Catéchisme de la médiation universelle de Notre-Dame (XIII)
par Filius Ancillæ
On trouvera les onze premières parties de cette étude dans les numéros 20, 22, 24, 26, 27, 29, 31, 34, 37, 39, 41 et 42 du Sel de la terre. Après l’examen des textes liturgiques en faveur de la médiation universelle de la Vierge Marie, voici le témoignage des Pères et docteurs de l’Église.
Le Sel de la terre.
Article 4 (suite) : Le témoignage de
la Tradition ecclésiastique
2. Les docteurs de l’Église
Le propre des docteurs est d’éclairer l’Église, de l’orner de vertus, de former ses mœurs ; par eux, elle brille au milieu des ténèbres comme l’astre du matin ; leur parole fécondée d’en haut résout les énigmes des Écritures, dénoue les difficultés, éclaircit les obscurités, interprète ce qui est douteux ; leurs œuvres profondes, et relevées par l’éloquence du discours, sont autant de perles précieuses ennoblissant la maison de Dieu non moins qu’elles la font resplendir [1]. (Boniface VIII.)
68e question : Pourquoi assigner un chapitre à part traitant du témoignage des docteurs de l’Église ?
Réponse : Avant d’étudier en détail, siècle par siècle, l’ensemble des témoignages en faveur de la médiation mariale dans la Tradition ecclésiastique, il convient de citer ces saints auteurs dont l’Église a recommandé plus particulièrement la doctrine.
En effet :
On appelle « docteurs de l’Église » les écrivains ecclésiastiques qui, non seulement à cause de leur sainte vie et de leur parfaite orthodoxie, mais encore et surtout à cause de leur science considérable et de leur profonde érudition, ont été honorés de ce titre par une approbation solennelle de l’Église [2].
Benoît XIV, dans son immortel ouvrage sur la béatification et la canonisation des saints, expose avec beaucoup de netteté les trois conditions indispensables pour qu’un écrivain ecclésiastique soit constitué docteur de l’Église universelle. Il lui faut :
1) Une doctrine éminente, c’est-à-dire un ensemble d’ouvrages, non seulement exempts d’erreur, mais d’une portée supérieure, et qui font resplendir les vérités surnaturelles.
2) La sainteté de la vie, de telle sorte que, ni la gloire, ni le génie, ni la vertu ordinaire, ne suffiront jamais à conférer ce titre, mais qu’il faudra cette vertu héroïque transcendante que Dieu glorifie par des miracles et que l’Église reconnaît ici-bas par la canonisation.
3) Enfin, la déclaration authentique du souverain pontife ou d’un concile œcuménique, car il est manifeste que le magistère suprême est seul compétent pour proposer au monde les vrais maîtres du salut [3].
Ce chapitre consacré aux docteurs de l’Église sera plus un tour d’horizon qu’une exposition détaillée de leur doctrine sur la médiation mariale, puisque nous aurons à les étudier à nouveau plus tard, avec les autres auteurs de leur siècle. Une brève présentation biographique sera utile pour les situer dans l’histoire de l’Église, connaître leur formation théologique, et l’influence qu’ils ont exercée. On les passera en revue dans l’ordre chronologique, en distinguant trois grandes périodes : patristique, médiévale et post-tridentine.
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69e question : Quels docteurs de l’époque patristique peut-on citer en faveur de Marie médiatrice ?
1) Saint Éphrem de Nisibe (306-373)
Diacre syrien, la harpe du Saint-Esprit
Né à Nisibe, au nord de la Mésopotamie, le diacre Éphrem a reçu une solide formation scripturaire avant de diriger « L’École des Perses », qu’il dut transférer à Édesse une dizaine d’années avant sa mort. Sa célébrité était telle que de son vivant on traduisait déjà ses œuvres à la demande des communautés grecques. Saint Jérôme rapporte que dans certaines églises on lisait ses hymnes après les leçons de l’Écriture sainte. Il était connu aussi des auteurs latins médiévaux.
Malheureusement, parmi les ouvrages qui ont été attribués à saint Éphrem, une bonne part a été déclarée d’authenticité douteuse par la critique durant le siècle dernier, et c’est le cas pour les prières à la Vierge Marie, dont l’une d’elles avait pourtant été choisie par l’Église, comme leçon des matines pour la fête de Marie médiatrice de toutes grâces. Notre-Dame y est présentée comme « la médiatrice du monde entier après le médiateur », la « procuratrice de tous les biens [4] ».
La même doctrine se retrouve dans d’autres louanges mariales, et même si elles étaient toutes apocryphes – ce qui reste à prouver – on pourrait toujours citer notre docteur syrien dans un texte reconnu comme authentique, où il emploie explicitement le terme « médiateur » pour évoquer le rôle de la très sainte Vierge dans la scène de l’annonciation, afin que « s’opère la réconciliation [5] ».
2) Saint Grégoire de Naziance (329-390)
Évêque grec, le Théologien
Originaire de Cappadoce, Grégoire fit de brillantes études à Césarée, Alexandrie et Athènes, où il se lia fortement avec saint Basile le Grand. Nommé évêque malgré lui, il fut le « champion et le représentant de la foi de l’Église grecque » face à l’arianisme, particulièrement durant son court épiscopat à Constantinople. Ses œuvres furent traduites et répandues dans tout le bassin méditerranéen, et plusieurs conciles œcuméniques l’ont cité expressément à maintes reprises.
