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Le retable de

saint Thomas d’Aquin

 

Œuvre de Pedro Berruguete

 

 

 

par Julio Melones Espolio

 

 


Retable de saint Thomas d’Aquin, Œuvre de Pedro Berruguete
Le retable de saint Thomas d’Aquin Œuvre de Pedro Berruguete

 


Détails du retable de saint Thomas d’Aquin Œuvre de Pedro Berruguete
Détails du retable de saint Thomas d’Aquin Œuvre de Pedro Berruguete


A l’occasion du cinquième centenaire de la mort de Pedro Berruguete, nous sommes heureux de publier cette étude.

Nous remercions l’auteur d’avoir bien voulu prendre la suite de M. Louis Miard, trop tôt décédé, pour nous aider à découvrir la vérité cachée dans toute authentique œuvre d’art.

Le Sel de la terre.

 

 

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L’UNE DES ÉPOQUES historiques les plus riches et les plus intéressantes de l’art espagnol est le règne des Rois Catholiques (1474-1516), grâce à la rencontre de plusieurs courants culturels et esthétiques : d’un côté, la tradition gothique d’inspiration flamande déjà très enracinée, surtout en Castille, et d’autre part les nouveaux courants d’influence italienne de la première renaissance connue sous le nom de « quattrocento ». A la croisée de ces in­fluences artistiques se situe le couvent dominicain Saint-Thomas d’Avila et le re­table du maître-autel de son église.

 

 

Le couvent Saint-Thomas d’Avila

 

Le grand initiateur de la fondation de ce couvent fut le frère Thomas de Torquemada de l’Ordre des Prêcheurs (1420-1498), alors confesseur des Rois Catholiques, puis plus tard premier Inquisiteur Général. Le contrat de fondation fut signé en 1480, où intervint Don Hernán Núñez Arnalte, trésorier des Rois Catholiques et ami du père Torquemada [1]. La pose de la première pierre eut lieu en 1482, et le couvent achevé fut inauguré en 1493 ; Martín de Solórzano en était l’architecte. Les Rois Catholiques eux-mêmes jouèrent un rôle actif dans l’é­tablissement du monastère en finançant la construction de son imposante église, ainsi que les cloîtres du Silence et du palais royal où ils voulurent établir leur ré­sidence d’été. Le patronage royal sur le couvent s’accentuera encore plus quand celui-ci devint le lieu de sépulture de l’infant Don Juan, seul héritier mâle des Rois Catholiques, mort en 1497 à l’âge de 19 ans. Le style gothique isabellin [2] domine l’architecture du couvent et de son église avec cependant des éléments inspirés du classicisme.

Pendant le XVIe siècle se développa, au sein du couvent d’Avila, l’université Saint-Thomas, qui fut toutefois supprimée au début du XIXe siècle (on peut voir encore les armes royales sur la porte de l’Aula Magna de théologie). A cause des lois de sécularisation décrétées par Mendizábal, les frères dominicains durent abandonner le couvent en 1836, pour finalement y revenir en 1875. Actuellement le monastère possède une importante collection d’œuvres historiques et artis­tiques, comme le retable du maître-autel, le tombeau du prince Don Juan, les stalles du chœur, le Christ de l’Agonie [3] (sainte Thérèse reçut de ce Christ de nombreuses faveurs chaque fois qu’elle se rendait à ce couvent en quête du di­recteur spirituel « le plus lettré »), etc. Nous porterons notre attention sur la pre­mière œuvre mentionnée, chef-d’œuvre du peintre Pedro Berruguete.

 

 

Pedro Berruguete

 

Pierre Berruguete naquit à Paredes de Nava (province de Palencia) vers 1450 et mourut à Madrid en 1503. Formé d’abord au style flamand de la période de 1470, il se trouve, avant même d’achever cette décade, en Italie, où il demeure plusieurs années. Sans abandonner le gothique flamand appris durant les jeunes années de sa formation, il l’enrichit des nouveautés propres au style du quattro­cento italien ; c’est particulièrement notable dans sa manière de camper les scènes, les décors et de jouer avec la lumière. Sa carrière artistique commença à Urbino où il travailla pour le duc Federico de Montefeltro, mais il atteignit le sommet de son art à Avila, dans l’exécution du retable du maître-autel et de plu­sieurs autres œuvres commandées par le couvent Saint-Thomas [4], et dans l’exé­cution du retable de la cathédrale, qu’il laissa inachevé.

