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+ Guénon, à gauche, à droite

 

La mode est à Guénon. A gauche comme à droite. Voyons cela.

 

A gauche : La Vie

 

Le supplément les Essentiels de La Vie [1] du 2 janvier 2003 a publié un article de Xavier Accart, « Dans la lumière intense » consacré à René Guénon.

X. Accart retrace brièvement la vie de Guénon. Son apostasie et ses fréquenta­tions gnostiques sont pudiquement qua­lifiées de « trajectoire en apparence dé­cousue ». L’important est que Guénon « avait la certitude de l'unité intérieure des traditions spirituelles. […] Guénon entreprit ainsi d'aider ses contemporains à retrouver les trésors de la Sagesse en s'appuyant sur cette doctrine [de l’hin­douisme]. » Guénon voulut redonner à l'Occident « le sens profond de sa Tradition ». Il tenta de « travailler en col­laboration avec les “intellectuels” de l'Église romaine, [celle-ci] étant, en Occident, l'autorité traditionnelle légi­time. […] Malgré la reconnaissance de son autorité en matière de doctrines orientales, et de la validité de sa critique du monde moderne, sa perspective ne fut pas acceptée. »

Citons intégralement la conclusion, qui présente l’aspect « positif » de Guénon :

 

L'œuvre qu'il poursuivit dès lors, dans un calme faubourg du Caire, devait avoir une influence considérable. Sa perspective universelle amena notamment nombre d'esprits à reconsidérer la pensée et l'économie « traditionnelles ». Se déga­geaient, en effet, des caractères communs aux grandes traditions spirituelles, dont il mettait en lumière la raison d'être. Le symbolisme apparaissait ainsi comme un mode de connaissance dépassant les possi­bilités de la pensée discursive. La présen­tation de la tradition comme corpus doc­trinal, symbolique et rituel support d'une « influence spirituelle », éclairait la né­cessité de la transmission apostolique. Sa « théorie du geste » permit encore à cer­tains de comprendre l'importance de la liturgie, ou de l'invocation du nom de Jésus. Cette œuvre, non spécifiquement chrétienne, devait ainsi amener nombre d'occidentaux à redécouvrir une dimen­sion oubliée de la modernité, mais aussi, pour certains d'entre eux, à retrouver, avec un regard neuf leur sainte Mère l'Église.

 

« Retrouver, avec un regard neuf leur sainte Mère l'Église ». C’est la perspective des ésotéristes chrétiens. Ils prétendent découvrir un sens supérieur, plus pro­fond, aux dogmes et aux mystères, et ainsi retrouver le cœur commun à toutes les traditions religieuses, ou, selon leur langage, « métaphysiques ». Accart admet cette distinction entre exotérisme et éso­térisme, qu’il justifie ainsi :

 

L'ésotérisme n'est pas une catégorie universelle, selon Guénon. Signifiant étymologiquement « ce qui est plus inté­rieur », il n'existe que corrélativement à l'exotérisme. Or, cette distinction entre deux aspects de la même tradition est le propre des formes « religieuses » (judaïsme, christianisme et islam). Ainsi, en Chine, taoïsme et confucianisme sont trop nettement différenciés pour être deux faces d'une même doctrine. Au contraire, la transition entre les degrés de connais­sance est trop peu sensible dans l'hin­douisme pour dégager cette distinction binaire.

Celle-ci résulte de la constitution même des formes religieuses. Alors que les hommes sont devenus lents à comprendre, l'exotérisme permet la participation du plus grand nombre à la Tradition, par une formulation adaptée de la « métaphysique ». Il y mêle, notamment, un élément sentimental auquel est inhé­rente la « croyance ». Son domaine est ce­lui de l'individualité, qu'il mène au sa­lut. L'ésotérisme est, par nature même, un enseignement réservé aux fidèles qualifiés. Bien que dépendantes de la même doctrine, ses méthodes et ses concep­tions sont étrangères à la mentalité com­mune. Il permet un approfondissement des mystères en ouvrant l'être aux états supérieurs représentés par les « cieux ». Loin de lui être opposé, l'ésotérisme trouve sa base dans l'exotérisme et le res­pect des prescriptions de celui-ci condi­tionne l'accès à celui-là.