On relève dans une des ses œuvres une prière à Marie qui expose nettement sa pensée sur la médiation universelle de la Mère de Dieu ; et dont voici quelques extraits :
O Vierge souveraine […] je mets en vous ma confiance, et je vous adresse à mon tour mes prières […] en échange des grâces dont vous m’avez comblé ; protégez-moi toujours des malheurs de toute sorte […] Puissé-je vous avoir toujours pour protectrice à tout instant, et pour avocate toute-puissante auprès de votre Fils [6].
Surtout, retenons cette courte mais décisive phrase : « Car on sait que la grâce de Dieu nous vient par votre intermédiaire [7]. » Pour ce théologien réputé, formé aux meilleures écoles de son temps, ce n’est pas une opinion personnelle ou une question disputée : « On sait », c’est une vérité bien admise, que la grâce nous vient de Dieu par la médiation de Marie.
3) Saint Ambroise de Milan (340-397)
Évêque latin, le Docteur de l’Église
Cet ancien magistrat romain, en qui saint Augustin a trouvé son maître, a laissé plusieurs traités exégétiques. Son commentaire sur l’Évangile de saint Luc mérite une mention particulière : « L’Antiquité et le Moyen Age l’ont beaucoup lu et copié [8]. » C’est de cet ouvrage que nous extrayons une glose sur la scène de la visitation, que les auteurs postérieurs ne manqueront pas de reprendre et développer comme une application particulière de la médiation mariale :
Si au seul moment de l’arrivée et de la salutation de Marie, l’enfant a tressailli dans le sein de sa mère, et que celle-ci a été remplie de l’Esprit-Saint, que devons-nous penser des effets surajoutés durant tout le temps de la présence de la sainte [Vierge] Marie [9] ?
4) Saint Augustin d’Hippone (354-430)
Évêque africain, le Docteur de la grâce
Originaire de Numidie, ce philosophe rhéteur, après avoir vécu plusieurs années dans l’hérésie et le concubinage, est devenu « l’homme d’Église le plus complet que connaisse l’histoire, unissant la sainteté à la science, la spéculation à la foi, l’action à la contemplation à un degré sans exemple… Son influence doctrinale s’est prolongée durant des siècles [10] ».
Il fait partie des premiers Pères [11] qui ont évoqué la maternité spirituelle de Notre-Dame, à la base de sa médiation de grâce :
Elle est mère selon l’esprit, non à vrai dire de notre chef qui est le Sauveur lui-même […] Mais elle est, à la vérité, la mère de ses membres que nous sommes, parce qu’elle a coopéré par sa charité à ce que naissent dans l’Église les fidèles qui sont les membres de ce chef [12].
A l’objection des minimalistes, qui ne veulent voir dans cette citation qu’une maternité spirituelle dans l’ordre de la rédemption objective [13], on peut répondre à l’aide d’un autre texte :
Je vous le demande : est-ce que Marie n’est pas la mère du Christ, sinon en enfantant aussi les membres du Christ ? Or vous, à qui je m’adresse, vous êtes les membres du Christ : qui vous a enfantés ? J’entends le cri de votre cœur : Notre mère l’Église. Oui, cette mère sainte, honorable, est semblable [14] à Marie : elle est vierge et elle enfante [15].
Or, il est patent que la maternité spirituelle (de grâce) de l’Église s’exerce dans l’ordre de la rédemption subjective.
5) Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)
Évêque égyptien, le Docteur de l’incarnation
Caractère entier, grand pourfendeur d’hérésies, saint Cyrille fut l’un des plus puissants théologiens de l’Église grecque, avec une influence doctrinale comparable à celle de saint Augustin chez les Latins. Fougueux champion de la Theotokos contre Nestorius, il a fortement contribué à l’extension du culte marial dans l’Église. Sa célèbre quatrième homélie du concile d’Éphèse (431) exalte très concrètement la médiation de Marie.
Nous vous saluons, Marie, Mère de Dieu… Vous par qui la Sainte Trinité est glorifiée et adorée, par qui la croix précieuse est vénérée par toute la terre, par qui le genre humain arrive à la connaissance de la vérité, par qui les saints fidèles sont arrivés au saint baptême, et par qui, dans tout l’univers, ont été fondées les Églises. Avec votre aide, les nations viennent à la pénitence [16].
Si l’ensemble de cette citation semble faire appel à une médiation dans l’ordre de la rédemption objective, néanmoins, la dernière phrase va dans le sens d’une intercession plus actuelle. Saint Cyrille, en commentant ailleurs l’Évangile de Cana, y pr ésente la Mère de Jésus comme toute-puissante auprès de lui [17].
6) Saint Pierre Chrysologue (380-450)
Evêque latin, le Docteur au verbe d’or
Originaire d’Émilie, archevêque de Ravenne, métropole où résidait alors la cour impériale, ami du pape saint Léon le Grand. Saint Pierre Chrysologue était plus orateur que théologien, et les œuvres qui nous sont restées de lui sont surtout des sermons. Il y prêche la maternité spirituelle de Marie, son intercession réconciliatrice et sanctifiante :
Elle est devenue maintenant la vraie mère des vivants par la grâce [18].
Comme récompense méritée par ses entrailles, elle demande et obtient la paix pour la terre, la gloire pour les cieux, le salut pour les perdus, la vie pour les morts, un lien de parenté entre le ciel et la terre [19].
Vous avez trouvé la grâce… et vraiment en plénitude qui sera versée en pluie abondante sur et dans toute créature [20].
