Éditorial
Ecclesia de eucharistia
Quelle eucharistie pour quelle Église ?
La dernière encyclique du pape Jean-Paul II peut sembler une annonce d’un retour de Rome à la Tradition catholique. Qu’en est-il exac tement ?
Le pape nous avertit lui-même qu’il se situe « dans la ligne de l’héritage du Jubilé [laissé] à l’Église par la lettre apostolique Novo millennio ineunte et par son couronnement marial Rosarium Virginis Mariæ » ; il nous rappelle que l’eucharistie est devenue, depuis peu, un « mystère lumineux » (§ 6 et 62) ; et il nous invite « à avancer au large sur l’océan de l’histoire avec l’enthousiasme de la nouvelle évangélisation » (§ 6).
Avançons donc, même si nous ne partageons pas cet enthousiasme pour la nouvelle théologie qui est derrière la nouvelle évangélisation, et relevons quelques points qui permettent de juger en toute sécurité que l’encyclique s’inscrit effectivement dans le cadre de cette nouvelle théologie professée par le Vatican depuis quarante ans.
Paul VI et Jean-Paul II
Commençons par comparer cette encyclique du pape Jean-Paul II avec l’encyclique Mysterium fidei, écrite par Paul VI sur le même sujet le 3 septembre 1965. Nous étions alors dans la période préparatoire à la nouvelle messe. Déjà des changements avaient eu lieu, mais la nouvelle messe ne paraîtra que trois ans et demi plus tard.
Il est facile de voir que l’encyclique de Paul VI est beaucoup plus traditionnelle que celle de Jean-Paul II [1].
— Paul VI affirme clairement la fin propitiatoire de la messe (« sa vertu salutaire y est appliquée à la rémission des péchés qui se commettent chaque jour », avec référence au concile de Trente), tandis que l’encyclique de Jean-Paul II fait le plus profond silence sur ce point capital.
— Paul VI n’hésite pas à dénoncer les erreurs concernant la messe (la « transsignification » et « transfinalisation »), tandis que, pour Jean‑Paul II, cette mise en garde ne semble plus utile [2]. « Les problèmes qui assombrissent notre horizon actuel » sont autres, et le pape se soucie surtout de « travailler pour la paix, poser dans les relations entre les peuples des jalons solides en matière de justice et de solidarité, défendre la vie humaine, de sa conception jusqu’à sa fin naturelle, [des] mille contradictions d’un univers “mondialisé”, etc. »
— L’encyclique de 1965 cite peu le Concile dont pourtant plusieurs textes-clefs venaient d’être promulgués (sur la liturgie, sur l’Église) : 5 références sur 82. Tandis que l’encyclique récente se réfère constamment à Vatican II : 30 références sur 104, sans parler des 45 références au magistère post-conciliaire.
D’un simple point de vue statistique, l’encyclique de Paul VI est traditionaliste à plus de 75 % (17 références au magistère anté-conciliaire – dont 7 au concile de Trente – contre 5 au magistère conciliaire), tandis que celle de Jean-Paul II est conciliaire à plus de 90 % (75 références au magistère conciliaire contre 7 au magistère anté-conciliaire – dont 3 au concile de Trente).
La seconde encyclique est donc beaucoup plus éloignée de la Tradition que la première.
Or la première ne nous a pas épargné la nouvelle messe : on voit mal comment la seconde annoncerait le retour de la messe traditionnelle.
Quelle eucharistie ?
Si maintenant on analyse l’encyclique de Jean-Paul II en elle-même, on voit qu’elle traite explicitement de la nouvelle messe. Celle-ci est citée plusieurs fois, et toujours en des passages où elle s’éloigne de la théologie traditionnelle : ainsi le canon numéro 3, l’acclamation qui suit la consécration (plusieurs fois), l’« embolisme » après le Notre Père, et l’« amen » que doit dire le communiant en recevant l’eucharistie.
