Bibliographie
S’il a (relativement) peu publié, Louis Jugnet a beaucoup écrit.
Il a peu publié parce qu’il était avant tout donné à son devoir d’état – l’enseignement –, préférant donner son temps à ses étudiants, plutôt qu’à la finition soignée qu’aurait nécessitée la grande diffusion de ses travaux. Beaucoup sont restés à l’état de notes ou de schémas. Cela n’a pas empêché leur succès auprès du public choisi de ses élèves et connaissances – d’autant plus que Louis Jugnet excellait dans le genre difficile (quoique apparemment mineur) de la note de synthèse. Mais cela rend très malaisé, aujourd’hui, leur recensement complet.
Si plusieurs études ont été livrées au grand public dans les cahiers de l’Association des Amis de Louis Jugnet [1], une part beaucoup plus grande est encore inédite. C’est dire que la bibliographie que nous présentons ci-dessous ne prétend pas à l’exhaustivité. Elle se contente, pour l’essentiel, de reprendre celle qu’avait fournie L’Ordre français en 1973 [2], en la complétant quelque peu, en la classant par ordre chronologique, et en ajoutant brièvement des explications, ou des extraits des œuvres citées.
Le Sel de la terre.
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Ouvrages de Louis Jugnet
1. — Pour connaître la pensée de saint Thomas d’Aquin, Paris, Bordas, 1949, XV-265 p. ; 2e éd., 1964, 240 p. (13,6 x 21,2) ; 3e éd. (sous le titre : La pensée de saint Thomas d’Aquin), avec préface de Claude Rousseau, Paris, Nouvelle Aurore, 1975, 236 p. (13,3 x 21) ; 4e éd., Bordeaux, Ulysse, 1979 (réimpression de la 2e édition avec ajout, au début, de la préface faite par Claude Rousseau pour la 3e édition), IV-240 p. (13,6 x 20,5) ; 5e éd. (sous le titre : La pensée de saint Thomas d’Aquin) revue et corrigée par Jean-Claude Absil [3], Paris, N.E.L., 1999, 244 p. (14 x 22,2), actuellement disponible.
« Un des meilleurs manuels de ce genre, désormais devenu un “classique” [4]. »
2. — Un psychiatre-philosophe, Rudolf Allers ou l’Anti-Freud, Paris, Cèdre, 1950, 174 p. (12 x 18,5) ; réimpression en 2002 par les Éditions Saint-Remi, actuellement disponible ; traduction espagnole (par Carmela Gutiérrez), Rudolf Allers o el Anti-Freud, Madrid, Speiro, 1974, 108 p. (13,8 x 21,3).
3. — Catholicisme, foi et problème religieux, Saint-Cénéré (Mayenne), éd. Saint-Michel, 1951, 40 p. + 6 p. d’addenda (14 x 18) ; 2e éd. (augmentée d’un avant-propos de l’auteur), 1970 ; 3e éd., Paris, Nouvelle Aurore, 1975, 100 p. (10,8 x 17) ; traduction espagnole (par Gustavo Daniel Corbi), Catolicismo, fe y problema religioso, Buenos Aires, Iction, 1982, 99 p. (11 x 19,5).
« Seul le catholicisme donne un sens et une valeur, une signification et un prix à toute chose, même à l’échec apparemment le plus complet […]. Je confronte l’explication catholique (ensemble de concepts et de jugements) avec le donné (la vie, le mal, etc.) et je constate qu’elle rend raison de celui-ci d’une façon privilégiée. […] Je nie qu’on puisse envisager la possibilité d’un autre système du monde, préférable au catholicisme. Dans les sciences expérimentales, il peut y avoir une pluralité de théories et d’hypothèses qui se complètent ou se remplacent les unes les autres, puisque chacune n’explique qu’un aspect plus ou moins étendu du réel ; mais une doctrine qui rendrait compte de tout le réel ne serait pas dans le même cas [5]. Or Chesterton, dans Orthodoxie, a bien montré que le catholicisme, sans être pour cela un syncrétisme ni une identification des contradictoires comme l’hégélianisme, sauvegarde les aspects les plus divers du monde religieux : la transcendance et l’immanence de Dieu, la croix et la joie, la paix et la guerre, la science et l’ignorance, l’amour humain et le célibat, etc. »
4. — Problèmes et grands courants de la philosophie, Toulouse, 1970 ; 2e éd., revue et augmentée de plusieurs chapitres et préfacée par Marcel De Corte, Paris, Les Cahiers de l’Ordre français (7e cahier), 1974, 232 p. (13,5 x 21) ; traduction espagnole des deux chapitres sur Freud et Marx (par Gustavo Daniel Corbi), Psicoanálisis y marxismo, Buenos Aires, Cruz y Fierro (Colección Clásicos Católicos Contrarrevolucionarios nº 3), 1977, 140 p. (10,5 x 18) ; traduction intégrale espagnole (par Gustavo Daniel Corbi), Problemas y grandes corrientes de la filosofía, Buenos Aires, Cruz y Fierro (Colección Clásicos Contrarrevolucionarios nº 4), 1978, 320 p. (10,5 x 18).
• « Enfin un livre de philosophie où le lecteur, par l’histoire même de la philosophie, comprendra que les grandes questions métaphysiques ne sont pas « dépassées » et sont en petit nombre ; elles se rapportent forcément à l’être et à la nature, l’acte et la puissance, la possibilité pour l’esprit d’atteindre le vrai, la réalité de la liberté, mais aussi les limites insurmontables de l’intelligence toute seule devant le msytère du mal… Petit nombre de questions, et nombre restreint des solutions typiques ; et si l’on refuse les réponses déjà indiquées par Aristote, portées à leur point de perfection par saint Thomas d’Aquin, on se condamne à tourner éternellement dans un cercle d’erreur étroitement circonscrit. – Enfin un livre de philosophie où les idoles du jour : marxisme et freudisme […] sont démasquées, dégonflées, vidées, crevées, enterrées [6]. »
• « Je recommande particulièrement aux jeunes esprits et au public cultivé ces pages d’une clarté adamantine […]. Elles leur donneront la vigueur intellectuelle nécessaire pour résister à l’attrait des miroirs aux alouettes que font briller les manipulateurs de l’opinion publique avant de se transformer en grands inquisiteurs sous les yeux de leurs victimes désarmées et consentantes. On respire en elles la présence d’une vertu cardinale : la force [7]. »
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Cours
5. — Doctrines philosophiques et systèmes politiques, Institut d’Études Politiques de Toulouse, 1965 ; 2e éd. préfacée par Jean Faure, Castres, Éd. Cahiers du Présent, 1977, 112 p. (22 x 25,5) ; 3e éd. Bordeaux, Ulysse, 1980, 112 p. (13,5 x 20,5). Pour une version numérisée, contacter contra.impetum.fluminis@wanadoo.fr.
6. — Cours de philosophie : métaphysique (Dieu, la création, le mal), édité dans le Cahier I, p. 37-66 et dans le Cahier V, p. 61-83 [8].
7-9. — Cours de philosophie : psychologie, logique, morale (non édités à ce jour).
10. — Cours de philosophie : addendum sur la critique de la connaissance. Publié dans le Cahier V, p. 11-60 [9].
