Le ministère ecclésiastique
selon le père Emmanuel
par le frère Jean-Marie O.F.M. Cap.
La sainteté du père Emmanuel suscita l’admiration de plusieurs de ses confrères. Certains vinrent à lui pour profiter de ses exemples et solliciter ses conseils. Pour ces prêtres, il institua une petite société – « l’Union sacerdotale Notre-Dame de la Sainte-Espérance » – pour laquelle il rédigea un règlement. Pour eux encore il écrivit un Traité du ministère ecclésiastique, dans lequel il exprima ses pensées les plus intimes et les plus chères. A Dom Maréchaux, qui avait communiqué ce texte à un prêtre qui ne faisait pas partie de ladite société, le père se plaignit : « Dans ce traité, j’ai mis mon âme, je n’admets pas que mon âme soit livrée sans mon consentement. »
C’est donc dans l’âme du père Emmanuel que nous allons pénétrer. Puisse-t-il nous donner assez de foi et d’intelligence pour ne pas la déformer, mais au contraire nous y conformer de plus en plus.
Le Traité comprend quatre livres : la nature du ministère ecclésiastique, comment le ministère peut être dénaturé, le terrain du ministère, les vertus nécessaires à l’exercice du ministère. Suivent les Regulæ unionis sacerdotalis, qui sont comme un condensé du Traité [1].
Nous diviserons notre étude en trois parties, groupant dans la première les deux premiers livres du père Emmanuel.
Les trois fonctions du ministère
