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Brèves informations

 

 

 

Kasper et la liberté religieuse

 


On lit dans la revue 30 jours, nº 3, 2002, cette étonnante « Histoire sommaire de la liberté religieuse » :

 

Histoire sommaire de la liberté religieuse

« L’Église catholique a elle aussi beau­coup peiné avant d’arriver à reconnaître le liberté de religion. Il est vrai que les Pères de l’Église avaient déjà déclaré, et les martyrs des premiers siècles en avaient témoigné par leur sang, que la foi est, par nature, un libre choix. Toutefois, la li­berté de religion avait subi des restric­tions après le tournant constantinien et après que l’empereur Théodose (379-395) avait déclaré le christianisme reli­gion d’État. Il y avait au plus tolérance mais non liberté de religion. Et surtout l’Église catholique n’a pas été en mesure de s’adapter à la conception libérale de la liberté religieuse introduite dans le monde moderne par la philosophie des lumières. Elle soutenait que seule la vérité a le droit d’exister, et non l’erreur. Aussi a-telle refusé la conception libérale de la liberté de conscience et de religion.

« Ce n’est que le concile Vatican II qui, après de longues et dramatiques dis­cussions, a marqué un tournant avec la déclaration Dignitatis humanæ. Le car­dinal Karol Wojtyla, alors archevêque de Cracovie, prononça dans la salle du Concile un discours mémorable dans le­quel il soutenait que la vérité et la liberté sont réciproquement liées entre elles. »

C’est ce qu’a écrit le cardinal Walter Kasper, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, dans un article signé sur la Civiltà Cattolica (16 mars 2002) sous le titre « Les racines théologiques du conflit entre Moscou et Rome ».

 

Ainsi le cardinal Kasper confesse que l’Église (conciliaire) « a marqué un tour­nant » en réussissant à « s’adapter à la conception libérale de la liberté religieuse introduite dans le monde moderne par la philosophie des lumières ». Il constate qu’on est revenu de la vieille théorie se­lon laquelle « seule la vérité a le droit d’exis­ter, et non l’erreur ». Désormais on ac­cepte « la conception libérale de la liberté de conscience et de religion ». Et le mo­ment décisif du « tournant » fut le « discours mémorable » du « cardinal Karol Wojtyla, alors archevêque de Cracovie, prononçé dans la salle du Concile ».

Pour une fois nous sommes bien d’ac­cord avec le cardinal Kasper. Mais nous n’en tirons pas la même conclusion que lui. Il s’en réjouit. Nous nous en affli­geons, car « la conception libérale de la li­berté religieuse introduite dans le monde moderne par la philosophie des lu­mières » est une erreur condamnée par l’Église. Jamais l’Église catholique qui est sainte (et professe donc une doctrine sans erreur) ne pourra l’accepter. Dans la me­sure où Kasper and Co l’acceptent, ils se séparent de l’Église catholique et forment une nouvelle Église conciliaire et libérale.

Notons au passage que la revue 30 jours ne faisant aucun commentaire, fait sienne cette déclaration, et distille à ses lecteurs le venin du libéralisme.

 

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Une nouvelle revue au secours

de la nouvelle religion

 

 


Dans l’éditorial du dernier Sel de la terre (« La cinquième colonne », nu­méro 41), nous avons examiné deux ar­ticles de la presse « ralliée » qui tentaient de justifier la réunion interreligieuse d’Assise du 24 janvier 2002 : celui de M. l’abbé Xavier Garban dans Tu es Petrus nº 81 (bulletin de la Fraternité Saint-Pierre), et celui de Robert Chermignac dans La Nef nº 124.

Nous avons découvert depuis que la nouvelle revue Kephas [1] avait un article du même genre. Nous trouvons, en effet, dans son numéro 1, pages 49-52 un article de Hervé Kerbourc’h (plus connu sous son pseudonyme d’Yves Daoudal) inti­tulé « Prier à Assise » qui développe la même argumentation que l’abbé Garban et Robert Chermignac. Il s’appuie sur les mêmes textes de Pie XI (Caritate Christi et Divini Redemptoris) dont nous avons vu qu’ils s’appliquaient à tout autre chose.

Il répète qu’« il n’était pas question de “prier ensemble, mais d’être ensemble pour prier” ». Ce qui – nous l’avons dit – est démenti par le propre secrétaire du conseil pontifical pour le Dialogue inter­religieux, Mgr Michael L. Fitzgerald (DC du 17 février 2002, page 177).

Et au terme d’un raisonnement confus, il affirme que « les prières d’Assise » « montent » vers « un seul et même Dieu ». Il oublie tout simplement la né­cessité de passer par l’unique Médiateur, Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour que nos prières soient agréées de Dieu.

C’est le lieu de se rappeler qu’Yves Daoudal fait partie des personnalités analysées par Jean Vaquié dans son étude sur L’École de l’ésotérisme chrétien [2]. On y trouve aussi Jean Borella, dont la collabo­ration à Kephas nous est annoncée page 9 de ce premier numéro.

