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Informations et commentaires

 

 

Décès

 


Un grand ami du Sel de la terre nous a quittés : M. Lucien Balado a été rappelé à Dieu le mercredi 20 août 2003, après plu­sieurs mois d’une pénible maladie. Bienfaiteur aussi discret qu’efficace, Lucien Balado faisait partie de l’équipe qui, chaque trimestre, œuvre à l’expédi­tion du Sel de la terre. Il venait également chaque semaine passer deux jours au couvent, pour aider à des travaux de se­crétariat. Nous le confions aux prières de nos lecteurs, et saisissons cette occasion pour remercier publiquement tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, aident, dans le silence, à la rédaction, à la correc­tion et à l’administration de la revue.


 

 

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Les méthodes de La Nef (suite)

 


On se souvient comment, suite à la publication d’extraits de lettres de l’abbé Berto dans notre numéro 43, le mensuel La Nef a accusé Le Sel de la terre d’avoir « coupé » ces lettres « pour mieux se l’an­nexer » et « de façon à ne pas faire appa­raître son esprit romain et filial à l’égard du pape ».

Nous avons fait justice de ces alléga­tions calomniatrices dans notre précédent numéro.

Nous avons également envoyé à Christophe Geffroy, directeur de La Nef, un droit de réponse déplorant ce mauvais procès d’intention. Le mensuel rallié l’a publié dans son numéro 139, agrémenté d’un commentaire affirmant très sérieu­sement que :

 

Il n’était pas question dans le nu­méro 137 de La Nef de faire un « procès d’intention » aux rédacteurs de la revue Le Sel de la terre.

 

Et, pour couronner le tout :

 

L’esprit romain et filial qui inspire ce qui, dans ses écrits [de l’abbé Berto], re­lève non seulement de la doctrine de l’Église, mais du droit canonique, de l’histoire ecclésiastique, de la liturgie et de la vie apostolique ne peut être en rien as­similé à l’esprit de la revue [Le Sel de la terre] [1].

 

Nous ne perdrons pas notre temps à commenter. Nous nous interrogeons néanmoins : n’y a-t-il vraiment personne, dans l’entourage de Christophe Geffroy, qui puisse prendre le temps de lui expli­quer ce que signifient les expressions « pour », « de façon à », « procès d’inten-tion » et « en rien » ?

 

Par ailleurs, le même mensuel, défen­seur vigilant de l’intégrité des textes et grand pourchasseur de « coupures » de­vant l’Éternel, a, sans scrupule, tronqué notre droit de réponse, faisant totalement disparaître l’adresse de notre revue, pour­tant mentionnée au milieu du texte que nous lui avions adressé.

Telles sont les méthodes de La Nef. Quand elle reçoit un droit de réponse de la Société Internationale d’Études sur Alfred Loisy (société favorable au mo­derniste du XXe siècle), elle en indique soigneusement l’adresse [2]. Mais quand elle en reçoit d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X [3], ou du Sel de la terre, elle tait cette adresse, coupant même au besoin le passage qui l’indique. De quoi a-t-elle donc peur ? Que ses lecteurs puissent ju­ger sur pièce ?

Heureusement, il y a Yves Chiron. Car (on n’est jamais trahi que par les siens) pendant que le directeur de la publication barricadait ainsi la porte d’entrée, Yves Chiron, tout innocemment, ouvrait une fenêtre à l’arrière. Consacrant deux pages, à la fin de la revue, au centenaire du père Emmanuel, il ne pouvait décemment omettre de dire un mot du numéro du Sel de la terre paru sur le sujet : il le men­tionne donc, en petits caractères, dans la bibliographie au bas de son article. Il dé­plore bien sûr : « Ce dernier volume, très abondant, […] est malheureusement marqué par un esprit systématique d’op-­position au concile Vatican II [4] », mais il en donne l’adresse. Ceux des lecteurs de La Nef qui ont été jusque-là, et qui ont su faire le lien entre la page 5 et la page 33, ont donc pu nous écrire. L’un d’entre eux en a même profité pour nous demander l’adresse d’une autre revue proche de la Fraternité saint-Pie X qui avait été vive­ment critiquée dans un précédent numéro de La Nef sans que les coordonnées en soient indiquées. Malgré nos désaccords doctrinaux, nous remercions donc Yves Chiron [5].

