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Vie du père Emmanuel

 

 

 

par Agnès Delacroix

 

 


Repères chronologiques

 

Événements de l’Église et du monde

 

Le père Emmanuel et la Sainte-Espérance

 

1826

17 octobre : naissance à Bagneux-la-Fosse de Louis-Émile-Ernest André, premier-né d’Alexandre André et d’Émilie Piot.

22 octobre : baptême par l’abbé Deheurles.

Mort de Léon XII (1823-1829) ; avènement de Pie VIII (mars 1829-novembre 1830).

1829

 

Révolution de Juillet : chute de la royauté légitime ; monarchie libé­rale de Louis-Philippe.

18 juillet, 27 novembre, 17 décembre : apparitions de la rue du Bac (« O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! »).

1830

 

Avènement de Grégoire XVI (1831-1846).

1831

 

L’abbé Desgenettes est nommé curé de Notre-Dame des Victoires à Paris.

15 août : encyclique Mirari vos de Grégoire XVI (stoppant la pre­mière tentative catholique-libérale, celle de Lamennais).

1832

La famille André s’installe aux Riceys, au Moulin Saint-Louis.

Début de la conversion de la pa­roisse d’Houville par l’abbé Mercier († 1858).

11 juillet : installation de Dom Guéranger à Solesmes.

1833

 

2 juin : naissance de saint Pie X.

1835

 

3 décembre : abbé Desgenettes : « Consacre ta paroisse au Cœur Immaculé de Marie ».

Naissance de Mgr Delassus (1836-1921).

1836

 

A Notre-Dame des Victoires : érec­tion de la confrérie du Saint et Immaculé Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs.

14 juillet : Dom Guéranger nommé Abbé de Solesmes.

1837

 

 

1839

14 avril (dim. du bon Pasteur) : première com­munion.

Entrée au petit séminaire de Troyes.

 

1840

21 juin (saint Louis de Gonzague) : confirmation par Mgr de Seguin (1826-1843).

20 janvier : conversion du juif Alphonse Ratisbonne (1812-1884).

1842

19 janvier : mort de M. André, père d’Ernest, broyé par la roue de son moulin.

Le journal l’Univers est fondé et di­rigé par Louis Veuillot (1813-1883).

1843

Entrée au grand séminaire de Troyes.

 

1844

Mgr Debelay, évêque de Troyes (1844-1848) demande à l’abbé André de rédiger le 1er Ordo romain du diocèse. Amitié avec Mgr Martin.

Mort de Grégoire XVI ; avènement de Pie IX (1846-1878).

Apparitions de Notre-Dame à La Salette.

1846

 

Conversion du juif Hermann Cohen (devenu carme déchaussé sous le nom de fr. Augustin-Marie du Très-Saint-Sacrement, il s’ins­crira à la Prière perpétuelle ; voir Bulletin, t. I, p. 88, août 1877.

1847

 

Chute de Louis-Philippe ; IIe République (1848-1851) : Louis-Napoléon prince-président.

Pie IX chassé de Rome par les ré­volutionnaires se réfugie à Gaète.

1848

Le nouvel évêque de Troyes, Mgr Coeur (1849-1860), est de tendance gallicane et se méfie de l’abbé André.

L’abbé André professeur au petit séminaire. Puis séjour aux Riceys.

L’abbé Pie est nommé évêque de Poitiers ; l’abbé Dupanloup, évêque d’Orléans.

Développement de la deuxième vague catholique-libérale (Dupanloup, Montalembert).

1849

17 avril : naissance de Dom Maréchaux à Chaource.

22 décembre : l’abbé André est ordonné prêtre. Il a 23 ans. Première messe au monastère de la Visitation de Troyes (avec une chasuble de saint François de Sales).

24 décembre : arrivée à Mesnil-Saint-Loup (300 à 350 âmes), dont il est nommé curé. Sa première messe est la messe de minuit.

IInd Empire (1851-1870)

1851

 

Napoléon III, empereur des Français.

Mort du vénérable Libermann (1802-1852).

1852

L’année de la Sainte-Espérance

14 juin : départ en pèlerinage à Rome.

5 juillet : audience de Pie IX : « Notre-Dame de la Sainte-Espérance, OUI ! »

15 août : à Mesnil, lancement de l’invocation : « Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous ! »

22 octobre : première fête de N.-D. de la Sainte-Espérance.

 

1853

26 avril (N-D du bon Conseil) : révélation de la Prière perpétuelle.

1er mai : lancement de l’association de la Prière perpétuelle ; les 56 premiers associés.

L’évêché juge la Prière suspecte.

15 août : érection de l’autel de N.-D. de la Sainte-Espérance.

8 décembre : définition par Pie IX de l’Immaculée Conception.

Mort de Lamennais (1782-1854).

1854

27 juillet : rescrit de Rome approuvant la Prière perpétuelle et accordant des indulgences.

15 août : publication du rescrit romain.

 

1855

2 février : la définition de l’Immaculée Conception est célébrée avec grande ferveur à Mesnil.

Violentes oppositions à la Prière perpétuelle en 1855 et 1856.

Dom Guéranger commence sa col­laboration à l’Univers (série d’articles : Essais sur le naturalisme contemporain).

S. Jean Bosco fonde les salésiens.

1856

16 septembre : bref du Saint-Siège accordant de nouvelles indulgences à la Prière perpétuelle.

18 octobre : l’abbé Desgenettes encourage la Prière perpétuelle.

Baptême du juif Mortara, que Pie IX prend sous sa protection et qui deviendra prêtre.

1857

 

11 février – 18 juillet 1858 : appari­tions de Lourdes : « Je suis l’Im­maculée Conception. »

Entente secrète à Plombières entre Napoléon III et Cavour pour atta­quer l’Autriche et les États pontifi­caux.

18 septembre : ordination sacerdo­tale de saint Pie X.

1858

19 000 inscrits à la Prière perpétuelle.

21 novembre : profession de l’abbé André dans le tiers-ordre du Carmel sous le nom de frère Elisée des cinq plaies.

Mort du saint curé d’Ars (1776-1859 ; curé de 1818 à 1859).

1859

4 février : article dans l’Univers pour soutenir l’Œuvre de Saint-Denis l’Aréopagite.

5 mai : projet d’une nouvelle église. Refus de l’évêque.

Octobre. A la fête de la Sainte-Espérance, la « conversion terrible » de l’insulteur.

Guerres d’Italie (1859-1860).

25 avril : mort de l’abbé Desgenettes.

18 septembre : les zouaves pontifi­caux, dix fois moins nombreux que les révolutionnaires piémontais, succombent à Castelfidardo.

30 septembre : le reste des zouaves pontificaux est anéanti à Ancône.

1860

L’abbé André étudie l’Écriture sainte et ap­prend l’hébreu.

Anémie cérébrale. Il doit se faire remplacer.

Pèlerinage à N.-D. de La Salette et N.-D. du Laus. A La Salette, l’abbé André est « profondément ému » et comme « suffoqué d’émotion » ; « Pour lui, il y avait eu là une grâce qui eût pu sauver la France et le monde » (Dom Maréchaux).

1860 à 1870 : dix ans de calme dans la paroisse.

Parution de La Passion méditée pendant la sainte messe.

Mort de Lacordaire (1802-1861).

Saint Théophane vénard martyr au Tonkin.

1861

Projet de société de moines-missionnaires soumis au nouvel évêque, Mgr Ravinet (1861-1875).

 

1862

Permission de bâtir une nouvelle église, don­née par Mgr Ravinet.

Parution de La Vie de Jésus de Renan (10 éditions françaises rien qu’en 1863 ; 205 françaises et 216 étrangères au total).

Congrès de Malines (discours libé­ral de Montalembert).

1863

L’abbé Babeau se joint au père Emmanuel en vue d’une fondation monastique.

8 décembre : encyclique Quanta cura et Syllabus stoppant la deuxième vague catholique-libérale.

1864

18 avril : début des travaux de l’église.

5 juillet : bénédiction de la première pierre de la nouvelle église par Mgr Ravinet.

Été : séjour à La Pierre-Qui-Vire pour s’initier à la vie bénédictine.

30 novembre : fondation de la communauté bé­nédictine de Mesnil ; vêture du père Emmanuel et du père Paul-Eugène (Babeau) à la chapelle de l’évêché.

Parution de L’Amour et la dévotion que nous de­vons avoir pour l’âme de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Mort du général La Moricière, un des chefs des zouaves pontificaux.

1865

Des enfants sont oblats au monastère.

 

1866

10 juin : à la fête du Sacré-Cœur, bénédiction de l’église inachevée.

Nouveau bref de Rome accordant des indul­gences.

Création de l’Internationale ou­vrière.

1867

Pèlerinage à N.D. des Victoires.

Concile Vatican I (1869-1870).

Cf. Bulletin, t. XI, p. 556 (dé­cembre 1909) : le 8 décembre 1869, le pape, à l’ouverture du Concile prononça une allocution dans laquelle, après avoir invoqué le Saint-Esprit, il s’adressa à la Vierge en ces termes : « Et vous, ô Mère du bel amour, de la science et de la Sainte-Espérance, Reine et protectrice de l’Église, daignez nous prendre, Nous, nos conseils et nos travaux, sous votre mater­nelle protection et sauvegarde, et faites, par vos prières auprès de Dieu, que nous demeurions tou­jours unis d’esprit et de coeur. »

1869

27 août : la Prière perpétuelle est érigée en ar­chiconfrérie par Rome.

5 septembre : l’autel de la chapelle de Notre-Dame de la Sainte-Espérance est achevé pour la fête de saint Loup.

14 novembre : mort d’Anna, à 33 ans, sœur du père Emmanuel.

8 décembre : parution de Essai sur les Psaumes.

8 décembre : érection de la Confrérie du très saint Cœur de Marie à Mesnil-Saint-Loup.

18 juillet : proclamation par Pie IX de l’infaillibilité pontificale.

Mort de Montalembert (1810-1870).

Guerre franco-prussienne (1870-1871).

Septembre : les Piémontais entrent dans Rome.

1870

1870-1880 : dix ans de crise paroissiale ; assauts démoniaques (possessions, sorcelleries) ; ca­bale des libertins et des libéraux contre le père Emmanuel ; attaques pour perdre les enfants.

17 janvier : apparition à Pontmain de la « Mère de l’Espérance ».

Du 18 mars au 28 mai : la Com­mune de Paris qui fait plusieurs martyrs.

IIIe République (1871-1940).

Fondation des cercles catholiques d’ouvriers.

1871

Le père lance une campagne en faveur de la modestie.

Construction du monastère des frères.

Au lendemain de la guerre de 1870, en France, beaucoup d’hom-mes cessent progressivement d’as­siter à la messe dominicale.

1872

16 juillet (Notre-Dame du Mont-Carmel) : inau­guration du monastère. Il y a alors quatre profès.

2 janvier : naissance de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Kulturkampf en Allemagne.

1873

Juin : essai de noviciat à La Pierre-Qui-Vire. Le père Emmanuel tombe malade ; échec de l’af­filiation à La Pierre-Qui-Vire.

Mort de la comtesse de Ségur (1799-1874).

1874

Juin : noviciat d’un mois à Solesmes. Profession prévue le 5 juillet. Rupture au dernier moment à cause d’un différend doctrinal jugé très im­portant par Dom Guéranger.

30 janvier : mort de Dom Gué­ranger à qui succède Dom Cou­turier.

Mort de l’abbé J.-P. Migne (1800-1875), éditeur de la patrologie.

Ouverture des universités catho­liques d’Angers, Lyon, Paris, Poitiers.

1875

Novembre : démission de Mgr Ravinet. Mgr Cortet évêque de Troyes (1875-1898).

Mort de M. Léon Papin-Dupont (1797-1876), « le saint homme de Tours », apôtre de la Sainte-Face.

1876

Ouverture de l’école des filles à Mesnil.

5 juillet : Mgr Cortet fait sa première visite à Mesnil pour y bénir trois nouvelles cloches. Il nomme les pères Paul et Bernard dans des pa­roisses éloignées.

1er novembre : approbation par Mgr Cortet des constitutions des Pères Missionnaires de N.-D. de la Sainte-Espérance.

16 novembre : saint François de Sales déclaré docteur de l’Église.

1877

Environ 100 000 inscrits à la Prière perpétuelle.

25 mars : premier numéro du Bulletin de l’œuvre de N.-D. de la Sainte-Espérance.

