Catéchisme catholique
de la crise dans l’Église (IV)
par M. l’abbé Matthias Gaudron
Après avoir traité de la crise dans l’Église en général, puis de la foi, du magistère, de Vatican II et de la liberté religieuse (ce sont les cinq premiers chapitres de cette étude, parus dans nos numéros 48, 49 et 50), M. l’abbé Matthias Gaudron aborde ici la deuxième des grandes erreurs de Vatican II : sa conception de l’œcuménisme.
Rappelons que cette étude constitue la version française du Katholischer Katechismus zur kirchlichen Krise édité en 1997, en Autriche, par les éditions Rex regum, avec une préface de M. l’abbé Franz Schmidberger. Son auteur, professeur au séminaire de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à Zaitzkofen, a bien voulu revoir la présente traduction (le texte a été complété et adapté à la situation française [1]).
Le Sel de la terre.
— VI –
L’œcuménisme
n 43. Qu’entend-on par œcuménisme ?
Le nom d’œcuménisme désigne le mouvement qui a pris naissance au XIXe siècle chez des non-catholiques et qui a pour but la collaboration et le rapprochement des diverses confessions chrétiennes. Ce mouvement a conduit en 1948 à la fondation du Conseil Œcuménique des Églises [2].
La même tournure d’esprit a conduit par la suite à se rapprocher des religions non chrétiennes. C’est ce qu’on appelle le dialogue interreligieux.
: D’où vient ce terme : « œcuménisme » ?
– « Œcuménique » signifie « universel ». Le père Boyer explique :
Le renouveau de l’emploi du mot « œcuménisme » est dû au fait que les protestants, voulant désigner une universalité et trouvant le mot « catholique » déjà au service de l’Église romaine, ont choisi son équivalent : « œcuménique » [3].
: Pourquoi les protestants ont-ils éprouvé ce besoin de travailler à l’unité des chrétiens ?
– Ayant rejeté l’autorité du magistère, qui peut seule garantir l’unité dans la vraie foi, les protestants se sont très rapidement éparpillés en sectes et confessions innombrables. Pour garder quelque crédibilité, et retenir les membres attirés par l’unité catholique (triple unité de foi, de culte et de gouvernement), il leur fallait trouver un moyen de se réunir d’une autre façon : le mouvement œcuménique était né.
: Quelle fut l’attitude de l’Église envers ce mouvement œcuménique ?
— Au début, l’Église catholique a clairement pris ses distances. C’est seulement lors du concile Vatican II que l’œcuménisme y a officiellement pénétré.
: Vatican II a-t-il traité de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux ?
— Vatican II a consacré à l’œcuménisme un décret spécial qui a pour titre Unitatis redintegratio ; il a aussi promulgué la déclaration Nostra ætate qui traite des rapports de l’Église avec les religions non chrétiennes.
: Où peut-on trouver la véritable position catholique sur l’œcuménisme ?
— La véritable position catholique sur l’œcuménisme est exprimée dans l’encyclique Mortalium animos (1928). Son auteur, le pape Pie XI, y décrivait les efforts des « œcuménistes » d’une manière qui reste très actuelle :
Sachant parfaitement qu’il est extrêmement rare de rencontrer des hommes absolument dépourvus de sens religieux, ils nourrissent l’espoir qu’on pourrait facilement amener les peuples, en dépit de leurs dissensions religieuses, à s’unir dans la profession de certaines doctrines admises comme un fondement commun de vie spirituelle. En conséquence, ils tiennent des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre assez considérable d’auditeurs ; ils invitent aux discussions tous les hommes indistinctement, les infidèles de toute catégorie, les fidèles, et jusqu’à ceux qui ont le malheur de s’être séparés du Christ ou qui nient âprement et obstinément la divinité de sa nature et de sa mission [4].
: Quelle appréciation portait Pie XI sur ces activités œcuméniques ?
– Le pape poursuit :
De pareils efforts n’ont aucun droit à l’approbation des catholiques, car ils s’appuient sur cette opinion erronée que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables, en ce sens qu’elles révèlent et traduisent toutes également, quoique d’une manière différente, le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous incline avec respect devant sa puissance. Outre qu’ils s’égarent en pleine erreur, les tenants de cette opinion repoussent du même coup la religion vraie ; ils en faussent la notion et versent peu à peu dans le naturalisme et l’athéisme.
: Comment le pape conclut-il ?
– Le pape conclut :
Il est donc parfaitement évident que c’est abandonner entièrement la religion divinement révélée que de se joindre aux partisans et aux propagateurs de pareilles doctrines [5].
n 44. Quel jugement porter sur l’œcuménisme d’après la foi catholique ?
L’Église catholique étant la seule Église fondée par le Christ, et la seule à posséder la plénitude de la vérité, l’unité des chrétiens ne peut être rétablie que par la conversion et le retour en son sein des individus ou des communautés séparés.
Tel est l’enseignement de Pie XI dans Mortalium animos :
« L’union des chrétiens ne peut être procurée autrement qu’en favorisant le retour des dissidents à la seule et véritable Église du Christ, qu’ils ont eu jadis le malheur d’abandonner. [6] »
C’est tout simplement la conséquence logique de la revendication de l’Église à posséder seule la vérité, car il ne peut y avoir de véritable unité religieuse que dans la vraie foi.
: Avant Vatican II, l’Église se désintéressait-elle des communautés séparées ?
— L’Église s’est toujours efforcée de ramener à l’unité du Corps mystique du Christ les membres des communautés chrétiennes séparées. Ces efforts portaient le plus souvent sur les individus, parfois aussi sur des communautés séparées tout entières. Lors des conciles de Lyon (1245 et 1274) et de Florence (1439), par exemple, on s’est appliqué à rétablir l’union avec les Orientaux séparés de l’Église catholique depuis 1054. En convoquant Vatican I, en 1869, Pie IX a invité les chrétiens séparés à mettre fin au schisme et à revenir dans le sein de l’Église [7] ; Léon XIII a adressé un appel semblable à toutes les confessions chrétiennes en 1894 [8].
: En quoi ces tentatives différaient-elles de l’œcuménisme actuel ?
— Ces tentatives différaient de l’œcuménisme actuel parce qu’elles étaient accompagnées de la ferme conviction que ce n’est pas à l’Église catholique de changer, mais à ceux qui se sont séparés d’elle. L’Église a toujours été prête à faciliter leur retour, mais jamais au prix de la foi.
n 45. Quelle est la nouvelle conception de l’œcuménisme ?
