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La sainteté en famille

 

Éducation et télévision

 

 

 

par Jean-Claude Dupuis

 

 

 

CERTAINS MILIEUX ÉDUCATIFS, pourtant fort éloignés de la Tradition catholique, commencent à prendre conscience des ravages de la cul­ture audiovisuelle (télévision, cinéma, jeux vidéo, internet). C’est ainsi que quelques écoles publiques de la région de Québec incitent les élèves et leurs parents à se priver de télévision et de jeux vidéo pendant dix jours pour redé­couvrir les joies du sport, des jeux de société, de la lecture et des balades en fa­mille [1]. Une expérience réalisée dans une école primaire américaine a montré qu’une diminution du temps d’écoute à moins de 7 heures par semaine pendant 20 semaines réduisait de 40 % les agressions physiques et de 50 % les agressions verbales chez les jeunes – outre la diminution du problème d’embonpoint qui, aux États-Unis, affecte plus de 30 % d’entre eux [2]. La littérature antitélévisuelle est désormais abondante.

Un ouvrage du pédopsychiatre français Stéphane Clerget, publié aux presti­gieuses et “politiquement correctes” éditions Fayard, s’inscrit dans ce mouve­ment [3]. L’auteur est d’esprit libéral et de formation freudienne. Ses références à la psychanalyse alourdissent d’ailleurs son texte, mais sans discréditer sa ré­flexion, qui repose essentiellement sur des observations cliniques et le bon sens pratique. Les analyses théoriques sont parfois complexes, mais elles sont illus­trées par des exemples concrets qui facilitent et agrémentent la lecture.

Stéphane Clerget qualifie la télévision de « véritable ennemi intérieur » pour l’enfant. Si les parents, dit-il, connaissaient l’impact de la télévision sur le déve­loppement intellectuel et affectif de leurs enfants, ils se débarrasseraient  immé­diatement de leurs postes.

 

Développement affectif et intellectuel

 

Les enfants adoptent facilement les traits de caractère des personnages de té­lévision qui les attirent, ou qui attirent leurs parents. L’auteur raconte le cas d’une femme de 40 ans dont l’enfance avait été bercée par la télé-série américaine, La petite maison dans la prairie. Sa fille, d’ailleurs prénommée Laura, présentait les mêmes troubles de comportement que Laura Ingalls, l’héroïne télévisuelle, parce que cette brave dame agissait inconsciemment comme Mme Ingalls, la mère télé­visuelle. En fait, le modèle de Mme Ingalls s’était substitué, dans l’enfance de cette femme, au modèle de sa propre mère. La famille imaginaire Ingalls avait ainsi contribué indirectement à former la personnalité d’une fillette réelle, qui n’avait pourtant jamais vu La petite maison dans la prairie. Les enfants peuvent donc aimer des personnages fictifs, au point de les imiter davantage que leurs propres parents. Les jeunes qui baignent dans un environnement sentimental aussi artificiel développeront une personnalité superficielle, qui risque de s’affais­ser au contact de la réalité.

Selon Clerget, la télévision freine le développement de l’imagination, et par conséquent de l’intelligence, parce qu’elle impose à l’enfant un imaginaire pré­conçu. En revanche, la lecture, les bandes dessinées et les récits oraux permettent à l’enfant d’élaborer son propre imaginaire par leur translation en images men­tales. On note que l’enfant « téléphage » éprouve souvent des difficultés scolaires. Ses relations interpersonnelles sont superficielles et fondées sur une attente pas­sive de satisfactions immédiates. Son manque d’imagination affecte son autono­mie psychologique, le rend influençable et dépendant des objets matériels. La télévision forme de bons consommateurs en attachant l’enfant au stade du plaisir primaire, qui consiste à jouir de ce qu’il voit, et en l’empêchant d’accéder au plai­sir supérieur qui naît d’une création personnelle.

L’auteur affirme que la télévision loin d’être une « fenêtre sur le monde » em­pêche, au contraire, l’enfant de découvrir son milieu par des expériences réelles. La passivité du téléspectateur le place dans un état hypnoïde qui favorise la « déréalisation ». Il est, nous dit Clerget, un rêveur éveillé dont le rêve est fabriqué par un autre. Les jeux vidéo altèrent encore plus sérieusement la perception de la réalité. L’enfant devient un pilote de course ou un soldat d’élite, sans prendre au­cun risque. Il apprend à ne jamais tenir compte des contraintes de la vie et à se réfugier dans un monde virtuel, qui lui offre d’être un autre que lui-même.

Une étude réalisée par des psychologues de l’Université Columbia (New-York) montre un rapport entre le taux de criminalité et le niveau de consomma­tion télévisuelle [4]. Les personnes qui regardaient dans leur enfance la télévision moins d’une heure par jour commettent, à l’âge adulte, des actes criminels dans 6 % des cas. La proportion passe à 23 % chez ceux qui la regardaient entre une et trois heures, et à 30 % chez ceux qui la regardaient plus de trois heures.

