+ L’œcuménisme
est un péché
La revue Pour qu’il règne [1], organe de la Fraternité Saint-Pie X en Belgique, a publié un intéressant article de Maître Roger Lefebvre, intitulé « L’œcuménisme est-il un péché ? », qui s’inspire de l’ouvrage de Don (et non pas Dom) Sarda y Salvani, Le Libéralisme est un péché [2].
L’auteur commence par évoquer la vie d’Érasme (1469-1536), qui fait mieux comprendre l’esprit du faux œcuménisme, lequel est un esprit de compromis. Érasme, « le prince des humanistes », tout en affirmant sa volonté de rester catholique, refusa de s’engager dans la lutte contre les principaux chefs de la Réforme. Il rêvait de paix et de concorde par-delà les divergences doctrinales.
Ensuite l’auteur analyse le décret conciliaire Unitatis redintegratio (21 novembre 1964), montrant l’incohérence de ce décret, puisque le premier chapitre vise « la restauration de l’unité entre tous les chrétiens » (qui relève de la compétence de l’Église), tandis que le second invite à la collaboration dans la poursuite d’entreprises humaines. Il y a là un véritable détournement de l’Église à des finalités autres que les siennes.
Dans une troisième partie, la plus originale, l’auteur analyse les sources – sources disparates, ce qui explique l’incohérence susmentionnée – de l’œcuménisme : la théologie de la controverse de Karl Rahner, la thèse (protestante) des articles fondamentaux, et la dynamique de groupe, d’origine ésotérique et maçonnique. Cette dynamique des groupes, sorte de psychanalyse collective, avait déjà pénétré l’Église avant le Concile :
Celle-ci (la dynamique des groupes) exige des participants l’abandon de tout ce qui peut paraître un dogme absolu, l’abandon de sa propre personnalité au profit du groupe, l’interdiction d’argumenter contre le voisin ; un effort est demandé à chacun pour « découvrir les richesses de l’autre » en vue d’en faire son profit personnel.
L’origine de cette méthode est lointaine, elle est à rechercher dans les innombrables sectes, puis dans la maçonnerie spéculative et enfin dans les « sociétés » pré-révolutionnaires. La méthode a été ensuite systématisée par Karl Marx et Lénine s’appuyant sur Hegel, et bien rodée dans les cellules de certaines loges également du genre de celle que fréquentait Sigmund Freud. C’est Carl Rogers qui a introduit dans les institutions éducatives catholiques françaises la pédagogie dite non-directive, issue de la psychanalyse.
Que l’on compare maintenant la technique des groupes avec le décret conciliaire : celui-ci n’est qu’une transposition de celle-là. Comme dans la dynamique des groupes, il est demandé aux fidèles catholiques engagés dans les « entreprises à visée œcuménique », exactement la même attitude abandonner tout dogmatisme, s’abstenir de tout jugement, de tout propos, de toute opinion qui pourrait faire obstacle à la communauté d’idée, dialoguer, entrer en « communion » avec la pensée du voisin pour découvrir la vie de chaque communauté.
Dans la quatrième partie de son étude, Maître Lefebvre analyse deux erreurs de l’œcuménisme (moyens disproportionnés par rapport à la fin, manifestation de la « charité » au détriment de la vérité) à la lumière de l’encyclique de Pie XI du 6 janvier 1928, Mortalium animos.
Enfin l’auteur décrit le fruit de ce faux œcuménisme : l’indifférentisme religieux.
Dans sa conclusion, l’auteur remarque que si l’œcuménisme est un péché, il n’est plus possible de recourir à Rome pour le faire condamner (comme ce fut le cas pour le libéralisme, puisque le livre de don Sarda susmentionné fut approuvé par Rome). En effet, c’est Rome qui gère l’exercice de l’œcuménisme dans la ligne du Concile et l’impose autoritairement aux catholiques.
Cet article est un complément utile à l’étude sur l’œcuménisme parue dans le numéro précédent du Sel de la terre.
Fr. P.-M.
Maître Roger Lefebvre, « L’œcuménisme est-il un péché ? », Pour qu’il règne nº 49, Mars-Avril 2002.
[1] — Fraternité Saint-Pie X, 37 rue de la Concorde, B – 1050 Bruxelles, nº 49, Mars-Avril 2002.
[2] — Diponible auprès du Sel de la terre pour 16,5 €.

