Catéchisme de la médiation
universelle de Notre‑Dame
(XII)
par Filius Ancillæ
On trouvera les dix premières parties de cette étude dans les numéros 20, 22, 24, 26, 27, 29, 31, 34, 37, 39 et 41 du Sel de la terre. L’article publié ici fait immédiatement suite à celui de notre numéro 41 et continue l’examen des textes liturgiques en faveur de la médiation universelle de la Vierge Marie : après la liturgie latine, voici le témoignage de la liturgie orientale.
Le Sel de la terre.
Article 4 : Le témoignage de
la Tradition ecclésiastique
1. La liturgie (suite)
61e question : Quelles sont les liturgies orientales où l’on peut trouver des prières faisant appel à la médiation de la très sainte Vierge ?
Réponse : La classification des Églises d’Orient et de leurs rites étant assez complexe [1], on divisera sommairement celles-ci selon trois liturgies principales, rattachées à Byzance, Antioche et Alexandrie.
La liturgie byzantine, qui est la plus importante par son influence – bien que moins ancienne – emploie surtout la langue grecque. Celle d’Antioche, confinée à la Syrie et ses provinces limitrophes, utilise le syriaque. Celle d’Alexandrie est célébrée en Égypte (idiome copte) et en Éthiopie (guèze).
Dans certaines d’entre elles et d’autres de moindre importance, l’hérésie ou le schisme ont pu altérer plus ou moins la vérité doctrinale de quelques textes, mais leur ancienneté commune leur a valu de conserver de nombreuses prières qui confirment heureusement la croyance générale en la médiation universelle de Notre‑Dame.
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62e question : Est-ce que la liturgie byzantine employait le terme de « médiatrice » (mesi`ti~, mésitis) ?
Réponse : Oui, et à plusieurs reprises. Il faut cependant reconnaître qu’il n’est pas toujours facile de discerner dans certains cas si, dans l’esprit des byzantins, ce mot se limitait au consentement à l’incarnation, ou s’étendait aussi à une actuelle distribution des grâces. Cette question est importante, car elle fournit une des principales objections des mariologues « minimalistes [2] » et de leurs amis schismatiques orthodoxes. Pour nous éclairer sur ce sujet, citons seulement saint Germain Ier, Patriarche de Constantinople, Père de l’Église grecque, et qui ne fut pas le moindre de ses liturgistes : « La Vierge divinement brillante et pleine de grâce, a été médiatrice tout d’abord par son enfantement surnaturel, et maintenant par l’intercession de sa maternelle protection [3]. »
On pourra s’étonner, à la lecture des pages suivantes, qu’une telle place ait été accordée à la liturgie byzantine. Plusieurs raisons nous invitent cependant à l’étudier plus en détail :
— Tout d’abord, ces prières liturgiques ayant été presque toutes composées entre le VIe et le Xe siècle, c’est-à-dire avant le schisme vis-à-vis de Rome, elles sont pleinement catholiques et font partie du patrimoine liturgique de l’Église universelle.
— C’est dans le rite byzantin que nous trouvons pour la première fois mention explicite du terme de « médiatrice », dès le VIe siècle, et de manière fréquente dans les siècles suivants. Notons bien que ce titre de médiatrice est déjà décerné à Marie dans la prière officielle de toute une Église, et non dans certaines liturgies locales, comme en Occident.
— Depuis plus de sept siècles, les Byzantins, très fidèles à leur tradition, ont procédé à très peu de changements dans leurs offices liturgiques. Il faut aussi souligner que les mêmes textes liturgiques – à quelques exceptions près – sont utilisés par les Grecs catholiques comme par les orthodoxes [4].
— La liturgie byzantine est sans doute la plus mariale de toutes. De nombreuses prières, hymnes et antiennes à la sainte Vierge jalonnent le cérémonial quotidien des offices et de la liturgie eucharistique. Il en résulte une multitude si variée de louanges à la Mère de Dieu, qu’il est très laborieux de les étudier toutes et que nous avons dû nous limiter – avec regret – dans nos recherches comme dans nos citations.
