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L’encyclique

Ecclesia de Eucharistia

est-elle un signe du retour de Rome

à la Tradition ?

 

 

 

par l’abbé Peter R. Scott

 

 

 

L’encyclique Ecclesia de eucharistia, publiée le Jeudi saint de cette année 2003 par le pape Jean-Paul II, a déjà été brièvement présentée dans Le Sel de la terre 45, pages 1-8. L’éditorial du présent numéro en traite également, soulignant la grave falsification qu’opère cette encyclique en remplaçant « pro multis » [pour beaucoup] par « pro omnibus » [pour tous] dans la formule de consécration du précieux sang.

Pour permettre à nos lecteurs d’approfondir la question, nous publions ici une analyse due à la plume de Monsieur l’abbé Peter R. Scott, de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, directeur du Séminaire de la Sainte-Croix à Goulburn, en Australie. Ce travail est originellement paru en anglais dans le bulletin du séminaire, Southern Sentinel, sous le titre Is pope John-Paul II’s Holy Thursday encyclical on the Eucharist a sign of a return of Rome to Tradition [1] ? La présente traduction, réalisée par nos soins, a été revue par l’auteur avant publication.

Au sujet de cette même encyclique Ecclesia de eucharistia, et des ency­cliques de Jean-Paul II en général, S.E. Mgr Bernard Fellay a fait la remarque suivante, le 8 juin 2003, à Écône, dans son homélie pour la fête de la Pentecôte :

« Quand on lit ces encycliques, on voudrait les lire avec des yeux catho­liques. Quand on les lit avec des yeux catholiques, on voit certaines phrases qui sonnent catholiques, on s’en réjouit ; on en voit d’autres où on ne com­prend rien, alors on les saute, sans penser que ce sont elles les clefs de lecture. »

Le Sel de la terre.

 

 

 

L’ENCYCLIQUE Ecclesia de eucharistia du pape Jean-Paul II a été l’objet de vives discussions. On y trouve en effet plusieurs rappels du dogme catholique, qui ont permis à des catholiques d’esprit conser­vateur de chanter ses louanges de la même façon qu’ils avaient déjà loué la lettre apostolique sur le rosaire, pourtant foncièrement moderniste [2], parce qu’ils y trouvaient rappelée la dévotion à Notre-Dame.

Bien sûr, il est encourageant de retrouver exprimée la doctrine du concile de Trente, à savoir que « l’eucharistie est un sacrifice au sens propre » (§ 13), qu’elle ne fait qu’un avec le sacrifice de la croix (§ 12), d’entendre proclamer à nouveau la présence réelle, « une présence substantielle par laquelle le Christ, l’Homme-Dieu, se rend présent tout entier » (§ 15), de lire l’épithète « toujours valable » appliquée à la doctrine de la transsubstantiation (§ 15), de voir condamner non seulement le fait que l’eucharistie puisse être « privée de sa valeur sacrificielle » et réduite à « une rencontre conviviale et fraternelle » (§ 10), mais aussi la confusion entre le ministère des prêtres et celui des fidèles (§ 29), l’abandon du culte de l’adoration eucharistique (§ 10) et nombre d’autres dérapages, telle la possibilité de donner la sainte communion à ceux qui se trouvent en état de péché mortel (§ 36, 37). Quel est le catholique que ne réjouiraient pas semblables rappels de la doctrine et de la discipline catholiques ?

Et pourtant, de même que la lettre apostolique sur le rosaire n’a pas pu se concrétiser par un vrai renouveau de piété et une récitation accrue du chapelet, de même cette encyclique ne pourra pas « dissiper les ombres sur le plan doctri­nal et les manières de faire inacceptables » qu’elle dénonce (§ 10).

La raison en est que ces affirmations traditionnelles n’entendent nullement contredire les affirmations contraires de Vatican II et de la nouvelle messe, qui définissent la messe comme un « mémorial » et comme un « banquet ». Cette en­cyclique est en effet une tentative pour réconcilier les contraires, exactement comme Rosarium Virginis Mariæ était une tentative pour réconcilier la dévotion à Notre-Dame et le mysticisme oriental non-chrétien dont il est dit qu’il renferme « des éléments positifs et parfois compatibles avec l’expérience chrétienne », parce que à la fois le rosaire et le mysticisme oriental sont des méthodes visant à atteindre un plus haut degré de « concentration spirituelle » (§ 28). De la même manière, Ecclesia de Eucharistia est une tentative concertée pour reprendre cer­tains enseignements fondamentaux touchant la foi, mais de façon à ne contredire aucun de ceux de la nouvelle théologie.

Ceci transparaît dans certaines affirmations contenues ailleurs dans l’ency­clique, mais ce sont surtout les omissions qui sautent aux yeux.