A Vatican II, l’Église a adopté une nouvelle attitude, qui correspond à une nouvelle doctrine. L’Église catholique n’est plus présentée comme l’unique société religieuse menant au salut ; les autres confessions chrétiennes, et même les religions non chrétiennes, sont considérées comme d’autres expressions (sans doute moins parfaites, mais néanmoins valables) de la religion divine, des chemins menant réellement à Dieu et au salut éternel. Il n’est plus question de conversion des non-catholiques à l’Église catholique, mais de dialogue et de pluralisme religieux.
: Pouvez-vous donner un exemple de cette nouvelle attitude ?
— Le décret sur l’œcum énisme emploie le mot « Église » (au pluriel) pour désigner les autres communautés chrétiennes. Auparavant on évitait toujours de le faire. Lorsqu’on parlait d’« Églises », on entendait les Églises locales, comme par exemple l’Église (c’est-à-dire le diocèse) de Lyon ou de Milan.
: Le mot « Église » n’était-il pas employé pour désigner les schismatiques orientaux ?
– Le mot « Église » était parfois employé au sens large pour désigner les confessions schismatiques qui conservent la transmission apostolique et tous les sacrements [9]. Mais on tenait ferme qu’il n’y a qu’une seule Église au sens propre, car Notre-Seigneur Jésus-Christ n’a qu’une seule épouse. Les dissidences hérétiques recevaient le nom de « confessions » ou « communautés », mais on ne leur reconnaissait pas le titre d’Église. Aujourd’hui, cela est devenu tout à fait courant.
: Quel est le fondement théologique de cette nouvelle attitude ?
— Le fondement théologique de cette nouvelle attitude a déjà été évoqué à la question 29 : c’est le « subsistit in » de Lumen gentium [10] Au lieu de dire que l’Église du Christ est l’Église catholique, le texte de Vatican II dit que l’Église du Christ subsiste dans [subsistit in] l’Église catholique [11].
: Pourquoi Vatican II a-t-il introduit cette expression « subsistit in » ?
– Par l’expression subsistit in, le concile Vatican II pose une distinction entre l’Église du Christ et l’Église catholique (alors que, pour la théologie traditionnelle, ces deux termes ont exactement la même signification : l’Église du Christ, c’est-à-dire la société surnaturelle fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour le salut des hommes, c’est l’Église catholique).
: Que signifie précisément, pour Vatican II, cette expression « subsistit in » ?
— Vatican II veut bien admettre que l’Église du Christ a sa réalisation parfaite (sa « subsistance ») dans l’Église catholique [12], mais il prétend qu’elle n’est pas identique à l’Église catholique : elle s’étendrait en dehors d’elle, de manière imparfaite, grâce aux « éléments d’Église » présents dans les autres confessions chrétiennes.
: Cette interprétation du « subsistit in » est-elle certaine ?
— Cette interprétation a été officiellement confirmée par la congrégation pour la Doctrine de la foi, dans la déclaration Dominus Jesus, du 6 août 2000 :
Par l’expression subsistit in, le concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d’une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l’Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique ; d’autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures [13] », c’est-à-dire dans les Églises et communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique.
: Que peut-on remarquer dans ce texte ?
— On peut d’abord remarquer que ce texte désigne les communautés hérétiques ou schismatiques comme « des communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique ». Ce qui implique qu’elles seraient quand même en communion partielle ou imparfaite.
: Cette expression « pleine communion » est-elle nouvelle ?
— La distinction entre communion parfaite et imparfaite est une innovation capitale de Vatican II [14].
: Quel est l’enseignement traditionnel de l’Église à ce sujet ?
— L’enseignement de l’Église est très simple : pour être sauvé il faut appartenir à l’Église soit in re (en réalité, c’est-à-dire en remplissant les trois conditions classiques : baptême, foi catholique, soumission à la hiérarchie), soit au moins in voto (par un désir, explicite ou implicite) [15]. Par conséquent ceux qui n’ont pas la foi catholique ou qui ne sont pas soumis à la hiérarchie, et qui, par ailleurs, n’ont aucun désir même implicite de changer d’état, n’appartiennent aucunement à l’Église. Ils ne peuvent assurer leur salut dans ces dispositions.
: Quelle est l’innovation de Vatican II ?
— Vatican II a essayé de trouver des états intermédiaires entre l’appartenance à l’Église et la non-appartenance. Les chrétiens non-catholiques seraient en « communion imparfaite » avec l’Église (UR 3 ; LG 15) et tous les hommes, même non chrétiens, seraient « ordonnés au peuple de Dieu » (LG 16). Cela implique qu’ils pourraient se sauver sans avoir le désir (au moins implicite) de changer d’état et d’adhérer à l’Église.
: Comment les communautés hérétiques ou schismatiques peuvent-elles être, selon Vatican II, en « communion imparfaite » avec l’Église ?
— Pour affirmer que les chrétiens et les communautés séparés de l’Église sont en « communion imparfaite » avec elle, Vatican II invoque, comme le cardinal Ratzinger, les « éléments de sanctification » dont ils sont porteurs, et par lesquels ils communiqueraient avec l’unique Église du Christ.
: N’est-il pas vrai que les communautés schismatiques ou même hérétiques conservent des éléments de sanctification ?
— Il est vrai que les protestants conservent la sainte Écriture (plus ou moins altérée), ou que les schismatiques orientaux conservent les sacrements. Mais la théologie traditionnelle ne désignait pas ces réalités volées à l’Église catholique comme des « éléments de sanctification » ou des « éléments d’Église », mais plutôt comme des « vestiges » de la vraie religion.
: Le remplacement du terme « vestiges » par le terme « éléments d’Église » est-il important ?
— Ce changement de vocabulaire n’est pas innocent, car le mot « vestiges » exprimait une vérité capitale : les éléments volés à l’Église catholique par les communautés séparées cessent, par le fait même, d’être une réalité vivante. Ils deviennent des « ruines ».
: Le sacrement de baptême donné dans une communauté séparée de l’Église peut pourtant être valide ; le terme « élément de sanctification » n’est-il pas plus approprié que celui de « ruine » ?
— Il faut ici distinguer soigneusement sacrement valide et sacrement fructueux. Un sacrement peut être valide sans être fructueux, c'est-à-dire sans donner la grâce, s’il rencontre, dans l’âme, un empêchement à cette grâce.
: Pouvez-vous préciser par un exemple cette distinction entre sacrement valide et sacrement fructueux ?
— Le sacrement de mariage serait reçu validement mais non fructueusement par une personne en état de péché mortel. Elle serait réellement mariée, mais ne recevrait pas les grâces habituellement données par ce sacrement (et, en outre, commettrait un sacrilège).
: En quoi cette distinction entre sacrement valide et sacrement fructueux concerne-t-elle les communautés hérétiques ou schismatiques?