 


 

 

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Le cardinal Ratzinger, Alain de Benoist

et la liberté religieuse

 

 


Parlons doctrine, précisément. Dans le numéro 39 (2 mars 2003) de son bulletin Alètheia, Yves Chiron se félicite de ce que le cardinal Ratzinger, dans sa Note doc­trinale du 24 novembre 2002 sur l’enga­gement des catholiques dans la politique, ait condamné l’indifférentisme religieux (c’est-à-dire l’opinion selon laquelle toutes les religions se valent plus ou moins). Il cite ce passage :

 

[…] Il est bon de rappeler une vérité qui n’est pas toujours perçue et n’est pas formulée comme il se doit dans l’opinion publique commune : le droit à la liberté de conscience et spécialement à la liberté religieuse, proclamée par la déclaration Dignitatis humanæ du concile Vatican II, se fonde sur la dignité ontolo­gique de la personne humaine, et non certes sur une égalité entre les religions, ou entre les systèmes culturels humains. Cette égalité n’existe pas. Dans la même ligne, le pape Paul VI a affirmé que « le Concile ne fonde en aucune manière ce droit à la liberté religieuse sur le fait que toutes les religions et les doctrines, même erronées, auraient une valeur plus ou moins égale ; il le fonde au contraire, sur la dignité de la personne humaine, qui requiert de n’être pas soumise à des contraintes extérieures qui tendent à opprimer la conscience dans sa recherche de la vraie religion et sa soumission à ce­lui-ci [sic]. » L’affirmation de la liberté de conscience et de la liberté religieuse ne contredit donc pas du tout la condamna­tion de l’indifférentisme et du relativisme religieux de la part de la doctrine catho­lique, au contraire elle est pleinement co­hérente avec elle.

 

Cette citation du cardinal Ratzinger appelle quelques commentaires.

 

1. — Encyclique Mirari vos, de Grégoire XVI (1832) :

 

De cette source empoisonnée de l’indif­férentisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire : qu’on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ; erreur des plus conta­gieuses, à laquelle aplanit la voie cette li­berté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l’Église et de l’État, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d’impu­dence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion. « Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur ! », disait saint Augustin [6].

 

A la suite de toute une série de défen­seurs de Dignitatis humanæ, le cardinal Ratzinger cherche à faire croire que le droit à la liberté religieuse (qui implique, pour l’autorité, un devoir de « procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ») est seulement condamné lorsqu’il est fondé sur le principe de l’égalité des religions (indifférentisme) ; mais, fondé sur un autre principe (en l’occurence la dignité de la personne hu­maine), il cesserait d’être condamnable.

Ce n’est pas du tout ce qu’enseigne ici Grégoire XVI. Car il n’aurait pas, pour la seule raison qu’on la faisait dériver d’un principe faux, condamné une conclusion comme fausse, absurde et même délirante, si elle était juste en elle-même. C’est en soi qu’est condamné le faux devoir de « procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ». Ce que le pape note, et très justement, c’est que ce faux droit est, historiquement, né de l’indifférentisme. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, les grands propagandistes de la tolérance religieuse sont déistes, œcuménistes avant l’heure, ou antireligieux – bref indifférentistes. Pour eux, toutes les religions se valent plus ou moins (même si, pour certains, elles ne valent pas grand-chose). C’est seulement après la Révolution que cer­tains catholiques croient judicieux d’aller récupérer ce drapeau pour lutter contre l’absolutisme de l’État : c’est tout le catho­licisme libéral du XIXe siècle. Le pape Grégoire XVI y fait d’ailleurs allusion. Et il ne dit pas du tout que ce faux droit de­vient bon dès lors qu’il est utilisé dans une bonne intention et au service de la religion. Il dénonce au contraire ceux qui, « par un excès d’impudence ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion » la moderne liberté d’opinion.

 

2. — 79e proposition du Syllabus de Pie IX :

 

Il est faux que la liberté civile de tous les cultes et que le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publi­quement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions, jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l’esprit et propagent la peste de l’indifférentisme.

 

Cette proposition étant condamnée, il suffit, pour avoir la position juste, de rayer le membre de phrase « il est faux que ».

L’Église enseigne donc que :

 

La liberté civile de tous les cultes et le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions, jettent plus facilement les peuples dans la corrup­tion des mœurs et de l’esprit et propagent la peste de l’indifférentisme.

 

On ne reproche plus ici à la liberté re­ligieuse d’être la fille de l’indifférentisme, mais bien d’en être la mère. Quel que soit le principe sur lequel on prétend fonder cette liberté civile de tous les cultes (que ce soit déjà l’indifférentisme ou bien la dignité de la personne humaine ou n’im­porte quoi d’autre), on sait d’avance – car l’Église nous l’affirme – qu’elle mènera à l’indifférentisme.

C’est d’ailleurs ce qu’est contraint d’avouer le cardinal Ratzinger : malgré toutes les dénégations de Paul VI et de Vatican II, « l’opinion publique com­mune » conçoit la liberté religieuse comme impliquant une certaine « égalité entre les religions ».