De toutes les parties de l’œuvre de Louis Jugnet, la Critique de la connaissance est la plus vivante. Elle est celle qui a le plus marqué ses élèves. On y sent palpiter l’intelligence du réaliste passionné [10]. »
• « Son cours sur la Critique de la Connaissance demeure un modèle du genre et je sais plus d’un « ancien » qui, philosophe de métier à son tour, y puise aujourd’hui matière à son enseignement [11]. »
• « Je crois que de toutes les parties de son cours, sa critique de la connaissance, impitoyable réfutation de l’idéalisme sous toutes ses formes, et sa démonstration de l’hylémorphisme ont le plus fait pour convertir ses élèves au thomisme [12]. »
11. — Cours de philosophie : notions d’esthétique (sujet au programme à « option » de la classe de philosophie, non édité à ce jour).
12. — Cours sur les Prolégomènes de Kant, 1968-1969 (non édité à ce jour).
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Articles
13. — « Matière et forme chez Suarez et chez Leibniz », Revue d’histoire de la philosophie, 1935.
14. — Recension critique de l’ouvrage Progrès ou régression du père Bergounioux [évolutionniste], La Pensée catholique nº 3, 1947, p. 57-61 [13].
15. — « A propos de l’évolutionnisme catholique », La Pensée catholique nº 4, 1947, p. 52-78. Article reproduit dans Cahier I, p. 67-107 [14].
L’article contient entre autres une excellente critique de l’article « Transformisme » du Dictionnaire de théologie catholique (article rédigé par Mgr Amann) : « Nous estimons que cet article est fort discutable scientifiquement, inacceptable philosophiquement, et qu’il prête à de grosses réserves du point de vue théologique. Et voici pourquoi. […] »
16. — « Une métaphysique néo-chrétienne » [exposé et critique du système teilhardien], La Pensée catholique nº 8, 1948, p. 22-42.
« Tout panthéisme est contradictoire, identifiant le nécessaire et le contingent, le parfait avec l’imparfait, le fini avec l’infini, etc. Mais le panthéisme évolutionniste […] est deux ou trois fois contradictoire, puisqu’il pose un être imparfait et limité devenant parfait et illimité, ceci sans cause ni raison d’aucune sorte… »
17. — « A propos de la psychanalyse », La Pensée catholique nº 9, 1949, p. 40-55.
18. — « Science allemande, théologie romaine et évolution », La Pensée catholique nº 11 (1949), p. 24-30. Traduction espagnole de cet article dans Presencia nº 25, décembre 1949, p. 4-6.
« […] L’univers n’est pas un chaos, il est ordonné. Les êtres qui le composent sont hiérarchisés et construits suivant un plan profondément cohérent et un. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce qu’ils présentent des analogies et des correspondances variées, sans que ce simple fait établisse le moins du monde une communauté d’origine à partir de quelque hypothétique “ancêtre”. »
A propos des partisans du polygénisme : « Il est piquant de voir les évolutionnistes monter en épingle la plus mince ressemblance entre des types vivants très éloignés, à seule fin d’assurer leur communauté d’origine (théorie de la descendance généralisée) tout en insistant sur les différentes ramifications de l’espèce humaine, disant que, malgré leurs ressemblances essentielles, elles ne peuvent avoir une origine commune. Avouons que le procédé logique est pour le moins curieux… »
19. — « Élucidation d’une notion thomiste : l’idée de redundantia », La Pensée catholique nº 13, 1950, p. 26-35.
« […] Nous prévoyons bien que plus d’un lecteur se demandera “à quoi servent” de telles analyses et de pareilles déductions. La question elle-même dénote la perte d’une curiosité spéculative qui est la défense même de l’homme contre la barbarie utilitaire et techniciste : savoir est bon en soi ! […] »
20. — « Le père Congar et l’intégrisme », La Pensée catholique nº 15, p. 127-128.
« Penser que saint Thomas a dit tout l’essentiel sur un sujet est [pour le père Congar [15]] signe d’intégrisme ! La chose est belle, car Léon XIII se voit ainsi ex consequenti ranger sous ce prestigieux vocable ; n’a-t-il pas dit textuellement : “Il n’est point de problème posé devant la conscience moderne qui ne trouve dans saint Thomas souvent la solution juste et adéquate, toujours les principes nécessaires pour le résoudre” ? — De même, on reste confondu lorsqu’on voit défini l’intégrisme – cette erreur si pernicieuse – par le désir “de façonner ou déterminer tous les domaines de la vie à partir de l’élément spécifiquement et proprement catholique”. Quel mal y a-t-il à vouloir que la Vérité éclaire tous les recoins du réel ? »
21. — « Réflexions sur la psychiatrie actuelle », La Pensée catholique nº 16, p. 5-21.
22. — Recension d’un article du R.P. Gemelli (intitulé « psychanalyse et catholicisme »), ibid., p. 114-115.
23-25. — Recension des ouvrages Psychanalyse et catholicisme de M. Choisy ; Psychologie du sens rural, du Dr Stocker ; Le Transformisme et la pensée catholique, du Dr Terrier, La Pensée catholique nº 17, 1951, p. 123-127.
26. — Recension : « Études récentes sur la psychanalyse et le freudisme », La Pensée catholique nº 18, 1951, p. 89-92.
27. — « Freudisme et psychanalyse », Revue d’éthique et de théologie morale nº 19, novembre 1951, p. 375-385.
28. — « Pensée moderne et modernisme », Paternité nº 29, 1952. Texte reproduit dans le présent numéro du Sel de la terre.
29. — Contribution à l’ouvrage collectif sur La Varende, Maugard, 1952.
30. — « Se passer de Métaphysique ? » dans le volume collectif Peut-on se passer de Métaphysique ?, Privat, 1954. Texte reproduit dans L’Ordre français nº 174, septembre-octobre 1973, p. 62-96.
31. — « Le système du monde du père Teilhard de Chardin », La Nation française nº 19, février 1956.
32. — « Traditionalisme, modernisme et mensonge », La Nation française nº 30, mai 1956.
33. — « L’intégrisme, cet inconnu », La Nation française nº 39, juillet 1956.
34. — Entretien dans le numéro spécial de Réalité sur la métaphysique, 1958, enquête de J.F. Revel.
35. — « Pour ou contre Hegel ? », Revue des sciences politiques de Toulouse, 2e série – nº 1 (mars 1960). Article reproduit dans Cahier II, p. 27-36 [16].
« […] Pour beaucoup d’historiens de la philosophie et de penseurs universitaires, il doit être entendu une fois pour toutes que Hegel n’a jamais nié ou rejeté le principe d’identité (ou de contradiction), et que c’est un pur contresens que de lui attribuer une telle idée. Or, nous croyons que cette interprétation est équivoque, et même erronée : sans doute Hegel n’est-il pas monté sur une tribune pour crier : “Moi, Hegel, je nie le principe d’identité !” (commettant ainsi la plus massive des contradictions internes). Mais pour lui ce principe n’a qu’une nécessité formelle, et, pourrait-on dire grammaticale, il ne régit que l’aspect statique de l’entendement, et non la raison supérieure, dynamique, vivante, la seule réellement importante et intéressante. N’est-ce pas équivalamment “nier le principe d’identité” que de le confiner dans un étroit canton, lui soustraire l’essentiel, détruisant du coup son universelle juridiction et sa nécessité absolue ? On comprend dès lors pourquoi des esprits aussi différents, voire opposés, que les thomistes traditionnels (par exemple Garrigou-Lagrange) et le néo-kantien, ou néo-criticiste anticlérical qu’est Ch. Renouvier, communient ici dans la même indignation anti-hégélienne. »
36. — « La fin d’une civilisation », Revue des sciences politiques de Toulouse nº 4, 1961.Reprise par écrit d’une conférence donnée le 24 février 1959 (voir aussi, infra, sur le même thème, la conférence donnée le 14 mai 1954 au cercle Saint-Pie X de Toulouse).