— La distinction entre sacrement valide et sacrement fructueux est importante parce que l’appartenance au schisme ou à l’hérésie est en soi un empêchement à la grâce. Cela implique qu’une réalité sacrée, même sainte en elle-même, ne peut être un « élément de sainteté » en tant qu’elle est dans une communauté séparée de l’Église. Cette communauté est, en soi, un empêchement à l’efficacité sanctificatrice de l’élément dont elle s’est emparée.
: N’y a t-il pourtant pas des cas où les sacrements dispensés en dehors de l’Église peuvent être fructueux (c’est-à-dire donner la grâce) ?
— Les sacrements donnés en dehors de l’Église ne peuvent être fructueux que dans les cas où la personne qui les reçoit n’adhère pas formellement à l’hérésie ou au schisme. (C’est le cas, par exemple, des enfants n’ayant pas encore l’usage de la raison ; ou des personnes qui sont dans ce qu’on appelle « l’ignorance invincible ».) Dans ce cas, même si le sacrement est matériellement reçu d’une communauté séparée de l’Église, la personne ne le reçoit de façon fructueuse que parce qu’elle échappe, par son intention (in voto), à cette communauté.
: Cet enseignement est-il certain et traditionnel dans l’Église ?
– Saint Augustin explique que tous les biens qui sont dans l’Église peuvent se trouver, dans une certaine mesure, en dehors de l’Église, sauf la grâce par qui ces biens sont salutaires :
Dieu dans son unité peut être honoré hors de l’Église ; la foi qui est une, peut se rencontrer en dehors d’elle ; le baptême, qui est unique, peut être administré validement hors de son sein. Et toutefois, de même qu’il n’y a qu’un Dieu, une foi, un baptême, il n’y a aussi qu’une incorruptible Église : non pas en laquelle seule le vrai Dieu est honoré, mais en laquelle seule il est honoré avec piété ; non pas en laquelle seule la vraie foi est conservée, mais en laquelle seule elle est conservée avec la charité ; non pas en laquelle seule le vrai baptême existe, mais en laquelle seule il existe pour le salut. [Ad Cresc. livre 1, chapitre 29].
: Pouvez-vous citer, sur ce sujet, un autre Père de l’Église ?
— Saint Bède le Vénérable, dans son Commentaire sur la première épître de saint Pierre, exprime cette vérité d’une manière frappante. Partant de l’analogie faite par saint Pierre entre le déluge et le baptême, il explique que pour ceux qui sont baptisés hors de l’Église, l’eau du baptême n’est pas instrument de salut, mais bien plutôt de damnation :
Le fait que l’eau du déluge ne sauve pas, mais tue ceux qui sont situés hors de l’arche, préfigure sans aucun doute que tout hérétique, bien qu’il possède le sacrement de baptême, n’est pas plongé dans les enfers par d’autres eaux, mais précisément par celles qui soulèvent l’arche aux cieux [16].
: N’est-il pas exagéré de dire que le baptême reçu hors de l’Église serait une cause de damnation ?
– La participation active à une cérémonie religieuse d’une communauté hérétique ou schismatique est de soi, de par sa nature propre, un assentiment à la foi de cette communauté. Même le baptême devient donc, dans ces circonstances, peccamineux et occasion de scandale. C’est pourquoi saint Bède le Vénérable dit que l’eau même du baptême est, en ce cas, cause de damnation.
: Vatican II s’oppose-t-il à cet enseignement ?
— Oui, Vatican II s’oppose à cet enseignement, en affirmant que les communautés hérétiques ou schismatiques sont en communion imparfaite avec l’Église, et en laissant entendre qu’il y a, dans les communautés chrétiennes séparées de l’Église catholique, une certaine présence (imparfaite) de l’Église du Christ.
: Cette idée d’une présence (imparfaite) de l’Église du Christ dans les communautés séparées de l’Église catholiques a-t-elle été énoncée explicitement ?
– Jean-Paul II affirme dans son encyclique Ut unum sint : « Dans les autres communautés chrétiennes, il y a une présence active de l’unique Église du Christ [17]. »
: Mais peut-on trouver cette idée dans Vatican II ?
— On lit, dans le décret Unitatis redintegratio, à propos des Églises orientales schismatiques :
Ainsi donc, par la célébration de l’eucharistie du Seigneur dans ces Églises particulières, l’Église de Dieu [!] s’édifie et grandit, la communion entre elles se manifestant par la concélébration [18].
Une communauté qui s’est séparée de la véritable Église est donc considérée comme appartenant à l’« Église de Dieu ».
: Comment Vatican II considère-t-il les religions non chrétiennes ?
— Même envers les religions non chrétiennes, Vatican II s’efforce d’avoir la vue la plus positive possible. La déclaration conciliaire Nostra ætate chante des hymnes de louange en l’honneur de l’hindouisme, du bouddhisme, de l’islam et du judaïsme.
: Comment peut-on caractériser ce changement d’attitude envers les religions non chrétiennes ?
— Tandis qu’autrefois l’Église travaillait à évangéliser les adeptes des religions païennes, l’Église postconciliaire entretient un « dialogue » avec elles.
: Ce changement d’attitude est-il publiquement reconnu ?
— Le document Dialogue et Mission du Secrétariat pontifical pour les non chrétiens affirme explicitement, dès ses premières lignes :
Vatican II a marqué une étape nouvelle dans les relations de l’Église catholique avec les croyants des autres religions. […] Cette nouvelle attitude a pris le nom de dialogue [19].
: Que signifie ce mot « dialogue », dans le langage conciliaire ?
— Le document Dialogue et Mission précise au sujet du mot « dialogue » :
Il signifie non seulement le fait de se parler, mais aussi l’ensemble des rapports interreligieux, positifs et constructifs, avec des personnes et des communautés de diverses croyances, afin d’apprendre à se connaître et à s’enrichir les uns les autres [nº 3] [20].
Le même document donne, au nº 13, cette définition du dialogue :
[…] Le dialogue, grâce auquel les chrétiens rencontrent les croyants d’autres traditions religieuses pour marcher ensemble à la recherche de la vérité [!] et pour collaborer en des œuvres d’intérêt commun [21].
: Que faut-il conclure de ces affirmations ?
– Si les catholiques travaillent avec les non-chrétiens à la recherche de la vérité et s’il s’agit d’un enrichissement réciproque, il est clair que l’Église a abandonné la prétention de posséder seule la vérité !
: Les partisans de l’œcuménisme conciliaire ont-ils explicitement renoncé à convertir les non-catholiques ?
— Beaucoup de partisans de l’œcuménisme conciliaire ont renoncé à convertir les non-catholiques. On lit par exemple dans le Catéchisme oecuménique, préfacé par Mgr Degenhardt, archevêque de Paderborn, et vivement loué par plusieurs évêques :
Le but n'est pas le retour, mais plutôt la communion d'Églises-sœurs ; unité dans la diversité réconciliée ; unité des Églises. Les Églises demeurent mais deviennent une seule Église [22].
n 46. Les confessions chrétiennes non catholiques sont-elles des réalisations partielles de l’Église du Christ ?