 

On peut mesurer par ce texte la pro­gression de la pensée gnostique à l’inté­rieur de l’Église conciliaire.

 

A droite : Arnaud Guyot-Jeannin

 et Yves Daoudal

 

Deux auteurs connus dans nos milieux ont donné un article au récent ouvrage Que vous a apporté René Guénon [2] ? 

Arnaud Guyot-Jeannin (AGJ) présente une « Bio-bibliographie guénonienne cri­tique à la lumière du christianisme… », dans laquelle il omet de mentionner l’ar­ticle paru dans Le Sel de la terre 13, « Qui a inspiré René Guénon ? ».

Il présente un Guénon « qui s’est dressé avec vigueur au nom de la Tradition » et qui, après des « erreurs de jeunesse », aurait, en 1912, « rompu avec les organisations occultistes [3] ».

Mais plutôt que les aspects positifs qu’il recense chez Guénon, voyons les critiques qu’AGJ lui fait. Pour Guénon, un ressour­cement chrétien ne serait pas envisa­geable, du fait de la contamination de l'Église par la modernité délétère. AGJ n’est pas d’accord : « On peut – dit-il – regretter que la religion chrétienne se sé­cularise, sans pour autant renoncer à y croire et à militer pour la revification [sic]. »

Autre divergence : pour AGJ (comme pour Frithjof Schuon [4]) « les sacrements chrétiens continuent d'opérer dans l'Église catholique, “chaîne régulière et ininterrompue” à travers le temps, selon l'expression de Guénon lui-même. En ef­fet, le caractère initiatique et opératif des sacrements demeure éternel d'un point de vue traditionnel. »

AGJ regrette aussi que « l’unicité du Verbe chrétien, à travers l'incarnation et la Sainte Trinité, échappe totalement à Guénon ». L’expression manque de clarté. Il renvoie, pour la « légitime critique chrétienne que l'on peut porter à l'endroit de l'œuvre guénonienne » à l’ouvrage – lui aussi critiquable – de Jean Borella, Ésotérisme guénonien et Mystère chrétien [5].

La « critique » faite par AGJ à Guénon montre qu’il n’est pas encore sorti de l’in­fluence néfaste de cet auteur. Il fait partie de « l’école de l’ésotérisme chrétien », se­lon laquelle le christianisme aurait, à tra­vers ses sacrements, un caractère initia­tique qui permettrait des rapprochements avec d’autres voies initiatiques. Guénon est vu comme un porte-parole de la « Tradition » (laquelle ?), son œuvre a une « dimension prophétique », et il peut donner « de nouvelles raisons de croire catholiquement ».

Voici la conclusion d’AGJ :

 

Guénon mort demeure moins seul que de son vivant. Découvert par de jeunes auteurs et attirant à lui des lecteurs de plus en plus nombreux, il se pourrait bien que, alors que ce troisième millénaire s'ouvre sur les décombres des grands tota­litarismes (communisme, national-socia­lisme) et idéologies modernes du XXe siècle (marxisme, libéralisme, etc.) dé­noncés lucidement par Guénon, la di­mension prophétique et critique de son œuvre prenne maintenant toute son im­portance. Nous ne pouvons que nous en féliciter, mais toujours à condition d'exercer le plus grand discernement pos­sible sur une œuvre enseignante et parfois contestable.

 

Le discernement est simple : on ne peut avoir aucune part commune avec Guénon, véritable porte-parole de l’enfer, ni avec « l’école de l’ésotérisme chré­tien », ni donc avec AGJ lui-même.

 

Yves Daoudal (YD), lui, donne une « expérience et une mise en garde ».