D’ailleurs l’encyclique affirme clairement : « Il n’y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint sacrifice de l’autel » (§ 10).
Plus grave : la théologie sous-jacente à l’encyclique est la théologie dite du « mystère pascal [3] ». Il est vraisemblable que, devant les attaques de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X [4], le Saint-Siège a voulu réaffirmer sa volonté de poursuivre dans la même direction, se contentant d’un replâtrage de surface consistant en trois citations du concile de Trente.
Selon la théologie du mystère pascal, la messe ne contient pas seulement le mystère de la passion et de la mort du Sauveur, mais aussi le mystère de la résurrection :
La Pâque du Christ comprend aussi, avec sa passion et sa mort, sa résurrection, comme le rappelle l’acclamation du peuple après la consécration: « Nous célébrons ta résurrection [5] ». En effet, le sacrifice eucharistique rend présent non seulement le mystère de la passion et de la mort du Sauveur, mais aussi le mystère de la résurrection, dans lequel le sacrifice trouve son couronnement (§ 14, voir aussi § 11 et 60).
Il y a là une grave erreur. La messe est la reproduction sacramentelle de la passion dont elle est le mémorial et dont elle nous applique les mérites. Elle n’est pas le mémorial de la résurrection.
Sans doute le prêtre est appelé à se souvenir de la résurrection, mais il n’en reste pas moins que la messe est par elle-même un sacrifice qui est une image du sacrifice de la croix.
Par ailleurs, la théologie du mystère pascal explique le mystère de la messe par une mystérieuse présence de l’œuvre salutaire du Christ dans les actions de la liturgie, la fameuse « présence mystérique [6] ».
De même, l’encyclique insiste sur la présence du Triduum [7] dans la messe, d’où elle conclut que celle-ci est un sacrifice. Cette présence se réalise par une « mystérieuse contemporanéité entre le Triduum et le cours des siècles » (§ 5 et 59). Nous avons là un thème cher au cardinal Ratzinger [8].
Comment se réalise cette « contemporanéité » ? Cela reste mystérieux :
Dans l’événement pascal et dans l’eucharistie qui l’actualise au cours des siècles, il y a un « contenu » vraiment énorme, dans lequel est présente toute l’histoire en tant que destinataire de la grâce de la rédemption (§ 5).
Depuis plus d’un demi-siècle, chaque jour, à partir de ce 2 novembre 1946 où j’ai célébré ma première messe dans la crypte Saint-Léonard de la cathédrale du Wawel à Cracovie, mes yeux se sont concentrés sur l’hostie et sur le calice, dans lesquels le temps et l’espace se sont en quelque sorte « contractés », et dans lesquels le drame du Golgotha s’est à nouveau rendu présent avec force, dévoilant sa mystérieuse « contemporanéité » (§ 59).
Selon la théologie commune de l’Église, celle de saint Thomas d’Aquin, le sacrifice de la croix est présent à la messe parce que la double consécration réalise la double transsubstantiation qui est une parfaite image de la passion et nous en applique les fruits.
Mais selon la théologie de l’encyclique, la présence de la passion dans la messe n’est pas la conséquence de la double transsubstantiation, elle la précède : « La représentation sacramentelle du sacrifice du Christ couronné par sa résurrection implique [infert en latin] une présence tout à fait spéciale que, pour reprendre les mots de Paul VI, “on nomme réelle” » (§ 15).
C’est le lieu de rappeler que, pour le cardinal Ratzinger et le pape Jean-Paul II, une messe peut être valide sans les paroles de la consécration [9].
La cohérence de ces affirmations est à trouver dans la théologie des mystères, selon laquelle le Christ et son œuvre salutaire sont présents dans les actes de la liturgie [10]. Du fait qu’on célèbre le mémorial liturgique de la passion, le Christ se rend présent. D’où l’on peut conclure que, même si l’on omet les paroles de la consécration, le Christ n’en est pas moins présent et la messe valide.
