Courrier des lecteurs
Le paganisme tel qu’il est
Il y a le paganisme tel que le voit Vatican II : « Dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. » (Déclaration Nostra ætate). Et puis il y a le paganisme tel qu’il est en réalité. Lettre M. l’abbé Philippe Godard (Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X) :
Ce 1er de mars 2003.
[…] Le numéro 42 du Sel de la Terre, cite en page 229 le révérend père Brou disant : « La déesse Kâli, sa femme, est plus farouche encore. Il lui fallait, il y a cent ans encore [donc vers 1812], des sacrifices humains […] »
Peut-être ces sacrifices humains ont-ils été interdits, ont-ils diminué, se sont-ils cachés. Je ne sais. Mais ils ont dû plus ou moins se poursuivre, ne fût-ce qu'en dehors de la péninsule indienne, car je puis citer le fait suivant.
En 1979, achevant mon service militaire, j'ai été témoin d'un jeune soldat engagé (d'une trentaine d'années probablement, d'après mes souvenirs), originaire de l'Île Bourbon ou de La Réunion, mais de race indienne (comme il y en a beaucoup sur le pourtour de l'océan Indien), qui est subitement devenu fou.
De son délire il résultait qu'il avait été autrefois mêlé d'une façon ou d'une autre à un sacrifice humain en l'honneur de la déesse Kâli (donc probablement dans son île d'origine aux environs de 1970).
Comme quoi les horreurs du paganisme sont loin d'être toutes extirpées, et nous avons encore du travail missionnaire et des prières et des sacrifices à faire pour obtenir que Notre-Seigneur Jésus-Christ et sa très sainte Mère règnent enfin pareillement dans tous les cœurs : aliis contemplata tradere, selon la devise de votre Ordre, sans oublier la première partie : contemplari.
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A propos des « messes » sans consécration
Suite à l’éditorial de notre nº 43, qui relevait comment la Rome conciliaire justifie aujourd’hui des messes sans consécration, un lecteur nous fait remarquer qu’une intercommunion entre catholiques et schismatiques assyriens était déjà autorisée dans la Déclaration commune du 23 juin 1984, signée par le pape Jean-Paul II et le patriarche des Assyriens (orthodoxes) [1]. On permettait donc déjà aux catholiques de communier à des messes où ne figuraient pas les paroles de la consécration ! C’est seulement 17 ans plus tard que la Rome conciliaire tentera de donner une explication théorique de la chose. On voit que la méthode n’a pas changé : on commence par des innovations sur le terrain, et on les légitime ensuite.
Voici le § 1 et le début du § 9 de cette déclaration :
1. S.S. Jean-Paul II, évêque de Rome et pape de l'Église catholique, et S.S. Moran Mar Ignace Zakka 1er Iwas, patriarche syrien d'Antioche et de tout l'Orient et chef suprême de l'Église universelle syrienne orthodoxe s'agenouillent humblement devant le trône de gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en rendant grâce à Dieu qui leur a donné la merveilleuse occasion de se rencontrer dans son amour pour approfondir les relations entre les deux Églises sœurs, l'Église de Rome et l'Église syrienne orthodoxe d'Antioche, relations déjà excellentes grâce à l'initiative prise en commun par Leurs Saintetés d'heureuse mémoire, le pape Paul VI et le patriarche Moran Mar Ignace Jacob III. (…)
9. Cette identité de foi, quoique incomplète, nous autorise à envisager une collaboration pastorale dans les situations qui se présentent fréquemment de nos jours en raison tant de la dispersion de nos fidèles à travers le monde que des conditions pastorales précaires que créent les difficultés des temps. Il n'est pas rare en effet que, pour nos fidèles, l'accès à un prêtre de leur Église s'avère matériellement ou moralement impossible. Soucieux de répondre à leurs nécessités et en vue de leur utilité spirituelle, nous les autorisons dans ce cas à demander aux pasteurs légitimes de l'autre Église le secours des sacrements de pénitence, d'eucharistie et d'onction des malades, selon leurs besoins.
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Sur les lettres de l’abbé Berto
A propos des lettres de l’abbé Victor-Alain Berto publiées dans notre nº 43 (pages 22 à 50) :
[…] Je viens de lire les lettres de l'abbé Berto et, comme lui, j'ai eu envie de « pleurer à sangloter ». Sa lettre aux sœurs de Pontcalec datée de la vigile de la Toussaint 1963 est bouleversante. On comprend qu'avec une pareille entrée en matière, il ait subi la suite comme un calvaire.
J'ai retrouvé un passage de cette lettre dans la brochure de l'abbé Berto éditée par l'« Institut des Dominicaines du Saint-Esprit ». Ce passage est inclus dans un article de M. l'abbé Bruno Le Pivain, de la Fraternité Saint-Pierre, paru préalablement dans La Nef de décembre 1998. Il est aussi inclus dans votre page 25. Séparé de son contexte, et intitulé « Une théologie d'Église », il n'est plus ce long cri de désespoir que vous rapportez vous-mêmes. Ce bon abbé se paie même le luxe de conclure :
« De là-haut, sans doute a-t-il [l'abbé Berto] pu se réjouir de voir, trente ans après son dies natalis, ses écrits sur la primauté pontificale, la collégialité, l'épiscopat ou le ministère des évêques se trouver une telle unité avec l'enseignement du Motu Proprio du pape Jean-Paul II sur “La nature théologique d'aujourd'hui des conférences des évêques” daté de la fête de l'Ascension 1998. »
Quelle imposture !
[1] — Texte anglais dans l’OR du 24 juin 1984. Traduction du Secrétariat pour l'unité des chrétiens.