7) Saint Jean Damascène (649-749)
Prêtre syrien, dernier Père de l’Église
Né à Damas, ce moine érudit et infatigable compilateur a l’honneur, plus de six siècles avant saint Thomas d’Aquin, d’avoir le premier composé un exposé synthétique de toute la théologie de son temps. Ultime représentant de l’époque patristique et écho fidèle de la doctrine mariale des Byzantins, prédicateur attitré de l’Église de Jérusalem, héros de la lutte contre les iconoclastes, il emploie le terme de médiatrice de manière fréquente et explicite, autant dans le sens de la coopération à la rédemption objective que subjective :
Assumant la fonction de médiatrice (mesiteuvsasa), vous êtes devenue l’échelle par laquelle Dieu est descendu jusqu’à nous [21].
Recevez la prière de votre serviteur pécheur… il vous a comme seule espérance de bonheur, protection durant sa vie, et médiatrice (diallavkthn) auprès de votre Fils [22].
Tous les yeux sont tournés vers vous, par votre médiation (mesiteiva/) nous sommes réconciliés avec votre Fils [23].
Vous avez été faite pour nous, qui sommes tirés de la glaise, et vous plaidez pour nous en médiatrice (mesitologei`ß) auprès de votre Fils, votre Dieu et le nôtre [24].
Cette médiation est bien universelle : « Elle est pour nous dispensatrice (promnhvstria) de tous les biens [25] » ; « Vous qui nous avez concilié et apporté tous les biens […] répandez sur nous les fleuves de la grâce [26] ».
On pourrait encore ajouter bien d’autres citations ; celles-ci suffisent à affirmer que, dans la série de ces grands saints qui furent à la fois Pères et docteurs de l’Église, la doctrine de la médiation universelle de la très sainte Vierge est transmise de manière toujours plus explicite, et qu’elle est bien définie, surtout en Orient, avant le Moyen Age.
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70e question : Quels docteurs médiévaux peut-on citer en faveur de Marie médiatrice ?
1) Saint Pierre Damien (1007-1072)
Cardinal, camaldule, le Doctor eximium
Originaire de Ravenne, ermite, promu malgré lui aux plus hautes charges au service du Saint-Siège, cet ascète doué d’une haute culture fut réformateur des mœurs du clergé de son temps. Il ne traite pas ex professo de la médiation universelle de Marie, mais y fait appel implicitement.
Notre sévère docteur devient tout suave quand il parle de Marie, notre « meilleure espérance… puisqu’elle a reçu la première place pour demander à Dieu [27] ». Elle est bien médiatrice, non seulement du fait que Jésus est venu « grâce à la médiation (mediante) de la Vierge [28] », mais aussi parce que c’est « dans ses mains que sont les trésors des miséricordes du Seigneur [29] ». Il s’adresse donc ainsi à celle qui se tient comme une « échelle entre le ciel et la terre [30] » :
De même que le Fils de Dieu a voulu descendre jusqu’à nous par vous, ainsi nous devons aller à lui par vous [31].
Cette médiation est universelle : « Tout pouvoir vous a été donné au ciel et sur la terre [32]. » Et il s’exerce par « sa miséricorde sur toute la terre, en tout temps, et sur tout le genre humain [33] ».
2) Saint Anselme de Cantorbery (1033-1109)
Archevêque, bénédictin, le Doctor marianus
Originaire du Val d’Aoste, Anselme fut disciple du célèbre Lanfranc, auquel il succédera comme prieur du Bec en Normandie, et plus tard en tant que primat d’Angleterre. « Puissant en œuvres et en paroles, Anselme fut un phare, une lumière de doctrine et de sainteté [34]. » Celui que l’Église considère comme le « père de la scolastique » a aussi composé des prières à la Vierge, qui forment un « résumé de l’enseignement de la foi de l’antiquité ecclésiastique, présenté sous une forme nouvelle, au moyen de quelques formules saisissantes [35] » :
Quelle médiatrice invoquerais-je avec plus de ferveur que celle dont les entrailles ont porté la réconciliation du monde [36] ?
O femme abondante et surabondante de grâce, d’une plénitude rejaillissant avec profusion sur toute créature et la faisant ainsi revivre [37] !
Ces biens que j’ai pu obtenir par la grâce du Fils, je peux les recevoir par les mérites de la Mère [38].
3) Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)
Abbé cistercien, le Doctor mellifluus
Le « chantre de Marie » est né en Bourgogne, et fut élu abbé de la nouvelle fondation de Clairvaux à vingt cinq ans. Sa formation est des plus traditionnelles, et par suite sa doctrine : en tout ce qu’il avance, il affirme ne dire que ce qu’il a lu chez les Pères. Il était donc normal que sa grande dévotion mariale le porte à exalter la médiation de Notre-Dame. Ce qu’il fit avec tant d’onction et de profondeur théologique, que les docteurs, les saints et les papes qui traitèrent de ce sujet ne manquèrent pas de le citer à l’envi.
Saint Bernard emploie plusieurs fois [39] le terme « mediatrix », et le justifie :
Certes, l’homme, le Christ Jésus est un médiateur fidèle et tout-puissant entre Dieu et les hommes, mais nous redoutons en lui la majesté divine […]. Dès lors, la femme bénie entre les femmes n’intervient pas inutilement ; elle a sa place nécessaire dans cette réconciliation. Nous avons besoin d’un médiateur pour aller au grand médiateur, et nous ne saurons en trouver de plus efficace que Marie [40].
Pour saint Bernard, il s’agit donc bien d’une médiation d’intercession, et qui s’étend à toutes les grâces :
Que Dieu a mis en Marie la plénitude de tout bien, de sorte que s’il y a en nous quoi que ce soit d’espérance, de grâce, de salut, nous sachions que cela découle d’elle… Car telle est la volonté de celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie [41].