Signalons encore une comparaison étrange, qui est sans doute à comprendre dans le même contexte de la théologie des mystères :
Il existe donc une analogie profonde entre le fiat par lequel Marie répond aux paroles de l’ange et l’amen que chaque fidèle [11] prononce quand il reçoit le corps du Seigneur (§ 55).
A première vue, une telle analogie surprend. En effet, l’incarnation du Verbe s’est réalisé après le fiat de la sainte Vierge Marie, tandis que la foi du fidèle n’est nullement une condition de la présence réelle dans l’hostie.
Toutefois, dans la nouvelle théologie, il y a d’abord une célébration dans la « foi » du mémorial, d’où la présence du Seigneur (§ 15 : « la représentation sacramentelle du sacrifice du Christ implique [infert] une présence tout à fait spéciale »).
Rappelons-nous la définition de la nouvelle messe donnée par l’article 7 de l’Institutio generalis :
La cène du Seigneur, autrement dit la messe, est une synaxe sacrée, c’est‑à‑dire le rassemblement du peuple de Dieu, sous la présidence du prêtre, pour célébrer le mémorial du Seigneur. C’est pourquoi le rassemblement de l’Église locale réalise de façon éminente la promesse du Christ : « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18, 20).
Ce qui compte d’abord, c’est de célébrer dans la foi le mémorial du Seigneur. En conséquence [« c’est pourquoi »], se réalise la présence du Seigneur.
Rappelons-nous aussi que dans la nouvelle messe, le prêtre ne fait pas de génuflexion après avoir prononcé les paroles de la consécration : il attend d’avoir fait l’élévation. Autrement dit, il attend que les fidèles fassent un acte de foi. Alors seulement, peut-on penser, se réalise la présence du Seigneur.
Il y a dans toutes ses réformes concernant l’eucharistie une logique interne, mais cette logique n’est pas celle de la théologie catholique.
Quelle Église ?
L’eucharistie qui est décrite dans l’encyclique, c’est la nouvelle messe. L’Église qui en vit c’est – il ne faut pas s’en étonner – la nouvelle Église conciliaire, l’Église de Vatican II définie comme « sacrement, c’est-à-dire signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (§ 24 citant LG), ou encore comme « signe et instrument du salut opéré par le Christ » (§ 22).
Dans la nouvelle théologie, l’Église n’a pas pour but de convertir les hommes [12], de les faire sortir des ténèbres de l’infidélité et du péché. Elle est seulement le signe du salut déjà donné à tous les hommes, le signe de la « rédemption universelle [13] ».
Le pape insiste, dans un langage qui évoque Teilhard de Chardin, sur le
caractère universel et pour ainsi dire cosmique [de l’eucharistie]. Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde. Elle est un lien entre le ciel et la terre. Elle englobe et elle imprègne toute la création. Le Fils de Dieu s’est fait homme pour restituer toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l’a tirée du néant. C’est ainsi que lui, le prêtre souverain et éternel, entrant, grâce au sang de sa croix, dans le sanctuaire éternel, restitue toute la création rachetée au Créateur et Père (§ 8).
Si toute la création est rachetée, sauvée, il n’est plus nécessaire de parler de la fin propitiatoire du sacrifice de la messe : le plus profond silence est fait sur ce point, et cela ne peut être qu’intentionnel dans une encyclique aussi longue.
Il n’est pas étonnant, dès lors, que cette encyclique soit reçue favorablement par les protestants :
Saluons d’abord l’esprit positif de la lettre et l’expression d’une réelle volonté œcuménique. Certes, elle cherche à dire la conviction romaine (on ne lui demande pas d’être protestante !) mais dans le respect des autres chrétiens. La dynamique œcuménique nous semble être celle d’Ut unum sint, reprise en divers passages [14].
Le pape insiste, en effet, sur le lien de l’eucharistie avec l’engagement œcuménique (§ 43).