Clerget aborde d’autres aspects de la question : l’effet du « zapping » sur le morcellement psychologique de l’adolescent, le rôle de la cassette vidéo dans la désorientation temporelle, l’impact de la pornographie sur le développement psychosexuel, le phénomène de la dépendance télévisuelle, et même le lien entre télévision et maladie mentale. Il présente une hypothèse intéressante sur la fonction initiatique et purificatrice de la télé-réalité dans une société qui a perdu ses rites religieux et sociaux. Il pense que les effets d’internet seront encore plus nocifs que ceux de la télévision, bien qu’il y ait encore peu d’études à ce sujet [5].

 

L’éducation télévisuelle

 

La solution proposée n’est malheureusement pas à la hauteur du problème. Stéphane Clerget croit impossible de vivre sans télévision. Mépriser ou déconsi­dérer ce média, dit-il, ne l’empêchera pas d’exercer son impact sur les enfants. Il recommande seulement aux parents et aux enseignants de faire l’éducation télé­visuelle des enfants, sans trop préciser les paramètres de cette éducation. Il s’agi­rait de diminuer le temps d’écoute, d’éviter les programmes à contenu antisocial, et, surtout, de regarder la télévision avec les enfants pour en discuter et les aider ainsi à former leur jugement critique.

Stéphane Clerget essaie d’abattre un éléphant avec un lance-pierres. C’est aussi dérisoire que d’offrir une puissante moto à un adolescent, en lui disant de faire bien attention. En définitive, Clerget invite les parents à inculquer à leurs en­fants un certain mépris de la télévision, mépris qui n’empêchera pourtant pas la télévision d’exercer son impact, comme il le dit lui-même. En quoi pourra consis­ter la « discussion éducative », sinon à dire à l’enfant que ce qu’il voit est faux et immoral ? Mais celui-ci aura vu et en restera marqué. L’image est plus forte que le discours. Et l’enfant se demandera bientôt pourquoi ses parents regardent avec lui des choses prétendument mauvaises.

En pratique, il est beaucoup plus difficile de contrôler le temps d’écoute et le choix des programmes que de supprimer la télévision, surtout lorsque les enfants sont parvenus à l’adolescence. Comment déterminer si un programme est accep­table ou non ? Ne risque-t-on pas d’élargir les critères pour éviter des confronta­tions avec les enfants, voire entre parents ? Et les parents ont-ils eux-mêmes un regard suffisamment critique pour faire de tels choix et former le jugement de leurs enfants ?

Après avoir lu le réquisitoire de Stéphane Clerget, on se demande pourquoi il faudrait à tout prix garder un téléviseur chez soi, puisque l’auteur ne mentionne aucun aspect positif de la télévision. Il se souvient avec nostalgie de la télé de son enfance (les années 1960), mais parce qu’il la regardait en famille et en consultant le dictionnaire pour vérifier le fondement historique des films de cape et d’épée. Si Clerget semble mitiger sa conclusion pour ne pas offusquer ses lec­teurs, il approuverait probablement ceux – dont je suis – qui boutent la télévision hors du foyer.

Cependant, l’auteur touche un point fondamental lorsqu’il affirme que la ri­chesse culturelle et relationnelle du milieu familial constitue le meilleur rempart contre l’envahissement télévisuel. Les parents doivent accorder du temps à leurs enfants et accepter d’être « dérangés » par eux, au lieu d’utiliser l’écran (de télé, de cinéma ou d’ordinateur) comme gardiens d’enfants. L’amour du livre proté­gera les jeunes, et les moins jeunes, de la dépendance télévisuelle. Nous ne vi­vons plus à l’époque où les travaux manuels remplissaient la journée. Mais le temps perdu devant l’écran peut encore être consacré à des activités beaucoup plus formatrices comme la cuisine, le bricolage, la couture, le jardinage, la mu­sique, le dessin, les jeux de société, les sorties culturelles, le sport, les œuvres de charité, les discussions animées autour de la table, etc. Pour vaincre la télé, il faut investir du temps et placer la vie de famille au-dessus de la vie professionnelle. C’est le prix d’une bonne éducation.

 

La question du cinéma

 

Certains condamnent la télévision, mais approuvent le cinéma, sous prétexte qu’il faut bien se détendre et qu’il est de toute façon impossible, voire dangereux, de se couper de la culture moderne. Ils pensent trouver des films valables sur les plans artistique, culturel et moral, surtout dans l’ancien répertoire. S’ils admettent que la consommation quotidienne de télévision est néfaste, ils ne voient aucun danger dans l’usage modéré du cinéma, une fois par semaine ou par mois.