Les Lettres à une mère sur la foi paraissent dans le Bulletin.

Mort de Pie IX. Avènement de Léon XIII (1878-1903).

1878

25 mars : fondation de la « Société de Jésus cou­ronné d’épines » pour encourager la modestie féminine.

13 avril : décret de Rome interdisant les asso­ciations de prière par correspondance (coup sérieux pour l’œuvre).

21 avril (Pâques) : le « sermon terrible » du père Emmanuel contre ceux qui attaquent la Sainte-Espérance.

17 mai : consécration de l’église par Mgr Cortet et prise d’habit des six premières religieuses bénédictines.

Début du Catéchisme de la famille chrétienne dans le Bulletin.

Encyclique Æterni Patris (sur saint Thomas).

1879

3 juin : cinq professions chez les bénédictines de N.-D. de la Sainte-Espérance.

Le père Emmanuel leur construit une chapelle.

24 juin : deux ordinations de pères.

Loi du 27 février modifiant l’orga­nisation du Conseil supérieur de l’instruction publique.

Loi du 18 mars excluant de l’ensei­gnement les membres des congré­gations non autorisées.

Décret du 29 mars prononçant la dissolution des jésuites et exigeant une demande d’autorisation pour les congrégations non autorisées. (261 établissements comptant 5643 religieux sont supprimés.)

Décret du 29 juin expulsant les jé­suites. Décrets du 16 octobre et du 5 novembre expulsant les autres reli­gieux.

Mort du cardinal Pie (1815-1880)

1880

28 juin : pour éviter la dispersion totale exigée par le gouvernement, l’évêque ordonne de quitter l’habit et de se mettre en soutane.

30 juin : sécularisation et dispersion de la communauté. Il ne reste que cinq religieux à Mesnil. Le père Bernard est nommé curé à 80 km de Mesnil.

Le Naturalisme et le Catéchisme des plus petits en­fants paraissent dans le Bulletin.

En novembre, la cloche du monastère se tait, l’office public disparaît, seuls deux jeunes re­ligieux restent avec le prieur.

Formation de l’« Union sacerdotale de N.-D. de la Sainte-Espérance » pour les prêtres.

16 juin : 1ère « loi Ferry » sur la gra­tuité dans les écoles primaires et maternelles publiques.

1881

Le Chrétien du jour paraît dans le Bulletin.

28 mars : 2e « loi Ferry » sur le ca­ractère laïc et obligatoire de l’en­seignement primaire.

1882

8 juin : érection de la confrérie du Cœur de Jésus à Mesnil.

Parution du Traité du Ministère ecclésiastique.

Décembre : Les Deux Cités commencent à pa­raître dans le Bulletin.

Mort de Louis Veuillot et du comte de Chambord.

Lancement du quotidien La Croix par les assomptionistes pour être un organe de défense religieuse.

1883

Mars : début de la série sur l’Église dans le Bulletin.

Décembre : Le péché originel commence à pa­raître dans le Bulletin.

16 novembre : Mgr Sarto (saint Pie X) évêque de Mantoue.

1884

Pentecôte : visite de Mgr Mansour (prélat mel­kite).

Novembre : la série Le bon Dieu débute dans le Bulletin.

Encyclique Immortale Dei.

1885

Janvier : début de la parution de la Revue de l’Église grecque-unie.

Contacts avec la congrégation de Mont Olivet.

25 mars : lettre de l’Abbé général de Mont Olivet acceptant le principe d’une agrégation.

30 octobre : « loi Goblet » interdi­sant aux membres des congréga­tions enseignantes, même recon­nues, d’être instituteurs publics.

1886

13 mai : départ du père Emmanuel et du père Bernard à Settignano pour y accomplir leur noviciat.

23 mai : prise du saint habit blanc de la congré­gation olivétaine.

5 août : première profession des deux pères.

Septembre : publication des neuf questions de Soloviev dans la Revue de l’Église grecque-unie.

Édition française du livre de Don Sarda y Salvani : Le libéralisme est un péché (recensé dans le Bulletin de décembre 1887, t. IV, p. 344).

1887

Noviciat et profession des pères Paul, Étienne et Placide à Settignano.

Visite de Mgr Geraïgiry (futur patriarche des melkites).

Encyclique Libertas.

9 avril : entrée de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus au carmel.

Parution de La Révolution, re­cherches historiques sur l’origine et la propagation du mal en Europe depuis la Renaissance jusqu’à nos jours de Mgr Gaume (12 vol.), qui inspire l’étude sur la Révolution parue dans le Bulletin à partir de janvier 1889 (t. V, p. 8 sq.).

1888

A Pâques : création de la « Société de la Résurrection » pour l’instruction des hommes et des jeunes gens.

21 avril : réunion des sœurs à la congrégation olivétaine.

Les pères Bernard et Paul sont libérés de leurs charges paroissiales. Érection du noviciat de Mesnil (prononcée canoniquement en 1889).

Août : le père Bernard est envoyé à Soulac par l’Abbé général.

Août : le père Emmanuel rend visite à Soloviev à Paris.

Mort du cardinal Pitra (1812-1889).

1889

Début du Catéchisme des mystères de N.-S. dans le Bulletin.

2 mai : arrivée d’un instituteur catholique à Mesnil, M. Coltat.

21 novembre : mort de Mme André.

Mort du cardinal Newman (1801-1890). Anglican de naissance, il avait participé au « mouvement d’Oxford » (1833) et s’était converti au catholicisme en 1845.

1890

Janvier : parution du Manuel des oblats olivétains rédigé par le père.

En février : le père subit une attaque d’in­fluenza.

L’« Association de N.-D. de la Sainte-Espérance » est fondée pour les jeunes gens, dans laquelle se fond la société de la Résurrection.

Avril : la Revue de l’Église grecque-unie devient la Revue des Églises d’Orient.

Construction de la chapelle du monastère des frères de Mesnil.

Encyclique Rerum novarum.

Mort de Mgr Freppel (1827-1891).

1891

2 avril : Mgr autorise l’adoration mensuelle des hommes, le 1er dimanche de chaque mois.

25 avril : bénédiction de la chapelle monas­tique. Malgré les dangers de dénonciation, re­prise des offices au chœur et de l’habit.

15 octobre : vœux solennels du père Emmanuel (entre les mains du père Bernard qui a fait les siens entre les mains du prieur de Saint-Bertrand de Comminges).

23 novembre : mort du père Paul.

16 février : lettre apostolique Au milieu des sollicitudes (Ralliement). Développement en France de la troisième vague catholique-libé­rale (celle des abbés démocrates et du Sillon).

1892

28 février : le père Emmanuel nommé Abbé de la Sainte-Espérance.

Union des sœurs d’Igoville (diocèse d’Evreux) à la congrégation olivétaine.

Fondation du journal La Vérité par d’anciens collaborateurs de l’Univers (A. Loth, A. Roussel).

15 juin : le cardinal Sarto pa­triarche de Venise.

1893

10 octobre : bénédiction de la chapelle des sœurs.

Disparition de la Revue des Églises d’Orient.

 

1894

13 septembre : visite de l’Abbé général de Mont Olivet à Mesnil.

9 juin : « Offrande spontanée à l’amour miséricordieux » de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

1895

Publication de La Grâce de Dieu et l’ingratitude des hommes dans le Bulletin. Début du Catéchisme de la Vie chrétienne par le card. Bona dans le Bulletin.

Sept postulants entrent au noviciat ; aucun ne persévèrera.

Encyclique Satis cognitum.

1896

7 octobre : mort de sœur Thérèse Coqueret, sous-prieure des bénédictines. Le père en est très affecté.

Parution du Système du moins pos­sible de Mgr Isoard, évêque d’An­necy (1820-1901), dont le Bulletin citera de larges extraits (t. VII, p. 401 sq.).

Parution du livre du père Charles Maignen : Le père Hecker est-il un saint ? (sur l’américanisme) ; re­censé dans le Bulletin (t. VIII, p. 139, septembre 1897).

30 septembre : mort de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

1897

Mort de Mgr Cortet. Mgr de Pelacot nommé évêque de Troyes (1898-1907).

Affaire Dreyfus en France.

1898

Le père Emmanuel est de plus en plus para­lysé.

Départ de certains pères au régiment.

Octobre : dernières cérémonies publiques du père.

 

1899

Retour du père Bernard ; il est nommé vicaire de la paroisse.

Achèvement de l’église et de la flèche.

7 septembre : le père Lamy nommé curé de La Courneuve.

1900

1er janvier : noces d’Or du père Emmanuel.

1er juillet : loi sur les congrégations non autorisées et les établisse­ments non autorisés des congréga­tions autorisées. Expulsions.

1901

1er octobre : dissolution de la communauté (inventaires, scellés). Le père Emmanuel reste.

Le père fait un catéchisme pour les tout petits enfants.

Fermeture des 3000 écoles non au­torisées des congrégations autori­sées et expulsion des personnels enseignants.

1902

5 juillet : Jubilé de Notre-Dame de la Sainte-Espérance.

14 septembre : dernier sermon du père : « Vous n’avez pas beaucoup l’esprit de la croix !… »

Mort de Léon XIII.

4 août : saint Pie X est élu pape. « Tout instaurer dans le Christ. »

1903

11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes : le père Emmanuel reçoit les derniers sacrements, re­vêtu du surplis et de l’étole.

31 mars : alors que sonne l’angélus du soir, le père Emmanuel rend son âme à Dieu.

3 avril : Il est inhumé selon son désir dans le coin du cimetière paroissial le plus proche de l’église.

L’abbé Thiriot est nommé curé de Mesnil (1903-1945).

7 juillet : loi interdisant aux congrégations d’enseigner, volant et liquidant leurs biens.

1904

Dom Maréchaux est appelé à Rome : il est nommé Abbé de Sainte-Marie la Neuve et pro­cureur général des olivétains.

18 septembre : l’abbé Thiriot est reçu en au­dience par saint Pie X.

8 janvier : béatification du curé d’Ars.

9 décembre : loi de séparation de l’Église et de l’État, entraînant la spoliation des biens d’Église.

1905

 

Encyclique Pascendi sur le moder­nisme.

1907

 

7 mars : excommunication d’Alfred Loisy (1857-1940).

1908

 

25 août : lettre Notre charge aposto­lique condamnant le Sillon et stop­pant la troisième vague catho­lique-libérale.

1910

 

1ère Guerre mondiale (1914-1918).

20 août : mort de saint Pie X.

1914

Dom Maréchaux retourne à Mesnil avec le titre d’Abbé commissaire.

Mai à octobre : à Fatima, N.-D. dit : « Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé… La Russie répandra ses erreurs dans le monde, provo­quant des guerres et des persécu­tions contre l’Église… Je suis N.-D. du Rosaire. »

Novembre : la Révolution commu­niste s’installe en Russie.

1917

 

 

1919

La communauté de Mesnil se reconstitue.

17 mai : canonisation de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus par Pie XI.

1925

Henri Charlier s’installe à Mesnil (il y restera jusqu’à sa mort, le 24 décembre 1975).

Condamnation de l’Action Française. Développement de la quatrième vague catholique-libé­rale (Maritain…)

1926

Réouverture officielle du monastère de Mesnil.

 

1927

24 décembre : mort de Dom Bernard Maréchaux.

 


 


 

Sur la tombe du père Emmanuel, on lit ce verset de saint Paul : « Mihi autem absit gloriari, nisi in cruce Domini nostri Iesu Christi. Loin de moi de me glorifier en rien, si ce n’est dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ » (Ga 6, 14). Il ré­sume d’un trait inspiré deux des plus grandes vertus du père : l’humilité et l’amour de la croix. La croix fut la compagne indissoluble de toute sa vie, le sceau du Christ sur son œuvre [1].

Une autre parole de l’Apôtre compléterait bien cette épitaphe : « Vous brillez comme des flambeaux dans le monde, en lui présentant la parole de Vie » (Ph 2, 15). En effet, si le père fut un homme d’ombre par l’humilité, il fut un en­fant de lumière par la prédication, par le souci constant de faire connaître la foi, d’instruire. Et ce n’est pas le moindre des points de son œuvre que cette lumière qu’il sut répandre, parfois très loin, par sa parole et ses écrits, à une époque où l’ignorance religieuse et le libéralisme obscurcissaient les esprits.