 

 

Composition du retable

 

Un imposant jeu de sculptures géométriques de style gothique encadre le re­table où nous est présenté un ensemble de dix-neuf peintures. Dans sa globalité, le retable mesure vingt-et-un mètres de hauteur et se divise en trois travées ré­unissant cinq grands tableaux relatifs à la vie du grand saint dominicain Thomas d’Aquin. Entre chaque travée, on voit trois peintures d’anges ; enfin la prédelle se divise en huit tableaux : deux anges qui sont en quelque sorte la projection des anges du registre supérieur, deux évangélistes, deux docteurs et deux martyrs, les uns et les autres disposés systématiquement. Nous allons examiner de manière plus détaillée chacune de ces peintures sur bois.

 

1 – Le personnage central

 

Ce tableau présente saint Thomas d’Aquin assis, bénissant de la main droite et soutenant de la main gauche un petit tabernacle. Le portrait de saint Thomas a les proportions d’une sculpture, mais son contour est défiguré par un enduit de peinture et de colle qui servit au XVIIIe siècle de fond à une statue du saint (celle-ci avait été ajustée à l’endroit exact de la peinture initiale). Cette peinture centrale est elle-même couronnée de trois pinacles gothiques, nombre qui fait al­lusion à la très Sainte Trinité, et elle est située juste dans l’axe supérieur du petit temple servant d’ostensoir eucharistique. Par ce moyen se trouve résumée la grande œuvre de saint Thomas d’Aquin, la Somme Théologique dont la première partie s’ouvre sur le traité « Dieu un et trine » tandis que la troisième et dernière partie s’achève sur le traité « Des Sacrements », l’eucharistie étant le centre de tous les sacrements. Nous ne devons pas, en outre, oublier que saint Thomas d’Aquin est le grand docteur de l’eucharistie et que nous lui sommes redevables de l’office de la Fête-Dieu [5].

 

2 – Les quatre épisodes de la vie de saint Thomas

 

Les quatre tableaux du registre principal nous offrent dans la partie supérieure deux épisodes de la jeunesse de saint Thomas et, dans la partie inférieure, deux moments de sa maturité.

Nous adopterons l’ordre chronologique des épisodes de ce retable, selon le sens des aiguilles d’une montre en partant du tableau supérieur gauche où nous est montré le saint encore enfant recevant l’habit dominicain. Dans cette scène, au centre du tableau, le père Letinno, prieur, impose l’habit blanc au tout jeune Thomas, à genoux, dans une attitude de profond recueillement. En retrait, nous voyons deux frères vêtus de blanc, puis à gauche trois autres frères, l’un en blanc, les deux autres en noir et blanc, juste devant un groupe de curieux dont on ne voit que les têtes. Au premier plan, à droite, apparaît aussi un autre per­sonnage, debout et richement vêtu, qui observe la scène ; la richesse du vête­ment s’harmonise avec le fond orné d’un riche brocart. La perspective est mise en valeur par l’artiste grâce à un plafond à caissons de style mudéjar [6].

Dans l’épisode suivant, Berruguete illustre l’imposition, à saint Thomas, de la ceinture de chasteté, par deux anges, en récompense de son héroïque résistance aux attaques menées contre sa pureté par sa propre famille. Ici le saint, age­nouillé, lève les yeux en une expression à la fois de plaisir profond et d’inquié­tude, pendant que deux anges, de style typique de l’école flamande, tout spécia­lement celui de gauche (disposition de la cape, agrafe du col, ailes pointues, etc.), le ceignent de la ceinture. Là aussi, on retrouve la présence de l’observateur richement paré, le mur tapissé de brocart et les arabesques du plafond. Le linteau doré de l’arrière-plan porte une croix noire tracée à l’aide d’un charbon tiré d’une chaufferette, symbole du triomphe du saint sur le péché ; le visage d’une courti­sane stupéfaite contemple la scène depuis la porte qui s’ouvre à droite. Le pla­fond à caissons offre là encore une perspective à la scène, comme dans le ta­bleau précédent, et tire son explication esthétique des motifs décoratifs du style mudéjár propre à l’Espagne du XVe siècle. Cependant l’artiste semble nous suggé­rer ici quelque chose de plus important encore, à savoir : le plafond ou la limite que l’averroïsme d’origine arabe représentait pour la pensée chrétienne du XIIIe siècle. Ce courant, par son matérialisme grossier, en venait à identifier le Créateur avec la création, ce que saint Thomas sut combattre courageusement en signalant la différence radicale du point de vue ontologique entre Dieu (« ens a se ») et la créature  (« ens ab alio »). Dans son œuvre saint Thomas développe la gamme très diversifiée des propriétés des êtres, toujours sous la dépendance de Dieu, leur unique Créateur à l’origine des qualités et perfections de chaque créature. Ainsi donc ce type de plafond des deux premières scènes se déroulant dans le royaume de Naples (où dominait la pensée d’Averroès) ne se retrouve plus dans les deux autres épisodes de la vie du saint.