Enfin, cette médiation est ascendante comme descendante :
N’importe quoi que vous vouliez présenter à Dieu, souvenez-vous de le confier à Marie, afin que la grâce remonte à sa source par le même canal qui nous l’a apportée [42].
4) Saint Antoine de Padoue (1195-1231)
Prédicateur franciscain, le Docteur évangélique
Né à Lisbonne d’une famille de haute noblesse, Antoine fit ses études à Coïmbre, centre réputé d’études théologiques. Il fut un des premiers à enseigner la théologie dans l’Ordre franciscain, du vivant de saint François. Mais sa courte carrière fut marquée surtout par la prédication, par laquelle il attira des milliers d’auditeurs. Les œuvres qu’il nous a laissées sont principalement des homélies, mais « ses sermons nous donnent une vraie théologie mariale [43] », où la notion de médiation est aussi présente :
La bienheureuse Vierge Marie, notre médiatrice, a rétabli la paix entre Dieu et l’homme pécheur [44].
Ce que l’on dit d’une porte, c’est qu’on peut par elle faire entrer ou sortir quelque chose. Et cela symbolise la bienheureuse Marie, par laquelle nous sont transmis les bienfaits des grâces [45].
Nous vous demandons donc, ô notre souveraine, illustre Mère de Dieu, exaltée au-dessus des chœurs angéliques, de remplir le vase de notre cœur de la grâce céleste [46].
5) Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)
Théologien dominicain, le Docteur angélique
Inutile de présenter ici celui que l’on a aussi surnommé « le Docteur commun ». Saint Thomas n’a pas écrit de traité ex professo sur Notre-Dame, mais on connaît bien sa pensée quant à la médiation mariale, grâce à quelques sentences glanées dans ses diverses œuvres :
Rien n’empêche qu’il y ait entre Dieu et les hommes, au-dessous du Christ, des médiateurs secondaires, qui coopèrent à leur union d’une manière dispositive ou ministérielle [47].
[A Cana], la Mère du Christ a fait office de médiatrice, de deux façons : d’une part en intercédant auprès de son Fils, de l’autre en dirigeant les serviteurs [48].
La bienheureuse Vierge fut pleine de grâce, au point de répandre de sa plénitude sur tous les hommes. Que chacun des saints possède une grâce suffisante au salut de beaucoup d’hommes, c’est chose considérable. Mais si un saint était doté d’une grâce capable de sauver toute l’humanité, il jouirait d’une abondance de grâce insurpassable. Or une telle plénitude existe dans le Christ et dans la bienheureuse Vierge. En tout péril, en effet, vous pourrez obtenir le salut de cette glorieuse Vierge […] En toute cette action vertueuse également, vous pourrez bénéficier de son aide [49].
6) Saint Bonaventure de Bagnorea (1221-1274)
Cardinal franciscain, le Docteur séraphique
Disciple d’Alexandre de Halès à la célèbre université de Paris, il y acquit ses grades et y enseigna ensuite en même temps que saint Thomas. Malgré sa structure très scolastique, la théologie de saint Bonaventure est plus intuitive et c’est surtout dans la mystique qu’excelle le docteur séraphique. La doctrine de la médiation mariale lui tient visiblement à cœur :
La bienheureuse Vierge Marie est médiatrice entre nous et le Christ, comme le Christ l’est entre nous et Dieu [50].
Cette médiation est universelle : « Médiatrice de tous auprès de Dieu [51] ; « toute grâce vient aux hommes par l’intervention de Marie [52]. » Elle est donc la « fontaine surabondante de toutes les grâces [53] ».
Marie est reine et dispensatrice (dispensatrix) de la grâce […] En effet la grâce divine, qui guérit le genre humain, descend sur nous par elle, comme par un canal [54] ; parce que c’est à cette Vierge qu’appartient la dispensation de la grâce, non en tant que principe, mais de par son mérite [55].
Saint Bonaventure précise ailleurs cette causalité morale : « La Vierge peut transmettre la grâce en tous par mode d’impétration mais non d’infusion [56]. »
On l’appelle « Porte du ciel », parce que personne ne peut entrer au ciel si ce n’est par elle, comme aucune grâce ne peut en sortir non plus. Ainsi le Seigneur ne reçoit jamais sans sa médiation [57].
A elle aussi s’applique cette parole : « De sa plénitude tous ont reçu [58]. »
7) Saint Albert le Grand (1200-1280)
Évêque dominicain, le Docteur universel
Professeur de saint Thomas d’Aquin et mort après lui, saint Albert naquit en Bavière, étudia à Bologne, professa en Allemagne et à Paris, fut évêque de Ratisbonne deux ans avant de retourner à ses chères études.
Dans l’œuvre écrite monumentale – plus de quarante volumes – de saint Albert le Grand, se trouvait un traité spécial de mariologie : le Mariale. La critique, depuis les années 50, récuse l’authenticité de cet ouvrage qui exerça une profonde influence sur les siècles suivants [59]. Quoiqu’il en soit, on trouve encore des citations intéressantes dans le reste de son œuvre, dont l’édition critique n’est pas encore achevée. Le terme mediatrix y est plusieurs fois employé [60].
Saint Albert reprend aussi la formule « aquæductus gratiæ [61] », et la renouvelle : « Canal du paradis, irriguant l’Église de l’eau des grâces [62] » ; « canal arrosant de diverses manières tous les fidèles [63] ». Il reprend aussi la figure du cou, si suggestive de la médiation mariale :
Par le cou, il faut entendre la bienheureuse Vierge : en effet, c’est par elle que tout le corps de l’Église est uni à son chef, le Christ, d’une manière très excellente [64].