Née dans des intelligences marquées par l’indifférentisme, c’est évidemment au nom d’autres principes que la « liberté religieuse » a été répandue aux XIXe et XXe siècles chez les catholiques, sous pré­texte de protéger l’Église contre le totali­tarisme. Il n’empêche : c’est finalement à l’indifférentisme qu’elle mène ceux qui l’adoptent. L’expérience prouve ce que Pie IX avait déjà dénoncé dans son Syllabus.

Conséquence logique : prônant la li­berté religieuse, le cardinal Ratzinger ne peut efficacement combattre l’indifféren­tisme.

 

3. — Pourquoi et comment la liberté religieuse, même lorsqu’on ne veut pas la fonder sur l’indifférentisme (mais, par exemple, sur une fausse conception de la dignité humaine), propage-t-elle néces­sairement la peste de l’indifférentisme ?

Tout simplement à cause du bon sens populaire.

Aucune mère de famille n’admettrait que l’État laisse vendre, par principe, des boîtes de conserve empoisonnées sous prétexte de respecter la liberté de choix du consommateur.

Sans être capable de réfuter tous les sophismes qu’on pourra lui servir sur le droit du consommateur à s’empoisonner dans la dignité, Madame Durand gardera une irrépressible tendance à estimer que si l’État permet la vente d’une chose, elle doit être saine. Et qu’on ne saurait consi­dérer les supermarchés comme des « espaces autonomes » ouverts à la libre diffusion des boîtes de conserve avariées.

De même en matière religieuse. Un État qui accorde les mêmes droits à toutes les religions favorise nécessairement, et par le fait même, l’idée que toutes les re­ligions se valent plus ou moins (ou, en tout cas, qu’aucune n’est radicalement nocive).

Si l’immense majorité de la population accepte aujourd’hui l’idée de la liberté re­ligieuse, c’est tout simplement parce que cette même immense majorité ne croit plus que les fausses religions conduisent aux supplices éternels (et, pour une bonne part, ne croit même plus à ces sup­plices éternels). Si elle avait une vraie conscience du risque encouru, elle ne se­rait pas si tolérante.

 

4. — Mgr de Castro Mayer ajoutait une autre raison, d’ordre psychologique :

 

En relation intime avec la liberté reli­gieuse, il y a la question de l’« œcuménisme » tel qu’il est compris et pratiqué. La liberté religieuse que nous venons de voir donne à l’homme le plein droit de suivre sa religion, même si elle est fausse, et impose à l’État le devoir d’être au service des citoyens dans leur usage d’un pareil droit. La liberté religieuse, donc, favorise, quand elle n’impose pas, le pluralisme religieux.

Or, il s’avère que, dans une société di­visée par ce pluralisme, l’identité d’ori­gine de tous les hommes, les mêmes pro­blèmes à résoudre, les mêmes difficultés à affronter, réveillent dans les individus le désir véhément de rechercher une unité de fond religieux, étant donné que la com­munion dans la conviction religieuse est un moyen excellent d’unir les efforts en vue du bien commun et de l’intérêt pu­blic. De là les mouvements ayant pour but d’arriver à l’union de plusieurs reli­gions, moyennant l’acceptation de prin­cipes communs à toutes, sans exiger la re­nonciation aux caractéristiques spéci­fiques de chacune, ces religions restant distinctes les unes des autres [7].

 

5. — La liberté religieuse entraîne donc l’indifférentisme. Mais, si considérable que soit cet effet nocif, il n’est pas le prin­cipal motif de notre refus. Car la fin ne justifie pas les moyens. Même si (hypothèse absurde) la liberté religieuse devait entraîner le salut de milliers d’âmes, elle ne pourrait pas être prônée comme un principe absolu de droit natu­rel (comme elle l’est dans Dignitatis hu­manæ) si elle était par ailleurs mauvaise et injuste en elle-même.

Si nous refusons le « droit » qu’énonce Vatican II en matière de liberté religieuse (droit à « ne pas être empêché d’agir se­lon sa conscience, en matière religieuse, en privé comme en public […] dès lors que les justes exigences de l’ordre public ne sont pas violées »), c’est d’abord et avant tout parce que c’est un faux « droit ».

Et telle a toujours été la position des catholiques fidèles : ils ne refusent pas la liberté religieuse parce qu’ils prêtent telle ou telle intention perverse à ceux qui l’ont votée, ou bien au nom de telle ou telle théorie philosophique, mais avant tout parce qu’elle est en soi (indépendamment du principe sur lequel on prétend la fon­der) contraire à la justice et à toute la tra­dition de l’Église.

Accessoirement (mais logiquement, car l’ivraie ne peut être semée que par l’en­nemi, et elle ne peut porter de bons fruits), ils remarquent que cette liberté religieuse est née dans des cerveaux hété­rodoxes et qu’elle mène ceux qu’elle sé­duit à la perte de la foi. Venant de l’indif­férentisme, elle ramène plus ou moins vite à l’indifférentisme les catholiques qu’elle a pu, sous tel ou tel beau prétexte, ramasser au passage.