 

 

La nouvelle théologie

dite « du mystère pascal »

 

Dès le début de l’encyclique (§ 3), le pape proclame comme essentielle, au centre de la vie ecclésiale, la nouvelle théologie dite « du mystère pascal ». Tout son propos tourne d’ailleurs autour de « l’eucharistie, sacrement par excellence du mystère pascal ».

Qu’on me permette de résumer comment ce « mystère pascal » se trouve substitué à la rédemption, aussi bien à Vatican II, dans la nouvelle messe et dans le nouveau Catéchisme de l’Église catholique paru en 1992, que dans chacune des encycliques du pape Jean-Paul II (cette théorie étant aussi à la base de son œcuménisme effréné). Selon cette théorie, la rédemption n’est que l’entière mani­festation de l’amour et de la miséricorde infinis de Dieu, en sa passion et sa ré­surrection, mais essentiellement dans la résurrection. Ainsi la croix est-elle sim­plement « le signe de l’amour universel de Dieu » (Nostra ætate § 4). Le péché n’est pas une injustice, il ne fait contracter aucune dette de châtiment ; nous n’a­vons pas à faire pénitence, la crucifixion n’est pas satisfactoire, et par conséquent la messe n’est pas un sacrifice propitiatoire. L’eucharistie est simplement une ma­nifestation de la bonté de Dieu, un « mystère lumineux » (§ 62) comme le pape l’appelle avec fierté.

Les trois aspects de l’eucharistie dont traite l’encyclique (§ 61), à savoir qu’il s’agit d’un sacrifice, d’une présence réelle et d’un banquet, sont tous parfaitement compatibles avec cette théologie du mystère pascal. Car la « dimension sacrifi­cielle » dont on parle ici est simplement l’offrande de quelque chose (§ 56) ; la présence réelle est simplement « tout à fait spéciale » (§ 15) ; enfin, c’est le « vrai banquet » qui est essentiel au « sacrifice eucharistique », car c’est vers lui que ce sacrifice est « intrinsèquement dirigé » (§ 16). Tout autre est l’enseignement tradi­tionnel sur ce troisième point, réaffirmé par le pape Pie XII dans Mediator Dei (§ 115) : si la réception de la sainte communion est nécessaire à l’intégralité, à la totalité de la messe, elle n’est cependant pas essentielle à l’oblation sacrificielle elle-même.

 

 

Disparition du sacrifice propitiatoire

 

Ce n’est donc pas par hasard que cette encyclique, qui cite le célèbre deuxième chapitre de la session XXIIe du concile de Trente (§ 16), et qui connaît donc la définition si parfaite de la nature de la messe qui s’y trouve formulée, passe entièrement sous silence la partie essentielle de la définition, à savoir que c’est un sacrifice propitiatoire. Voici ce qui est omis :

 

Le saint Concile déclare que ce sacrifice est véritablement propitiatoire. […] Car Notre-Seigneur apaisé par cette offrande, et accordant la grâce et le don de péni­tence, remet les crimes et les péchés, même les plus grands. […] Et c’est même par le moyen de cette oblation non sanglante que l’on reçoit avec abondance le fruit de celle qui s’est faite avec effusion de sang. […] C’est pourquoi, conformément à la tradition des apôtres, elle est offerte, non seulement pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités des fidèles qui sont encore vivants, mais aussi pour ceux qui sont morts en Jésus-Christ, et qui ne sont pas encore entièrement purifiés (DS 1743).

 

Même si l’encyclique ne tombe pas directement sous la condamnation du ca­non correspondant, puisqu’elle ne nie pas explicitement la vérité qu’il définit, le silence délibéré quant à cet enseignement crucial peut être interprété comme une manière implicite de le nier. Or ce canon est très clair :

 

Si quelqu’un dit que le sacrifice de la messe […] n’est pas propitiatoire, ou qu’il n’est profitable qu’à celui qui le reçoit et qu’il ne doit point être offert pour les vi­vants et pour les morts, pour les péchés, les peines et les satisfactions, et pour toutes les autres nécessités : qu’il soit anathème » (canon 3, DS 1753).

 

Cette omission de toute référence à ce qui fait de la messe un vrai sacrifice satisfactoire, un sacrifice offert en propitiation pour les péchés, cette omission à soi seule suffit pour condamner ce document comme moderniste.

 

 

Léon XIII et Pie XII

 

La meilleure illustration de la grièveté de cette omission est fournie, je crois, par une comparaison avec une autre encyclique d’il y a une centaine d’années, qui est aussi mentionnée par Jean-Paul II (§ 9), et qu’il est donc nécessairement présumé bien connaître.