 

 

Jeunesse et formation

 

Le père Emmanuel naît le 17 octobre 1826 à Bagneux-la-Fosse (au sud-est de l’Aube [2]) d’Alexandre André, charpentier, et Émilie Piot. Il reçoit au baptême le prénom d’Ernest et sera l’aîné d’une famille de six enfants [3].

A neuf ans, Ernest est atteint d’une fièvre typhoïde qui le conduit aux portes de la mort. Après être resté quarante jours presque sans connaissance, il guérit comme par miracle. Peu de temps après, il manifeste le désir d’être prêtre. Ses parents sont de trop bons chrétiens pour s’opposer à cette vocation. Ils le placent donc au petit pensionnat de Ricey-Haute-Rive, où il se distingue rapidement par ses facilités à l’étude et par sa franche gaieté.

Le dimanche du Bon Pasteur 1839, à douze ans et demi, Ernest fait sa pre­mière communion. L’année suivante, il entre au petit séminaire de Troyes et re­çoit le sacrement de confirmation. C’est pour lui l’occasion de grâces particu­lières : « Je compris ce que c’est que la vie surnaturelle : tout ce que j’ai pu ensei­gner aux âmes de cette vie, c’est en ce jour et à cette place que je l’ai appris moi-même [4]. »

Dès le petit séminaire, le jeune Ernest a le travail incroyablement facile et est coutumier des premières places.

En janvier 1842, il a la douleur de perdre son père, mort broyé par la roue de son moulin.

L’année suivante, à dix-sept ans, Ernest entre au grand séminaire de Troyes. A cette époque, l’Église de France relève la tête après la tourmente révolutionnaire et la « liberté surveillée » dans laquelle l’a tenue le régime napoléonien. On assiste à un véritable réveil catholique. Le courant ultramontain monte et s’oppose au vieux courant gallican qui tendait à soustraire l’Église de France à l’autorité ro­maine. Les anciens ordres religieux sont restaurés et de nouvelles congrégations apparaissent [5]. Dom Guéranger rétablit l’Ordre bénédictin en 1837 et lance une campagne pour faire adopter par les évêques de France la liturgie romaine [6].

Le nouvel évêque de Troyes, Mgr Debelay, connu pour ses tendances ro­maines accentuées, impose l’utilisation de la liturgie romaine dans son séminaire et dans tout le diocèse. L’abbé André s’intéresse de très près à ce renouveau, et son âme, formée dans ce contexte de filial attachement à Rome, en reçoit la plus salutaire influence. Cet amour de l’Église unie autour du siège romain sera l’une des notes caractéristiques du futur père Emmanuel et inspirera son œuvre en fa­veur du retour à l’unité des schismatiques orientaux.

Dans ses études personnelles, le séminariste approfondit sa connaissance de la liturgie. Il explore aussi les œuvres de saint Augustin [7] et s’imprègne de sa doctrine sur la grâce.

En 1848, l’abbé André, âgé de vingt-deux ans, a terminé ses études de théolo­gie. Ne pouvant être admis si jeune à la prêtrise, il doit passer un an en famille puis retourne au séminaire. Mais là, le vent a tourné. Signalé comme un ultra­montain intransigeant, remarqué pour sa rude franchise et la vivacité de son ca­ractère, il pose problème. Dans cette période difficile, il prie, consulte, s’humilie et suit le conseil qu’on lui a donné de se mettre à l’école de saint François de Sales. Ordonné prêtre le 22 décembre 1849, il aura la joie de célébrer sa première messe à la Visitation de Troyes, revêtu d’une des chasubles du saint évêque.

 

 

Débuts dans le ministère

 

Immédiatement après son ordination, à vingt-trois ans, il est nommé curé de Mesnil-Saint-Loup, une petite paroisse de Champagne, à une vingtaine de kilo­mètres à l’ouest de Troyes.

Le 24 décembre 1849, le nouveau curé fait son entrée à Mesnil. La première messe qu’il célèbre est la messe de minuit. « Quand j’entonnai le Gloria, les gens se dirent : “En voilà un qui chante trop bien, il ne restera pas avec nous.” Ils se trompaient, je restai [8]. » Il resta même si bien qu’il demeura leur pasteur pen­dant cinquante-trois ans.

Quand arrive le jeune curé, Mesnil-Saint-Loup n’est qu’une paroisse très ordi­naire et même « inférieure, au point de vue religieux, à d’autres du voisinage [9] ». Trois cents à trois cent cinquante âmes. La plupart des femmes font leurs Pâques, mais très peu communient tous les dimanches et fêtes. Bien que beaucoup d’hommes assistent à la messe, l’immense majorité d’entre eux n’accomplit pas son devoir pascal et tous fréquentent le cabaret. La danse est en vigueur tous les dimanches.

C’est dans ce contexte que le jeune curé commence ses visites pastorales. Sa gaieté bourguignonne, qui contraste avec le flegme champenois, lui attire vite les cœurs.

Sa sollicitude se porte en particulier vers les enfants et les jeunes. Il leur pro­cure une solide préparation à la première communion, il institue une prière pa­roissiale du dimanche soir afin de les détourner du bal, et enfin il anime de sa présence, avec un entrain remarquable, les jeux des jeunes gens sur la place du village.

C’est un bon début. Pourtant, dira-t-il plus tard, « à cette époque-là, je ne sa­vais pas. J’allais de l’avant sans me rendre compte où j’allais [10] ». Il n’avait pas encore reçu la grâce de la Sainte-Espérance.

 

 

Notre-Dame de la Sainte-Espérance

 

En juin 1852, avec la permission de son évêque, l’abbé André entreprend un voyage à Rome. En chemin, alors qu’il dit son chapelet, le nom de Notre-Dame de la Sainte-Espérance s’impose à lui. Arrivé à Rome, contre toute attente, il ob­tient du pape Pie IX une fête en l’honneur de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, assortie d’une indulgence plénière pour sa paroisse.

Rentré à Mesnil le 25 juillet 1852, c’est seulement le jour de l’Assomption, dans un sermon mémorable, qu’il porte à la connaissance de ses paroissiens le rescrit du Saint-Père en faveur de la fête. Toute la paroisse se tourne d’un seul cœur vers Notre-Dame de la Sainte-Espérance, et une invocation jaillit : Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous !

A partir de ce jour, l’immense puissance de conversion de la sainte Vierge, omnipotentia supplex [11], se manifeste de façon éclatante à Mesnil. Pour la célé­bration de la première fête de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, le 22 octobre 1852, le curé obtient de nombreuses communions, notamment chez les jeunes gens, jusque-là retenus par le respect humain. C’est une première victoire. En 1853, après avoir dû affronter une opposition aussi violente qu’inattendue, les fi­dèles élèvent dans l’église paroissiale un autel à Notre-Dame de la Sainte-Espérance. Au cours de la lutte menée en cette occasion, s’est dégagé, d’une masse jusqu’alors flottante et irrésolue, un véritable noyau chrétien, fervent et convaincu.

Puis, nouvelle avancée, on voit les hommes et jeunes gens réciter leur chape­let à l’église aux côtés des femmes. C’en est désormais fini du respect humain : la liberté chrétienne est définitivement acquise au Mesnil.

 

L’une des premières œuvres liées à la grâce de la Sainte-Espérance est l’érec­tion d’une confrérie pour la récitation de l’invocation : Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez-nous. Cela ne se fait pas sans mal : le curé doit s’adresser à Rome pour obtenir l’approbation de la prière, que le conseil épiscopal refuse d’approuver sous sa forme usuelle. Enfin, l’Association de la Prière perpétuelle à Notre-Dame de la Sainte-Espérance voit le jour. Elle sera ensuite élevée au rang d’archiconfrérie.

L’extension de cette association devient pour le jeune abbé l’occasion d’un la­beur colossal : il faut inscrire les noms de milliers d’associés, rédiger et distribuer des milliers de billets d’admission. Le curé cumule cette charge de travail avec le soin de sa paroisse – et d’une paroisse en pleine conversion ! Il fait face à tout avec une énergie qui tient du prodige.

 

Sur le Mesnil souffle un vent nouveau, qui n’est autre que le Saint-Esprit. La grâce du baptême enfouie dans les cœurs, mais jusque-là si peu au large, réappa­raît dans toute sa fraîcheur et sa force. C’est précisément ce que le jeune curé, avec son sens profond des réalités surnaturelles, souhaitait : des chrétiens qui vé­cussent de la grâce baptismale. Or la transformation est à l’œuvre sous ses yeux [12]. Dans les années 1852-1860, il ne se passe pas de Pâques, de mois de mai, de fête de Notre-Dame de la Sainte-Espérance sans qu’il y ait de véritables conversions, qui ramènent des âmes à Dieu en les séparant radicalement de la vie mondaine.

Soulignons que cette métamorphose de la paroisse se fait, non seulement sous les yeux du curé, mais aussi très largement grâce à lui : il coopère de toutes les forces de son zèle ardent à l’œuvre de conversion engagée par Notre-Dame.

Pourtant, il serait faux de penser que ce mouvement ne connaisse pas d’opposition. Celle-ci prend plusieurs formes : opposition au sein même de la pa­roisse (plusieurs jeunes libertins créent une « deuxième paroisse », où ils paro­dient les cérémonies du culte ; Notre-Dame se venge à sa manière en convertis­sant subitement le chef de cette bande… qui finira moine). Opposition diabo­lique, qui se manifeste par une épidémie de crises nerveuses d’origine démo­niaque. Opposition ecclésiastique enfin : on trouve « la petite prière » singulière, et l’évêque lui-même, Mgr Cœur, semble très réticent. La retraite ecclésiastique de 1858 est l’occasion d’une explication entre le jeune curé et son pasteur. Ils se quittent parfaitement réconciliés.

 

Pendant cette période, non content de prodiguer tous ses soins à ses fidèles et de se consacrer à la diffusion de la Prière perpétuelle, l’abbé André se met à l’étude de l’hébreu. Il emploie à cela ses moindres moments de liberté… et sur­tout ses nuits.

Sa nature est robuste, mais elle a ses limites. En 1860, il tombe malade d’une anémie cérébrale très grave. Des douleurs violentes lui prennent toute la tête. Il se voit obligé de suspendre la célébration de la messe et la récitation du bré­viaire, et doit se faire remplacer pendant un an environ par un confrère.

Parallèlement, des calomnies terribles circulent sur le curé. Celui-ci n’obtient la rétractation de la calomniatrice qu’en la menaçant des tribunaux.

 

A peine remis sur pied, répondant au désir de ses fidèles, l’abbé André se lance dans une œuvre de grande envergure : la construction d’une nouvelle église, dédiée à Notre-Dame de la Sainte-Espérance. L’église du village, en effet, est trop étroite pour faire face à l’affluence lors des fêtes de la Sainte-Espérance, et elle menace ruine. Le nouvel évêque, Mgr Ravinet, donne son accord en 1862 et la première pierre est posée en 1864.

L’abbé André paie de sa personne : on le voit décharger les charrois, monter aux échelles, courir le long des échafaudages, plaisanter avec les ouvriers, dont il est très aimé. Œuvre enthousiasmante, cette construction est aussi lourde de sou­cis : certains jours, le curé verra sa caisse se vider sans savoir d’où espérer un se­cours. La Providence y pourvoira toujours, mais avec parcimonie.

Pour la fête du Sacré-Cœur 1866, une messe est chantée sur un autel impro­visé dans la nouvelle église aux murs nus, au sol en terre battue. L’aménagement se poursuivra lentement les années suivantes, et l’église sera consacrée en 1878.

 

 

De la cure au monastère

 

Depuis longtemps déjà, l’abbé André nourrit le désir de la vie monastique [13]. Mais l’œuvre de Notre-Dame de la Sainte-Espérance semble le fixer à Mesnil. Il opte donc pour un tiers-ordre et choisit celui du Carmel, où il est reçu en 1858.

A cette époque, il se lie avec M. l’abbé Eugène Babeau, alors vicaire d’Ervy, qui le rejoint dans le tiers-ordre et, avec la bénédiction de l’évêque, vient s’instal­ler à Mesnil. Leur projet est de fonder une société de religieux missionnaires, ter­tiaires du Carmel.