Nous devons tous rendre grâce à la très sainte Trinité parce que, en ces dernières décennies, de nombreux fidèles partout dans le monde ont été touchés par le désir ardent de l’unité entre tous les chrétiens. Le concile Vatican II, au début du décret sur l’œcuménisme, y reconnaît un don spécial de Dieu. Cela a constitué une grâce efficace qui a engagé sur la route de l’œcuménisme aussi bien nous-mêmes, fils de l’Église catholique, que nos frères des autres Églises et communautés ecclésiales (§ 43).
La voie que l’Église parcourt en ces premières années du troisième millénaire est aussi un chemin d’engagement œcuménique renouvelé. Les dernières décennies du deuxième millénaire, qui ont culminé avec le grand Jubilé, nous ont poussés dans cette direction, encourageant tous les baptisés à répondre à la prière de Jésus « ut unum sint » (Jn 17, 11) (§ 61).
L’encyclique explique que « des célébrations œcuméniques de la Parole, des rencontres de prière avec des chrétiens appartenant aux communautés ecclésiales » sont « louables en elles-mêmes en certaines circonstances », car elles « préparent à la pleine communion tant désirée, même eucharistique », même si « elles ne peuvent la remplacer » (§ 30).
Sans doute rappelle-t-il l’impossibilité de la concélébration en l’absence de la « pleine communion », mais c’est pour ajouter aussitôt :
Il n’en va pas de même en ce qui concerne l’administration de l’eucharistie, dans des circonstances spéciales, à des personnes appartenant à des Églises ou à des communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique. Dans ce cas en effet, l’objectif est de pourvoir à un sérieux besoin spirituel pour le salut éternel de ces personnes, et non de réaliser une intercommunion, impossible tant que ne sont pas pleinement établis les liens visibles de la communion ecclésiale (§ 45).
Et le pape de rappeler que cette permission de communier n’est pas seulement donnée aux orthodoxes (schismatiques), mais aussi à des protestants (hérétiques) :
Cette façon d’agir [avec les orthodoxes] a été, depuis, ratifiée par les deux codes de Droit, dans lesquels est considéré aussi, avec les adaptations nécessaires, le cas des autres chrétiens non orientaux [lisez : les protestants] qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique.
Dans l’encyclique Ut unum sint, j’ai moi-même manifesté combien j’apprécie ces normes qui permettent de pourvoir au salut des âmes avec le discernement nécessaire : « C’est un motif de joie que les ministres catholiques puissent, en des cas particuliers déterminés, administrer les sacrements de l’eucharistie, de la pénitence, de l’onction des malades, à d’autres chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique, mais qui désirent ardemment les recevoir, qui les demandent librement et qui partagent la foi que l’Église catholique confesse dans ces sacrements (…) » (§ 45-46).
On voit que les cérémonies où les protestants sont invités à communier, comme celle organisée par l’archevêque de Rennes pour le mercredi des Cendres de cette année, sont dans la logique de cette encyclique.
Elles sont un prélude de l’intercommunion, encore impossible pour l’instant, mais souhaitée par l’encyclique :
Le trésor eucharistique que le Seigneur a mis à notre disposition nous pousse vers l’objectif du partage plénier de ce trésor avec tous les frères auxquels nous unit le même baptême (§ 61).
Quelques remarques en vrac
A côté de ces réflexions fondamentales sur la nature de l’eucharistie et de l’Église, remarquons quelques aspects étranges de la nouvelle théologie conciliaire :
Les Apôtres qui ont pris part à la dernière Cène ont-ils compris le sens des paroles sorties de la bouche du Christ ? (§ 2).
Est-il raisonnable de penser que les Apôtres aient pu communier sans comprendre ce qu’ils faisaient ? Sans doute faut-il voir dans cette question du pape une allusion à l’évolution lente de la « conscience ecclésiale ».
La théologie est décrite comme un ensemble d’« efforts louables de conjuguer l’exercice critique de la pensée avec “la foi vécue” de l’Église » (§ 15). Alors que la théologie vise plutôt à réfléchir sur la Révélation immuable, reçue de l’extérieur, par la prédication. Mais nous sommes aujourd’hui à l’époque de la « Tradition vivante » (§ 60), vécue, évolutive.