Son expérience consiste à avoir été fas­ciné par l’œuvre de Guénon. Il entra alors en contact avec un guénonien :

 

Cet homme-là (qui est devenu et qui est resté l'un de mes plus proches amis) connaissait tout de Guénon : « autour » de Guénon, l’« après »-Guénon, etc. Mais il m'expliqua rapidement que la connais­sance livresque de Guénon ne servait pas à grand-chose, qu'il était nécessaire de s'engager dans une voie spirituelle effec­tive, qu'en Occident on n'avait pas d'autre choix que l'Église catholique, et qu'il voyait régulièrement un moine, tout à fait extraordinaire, quoique dans un monastère bénédictin tout ce qu'il y a de plus officiel. Il m'a fait rencontrer ce moine, qui est devenu mon père spirituel. Peu à peu, il m'a fait découvrir les di­vines richesses de la véritable doctrine chrétienne.

Je reconnais donc, sans peine et sans gêne, que Guénon a eu un rôle important dans mon retour à la foi catholique. Je reconnais aussi que la lecture de Guénon a favorisé et aiguillé une découverte du cœur du christianisme, que, sans lui, l'état de délabrement de l'Église m'aurait rendu extrêmement difficile.

 

YD ne donne pas le nom du moine, ni du monastère. On se demande quelles furent les « divines richesses de la véri­table doctrine chrétienne » qui lui furent ainsi prodiguées et qui lui permirent de « s'engager dans une voie spirituelle ef­fective » où il découvrit le « cœur du christianisme ». Il affirme :

 

Il serait aussi stupide de dire que je l'ai « renié » que de faire de moi un « gnostique guénonien » infiltré dans l'Église pour la détruire (ce qui est aussi délirant qu'absurde, mais je le dis parce que cela a été écrit). Je ne conteste pas ce que Guénon m'a apporté sur le plan in­tellectuel, et dans l'approche spirituelle du christianisme ; pourtant, je crois qu'il s'est trompé en établissant, pour toutes les religions, un schéma unilatéral basé sur la distinction ésotérisme-exotérisme.

Comme, malgré ses recherches, il n'avait pas trouvé de survivance d'un ésotérisme chrétien, il considérait que le christianisme n'était plus qu'une forme religieuse déconnectée de ses liens vitaux avec ce qu'il appelait la Tradition (et qu'on n'atteint que par une « initiation », distincte des rites reli­gieux). Au contraire, je crois que, le chris­tianisme étant la religion « des derniers temps », Dieu a, en quelque sorte, « tout mis sur la table » pour ramener les hommes à Lui. Il s'est fait homme, en la personne de son Fils, qui a été cloué et transpercé sur une croix pour que chacun puisse venir « puiser aux sources » du Sauveur. De ce fait, les premiers sacre­ments, le baptême et la confirmation, sont très réellement, comme le disaient les Pères de l'Église, les sacrements de l'initia­tion. Et la messe est, à l'évidence, un rite bel et bien « initiatique », mais ouvert à tous : il s'agit, à la fois, d'un sacrifice, comme l'ont connu toutes les religions « exotériques » dignes de ce nom, et, en même temps, d'un sacrifice sous forme symbolique, comme dans certains rites initiatiques, mais ce symbole est la réalité même de ce qu'il signifie (à savoir Dieu, qui se donne à manger à l'homme pour s’« incorporer » l'homme, pour que l'homme devienne Dieu, pour qu'il de­vienne, non pas « comme l'un de nous », selon la formule de la Genèse [III, 2], mais, réellement, et non à la façon frau­duleuse du péché originel, l'un de nous).

Sachant ce que je dois à Guénon, je ne conseillerai certainement pas aux jeunes « en recherche » de ne pas lire Guénon ; mais je ferai deux mises en garde :

La première a rapport au caractère « fascinant » de Guénon ; cela tient à son ton péremptoire, à son style, revendiqué comme « impersonnel » et d'une absolue perfection, et, bien entendu, à la surémi­nente qualité intellectuelle de ce qu'il écrit. Mais il faut toujours se méfier de ce qui est fascinant – c'est le regard du ser­pent : il est fascinant pour sa proie.

Je ne veux pas dire par-là que Guénon soit diabolique – comme il l'a remarqua­blement écrit lui-même, le serpent, comme tous les symboles, est ambivalent : il est le diable de la Genèse, et il est le Christ sur la croix (parce que le serpent cloué par Moïse sur le bois guérissait les Hébreux qui le regardaient [6]) – ; je veux seulement assurer qu'il faut veiller à conserver ses facultés de discernement.