 

6. — Au demeurant, la condamnation de la liberté religieuse n’est pas propre à Grégoire XVI et Pie IX, mais reprise et développée par toute une série d’ensei­gnements pontificaux. Elle n’est pas une nouveauté du XIXe ou du XXe siècle, mais l’enseignement constant de toute l’Église (parfaitement exprimé, par exemple, dans saint Augustin et saint Thomas d’Aquin). Et elle n’est même pas seulement un enseignement : elle est inscrite dans toute l’histoire de la sainte Église. Il y a, depuis les origines, une série quasi ininterrompue d’actes que les chrétiens, les prêtres, les évêques, les rois, les papes et, au premier plan, les saints, ont posés, et que, selon Dignitatis humanae, ils n’auraient jamais dû poser [8]. Avant même toute discussion sur la valeur de tel ou tel principe, il y a opposition de fait. L’Église conciliaire le reconnaît elle-même, puis­qu’elle demande pardon pour tous ces actes [9].

De subtiles distinctions sur le principe qui, pour tel ou tel, fonde cette liberté re­ligieuse, ou sur les bonnes intentions de ceux qui la vantent, ne sauraient ébranler une opposition si fondamentale.

 

7. — On peut maintenant apprécier à sa juste valeur la citation par laquelle Alètheia conclut ses deux pages sur la li­berté religieuse. Elle est extraite d’un livre d’Alain de Benoist. Il s’agit, met en garde Yves Chiron, d’un « livre contestable sur bien des points ». Et toutefois, poursuit-il, cet ouvrage « fait utilement remarquer à propos de la liberté religieuse revendi­quée par l’Église » les points suivants :

 


Contrairement à ce qu’affirment les traditionalistes, cette insistance [sur la liberté religieuse] ne revient nullement à minorer les vérités de la foi catholique par rapport aux autres religions. Elle ex­prime bien plutôt la volonté de l’Église d’établir à son bénéfice un espace échap­pant par définition au pouvoir d’État, mais qui, en même temps (et c’est là le point essentiel) puisse être utilisé comme base à partir de laquelle il lui sera à nou­veau possible de jouer un rôle dans la sphère publique, cessant ainsi de se borner à attester de la vérité divine dans la seule sphère privée [10].

 

Alain de Benoist explique donc aux traditionalistes – qui, les malheureux, n’ont encore rien compris – le principe et la fin de la liberté religieuse conciliaire : son principe, contrairement à ce qu’ils s’imaginent, n’est nullement l’indifféren­tisme (il ne s’agit absolument pas de « minorer les vérités de la foi catholique par rapport aux autres religions ») ; et sa fin n’est pas d’enfermer l’Église dans la sacristie, mais au contraire de lui rendre une certaine place dans la société.

Cette vision toute superficielle ne nous étonne guère de la part d’Alain de Benoist. Mais est-elle normale de la part de celui qui invoque ici son autorité ?

 


 

 

 

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« Nous avons un évêque qui n’est point pécheur »

 

 


De Jean Madiran, dans Présent du ven­dredi 11 avril 2003 :

 

La revue trimestrielle Le Sel de la Terre, publiée par les dominicains de la Haye-aux-Bonshommes […], vient de réaliser un numéro spécial de 480 pages, c’est son numéro « printemps 2003 », sur le père Emmanuel. Travail considérable, de qualité universitaire, et d’une grande opportunité. Son principal mérite est peut-être de rassembler sous nos yeux l’extension universelle des activités mul­tiples et de l’œuvre écrite du P. Emmanuel : théologie et liturgie, mo­nachisme et vie paroissiale, exégèse et ca­téchisme, et des enseignements eux aussi tellement actuels, d’une part sur les chré­tientés d’Orient, d’autre part sur l’islam. Tout cela avec de nombreux textes du P. Emmanuel et un appareil critique très soigné.

On sait que la revue Le Sel de la Terre est, comme on dit, très « proche » de la FSSPX et ne laisse passer aucune oc­casion de militer et, comme on dit aussi, de « prêcher pour sa paroisse ». Il est donc normal que, sous ce rapport, son numéro sur le P. Emmanuel soulève quelques ré­serves et rencontre quelques critiques. Mais le travail effectué par un tel numéro spécial ne doit pas en être sous-estimé. Il prend place au premier rang de l’état de la question comme l’avait fait d’ailleurs son numéro spécial sur le P. Calmel.

Ma critique ne portera aujourd’hui que sur la page 60 [11], où il est raconté qu’« un prêtre de passage » ayant en chaire cité la prière du Mesnil sous cette forme : « Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez les pécheurs », l’un des paroissiens du P. Emmanuel dit à la sortie, en son patois :

 

— J’en on de la chance, j’on un prédi­cateur qui est point pécheur !