Œcuménisme oblige, l’encyclique cite Nicolas Cabasilas (vers 1290-1363), « l’un des grands auteurs de la tradition byzantine » qui s’exprime « avec une foi pénétrante » (§ 34 et note 69). Pourtant, ce Grec schismatique fut un grand adversaire de l’Église latine auquel il reprochait de croire à la valeur consécratoire des paroles de l’institution (« ceci est mon corps, ceci est mon sang »), alors que, pour lui, c’était la prière de l’épiclèse qui réalisait la transsubstantiation. Doctrine fausse et justement condamnée par les papes anté-conciliaires [15].
A Rome, rien de nouveau
La conclusion de ce bref compte rendu, est que Rome (la Rome conciliaire) n’a pas changé depuis 40 ans, ni quant au fond, ni même quant à la forme.
Quant au fond, elle continue d’enseigner la nouvelle théologie, celle de la nouvelle messe et de la nouvelle ecclésiologie ; quant à la forme, elle persiste dans l’art de mêler le vrai et le faux afin de faire évoluer en douceur les mentalités, et de faire passer progressivement du catholicisme à la nouvelle religion.
C’est ainsi que le pape réprouve l’intercommunion, mais permet l’hospitalité eucharistique quelques lignes plus loin.
Ou encore : le pape rappelle l’interdiction de communier à quelqu’un qui aurait conscience d’un péché grave. Mais il ajoute :
Évidemment, le jugement sur l’état de grâce appartient au seul intéressé, puisqu’il s’agit d’un jugement de conscience.
Par conséquent, non seulement des protestants pourront communier, mais encore des personnes qui ne se confessent jamais, comme la pratique de l’Église conciliaire nous le montre tous les jours.
C’est ce mélange de vrai et de faux qui explique que le pape arrive à contenter les extrêmes. Ainsi cette encyclique contente les protestants et les catholiques « Ecclesia Dei ».
Mais si l’on y regarde de près, on voit que Rome (la Rome conciliaire) n’a qu’un véritable ennemi : ce sont les vrais traditionalistes.
Par exemple : ce sont vraisemblablement les prêtres traditionalistes qui sont visés lorsque l’encyclique, après avoir versé une larme de crocodile sur « le caractère sacramentellement inachevé » des ADAP [16], ajoute aussitôt qu’il faut surtout éviter de faire appel à des prêtres « empêchés de célébrer [la messe] par le droit de l’Église », lisez : à des prêtres de la Tradition. En effet, il est « tout à fait illogique que le sacrement par excellence de l’unité de l’Église soit célébré sans une véritable communion avec l’évêque » (§ 39).
Cette encyclique, la messe du 24 mai à Sainte-Marie-Majeure [17], le document annoncé pour cet automne qui devrait « élargir » les possibilités de célébrer la messe traditionnelle, sont, visiblement, autant d’armes contre la Tradition catholique. L’autodémolition de l’Église se poursuit : que Notre-Dame de Fatima nous garde des sirènes du « ralliement » et nous conserve dans la vraie foi. Seuls « ceux qui persévéreront jusqu’à la fin seront sauvés » (Mt 10, 22).
[1] — Pourtant, à notre connaissance, Mgr Lefebvre n’a jamais cité en bonne part cette encyclique de Paul VI. Il connaissait trop bien la tactique moderniste.
[2] — Tout juste est-il question « d’ambiguïtés », « de réductions », « d’ombres ». A Fatima, pourtant, le ciel parlait déjà d’« outrages » et de « sacrilèges » à réparer : c’était en 1916, dans la période fervente qui suivit le règne de saint Pie X. Que faudrait-il dire aujourd’hui alors que tant de messes sont sacrilèges ou invalides, en conséquence directe de la réforme liturgique ?