L’autre mise en garde est dans le pro­longement de la première : de nombreux lecteurs de Guénon restent tellement fas­cinés par cette lecture qu'ils deviennent des perroquets ; des perroquets intelli­gents, certes oui ! et qui, par conséquent, peuvent devenir fascinants à leur tour. Mais pareille démarche est vaine : réciter du Guénon, expliquer Guénon, gloser sur Guénon, c'est se comporter comme l'aventurier qui connaît par cœur les cartes d'état-major mais n'est jamais sorti de chez lui. Il ne sert à rien de faire ses délices intellectuelles de Guénon et d'attendre que vienne, subrepticement et d'on ne sait quel centre secret d'un Orient mystérieux, le « grand initiateur »... La vie est trop courte pour se contenter de demeurer dans cette impasse. L'ascension spirituelle exige de sortir du jeu des neu­rones, de la théorie, pour s'engager dans une voie « concrète », à savoir une pra­tique ; assurément, cette authenticité sera plus difficile à assumer que la spéculation en chambre ! Sur ce point, ce n'est pas Guénon qui me démentirait.

 

YD, pourtant bien introduit dans la Tradition catholique [7], reste influencé par Guénon. Il admet que l’Église donne une initiation. Sans doute le mot « initiation » est susceptible d’un emploi large, on le trouve employé par des au­teurs non suspects pour désigner les sa­crements chrétiens ; mais quand on parle dans un contexte guénonien, comme le fait ici YD, il faut rappeler que l’initiation dont parle Guénon (et celle qu’on trouve de fait dans les rites initiatiques dont parle YD) n’a rien à voir avec le christia­nisme : au lieu de donner la grâce, elle constitue la matière d’un péché mortel et réalise un pacte implicite avec le démon.

Autre ambiguïté : l’union à Dieu pro­curée par la religion catholique ne peut se comparer à la « réalisation métaphy­sique » prônée par Guénon et les gnos­tiques. Que veut dire YD quand il affirme que par la communion, nous devenons « réellement, et non à la façon fraudu­leuse du péché originel, l'une des per­sonnes de la Sainte Trinité » ? Pense-t-il devenir réellement le Fils de Dieu, être uni hypostatiquement au Verbe ? Dans une perspective gnostique, une telle af­firmation est possible. Sous la plume d’YD, nous espérons qu’elle n’est que le fruit d’une maladresse. Mais de telles ex­pressions peuvent faire du mal.

YD refuse de dire que Guénon est dia­bolique. Là est le problème. Le monde gnostique et ésotérique est sous l’in­fluence du Prince des ténèbres. C’est très visible pour Guénon ou Évola [8].

On mesure la sincérité d’une conver­sion au rejet qu’elle suscite envers les er­reurs dans lesquelles on s’était compro­mis. Imagine-t-on saint Augustin dire, après sa conversion, que Manès n’est pas diabolique et qu’on peut lire ses ouvrages avec discernement [9] ?

« Celui qui achète ne revient pas vers le vendeur » dit le prophète Ézéchiel (7, 13 selon les Septante). Saint Jérôme commente : « Celui qui a été trompé par un hérétique, quand il a compris sa fraude, ne retourne plus jamais au ven­deur, c’est-à-dire à son ancien maître, mais il le méprise et le dédaigne [10]. »

La dernière « mise en garde » de YD est aussi gravement déficiente. Conseiller à des guénoniens une voie « concrète », une « pratique », sans précision, est très dan­gereux. Pour Guénon les deux seules voies « concrètes » possibles en Occident sont la franc-maçonnerie et le compagnonnage.

YD veut sans doute [maladroitement] conseiller la pratique du catholicisme. Mais il ne suffit pas de conseiller à un guénonien de pratiquer le catholicisme. Il faut commencer par l’avertir qu’il y a dans les théories de Guénon des points de doctrine incompatibles avec le christia­nisme, et qu’il doit, avant de pratiquer, rejeter ces erreurs. Sinon on risque de faire un « ésotériste chrétien » de plus, alors qu’il y en a déjà trop.