Il s’agit de l’encyclique de Léon XIII, sur la très sainte eucharistie, en date du 28 mai 1902. Léon XIII y enseigne que c’est précisément parce que l’eucharistie est « un mémorial perpétuel de sa passion » qu’elle proclame la « nécessité d’une salutaire réparation personnelle » et que son profit s’étend non à l’humanité, mais à tous ceux que comprend la communion des saints, « dans le but d’expier les péchés de ceux qui sont encore retenus dans les flammes du purgatoire ou qui sont encore exilés sur cette terre ».

Léon XIII ne parle pas ici exclusivement de l’effet propitiatoire, mais il l’a cer­tainement à l’esprit. Cela est aussi très bien expliqué par le pape Pie XII dans son encyclique de 1947 sur la liturgie, Mediator Dei, où il condamne ceux qui « sont allés jusqu’à vouloir retirer de leurs églises les images du divin Rédempteur souf­frant sur la croix » (§ 163) – ce qui est le cas de nos jours où il est courant de voir le Christ ressuscité remplacer le crucifix. Pie XII explique ainsi cette condamnation :

 

Étant donné que ses cruelles souffrances constituent le principal mystère de notre rédemption, il convient que la foi catholique lui donne la première place (§ 164).

 

L’oubli de cette place principale que tient le mystère de la passion accom­pagne nécessairement l’exclusion de l’effet propitiatoire, dans les esprits modernistes.

Léon XIII conclut en faisant remarquer le « déluge de turpitude » qui s’est ré­pandu à son époque – que dirait-il aujourd’hui ? – notant qu’en conséquence « le genre humain semble, en grande partie, appeler sur lui la colère du Ciel ».

 

Il faut donc exciter les fidèles pieux et zélés à s’efforcer d’apaiser Dieu qui punit les crimes et d’obtenir pour un siècle de calamités des secours opportuns. Sachons que ces résultats doivent être demandés surtout par ce sacrifice. Car nous ne pou­vons satisfaire pleinement les exigences de la divine justice ni obtenir en abondance les bienfaits de la clémence divine, que par la vertu de la mort du Christ. Il a voulu que cette vertu d’expiation et de prière demeurât entière dans l’eucharistie : celle-ci n’est pas que vaine et simple commémoration de sa mort, mais en est la reproduc­tion véritable et merveilleuse, bien que mystique et non sanglante (Miræ caritatis).

 

Mots inspirés et féconds que ceux-là, manifestant la grandeur de notre foi ! Si seulement Jean-Paul II pouvait s’élever à des hauteurs de vue aussi surnaturelles !

 

 

Du « mémorial » à l’œcuménisme

 

Une autre caractéristique de la nouvelle théologie dite « du mystère pascal », c’est que l’aspect « mémorial » de la messe l’emporte sur l’aspect sacrificiel. Il n’est pas surprenant que l’encyclique insiste sur ce point, par exemple au para­graphe 57.

On trouve un autre indice de cette erreur dans l’approbation positive que donne l’encyclique à la façon dont la nouvelle messe insère, après la consécra­tion, une acclamation de la résurrection et de la seconde venue du Seigneur. L’encyclique affirme en effet qu’à ce moment, « le sacrifice eucharistique rend présent » « le mystère de la résurrection », comme il rend tout aussi présent « le mystère de la passion et de la mort du Sauveur » (§ 14).

Mettre ici la résurrection sur le même plan que la passion, c’est traiter de fait l’eucharistie comme étant principalement une commémoration, puisque, manifes­tement, la résurrection ne fait pas partie du sacrifice propitiatoire.

On pourra voir d’autres marques de cette nouvelle théologie du mystère pas­cal dans la réaffirmation de la définition moderniste de l’Église, telle que la pro­pose Vatican II, comme « sacrement pour l’humanité, signe et instrument du salut opéré par le Christ […] pour la rédemption de tous » (Lumen gentium § 22). Nouvelle manière d’interpréter l’Église comme signe visible, rendant le Christ pré­sent à toute l’humanité. Telle est la raison de l’« enthousiasme de la nouvelle évangélisation » (§ 6) dont le but est de « reconnaître [le Christ] partout où il se manifeste, dans la multiplicité de ses modes de présence » (ibid.), ce qui conduit alors au « caractère cosmique » de l’eucharistie, car elle « est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde […]. Elle englobe et elle imprègne toute la créa­tion » (§ 8). Ce naturalisme, cette confusion entre les ordres naturel et surnaturel, procède de ce que l’on a réduit l’Église à la capacité de rendre le Christ présent, et l’eucharistie à celle de rendre l’Église présente. D’où l’insistance sur le rôle de l’eucharistie dans la construction de l’Église, à savoir qu’elle « crée proprement la communauté entre les hommes », car c’est par l’eucharistie que « l’Église réalise toujours plus profondément son identité : elle est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de […] l’unité de tout le genre humain » (§ 24).