Cette union au Christ dans l’ordre de la grâce, le docteur universel l’explique par la doctrine traditionnelle de la « nouvelle Ève », « qui n’aurait pas été une aide semblable à lui (Gn 2, 18), si elle n’avait pas dû participer à tous les mêmes actes du salut, bien qu’en dépendance de celui auquel elle était associée [65] ». Elle est donc aussi médiatrice, car « c’est le propre de ce qui est au milieu, de rétablir l’unité entre les extrêmes tournés vers lui [66] ». Ainsi, « il n’y a absolument personne qui ne soit redevable de ses bienfaits [67] ».
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71e question : Quels docteurs de l’époque post-tridentine peut-on citer en faveur de Marie médiatrice ?
1) Saint Pierre Canisius (1521-1597)
Jésuite hollandais, le Docteur des catéchistes
Natif de Nimègues, il fit de solides études de Droit civil à Cologne, puis de Droit canon à Louvain, avant d’entrer chez les jésuites. Théologien consulteur du concile de Trente, professeur d’université, il mit sa science à la portée de tous en publiant un des premiers catéchismes populaires. Cet ouvrage eut un succès immense et continu (quatre cent cinquante rééditions), et fut un instrument si efficace de la Contre-Réforme, qu’on surnomma son auteur le « second apôtre de l’Allemagne ». Saint Pierre Canisius a aussi écrit un traité spécial pour défendre les privilèges de la très sainte Vierge [68], et il y justifie le titre de « médiatrice », si honni des luthériens.
Résumons brièvement son argumentation : c’est bien à tort que les protestants répudient notre recours à Marie médiatrice, comme injurieux au Christ médiateur [69]. Qu’on se réfère aux principes généraux de l’analogie, dont usaient les saints Pères, et toute équivoque cessera. Ce qui légitime cet usage de l’analogie entre le Christ et sa Mère, c’est l’union intime qui les associe dans le plan divin du salut. Cette médiation, d’ailleurs, ne fait pas de Marie une cause efficiente du salut et de la grâce, mais seulement d’intercession, fondée sur son mérite de condigno et ses prières. Nous pouvons donc à juste titre la prendre comme patronne et médiatrice, sachant que Dieu a déposé en elle la plénitude de tout bien et que toute grâce dérive d’elle, qui est montée glorieuse au ciel.
2) Saint Laurent de Brindes (1559-1619)
Missionnaire capucin, le Docteur apostolique
Originaire du sud de l’Italie, saint Laurent sera surnommé un « second Canisius » par ses missions et prédications fructueuses en Europe centrale. D’une mémoire prodigieuse, capable de citer la Bible par cœur en n’importe quel passage, en latin, grec, hébreu ou syriaque, il remplit toutes les plus hautes charges de son Ordre. Ses œuvres, éditées par les capucins de Venise en dix volumes, étaient très prisées de Mgr Sarto, futur saint Pie X. Ce sont surtout des sermons, qui s’appuient sur la sainte Écriture (90 000 références bibliques) les Pères et les docteurs (35 000 citations).
Sa doctrine mariale, très développée, remplit à elle seule le premier volume de la collection, et l’a fait considérer comme « le plus important mariologue de son temps [70] ». On y trouve tous les points essentiels sur la médiation universelle de Marie : elle est « notre Mère, notre médiatrice et notre avocate auprès du Christ son Fils, et nous ne pouvons rien obtenir sans son intercession [71] ». En effet, « si nous sommes tous un seul corps [mystique] dans le Christ, Marie en est le cou, qui est placé au-dessus de tous les autres membres, et immédiatement rattaché à la tête [72] ».
« Marie est vraiment l’océan de toutes les grâces et dons de Dieu [73] », « la trésorière de tous les trésors divins [74] ». Si Dieu est la source de toutes les grâces, « Marie en est l’aqueduc [75] ». Aussi, on n’a jamais cessé « de l’invoquer avec ferveur, comme Mère de miséricorde, puissante auxiliatrice du genre humain, patronne de l’Église, médiatrice entre le Christ et les hommes [76] ». Médiation parfaite, à double sens : « Par Marie les prières de l’Église montent vers Dieu, et les grâces descendent de Dieu sur l’Église [77]. »
3) Saint Robert Bellarmin (1542-1621)
Cardinal, jésuite, le Docteur romain
Originaire de Toscane, il entre chez les Jésuites et y fait de très brillantes études à Padoue et Louvain. Sa science exceptionnelle le fait nommer maître de conférences au Collège romain, et lui vaut cet éloge de Clément VIII : « Dans l’Église de Dieu, il n’a pas son pareil pour la doctrine. » Ses cours de controverse sont particulièrement réputés, et obligent la reine d’Angleterre, Élizabeth Iere, à créer un « Collège anti-Bellarmin ». Hormis trois années d’épiscopat à Capoue, il se dévouera toute sa vie à la cause du Saint-Siège, et méritera d’être considéré comme « un des plus savants et des plus habiles défenseurs de l’Église romaine [78] ». Il se devait aussi de défendre le rôle [79] et le titre [80] de médiatrice, sans exclure son universalité.
Le Christ est le chef de l’Église, et Marie en est le cou. Toutes les faveurs, toutes les grâces, toutes les influences célestes viennent du Christ, comme de la tête ; et toutes elles descendent sur le corps par Marie, comme c’est par le cou dans l’organisme humain que la tête vivifie les membres. De même qu’un membre qui voudrait recevoir les influences de la tête, mais refuserait de les avoir par l’intermédiaire du cou, se dessécherait et mourrait, ainsi les hérétiques qui attendent du Christ grâce et vie, mais ne veulent pas les recevoir par la reine du ciel, demeurent et demeureront perpétuellement arides [81].