A l’époque du faux œcuménisme, on ne peut pas laisser croire qu’il existe une « unité transcendantale des religions ». Il est nécessaire de confesser la vérité : seule la religion catholique est l’arche du salut, et les voies initiatiques prônées par Guénon et tutti quanti ne conduisent qu’en enfer.

Antoine de Motreff

 


[1] — La Vie, hebdomadaire fondé en 1945 par Georges Hourdin, se définissait comme « un maga­zine qui inciterait les chrétiens pratiquants à participer activement à la vie de l’Église, à ne pas rester enfermés dans leur ghetto, à ne pas rester neutres face aux évé­nements de la société et du monde et, si possible, à s’y engager. Un magazine enfin qui puisse être également lu par les chrétiens non pratiquants et, pourquoi pas, par les non-croyants. » (Geneviève Laplagne, L’Histoire de La Vie, Paris, Cerf, 1999, p. 24.)

[2] — David Gattegno et Thierry Jolif, Que vous a apporté René Guénon ?, Dualpha, 2002.

[3] — René Guénon a peut-être rompu avec quelques-unes des nombreuses organisations occul­tistes qu’il fréquenta, mais jamais avec l’occultisme, et son rattachement à l’islam ne fut pas « contradictoire » comme l’écrit AGJ.

[4] — Frithjof Schuon, 1907-1998, maître de la gnose et de l’ésotérisme chrétien, prétendait, contre Guénon, que les sacrements avaient une valeur initia­tique. Il vécut longtemps à Lausanne où il avait un groupe de disciples. Son premier ouvrage important, De l'Unité transcendante des Religions, est une réfé­rence pour les gnostiques chrétiens.

[5] — Borella  y affirme : « L’abandon de la thèse guénonienne ne saurait aller jusqu’au rejet de l’“esprit d’ésotérisme” dont cette thèse est porteuse. Nous concevons bien tout ce qu’aujourd’hui une telle af­firmation peut avoir de problématique. […] Il y a donc peu de chance que nous soyons entendu dans notre plaidoyer pour la restauration d’un certain es­prit d’ésotérisme. » (Voir Le Sel de la terre 30, p. 229 et nº  34, p. 244 et sq.).

[6] — Voir dans le serpent une figure du Christ en croix est pour le moins discutable. Le serpent figure plutôt le péché qui a été détruit par la croix ou que le Christ a porté sur lui lors de sa passion (« lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos péchés dans son corps » I P 2, 24 : dans ce sens saint Paul a pu écrire que le Christ s’est fait « péché » pour nous, c’est-à-dire qu’il s’est fait la victime qui expie les péchés : 2 Co 5, 21). Mais Notre-Seigneur lui-même reste absolument pur de tout péché et n’est donc pas représenté lui-même par le serpent. Jean Vaquié disait précisément que le serpent n’est pas un symbole ambivalent. (NDLR.)

[7] — Il a été directeur de La Pensée catholique, colla­borateur d’Itinéraires, Présent, La Nef, etc.

[8] — Sur Guénon voir Le Sel de la terre 13 ; sur Évola, voir Le Sel de la terre 42 et 43.

[9] — « Et c'est ainsi que je tombai au milieu d'hommes à l'orgueil délirant, charnels et bavards à l'excès ; dans leur bouche, les lacets du diable et une glu composée d'une mixture de syllabes : ton nom à toi et celui du Seigneur Jésus-Christ, et celui du Paraclet notre Consolateur, l'Esprit-Saint. Ces noms ne quittaient pas leur bouche, mais ce n'était que bruit et claquement de langue ; hormis cela, un cœur vide de vérité. Et ils disaient : “Vérité, Vérité !” Et ils m'en parlaient beaucoup, et elle n'était nulle part en eux ; mais ils énonçaient des faussetés, non seulement sur toi qui es vraiment Vérité, mais aussi sur les élé­ments de ce monde, ta création. » (Saint Augustin, Les Confessions, L. III, c. VI).

[10] — Saint Jérôme, PL 25, 68.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 45

p. 241-246

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