Une consommation modérée de cinéma n’a sûrement pas les mêmes consé­quences psychosociales que la « téléphagie » dont parle Stéphane Clerget. Mais les enfants, et les adultes, qui ne peuvent se passer de cinéma en viendront à croire que les choses véritablement importantes dans la vie sociale et culturelle sont celles que l’on voit à l’écran. Ils seront peut-être moins intoxiqués par l’image que d’autres ; ils auront tout de même le culte de l’image. Or ce culte de l’image finira par élever leur niveau de consommation, et freinera de toute ma­nière leur progression intellectuelle et morale. Un élève me dit un jour, en classe, qu’il était inutile de lire l’Iliade depuis la sortie du film La Guerre de Troie (un minable péplum américain). Quelle tristesse ! Or cet adolescent n’était qu’un consommateur « modéré » de cinéma.

Il n’y a pas de différence intrinsèque entre les effets du cinéma et ceux de la télévision. Ils favorisent tous deux la passivité physique et intellectuelle, le triomphe de l’impression sur la réflexion, la fuite dans le rêve, la standardisation de la pensée et le repli sur soi.

 

Le progrès spirituel et moral

 

Mais la question télévisuelle ne doit pas être envisagée seulement du point de vue naturel, comme le fait Stéphane Clerget et comme nous l’avons fait nous-mêmes jusqu’ici. Un catholique doit l’envisager surtout du point de vue surnatu­rel, en fonction de la pratique des vertus et du salut éternel. Sur ce plan, la télé­vision et le cinéma ne peuvent rien nous apporter, et ils risquent de nous faire perdre beaucoup [6].

Un bon chrétien évitera sans doute les films qui comportent des scènes de violence ou de pornographie. Ayant cependant de plus en plus de mal à en trou­ver, il en viendra probablement à tolérer une marge d’immoralité qui s’élargira à mesure que le répertoire de films « acceptables » se rétrécira. Il se tournera alors vers le cinéma classique, les « bons vieux films américains » des années 1950. Parions qu’il perdra au passage ses adolescents, qui ne s’intéressent plus guère aux exploits de John Wayne. Mais surtout, c’est à ce moment qu’il tombera dans le piège. Le cinéma classique est peut-être moins scandaleux que le cinéma mo­derne, mais il est tout aussi corrosif. Il propage des valeurs fondamentalement opposées à la vie chrétienne : gloire, liberté, richesse, individualisme, roman­tisme, etc. Des jeunes imprégnés par la vision cinématographique de l’amour au­ront, par exemple, beaucoup de mal à comprendre la conception chrétienne du mariage.

Mais, dira-t-on, nos enfants verront bien, tôt ou tard, des films à l’extérieur de la maison familiale. Ne risquent-ils pas de sombrer alors dans les pires abus, en réaction contre la privation antérieure ?

Certes, ils finiront par voir des films, et il ne faut pas s’en inquiéter outre me­sure. N’assimilons pas en soi le film au péché, comme le font parfois les puri­tains, au risque de provoquer la réaction abusive que nous voulons éviter. Si la plupart des films actuels présentent effectivement de dangereuses tentations, si le cinéma classique en offre également, quoique d’une manière plus subtile, tout film n’est pas nécessairement immoral.

 

Supprimer pour former

 

Les parents ne doivent pas supprimer l’écran pour « protéger » leurs enfants, puisque dans ce cas un simple contrôle suffirait. Ils doivent plutôt le supprimer pour « former » leurs enfants, pour développer leur culture par les livres, leur ca­pacité de relations humaines par la vie de famille, et leur équilibre psychologique par le contact avec la réalité. Leurs enfants seront ainsi mieux armés pour com­battre le monde satanique qui nous entoure. Ils verront peut-être quelques films, par curiosité ou conformisme. Mais ils risquent moins de tomber dans la dépen­dance télévisuelle s’ils n’ont pas grandi devant l’écran. De plus, la culture litté­raire qu’ils auront acquise entre temps leur permettra de porter un regard plus critique sur le cinéma, ce « divertissement pour ilotes » comme disait l’écrivain Georges Duhamel.

Il est ardu de lutter contre la culture télévisuelle. Les parents doivent résister aux pressions de leurs adolescents et de leur milieu social. Ils doivent surtout ré­sister eux-mêmes à l’attrait du rêve télévisuel. Ils ne pourront triompher sans la grâce divine. Mais qu’ils se disent que chaque année passée loin de l’écran ren­force les « anticorps » intellectuels et moraux de leurs enfants.