37. — « Traditionnel et moderne : Le R.P. de Tonquédec », La Pensée catholique nº 84, 1963, p. 24-43.
38. — « A propos du livre de Marcel De Corte : L’Homme contre lui-même », La Pensée catholique nº 84, 1963, p. 123-127.
39. — « Réflexions sur le teilhardisme », Revue des cercles d’études d’Angers, février 1963. Article reproduit en tiré à part par la revue, et repris dans L’Ordre français, 2e série [série blanche], nº 5, mai 1963, p. 37-56.
40. — Recension de l’ouvrage Fausse présence du monde moderne de Jacques Ellul, L’Ordre français, 2e série, nº 16, juin 1964, p. 17-28.
41. — « Face au modernisme », Itinéraires nº 86, septembre-octobre 1964, p. 39-54. Contribution à un hommage de la revue Itinéraires au père Garrigou-Lagrange (décédé le 15 février 1964). Article réédité en brochure par l’A.F.S. [Action familiale et scolaire] en 1999, 22 p. (14,7 x 21) [17].
« Tout se retrouve, pour l’essentiel, de l’ancien modernisme au nouveau. Sans doute chacun d’entre eux est-il marqué par son temps (par exemple, l’ancien modernisme n’a pas connu, du moins au même degré, la rage paraliturgique, ni le laxisme psychanalytique, qui jouent un grand rôle dans le néo-modernisme). Mais, hélas, le fond est le même, et aussi cette psychologie ou caractérologie du moderniste, sur laquelle Pascendi insiste souvent avec une sorte d’ironie attristée (ils sont devenus stupides, ou fous… L’orgueil, qui est leur trait dominant, les égare… Ils sont vraiment irritants, etc.). Nous ignorons ce que sera demain. L’arianisme emporta jadis un succès momentané, mais immense. Cependant, nous savons bien que l’erreur ne peut triompher en définitive dans l’Église de Dieu, malgré ses succès terrifiants à certaines époques. L’ancien modernisme a été vaincu. Le nouveau le sera […]. »
42. — « Comment combattre une hérésie », Itinéraires nº 87, novembre 1964, p. 126-131. Contribution à un dossier sur saint Pie X publié par Itinéraires.
« On nous demande d’apporter un témoignage personnel en l’honneur du grand pape de Pascendi […]. Nous le faisons avec joie, car, depuis notre jeunesse, son image est au fond de notre cœur ».
43. — « Thomisme et néo-modernisme », L’Ordre français, 2e série, nº 20, (décembre 1964), p. 26-34.
44. — « Le Révérend Père Garrigou-Lagrange, métaphysicien », La Pensée catholique nº 91 (1964), p. 40-45.
« […] Il faut dire, redire, clamer, n’en déplaise aux sots prétentieux et aux ours savants de l’intelligentsia, que le père [Garrigou-Lagrange] fut un grand et profond penseur, non seulement en fait de théologie spéculative, mais encore en matière de philosophie pure. […] Le père fut un thomiste de grande classe, un métaphysicien de race. Il faut le répéter sans égard aucun pour les chuchotements et les gloussements des imbéciles. Sa simplicité de vue est celle des penseurs profonds, qui voit tout de suite le principe suprême d’un problème, au lieu de se perdre dans les fiches et les distinctions excessives. Car il y a deux types de simplicité, celui de l’homme supérieur, et celui de l’auteur superficiel (la simplicité et la clarté de Voltaire !…). Tant pis pour ceux qui ne sont pas capables de voir la différence […]. »
45. — Recension de l’ouvrage Y a-t-il des hommes normaux ? Réflexions sur la nature humaine du Dr André Stocker, ibidem, p. 94-96.
Au passage, cette réflexion : « Pour le bouddhisme, c’est toute existence quelle qu’elle soit qui est mauvaise. D’où l’idéal d’un Nirvana qui ne s’obtient que par la mort de tout élan, de tout dynamisme, de toute activité même spirituelle. Or cette haine de l’être et du réel, c’est très exactement une attitude satanique, le refus du monde créé tel que Dieu l’a fait. »
46. — « La bataille des nouveaux prêtres », Le Monde et la Vie, avril 1965.
47. — « Contre l’idolâtrie teilhardienne », Midi étudiant, mai 1965.
48. — « Littérature et engagement », Toulouse-Université, mai 1965.
49. — « Claude Tresmontant et la philosophie chrétienne », La Pensée catholique nº 106, 1967, p. 70-82.
« […] Il nous faut maintenant terminer cette étude. On nous rendra cette justice, nous l’espérons du moins, qu’elle a été conduite avec la plus totale sincérité, et, somme toute, avec un préjugé favorable envers un auteur qui le mérite, même si nous avons été un peu sévère par endroit (Magis amica veritas) […]. »
50. — « Teilhard et les incroyants », Itinéraires nº 108, décembre 1966, p. 67-75 ; traduction espagnole, Teilhard y los no creyentes, Madrid, Speiro.
51. — « Un fastidieux fatras », ibidem, p. 182-184.
Sur Teilhard de Chardin. Avec cette question : « Nous sera-t-il permis de demander bien simplement s’il n’y a pas quelque chose de pathologique dans cet abus continuel des grands mots ? »
52. — « Que devient notre christianisme ? », ibidem, p. 184-189. Texte reproduit dans Cahier VI, p. 63-69 [18].
Louis Jugnet attire l’attention sur un certain « professeur Josef Ratzinger, de l’université de Tübingen ». Tout en déclarant d ’emblée : « l’auteur est loin d’être des nôtres et plus d’une de ses réactions nous plaît très médiocrement », il relève ses réserves sur l’évolution post-conciliaire. Il cite surtout les craintes exprimées par le futur cardinal : « Celui qui néglige, minimise ou passe tout cela sous silence, ne fait que préparer la voie à un revirement vers l’intégrisme ». Et il commente : « Gageons que cette terrible perspective en fera frissonner plus d’un ! »
53. — « Claudel, saint Thomas et Teilhard », Itinéraires nº 115, juillet-août 1967, p. 102-106. Texte reproduit dans Cahier VI, p. 83-87.
54. — « Sur un affligeant pamphlet », ibidem, p. 218-221.
Critique de l’ouvrage de Louis Rougier : Faillite de la scolastique.
55. — « Jacques Maritain et le néo-modernisme » [à propos de son livre Le Paysan de la Garonne], La Pensée catholique nº 107 (1967), p. 53-61.
« C’est presque à contre-cœur que nous rédigeons cet article, car il nous place dans une situation assez pénible : nous risquons de mécontenter un certain nombre de nos amis, dont les uns nous reprocheront d’être trop favorables à l’ouvrage de Maritain, et les autres, d’être trop réservés envers lui. C’est qu’en effet nous ne pouvons ni ne voulons oublier tout ce que nous devons à Jacques Maritain, dont l’œuvre nous fut connue à partir de 1930, dès le début de notre vie d’étudiant, en même temps que celle du père Garrigou-Lagrange et du père de Tonquédec. Par la suite, nous avons rencontré quelques fois Jacques Maritain, qui nous montra beaucoup d’affabilité et de bonté. Mais c’est surtout la lecture très attentive de ses livres qui nous a enrichi. Disons plutôt : de ses ouvrages de philosophie pure, car nous sommes en total désaccord avec son œuvre politico-sociale. Comment ne pas rappeler ici ce que furent, et ce que sont restés, pour tant d’entre nous, Trois Réformateurs, Antimoderne, Réflexions sur l’intelligence, et La Philosophie bergsonienne [19] ? Mais nous sommes en totale opposition avec ses vues sur la démocratie, l’histoire, etc. […] »
56. — Recension de l’ouvrage Le Paysan de la Garonne de Jacques Maritain, Revue des sciences politiques de Toulouse, 1967.
