  cette opinion erronée que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables, en ce sens qu’elles révèlent et traduisent toutes également – quoique d’une manière différente – le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous incline avec respect devant sa puissance. »

Par ailleurs, en vertu de cette erreur, il multiplie les « congrès, les réunions, les conférences » et, chose plus grave, dans la dernière réunion d’Assise, il a prétendu « s’unir [avec les représentants des autres religions] dans la profession de certaines doctrines admises comme un fondement commun de vie spirituelle » en promulguant, ni plus ni moins, un nouveau décalogue !

On croit rêver, et pourtant, cela est publié noir sur blanc dans la Documentation catholique (nº 2266, pages 251-252) :

 

Un mois après la rencontre d’Assise du 24 janvier dernier, le pape Jean-Paul II a envoyé à tous les chefs d’État ou de gouvernement du monde une lettre présentant le « Décalogue d’Assise pour la paix ». Jean-Paul II y affirme avoir constaté que les participants à la Rencontre « étaient plus que jamais convaincus d’une conviction commune : l’humanité doit choisir entre l’amour et la haine ».

 

Et dans cette lettre « aux chefs d’État ou de gouvernement », le pape Jean-Paul II écrit :

 

Il y a juste un mois se déroulait à Assise la journée de prière pour la paix dans le monde. Aujourd’hui, ma pensée se tourne spontanément vers les responsables de la vie sociale et politique des pays qui y étaient représentés par les chefs religieux de nombreuses nations.

Les interventions inspirées [1] de ces hommes et de ces femmes, représentants des diverses confessions religieuses, ainsi que leur désir sincère d’œuvrer en faveur de la concorde, de la recherche commune du vrai progrès et de la paix au sein de la famille humaine tout entière, ont trouvé leur expression à la fois élevée et concrète dans un « décalogue » proclamé en conclusion de cette journée exceptionnelle.

J’ai l’honneur de remettre le texte de cet engagement commun à Votre Excellence, convaincu que ces dix propositions pourront inspirer l’action politique et sociale de son gouvernement.

 

Et voici un extrait de ce texte « hallucinant » :

 

« Décalogue d’Assise pour la paix »

1. Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.

2. Nous nous engageons à éduquer les personnes au respect et à l’estime mutuels, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d’ethnies, de cultures et de religions différentes.

3. Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, afin que se développent la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les conditions d’une paix authentique. […]

 

Oui, loin d’être approuvés par Pie XI, Jean-Paul II et ceux qui tentent de le justifier méritent plutôt de se voir appliquer ces paroles : « Outre qu’ils s’égarent en pleine erreur, les tenants de cette opinion repoussent du même coup la religion vraie ; ils en faussent la notion et versent peu à peu dans le naturalisme et l’athéisme. Il est donc parfaitement évident que c’est abandonner entièrement la religion divinement révélée que de se joindre aux partisans et aux propagateurs de pareilles doctrines. »

On pourrait ajouter que ce « nouveau décalogue » semble plus « inspiré » par l’idéologie maçonnique qui exige la « tolérance » envers toutes les religions, que par la révélation divine, puisque le vrai décalogue nous demande, comme premier commandement (« un seul Dieu tu adoreras et aimeras plus que tout »), la charité envers Dieu et donc l’amour, le respect, l’obéissance envers Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

*

 

Continuons à citer nos deux théologiens de la « cinquième colonne », en nous contentant, pour ne pas trop nous étendre, de donner quelques commentaires dans les notes de bas de page.

Et d’abord M. l’abbé Garban :

 

Un tel appel ne peut être adressé que par le Saint-Père. « Jean-Paul II, il n’y a que vous qui pouviez faire cela ! », s’est exclamé le rabbin américain Israël Singer en commençant son intervention [2]. Le Christ est Seigneur de tous, y compris de ceux qui le méconnaissent encore. Et il appelle tous les hommes. Son Vicaire – le doux Christ en terre – a reçu par mission divine la charge de transmettre cet appel. Le seul fait d’ailleurs qu’il ait été si visiblement entendu à Assise n’est-il pas le signe qu’une grâce directement tombée du ciel a traversé d’une certaine manière le fond des cœurs [3] ? Et que les participants, peut-être sans même se l’avouer, ont implicitement reconnu par là au Christ et à son Vicaire une certaine prééminence [4] ?

Ce que Jean-Paul II a convoqué à Assise, ce ne sont pas les religions du monde en tant que telles ; ce sont, – à travers les religions erronées auxquelles ils adhèrent faute d’être parvenus à une connaissance plénière de la vérité – tous les hommes créés par Dieu à son image, appelés à sa ressemblance et membres en puissance du Corps mystique du Christ [5]. […]

Laissons maintenant le Saint-Esprit, qui ne saurait être étranger à toute prière humble et sincère d’où qu’elle vienne, en faire mûrir le fruit [6].

 

Lisons maintenant le théologien de La Nef :

 

La journée d’Assise a été un événement médiatique important. Un tel geste, cependant, suscite bien des interrogations parmi les catholiques. On se souvient que la première réunion d’Assise, en 1986, avait provoqué des critiques d’une rare violence de Mgr Lefebvre [7]. Certes, on comprend que des chrétiens puissent s’interroger et craindre les risques de syncrétisme. Mais si l’interrogation et la crainte sont légitimes, celles-ci doivent d’autant plus pousser à essayer de comprendre la démarche papale sans a priori négatif [8]. Car de quoi s’agit-il à Assise ?