Ainsi « par une grâce spéciale de Dieu, Marie, s’est vue doter d’un trône si sublime qu’elle voit sous ses pieds, non seulement l’Église militante de la terre, mais aussi l’Église triomphante des cieux. Or, comme le cou est l’intermédiaire entre la tête et le corps, de même Marie est médiatrice entre le Christ et l’Église [82] ».
4) Saint François de Sales (1567-1622)
Évêque, le Docteur de la vie spirituelle
Noble savoyard, il fit ses humanités chez les Jésuites à Paris, puis trois ans d’université à Padoue. Docteur « en l’un et l’autre droit » avec mention très bien, il eut lui aussi à combattre l’hérésie protestante, mais dans son propre pays. Évêque, diplomate, directeur d’âmes, écrivain spirituel, fondateur des Visitandines, il a laissé une œuvre doctrinale importante, et une influence encore plus considérable dans l’Église. La prédication étant « la première et la plus grande charge de l’évêque », selon le pontifical, il y a excellé tant par l’éloquence persuasive que par la sûreté de doctrine. C’est là que nous puiserons sa pensée sur Marie médiatrice.
Nous devons nous servir d’elle pour médiatrice envers son divin Fils pour obtenir le Saint-Esprit… Nous devons demander à Dieu par son intercession nos nécessités, et non seulement les biens spirituels, comme sont les vertus, mais aussi les temporels en tant qu’ils nous sont nécessaires [83].
En effet :
Dieu tout-puissant lui donna un degré de gloire digne de sa grandeur, comme aussi le pouvoir de distribuer à “ceux qui l’aiment” des grâces dignes de sa libéralité et magnificence [84].
A celle qu’il qualifiait de « coopératrice de notre salut [85] », « mère universelle [86] » et « avocate de grâce [87] », il s’adresse ainsi :
O sainte Vierge, les yeux de tous les croyants sont fixés sur votre majesté : nous attendons le secours de vos grâces, et si vous ouvrez vos mains libérales, nous serons tous remplis de bénédictions [88].
5) Saint Alphonse de Liguori (1696-1787)
Évêque, fondateur des Rédemptoristes, Docteur de la morale
Issu de la haute noblesse napolitaine, docteur en droit à seize ans, prédicateur populaire, canoniste consommé, théologien doué d’une immense érudition, célèbre auteur de livres de piété, dont les Gloires de Marie ne sont pas des moindres.
Cet ouvrage, paru en 1750 après seize années de travail, lui valut bien des avanies de la part des jansénistes, et eut un succès immense : plus de 1 000 éditions, le plus fort tirage d’ouvrage marial de tous les temps. Tout un chapitre y est consacré à prouver la médiation universelle de Notre-Dame, et fait de saint Alphonse le docteur de l’Église qui a le mieux traité de la question. En voici les extraits les plus significatifs :
On sait bien que c’est aux mérites de Jésus-Christ que Marie doit cette autorité souveraine qui la fait médiatrice de notre salut, médiatrice non certes de justice, mais de grâce et d’intercession [89] […]. Autre chose est la médiation de justice par voie de mérite, autre chose est la médiation de grâce par voie de prière. Autre chose également est de dire que Dieu ne peut pas, autre chose qu’il ne veut pas nous accorder ses grâces sans l’intercession de Marie [90].
Après avoir cité nombre d’auteurs pour appuyer son argumentation, le saint docteur insiste sur l’universalité de cette médiation :
En affirmant que toutes les grâces nous viennent par l’entremise de Marie, les saints et les auteurs dont nous avons allégué l’autorité, n’ont certes pas pensé ne pas dire autre chose, sinon que nous avons reçu par Marie Jésus-Christ, source de tout bien, comme le prétend l’auteur cité plus haut [91] ; mais ils ont voulu nous assurer de plus que Dieu, après nous avoir donné Jésus-Christ, veut que toutes les grâces qui dès lors ont été distribuées, qui le sont encore maintenant, et qui le seront jusqu’à la fin du monde en vertu des mérites de notre Sauveur, le soient toutes par l’intercession et les mains de Marie [92].
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71e question : Que conclure de l’enseignement des docteurs de l’Église par rapport à la médiation mariale ?
Au terme de cette étude, nous pouvons affirmer que la grande majorité des docteurs de l’Église a écrit ou prêché en faveur de Marie médiatrice, surtout à partir du Moyen Age. Même s’il s’avérait que le titre lui-même de médiatrice n’a pas été inauguré par saint Éphrem (dès le IVe siècle), on le trouve cependant chez un autre Père de l’Église, saint Jean Damascène, qui l’emploie aussi bien dans le sens de la coopération à l’incarnation que dans celui de l’intercession. Saint Bernard l’exploitera avec autant de profondeur que de succès, et définira la doctrine de la médiation universelle dans ses points essentiels. Les docteurs de la Contre-Réforme, soucieux de défendre cette vérité traditionnelle, auront à cœur de distinguer la médiation de la très sainte Vierge par rapport à celle du Christ. Il reviendra enfin à saint Alphonse de la bien vulgariser.