57. — « Y a-t-il une raison dialectique ? » [critique de la dialectique hégélienne et marxiste], La Pensée catholique nº 113, 1968, p. 59-68.
58. — « La nature et l’histoire », Aspects de la France, 18 avril 1968.
59. — « Charles Maurras et la philosophie », La Pensée catholique nº 115-116, 1968, p. 62-71. Cahiers Charles Maurras nº 36, 1970.
Reprise écrite d’une conférence faite à Toulouse le 9 mai 1968.
60. — « Réflexions sur le structuralisme », La Pensée catholique nº 117, 1969, p. 94-103 [20].
« […] Dans un de ses drames philosophiques, Renan met en scène le prêtre de Némi, qui ne peut être remplacé dans ses fonctions que si son successeur le tue pour prendre sa place. Tel est le sort des systèmes qui s’asservissent à la mode intellectuelle : le successeur est là, déjà tout prêt… Le structuralisme sera demain une vieille lune, comme le sartrisme et le teilhardisme. Pour nous, “hommes de l’éternel” (suivant l’expression de Camus), c’est une certitude et une consolation. »
61. — Recension du livre Cordula, ou l’épreuve décisive de Hans Urs von Balthasar, ibidem, p. 104-108.
Comme d’autres meneurs de la nouvelle théologie (de Lubac) ou de la nouvelle chrétienté (Maritain), Urs von Balthasar exprime son angoisse face à la crise post-conciliaire : « La situation de l’Église est aujourd’hui d’une gravité sanglante […]. Nous sommes menacés de perdre la continuité avec le christianisme tel qu’on l’entendait jusqu’ici. » Louis Jugnet relève ces critiques antimodernistes, mais aussi la faiblesse des propositions pratiques : supporter avec patience, ne condamner rien ni personne, « tout faire pour empêcher une émigration des progressistes, aussi peu confortable que soit pour les croyants leur permanence dans l’Église ». Jugnet commente : « Saint Pie X, qui s’y connaissait mieux qu’Urs von Balthasar en fait de lutte antimoderniste, a opté pour la ligne contraire. Par une attaque frontale, assortie de mesures drastiques, il a ainsi pu, sinon triompher totalement de l’erreur, du moins l’amoindrir sérieusement pour assez longtemps. Et c’est lui encore qui, dans une fameuse allocution consistoriale postérieure à Pascendi, disait en substance que, s’il était effectivement peiné du départ de certains pionniers modernistes, il eût souffert plus encore de les voir rester dans l’Église pour la ruiner de l’intérieur, selon la tactique si bien décrite dans Pascendi. »
62. — « Le père Bouyer devant le catholicisme », La Pensée catholique nº 119, 1969, p. 87-92.
Après une critique très vive (acerbe même, parfois) de certaines folies conciliaires, le père Bouyer en arrive (comme Josef Ratzinger : voir supra nº 51) à énoncer le grand péril auquel exposent ces excès du néo-modernisme : un retour de l’intégrisme. « C’est là que paraît le plus grand danger » – affirme-t-il. Et de critiquer « le système artificiel forgé par la Contre-Réforme, durci par la répression à coups de trique ». « Ce livre fera plus de mal que de bien », conclut Jugnet.
63. — « Réflexions durant la Semaine sainte », Catacombes nº 7, avril 1972. Article reproduit dans Cahier II, p. 85-87.
64. — « La philosophie de Charles Maurras », (texte d’une communication présentée en 1968 au colloque Charles Maurras d’Aix-en Provence [21]), Études maurrassiennes (Aix-en-Provence), I, 1972, p. 89-91.
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Notes ou conférences publiées
après la mort de Louis Jugnet
65. — « Note sur la possession de la vérité », L’Ordre français nº 174, septembre-octobre 1973, p. 97-99 (on en trouvera un long extrait dans Le Sel de la terre 35, p. 5 [22]) ; traduction espagnole (par Gustavo Daniel Corbi) « Nota sobre la posesión de la verdad », Mikael, revue du séminaire de Paraná, nº 18, septembre-décembre 1978, p. 28-29.
66. — « Le réalisme de Charles Maurras » (schéma d’un exposé fait le 2 avril 1970, à Aix-en-Provence, dans le cadre d’un colloque sur Charles Maurras [23]), L’Ordre français nº 174, septembre-octobre 1973, p. 100-103. Texte également publié dans les Études maurrassiennes, II, 1973, p. 117-119.
67. — « La philosophie politique de Jacques Maritain » (schéma d’une conférence faite le 11 décembre 1953, à Toulouse), L’Ordre français nº 176, décembre 1973. Texte reproduit dans le présent numéro du Sel de la terre.
68. — « Vérité et libéralisme » (note rédigée dans les années 1940-1944), Cahier I, p. 13-18.
« Que nous importe toute cette philosophie ? diront certains de nos amis, épris d’action avant tout. Attendez ! Elle vous importe beaucoup, car c’est d’elle que sort tout bonnement votre, notre ennemie : l’erreur libérale. Les mêmes auteurs qui ont soutenu l’idéalisme et le subjectivisme dont nous parlions plus haut, ont propagé le libéralisme, la démocratie, le pacifisme, le socialisme, etc. Pourquoi ? C’est très simple ! Quel est l’argument capital des adversaires de ces doctrines ? C’est le caractère chimérique, utopique, de la paix perpétuelle, de la bonté naturelle de l’homme, etc. On dit : “C’est contraire à la nature des choses, et notamment à la nature humaine”, et on a raison. Mais un homme comme Jaurès répondit : “Il n’y a pas de réel, il n’y a que l’Idée” (principe philosophique emprunté à Hegel). Donc tout est possible : désarmement, collectivisme, etc. L’esprit, n’étant plus astreint à respecter le réel et à s’y plier, se lance dans une orgie verbale et sentimentale qui ne correspond plus à rien. On trouverait quelque chose d’analogue auprès des gâteux de la Ligue des Droits de l’homme qui ont si puissamment contribué à abrutir les étudiants de nos facultés. »
69. — « Note sur la signification exacte de la vertu de charité », Cahier I, p. 19-22.
70. — « Sources et développement du dogme catholique », Cahier I, p. 23-28.
« Il serait absolument erroné de croire, comme le font pratiquement beaucoup de catholiques, que la Tradition n’est qu’une sorte de prolongement secondaire, de précision, de détail de l’Écriture. En fait, l’orthodoxie catholique les place sur le même plan, le concile de Trente déclare notamment qu’on doit les recevoir “avec le même attachement et le même respect” (pari affectu et reverentia). On peut même dire, en un sens, que la Tradition a le rôle premier et l’Écriture le rôle second, malgré certaines formules de la “nouvelle théologie” plus ou moins influencée par le protestantisme. […] »
71. — « Remarques sur les “Notes” théologiques », Cahier I, p. 29-31.
72. — « A propos de la prière », Cahier I, p. 33-35.
73. — « Note sur la soi-disant “évolution” de la vérité », Cahier II, p. 11-13.
74. — « Idéalisme, Kantisme et Catholicisme » (aux khagneux de Lyon, élèves de Lachieze-Rey, à la demande de l’un d’entre eux), 1943 [24], Cahier II, p. 15-26.
