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« Une grâce extraordinaire »

 

20e anniversaire de la mort

du père Barrielle (1er mars 1983)

 

 

 

par l’abbé Philippe François

 

 

 

A l’occasion du 20e anniversaire de la mort du père Barrielle, nous repro­duisons ici l’hommage que lui a rendu monsieur l’abbé Philippe François dans le Bulletin du prieuré Marie‑Reine de mars 2003 [1].

Le Sel de la terre.

 

*

  

 

« POUR MOI, j’estime que la présence du père Barrielle au séminaire d’Écône a été une grâce extraordinaire, providentielle ! Et c’est providentiel qu’il n’ait pas pu reconstituer sa société. Cela l’a obligé à rester chez nous, et ainsi, au lieu d’enseigner les quelques religieux qu’il aurait eus dans sa petite congrégation rénovée, eh bien, il a prêché, enseigné les Exercices à tout le séminaire et donc à tous les futurs prêtres. Et c’est ce qui a multiplié maintenant les retraites à travers le monde.

« Je pense que c’est une bénédiction extraordinaire, et que nous la devons certainement au bon père Barrielle. »

 

Mgr Lefebvre prononça ces paroles en 1989, six ans après le rappel à Dieu de ce grand prédicateur des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Mais, il y a encore bien d’autres témoignages de reconnaissance de notre fondateur envers le « cher père Barrielle », comme il aimait à nommer celui qu’il avait choisi pour confesseur.

Pour le premier anniversaire de sa mort, Monseigneur expliquait quel rôle providentiel le père Barrielle joua aussi pour donner à la Fraternité dans ses dé­buts non pas tant la fermeté et la rectitude doctrinale – le fondateur y veillait –, mais plutôt cet élan vers la sainteté sacerdotale par une vie spirituelle ardente. Par sa parole, sa prière et surtout par son exemple, il savait communiquer le goût pour l’oraison, le désir de l’union à Dieu, de la sanctification personnelle, et par là le zèle pour le salut des âmes. « Pro eis ego sanctifico meipsum – c’est pour eux que je me sanctifie moi-même » dit Notre-Seigneur (Jn 17, 19).

Les douze dernières années de sa vie, il les passa à Écône, où il arriva comme directeur spirituel le 3 mai 1971. Ce furent aussi, à un an près, les douze pre­mières années du séminaire. De là, l’étendue et le caractère unique de son in­fluence sur la Fraternité, d’autant qu’à sa mort, il ne put être remplacé, au grand regret de Monseigneur.

Pour ma part, outre sa vie intérieure si profonde, c’est surtout sa force et sa générosité qui me restent en mémoire : malgré l’âge, la fatigue (il ne marchait plus sans sa canne) et la maladie (un ulcère fort douloureux à la jambe), il se dépensait sans compter pour les séminaristes, les retraitants, les fidèles en géné­ral, trouvant encore du temps jusqu’aux derniers mois de sa vie pour écrire ses brochures. Toujours il nous répétait : « Ora et labora ! – priez et travaillez ! Travaillez dur ! »

Et il mourut dans sa 86e année au retour d’une retraite qu’il venait de prêcher, déjà au bord de l’épuisement.

Devant succéder au père Vallet en France après la guerre à la tête de l’Institut naissant des Coopérateurs Paroissiaux du Christ-Roi, il demanda au père de prier pour lui afin qu’il ait le don de conseil. Et le père Vallet lui répondit :

« Non ! Je prierai afin que vous obteniez le don de force ! »

 

La force pour aider les faibles, écrivait l’abbé Berto, il faut en surabonder ; la force pour résister au mal, pour ne point pactiser avec lui, la force pour dédaigner le monde, la force pour vaincre les méchants, pour entraîner les pusillanimes, pour ne se point rendre leur complice, pour garder la soif sainte de justice [2]

 

Certainement il reçut ce don de force et comme il l’avait été pour le père Vallet, il fut aussi un précieux soutien pour Mgr Lefebvre dans la fondation de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

Dieu nous a donné Mgr Lefebvre et le père Barrielle. Il nous a fait la grâce de les connaître, grâce immense ! A nous de transmettre leur exemple à ceux que Dieu appelle maintenant dans la Fraternité et qui attendent de nous un témoi­gnage de fidélité. Ainsi le précieux héritage de nos pères ne sera pas dilapidé.

En ce 20e anniversaire, à l’action de grâces, nous joindrons cette prière.

 

 




[1] — Bulletin du prieuré Marie-Reine, 195 rue de Bâle – 68100 Mulhouse.

[2] — Abbé Berto, lettre à un futur diacre, 27 novembre 1968 (trois semaines avant sa mort), Notre-Dame de Joie, Correspondance de l’abbé V. A. Berto, Paris, NEL, 1974, p. 326.

Informations

L'auteur

Membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), l'abbé Philippe François exerce son ministère en France.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 45

p. 200-201

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