Dans le tableau inférieur, Berruguete nous présente, avec élégance, le mo­ment où apparaissent à saint Thomas les apôtres saint Pierre et saint Paul pen­dant qu’un frère, au premier plan et de plus petite taille, poursuit sa lecture, tota­lement étranger à la vision de saint Thomas. Cette fois, notons l’absence de l’ob­servateur, peut-être pour préserver l’intimité de l’apparition, car l’artiste tente de mettre en relief l’exclusivité de celle-ci en opposant la remarquable expression d’étonnement de saint Thomas à l’indifférence du frère lecteur (le rôle de l’obser­vateur curieux serait ici tenu par saint Thomas lui-même). La richesse décorative du tableau est illustrée par le vêtement des apôtres et le dais, l’un et l’autre dorés. Cette scène nous fait découvrir l’un des traits les plus caractéristiques de la per­sonnalité de saint Thomas, et sans doute le moins connu, mais qui sert de fon­dement solide à toute son œuvre : sa piété contemplative [7]. Saint Thomas fut un très fidèle disciple de la devise de l’Ordre des Prêcheurs : « Contemplari et contemplata aliis tradere [8]. »

Le quatrième tableau illustre la Conversation d’un Christ en croix avec saint Thomas, conversation qui, comme c’est bien connu, s’acheva sur la célèbre ré­ponse du saint à la question de Notre-Seigneur par l’intermédiaire du crucifix :

 

— Thomas, tu as bien écrit de moi. Quelle récompense recevras-tu de moi pour ton travail ?

— Seigneur, rien d’autre que vous [9] !

 

Cette partie du retable nous rappelle, en plus grand, le tableau de « Saint Pierre martyr en prière » qui fut aussi exécuté par Berruguete pour le même cou­vent, mais actuellement conservé au musée du Prado. Cependant le tableau qui fait l’objet de notre étude offre une décoration beaucoup plus riche et une meil­leure perspective (au-delà du cintre d’une porte ouverte on distingue un cloître et des arbres). L’observateur fait de nouveau son apparition, richement vêtu, en symbiose avec la richesse de l’autel et le pan de mur qui sert d’ornement à ce même autel.

Il y a un ensemble de caractères communs aux scènes qui viennent d’être commentées.

Le premier est la présence d’une éblouissante richesse de décoration dans chaque tableau en plus d’un arc de style classique. Elle est obtenue par le jeu sa­vant des tentures brodées d’or en arrière-plan, les vêtements en harmonie avec les plafonds à caissons et les dais des zones supérieures eux aussi rehaussés d’or. C’est ainsi que Berruguete encadre en continu les quatre épisodes de la vie de saint Thomas, dans quatre « étuis d’or », évident héritage du gothique internatio­nal du XVe siècle.

Le second trait est le pur chromatique des tons noirs, blancs, rouges, trois couleurs très utilisées dans la peinture religieuse espagnole postérieure au XVe siècle (Le Greco, Zurbarán, Alonso Cano…) à cause du symbolisme qu’elles ex­priment : le noir, l’austérité, le blanc, la pureté, le rouge, la charité.

Enfin troisième point commun à ces quatre scènes, celui de la présence de l’observateur richement paré, que les commentateurs expliquent par une in­fluence de Mantegna [10] et qui est là pour nous inviter à participer à la contempla­tion de ces épisodes, comme un enrichissement pour notre vie (la véritable ri­chesse réside dans la vertu) ; c’est là un recours artistique très caractéristique de l’époque de l’artiste.

 

3 - Les peintures de la prédelle

 

Les peintures de la prédelle sont au nombre de huit et leur thématique est disposée de manière symétrique par rapport au centre du retable devant lequel se trouve placé le tabernacle. Aux extrémités nous pouvons voir deux saints mar­tyrs : saint Étienne et saint Sébastien. Ce sont deux petits tableaux dont les pein­tures ont été très endommagées par le cours du temps.