Au passage, Jugnet raconte comment Lachelier, qui voulait concilier la pratique du catholicisme avec une philosophie idéaliste, fut interrogé lors de sa soutenance de thèse : « Monsieur, on me dit que vous êtes catholique pratiquant. Comment pouvez-vous concilier cela avec vos assertions philosophiques ? » Réponse : « J’habite une maison à étages, et elle n’a pas d’escalier [25]. »
75. — « Qu’est-ce que le thomisme ? Que vaut-il ? » (1948), Cahier II, p. 37-49.
76. — « Orthodoxie gréco-russe et théologie occidentale » (conférence faite le 12 février 1946 à l’Institut catholique de Toulouse, dans le cadre de la « semaine œcuménique »), Cahier II, p. 51-68.
77. — « Saint Joseph », Cahier II, p. 69-74 [d’après le cardinal Lépicier].
78. — « Jusqu’où certains veulent-ils mener l’Église ? », Cahier II, p. 75-77.
79. — « Deux textes sur Teilhard de Chardin », Cahier II, p. 79-84.
80. — « L’œuvre étrange de Léon Bloy » (conférence du 26 février 1957, à la demande de l’Amicale de l’Institut d’Études Politiques de Toulouse), Cahier II, p. 89-104.
Une des meilleures synthèses sur le sujet, n’omettant pas de mentionner les aspects quasi-occultistes de l’œuvre de Bloy.
81. — « Conseils amicaux pour la lecture », Cahier II, p. 109-111.
82. — « Le système du monde de Paul Claudel » (conférence du 7 février 1957), Cahier II, p. 113-126.
83. — « Explications sur le sacrement d’eucharistie et la présence réelle », Cahier III, p. 41-47.
84. — « Note sur le péché de l’ange, le péché de l’homme et l’immutabilité de la volonté des damnés », Cahier III, p. 49-53.
85. — « Sur la vie des âmes séparées des corps », Cahier III, p. 55-57.
86. — « Sur la résurrection des corps », Cahier III, p. 59-61.
87. — « Christianisme et hellénisme », Cahier III, p. 63-70.
88. — « Quelques remarques sur le Cogito cartésien », Cahier III, p. 71-72.
89. — « Le personnalisme, mythe ou vérité ? » (conférence du 1er mars 1956, à la demande de l’Association des Étudiants Résidents de la Cité Universitaire de Toulouse), Cahier III, p. 73-83.
« Les personnalistes, surtout ceux d’Esprit, […] personnifient à merveille ce qu’un sévère philosophe des sciences et logicien, Vouillemin, a nommé La philosophie ès lettres : ces gens “nous résolvent un problème métaphysique ou juridique avec une citation de Péguy, de Bloy ou de Bernanos”. Contra : L’idée traditionnelle de la philosophie comme sagesse et science qui définit rigoureusement, explique, enchaîne, démontre, en remontant aux principes ultimes. »
90. — « Quelques témoignages sur la civilisation techniciste et scientiste », Cahier III, p. 85-88.
91. — « Éléments pour une réponse à des questions concernant la politique et la religion », Cahier III, p. 89-92.
92. — « Art et Politique » (conférence prononcée le 23 avril 1959 pour l’Amicale des Étudiants d’histoire et de géographie de la faculté des lettres), Cahier III, p. 93-103.
93. — « La Royauté du Christ sur les intelligences et sur les sciences » (Congrès de Verbe, Marseille, 1951), Cahier IV, p. 11-14.
94. — « Le Prophète Élie » (La Celle-Dunoise, 1940), Cahier IV, p. 15-26.
95. — « Le problème du mal : vaut-il mieux exister ou ne pas exister ? » (réponse à une question posée par un élève de Lettres Supérieures, 1960), Cahier IV, p. 27-31.
96. — « Note sur la bonté de l’existence et la tendance à persévérer dans l’être » (pour D. Dr., le 27 janvier 1965), Cahier IV, p. 33-35.
97. — « La souffrance est-elle un châtiment ? » (conférence au cercle Saint-Pie X, décembre 1961), Cahier IV, p. 37-52.
98. — « Le mouvement moderniste : ses sources, ses ramifications », Cahier IV, p. 53-59.
99. — « A propos de “l’évolution du dogme” » (1967), Cahier IV, p. 61-64.
100. — « Peut-on appliquer le doute méthodique en matière religieuse ? » (juin 1960), Cahier IV, p. 65-67.
101. — « Catholicisme et occultisme », Cahier IV, p. 69-70.
« […] L’occultisme se réclame d’une “Tradition” d’initiés. Mais celle-ci est en porte-à-faux : elle ne s’appuie ni sur une autorité transcendante, comme la Tradition apostolique dans le catholicisme, ni sur la raison, comme la métaphysique réaliste. Elle est suspendue dans le vide. C’est une sorte de vague romantisme intellectuel et surtout sentimental […]. »
102. — « Doute, impartialité, neutralité doctrinale et liberté d’esprit », Cahier IV, p. 71-83.
103. — « L’eugénisme », Cahier IV, p. 85-93.
104. — « Note de théologie morale sur le tyrannicide », Cahier IV, p. 95-98.
105. — « L’inconscient et le rêve », Cahier IV, p. 99-106.
106. — « Charles Maurras et la philosophie » (mai 1968, voir supra nº 58), Cahier IV, p. 107-115
107. — « Réflexions sur le “nouveau catholicisme” » (1947), Cahier VI, p. 13-18.
108. — « Église universelle et catholicisme français » (Toulouse, 1955 [26]), Cahier VI, p. 19-29.
109. — « L’encyclique Humani generis : Rome et la pensée moderne » (notes pour une conférence donnée en 1951), Cahier VI, p. 31-35.
110. — « L’encyclique [Humani generis] et les sciences positives » (Toulouse, 1950 [après Humani generis]), Cahier VI, p. 37-47.
111. — « De neo modernismo ou misère de l’esprit moderniste » (1952), Cahier VI, p. 49-53.
112. — « La crise religieuse actuelle : Ce sont des menteurs ! » (fin de l’exposé fait au cercle Saint-Pie X des étudiants de Toulouse, le 10 mai 1952), Cahier VI, p. 55-56.
113. — « Sur la caractérologie du moderniste et du libéral » (1952), Cahier VI, p. 57-58.
114. — « Esquisse sur la psychologie du moderniste » (au cercle Saint-Pie X, 1953), Cahier VI, p. 59-62.
115. — « Simples remarques en marge d’un passage de Pacem in terris dont les conséquences ont été immenses » (1963 ?), Cahier VI, p. 71-76.
116. — « Note sur l’encyclique Ecclesiam suam de Paul VI, 6 août 1964 (Transfiguration) » (1964), Cahier VI, p. 77-81.
117. — « Quelques réflexions sur Le Paysan de la Garonne de J. Maritain » (1966-1967 [27]), Cahier VI, p. 89-92.
118. — « Notes sur l’évolution du catholicisme allemand du XVIe siècle à nos jours » (Note pour un khâgneux, mai 1967), Cahier VI, p. 93-95.
119. — « Note sur la démythisation ou démythologisation » (décembre 1968), Cahier VI, p. 97-99.
120. — « Note de Louis Jugnet adressée par lui en 1951 à Mgr Lusseau, envoyée par ce dernier au père Mura, et transmise au Saint-Office », à paraître dans le Bulletin de la Société française d’histoire des idées et d’histoire religieuse nº 13, 2003 (parution en décembre).