 

Le patois donne à l’anecdote une sa­veur particulière, mais dans la version que je tiens d’Henri Charlier, ce n’était point « un prêtre de passage », c’était l’évêque du diocèse. Et le paroissien en avait tiré une conclusion qui demeure très actuelle :

— Nous en avons de la chance : nous avons un évêque qui n’est point pécheur.

 

L’auteur de l’article du Sel de la terre avait effectivement omis de donner la ré­férence de l’anecdote qu’il rapportait. Mais la « critique » de Jean Madiran touche en réalité la revue Itinéraires qui, en 1958, avait publié une étude d’Henri Charlier, racontant et commentant ainsi le fait :

 

Un prédicateur à sa première visite au Mesnil-Saint-Loup monta en chaire pour demander aux paroissiens de prier pour la conversion du diocèse, et termina en s’écriant : « Notre-Dame de la Sainte-Espérance, convertissez les pécheurs ! » En sortant de l’église, un bon vieux, touchant le coude de son voisin avec un demi-sou­rire lui dit : « J’en on de la chance, j’on un prédicateur qui est point pécheur ! ». Car la prière perpétuelle dit : convertis­sez-nous ! et tant qu’on ne fait point por­ter ses efforts sur la sanctification per­sonnelle d’abord, on fait fausse route [12].

 

Nous sommes heureux que le nu­méro 44 du Sel de la terre ait permis à l’an­cien directeur d’Itinéraires de fournir des précisions sur cette anecdote. Selon nos informations, l’auteur de ce mot malheu­reux fut Mgr Le Couedic, qui était encore en poste en 1958 [13]. On comprend qu’Henri Charlier ait préféré rester dans le vague.

 

*

 

Nul n’est prophète en son pays : une étude sur la façon dont la grâce de la Sainte-Espérance fut accueillie dans le diocèse de Troyes (et, particulièrement, par ses autorités) donnerait sans doute de tristes résultats. Henri Charlier a rapporté comment, dans les années 1950, on don­nait comme consigne : « Surtout, ne faites pas comme au Mesnil-Saint-Loup [14] ».

 

[Au Mesnil], Dieu a voulu donner un exemple des effets de la vraie doctrine et de la méthode, et cela pour le monde en­tier. Or cet exemple a toujours été consi­déré dans le diocèse non comme un mo­dèle mais comme une singularité. Le père Emmanuel fut même persécuté par cer­tains évêques qui ont ainsi empêché le développement de sa communauté. […] Les séminaristes nés au Mesnil et faisant leurs études au séminaire de Troyes étaient honteux d’être du Mesnil : et ail­leurs, ils s’en cachaient [15].

 

A quelques exceptions près, tous les membres du clergé local combattaient ou plaisantaient le père Emmanuel. Dans un diocèse déjà particulièrement déchristia­nisé (un des curés du diocèse, en charge de quatre paroisses, n’y trouvait que trois pascalisants [16]), les fruits évidents de grâce produits à Mesnil auraient dû ouvrir les yeux. Il n’en fut rien :

 

Comment se fait-il que toutes [les pa­roisses] soient tombées quasi à rien (dans la région) pendant qu’une seule montait dans la foi, l’espérance, la charité ? […] Le propos commun dans le clergé était que les habitants du Mesnil avaient conservé la foi parce qu’ils étaient des dégénérés qui se mariaient entre eux. Ce n’est pas un on-dit, je l’ai entendu plu­sieurs fois de mes propres oreilles [17].

 

Mystère de l’aveuglement.

 


 

 

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Une nouvelle campagne de la T.F.P.

 

 


Depuis plus d’un an, l’association Tradition Famille Propriété (T.F.P.) mène une nouvelle collecte de fonds, centrée, cette fois-ci, sur la médaille miraculeuse. Les « mailing » envoyés à des centaines de milliers d’exemplaires comportent certes le texte d’une neuvaine et une belle médaille miraculeuse, mais, surtout, une lettre d’appel construite selon toutes les règles de l’art publicitaire :

 

J’ai décidé de vous envoyer en cadeau la neuvaine de la médaille miraculeuse accompagnée d’une médaille. […] Cependant, si je vous écris aujourd’hui, c’est non seulement pour avoir le plaisir de vous faire ce cadeau mais surtout parce que je suis sûr que vous êtes, comme moi, préoccupé par les événements de ces derniers temps […]. Aussi je vous de­mande de m’aider à la distribuer. […] Vous et moi n’avons-nous pas l’obliga­tion de faire quelque chose de concret pour répandre encore davantage la mé­daille de la sainte Vierge ? 