Les deux portraits suivants, toujours de disposition symétrique, correspondent à saint Augustin et saint Jérôme, l’un et l’autre docteurs de l’Église. Ces portraits sont considérés comme les meilleurs de la prédelle, tant par la perfection des vi­sages (tout particulièrement celui de saint Augustin) exprimant à merveille virilité, gravité et réflexion, que par le vif éclat des couleurs et le réalisme des habits. Les deux docteurs sont donnés continuellement en référence dans l’œuvre de saint Thomas ; saint Augustin pour la théologie, saint Jérôme pour l’Écriture sainte.

Ensuite, toujours de manière symétrique, nous avons deux évangélistes : saint Jean et saint Matthieu, avec leur symbole respectif : l’aigle et l’ange. Saint Jean entièrement drapé de rouge (signe de son ardente charité) a un visage jeune et angélique, tandis que saint Matthieu, vêtu d’un manteau rouge doublé de vert, présente un visage d’homme d’âge mûr comme celui des saints docteurs men­tionnés ci-dessus. Saint Matthieu écrivit le premier Évangile et saint Jean, le dernier [11]. Ces deux portraits, comme ceux vus précédemment, ont un fond de draperie dorée, en harmonie avec les quatre tableaux de la vie de saint Thomas présentés dans les travées latérales du retable.

Enfin nous arrivons aux deux anges qui ressemblent tant par leur forme que par leur dimension aux trois paires d’anges symétriques du registre principal.

 

Vision d’ensemble

 

Pour finir nous considérons la conception globale du retable résultant de l’agencement des tableaux qui le constituent, et en ce sens nous pouvons affir­mer que ce retable est semblable à un arbre. Le majestueux portrait du titulaire du retable, saint Thomas d’Aquin, forme le tronc de l’arbre. Les racines de l’arbre sont les tableautins de la prédelle car saint Thomas assuma mieux que quiconque la Tradition de l’Église (symbolisée par les deux saints docteurs) et les textes sa­crés (représentés par le premier et le dernier évangéliste). De même sa vie, comme celle de tous les saints, n’est pas exempte de certains traits communs aux martyrs, en raison de son combat contre l’incompréhension de ses contemporains (ne perdons pas de vue le motif du martyre de saint Étienne [12]) et contre les ten­tations de la chair (pensons aux flèches de saint Sébastien). Un arbre pourvu de semblables racines et illuminé par le soleil de la très Sainte Trinité (allégoriquement représentée par les trois pinacles gothiques) ne peut que porter de magnifiques fruits, les fruits d’or de l’humilité, de la chasteté, de la contem­plation et de l’oraison, illustrés dans les quatre tableaux de la vie du saint. Les huit anges symbolisent la sève vivifiante de l’arbre qui, depuis les racines se ré­pand dans le tronc où saint Thomas apparaît avec l’eucharistie (« le pain des anges »). Ce n’est pas en vain que saint Thomas d’Aquin est connu sous le vo­cable de Docteur Angélique, tant à cause de la pureté de sa vie que par le niveau de perfection, jusque-là jamais surpassé, auquel s’éleva sa pensée théologique. Saint Thomas soutient dans la Somme Théologique [13] que les bienheureux seront élevés au rang des chœurs des anges, rivalisant en grâce avec eux. C’est donc à cette très noble fraternité spirituelle avec les saints anges, afin que nous jouis­sions suavement avec eux de la vie éternelle, que Berruguete semble nous inviter par son retable de saint Thomas d’Aquin du couvent des dominicains d’Avila.

 

Laus Deo et Beato Thomæ !


[1] — « Le 26 octobre 1479, Núñez Arnalte passa un contrat par devant le notaire Ruy López, à Tolède, en faveur de son épouse Doña María Dávila et du père Torquemada. Dans ce contrat il stipule que, se trouvant empêché par la maladie de dicter lui-même son testament, il leur accorde tout pouvoir pour qu’ils le fassent en son nom, conformément à ce qu’il avait traité maintes fois avec eux, au sujet de la fondation d’un couvent de dominicains de la stricte observance dans la ville d’Avila. Don Hernán Núñez Arnalte mourut au cours de cette maladie ; le père Torquemada et Doña María Dávila accomplirent effectivement, à Tolède, le 17 avril 1480, devant le greffier Don Diego de Vitoria, le testament dans lequel ils consignent trois clauses concernant la fondation du couvent » (Fr. Laya Rafael, O.P., Guide du monastère royal de Saint-Thomas, Avila, 1994, p. 3-4).