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Conférences
Louis Jugnet fit, à Toulouse, de nombreuses conférences, organisées soit par le cercle Saint-Pie X (qu’il avait lui-même créé à cette intention en 1952), soit par des associations estudiantines qui, soucieuses d’attirer un large public à leurs activités, savaient que Louis Jugnet ferait salle comble : ainsi l’Amicale de l’Institut d’Études Politiques de Toulouse, en janvier 1955, mars 1958 et mars 1961, ou l’Amicale des Étudiants d’histoire et géographie de la faculté des lettres, en mars 1960. Ces conférences eurent un retentissement considérable (voir dans ce numéro l’article de Michel Brignol), et, cependant, beaucoup demeurèrent inédites. Nous donnons ici la liste de celles qui n’ont pas déjà été recensées plus haut.
— L’idéal spirituel du laïc (janvier 1949).
— La crise religieuse actuelle (10 mai 1952).
La fin de cette conférence a été publiée sous le titre : « Ce sont des menteurs ».
Voir supra nº 113.
— Un écrivain d’actualité : Louis Veuillot (20 février 1953).
— Jacobinisme et marxisme (14 décembre 1954).
« Ceux qui prétendent s’entendre avec l’esprit même de la Révolution font comme les progressistes vis-à-vis du marxisme : ils font, des actes et condamnations du magistère ecclésiastique, des textes d’une portée temporaire et contingente, liée à un certain contexte historique et n’exprimant que des “vérités momentanées” (notion absurde s’il en fut, et philosophiquement contradictoire, et hétérodoxe : voir plusieurs actes de Pie XII contre cette attitude).
« Ne les imitons pas ! Notre catholicisme ne peut être sauvé sur le plan doctrinal et spirituel que par la doctrine même de l’Église et de ses docteurs. (Étudier ceux-ci !) »
— Graham Greene et le christianisme (31 janvier 1955).
Jugnet s’emploie, comme toujours, à reconstituer l’ontologie sous-jacente de l’auteur qu’il présente. Après avoir expliqué les erreurs qui sous-tendent ses romans (morale de situation et fausse conception des rapports entre le mal et le bien), il relève ce qu’il appelle son anti-pharisaïsme obsessionnel (commun, note-t-il, à beaucoup d’auteurs modernes) : « Il est entendu une fois pour toutes, depuis Verlaine, Huysmans, Bloy avec Mauriac, Bernanos, et bien d’autres, que le pécheur est mieux qualifié que le saint authentique, ou le simple juste, pour comprendre et vivre la rédemption. On oppose, par un procédé lassant et irritant à la longue, le “pharisien” qu’est nécessairement le catholique pieux, orthodoxe, père de famille, conscient de ses devoirs d’état, et le saint virtuel qu’est quasi-forcément le criminel, l’inverti, le toxicomane et l’athée. Belle image d’Épinal, dont on ne semble pas prêt de se lasser, mais en fait caricature injurieuse et très peu évangélique.
« On allègue en effet l’Évangile, à propos du pharisien et du publicain. Mais le publicain de l’Évangile se frappait humblement la poitrine. Il n’écrivait pas de romans religieux pour accabler ceux qui ne peuvent lui répondre […]. On invoque aussi la parabole de l’enfant prodigue, mais, contre sa lettre même et son esprit d’ensemble, on la fait tourner en apologie romantique du péché et du pécheur […]. On fait un tout aussi mauvais usage de textes comme “Il y a plus de joie au Ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence”. Il y a là-dessus un magnifique texte de Bossuet, où celui-ci distingue, dans le Christ, le Verbe éternel et l’humanité rédemptrice et souffrante sur la terre. Sous le second aspect, Jésus préfère les pécheurs, qu’il est venu sauver. Sous le premier, la sainteté continue et sans repentance est plus proche de sa perfection éternelle. Songeons à des saints comme saint Dominique, saint Thomas d’Aquin, saint Louis roi, saint Louis de Gonzague, saint Vincent de Paul, le saint curé d’Ars, et tant d’autres. N’y a-t-il pas chez eux une richesse ontologique plus grande que chez le pécheur converti ? (Voir Péguy, Mystère des saints Innocents : “Et qu’un papier blanchi, n’est pas une blanche toile”). On préfère, de nos jours, ce qui est raté, manqué, grimaçant. »
— Georges Bernanos, écrivain catholique (19 décembre 1955).
« Ce qu’on doit attendre d’un écrivain, surtout du romancier, c’est, à la rigueur, une illustration de thèmes religieux. Il ne faut pas attendre de lui sa formation ou son information religieuse, qu’on trouve dans l’Écriture, chez les Pères de l’Église, chez les docteurs, dans l’enseignement autorisé du magistère ecclésiatique, chez les auteurs spirituels orthodoxes, dans la liturgie, et non chez les hommes de lettres. » Après avoir rappelé cette mise en garde (déjà donnée dans sa conférence sur Graham Greene) et honnêtement analysé les aspects positifs et négatifs de l’œuvre de Bernanos, Louis Jugnet conclut: « Ne pas lui demander une formation doctrinale, ni même un guide concret dans la vie. Mais enfin, cet homme honnête, courageux, absolu, nous apporte en un style magnifique une vivante illustration du catholicisme, non la seule possible (je lui préfère Claudel pour la sûreté doctrinale et Veuillot pour la polémique religieuse), mais réellement enrichissante et positive par plus d’un côté. Une illustration de l’idée de J. Rivière : “le mystère se prouve (lato sensu !) par tout ce qu’il explique”. »
— La philosophie d’Albert Camus (décembre 1957).
Cette conférence a fourni le chapitre XIXe de l’ouvrage Problèmes et grands courants de la philosophie.
— Kierkegaard et la naissance de l’existentialisme (mars 1958).
Cette conférence a fourni le chapitre XIIe de l’ouvrage Problèmes et grands courants de la philosophie.
— La fin d’une civilisation (24 février 1959).
Après une lucide analyse de la situation (« la tristesse n’est pas toujours illégitime ; la joie chrétienne n’est pas une sorte de ricanement ininterrompu »), Louis Jugnet se pose la question concrète : que faire ? « C’est ici, répond-il, que des divergences se manifestent parmi ceux qui ont compris l’effondrement du fameux “monde moderne”. A nous d’essayer de comprendre leurs attitudes diverses, ensuite de voir si on peut les harmoniser ». Il distingue ensuite cinq positions parmi les contre-révolutionnaires de l’époque :
- 1) La fin des temps et la parousie sont proches (on en trouve « des signes convergents, comme l’apostasie généralisée, les guerres atroces et de plus en plus planétaires […], le caractère grimaçant et multiple de l’erreur et du mal, etc. ») : cardinal Billot (La Parousie, Paris, Beauchesne, 1920), père Bouyer (de l’Oratoire), père Spicq O.P., etc. Conséquence : la lutte temporelle est inutile, tout va aller de plus en plus mal, concentrons nos efforts sur le spirituel.
- 2) L’effondrement global de la civilisation moderne permettra la naissance d’une nouvelle civilisation chrétienne, grâce aux actuels îlots de résistance : Marcel De Corte (Essai sur la fin d’une civilisation, Paris, Médicis, 1949).
- 3) Contrairement aux apparences, la Contre-Réforme (qui fut à la fois le siècle d’or espagnol et « l’ultime moment créateur de l’Europe ») n’est pas achevée, elle commence seulement ; l’Espagne va servir de base à la reconquête chrétienne face à la barbarie ; l’essentiel est de maintenir la rectitude doctrinale : école espagnole de Leopoldo Palacios, Rafael Calvo, Serrer, etc.