Ah oui ! notre pauvre pays a vrai­ment besoin de la sainte Vierge. […]

C’est vous, par votre soutien, par votre don, qui allez faire ce travail d’apostolat marial. […]

 

Après avoir précisé qu’il a besoin de récolter « un peu plus de 91.469 euros » [?], l’auteur multiplie les arguments pour obtenir « un don de 20 euros, 30 euros, ou toute autre valeur de votre choix ». L’appel au sentiment est bien sûr au rendez-vous :

 

Vous-même pouvez en faire l’expé­rience : demandez-moi d’autres neu­vaines avec sa médaille à distribuer au­tour de vous et vous verrez par vous-même le regard brillant de joie et de re­connaissance de ceux qui la reçoivent, et vous verrez les merveilles que Marie fait pour ceux qui la prient avec confiance.

Voilà pourquoi je me permets d’insister et vous demande, si vous le pouvez, de soutenir cette campagne pour m’envoyer un don de 20 euros ou même de 30 euros [18].

 

Selon les bonnes méthodes commer­ciales, la lettre est suivie d’un post-scrip­tum qui insiste une nouvelle fois :

 

Merci de m’envoyer, si possible, un don de 20 euros ou de 30 euros.

 

L’incitation à la générosité peut diffici­lement passer inaperçue.

Ce qui risque en revanche d’être moins remarqué de la plupart des donateurs (et pourtant, on suppose que cette mention n’est pas là sans motif), c’est la phrase en caractères minuscules qui est imprimée au bas du coupon de participation :

 

Je laisse Tradition, Famille, Propriété seule juge de l’utilisation de mon don pour cette campagne ou pour la réalisa­tion de ses buts statutaires.

 

 

*

 

La T.F.P. et ses procédés sectaires ont déjà été suffisamment dénoncés dans Le Sel de la terre [19] pour que nous n’y reve­nions pas en détail (précisons que nous parlons ici de secte selon les critères ca­tholiques, et non selon les critères plus ou moins maçonniques de l’ADFI ou des rapports parlementaires [20]). Relevons seu­lement un trait commun des campagnes qu’elle lance régulièrement en France (directement ou par l’intermédiaire d’as­sociations « amies » comme Avenir de la culture ou Le droit de naître) : toutes por­tent sur une nécessité réelle et objective­ment grave (Fatima ; la lutte contre l’im­moralité à la télévision ou contre l’avor­tement ; la dévotion à la sainte Vierge ; etc.), mais, sous couvert de mobilisation massive pour ces grandes causes, elles ont pour principal effet de vendre une bonne conscience à bon marché à des gens qui désertent par ailleurs la lutte véritable, concrète et quotidienne.

Les parents qui constatent l’influence catastrophique de la télévision sur leurs enfants mais refusent obstinément de s’en séparer, se soulagent la conscience en en­voyant une signature et un chèque de vingt euros à la vaillante association qui lutte pour la propreté du petit écran. Ceux qui tardent à adopter enfin le cha­pelet quotidien demandé par le Ciel, se rattrapent en donnant vingt ou trente eu­ros qui permettront à la T.F.P. d’opérer son fructueux « apostolat » : expédier, avec une médaille miraculeuse, de nou­veaux courriers demandant de l’argent pour pouvoir expédier toujours plus de courriers (demandant encore de l’argent).

 


 

 

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Un cri d’alarme

 

 


Le mensuel Lectures françaises de mars 2003 cite un propos de M. l’abbé Ludovic Girod à la IIe journée du livre organisée à Nantes le 19 octobre 2002 :

 

A propos des livres que nous présentons, nous constatons que ceux qui sont faciles à lire partent beaucoup plus vite que les ouvrages de formation doctrinale. Bien sûr, il semble plus facile d’offrir à un en­fant un Trilby qu’une histoire sainte, de lire un Raspail que Le Problème de la réforme liturgique. Nous pensons cepen­dant que trop rares sont ceux qui font l’effort de lire régulièrement des livres de réflexion. Une véritable culture chré­tienne exige des efforts et de la persévé­rance. Quand reverrons-nous des laïcs réserver un quart d’heure par jour à l’étude d’un article de la Somme de saint Thomas ? […]

 

Et les rédacteurs de la revue Lectures françaises – qui sont en même temps les responsables du centre de librairie par correspondance de Chiré – commentent :

 

Depuis 37 ans que nous exerçons nos activités, nous avons remarqué peu à peu une modification de la vente des ouvrages en fonction de leur contenu. Il est exact que les livres de doctrine se vendent de moins en moins et qu’il y a une désaffec­tion du public à leur égard. Pourquoi ? très certainement parce que nous vivons tous dans une ambiance de facilité et de loisirs : l’audiovisuel est en train de porter des coups très durs au livre. Pratiquement toutes les familles possèdent un écran de télévision et un magnétoscope pour regar­der des cassettes vidéos. Or il est élémen­taire de constater que tout l’argent et le temps investi dans ce domaine l’est au dé­triment de l’achat de livres et de la lec­ture. Et lorsque l’on se dit qu’il faut quand même que « nos enfants lisent un peu », on leur propose, soit des bandes dessinées soit de petits romans faciles d’accès.