[2] — Le gothique isabellin est une ultime version du gothique flamboyant en Espagne. Dans l’art isabellin le décoratif prédomine sur la verticalité propre au gothique, et son caractère distinctif réside dans les motifs héraldiques à base de jougs et de flèches avec l’aigle de saint Jean soutenant le blason réunissant les armes des divers royaumes d’Espagne. C’est un art au service de l’idéal de l’unité catholique de l’Espagne, réussie de manière heureuse par les Rois Catholiques.

[3] — C’est une représentation de Notre-Seigneur crucifié, expirant sur la croix.

[4] — Au musée du Prado on trouve dix tableaux de Pedro Berruguete qui, à l’origine, formèrent deux retables d’autel dédiés à saint Dominique de Guzmán et à saint Pierre martyr, au couvent Saint-Thomas à Avila.

[5] — « La liturgie de ce jour (Corpus Christi) est due au grand docteur de l’Église saint Thomas d’Aquin [1224-1274] qui la composa en 1264, sur la demande du pape Urbain IV. C’est indubitablement un modèle de prière liturgique, une des plus parfaites compositions que l’on trouve dans tout le bréviaire et tout le missel. Les anciens offices n’ont pas une unité de pensée si parfaite, si cohérente, si ordonnée. Il est avéré que saint Thomas utilisa d’autres offices antérieurs, mais il sut harmoniser les éléments disparates, formant le plus bel ensemble » (Frère Pérez de Urbel Justo, O.S.B., Missel et livre de prières du catholique, latin-espagnol, Madrid, 1964, p. 359). Voir aussi l’article de Pierre-Marie Gy, « l’Office du Corpus Christi et saint Thomas d’Aquin », in Revue des sciences philosophiques et théologiques 64 (1980), p. 491-507.

[6] — Mudéjar : art chrétien influencé par l’art musulman dans l’Espagne reconquise (XIIe-XVIe siècles).

[7] — « Reginaldo, son secrétaire et ami, nous dit à son sujet : “Chaque fois qu’il devait enseigner, discuter, décrire ou étudier, frère Thomas avait recours secrètement à la prière et très fréquemment versait des larmes avant de se consacrer à l’étude" » (Ibid., p. 529).

[8] — Contempler et transmettre à autrui le fruit de la contemplation.

[9] — Guillaume de Tocco, Saint Thomas d’Aquin, traduction de l’abbé Maquart, Paris, Téqui, 1924, ch. 53, p. 90.

[10] — Laya Rafael (frère) O.P., ibid., p. 18-19. Andrea Mantegna (1431-1506) est un peintre de la Renaissance italienne.

[11] — L’Évangile de saint Matthieu était l’Évangile préféré de saint Dominique, qui le portait toujours sur lui. Cet évangéliste insiste sur la messianité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

L’Évangile de saint Jean est celui qui affirme le plus la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il est aussi celui que les gnostiques se sont toujours efforcés de subvertir.

Saint Thomas d’Aquin a commenté ces deux Évangiles.

[12] — Martyrisé par les Juifs pour avoir affirmé la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

[13] — Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, I, q. 108, a. 8.

Informations

L'auteur

Julio Melones Espolio collabore depuis de nombreuses années à la revue Le Sel de la Terre dans la rubrique « Civilisation chrétienne ». Ses articles se distinguent par une étude attentive des grands chefs-d’œuvre de la peinture religieuse espagnole et européenne, qu’il éclaire à la lumière de la doctrine catholique et de l’histoire de la Chrétienté.

Parmi ses contributions figurent des analyses sur des oeuvres d'art telles que Le retable de saint Thomas d’Aquin (œuvre de Pedro Berruguete), Le Christ aux outrages de Fra Angelico, La Dernière Cène de Juan de Juanes, L’Adoration des Mages de Frère Jean-Baptiste Maíno, La prédication de saint Vincent Ferrier d’Alonso Cano. Il a aussi écrit sur des thèmes historiques, tel l’épopée de l’Alcazar de Tolède, ou les institutions créées par Isabelle de Castille ou encore sur des sujets plus directement théologiques, comme Dominique Banez et les controverses sur la grâce.

Ces études rappellent comment l’art véritable, au service de la foi, exprime la grandeur de Dieu et la sainteté de l’Église. Julio Melones Espolio met ainsi en valeur la civilisation chrétienne dans son expression la plus haute, particulièrement dans la tradition espagnole marquée par la Reconquête et la Contre-Réforme.

Ses écrits invitent le lecteur à contempler la beauté sensible ordonnée à la vérité surnaturelle, conformément à l’enseignement constant de l’Église.

Le numéro

Le Sel de la terre n° 45

p. 192-198

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