Pourtant, au fond de lui, l’abbé André continue à rêver de la vie bénédictine. L’exemple du monastère de La Pierre-Qui-Vire, fondé par un prêtre et ensuite rat­taché à une congrégation existante, lui laisse penser que son désir pourrait se réaliser. Mgr Ravinet souscrit au nouveau projet. Le père Bernard, de La Pierre-Qui-Vire, leur promet l’affiliation à sa communauté lorsqu’ils auront réuni autour d’eux quatre ou cinq profès et, en attendant, il conseille aux deux prêtres de ve­nir faire dans son monastère l’apprentissage de la vie monastique. Le 30 no­vembre 1864, en la fête de saint André, à la chapelle de l’évêché de Troyes, tous deux revêtent donc l’habit noir des bénédictins. L’abbé André reçoit le nom de frère Emmanuel [14] et l’abbé Babeau celui de frère Paul-Eugène.

A partir de ce jour, les deux nouveaux religieux commencent à Mesnil leur vie de moines, dans une pauvreté et une austérité admirables [15]. Dans la paroisse, cette existence est un grand facteur d’édification, et elle est d’autant mieux per­çue que le père Emmanuel, pour être moine, n’en demeure pas moins curé. Son zèle ne se dément pas, il est toujours aussi attentif aux âmes. Pour tous, il sera désormais « le père ».

Pourtant, ces débuts prometteurs vont être suivis, de 1865 à 1870, d’une dure période de délaissement : personne ne s’adjoint à la communauté naissante [16], et l’œuvre de la Prière perpétuelle ne progresse que lentement. Le père Emmanuel souffre de la situation, mais ne se décourage pas.

La guerre de 1870 éclate alors. Le père voit dans notre défaite face à la Prusse le châtiment de l’infidélité de la France aux promesses de son baptême. Il est conscient que le relèvement de notre pays passe par la restauration de l’esprit chrétien chez les fidèles, et il s’y attelle.

 

 

Tentatives de rattachement

à l’Ordre de saint Benoît

 

Après 1870, ayant réuni autour de lui plusieurs religieux, le père Emmanuel entreprend la construction d’un petit monastère, et envisage enfin le rattachement de sa jeune communauté à La Pierre-Qui-Vire. Mais, en juin 1873, après quelques semaines de séjour dans ce monastère ami, il tombe malade, épuisé par les austé­rités de la règle [17]. Le maître des novices lui conseille alors de tourner ses vues vers Solesmes, dont l’observance mitigée lui conviendrait mieux. Le père prend donc contact avec Dom Guéranger, père Abbé de Solesmes, qu’il connaît depuis de nombreuses années.

En juillet, il reçoit un accueil cordial et passe plusieurs semaines à l’abbaye dans un climat très fraternel. Au printemps 1874, un rescrit de la congrégation de France autorise le père Emmanuel à faire profession après un seul mois de novi­ciat. Il entreprend avec allégresse ce mois de probation. Mais l’avant-veille du jour fixé pour la profession, Dom Guéranger convoque le père pour une discus­sion doctrinale. Le père Emmanuel lui confirme que sans être « thomiste », il par­tage la doctrine de saint Thomas sur la prédestination, la grâce et l’incarnation. Dom Guéranger insiste pour qu’il répudie ces doctrines. Le père, qui a particuliè­rement scruté la doctrine de la grâce et qui veut rester indépendant de tout sys­tème théologique sur des questions par ailleurs libres, refuse net [18]. Le père Abbé déclare que dans ces conditions il est impossible de le recevoir à la profession. La décision est sans appel [19] et, le lendemain, 4 juillet 1874, le père doit quitter Solesmes.

Le désarroi est grand dans la petite communauté de Mesnil, mais le père reste calme et surnaturel. Pourtant ces épreuves ont un retentissement sur sa santé, qui faiblit considérablement.

 

 

Mgr Cortet et le père Emmanuel

 

Mgr Ravinet ayant démissionné pour raison de santé, un nouvel évêque est sacré en novembre 1875. Il s’agit de Mgr Pierre-Louis-Marie Cortet. L’évêque si­gnifie sa volonté que la communauté, puisqu’elle n’avait pas reçu l’investiture ca­nonique, se remette entièrement entre ses mains. Par la suite, il déclare qu’il veut qu’elle se transporte en ville. Comme le père Emmanuel essaie de sauvegarder l’identité bénédictine de sa communauté [20] et son attachement à l’œuvre parois­siale de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, l’évêque réagit vivement (sans pour autant insister). Voyant par ailleurs l’accueil déférent et chaleureux que le père lui réserve lors de ses visites à Mesnil, Mgr Cortet oscille à son égard entre des sentiments contradictoires : tout en lui vouant une profonde estime, il ne perd pas une occasion de le mortifier. Il affirme en outre sa volonté de disposer libre­ment des religieux prêtres pour les besoins de son diocèse. C’est ainsi que le père Paul est nommé en juillet 1876 curé de Faux-Villecerf, et que le père Bernard est affecté à une autre paroisse en remplacement d’un prêtre malade. La fondation de la Société des Pères missionnaires de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, en novembre 1876, sur des constitutions approuvées par l’évêque, ne change rien à la situation. Le recrutement de la petite communauté devient très difficile, dans la mesure où elle n’offre aucune sécurité de vie religieuse pour ceux qui souhaiteraient y entrer.

En revanche, l’évêque se prête volontiers à la fondation d’œuvres diverses pour le bien de la paroisse. C’est ainsi que le père peut lancer en 1877 le Bulletin de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, qui se veut l’organe de l’archiconfrérie du même nom, mais dont le solide contenu doctrinal et liturgique déborde large­ment ce premier objectif.

Puis en 1878, il crée la Société de Jésus couronné d’épines pour la sauvegarde de la modestie vestimentaire parmi les femmes chrétiennes de la paroisse.

Cette même année, le père a aussi la joie de donner l’habit aux six premières moniales du monastère des bénédictines de Notre-Dame de la Sainte-Espérance.

 

 

Crise paroissiale et décrets anticléricaux

 

Dans les années 1870-1880, un homme profondément impie [21] lance une conjuration dont le but est de faire partir le père Emmanuel. Il exerce une réelle fascination sur les jeunes gens et fait perdre la foi à beaucoup. Il déclenche une campagne ouverte contre le père Emmanuel dans le journal antireligieux de l’arrondissement. A cette époque, il est avéré que l’occultisme et la sorcellerie sont pratiqués au Mesnil et l’on signale deux cas de possession diabolique.

En outre, le père découvre un travail sournois qui vise à corrompre l’inno­cence et la foi chez les enfants avant l’âge de la première communion. Lui, qui ne croyait pas qu’un enfant pût être hypocrite de propos délibéré, doit constater qu’il a été trompé. Épouvanté, il se voit contraint d’organiser un scrutin dans sa paroisse pour l’admission des enfants à la première communion et, dès lors, re­double de prudence. Il disait : « On me couperait plutôt en morceaux que de me faire admettre un enfant qui n’est pas décidé du fond du cœur à servir Dieu [22]. »

Pendant ce temps, les élections ayant porté une majorité de gauche au Parlement, et Mac-Mahon ayant démissionné de la présidence de la République, la politique se radicalise dans un sens anticlérical. Jules Ferry fait signer au prési­dent Grévy les décrets de 1880 qui mettent les associations religieuses hors la loi. Pensant protéger la communauté, Mgr Cortet impose aux moines – le père Emmanuel excepté – de prendre la soutane, et nomme le père Bernard curé à quatre-vingts kilomètres de là. Paradoxalement, la communauté ne subit aucune vexation de la part des autorités [23], mais c’est Monseigneur lui-même qui, de fait, lui ôte toute existence [24]. En effet, le père n’a plus auprès de lui que deux moines [25] et doit suspendre la récitation publique de l’office.

Le père ne se laisse pas abattre, et les événements sont pour lui l’occasion de réflexions qui dépassent de bien loin le cadre exigu de sa paroisse. C’est à cette époque qu’il publie dans le Bulletin ses études sur Le Naturalisme, Le Chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile et Les Deux Cités. Dans un esprit tout catho­lique, il se lance également dans une campagne en faveur des Grecs-unis, qui aboutira, en 1885, à la parution de la remarquable Revue de l’Église grecque-unie, qui deviendra plus tard, en 1890, la Revue des Églises d’Orient.

 

 

De l’habit noir à l’habit blanc

 

Mgr Cortet considère la communauté démembrée comme dissoute et les reli­gieux prêtres comme pouvant être employés librement dans les cures de son diocèse. Le seul moyen de conserver une existence proprement religieuse est de rattacher le petit monastère à une congrégation reconnue par le Saint-Siège.

Le père envisage de s’affilier aux bénédictins de Delle, sur le Territoire de Belfort, abbaye dépendante de la congrégation helvétique, mais l’évêque lui re­fuse son autorisation. Il se tourne ensuite vers Dom Couturier, nouvel Abbé de Solesmes. Celui-ci lui répond en 1885 avec bonté, mais sans infirmer la décision de son prédécesseur : « Les impossibilités d’hier restent les impossibilités d’au­jourd’hui [26]. »

Enfin, le père entend parler de la congrégation bénédictine de Notre-Dame de Mont-Olivet. Il se renseigne, puis sollicite le rattachement de sa communauté [27]. La réponse paternelle de l’Abbé général, Dom Schiaffino, le remplit d’espérance. Il adresse alors une requête à Mgr Cortet, qui, cette fois, accorde de grand cœur son consentement. Le père Emmanuel et le père Bernard reçoivent l’habit blanc des olivétains le 23 mai 1886 au monastère de Settignano, près de Florence, et font profession le 5 août suivant. Les trois autres religieux prononcent leurs vœux en 1887.

Dans les mois qui suivent, le père Paul est déchargé de sa cure et enfin rendu à la vie religieuse. En revanche, le père Bernard est envoyé à Soulac (en Gironde), où se trouve un monastère olivétain chargé d’une cure importante, afin de venir en aide au prieur-curé. Celui-ci meurt, et le père Bernard se voit nommé prieur. C’est pour le père Emmanuel un coup très rude, dont il ne se remettra ja­mais complètement. Il était en effet lié au père Bernard Maréchaux par une affec­tion profonde et comptait en faire son maître des novices [28].

En 1888, les sœurs bénédictines sont à leur tour affiliées à la congrégation oli­vétaine.

En dépit des menaces de dénonciation, la communauté reprend la récitation de l’office divin. En 1891, elle se dote d’un noviciat et d’une chapelle, et accueille de nouvelles recrues… tandis que le père Paul, compagnon de la première heure, fait son entrée dans l’éternité.

Enfin, le père Emmanuel est nommé Abbé de la Sainte-Espérance en 1892 [29].

 

 

Luttes et avancées

 

Toujours aussi soucieux de la sanctification de sa paroisse, le père Emmanuel s’occupe particulièrement des hommes. Il inaugure en 1888 la Société de la Résurrection pour les hommes et jeunes gens. Le but est de former parmi eux une élite chrétienne capable de servir de levain à toute la paroisse.

En 1889, il constate : « Les chrétiens de Mesnil-Saint-Loup, que la sainte Vierge avait convertis à Dieu, sont rudement travaillés par la grâce de ce monde pour se convertir au catholicisme libéral [30]. »

Avec un illustre prêtre de son époque, l’abbé Garnier, le père institue l’adora­tion du Saint-Sacrement le dimanche toute la journée.

Le curé collabore de très près avec M. Coltat, excellent instituteur, mais reste effrayé des symptômes d’incrédulité et de corruption qu’il remarque dans la jeu­nesse [31].

Au cours des années 1893-1895, il constate une baisse de ferveur parmi ses fi­dèles et se rend compte que beaucoup sont travaillés de pensées de désespoir. Le diable reprend possession d’une paroissienne, ce qui oblige le père à de longs et pénibles exorcismes [32].

Parallèlement, conscient de l’esprit de semi-pélagianisme qui souffle dans les rangs ecclésiastiques [33], le père entend mettre en lumière la véritable notion de la grâce telle qu’il l’a étudiée dans saint Augustin et retrouvée avec bonheur dans saint Thomas et dans la liturgie. Il publie deux petits traités : Le Péché originel et La Grâce de Dieu et l’ingratitude des hommes.

 

 

Dernières années

 

A partir de 1890, la santé du père décline rapidement. En 1896, la mort de la sous-prieure des bénédictines lui cause une peine telle que son état s’affaiblit en­core.