Ainsi, les enfants perdent peu à peu l’habitude de l’effort intellectuel et tombent dans la facilité. Et ce phénomène se développe depuis une vingtaine d’an­nées : les enfants de l’époque sont devenus adultes aujourd’hui et il n’est pas éton­nant qu’ils renâclent pour lire des livres « sérieux ».

Alors nous lançons ici un cri d’alarme pour demander une réaction vive et radi­cale contre ces penchants faciles. Il est de­venu vital sur le plan de la survie intel­lectuelle que les familles prennent conscience de ce phénomène et soient at­tentives aux lectures de leurs enfants et à l’occupation de leurs loisirs [21].

 

Cette nécessité de la lecture sérieuse, de l’effort intellectuel, les lecteurs du Sel de la terre en sont sans doute conscients. C’est donc à eux de s’en faire les apôtres auprès de leurs connaissances, particuliè­rement les adolescents, les étudiants et les jeunes foyers (car c’est à ce moment que se prennent – ou non – les bonnes habi­tudes). Qu’ils n’hésitent pas, en particu­lier, à prêter leurs exemplaires du Sel de la terre, en recommandant tel ou tel article concret qu’ils ont apprécié, et qu’ils sau­ront, par leur judicieux commentaire, faire apprécier.

Beaucoup de lecteurs potentiels du Sel de la terre en sont a priori découragés par la réputation de difficulté de la revue. Ceux qui, malgré tout, font l’effort de l’ouvrir, puis de la lire, en sont récom­pensés, et certains nous écrivent pour dire :

 

Ce fut dur au début. D’ailleurs je ne lisais pas tout. Mais progressivement, c’est devenu plus facile. Je ne sais pas si c’est la revue qui a changé, ou bien moi. Les deux peut-être. Mais je crois surtout que j’ai acquis l’habitude.

 

Mais ceux-là sont rares. Il est tellement plus facile de feuilleter un magazine !

Combien de talents ainsi gaspillés ! Combien d’intelligences qui auraient pu, si elles avaient travaillé, éclairer une, deux, dix ou cent personnes de leur en­tourage, et qui n’ont rien fait, faute d’a­voir étudié et réfléchi ? Combien de pa­rents qui auraient pu transmettre à leurs enfants une vraie culture chrétienne, un zèle ardent pour le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qui en font de semi-mondains, faute d’avoir su eux-mêmes nourrir et éclairer leur foi ? Combien de vocations perdues, par une telle négligence ! Et combien d’âmes ap­pelées par Dieu à grandir dans sa charité, qui végètent dans la médiocrité, faute de seulement vouloir comprendre ce qu’est la vie surnaturelle ?

Certains d’entre eux n’auraient pour­tant besoin que de notre aide.

Charitablement répétés, avec patience et persévérance, judicieusement adaptés aux besoins, aux attentes et aux capacités de chacun, nos encouragements peuvent porter beaucoup de fruit.

Pensons-y. Et sachons également prier à cette intention.

Nous voulons ici remercier tous ceux qui, parfois très généreusement, aident à faire connaître Le Sel de la terre ; tous ceux aussi qui prient à nos intentions (fût-ce par une invocation quotidienne à saint Thomas d’Aquin). La sainte messe offerte le premier mercredi de chaque mois aux intentions de la revue l’est aussi pour tous nos bienfaiteurs.

 

 

 

 

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[1] — La Nef (B.P. 48 – 78810 Feucherolles) nº 139, juin 2003, p. 5. C’est nous qui soulignons « en rien ».

[2] — La Nef nº 137, avril 2003, p. 4.

[3] — La Nef nº 119, septembre 2001, p. 4.

[4] — La Nef nº 139, juin 2003, p. 33.

[5] — Nous regretterons malgré tout que son honnêteté n’aille pas jusqu’à rectifier les accusations portées contre nous dans son bulletin Alètheia (16, rue du Berry – 36250 Niherne). On a pu y lire : « la publication des lettres [de l’abbé Berto] faire par les dominicains d’Avrillé s’est faite non sans coupures importantes et graves, etc. ». Nous avons répondu à ces accusations dans notre numéro 43 (p. 16-18). Et voilà qu’au lieu de rectifier ses dires, Yves Chiron annonce, dans un des numéros suivants, que de « hautes autorités » lui ont conseillé de « ne pas répondre » (ce qu’il applique à sa façon, en s’empressant de répondre… qu’il ne répondra pas). « Ne pas répondre » à nos arguments est certes son droit le plus strict. Mais les « autorités » en question lui ont-elles également conseillé de ne pas rectifier ses accusations infondées ? Si « hautes » qu’elles soient, elles n’ont aucun pouvoir pour l’en dispenser.