- 4) En un sens, tout est perdu, et il ne faut rien espérer des structures temporelles, mais l’acceptation même de cet état (quasi-nihilisme chrétien et contre-révolutionnaire) doit être un motif d’espérance : Bernanos (parlant de « la nuit »), père Bruckberger O.P. (Les Cosaques et le Saint-Esprit, Paris, Amyot-Dumont, 1950).
- 5) Les forces temporelles elles-mêmes de la France et de l’Occident sont encore “sauvables” ; une résistance temporelle, même violente, peut être efficace : école d’Action française (à la suite de Massis, Boutang, Mourre, etc.).
Après cette énumération, Jugnet expose son opinion : « Pour notre part, nous nous refusons à rejeter légèrement la première solution, car elle nous paraît comporter une part non négligeable de vraisemblance doctrinale et exégétique. Mais, tout en s’y adossant, en quelque sorte, on peut faire “comme si” tout n’était pas perdu temporellement, et conjoindre l’action doctrinale avec le sacrifice de notre vie. »
— Surréalisme et philosophie (3 décembre 1959).
Le surréalisme n’est pas d’abord une question artistique : « le surréalisme est plutôt une philosophie qu’une littérature ». Louis Jugnet le prouve par l’œuvre du « pape du surréalisme », André Breton. Proclamant qu’il existe un point où s’identifient le rêve et la veille, l’imagination et le réel, l’équilibre et la folie, la poésie et l’action, le surréalisme se révolte en définitive contre la réalité, à l’instar de Lucifer (qu’André Breton loue, d’ailleurs, comme celui qui « enfante poésie et liberté »). Comment s’étonner, dès lors, qu’il engendre une athmosphère d’horreur, de cauchemar, de haine, de provocation blasphématoire et de suicide ?
« Le surréalisme nous mystifie et nous dupe : le surréel n’existe pas, il n’est qu’un monde imaginaire fait d’érotisme et de cauchemar, qui nous laisse les mains vides et le cœur insatisfait. Il faut constater son néant, en face de la philosophie spiritualiste et de la conception chrétienne des choses. »
— Teilhardisme et marxisme (10 mars 1960).
« En somme – note au passage Louis Jugnet – Teilhard de Chardin a divinisé ce que l’on nomme la “civilisation moderne”, industrialiste et techniciste, dont tant d’auteurs dénoncent par ailleurs la précarité. »
— Mythologie du XXe siècle (7 mars 1961).
Après avoir démoli les mythes de notre époque – scientisme, mobilisme, culte du progrès et du confort – en montrant qu’ils déshumanisent l’être humain, Louis Jugnet présente la véritable solution : le christianisme. A condition, précise-t-il, d’adhérer au christianisme traditionnel, et non au courant qui veut s’adapter aux idoles préalablement dénoncées.
— Actualité de la pensée maurrassienne (décembre 1961).
— L’œuvre et la pensée de Marcel De Corte (18 mars 1964).
— Qu’est-ce que le fascisme ? (5 avril 1970).
— Le réalisme catholique (ultime conférence de Louis Jugnet, 10 mai 1972).
Le titre de cette conférence – que ses disciples considèrent comme son « testament spirituel [28] » – ramasse en deux mots toute la vie militante de Louis Jugnet : le réalisme philosophique, mais avec une visée qui dépasse la philosophie, la défense du catholicisme. La première partie de la conférence analyse, à l’aide de Pascendi et Humani generis, les racines philosophiques de la crise actuelle (« la perte de la foi n’aurait probablement pas été possible s’il n’y avait pas eu, par dessous, une altération des structures naturelles de l’intelligence, c’est-à-dire une perte des saines notions concernant le réel, la connaissance et tout ce qui s’ensuit. […] C’est ce qu’on appelait, déjà du temps de saint Pie X, la “falsa filosofia”, la philosophie erronée, qui a été le matériau de combustion sur lequel les erreurs dans la foi ont pu prendre. ») La deuxième partie montre le réalisme du surnaturel : réalisme de la foi, réalisme de la grâce, réalisme du monde angélique.
Au passage, ce témoignage :
« Le père de Tonquédec, qui était un homme très traditionnel mais extrêmement mesuré et qui ne voyait pas de l’infaillibilité du pape partout, et surtout où il n’y en a pas, m’a dit un jour : “Pascendi, je crois que ça engage l’infaillibilité du magistère.” Moi, qui étais déjà anti-moderniste, j’étais tout content, mais je lui demandai : “Et pourquoi ?” Il me répondit : “D’abord à cause de l’aspect fondamental de son objet, de son contenu ; et puis, ensuite, à cause de l’extrême solennité des formules employées ; on y sent un homme qui n’agit pas en tant que personne privée, mais en tant que pontife suprême, et qui mise à fond sur ce qu’il dit.” Il est en effet parfaitement possible que l’infaillibilité soit engagée dans une encyclique et, qu’inversement, elle ne le soit pas dans un concile. »
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Notes ronéotypées
Très loin d’être exhaustive, la liste qui suit peut cependant donner une idée de l’étendue des notes encore inédites laissées par Louis Jugnet.
Bibliographie de culture générale — Textes utiles à méditer — Notes pour une philosophie de la culture (« de l’Antiquité à nos jours ») — Réflexions sur la manière d’aborder l’étude des questions philosophiques et religieuses — Tableau d’ensemble de l’histoire de la philosophie — Légende et vérité sur le Moyen Age — A propos du subjectivisme protestant — Note sur Descartes — Le problème du cercle cartésien — L’âme et le corps chez Descartes et les cartésiens — Corrigés de philosophie : Vie psychique et vie organique. Idéalisme et réalisme — L’opposition centrale de la philosophie est-elle, comme on l’a parfois prétendu, celle du matérialisme et de l’idéalisme, ou bien cette dichotomie repose-t-elle sur une confusion ? — Note sur Voltaire et le XVIIIe siècle — Note sur une maladie de la nature humaine qui entraîne la perte de la foi — A propos de la lutte contre certaines erreurs — Libéralisme et polémique (à propos du livre de Sarda y Salvany : Le libéralisme est un péché) — Un beau texte antilibéral (Pascal) — Y a-t-il une différence majeure dans la manière dont les hommes se posent, suivant les époques, les problèmes fondamentaux ? Un exemple : Rabelais — Simples réflexions sur la position du problème religieux — Simple note sur le bilan du croyant et de l’incroyant — Note de théologie spéculative sur quelques changements miraculeux — Savants, scientistes et spiritualisme — Deux textes sur le scientisme (Camus, Huxley) — Progrès et scientisme — Note sur l’affaire Galilée — Philosophie politique (notes sur l’ouvrage de Charles Maurras : De Démos à César) — Romantisme et nihilisme politique — Démocratie et démagogie — Dialectique et vérité — Quelques réflexions au sujet du marxisme — A propos du marxisme ou : ce qu’« ils » ne vous diront pas — L’idée de progrès — Deux beaux textes [de Constantin Léontieff], sans aucun commentaire — Quelques beaux textes sur les chrétiens progressistes — Quelques précisions sur l’attitude du clergé pendant la guerre civile espagnole — Teilhard et les régimes totalitaires — Note sur une récente étude théologique concernant l’œuvre du père Teilhard de Chardin — Deux textes récents sur Teilhard de Chardin — Note sur un certain nombre d’auteurs (savants, philosophes, théologiens), opposés à la pensée de Teilhard de Chardin — Note sur le problème exégétique en milieu catholique — Jusqu’où certains veulent-ils mener l’Église ? — Sur les déviations de certains milieux catholiques — Jugement intéressant sur l’actuelle crise des idées dans le monde catholique — Quelques penseurs catholiques opposés au « néo-modernisme » — Que pensent les intellectuels incroyants d’un catholicisme « élargi » ? — Quelques réflexions sur la crise actuelle de la pensée catholique française — Note sur l’intégrisme — Note sur la philosophie bergsonienne — La superstition transformiste de René Bertrand-Serret : quelques appréciations — Sur la crise du transformisme : indications bibliographiques — Un témoignage autorisé sur le transformisme — Remarque sur une contradiction transformiste — Note sur deux questions touchant le problème de l’évolution — Un témoignage scientifique récent, et de poids, contre la psychanalyse — Un jugement du grand caractérologue Ludwig Klages sur la psychanalyse — Trois conférences du professeur Rudolf Allers — Quelques témoignages au sujet de l’ouvrage Un psychologue catholique : Rudolf Allers ou l’anti-Freud — Réponse à la question posée par le journal de l’A.G. sur la littérature engagée (février 1955) — Étude métaphysique sur l’instrumentalité (schéma d’un ouvrage à paraître) — Note sur le livre de A. Krempl : La doctrine de la relation chez saint Thomas — Florilège sur les anges dans la spiritualité catholique ; litanies des saints anges — Thèses scolastiques sur la médiation mariale.— Quelques témoignages et réactions au sujet du livre Pour connaître la pensée de saint Thomas d’Aquin.