Ses dernières années sont marquées par des maux physiques – le père perd progressivement la faculté d’écrire, il lui devient très difficile de s’exprimer et de dire la messe – et par des peines morales – il souffre de son impuissance, se croit esseulé et constate douloureusement les progrès de l’irréligion. Il doit laisser la direction de la paroisse au père Bernard, rentré de Soulac en 1899.

 

En 1901, la loi Waldeck-Rousseau sur les associations soumet les congréga­tions religieuses à une demande d’autorisation (d’autant plus dérisoire qu’elle est révocable à volonté). Une triple alternative s’offre aux communautés religieuses : solliciter l’autorisation, ce qui implique communication aux autorités des statuts et de l’état des ressources, ou bien s’exiler, ou bien attendre une dissolution fatale suivie de la liquidation des biens. Le père Emmanuel souffre immensément de la situation, mais réagit en homme de foi. Demander l’autorisation reviendrait à se livrer aux mains de ses ennemis. L’expatriation est impossible pour une commu­nauté aussi pauvre que la sienne. Il attend donc, douloureusement, mais avec di­gnité, une dissolution aussi inique qu’inévitable.

Le 1er octobre 1901, l’Abbé de la Sainte-Espérance quitte l’habit religieux pour la soutane. Il ne garde avec lui qu’un moine qui lui sert d’infirmier, et place tous ses religieux comme il le peut. Le père Bernard se retire au presbytère pour va­quer au soin de la paroisse. Un liquidateur ne tarde pas à se présenter, apposant les scellés [34] et procédant à l’inventaire des biens. La cloche se tait. La commu­nauté a cessé d’exister.

Dès lors, le déclin du père s’accélère. Il trouve seulement assez de forces pour monter en chaire, à la stupéfaction de tous, le 14 septembre 1902, et donner un dernier et inoubliable sermon sur l’esprit de la croix [35]. A partir de janvier 1903, il a la certitude de sa fin prochaine. Ses souffrances augmentent, et il lui devient presque impossible de s’alimenter, mais il ne se plaint jamais. Il fait écrire à l’évêque pour lui demander pardon des fautes qu’il aurait pu commettre dans son ministère pastoral. Le satisfecit reçu en retour lui rend la sérénité. Les tout der­niers jours, il ne cesse de réciter des prières latines et des psaumes, et semble parfois occupé à dire la sainte messe. Enfin, le 31 mars, à l’heure de l’angélus du soir, il rend sans effort son âme à Dieu.

Selon son désir, il est revêtu de l’habit monastique et des ornements pontifi­caux, auxquels lui donne droit son titre d’Abbé, et exposé dans la salle capitu­laire. Pendant deux jours, c’est un défilé ininterrompu de religieux et de fidèles. Enfin, le 3 avril 1903, un premier vendredi du mois, en la fête de Notre-Dame de Compassion, le père est inhumé.

 

A sa demande expresse, aucun discours ne fut prononcé pendant les ob­sèques. Mais au repas qui suivit, Mgr Écalle, vicaire général du diocèse de Troyes et ami de longue date du père Emmanuel, improvisa une allocution qui résume admirablement la vie du père :

 

Au grand séminaire, il fut notre exemple par son application au travail, où il apportait une véritable opiniâtreté. […] Les Ricetons [36] ont la réputation d’être opi­niâtres, mais pour lui, c’était la ténacité dans le bien. Avec cela, il était d’une piété profonde et très gai, plein d’entrain et de bonne humeur. Il a fait du bien à beau­coup et il m’en a fait à moi-même.

Il fut ordonné prêtre. Or, Messieurs, le père Emmanuel fut un vrai prêtre, un prêtre rare, j’ose dire un prêtre extraordinaire. […] Par son travail, par son zèle, par sa fermeté aussi dans les principes et dans leur application, il fit de ce village une pa­roisse modèle, une communauté digne des premiers temps du christianisme [37]. Il y forma des âmes d’élite. Ce que cela lui en coûta, Dieu seul le sait ; car il eut grandement à combattre et à souffrir. […]

C’est par la prière, surtout par la prière, qu’il put opérer cette régénération. C’est incroyable tout ce que cet homme de Dieu a fait faire de prières, ici, dans le diocèse, dans toute la France, et même au-delà, dans le monde entier. Il institua la Prière perpétuelle à Notre-Dame de la Sainte-Espérance. Messieurs, c’est un chef-d’œuvre. […]

De telles existences ne périssent pas tout entières, elles se survivent à elles-mêmes [38]. Il semble que c’est la mort et, tout à coup, c’est la résurrection [39]. La croix est la source de tout avenir. L’exemple du père Emmanuel l’a prouvé et il le prouvera [40].

 




Bibliographie

 

 

Œuvres du père Emmanuel

 

Œuvres publiées du vivant du père Emmanuel

1. — La passion méditée pendant la sainte messe, brochure, 1860 ; 2e éd., Troyes, Gustave Frémont, 1909, 16 p. 

Ces pages ont été ensuite rééditées à la fin des Méditations pour tous les jours de l’année liturgique (voir ci-dessous).

2. — De l’amour et la dévotion que nous devons avoir pour l’âme de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Mesnil-Saint-Loup, 1864, réédition en 1875, brochure, 9 x 14, 64 p.

3. — Notre-Dame de la Sainte-Espérance et la Prière perpétuelle, Mesnil-Saint-Loup, Gustave Frémont, 4e édition 1897, brochure, 11,5 x 18, 98 p.

Les trois premières éditions (1855, 1857 et 1860) avaient pour titre : Pie IX et la Prière perpétuelle à Notre-Dame de la Sainte-Espérance. C’est un résumé de l’« Histoire de Notre-Dame de la Sainte-Espérance » parue dans le Bulletin de l’œuvre de Notre-Dame de la Sainte-Espérance dès le premier numéro, en mars 1877. Pour écrire l’une et l’autre, le père Emmanuel s’inspira des notes qu’il avait prises au fur et à mesure des événements. Après la mort du père, Dom Maréchaux trouva le manuscrit de ces notes, divisé en trois parties : la « Petite histoire », le « Journal intime » et les « Mémoires intimes » de la Sainte-Espérance, et publia le tout dans le Bulletin, à partir de janvier 1904 (t. X et XI).

4. — Nouvel essai sur les psaumes étudiés au triple point de vue de la lettre de l’es­prit et des applications liturgiques, Mesnil-Saint-Loup, 8 décembre 1869, 14,5 x 22, 318 p.

5. — Méthode facile pour entendre le latin des offices de l’Église, contenant la tra­duction littérale des prières, psaumes, etc., que l’on chante le plus souvent aux offices, Mesnil-Saint-Loup, 1875, brochure, 11,5 x 18.

6. — Les Maximes de saint Benoît ou « Qu’est-ce qu’un monastère bénédictin ? », 1ère éd. 1880 (quatorzième centenaire de la naissance de saint Benoît), bro­chure, in-8° ; réédition Troyes, 1916, brochure 11,5 x 18, 57 p.

Le texte de cet écrit a d’abord été publié dans le Bulletin, t. I, p. 398 sq. (mars 1879 à janvier 1880).

7. — Manuel des oblats olivétains de l’Ordre de saint Benoît, 1890 ; 2e éd., Mesnil-Saint-Loup, 1926.

 

Œuvres publiées par Dom Maréchaux après la mort du père Emmanuel

1. — De la présence de Dieu, Troyes, Gustave Frémont, 1904, in-12, 48 p. ; 2e éd. 1913 ; réédition en 1960 par les Ateliers du Bec.

Traité rédigé en mai 1886 à l’abbaye olivétaine de Settignano, près de Florence, et publié dans le Bulletin en 1904 (janvier à avril, t. X).

2. — Le Mois du saint Rosaire (onze rosaires médités), Troyes, Gustave Frémont, 1904, brochure 10,5 x 15, 52 p. ; réimpression CRC, Saint-Parres-les-Vaudes, 1983 et 1997.

Cet opuscule a d’abord été publié dans le Bulletin en 1904 (mai à octobre, t. X).

Avec le précédent (De la présence de Dieu), il a reçu du cardinal Fischer l’approba­tion suivante : « Le cardinal Fischer, archevêque de Cologne, remercie du fond du cœur pour les deux traités écrits par le R. P. Emmanuel avec tant de précision, d’onction et de clarté (aptissime, piissime, nitidissime) ; que Dieu très bon et très grand, par l’intercession de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, daigne y attacher sa bénédiction, car ils sont très propres à nourrir la véritable piété. » Dom Maréchaux a ainsi commenté cette approbation : « L’éminent prélat n’a-t-il pas supérieurement caractérisé la manière du père Emmanuel par ces trois mots lapi­daires : Aptissime, piissime, nitidissime ? Aptissime : la justesse, la précision dans la pensée. Piissime : l’onction de piété dans l’exposition. Nitidissime : la suprême clarté dans l’élocution. » (Voir Bulletin, t. X, p. 207, janvier 1905.)

Traduction allemande : « Der Monat des heiligen Rosenkranzes », 1985, supplé­ment à la Mitteilungsblatt der Priesterbruderschaft St. Pius X., Stuttgart, brochure, 84 p.

Traduction portugaise : O mês do Rosário, Almeida Artes Gráficas LTDA, Bom Jesus do Itabapoana, État de Rio de Janeiro, Brasil, brochure, 52 p.

3. — Méditations pour tous les jours de l’année liturgique, Troyes, Gustave Frémont, 1909 ; 2e tirage 1914 ; 3e tirage et 7e éd., Mesnil, 1929 ; réimpres­sion par Dismas, 1987, 13 x 19, XVI-442 p. ; suivi de La Passion méditée pendant la sainte messe (réédition de l’opuscule de 1860).

Ces méditations ont été écrites pour les religieuses bénédictines de Mesnil-Saint-Loup et publiées dans le Bulletin (de novembre 1904 à octobre 1909, t. X et XI).

Le Bulletin (t. XII, p. 43, mars 1910) a publié à leur sujet ce jugement d’une su­périeure de religieuses bénédictines : « Elles sont précieuses. J’y recours, quand nos livres ordinaires ne me disent rien, ce qui n’est pas très rare. Cependant, comme certaines d’entre nous ont besoin de points, de considérations, de préludes, etc., je continue de faire lire en commun nos ouvrages connus ; mais, de temps en temps, je lis moi-même à la communauté les belles pages du saint Abbé et en fais remar­quer la simplicité profonde et la richesse véritable. »

4. — Lettres à une mère sur la foi, Troyes, Gustave Frémont, 1911, brochure 11,5 x 18 ; réédition sous la marque de Martin Morin, Colombes, 1968, 64 p., 13,5 x 21 ; nouvelle édition par DMM en 1972, 50 p., 13 x 18 ; 3e édition, augmentée du Catéchisme des plus petits enfants, sous le titre : Lettres à une mère sur la foi et Catéchisme des plus petits enfants, Grez-en-Bouère, DMM, 1978 (réédition 1993).

Ces lettres ont d’abord été publiées dans le Bulletin entre juillet 1877 et février 1879 (t. I). Nous signalons que DMM a omis, sans l’indiquer, un paragraphe (traitant d’étymologie) de la première lettre dans les éditions postérieures à celle de 1968.

Édition en langue anglaise : Rev. Fr. Emmanuel-Marie André, Letters to a mo­ther on faith, Angelus Press (2915 Forest Avenue, Kansas City, Missouri 64109 USA), 1995, 48 p.

5. — Le Naturalisme, Troyes, Gustave Frémont, 1911, brochure 11,5 x 18, 59 p. ; réédition par DMM, Grez-en-Bouère, 1973, 66 p. (réédition en 1993).

Ce traité contient en appendice l’étude intitulée : « De l’ignorance chez les chré­tiens ». L’ensemble a paru d’abord dans le Bulletin de mars 1880 à février 1881 (t. II).

6. — Le Chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile, Troyes, Gustave Frémont, 1911, brochure 11,5 x 18, 67 p.  ; réédition par DMM, Grez-en-Bouère, 1973, 66 p.

Deux appendices complètent ce traité : « 1º L’œuvre de Dieu » ; « 2º Les hommes ». Le traité lui-même est paru dans le t. II du Bulletin (avril 1881 à février 1882), et les appendices, dans le t. III (avril 1883 à octobre 1883).

Édition espagnole : Padre Emmanuel, El Cristiano del día y el Cristiano del Evangelio, Editorial iction, Buenos Aires, 1980, 108 p.