[6] — Grégoire XVI, Mirari vos, EPS.PIN 24.

[7] — Mgr Antonio de Castro Mayer, Lettre circulaire du 1er juin 1981 sur la pureté et l’intégrité de la foi. Traduction dans Itinéraires 257 (novembre 1981), p. 14.

[8] — Voir en particulier : « Les saints face à la liberté religieuse », Le Sel de la terre 13, p. 112-133 ; « La France chrétienne face à la liberté religieuse », Le Sel de la terre 19, p. 99-121 ; « Saint François d’Assise et la liberté religieuse », Le Sel de la terre 26, p. 170-175 ; « Vatican II désavoué par saint François Xavier », Le Sel de la terre 42, p. 224-243 ; ainsi que les études sur les saints inquisiteurs (saint Pierre de Vérone, Le Sel de la terre 36, p. 118-138 ; le Bx Guillaume Arnaud, Le Sel de la terre 37, p. 157-166).

[9] — Jean-Paul II, 1er septembre 1999 : « Même si beaucoup agirent de bonne foi, il ne fut certainement pas évangélique de penser que la vérité devait être imposée par la force ». Voir Le Sel de la terre 31, p. 186-187, et aussi les numéros 25, p. 166, et 33, p. 207-212.

[10] — Alain de Benoist, La “nuova evangelizzazione” dell’Europa. La strategia di Giovanii Paolo II, Arianna Editrice, 2002, p. 99, cité par Alètheia, nº 39, p. 2.

[11] — Cette « critique », qui est en réalité plutôt une précision, est demeurée la seule, à l’heure où nous rédigeons ces lignes. (NDLR.)

[12] — Henri Charlier (sous le pseudonyme de D. Minimus), « Le père Emmanuel et la paroisse du Mesnil-Saint-Loup (II) », Itinéraires 27 (novembre 1958), p. 131-132.

[13] — Évêque de Troyes de 1944 à 1967, Mgr Julien Le Couedic est décédé en 1975.

[14] — Rapporté par D. Minimus [Henri Charlier], « Le père Emmanuel et la paroisse du Mesnil-Saint-Loup », Itinéraires 26, (septembre-octobre 1958), p. 90.

[15] — Henri Charlier, « Au Mesnil », Itinéraires, 197 (novembre 1975), p. 21-22.

[16] — Fait rapporté par D. Minimus [Henri Charlier], « Le père Emmanuel et la paroisse du Mesnil-Saint-Loup », Itinéraires 26, (septembre-octobre 1958), p. 92.

[17] — Henri Charlier, « L’œuvre de Notre-Dame au Mesnil-Saint-Loup », Itinéraires 85 (juillet-août 1964), p. 42.

[18] — On attendrait : « Soutenir cette campagne en m’envoyant un don de 20 euros ». Mais le texte de la T.F.P. parle bien de « campagne pour m’envoyer 20 euros ». (NDLR.)

[19] — Voir à ce sujet : l’étude détaillée de Carlo Alberto Agnoli et Paolo Taufer parue dans les numéros 7, 8 et 10 du Sel de la terre sous le titre « T.F.P. : le masque et le visage » ; la recension de la biographie de Plinio Corrêa de Oliveira (fondateur de la T.F.P.) parue dans notre numéro 25 (p. 184-194) ; les importants documents publiés dans notre numéro 28 (p. 185-199). De façon plus anecdotique : Sel de la terre 27 (p. 191-193) et 39 (p. 262). Voir aussi l’article de Roger de la Brenne « Une étrange association “catholique” : la TFP », dans Fideliter 138 (novembre-décembre 2000), p. 54-59.

[20] — Nous avons cité dans notre numéro 28 (p. 190) les précisions sur le mot secte que Mgr de Castro Mayer donnait, précisément à propos de la T.F.P., en 1983. Nous commentions ensuite : « La T.F.P. a jusqu’ici profité de l’ambiguïté du mot secte, employé à tort et à travers, pour se défendre simultanément contre les mouvements antisectes laïcistes, comme 1’ADFI, ou les rapports parlementaires, et contre les traditionalistes catholiques. Le témoignage de Mgr de Castro Mayer présente l’avantage de dissiper cette confusion : la notion de secte applicable au cas de la T.F.P. ne doit rien aux médias, ni à l’épiscopat conciliaire, ni aux rapports parlementaires. Elle se définit par rapport à l’unité de l’Église et ne relève que de son jugement. »

[21]Lectures françaises 551 (mars 2003), p. 61. Adresse : B.P. 1 – 86190 Chiré-en-Montreuil.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 46

p. 259-269

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