[3] — Voir l’article sur la messe dans ce numéro du Sel de la terre. Également le paragraphe sur le « mystère pascal » dans la recension de Dörmann du Sel de la terre 33 (p. 222).
[4] — Fraternité Saint-Pie X, Le Problème de la réforme liturgique, Clovis, 2001.
[5] — A noter que pour affirmer cela, l’encyclique se réfère à la nouvelle messe. C’est la preuve par la « Tradition vivante ».
[6] — Voir l’article sur la messe dans ce numéro du Sel de la terre.
[7] — C’est-à-dire les trois jours saints du Jeudi saint au soir au dimanche de Pâques au matin.
[8] — « Le terme de mystère pascal renvoie clairement aux réalités qui ont eu lieu dans les jours allant du Jeudi saint au matin de Pâques (…) ces épisodes sont vus synthétiquement comme un unique événement, unitaire, comme « l’œuvre du Christ », (…) qui a eu lieu historiquement, et transcende en même temps cet instant précis. Comme cet événement est, intérieurement, un culte rendu à Dieu, il a pu devenir un culte divin et, de la sorte, être présent à tous les instants. » (Cardinal Ratzinger, conférence à Fontgombault le 23 juillet 2001, dans La Nef 120, p. 22).
[9] — Voir l’éditorial du Sel de la terre 43.
[10] — Voir l’article sur la messe dans ce numéro du Sel de la terre.
[11] — Un commentateur distrait a vu dans ce paragraphe un rapprochement entre « la parole efficace du prêtre qui consacre le corps et le sang du Christ et le fiat de la Vierge Marie – admirable analogie chère à Bérulle ». Mais le rapprochement est bien entre l’amen du fidèle et le fiat de la sainte Vierge. Ce qui n’est pas pareil.
[12] — Pourquoi se « convertir », puisque tout homme « aspire, même inconsciemment » vers le Christ, selon l’encyclique (§ 59) ?
[13] — Voir les recensions des livres de Dörmann dans Le Sel de la terre 5, 16 et 33.
[14] — Pasteur Gill DAUDE, Service œcuménique, Fédération protestante de France, sur le site « protestants.org ».
[15] — Voir l’éditorial du Sel de la terre 43, p. 9.
[16] — Assemblées Dominicales en l’Absence de Prêtres, tristement célèbres. Le pape les approuve : « On cherche à juste titre à remédier [à l’absence de prêtre] d’une certaine manière, afin que se poursuivent les célébrations dominicales, et, dans ce cas, les religieux et les laïcs qui guident leurs frères et sœurs dans la prière exercent de façon louable le sacerdoce commun de tous les fidèles, fondé sur la grâce du baptême » (§ 32). Notons au passage que le « sacerdoce commun », notion chère au Concile, n’a pas disparu.
[17] — Signalons à ce sujet les deux communiqués suivants :
— « Le Messagero a répandu la nouvelle d’une prétendue réconciliation de trois évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X avec Rome. Celle-ci devrait être annoncée à l’occasion de la célébration de la messe selon le rite tridentin par S.E. le Cardinal Hoyos, le 24 mai prochain dans la basilique romaine de Santa Maria Maggiore. Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, n’est pas au courant d’une telle histoire et assure que non seulement trois, mais les quatre évêques sont bien unis dans leur position inchangée pour la défense de la Tradition catholique dans la lignée de S.E. Mgr Marcel Lefebvre. » + Bernard Fellay, Menzingen, 22 avril 2003.
— « C’est une rumeur lancée par Rome dans l’intention de nous diviser. Nous autres, les quatre évêques, sommes tous unis et ne sommes pas divisés. Nous ne cherchons pas une “réconciliation” avec Rome tant que Rome ne se convertit pas en retournant à la Tradition catholique, à la profession de foi catholique traditionnelle. » + Bernard Tissier de Mallerais, Browerville, 21 avril 2003. (Lors d’un séjour aux USA, traduction de l’anglais par nos soins).