7. — Les Deux cités, Troyes, Gustave Frémont, 1911, brochure 11,5 x 18, 59 p. ; réédition par DMM, Grez-en-Bouère, 1973, 48 p.

Ce court traité, publié d’abord dans le Bulletin (t. II, décembre 1882 à février 1883), est précédé d’une introduction intitulée « La morale » (reprise du Bulletin, t. II, septembre 1882), et suivi de « Variétés », qui comprennent : « Une parabole avec son explication et quelques réflexions » (Bulletin, t. II, juillet 1882) ; « Lettre à une sœur sur le temps présent » et « Lettre à une sœur sur l’heure présente » (Bulletin, t. II, juin et décembre 1880) ; « L’instruction sans Dieu » (Bulletin, t. II, juin 1882) ; « Le serment » (Bulletin, t. II, avril 1882).

Édition espagnole : Padre Emmanuel, Las Dos Ciudades, Editorial Iction, Buenos Aires, 1980, 92 p.

8. — Le péché originel, Troyes, Gustave Frémont, 1911, 11,5 x 18, 52 p.

Cette étude est extraite du Bulletin, t. III, décembre 1883 à novembre 1884.

9. — La grâce de Dieu et l’ingratitude des hommes, Troyes, Gustave Frémont, 1912, brochure 11,5 x 18, 71 p. ; réédition par DMM en 1973 (59 p.) ;

Ce traité est précédé d’un avertissement de Dom Maréchaux. Il fut publié dans le Bulletin de janvier à novembre 1895 (t. VII), et contient, en appendice, le texte : « Nécessité de la prière pour le salut » (Bulletin, mars 1896).

Édition espagnole : Padre Emmanuel, La Gracia de Dios y la ingratitud de los hombres, Editorial Iction, Buenos Aires, 1982, 89 p.

10. — Opuscules doctrinaux, Troyes, Gustave Frémont, 1912, XVI-370 p.

Cet ouvrage rassemble en un seul volume les six études précédentes dans leur édi­tion de 1911 (Lettres à une mère sur la foi ; Le Naturalisme ; Le Chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile ; Les Deux cités ; Le péché originel ; La grâce de Dieu et l’ingrati­tude des hommes). Il est précédé d’une lettre de Mgr l’évêque de Troyes à Dom Maréchaux et d’une préface de Dom Maréchaux que le Bulletin de mai 1912 (t. XII, p. 456-459) a reproduites.

Extrait de la lettre de Mgr Laurent Monnier, évêque de Troyes (17 mars 1912) : « Cet incomparable apôtre était un théologien avisé et très pratique. Il donna à sa paroisse de Mesnil une formation vraiment doctrinale et toute surnaturelle ; il y implanta un christianisme que je pourrais appeler intégral. Qu’il fut bien anti-mo­derniste, et comme un précurseur de Pie X, notre pontife si vigilant ! Merci, mon Révérendissime Père, d’avoir ainsi réuni ces lumineux opuscules ! Le père Emmanuel continuera à instruire et à sanctifier les âmes… »

11. — Traité du ministère ecclésiastique, Troyes, Gustave Frémont, 1913, 93 p. ; 2e éd. en 1914 avec une lettre de S. Ém. le cardinal Merry del Val ; 5e éd., Mesnil, 1927 ; réédition canadienne, Sherbrooke, Les Ateliers du Bec-L’Étendard, 1963, avant-propos du père Joseph Ledit S.J., 83 p. ; réédition de 1974 en Supplément au Bulletin nº 7 de juillet 1974, avec une présentation (non signée) d’Henri Charlier et l’introduction du père Emmanuel ajoutée en feuillet séparé, 93 p.

En appendice, le Traité du ministère donne les Regulæ unionis sacerdotalis que le père Emmanuel rédigea pour l’« Union sacerdotale Notre-Dame de la Sainte-Espérance » qui se groupa autour de lui en 1883. Les premières éditions (jusqu’à celle de 1927 inclusivement) contiennent un avant-propos très intéressant de Dom Bernard Maréchaux que les éditions suivantes n’ont malheureusement pas reproduit. (Mais on peut en lire le texte dans Itinéraires 158 de décembre 1971, p. 172 sq.)

Une traduction italienne a été signalée par Jean Crété dans la revue Itinéraires (nº 244 de juin 1980, p. 118), avec une préface de Mgr Castellano, archevêque de Sienne, de l’Ordre des Frères Prêcheurs. Itinéraires a traduit cette préface, qui montre la grande actualité du traité du père Emmanuel. (Sacerdozio e ministero, Monte Oliveto, 1979, traduction par Dom Masetti.)

Traduction brésilienne : Tratado do Ministério eclesiástico, Separata da Revista Permanência, Rio de Janeiro, 1976.

Traduction anglaise : Treatise on the Ecclesiastical Ministry, Angelus Press (2915 Forest Avenue, Kansas City, Missouri 64109 USA), 2000.

12. — Les Exercices de sainte Gertrude traduits du latin, Paris, 1919, in-12, 250 p.

13. — Le Livre des psaumes traduits par le Rme père Emmanuel (sur la Vulgate), Mesnil-Saint-Loup, 1920, 11,5 x 18, 360 p.

Cette traduction a paru dans le Bulletin de décembre 1913 à novembre-décembre 1920 (t. XIII et XIV).

 

Autres œuvres publiées après la mort du père Emmanuel

1. — Catéchisme des plus petits enfants, Colombes, sous la marque de Martin Morin, 1968, brochure 20 x 24, 62 p. Éditions suivantes groupées avec les Lettres à une mère sur la foi : voir ci-dessus.

Ce catéchisme a été publié dans le Bulletin, de mars 1880 à avril 1881 (t. II). N.B. : Curieusement, Dominique Morin puis Dominique Martin Morin, dans leurs diverses éditions, ont omis une des leçons de ce Catéchisme. Entre celles nu­mérotées VII (le mystère de la Rédemption) et VIII (les anges), devrait figurer celle qui porte sur l’âme et le corps, publiée dans le Bulletin, t. II, p. 117-118 (octobre 1880).

En version portugaise : Catecismo para os pequeninos, Editora Permanência, Rio de Janeiro, Brasil, brochure, s.d., 40 p.

2. — Catéchisme de la famille chrétienne, Colombes, sous la marque de Martin Morin, 1969, 542 p. ; 2e éd., Grez-en-Bouère, DMM, 1977, 16 x 23, 439 p.

La première partie de ce catéchisme (le Credo et le Pater) a été publiée dans le Bulletin de mars 1878 à février 1880 (t. I) ; la deuxième partie (l’histoire sainte, les sacrements, les commandements de Dieu et de l’Église, la prière, le péché – re­mèdes au péché), entre mars 1883 et novembre 1888 (t. III et IV).

3. — La Sainte Église, Étampes, Clovis, 1997, 11 x 16,5, 352 p.

Sous ce titre, sont regroupées trois études publiées dans le Bulletin (t. III) : « La sainte Église catholique » (douze articles de mars 1883 à février 1884) ; « L’Église et le monde » (onze articles de mars 1884 à février 1885) ; « Le drame de la fin des temps » (onze articles de mars 1885 à février 1886). Mgr Lefebvre écrivit une pré­face (omise dans l’édition de Clovis) pour la réédition de ces textes initialement prévue en 1984. Elle se trouve dans l’article de Mgr Tissier de Mallerais publié dans ce numéro du Sel de la terre.

 

Revues publiées par le père Emmanuel

 

1. — Bulletin de l’œuvre de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, Mesnil-Saint-Loup.

Le premier numéro est paru le 25 mars 1877. Revue mensuelle de 16 pages, for­mat 16 x 24,5, sous couverture verte, paraissant le samedi avant le quatrième di­manche du mois. En mars 1893, le titre devint : Bulletin de Notre-Dame de la Sainte-Espérance. En janvier 1915, la parution devint bimestrielle. La série va jus­qu’en décembre 1940 (soit une collection de 17 volumes).

Une nouvelle série du Bulletin a commencé à reparaître à partir de décembre 1950 jusqu’en mai-juin 1983.

2. — Revue de l’Église grecque-unie (janvier 1885 – mars 1890) devenue Revue des Églises d’Orient (avril 1890 – décembre1893), Mesnil-Saint-Loup.

Revue mensuelle de 16 pages, format 16 x 24,5, sous couverture mauve, parais­sant huit jours après le Bulletin. La collection complète forme trois volumes.

 

Il n’est pas possible d’indiquer ici tous les écrits du père Emmanuel qui se trou­vent renfermés dans le Bulletin et dans la Revue grecque-unie, dont le contenu est très riche, comme ont pu le montrer tous les extraits présentés dans ce numéro du Sel de la terre. Citons juste, à titre indicatif, dans le Bulletin : « Petit traité de l’of­fice divin » (mars 1877 à février 1879) ; « Les maximes de Notre-Seigneur » (mars 1880 à octobre 1882) ; « La Franc-maçonnerie » (janvier 1887 à juin 1888) ; « Catéchisme des mystères de Notre-Seigneur » (janvier 1889 à février 1895 – 297 articles), etc.

 

Textes du père Emmanuel

publiés par diverses revues * 

 

Dans Le Sel de la terre :

1. — « De la présence de Dieu » (nº 4, p. 120 ; d’après l’édition de 1904).

2. — « Catéchisme de persévérance aux jeunes filles de Mesnil-Saint-Loup » (I) (nº 6, p. 157 ; tiré du Bulletin, avril à décembre 1911 ; l’introduction, les commentaires et la conclusion sont de Dom Maréchaux).

3. — « Catéchisme de persévérance aux jeunes filles de Mesnil-Saint-Loup » (II) (nº 7, p. 136).

4. — « Catéchisme de persévérance aux jeunes filles de Mesnil-Saint-Loup » (III) (nº 8, p. 171).

5. — « Lettres à la conférence des jeunes gens chrétiens de Mesnil-Saint-Loup » (nº 9, p. 118 ; tirées du Bulletin, juin à septembre 1885).

6. — « Lettres aux filles de la paroisse » (nº 11, p. 88 ; tirées du Bulletin, mars-avril 1929 à mars-avril 1931, où elles furent publiées par le curé Thiriot, suc­cesseur du père Emmanuel).

7. — « Nécessité de la prière pour le salut » (nº 13, p. 151 ; Appendice de l’opus­cule La grâce de Dieu et l’ingratitude des hommes).

8. — « Le ciel au rabais » (nº 13, p. 154 ; tiré du Bulletin, janvier 1893).

9. — « De l’amour et de la dévotion que nous devons avoir pour l’âme de Notre-Seigneur Jésus-Christ » (nº 14, p. 88 ; d’après l’édition de 1875).

10. — « Le sacrifice eucharistique » (nº 18, p. 126 ; tiré du Bulletin, mars 1880 à février 1881).

11. — « La création » (nº 20, p. 90 ; tiré du Bulletin, janvier à juillet 1889).

12. — « Le festin des noces » (nº 22, p. 158 ; tiré du Bulletin, novembre-décembre 1901 et février-mars 1902).

13. — « Le nombre des élus » (nº 25, p. 101 ; tiré du Bulletin, années 1891, 1898 et 1899).

14. — « Les bienfaits du jeûne » (nº 27, p. 112 ; extraits de conférences spirituelles à la communauté des moines de Mesnil-Saint-Loup).

15. — « Suivre sa vocation » (nº 35, p. 163 ; conférence spirituelle de l’automne 1874 à la communauté des moines de Mesnil-Saint-Loup) ;

16. — « Il y a des sauveurs d’âmes absolument inconnus » (nº 36, p. 150 ; confé­rence spirituelle de l’automne 1874 à la communauté des moines de Mesnil-Saint-Loup, publiée dans le Bulletin, t. XIV, janvier-février 1920 ; texte légè­rement modifié d’après certaines variantes de la version publiée sous le titre « Les élus de Dieu » dans Les Amis du Bec-Hellouin nº 7 de l’été 1963 et nº 12 de l’hiver 1964).

17. — « Le chrétien du jour est anémique » (nº 40, p. 102 ; conclusion de l’opus­cule Le chrétien du jour et le chrétien de l’Évangile paru dans le Bulletin de Notre‑Dame de la Sainte Espérance en 1882).