[1] — Les références aux différents cahiers édités par cette association seront données par les mentions : Cahier I, Cahier II, etc. Le Cahier I, imprimé à Aurillac, parut en 1975 ; le Cahier II (imprimé à Albi, comme tous les suivants), en 1976 ; le Cahier III en 1977 ; le Cahier IV en 1978 ; le Cahier V en 1979 ; le Cahier VI (le dernier à ce jour) en 1981.
[2] — L’Ordre français nº 174 (septembre-octobre 1973, numéro entièrement consacré à Louis Jugnet), p. 104-113.
[3] — Le texte est celui de Louis Jugnet, sauf l’appendice bibliographique qui a été mis à jour. Mais les notes de bas de page ont été modifiées par Jean-Claude Absil (cette précision n’est pas donnée dans le livre, mais par Jean Madiran dans sa recension parue dans Présent du 18 mars 2000). Rien ne distingue, malheureusement, ce qui est de Louis Jugnet et ce qui est de son correcteur. Certaines notes dites N.d.E. sont en grande partie de Jugnet (par exemple la note 9, page 212, ou la note 10, page 220), tandis que d’autres notes, où n’apparaît pas ce sigle, ont été modifiées de façon importante (par exemple la note 10, page 212).
[4] — Dominicus, Le Sel de la terre 35, p. 236.
[5] — « A notre avis, il ne peut y avoir plusieurs systèmes qui interprètent correctement toutes les apparences. La pluralité des systèmes tient à ce que chacun interprète correctement une collection d’apparences, mais échoue à rendre compte des autres. » Père Penido O.P., La Conscience religieuse, Paris, Téqui, 1937, p. 13. [Cité par Louis Jugnet. Quelques pages plus haut, il cite aussi : « La vérité divine présente une cohérence interne qui la fait être à elle-même le meilleur de ses instruments apologétiques. » Père Guérard des Lauriers O.P., Dimensions de la foi, Paris, Cerf, t. I, p. 334.]
[6] — Roger-Thomas Calmel O.P., « Une introduction à la philosophie », Itinéraires 182, avril 1974, p. 177-178.
[7] — Marcel De Corte, préface de l’ouvrage, 1974, p. 9-10.
[8] — Le texte diffère légèrement entre les deux éditions. Le Cahier V ne reproduit pas la partie sur le problème du mal (qu’on trouvera dans Cahier I, p. 61-66). Il fournit en revanche, en appendice, (p. 82-83) « quelques réflexions sur l’athéisme moderne, posé a priori comme allant de soi ».
[9] — Le texte en a été établi à l’aide d’une première version manuscrite de Louis Jugnet, datée de 1946, et d’une seconde version de 1969, dactylographiée d’après des notes d’élèves.
[10] — Jean de Viguerie, dans Cahier V, p. 7.
[11] — Jean De Quissac, « Témoignage d’un ancien “khâgneux” », L’Ordre français nº 174, septembre-octobre 1973, p. 55.
[12] — Jean de Viguerie « Témoignage d’un ancien élève de philosophie », L’Ordre français nº 174, septembre-octobre, 1973, p. 60.
[13] — Les trois premiers articles de Louis Jugnet dans la Pensée catholique (les numéros 8, 9 et 10 de la présente bibliographie) parurent sous le pseudonyme de René Charnay.
[14] — C’est par erreur que le Cahier donne la référence : « article paru dans La Pensée catholique nº 11, 1949 » ; l’article est bien paru dans le nº 4 (1947).
[15] — Louis Jugnet recense ici un article du père Congar paru dans La Vie intellectuelle, juin 1950, p. 644-666.
[16] — A part l’introduction modifiée, ce texte a constitué ensuite le XIe chapitre de l’ouvrage Problèmes et grands courants de la philosophie (chapitre intitulé « Hegel (1770-1831) et l’hégélianisme »).
[17] — La notice du dos de la couverture indique par erreur que cette plaquette fut rédigée « dans les années 1970 ». Il est vrai que le ton de l’auteur, déjà conscient de l’ampleur de la marée néo-moderniste, pourrait le faire croire. Mais le texte date bien de 1964.
[18] — Ce Cahier le date par erreur du 14 octobre 1962.
[19] — Ceci n’implique pas que, même en dehors de la philosophie de la cité et de l’histoire, nous soyons d’accord avec toutes les vues de Jacques Maritain, nous dirons même qu’il s’en faut : nous ne croyons aucunement au « thomisme existentiel » qu’il défend, conjointement avec Étienne Gilson. Pas davantage à sa curieuse conception des rapports entre théologie et philosophie morale. Et cette brève énumération n’est pas exhaustive.
[20] — Allégé de quelques passages, ce texte a constitué ensuite le XXIIe chapitre de l ’ouvrage Problèmes et grands courants de la philosophie (chapitre intitulé « Le structuralisme »).
[21] — Louis Jugnet avait déjà fait une conférence sur ce thème le 9 mai 1968 (à l’occasion du centenaire de Charles Maurras). Le schéma en a été publié en Cahier IV, p. 107-115.
[22] — La conclusion de La Pensée de saint Thomas d’Aquin développe le même thème (p. 205-206 dans l’édition de 1999). On pourra comparer les deux textes.
[23] — Cet exposé a également été prononcé le 18 novembre 1970 devant le cercle Jacques-Bainville, de la Restauration Nationale.
[24] — 1943, selon Cahier II, p. 15 ; 1942 selon la note « Christianisme et hellénisme », Cahier III, p. 65.
[25] — Louis Jugnet aimait raconter cette anecdote. Voir La pensée de saint Thomas, Bordas, 1964, p. 69 (ou NEL, 1999, p. 71). Il la cita également dans sa dernière conférence (10 mai 1972).
[26] — Le Cahier indique : 1951. Mais le texte mentionne des écrits de 1952 et 1953, et se réfère (p. 26) à l’année 1955.
[27] — Le Cahier indique : 1966. Mais Louis Jugnet parle, dans une note, de 1967.
[28] — Jean Faure dans Présent (mensuel), janvier 1976 : « Le 10 mai 1972, Louis Jugnet prononçait sa dernière conférence : nous la considérons un peu comme son testament spirituel. Toute l’œuvre de sa vie semble résumée dans cette causerie dont, presque à son corps défendant, nous avons pu faire un enregistrement qui sera publié un jour. »