 

L’exemple des premiers chrétiens

 

Les chrétiens des premiers siècles refusaient d’assister aux jeux du cirque, trop visiblement scandaleux. Mais ils avaient plus de mal à renoncer au théâtre. Or le théâtre antique ne ressemblait pas aux pièces de Corneille ou Shakespeare. Il était aussi obscène que le cinéma actuel. De plus, ce n’était pas un simple loisir, mais une sorte de cérémonie religieuse qui prétendait purifier l’âme des specta­teurs par l’étalage public du vice. Les Pères de l’Église interdisaient formellement aux chrétiens d’aller au théâtre à cause de son caractère immoral et païen.

Ne peut-on appliquer le même raisonnement à la culture télévisuelle ? Les catholiques devraient s’en abstenir non seulement à cause de son immoralité, mais surtout à cause de son idéologie. Regarder un film, c’est s’exposer à deux ou trois heures de propagande libérale. Que penserait-on d’un catholique qui irait entendre un prédicateur protestant ou un agitateur communiste deux heures par semaine ? Or le cinéma est plus redoutable pour la foi et les mœurs que les grands discours hérétiques ou révolutionnaires. Le libéralisme cinématographique manipule directement les émotions, sans passer par la raison. C’est une œuvre de « rééducation » sous prétexte de distraction.

Cependant, les anciens chrétiens semblaient avoir autant de mal à résister au théâtre que nous au cinéma. Saint Jean Chrysostome admonestait violemment ceux qui « allaient au théâtre pour contempler les pompes de Satan ». Il conseillait aux fidèles de répondre à ceux qui « ont cédé à l’attrait séducteur du théâtre » par l’exemple de leur propre abstinence : « Fermez-lui la bouche, non par des mots, mais par des faits ; montrez-lui l’un de ses semblables vivant dans la vertu et la tempérance. Il n’est besoin ni de longs discours, ni d’appareils oratoires, ni de syllogismes : des faits, voilà la bonne démonstration. »

Les parents pourront délivrer leurs enfants de la tyrannie télévisuelle, non pas en les « éduquant » à regarder la télévision ou le cinéma, mais en leur apprenant à vivre sans écran, en leur prouvant qu’il est possible et agréable de le faire. Le rejet de la culture télévisuelle est peut-être aujourd’hui l’une des pierres de touche de la vie chrétienne. C’est une manière de repousser l’esprit hédoniste et matérialiste du monde, pour vivre dans le monde sans être du monde [7].

 

 

 

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[1] — Normand Delisle, Des jeunes privés volontairement de télé, Presse Canadienne (Québec), 21 mai 2003.

[2] — École La Marelle (Québec), Lettre aux parents sur le défi de la dizaine sans télé ni jeux vidéo, 11 février 2004.

[3] — Stéphane Clerget, Ils n’ont d’yeux que pour elle. Les enfants de la télé, Paris, Fayard, 2002, 228 p., 16 E.

[4]Science, 28 mars 2002 ; ibid. par Clerget, p. 125.

[5] — Internet peut être un bon instrument de travail au bureau, mais c’est un dangereux instrument de loisir et un piètre moyen d’information au foyer. Les études montrent que 80 % du temps d’usage domestique d’internet est consacré à la pornographie ou aux jeux vidéo. Aux États-Unis, 25 % de ceux qui font un usage professionnel d’internet avouent avoir consommé de la pornographie au travail. Les entreprises commencent à s’inquiéter de la baisse de productivité qui en découle.

[6] — On m’objectera sans doute La Passion du Christ de Mel Gibson (film que je n’ai pas vu). J’admets que dans une société aussi déchristianisée que la nôtre, ce film peut faire connaître l’existence historique de Jésus-Christ, et même favoriser quelques conversions. Mais le concert d’éloges qu’il a reçu des catholiques modernistes, des protestants fondamentalistes, des musulmans libéraux et même de juifs, à l’exception de quelques radicaux du B’nai Brith, laisse croire qu’il n’est peut-être pas aussi orthodoxe qu’on l’a dit. Quoiqu’il en soit, regarder La Passion du Christ ne vaudra jamais la lecture des Évangiles. La sainte Écriture s’adresse directement à nos âmes, en fonction de nos besoins spirituels propres. Gibson présente un Christ qui correspond à l’âme de Gibson. Cette vision formatée est nécessairement moins riche que l’image que l’on se fera soi-même du Christ par la lecture et la prière. Un vieux prêtre m’a dit : « Pourquoi irais-je voir le film de Gibson ? Je tiens Notre-Seigneur dans mes mains chaque matin, lorsque je célèbre la messe. Je n’ai pas besoin d’aller voir un acteur jouer son rôle. » Ce prêtre préférait la réalité à la représentation. Notons que dans toute sa vie, il n’avait regardé la télévision que pendant vingt minutes.

[7] — Voir Jn 17, 15-16 ; Rm 12, 2, etc.

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 51

p. 128-134

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