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Textes du père Emmanuel

 

La Sainte-Espérance

 

 

— I —

 

Le nom de Notre-Dame

de la Sainte-Espérance

expliqué par le père Emmanuel

 

Cet article, publié longtemps après la mort du père, est extrait du Bulletin Notre-Dame de la Sainte-Espérance, tome XVI, page 182 (novembre-décembre 1930).

Le Sel de la terre.

 

*

 

La très sainte Vierge (bénie soit-elle !) étant devenue l’auguste Mère du Fils de Dieu, a reçu de lui tous les droits de Mère, et sur lui, et sur tout ce qui dépend de lui.

Et comme il est Seigneur, en devenant sa Mère, elle est devenue Dame.

Elle est devenue Dame de tout ce dont il est Seigneur, et comme il est Notre-Seigneur, elle est Notre-Dame.

Nous devons l’hommage à Notre-Seigneur : il veut que nous rendions hom­mage à sa Mère, comme à Notre-Dame.

L’hommage que nous lui rendons n’est pas sans profit pour nous.

Comme Mère du Fils de Dieu, elle a une part magnifique dans les biens de son Fils, et saint Pierre Damien lui dit que tous les trésors des tendresses de Dieu sont en ses mains : In manibus tuis sunt thesauri miserationum Domini.

Elle est riche et puissante, mais tout particulièrement riche des grâces de son Fils, puissante pour les reverser sur nous.

Aussi, comme la divine Sagesse est appelée dans l’Écriture Mater sanctæ spei (Eccli 24, 24), la très sainte Vierge possède par participation des biens de son Fils ce même nom, si plein de douceur et de tendresse.

Ce que son Fils est par nature, source de toute espérance, Marie l’est par grâce et par participation, elle est Mère de toute grâce, Mère aussi de la Sainte-Espérance.

Et comme d’ailleurs elle est Notre-Dame, c’est donc à bon droit qu’elle est ap­pelée Notre-Dame de la Sainte-Espérance.

L’Espérance dont il est parlé ici est l’espérance surnaturelle des grâces de Dieu et de la vie éternelle.

Il y a une espérance naturelle, qui vise des biens temporels et passagers, mais ce n’est point là ce que l’Écriture appelle la Sainte-Espérance. La Sainte-Espérance est nommée dans l’Écriture, au passage cité plus haut, avec la foi et la charité, et la crainte de Dieu ; aussi, il est de toute évidence qu’il s’agit ici uniquement de l’espérance surnaturelle, laquelle venant du Fils de Dieu comme de la source de toute grâce, nous ramène à Dieu dans la vie éternelle.

C’est dans le royaume de cette Sainte-Espérance que la très sainte Vierge est Mère, qu’elle est Dame, qu’elle est la Mère de la Sainte-Espérance, Notre-Dame de la Sainte-Espérance.

Ceci nous fait comprendre la raison de la prière que nous lui adressons : Convertissez-nous.

Car, pour des pécheurs, la condition de la Sainte-Espérance, c’est la conversion.

Donc :

Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous !

 

 

— II —

 

Comment faut-il dire la Prière perpétuelle ?

Le sens de la formule et l’intelligence de la prière

 

Cet extrait provient du Bulletin, tome I, page 294 (septembre 1878).

Le Sel de la terre.

 

*

 

Q

ue demandons-nous en effet à Dieu, l’auteur de tous les biens, quand nous disons : Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous, sinon la fin de tous les péchés, la cessation des schismes, des divisions, des hérésies, et en somme l’exaltation de la sainte Église de Dieu par la sanctification des âmes.

 

Si donc nous voulons dire avec une parfaite intelligence notre Prière perpé­tuelle, il nous faut avoir devant les yeux les besoins de toutes les âmes qui sont sur la terre. Il nous faut considérer ces multitudes d’âmes encore plongées dans les superstitions du paganisme, et dont l’enfer se remplit tous les jours, et souhai­ter à ces âmes la grâce de la foi et du baptême ; il nous faut considérer le grand nombre de chrétiens qui sont séparés de la sainte Église de Dieu et de Dieu lui-même par l’hérésie, et leur souhaiter la grâce de rentrer au giron de notre com­mune mère la sainte Église catholique. Il y a là plus de cent millions d’âmes sé­parées de nous par le schisme gréco-russe, le protestantisme, l’anglicanisme. Hélas ! que de grandes et belles âmes il y a là, qui ont reçu notre baptême, et qui n’ont plus notre foi. Beaucoup de ces âmes ont encore l’eucharistie et nos autres sacrements : mais l’unité de la sainte Église catholique n’étant point gardée, ces âmes infortunées, qui n’ont point l’Église pour mère, ne sauraient plus avoir Dieu pour père. Avec cela, il y a sur la terre plusieurs millions de Juifs. Si au lieu de blasphémer Notre-Seigneur Jésus-Christ, ils avaient le bonheur de le reconnaître, de l’adorer et de l’aimer avec nous ! Enfin, au sein de l’Église même, combien d’âmes sont égarées par le naturalisme, le rationalisme et tous les vains systèmes du temps présent. Il faut nous rendre attentifs à tous ces maux, sensibles à de si grands malheurs, et souverainement désireux d’en voir la fin, quand chaque jour nous disons :

 

Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous !

 

 

— III —

 

Le pèlerinage de la Sainte-Espérance :

Nous avons une source !

 

Ces lignes font partie du compte rendu de la 27e fête de la Sainte-Espérance (quatrième dimanche d’octobre 1878). Elles proviennent du Bulletin, tome I, page 326 (novembre 1878).

Le Sel de la terre.

 

*

 

A la Salette, à Lourdes, la toute-puissance de Dieu a fait jaillir des sources dont les eaux sont mille fois miraculeuses. On va à ces sanc­tuaires, on en remporte des grâces spirituelles, des guérisons, et quelques flacons de l’eau miraculeuse.

De là, dans l’esprit de plusieurs, une sorte de persuasion que l’on va en pèle­rinage là où il y a une source, une source miraculeuse.

Il y a quelques semaines, vint à Mesnil-Saint-Loup un pauvre… Il en vient souvent ; mais celui-là venait de loin, armé de deux béquilles. Il nous demanda la charité et nous fit ses petites réflexions. Ah ! fit-il, on vient ici en pèlerinage ? — Oui, au mois d’octobre. — Ah ! comme ça, ajouta-t-il, vous avez une source ?

 

*

 

Vous avez une source ! Voilà la vraie bonne explication du pèlerinage à Notre-Dame de la Sainte-Espérance. Combien d’âmes qui ont soif de la grâce de Dieu, des consolations d’en haut, de la Sainte-Espérance, et qui viennent ici croyant y trouver une source.

Et de tous ceux qui y sont venus, nul n’a jamais dit : J’ai été trompé dans mon attente.

Oui, il y a une source en Notre-Dame de la Sainte-Espérance, en celle que l’Église appelle Mater, fons amoris : Marie est mère, mère et source d’amour, et nous lui chantons souvent :

 

Mon âme, espère !

Marie est mère

Et du Seigneur

Et du pécheur !

 

 

 

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Informations

L'auteur

Tout le numéro 44 du Sel de la terre est consacré au père Emmanuel André et aux multiples facettes de son activité à Mesnil-Saint-Loup.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 44

p. 77-80

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