Les confessions chrétiennes séparées de l’Église catholique sont des dissidences de l’Église catholique et ne lui appartiennent pas. Même si elles conservent certaines vérités chrétiennes et, éventuellement, un baptême valide, elles demeurent séparées du corps mystique du Christ. Par conséquent ne pourra être sauvé celui qui, après avoir reconnu que l’Église catholique est l’unique et véritable Église du Christ, n’entre pas dans celle-ci, mais demeure dans une communauté hérétique ou schismatique.
: Comment appartient-on à la véritable Église du Christ ?
— Le pape Pie XII enseigne dans Mystici corporis que trois éléments sont nécessaires pour appartenir à la véritable Église du Christ. Ce sont le baptême, la vraie foi et la soumission à l’autorité légitime :
Seuls font partie des membres de l’Église ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi et qui, d’autre part, ne se sont pas, pour leur malheur, séparés de l’ensemble du Corps ou n’en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l’autorité légitime [23].
: Les Églises schismatiques qui gardent les sept sacrements et sont d’accord avec l’Église catholique sur la plupart des points de foi n’appartiennent donc pas à la véritable Église du Christ ?
— Les Églises orientales schismatiques, même si elles gardent les sacrements et sont d’accord avec l’Église catholique sur la plupart des points de foi, ne sont pas la véritable Église du Christ. Elles refusent en effet de reconnaître le primat et l’infaillibilité du successeur de Pierre. Et le Christ a dit que celui qui refuse d’écouter l’Église est à considérer comme un païen et un pécheur public (Mt 18, 17) .
: Que faut-il dire des communautés hérétiques ?
– Si les communautés schismatiques n’appartiennent pas à l’unique Église du Christ, a fortiori les communautés hérétiques – protestantes, par exemple –, qui s’éloignent de la vraie foi en de nombreux points.
: Cette vérité a-t-elle été remise en cause à l’intérieur de l’Église ?
– Cette vérité a malheureusement fréquemment été remise en cause. Le 6 mai 1983, la commission mixte catholique-luthérienne, réunie à Kloster Kirchberg dans le Wurtemberg, a déclaré au sujet de l’hérésiarque Luther :
Ensemble, on commence à le reconnaître comme un témoin de l’Évangile, comme un maître dans la foi, comme un héraut du renouveau spirituel. […] La prise en considération du conditionnement historique de nos modes d’expression et de pensée a également contribué à faire reconnaître largement dans les milieux catholiques la pensée de Luther comme une forme légitime de la théologie chrétienne […] [24].
n 47. Les confessions non catholiques et les religions non chrétiennes sont-elles des moyens de salut ?
Les confessions non catholiques et les religions non chrétiennes ne sont pas des moyens de salut, mais plutôt de perdition. Certes, les adeptes de fausses religions peuvent être sauvés en elles, si, vivant selon leur conscience et s’efforçant d’accomplir la volonté de Dieu autant qu’ils la connaissent, ils reçoivent de Dieu les vertus théologales ; mais seul Dieu. sait quand cela se réalise. Nous pouvons seulement dire qu’on peut éventuellement se sauver dans les fausses religions ou plutôt malgré elles, mais jamais par elles.
: Les communautés non catholiques (protestantes, par exemple) fournissent à leurs membres un certain nombre de biens utiles au salut (baptême, Écriture sainte, etc.) ; ne sont-elles pas, en cela, des moyens de salut ?
— Tout ce que l’on peut trouver de vrai et de bon dans le protestantisme ou dans le schisme appartient de droit à l’Église. Même le décret conciliaire sur l’œcuménisme, Unitatis redintegratio, a dû préciser ce point, au nº 3, à la demande expresse du pape Paul VI.
: Comment fut accepté cet ajout imposé par le pape ?
— On devine sans peine que les théologiens libéraux n’en furent pas satisfaits. Rahner et Vorgrimler commentent ainsi la chose :
Que ces biens appartiennent de droit (jure) à l’Église du Christ, c’est une des dix-neuf modifications pontificales qui furent ajoutées en novembre 1964 à un texte qui avait d éjà été voté et qui en raison de leur étroitesse ont causé une impression plus défavorable que ne le justifie vraiment l’enseignement qui y est contenu. (Nous faisons ici seulement allusion aux changements par lesquels les non-catholiques ont été spécialement peinés) [25].
: Si Vatican II admet que les bons éléments présents dans les communautés séparées de l’Église catholique appartiennent en réalité à celle-ci, pourquoi critiquer ce concile ?
— Ce même nº 3 du décret Unitatis redintegratio, contient une monstruosité, bon exemple des contradictions du Concile :
L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles [les Églises ou communautés séparées] comme de moyens de salut [26].
: N’est-il pas vrai cependant que, concrètement, c’est par leur communauté hérétique ou schismatique que les chrétiens séparés de l’Église reçoivent certains biens ordonnés au salut (même si ces biens appartiennent, de soi, à l’Église catholique) ?
— On a déjà dit plus haut que les réalités saintes indûment détenues par les sociétés hérétiques ou schismatiques ne peuvent donner la grâce et le salut que dans la mesure où ceux qui les reçoivent refusent (fût-ce implicitement) l’adhésion formelle à cette hérésie ou à ce schisme. Autrement dit : dans la mesure où, par l’intention profonde de leur volonté, ils échappent à ces sociétés. Loin d’être des « moyens de salut », ces sociétés, par elles-mêmes, rendent stérile tout ce dont elles se sont emparées, même les sacrements (qui sont pourtant, en soi, les moyens de salut par excellence).
: Les communautés séparées de l’Église et les religions non chrétiennes ne peuvent donc être des moyens ordinaires de salut ?
— Non seulement les fausses religions ne sont pas des moyens ordinaires de salut, mais elles ne sont même pas des moyens extraordinaires ; elles ne sont que des obstacles au salut [27]. Si certains de leurs membres sont en état de grâce, c’est uniquement parce qu’ils sont dans l’ignorance et qu’ils ne sont donc pas coupables de leur séparation du corps de l’Église. Selon l’enseignement traditionnel, ils peuvent appartenir à l’âme de l’Église. Mais ils y appartiennent individuellement et non par leurs communautés religieuses. Celles-ci, en tant que telles, loin de conduire à l’Église catholique, en détournent. Elles ne sont pas voulues par Dieu.
: Que faut-il penser du raisonnement qui affirme que les communautés séparées sont des moyens de salut à cause des éléments de sanctification dont elles sont porteuses ?