 

Quelques textes de Dom Maréchaux ont été également publiés

dans Le Sel de la terre :

1. — « L’œuvre pastorale du père Emmanuel » (nº 26, p. 114 ; nº 27, p. 100 ; nº 28, p. 106 ; tiré de Vie Spirituelle XII [1925], p. 67-79 ; 456-471, 606-623 ; XIII [1926], p. 51-65, 187-198).

2. — « Étude sur les sacrements » parue dans le Bulletin de Notre-Dame de la Sainte‑Espérance entre août 1878 et février 1883 ; I (les sacrements en géné­ral), nº 29, p. 128 ; II (le baptême), nº 31, p 95 ; III (la confirmation), nº 35, p. 124 ; IV (L’eucharistie), nº 38, p. 122 ; V (la pénitence), nº 41, p. 148 ; à suivre.

 

Dans Fideliter :

1. — Du nº 52 (juillet-août 1986) au nº 66 (novembre-décembre 1988), à l’excep­tion des numéros 59 et 64, toute la série : « Le bon Dieu », extraite du Bulletin, t. III (novembre 1884 à février 1886).

2. — Du nº 78 (novembre-décembre 1990) au nº 91 (janvier-février 1993), à l’ex­ception des numéros 81, 84 et 88, toute la série : « La très Sainte Trinité », extraite du Bulletin, t. IV (mai 1886 à avril 1887) [1]. Mais cette étude (non signée) semble être plutôt de Dom Maréchaux.

 

Dans Itinéraires :

1. — « Lettres sur la foi », nº 117 (novembre 1967) et 118 (décembre 1967), tirées du Bulletin, t. I (juillet 1877 à février 1879).

2. — « Des élus de Dieu », nº 163 (mai 1972), conférence spirituelle de l’automne 1874 avec des commentaires de D. Minimus.

3. — « Traité des fins dernières », nº 245 (juillet-août 1980).

4. — « Le drame de la fin des temps », nº 289 (janvier 1985), nº 290 (février 1985) et nº 292 (avril 1985) ; tiré du Bulletin, t. III (mars 1885 à février 1886).

5. — « La sainte Église catholique », nº 305 (juillet-août 1986), nº 307 (novembre 1986), nº 308 (décembre 1986), nº 309 (janvier 1987), nº 310 (février 1987), nº 312 (avril 1987), nº 314 (juin 1987), nº 315 (juillet-août 1987), nº 318 (décembre 1987), nº 320 (février 1988), nº 321 (mars 1988) ; tiré du Bulletin, t. III (mars 1883 à février 1884).

6. — « Les maximes de saint Benoît », nº IV (nouvelle série, hiver 1990-1991), nº V (printemps 1991) ; tiré du Bulletin, t. I (mars 1879 à janvier 1880).

 

Ouvrages et articles

sur le père Emmanuel et son œuvre * 

 

1. — Maréchaux Dom Bernard, Le Père Emmanuel, Abbé de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, curé de Mesnil-Saint-Loup, Mesnil-Saint-Loup, 3e éd. 1935, 554 p.

La première édition, en 1909, parut sous le titre : Le Père Emmanuel, essai biogra­phique. C’est sous ce même titre que l’ouvrage était paru en feuilleton dans le Bulletin, entre 1904 et 1909 (t. X et XI) ; 2e éd. 1918.

2. — Écalle Mgr P.-F., Le Père Emmanuel d’après sa biographie par le Rme P. Dom Bernard Maréchaux, Troyes, Gustave Frémont, 1911, brochure 14 x 21, 40 p.

Cette brochure, qui résume l’ouvrage de Dom Maréchaux tout en y apportant quelques éclairages inédits, d’abord publiée dans la Revue catholique (revue diocé­saine de Troyes), a été reproduite dans le Bulletin, t. XII, à partir de janvier 1912.

3. — Maréchaux Dom Bernard, « L’œuvre pastorale du Père Emmanuel », Vie Spirituelle XII (1925), p. 67-79 ; 456-471, 606-623 ; XIII (1926), p. 51-65, 187-198. (Publié à part en brochure in-12, éd. de la Vie Spirituelle, Saint-Maximin, 72 p.)

4. — « Le père Emmanuel, abbé de Notre-Dame de la Sainte-Espérance et curé de Mesnil-Saint-Loup, 1826-1903 », dans le Bulletin paroissial liturgique des pères bénédictins de Saint-André à Lophem-lez-Bruges, numéros des 4 et 18 octobre et 1er et 15 novembre 1925. Articles signés « M. D. ».

5. — Dumartin Dom Bernard O.S.B., La vertu convertissante de Notre-Dame de la Sainte-Espérance. Formation d’une paroisse chrétienne, extrait de la Revue des prêtres de Marie, Reine des cœurs, brochure, 1940. (Monastère olivétain de Sainte-Marie de Tourtarel.)

6. — Masetti Dom Casimiro M. O.S.B., Parroco e asceta, Dom Emmanuel André, abate di N.S. della Santa Speranza, O.S.B., † 1903, Pia Socieata San Paolo per l’apostolato stampa, 1947.

7. — Le Couëdic Mgr Julien, évêque de Troyes, Lettre pastorale pour le saint temps du carême de l’an de grâce 1952 sur Notre-Dame de la Sainte-Espérance, Troyes, imprimerie de la Renaissance, 1952, brochure, 14 p.

8. — Minimus D., « Le P. Emmanuel et la paroisse du Mesnil-Saint-Loup », Itinéraires 26, septembre-octobre 1958, p. 89-98 et nº 27, novembre 1958, p. 124-142.

8bis. — Minimus D., L’Œuvre du Père Emmanuel, Abbé de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, curé de Mesnil-Saint-Loup (supplément au Bulletin de Notre-Dame de la Sainte-Espérance), Troyes, 1958, brochure 13,5 x 21, 29 p. Cette brochure est la reproduction des articles d’Itinéraires mentionnés juste avant.

9. — Dictionnaire de spiritualité, Fascicules XXVI-XXVII (Église-Épiscopat), Paris, Beauchesne, 1959, col. 620-621, article « Emmanuel (Ernest André) » par Paul Broutin.

Des notices consacrées au père Emmanuel par les divers dictionnaires, c’est de loin la plus complète.

10. — Contorni Dom Maurizio-M., « L’Abate E. André e le 9 Questioni di Soloviev », in Risveglio, n.s., XIII, 1960.

11. — Maréchaux Dom Bernard, Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertis­sez-nous ! (supplément au Bulletin de Notre-Dame de la Sainte-Espérance), 1961, brochure 14 x 18, 62 p.

Réédition corrigée d’une brochure de Dom Maréchaux de juillet 1914 reprenant des articles parus dans le Bulletin à partir de janvier 1903, t. IX.

12. — Grammont Dom Paul, « Le Père Emmanuel (1849-1903) », Revue Mabillon, t. 50 (1961).

13. — Charlier Henri, « L’Œuvre de Notre-Dame au Mesnil-Saint-Loup », Itinéraires 85, juillet-août 1964, p. 40-48.

14. — « 30 novembre 1864 – 30 novembre 1964 » (centenaire de l’œuvre monas­tique du père Emmanuel), Les Amis du Bec-Hellouin, Bulletin trimestriel de l’association pour la restauration de l’abbaye du Bec, numéro de l’hiver 1964 (3e année, nº 12), 67 p.

Article de Dom Grammont ; chronologie ; quelques conférences monastiques du père Emmanuel de 1874, 1894-1896 et les notes d’une retraite prêchée en 1895, déjà publiées dans le Bulletin en 1937-1939, t. XVII.

15. — Charlier Henri, « Le père Emmanuel et ses Lettres sur la foi », Itinéraires 118, décembre 1967, p. 196-199.

16. — Franchet Claude, « Ma paroisse pittoresque : Le Mesnil-Saint-Loup », Itinéraires 118, décembre 1967, p. 200-225.

17. — Histoire de Notre-Dame de la Sainte-Espérance (supplément au Bulletin de Notre-Dame de la Sainte Espérance nº 5, mai 1969), brochure 15 x 24, 49 p. Brochure anonyme rédigée par Dom Louis-Marie Spic, moine de Mesnil.

18. — Minimus D., « Le traité du père Emmanuel », Itinéraires 158, décembre 1971, p. 164-171.

19. — « Les Vieux saints », le père Emmanuel et les premiers moines de Notre-Dame de la Sainte-Espérance (supplément au Bulletin de Notre-Dame de la Sainte Espérance nº 3, mars 1972), brochure 15 x 24, 76 p. Cette brochure ano­nyme (on lit juste, à la fin, cette mention : « auctore olivetano ») a été rédi­gée par Dom Louis-Marie Spic, moine de Mesnil.

20. — « Mesnil-Saint-Loup (Aube). Un fief de Notre-Dame de la sainte-Espérance », article non signé de la Revue du Rosaire de juillet 1972 (52e an­née, nº 7), p. 200-210.

21. — Charlier Henri, « Lettres à l’évêque de Troyes », Itinéraires 165, juillet-août 1972, p. 287-297. (Sur la destruction de la paroisse du Mesnil par les autori­tés conciliaires.)

22. — Charlier Henri, Les catéchismes du père Emmanuel, tiré à part de DPF, Chiré-en-Montreuil, s.d. (1973 ?), 12 p.

23. — Charlier Henri, « Au Mesnil, hypocrisie et subversion », Itinéraires 197, novembre 1975, p. 17-25. (Sur l’évolution conciliaire de la paroisse.)

24. — Crété Jean, « Henri Charlier oblat olivétain », Itinéraires 216, septembre-octobre 1977, p. 33-37. (Avec un appendice sur la congrégation olivétaine, p. 38-40. Cet article contient des éléments intéressants sur la paroisse de Mesnil après le père Emmanuel.)

25. — Crété Jean, « Colloque sur le père Emmanuel », Itinéraires 234, juin 1979, p. 41-46. (A propos du prétendu « œcuménisme » du père Emmanuel.)

26. — de Nantes abbé Georges, Un curé et la sainte Vierge, Saint-Parres-les-Vaudes, CRC, 1985 (2e éd. 1989), 155 p.

27. — Grammont Dom Paul, « Le père Emmanuel André et l’unité chrétienne », Les Amis du Bec Hellouin nº 73 (septembre 1985), p. 22-28 (Contribution à la 8e Rencontre de Mont-Olivet, 2-4 septembre 1985).

28. — Buchoud frère Bernard (moine de Mesnil-Saint-Loup), « Une tradition vi­vante : le Père Emmanuel », Les amis du monastère de la Sainte-Espérance nº 13, Noël 1996, p. 5-14.

29. — Long Louis, « Le Mesnil-Saint-Loup », dans Sous la bannière nº 79, sep­tembre-octobre 1998, p. 19-23 et nº 82, mars-avril 1999, p. 28-32. (Extraits d’une communication au colloque « L’évangélisation dans l’histoire » orga­nisé à Paris, les 3 et 4 octobre 1997, par le Centre d’Études et de Recherches sur l’Europe Chrétienne.)

30. — Waché Brigitte, « Ouverture sur les Églises d’Orient à la fin du XIXe siècle », Les amis du monastère de la Sainte-Espérance nº 15, janvier 1999, p. 7-15.

31. — Buchoud frère Bernard (moine de Mesnil-Saint-Loup), « Une page d’his­toire monastique : le Père Emmanuel, de la Pierre-qui-Vire à Solesmes », Les Amis du Bec Hellouin nº 136 (décembre 2001), p. 6-44 ; « “Le pèlerin de Dieu” ou la profession manquée du père Emmanuel à Solesmes », Les Amis du Bec Hellouin nº 139 (septembre 2002), p. 9-53.

 

Ouvrages du père Emmanuel

encore disponibles

 

1. — Catéchisme de la famille chrétienne, Grez-en-Bouère, DMM, 1977. (19,90 euros.)

« Cet ouvrage, à notre connaissance, est unique dans la littérature ecclésiastique du monde occidental, car c’est une œuvre d’art où se retrouve la simplicité de style de Bossuet et où passe souvent un souffle lyrique de la plus grande beauté. Il est en même temps un instrument parfait d’enseignement religieux pour les grands et les petits ; des petits par les grands, et des grands pour les petits. » (Henri Charlier, Les catéchismes du père Emmanuel.)

2. — La Sainte Église, Étampes, Clovis, 1997. (13 euros.)