Confusion fondamentale, évidente, entre l’unité surnaturelle de foi, qui est un des caractères de l’Église catholique romaine, et l’unité de type démocratique, égalitaire, horizontal, purement naturel, qu’il est plus juste d’appeler « solidarité » (§ 20) et qui, prenant le masque de l’unité surnaturelle de l’Église, lui substitue en fait une « communion de tous les hommes avec le Christ » (§ 22) d’ordre pure­ment naturel.

D’autre part, en mettant à nouveau l’accent sur l’importance de l’œcumé­nisme, cette nouvelle encyclique, comme déjà celle de 1995 sur la question, sou­ligne « le lien de l’eucharistie avec l’engagement œcuménique » (§ 43). On pour­rait se demander ce que cela signifie, vu qu’une concélébration avec des non-catholiques, qui n’ont pas atteint « la pleine communion », n’est pas considérée comme licite (§ 44 et 45). C’est que cette position se trouve aussitôt contredite par la possibilité, nettement encouragée, d’« administrer les sacrements de l’eucharis­tie, de la pénitence, de l’onction des malades, à d’autres chrétiens qui ne sont pas en communion avec l’Église catholique » (§ 46), ainsi que de recevoir ces sacre­ments de ministres non-catholiques, conformément au scandaleux canon 844 du nouveau code de Droit (de 1983). Cette pratique, qui, concrètement, nie qu’il existe une seule vraie foi, et que l’Église catholique est la seule véritable Église hors de laquelle il n’y a point de salut, se fonde sur le concept de « l’ecclésiologie de communion, idée centrale et fondamentale du concile Vatican II », comme le dit lui-même le pape (§ 34).

Ce qui signifie que l’on reconnaît l’existence de divers degrés de communion (de la communion partielle à la communion totale) auxquels participent les membres d’autres communautés ecclésiales.

On trouve d’autres exemples de cette manière de re-penser la rédemption, qui est propre à la théologie du mystère pascal : on se refuse ainsi à condamner les églises protestantes qui ne possèdent pas les ordres sacrés, si ce n’est de façon feutrée en les nommant des « communautés ecclésiales qui n’ont pas conservé la substance propre et intégrale du mystère eucharistique » (§ 30). On se demande quelle partie de ce mystère de foi elles ont conservée, vu qu’elles nient la pré­sence réelle, la transsubstantiation, sa nature sacrificielle, etc. Et il en va de même pour l’accent mis sur l’exigence d’une inculturation (§ 51).

C’est pourquoi il est absolument certain que, en dépit des apparences qui, de prime abord, vont dans l’autre sens, cette encyclique est en fait totalement dans la ligne de la révolution post-conciliaire, totalement favorable à la nouvelle messe, rejetant totalement la nature propitiatoire du vrai sacrifice de la messe et donc contribuant à rendre les choses plus confuses encore. Ce n’est pas elle qui va arrêter les dérapages, ni dissiper les « ombres » dont le pape lui-même recon­naît l’existence (§ 10). La preuve en est l’absence de toute mesure concrète pour favoriser la vraie messe, ou simplement pour endiguer les dérapages de la nou­velle messe.

Ne prenons pas nos désirs pour des réalités. Rome essaie toujours de réconci­lier les contraires, continuant à vivre dans la contradiction, sans lâcher totalement les enseignements de l’Église, mais sans les embrasser complètement non plus. D’où la confusion à laquelle nous sommes tous confrontés.

Que notre réaction soit surnaturelle ; prenons la résolution de faire de nos saintes communions des communions réparatrices, en union avec les mérites d’expiation infinis que l’on trouve dans la sainte eucharistie.

Adorons le Saint-Sacrement « pour réparer les insultes et les injures qui lui sont faites [3] ».

 

 

 

 

 

 


 


[1] — Southern Sentinel (Holy Cross Seminary, P.O. Box 417, Goulburn, N.S.W. 2580), nº 10 de juin 2003. Ce texte a ensuite été publié par la revue américaine The Angelus (2915 Forest Avenue, Kansas City, Missouri 64109 — U.S.A.), vol. XXVI, nº 8 (août 2003), p. 38-40.

[2] — Sur cette lettre, instaurant le nouveau rosaire de Jean-Paul II, voir Le Sel de la terre 45, p. 135-166. (NDLR.)

[3] — Léon XIII, Ibid.

Informations

L'auteur

Membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), l'abbé Peter Scott a été supérieur du District des États Unis d'Amérique .

Le numéro

Le Sel de la terre n° 46

p. 16-22

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