– Ce raisonnement est un sophisme parce qu’il se base sur quelque chose qui arrive per accidens (par accident), en raison des dispositions personnelles de tel ou tel membre de ces communautés, et qu’il prétend en tirer une conclusion sur la valeur per se de ces sociétés en tant que telles. Avec le même genre de raisonnement, on pourrait dire que Judas est un saint et qu’il a accompli un acte éminemment méritoire en livrant le Christ, puisqu’il a ainsi permis la rédemption du genre humain !
: Que faut-il penser des appréciations positives que le concile Vatican II porte sur l’hindouisme, le bouddhisme, l’islam et le judaïsme dans son texte Nostra ætate, (déclaration sur les religions non chrétiennes) ?
— Ces appréciations positives portées sur l’hindouisme, le bouddhisme, l’islam et le judaïsme actuel sont tout simplement une trahison envers Notre-Seigneur Jésus-Christ.
: La déclaration Nostra ætate ne se rachète-t-elle pas en affirmant, à côté, que l’Église « est tenue d’annoncer sans cesse le Christ qui est “la voie, la vérité et la vie” (Jn 14, 6) dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses » (NA 2) ?
— Notre-Seigneur Jésus-Christ n’apporte pas seulement « la plénitude » de la vie religieuse ; il est le seul médiateur entre Dieu et l’homme (1 Tm 2, 5), le seul ambassadeur agréé auprès de Dieu, et qui intercède sans cesse pour nous (He 7, 25). « Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antéchrist ! Il nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père » (1 Jn 2, 22-23). « Aucun autre nom n’a été donné sous le ciel par lequel on puisse être sauvé » (Ac 4, 12). Toute religion qui refuse cette médiation est intrinsèquement mauvaise. Il est contradictoire de prétendre annoncer le Christ tout en vantant (même partiellement) les religions qui s’y opposent.
: Ces religions ne contiennent-elles pas, malgré tout, de bons éléments ?
— Même dans l’ordre matériel, un gâteau est jugé bon ou mauvais non seulement en fonction des éléments qu’il contient, mais en tant que tout ; la mauvaise répartition d’ingrédients en soi excellents peut suffire à gâcher l’ensemble ; l’introduction d’un seule denrée avariée peut faire pire encore ; et l’ajout de quelques gouttes de poison risque de peser plus lourd sur l’effet final que beaucoup de bon beurre, de bonne farine et de bon chocolat. A fortiori dans l’ordre spirituel. Une religion n’est pas seulement une agglomération matérielle d’éléments ; elle forme un tout (de même qu’un système scientifique ou philosophique, une démonstration, etc.). Ce tout est bon ou mauvais, vrai ou faux, en tant que tout. Et s’il est mauvais en tant que tout, peu importent les bons éléments.
: Ne peut-on, malgré tout, souligner les parcelles de vérité que contiennent ces religions ?
— Tout système erroné contient des parcelles de vérité ; une sottise évidente n’aurait pas d’adhérents. Mais ces vérités partielles sont réduites en esclavage par le système faux qui s’est emparé d’elles (et qui utilise à son profit leur vraisemblance et leur force de séduction). De plus, elles sont elles-mêmes faussées, car liées à des erreurs qui en déforment les perspectives.
: Pouvez-vous donner un exemple ?
— L’islam se présente comme une religion monothéiste. Cet aspect juste et raisonnable (volé à la vraie religion) fait une grande partie de sa force. Mais ce monothéisme est férocement antitrinitaire. Vrai en soi, il est faussé par le système d’erreur dont il est esclave.
: Ne peut-on cependant dire qu’il y a des degrés dans l’erreur, et qu’une religion qui, bien que fausse, reconnaît l’existence d’un Dieu unique et impose une certaine morale vaut mieux que l’athéisme déclaré et l’amoralisme absolu ?
– Il y a des degrés dans l’erreur, mais, paradoxalement, on peut dire qu’un système qui reprend plus d’éléments de vérité est plus dangereux qu’un autre qui en a moins. Une chaise à trois pieds, qui tient debout, est plus dangereuse qu’une chaise à deux pieds sur laquelle personne n’a l’idée de s’asseoir. Un faux billet de banque très bien imité est plus dangereux qu’un autre facilement reconnaissable.
: Pouvez-vous donner un exemple ?
On a écrit très justement : « L’islam est la religion qui, ayant eu connaissance du Christ, a refusé de le reconnaître pour Dieu. S’il est vrai que la pire forme du mensonge est celle qui, en apparence, contredit le moins la vérité, le mensonge qui consiste à dire du Christ tout le bien possible, sauf qu’il est Dieu, est le plus redoutable de tous [28]. » De fait, les missionnaires ont toujours eu beaucoup plus de mal à convertir des musulmans que les animistes.
: Que faut-il penser du raisonnement qui affirme que Dieu est à l’œuvre dans les religions non chrétiennes puisqu’on y peut trouver du bien et que le bien ne peut venir que de Dieu ?
– Ce raisonnement est un sophisme qui repose sur la non-distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. Car il est évident que lorsque l’on parle d’une action de Dieu dans une religion, on entend une œuvre de salut. C’est-à-dire Dieu qui sauve par sa grâce. Sa grâce surnaturelle. Alors que le bien dont il est fait mention dans les autres religions (au moins non chrétiennes), n’est qu’un bien naturel ; Dieu agit alors en tant que créateur, qui donne l’être à toute chose, et non en tant que sauveur. La volonté du concile Vatican II de dépasser la distinction entre l’ordre de la grâce et l’ordre naturel porte ici ses fruits les plus désastreux. On en arrive à penser que n’importe quelle religion peut obtenir les plus grands biens du bon Dieu. C’est une immense tromperie.
: En stimulant le sentiment religieux de l’homme, toutes ces religions ne font-elles pas, malgré tout, un certain bien ?
— A quoi sert de stimuler, si c’est sur un mauvais chemin ? Loin de mener à Dieu et à la vie éternelle, les religions non chrétiennes en détournent.
: L’hindouisme détourne-t-il du salut éternel ?
— L’hindouisme, en prêchant la réincarnation, enlève son sérieux à la vie terrestre. Elle n’est plus l’épreuve décisive dont dépend toute l’éternité, mais une simple étape, l’âme devant se réincarner – dans un rat, dans un chien, ou autre – autant de fois que nécessaire pour expier ses fautes. Pour cette même raison, l’hindouisme ne connaît pas la miséricorde (même s’il essaie actuellement de copier les œuvres de bienfaisance du christianisme). Il passe avec froideur devant les pauvres et ceux qui souffrent, estimant qu’ils portent justement le poids de leurs péchés passés.
: Le bouddhisme détourne-t-il du salut éternel ?