Dans le numéro 40 du Sel de la terre (note 2, page 241), nous avions déjà re­marqué les affinités de la maison d’édi­tion Ad Solem, éditeur de Kephas, avec ce courant de pensée.

Cette note n’a pas échappé à la perspi­cacité d’Yves Chiron qui s’en est ému. Il a publié une mise au point qui a été repro­duite dans le journal Présent du 27 avril 2002 :

 

Dans sa lettre d’informations reli­gieuses intitulée Alètheia, Yves Chiron a publié le 16 avril la mise au point sui­vante (reproduction intégrale).

« Dans la revue Le Sel de la terre (couvent de la Haye-aux-Bonshommes, 49240 Avrillé), qui publie son 40e nu­méro et fête ses dix ans de parution, un rédacteur s’inquiète des orientations qui seraient celles des éditions Ad Solem (2, rue des Voisins, CH – 1205 Genève, www.adsolem.com). Ces éditions ont publié le dernier livre du cardinal Rat­zinger, L’Esprit de la liturgie. (…). »

 

Nous sommes fort reconnaissants au journal Présent d’avoir signalé – une fois n’est pas coutume – l’existence du Sel de la terre, et d’avoir fait – à sa manière – de la publicité pour son dixième anniver­saire.

Toutefois, si M. Chiron relève l’allu­sion aux ennuis d’Antonio Vieira avec l’Inquisition, pour hérésie judaïsante, dans l’intention de l’en justifier, il ne parle pas des autres affirmations de la note [3].

Mgr Tissier de Mallerais, dans son sermon pour les ordinations à Écône ce 27 juin, a exposé fort clairement que la nou­velle religion issue du Concile est une « gnose ». Nous ne nous étonnerons pas de constater que ceux qui cherchent à jus­tifier théologiquement cette nouvelle re­ligion – et notamment les manifestations comme celle d’Assise – aient des sympa­thies pour l’« école de l’ésotérisme chré­tien ».


 

 

 

 

 

 


Courrier des lecteurs

 

 

 

Au sujet de Lépante

 


Dans le dernier numéro du Sel de la Terre (41, p. 264-265), vous publiez une « notice historique » d’un lecteur espa­gnol sur la bataille de Lépante, qui sou­tient que l’aile gauche chrétienne com­mandée par Barbarigo, « presque mise en déroute par la poussée de la manœuvre encerclante des Turcs, redevient victo­rieuse grâce au secours opportun de don Alvaro de Bazan ; dans cette occa­sion, Sirok le vice-roi d’Égypte, trouva la mort. »

Les Vénitiens se trouvèrent initiale­ment en difficulté mais ils ne furent pas « presque mis en déroute » : ils furent bien capables de bloquer l’encerclement, pivotant sur eux-mêmes et faisant ainsi face à l’ennemi, avec l’aide aussi d’une grande galée (galéasse), navire vénitien qui ravagea les Turcs avec ses lourds 30 canons (15 dans chaque côté).

En effet la galée de Mehmet Scirocco (Siroko) fut coulée par les Vénitiens, ce furent les hommes d’un des deux Contarini qui lui coupèrent la tête. (Il faut rappeler que les nouvelles des massacres perpétrés par les Turcs à Chypre contre les chrétiens, s’étaient répandues dans la flotte chrétienne justement à la veille de la bataille de Lépante).

Vu qu’on veut faire des précisions his­toriques, il faut rappeler aussi qu’au centre de la mêlée de Lépante, à côté des Espagnols, il y avait aussi les navires du Vénitien Venier et de Colonna qui se bat­taient contre Ali Baja.

Je pense que votre récit de la bataille était suffisant.

Aujourd’hui l’historiographie domi­nante dénie l’importance de la bataille de Lépante. En effet, la puissance ottomane commença à être frappée d’une manière décisive seulement par les armées de terre : défaites au Saint-Gothard sur Raab (1664) par Montecuccoli ; sous Vienne (1683) ; à Zenta (1697) par le prince Eugène, à Mohacs (1698) par le duc de Lorraine, où ils perdirent la Hongrie, etc. La victoire de Lépante fut une grande occasion manquée, du point de vue stratégique. Pourquoi ? La faute à la politique des États chrétiens d’antan, surtout à celle des grandes monarchies.

 

Lettre signée d’un lecteur italien.


 

 




[1] — Directeur de la publication : abbé Bruno Le Pivain (de la Fraternité Saint-Pierre). Publiée par les éditions Ad Solem. Nº 1 daté de janvier-mars 2002.

[2] — Jean Vaquié, L’École de l’ésotérisme chrétien, Société Augustin Barruel (62 rue Sala, 69002 Lyon), 1992. Livre recommandé par Mgr Lefebvre et recensé dans notre nº 4.

[3] — Dans Alètheia 29, 30 juillet 2002, p. 3, Yves Chiron fait une large publicité à la revue Kephas.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 42

p. 263-265

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