Nous pouvons ainsi trouver en cette vérité mariale un exemple type de ce que la théologie appelle « le développement homogène du dogme ». En passant en revue, au fil des siècles, l’enseignement de ces docteurs dont l’Église nous garantit la sûreté de doctrine, nous ne pouvons qu’acquiescer à ces phrases si célèbres de saint Vincent de Lérins :
Que par toi, ô docteur, la postérité se réjouisse de comprendre ce que l’antiquité vénérait déjà sans le pénétrer. Toutefois, enseigne les mêmes choses que tu as apprises, si bien que la façon de dire soit nouvelle, mais non les doctrines […]. Il faut donc qu’elle croisse, qu’elle progresse beaucoup et grandement l’intelligence, la science, la sagesse tant de chaque fidèle que de tous, tant d’un seul que de toute l’Église, selon les degrés des âges et des siècles, mais seulement en son genre propre, c’est-à-dire dans le même dogme, le même sens, la même doctrine [93].
[1] — Boniface VIII, Sexti Decret., lib. III, tit. 22 (De reliquis et veneratione sanctorum).
[2] — DTC, article « Docteur de l’Église », t. IV, col. 1509.
[3] — L’Ami du Clergé (Doctrine) du 16 février 1928, p. 111.
[4] — Precatio II ad Deiparam, 3e leçon des matines du 8 mai, au P.A.L. du bréviaire romain (1962). Édition d’Assemani, Rome, 1743, t. III, p. 528. Encore reproduite dans l’Enchiridion marianum biblicum patristicum, Rome, 1974, n. 341, p. 221.
[5] — Hymni de instauratione Ecclesiæ, IV [1] RJ (Enchiridion patristicum édit. 1969), p. 251, n. 715.
[6] — La Passion du Christ, traduction Sources chrétiennes (n. 149), Paris, Cerf, 1969, p. 337.
[7] — Ibid., p. 339.
[8] — Dictionnaire pratique des connaissances religieuses, art. Ambroise, Paris, Letouzey, 1925, t. I, col. 168.
[9] — Expositio Evangelii secundum Lucam, 2, 29, 30 ; PL 15-1562.
[10] — Cayre F., Patrologie et histoire de la théologie, Paris, Desclée, 1938, 3e éd., t. I, p. 695.
[11] — Par exemple saint Jérôme, autre docteur de l’Église (347-419) : « Cette Vierge perpétuelle est mère d’une multitude de vierges » (PL 23-254).
[12] — De sancta virginitate, c. VI ; PL 40-399.
[13] — La rédemption objective se rapporte aux actes salvateurs accomplis par Notre-Seigneur et qui, en eux-mêmes, méritent le salut de tous les hommes. La rédemption subjective désigne l’application de la grâce aux âmes individuelles, au cours du temps. Voir Le Sel de la terre 42, p. 126-134.
[14] — Voir aussi le sermon 213 : « Si l’Église enfante les membres du Christ, Marie lui est très semblable (simillima) » (PL 38-1064).
[15] — Sermo 25 ; PL 46-938.
[16] — Homiliæ diversæ, IV ; PG 77-992. Ce sermon a été quelque temps discuté par la critique, mais son authenticité est aujourd’hui bien établie.
[17] — Voir Commentarius in Joannem, 1, II ; PG 73-225.
[18] — Sermo 64 ; PL 52-380.
[19] — Sermo 140 ; PL 52-577.
[20] — Sermo 142 ; PL 52-579.
[21] — Homilia I in Dormitionem B.V.M., n. 8 ; PG 96-713.
[22] — Homilia VI in Nativitatem B.V.M., n. 12 ; PG 96-680.
[23] — Homilia I in Nativitatem B.V.M. ; PG 96-660.
[24] — Ibid.
[25] — Homilia II in Dormitionem B.V.M., n. 16 ; PG 96-744. Voir aussi PG 96-701 : « distributrice des biens ».
[26] — Homilia I in Dormitionem B.V.M., n. 10 ; PG 96-716.
[27] — Epistola 29 ; PL 144-419.
[28] — Sermo 44 in Nativitatem B.V.M. ; PL 144-737. Ce sermon est attribué par la critique à Nicolas de Clairvaux († 1176).
[29] — Ibid. ; PL 144-740.
[30] — Hymnum 60 ; PL 145-936.
[31] — Sermo 46 in Nativitatem B.V.M. ; PL 144-761.
[32] — Sermo 45 in Nativitatem B.V.M. ; PL 144-741.
[33] — Fragments attribuables à saint Pierre Damien, par J. Leclercq, dans Ephemerides Liturgicæ, 1958, n. 72, f. 1, p. 305.
[34] — Saint Pie X, Encyclique Communionum rerum du 29 avril 1909 ; texte latin dans l'Ami du Clergé (1909), p. 448.
[35] — Dictionnaire de Spiritualité, art. Anselme, Paris, Beauchesne, 1937, t. I, col. 694.
[36] — Oratio 51 ad B. Virginem ; PL 158-950.
[37] — Oratio 52 ad B. Virginem ; PL 158-955.
[38] — Ibid.
[39] — « Mediatrix salutis » (PL 182-333) ; « Mediatrix nostra » (PL 183-43) ; « talem mediatricem » (PL 183-430) ; « mediatricem apud solem justitiæ constitutam » (PL 183-438).
[40] — Sermo dom. in octav. Assumptionis ; PL 183-429. Même pensée en PL 183-441.
[41] — Sermo in Nativit. B.M.V. ; PL 183-441. Voir aussi PL 183-100 : « Nihil nos Deus habere voluit, quod per Mariæ manus non transiret. »
[42] — Sermo in Nativit. B.V.M. ; PL 183-443.
[43] — Dictionnaire de Spiritualité, art. Antoine de Padoue, ibid. col. 716.
[44] — Sermo in Annuntiat. B.V.M., n. 2 ; Sermones dominicales et festivi, Padoue, éd. critique du Messager de Padoue, 1979, t. II, p. 120.