— Le bouddhisme est une religion sans Dieu. L’homme croit pouvoir se sauver lui-même et ce salut consiste à entrer dans le néant, le Nirvana. Le bouddhisme n’attend pas une vie éternelle d’union à Dieu, mais seulement la fin des souffrances dans la dissolution de l’existence propre.
: L’islam détourne-t-il du salut éternel ?
— L’islam rejette comme un blasphème la Sainte Trinité et, en conséquence, la divinité du Christ. Il encourage la cruauté (louant le meurtre d’un chrétien comme une bonne œuvre) et la sensualité (encourageant la polygamie et promettant aux hommes un paradis de joies sensuelles). Citons en exemple quelques sourates du Coran :
Les chrétiens ont dit : « Le Messie est fils de Dieu ! » Telle est la parole qui sort de leur bouche ; ils répètent ce que les incrédules disaient avant eux. Que Dieu les anéantisse ! Ils sont tellement stupides [29] !
Lorsque vous rencontrez les incrédules, frappez-les à la nuque jusqu’à ce que vous les ayez abattus : liez-les alors fortement ; puis vous choisirez entre leur libération et leur rançon afin que cesse la guerre [30].
Quant au paradis, outre « les houris aux beaux yeux noirs, pareilles aux perles dans leur nacre » (sourate LVI, 22 ; etc.), on y trouvera aussi de troublants éphèbes d’une perpétuelle jeunesse [31].
: Peut-on vraiment dire que le judaïsme détourne du salut éternel ?
— Les juifs actuels refusent, eux aussi, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Avant la venue du Christ, le judaïsme était la vraie religion, mais il ne l’est plus, puisqu’il a méconnu sa vocation et n’a pas voulu recevoir son Sauveur. Les vrais juifs se sont convertis au Christ, car, à sa venue, la religion juive de l’ancien Testament a perdu son sens et sa justification. Il est par conséquent incompréhensible qu’un évêque catholique puisse dire :
L’Église ne peut être le nouveau Peuple de Dieu que si elle maintient la continuit é et la parenté avec Israël […]. La rupture entre la Synagogue et l’Église fut en fait la première division dans l’Église... Le but de l’œcuménisme est la réconciliation entre l’Église et la Synagogue [32].
: En définitive, que peut-on dire à propos de ces religions non chrétiennes ?
— Il faut répéter sans se lasser la parole de saint Pierre : « Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom [que celui de Jésus] par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4, 12).
: Peut-on malgré tout espérer le salut des non chrétiens ?
— Si l’Église a toujours admis que des non chrétiens puissent avoir le baptême de désir implicite (s’ils sont dans l’erreur sans faute de leur part, et acceptent la grâce de Dieu), elle n’a jamais été optimiste quant au nombre de ceux qui sont ainsi sauvés. Pie IX a dénoncé comme une erreur la proposition suivante :
On peut au moins avoir bon espoir pour le salut éternel de tous ceux qui ne se trouvent pas dans la véritable Église du Christ [33].
n 48. Les religions non chrétiennes honorent-elles le vrai Dieu ?
Les religions non chrétiennes n’honorent pas le vrai Dieu. Le vrai Dieu est en effet le Dieu trinitaire qui s’est révélé dans l’ancien Testament et, surtout, dans le nouveau, par son Fils Jésus-Christ. « Celui qui nie le Fils n’a pas le Père » (1 Jn 2, 23). « Personne ne vient au Père, si ce n’est par moi » (Jn 14, 6).
: Ne peut-on dire que les juifs et les musulmans ont une idée juste mais incomplète de Dieu, et que par conséquent ils honorent le vrai Dieu ?
— Les juifs de l’ancien Testament étaient dans ce cas. A eux, la Sainte Trinité n’avait pas encore été révélée. Ils n’y croyaient pas explicitement, mais ils ne la rejetaient pas non plus. Aujourd’hui, les mahométans et les juifs nient expressément la Sainte Trinité révélée par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ils prient un Dieu qui ne serait qu’une personne solitaire. Mais un tel Dieu n’existe pas.
: Les juifs et les musulmans entendent pourtant honorer le seul Dieu qui existe, celui qui a créé le ciel et la terre, celui qui s’est révélé à Abraham, Isaac et Jacob ; ce faisant, ne s’adressent-ils pas au vrai Dieu ?
– Les non chrétiens peuvent avoir une certaine connaissance naturelle de Dieu en tant qu’auteur de la nature, et même en tant qu’auteur de certaines révélations (à Abraham, Isaac, Jacob, etc.) auxquelles ils adhèrent par une foi purement humaine. Mais cette connaissance purement naturelle les laisse étrangers à Dieu. Seule la foi surnaturelle fait pénétrer dans l’intimité divine et permet d’avoir des rapports familiers avec lui.
: Le pape saint Grégoire VII n’a-t-il pas, au XIe siècle, écrit à un roi musulman que chrétiens et musulmans ont le même Dieu ?
– Le pape saint Grégoire VII a effectivement écrit, dans une lettre au roi Anzir [34] :
[…] Nous qui, bien que d’une manière différente, croyons et confessons un seul Dieu, nous qui, chaque jour, le louons et vénérons comme créateur des siècles et gouverneur de ce monde […] [35].
: Que signifie précisément ce texte ?
Cette phrase du pape saint Grégoire VII signifie ceci : Chrétiens et musulmans croient, confessent, louent et vénèrent un seul Dieu, mais, dans le cas des chrétiens, cette foi et cet amour sont des vertus surnaturelles qui les font adhérer à Dieu, tandis que, pour les musulmans, il s’agit d’une vertu de religion naturelle qui les laisse extérieurs à Dieu [36]. On peut donc dire avec raison que seuls les chrétiens ont ou possèdent le vrai Dieu, et que seuls ils l’honorent vraiment, car seuls ils sont en relation intime avec lui.
: Une personne qui prie en se fondant sur une connaissance simplement naturelle de Dieu ne fait-elle pas une bonne action ?
– Une telle prière serait en soi une bonne action (quoique sans valeur surnaturelle), si elle n’était pas mêlée à des erreurs ou à des rites superstitieux qui, loin d’honorer Dieu, l’injurient. Le musulman qui, plusieurs fois par jour, affirme que Dieu n’est pas engendré et n’engendre pas, blasphème le Dieu qu’il croit honorer. Il peut éventuellement être excusé de ce blasphème par son ignorance invincible, de même que celui qui s’adonne à un faux culte, mais, de fait, ce n’est pas un acte de religion que celui-ci accomplit, mais de superstition (voire d’idolâtrie).
: Ces vérités fondamentales sont-elles mises en cause depuis Vatican II ?
– Lors de la retraite que le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II, prêcha au Vatican en 1976 devant le pape Paul VI, il développa une conception absolument moderniste de la foi et, par suite, la thèse selon laquelle tous les hommes, à quelque religion qu’ils appartiennent, prient le vrai Dieu.