[…] Et le cardinal Walter Kasper, président de la commission pontificale pour la Promotion de l’unité des chrétiens, a lui aussi insisté : « Les chrétiens et les fidèles des autres religions peuvent prier, mais ne peuvent pas prier ensemble. Tout syncrétisme est exclu [9]. »

Face à l’inquiétude manifestée ici ou là de voir l’Église catholique mise sur le même plan que les autres religions, il faut prendre conscience de l’aura qu’une telle réunion confère à l’Église auprès des autres religions et de leurs fidèles [10]. Car c’est bien le pape, vicaire du Christ qui a pris l’initiative d’Assise, qui a invité les dignitaires religieux à le rejoindre, et non pas en terrain « neutre », mais dans un lieu hautement symbolique de la Chrétienté, la ville de saint François, lui-même initiateur de la rencontre pacifique avec les musulmans [11]. Cette manifestation a donc le mérite de mettre les autres religions en contact avec l’Église et de leur faire entendre la vérité catholique que le pape ne manque jamais de proclamer [12], et notamment sur « l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Église », pour reprendre le sous-titre de la déclaration Dominus Jesus (2000) [13].

 

*

 

Le libéralisme fait des progrès, même chez les « ralliés » qui ont encore conservé la messe traditionnelle. La raison en paraît simple : s’étant soumis à la Rome conciliaire, ils en subissent l’influence, et finissent pas se laisser contaminer.

On comprend l’intérêt, pour « Rome », de disposer d’une telle « cinquième colonne ». Pour cela, elle est prête à certaines concessions temporaires, comme la permission de célébrer, dans certaines limites, la liturgie traditionnelle.

Tout cela nous rappelle que, derrière le combat pour la messe, il y a surtout le combat pour la foi. N’oublions pas qu’au concile Vatican II, tous les évêques, théologiens et experts, célébraient la messe traditionnelle. Cela ne les a pas empêchés d’introduire le libéralisme dans le Concile.

 

 


 

Jésus chasse les vendeurs du Temple


[1] — C’est nous qui soulignons.

[2] — Il est intéressant de voir que le pape a reçu des félicitations du rabbin. Lui-même, dans son mot d’introduction, a salué spécialement les « représentants du judaïsme mondial qui ont adhéré à cette journée spéciale pour la paix ». Tout cela n’est guère surprenant, si l’on se rappelle que le rabbin italien Elie Benamozegh, à la fin du XIXe siècle, préconisait la constitution d’une religion mondiale par le moyen du noachisme (« décalogue abrégé » valable pour les goyim). En promulguant un nouveau décalogue, le pape Jean-Paul II va tout à fait dans ce sens. Ce qui est plus étonnant, c’est la naïveté de l’abbé Garban.

[3] — Est-ce vraiment la grâce divine qui a poussé les représentants de ces religions à se réunir ? Les sociétés secrètes préparent, depuis des siècles, l’avènement du gouvernement et de la religion mondiaux. Sans parler de l’influence des mauvais esprits, qui sont les instigateurs des fausses religions et des sociétés secrètes.

[4] — La prééminence de celui qui invite. Lors d’une réunion interreligieuse au Japon, le représentant de l’Église catholique n’avait que la troisième ou quatrième place.

[5] — Affirmation tout à fait erronée, ce sont bien les représentants des diverses religions qui ont été invités en tant que tels, pour prier pour la paix.

[6] — On retrouve ici une erreur professée par le pape. La prière, acte de la vertu de religion, peut être un acte naturel. Et si elle est mal orientée (par exemple les adorateurs du serpent), il est clair qu’elle ne vient pas du Saint-Esprit, même si elle est « humble et sincère ».

[7] — Sur cette « rare violence », voir les numéros 30 et 40 du Sel de la terre.

[8] — Après 24 années d’auto-démolition de l’Église par le « pape de la Révolution », il est légitime d’avoir un a priori négatif. Mais même avec un a priori positif, la journée d’Assise serait injustifiable.

[9] — Il est symptomatique de voir que La Nef cite le cardinal Kasper comme une autorité (sur ce cardinal, voir Le Sel de la terre 39, p. 211, et Le Sel de la terre 40, p. 212).

Quant à cette affirmation qu’à Assise les représentants des diverses religions « étaient ensemble pour prier » mais « ne priaient pas ensemble », elle est démentie par le propre secrétaire du conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, Mgr Michael L. Fitzgerald, qui écrit (DC du 17 février 2002, p. 177) : « Les pèlerins de la paix à Assise étaient ensemble pour prier, mais ne peut-on dire qu’ils priaient ensemble ? Dans la mesure où ils écoutaient avec respect les prières des autres, et faisaient leur l’intention de ces prières, une imploration pour la paix dans le monde, leurs cœurs se fondaient en une prière commune. Le tout dépassait en quelque sorte les parties. » On ne peut guère donner une parole plus autorisée.

[10] — Il n’est pas étonnant que les dignitaires des autres religions soient satisfaits de voir que le pape les respecte en tant que tels et ne leur demande plus de se convertir. Mais cette « aura » ressemble plus à la gloire du monde qu’à celle qui vient de Dieu. Notre-Seigneur, lui, n’a pas reçu cette gloire, il est mort sur la croix pour que les hommes se convertissent à lui.

[11] — Saint François a envoyé des missionnaires auprès des musulmans ; ceux-ci ont été les proto-martyrs de son Ordre. Ce n’est pas la démarche du pape à Assise !

[12] — Hélas ! non. Le pape n’a pas dit ce que Notre-Seigneur lui a demandé de prêcher : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné » (Mc 16, 16).

[13] — Sur le mythe de Dominus Jesus comme étant un rappel de la doctrine catholique, voir l’éditorial du Sel de la terre 35 et les recensions de ce numéro.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 41

p. 1-8

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