[45] — Sermo in Purificat. B.V.M., n. 5 ; ibid., p. 133.
[46] — Sermo in Assumpt. B.V.M., n. 5 ; ibid., p. 150.
[47] — III, q. 26, a. 1, c.
[48] — Super Evangel. S. Ioannis, c. II, lect. 1 (§ 344) ; Turin, Marietti, 6e éd., 1972, p. 69.
[49] — In salutationem angelicam ; trad. dans Le Pater et l'Ave, Paris, N.E.L., 1967, p. 170-171.
[50] — III Sent., d. 3, P. I, a. 1, q. 11. Dans Opera omnia, Florence, Quaracchi, 1887, t. III, p. 67.
[51] — Sermo 5 de Annunt. B.V.M. ; ibid., t. IX, p. 679.
[52] — Sermo 2 de Purificat. B.V.M. ; ibid., p. 641.
[53] — Sermo 4 de Assumpt. B.V.M. ; ibid., p. 696 sq.
[54] — Voir aussi Sermo 9 in Pentecoste ; ibid., p. 340.
[55] — Sermo de Regia dignitate B.V.M. ; dans le bréviaire romain, 9e leçon de la fête de Marie-Reine (au 31 mai).
[56] — Sermo 5 de Annunt. B.V.M., Opera omnia, t. IX, p. 679.
[57] — Sermo 6 de Assumpt. B.V.M., ibid. p. 705.
[58] — Sermo 5 de Annunt. B.V.M. ; ibid., p. 679.
[59] — On y trouve couramment le mot « mediatrix » (q. 29, 31, 77, 191 etc…).
[60] — Par exemple dans De natura boni n. 135 ; Opera omnia, Aschendorff, 1974, t. XXV, P.I, p. 54a ou dans le Sermo XXXIV In Assumptione B.V.M. ; Sermones B. Alberti Magni, Toulouse, Privat, 1883, (trois fois), p. 434a et 434b : « Pro peccatoribus quasi pia Mediatrix jugitur intercedat. »
[61] — Comment. sup. cap. 1 Lucæ ; cit. Summa aurea de laudibus B.V.M., Paris, Migne, 1862, t. IX, col. 906.
[62] — Sermo XL in Nativit. B.V.M. ; Sermones, ibid. p. 455b.
[63] — Sermo XXIX in Nativit. B.V.M. ; Sermones, ibid., p. 451b.
[64] — Sermo XXXIV de Assumpt. B.V.M. ; Sermones, ibid., p. 439a.
[65] — Comment. sup. cap. 4 Matt. ; Summa aurea, ibid.
[66] — Comment. sup. cap. 1 Lucæ ; Summa aurea, ibid.
[67] — De natura boni ; ibid.
[68] — De Maria Virgine incomparabili, Ingolstadt, 1577.
[69] — Ibid., liv. V; c. 8 ; texte latin dans la Summa aurea, ibid., col. 110 sq.
[70] — Dictionnaire de Spiritualité, ibid. t. IX, p. 389. Voir aussi : La Doctrine mariale de saint Laurent de Brindes, par le P. Jérôme de Paris, O.F.M. Cap., Paris, Librairie Saint-François, 1933, 295 p.
[71] — Sermo 10 in salut. angel. ; Opera omnia, vol. I (Mariale), Padoue, Offic. typo. semin., 1964, p. 254.
[72] — Sermo 1 in Assumptionem ; ibid., p. 578.
[73] — Sermo 5 super Fundamenta ejus ; ibid., p. 380.
[74] — Sermo 1 in Assumptionem ; ibid., p. 588.
[75] — Sermo 15 super Missus est ; ibid., p. 154.
[76] — Sermo 10 in salut. angel. ; ibid., p. 250.
[77] — Sermo 1 in Assumptionem ; ibid., p. 578.
[78] — DTC, article « Bellarmin » ; t. 11a, col. 560.
[79] — Voir Hardon J.-A. S.J., Mary mediatrix in the theology of Bellarmin ; Hom. past. review (1948), p. 91-97.
[80] — « Tantam mediatricem » ; Sermo dom. II post Epiph. ; Opera oratoria postuma, Rome, Univ. Grégor., 1944, vol. V, p. 143.
[81] — Concio 42 de Nativit. B.V.M. ; Opera Omnia, Naples, 1861, t. V, p. 298.
[82] — Sermo in Assumpt. B.V.M. ; Opera Omnia, Naples, 1872, t. VII, p. 280.
[83] — Sermon 50.
[84] — Sermon pour l'Assomption : Œuvres complètes, Éd. de la Visitation d'Annecy, t. IX, p. 190.
[85] — Sermon pour l'Annonciation ; ibid., t. III, p. 240.
[86] — Ibid., t. XXVI, p. 266.
[87] — Sermon pour l'Assomption ; ibid., t. VII, p. 459.
[88] — Ibid., t. XXVI, p. 92.
[89] — Les Gloires de Marie, P. 1, ch. 5 ; Versailles, Saint-Paul, 1997, p. 98.
[90] — Ibid., p. 100.
[91] — Il s'agit de Muratori, dans son ouvrage Della regolata divozione dei cristiani (ch. 22), qui faisait concert avec les jansénistes de l'époque. Assertion largement reprise par les mariologues minimalistes d'aujourd'hui.
[92] — Ibid., p. 104-105.
[93] — Saint Vincent de Lérins († 450), Commonitorium primum, c. 23 ; PL 50-668. Voir aussi Vatican I, S. III, c. 4, DS 3020.