: Pouvez-vous citer ces propos modernistes du cardinal Wojtyla ?
– Le cardinal Wojtyla a déclaré :
L’itinéraire spirituel mène à Dieu à partir du tréfonds de la créature et de l’homme. La mentalité contemporaine trouve dans cette voie un point d’appui dans l’expérimentation et la mise en évidence de la transcendance de la personne humaine [37].
: En quoi ces propos sont-ils modernistes ?
– Ces propos sont modernistes en ce que la foi n’est plus la réponse à la révélation divine, mais une recherche de Dieu venant du tréfonds de l’homme [38].
: Que dit le cardinal Wojtyla de la prière dans les fausses religions ?
– Un peu plus loin, le cardinal affirme :
Le trappiste ou le chartreux confesse ce Dieu par toute une vie de silence. C’est vers lui que se tourne le bédouin pérégrinant dans le désert quand vient l’heure de la prière. Et ce moine bouddhiste se concentre dans sa contemplation qui purifie sa pensée en l’orientant vers le Nirvana : mais est-ce seulement du côté du Nirvana ? Dieu, absolument transcendant, surpassant absolument tout le créé, visible et tangible [39].
: Que peut-on dire de ces affirmations ?
— Cette manière de penser est tout à fait étrangère à la sainte Écriture. L’ancien Testament est rempli de la colère de Dieu contre les fausses religions, et le peuple élu est souvent puni parce qu’il vénère les faux dieux.
: Trouve-t-on la même vision des choses dans le nouveau Testament ?
— Saint Paul écrit en une formule lapidaire : « Ce que les païens sacrifient, ils l’offrent aux démons et non à Dieu » (1 Co 10, 20).
: Un non chrétien ne peut donc honorer le vrai Dieu ?
— Il n’est pas impossible que, poussé par la grâce, un juif, un musulman ou un païen puisse honorer le vrai Dieu, mais à condition qu’il ne s’obstine pas dans les fausses idées que lui donne sa religion, et qu’il soit, au contraire, fondamentalement disposé à accepter tout ce que Dieu a révélé, y compris la Sainte Trinité et l’incarnation. Cependant, la fausse religion en tant que telle ne s’adresse pas au vrai Dieu, mais à une illusion, et ne peut donc, elle, conduire ses adeptes à Dieu.
n 49. Les membres des religions non chrétiennes sont-ils des « chrétiens anonymes » ?
Pour Karl Rahner, les religions non chrétiennes sont un christianisme anonyme. Elles sont des voies de salut « par lesquelles les hommes se rapprochent de Dieu et de son Christ [40] ». Certes elles ne professent pas la foi au Christ comme les chrétiens, mais elles le cherchent. Cette opinion est totalement fausse. Les religions non chrétiennes empêchent au contraire les hommes de croire au Christ et de se faire baptiser. Quand l’islam professe par exemple que c’est un blasphème de dire que Dieu a un Fils, il empêche ses adeptes d’adhérer à la vraie foi.
: Les Pères de l’Église n’ont-ils pas reconnu que les religions païennes contenaient les « semences du Verbe » ?
— C’est ce qu’affirme Jean-Paul II, à la suite de Vatican II [41]. Mais les Pères de l’Église n’ont rien reconnu de tel. Les textes de saint Justin et de Clément d’Alexandrie qui sont invoqués en ce sens ne parlent en réalité aucunement des religions païennes, mais des philosophes et des poètes. Et saint Justin précise bien que cette « semence » répandue dans toute l’humanité est celle de la raison (naturelle), qu’il distingue soigneusement de la grâce surnaturelle [42].
: Il n’y a donc pas de « chrétiens anonymes » ?
— On peut, à la rigueur, appeler chrétiens anonymes ceux qui, malgré les fausses doctrines de leur religion, sont intérieurement disposés par une grâce spéciale de Dieu à recevoir tout ce que Dieu a révélé. Mais il vaut mieux employer l’expression traditionnelle de « baptême de désir implicite ».
50. Tous les hommes sont-ils sauvés automatiquement par le Christ ?
Le Christ est bien mort pour tous les hommes en ce sens que tous ont la possibilité d’obtenir le salut. Personne n’est exclu. Mais pour qu’un homme soit de fait sauvé, il faut aussi qu’il accepte la grâce que le Christ lui a méritée et lui offre. S’il la refuse, il demeure dans un état de perdition et sera damné éternellement (sauf conversion avant sa mort).
: Où peut-on trouver cette erreur du salut universel ?
— Le salut universel, c’est-à-dire la thèse selon laquelle tous les hommes ont non seulement la possibilité d’être sauvés, mais sont sauvés de fait, semble bien enseignée par le cardinal Wojtyla dans la retraite dont nous avons déjà parlé. Voici ce qu’il dit :
La naissance de l’Église qui a eu lieu sur la croix, au moment messianique de la mort rédemptrice du Christ, fut dans son essence la naissance de l’homme, de chaque homme et de tous les hommes, de l’homme qui – qu’il le sache ou non, l’accepte ou non dans la foi – se trouve déjà dans la nouvelle dimension de son existence. Cette nouvelle dimension, saint Paul la définit tout simplement par l’expression In Christo, dans le Christ [43].
Et encore :
Tous les hommes depuis le commencement jusqu’à la fin du monde ont été rachetés et justifiés par le Christ et par sa croix [44].
: Qu’impliquent ces paroles du cardinal Wojtyla ?
— Si donc tout homme, « qu’il le sache ou non, l’accepte ou non dans la foi » possède l’être dans le Christ et est racheté, il s’ensuit que, selon le cardinal, tous sont sauvés et qu’il n’y aura pas de damnés.
: Jean-Paul II a-t-il continué à favoriser cette erreur après son élection au souverain pontificat ?
— Devenu pape, Jean-Paul II a écrit dans sa première encyclique, Redemptor hominis :
Il s’agit de chaque homme, parce que chacun a été inclus dans le mystère de la rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère […] ; l’homme dans toute la plénitude du mystère dont il est devenu participant en Jésus-Christ et dont devient participant chacun des quatre milliards d’hommes vivants sur notre planète, dès l’instant de sa conception près du cœur de sa mère [45].
Si tout homme est dès l’instant de sa conception uni pour toujours au Christ, quel besoin peut-il encore avoir du baptême et de l’appartenance à l’Église visible ?
: Peut-on vraiment penser que Jean-Paul II ait voulu prôner le salut universel ?
— Réfléchissons au fait que ce pape voulait faire cardinal Hans Urs von Balthasar, un théologien qui partageait l’opinion que l’enfer est vide.
: Comment sait-on que l’enfer n’est pas vide ?