Voici comment le père Emmanuel présente lui-même cette œuvre : « Enfants de l’Église, nous devons chercher à connaître notre mère : ce sera l’objet du présent travail. Nous prendrons pour guide saint Paul, mais, à travers saint Paul, nous choisirons, pour nous guider, saint Augustin. Saint Augustin a cherché longtemps l’Église ; l’ayant cherchée, il l’a trouvée ; l’ayant trouvée, il l’a aimée ; l’aimant, il l’a défendue ; l’aimant et la défendant, il l’a dépeinte avec des traits qui en font res­plendir la souveraine beauté. serons-nous assez heureux pour fixer dans ces pages quelques-uns de ces traits ? Nous l’espérons… » (Père Emmanuel, « L’Église notre mère », chapitre I.)

3. — Lettres à une mère sur la foi. Catéchisme des plus petits enfants, Grez-en-Bouère, DMM, 1993. (6,90 euros.)

« La vérité intégrale, c’est la foi. Voilà pourquoi il [le père Emmanuel] écrivit les Lettres sur la foi, si savoureuses, marquées au trait d’une originalité si puissante ; elles émerveillèrent, en leur temps, les esprits qui ont encore le don de réfléchir. » (Dom Maréchaux, Préface aux Opuscules doctrinaux.)

4. — Le Naturalisme, DMM, Grez-en-Bouère, 1993. (7,50 euros.)

« Le naturalisme est la grande hérésie du temps présent. Nous l’avons combattue, et la combattrons sans trêve, sans relâche, sans merci. Elle est la négation complète de tout le christianisme, de tout ce que nous croyons, de tout ce que nous espé­rons, de tout ce que nous aimons. » (Père Emmanuel, introduction à l’étude sur Le Péché originel.) C’est pourquoi il faut lire ce traité sur Le Naturalisme, si rigoureux en sa partie historique, d’une analyse si pénétrante en sa partie pratique.

5. — Le Mois du saint Rosaire (onze rosaires médités), réimpression CRC, Saint-Parres-les-Vaudes, 1997.


* — D’autres revues (comme Les Amis du Bec Hellouin) ont publié, à l’occasion, des textes du père Emmanuel, que nous n’indiquons pas ici.

[1] — La série sur la Sainte Trinité a également été publiée en langue portugaise : O misterio da Santíssima Trindade, Editora Permanência, Rio de Janeiro, Brasil, 32 p.

* — La liste donnée ici n’est évidemment pas exhaustive.



[1] — Le père portait la croix jusque dans son patronyme puisqu’il s’appelait André, comme l’apôtre auquel il avait une grande dévotion. Il reçut d’ailleurs l’habit religieux en la fête de saint André, et disait : « Nous avons été fondés sur la croix ; nous avons vécu sur la croix ; si nous grandissons ce sera par la croix ; et sur la croix nous mourrons. » Lettre du 30 novembre 1881 citée dans Le Père Emmanuel, par Dom Bernard Maréchaux, Mesnil-Saint-Loup, 1935, p. 245.

L’antienne des vêpres de Saint-André, au 30 novembre, dit : « Arrivé à l’endroit où l’on avait dressé la croix, le bienheureux André s’écria : O bonne croix, je t’ai attendue si longtemps ! Enfin te voilà offerte aux désirs de mon cœur. Sans inquiétude et dans la joie, je viens à toi : et toi, daigne recevoir en exultant le disciple de celui qui jadis pendit à ton bois. »

[2] — Bagneux-la-Fosse faisait partie de l’ancienne Bourgogne.

[3] — Plusieurs d’entre eux rejoindront prématurément le ciel.

[4] — Le Père Emmanuel, ibid., p. 12.

[5] — Oblats de Marie Immaculée, pères du Saint-Esprit, maristes…

[6] — A cette époque, la France utilise encore la liturgie gallicane.

[7] — « Un jour quelqu’un avait lâché devant lui ce mot malheureux et quasi blasphématoire : saint Augustin est janséniste. Le jeune séminariste en fut blessé comme d’un trait envenimé. Il voulut avoir le cœur net de cette imputation. Il prit saint Augustin, le lut, s’en imprégna. […] Alors la lumière se fit : avec son intelligence pénétrante, il saisit la distinction essentielle qui sépare saint Augustin de Jansénius. » Le Père Emmanuel, ibid., p. 23-24.

[8] — Le Père Emmanuel, ibid., p. 41.

[9] — D’après Mgr Écalle, vicaire général, qui connut la paroisse à cette époque. Cité dans Le Père Emmanuel, ibid., p. 38.

[10]Le Père Emmanuel, ibid., p. 48.

[11] — « La toute-puissance suppliante », expression des Pères de l’Église.

[12] — « L’abbé André, aux débuts de la Sainte-Espérance, eut cette vision d’âmes surgissant une à une d’un fond de religiosité vague et de christianisme inconscient. Et il était dans l’admiration. Il touchait du doigt de vraies conversions ; il sentait palpiter dans les convertis un esprit de prière qui était capable d’opérer des prodiges. C’était vraiment un monde nouveau qui paraissait, comme la terre se dégagea aux premiers jours des contraintes de l’océan sans rivage. » Le Père Emmanuel, ibid., p. 72.

[13] — Un jour, pendant ses vacances de séminariste, sur le chemin de l’abbaye de Molesmes, il avait reçu de Dieu la vision anticipée et le goût de la vie monastique.

[14] — Emmanuel était le prénom de Mgr Ravinet. C’était aussi un rappel du mystère de l’incarnation, auquel l’abbé André était très dévot. C’était enfin le nom destiné à un prêtre qui avait très sérieusement envisagé de rejoindre la communauté naissante, mais qui mourut avant d’avoir pu exécuter son projet : l’abbé Lièvre. L’abbé André reprit pour lui le nom de son ami.

[15] — Les deux pères observent l’abstinence perpétuelle, couchent sur la dure et sont levés dès quatre heures du matin pour psalmodier l’office divin.

[16] — Seuls quelques enfants sont confiés au père pour qu’il les éduque dans l’atmosphère monastique. Le presbytère n’en devient que plus étroit et malcommode.

[17] — La règle de La Pierre-Qui-Vire comportait notamment le lever au milieu de la nuit.

[18] — Il déclare à Dom Guéranger : « J’ai beaucoup prié, et même j’ai souffert et pleuré, pour arriver à comprendre quelque chose aux mystères de la grâce ; ce que je crois en connaître m’est venu en bonne partie de la pratique des âmes ; comment voulez-vous que je renonce à des doctrines où j’ai trouvé la paix ? » Le Père Emmanuel, ibid., p. 166.

[19] — Consterné, le père prieur, Dom Couturier, qui porte une affection profonde au père Emmanuel, essaye en vain de faire fléchir Dom Guéranger. De même, Mgr Ravinet voit rejeter son instance en faveur du père Emmanuel.

Deux facteurs peuvent expliquer la position abrupte de Dom Guéranger : d’une part, il avait lutté toute sa vie contre le jansénisme et il éprouvait une répulsion profonde pour tout ce qui, à tort ou à raison, lui semblait se rapprocher de ce courant de pensée. Dans cette perspective, le thomisme était pour lui une doctrine dangereuse. D’autre part, se rappelant les divisions et disputes qui, au XVIIIe siècle, avaient profondément affecté la congrégation de Saint-Maur, il plaçait au-dessus de tout le bien de l’unité. Cf. Dom Guy-Marie Oury : Dom Guéranger, moine au cœur de l’Église, éditions de Solesmes, p. 452-453. Dom Guéranger écrivit à la communauté de Mesnil : « Pour une famille religieuse, il n’y a rien au-dessus de l’unité. Jusqu’ici, Dieu nous l’a donnée ; je ne puis consentir à la voir altérée. » Lettre du 4 juillet 1874 (Le Père Emmanuel, ibid., p. 159).

[20] — C’est expressément comme bénédictins que Mgr Ravinet avait établi ces moines.

[21] — Il s’agit d’un étranger installé au pays.

[22]Le Père Emmanuel, ibid., p. 220.

[23] — Le père reçut seulement la visite courtoise du secrétaire général de la préfecture de l’Aube, qui, apprenant que la communauté était purement diocésaine (ce qui la mettait à l’abri des décrets d’expulsion), promit d’en référer… et ne revint jamais.

[24] — Dans le diocèse on commentait : « Monseigneur veut donc dissoudre lui-même la communauté du Mesnil ? » Le Père Emmanuel, ibid., p. 235.

[25] — Dont l’un a une santé bien affaiblie.

[26] — Lettre du 14 février 1885. Le Père Emmanuel, ibid., p. 166.

[27] — Divers éléments de cette congrégation attirèrent le père : la place centrale qu’y tenait la sainte Vierge, la physionomie du fondateur, le bienheureux Bernard Toloméi, formé sur le modèle de saint Bernard de Clairvaux, et aussi l’habit blanc qui semblait répondre pour lui à de secrets pressentiments.

[28] — Voir la courte biographie de Dom Bernard Maréchaux publiée en introduction à « L’Œuvre pastorale du père Emmanuel », Sel de la terre 26, p. 114.

[29] — Il s’agit d’un titre honorifique, qui n’équivaut pas à l’érection du monastère en abbaye.

[30]Le Père Emmanuel, ibid., p. 318.

[31] — Il écrit en 1889 : « Pour moi, je ne vois plus moyen de faire des premières communions avec les petits garçons d’aujourd’hui : ils ont reçu à l’école un esprit indéchiffrable ; il y a du mépris, de la malice, de la stupidité ; il y a de tout, excepté du bien. […] Et le plus grand mal, c’est que les plus grands cherchent avec un zèle satanique à faire entrer le poison dans les plus jeunes : le problème pour M. Coltat et pour moi, c’est de préserver les plus jeunes, et nous ne savons pas si nous y arriverons. » Le Père Emmanuel, ibid., p. 317.

[32] — « Si vous saviez quelle lutte c’est de lutter contre le diable, écrit le père. J’en suis fatigué comme si vingt-cinq chariots m’avaient passé sur le dos. » Notons cette réponse du diable : « Tu veux que je m’en aille. Va-t’en le premier du pays et je m’en irai ensuite. » Lettre du 22 juin 1894. (Le Père Emmanuel, ibid., p. 349.)

[33] — « Le père Emmanuel avait été amené à constater, par ses lectures et par la pratique des âmes, combien la doctrine de la grâce est affaiblie, défigurée dans l’esprit de bien des chrétiens. » (Dom Maréchaux, préface aux Opuscules doctrinaux, 1911, p. XV). En effet, à cette époque, pour s’opposer aux restes de jansénisme, on minimise volontiers le rôle de la grâce et l’on majore celui de la volonté de l’homme. De là à dire que l’homme fait lui-même son propre salut et qu’il dépend de lui d’être prédestiné, il n’y a qu’un pas… que plusieurs n’hésitent pas à franchir. Le père rappelle au contraire que la première grâce est antérieure à tout mérite, que c’est elle qui tient la volonté de l’homme dans sa dépendance – sans pour autant nuire à sa liberté ; que Dieu peut convertir la volonté de l’homme même rebelle ; et qu’enfin nous sommes sauvés par la grâce et non pas par nous-mêmes.

[34] — Les scellés seront levés un peu plus tard, mais juridiquement la communauté est interdite de toute existence. On ira même jusqu’à surveiller le père pour être sûr qu’il n’y a pas de tentative de reconstitution secrète.

[35] — « Vous ne l’avez pas beaucoup, l’esprit de la croix. Je peux bien vous le dire, il y a longtemps que je vous connais. Vous l’avez moins que vous l’avez eu autrefois. […] Il faut aimer un peu plus à souffrir et ne pas demander si vite d’être délivrés. » Le Père Emmanuel, ibid., p. 447.

[36] — Habitants des Riceys, où le père passa son enfance.

[37] — C’est nous qui soulignons.

[38] — De fait, la mémoire du père lui survit encore, et le bien qu’il a accompli perdura si bien qu’il était encore patent dans les années 1950. Henri Charlier, installé sur la paroisse depuis 1925, écrivait alors : « Une paroisse pareille ne peut demeurer ce qu’elle est actuellement que par un miracle permanent. » L’Œuvre du Père Emmanuel par D. Minimus, supplément au Bulletin de Notre-Dame de la Sainte-Espérance, 1958.

[39] — La résurrection de la communauté eut effectivement lieu en 1926 autour de Dom Bernard Maréchaux.

[40]Le Père Emmanuel, ibid., p. 463-464.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 44

p. 23-35

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