— La sainte Écriture parle de l’enfer en de très nombreux passages. Dans sa parabole du jugement dernier, le Christ laisse clairement entendre que des hommes iront en enfer :
Alors il dira en s’adressant à ceux qui sont à sa gauche : « Éloignez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel qui a été préparé pour le démon et pour ses anges » [Mt 25, 41].
: Beaucoup d’hommes vont-ils en enfer ?
— Il semble effectivement que beaucoup vont en enfer :
Large est la porte et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent [Mt 7, 13].
L’Église a toujours été convaincue que beaucoup d’hommes se perdent. C’était un stimulant de son activité missionnaire, et de nombreux chrétiens ne reculaient pas devant la peine pour aller prêcher l’Évangile et sauver ainsi le plus grand nombre possible d’âmes.
: Jean-Paul II ne parle-t-il pourtant pas souvent d’évangélisation ? A quoi servent l’Église et l’évangélisation si tous les hommes sont sauvés ?
— Si tous les hommes sont déjà sauvés, la mission consiste à dire aux hommes : Je vous apporte une bonne nouvelle : sans le savoir, vous êtes déjà sauvés par le Christ !
: A-t-on des signes que Jean-Paul II interprète ainsi l’évangélisation ?
— De fait, c’est de cette manière que le cardinal Wojtyla explique le texte de Gaudium et spes 22, qui affirme : « Nouvel Adam, le Christ […] manifeste pleinement l’homme à lui-même. » Cela voudrait dire que le Christ manifeste à l’homme ce qui lui est déjà arrivé, à savoir qu’il possède l’« être dans le Christ » :
La Révélation réside en ce que le Fils de Dieu par son incarnation s’est uni à chaque homme [46].
: Que peut-on dire de cette interprétation ?
Jamais l’Église n’a compris la mission de cette façon. Être missionnaire a toujours signifié apporter aux hommes le salut par la prédication de l’Évangile et la dispensation des sacrements, et non leur annoncer qu’ils possèdent ce salut depuis longtemps. « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné » (Mc 16, 16).
51. Quel jugement doit-on porter sur la rencontre des religions à Assise ?
La rencontre des religions à Assise le 27 octobre 1986 fut un scandale sans précédent induisant les âmes en erreur [47]. Ce fut aussi une faute contre le premier commandement de Dieu : « Je suis le Seigneur ton Dieu : tu n’auras pas à côté de moi d’autres dieux que moi. » Jamais l’Église n’a été aussi humiliée que lorsque le pape se mit au même niveau que les chefs de toutes les religions et toutes les sectes. Il a ainsi donné l’impression que l’Église catholique n’est qu’une communauté religieuse parmi beaucoup d’autres qui doivent travailler ensemble à l’établissement de la paix sur la terre. Comme s’il pouvait y avoir une autre paix que dans la conversion des hommes au Christ et à son Église ! « Ne formez pas avec des infidèles d’attelage disparate […] Quelle union peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Bélial ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? Quel accord entre le temple de Dieu et les idoles ? » (2 Co 6, 14-16.)
: Comment le pape s’est-il mis au même niveau que les chefs de toutes les religions et de toutes les sectes ?
— Lors de son mot d’accueil qui eut lieu dans la basilique de Notre-Dame, le pape était assis sur les mêmes sièges que les chefs des autres religions. On évita tout ce qui aurait pu donner l’impression que le pape leur était supérieur, tous devaient paraître égaux.
: Le pape n’a-t-il pas, à Assise, témoigné de sa foi en Jésus-Christ ?
Le pape a témoigné de sa foi personnelle en Jésus-Christ ; mais, en opposition avec l’ordre du Christ envoyant ses Apôtres en mission, il n’a pas demandé aux représentants de ces religions de se convertir au Christ. Il les a au contraire invités à prier leurs faux dieux :
D’ici, nous allons nous rendre vers des lieux distincts pour prier. Chaque religion aura le temps et l’occasion de s’exprimer selon le rite traditionnel qui est le sien. Puis, de ces lieux distincts de prière, nous marcherons en silence vers l’esplanade de la basilique inférieure Saint-François. Une fois rassemblés sur l’esplanade, chaque religion pourra encore présenter sa prière, l’une après l’autre.
Ayant ainsi prié séparément, nous méditerons en silence sur notre propre responsabilité dans le travail pour la paix. A la fin de la journée, j’essaierai d’exprimer ce que cette célébration unique aura dit à mon cœur, en tant que croyant en Jésus-Christ et premier serviteur de l’Église catholique [48].
: N’a-t-on pas, ensuite, essayé de convertir au Christ les représentants des diverses religions ?
Non seulement rien ne fut fait, à Assise, pour la conversion des non chrétiens, mais le cardinal Etchegaray déclara même, sur l’esplanade de la basilique Saint-François, qu’il était très important que les membres des différentes religions restent fidèles à leur fausse foi :
Nous provenons de nombreuses traditions religieuses à travers le monde, nous nous rencontrons dans une totale fidélité à nos propres traditions religieuses, bien conscients de l’identité de l’engagement de chacun dans sa propre foi. Nous sommes ici réunis sans aucune trace de syncrétisme. C’est ce qui fait la richesse et la valeur de cette rencontre de prière [49].
: Y a-t-il eu célébration de cultes non chrétiens, lors de la journée d’Assise ?
— Non seulement des cultes non chrétiens furent publiquement célébrés, mais on mit même des lieux de culte catholiques à la disposition des fausses religions. Quand on pense qu’une église catholique est un lieu saint consacré uniquement au culte de la très Sainte Trinité, on ne peut s’empêcher de penser à l’« abomination de la désolation » annoncée par le Christ (Mt 24, 15).
: Le Vatican n’a-t-il cependant pas évité soigneusement toute prière commune des chrétiens avec les non chrétiens, et précisé qu’il s’agissait non de prier ensemble, mais d’être ensemble pour prier [50] ?
— Cette formule semble davantage une concession temporaire faite aux opposants à Assise que l’expression de la pensée du pape. Dès 1979, dans son encyclique inaugurale Redemptor hominis, Jean-Paul II annonçait son intention de parvenir à la « prière en commun » avec les membres des autres religions [51]. — Mais, de toute manière, le simple fait de promouvoir publiquement l’exercice des faux cultes en laissant entendre qu’ils sont agréables à Dieu est déjà un énorme scandale, même si l’on n’y participe pas directement soi-même. Dieu a plusieurs fois manifesté qu’il avait les faux cultes en abomination, et en particulier l’idolâtrie, summum de toutes les superstitions.
: Ne peut-on dire que Jean-Paul II a encouragé ces prières et ces cultes non en tant qu’ils sont faux, mais en tant qu’ils sont des expressions de la religion naturelle ?
— Il ne s’agissait pas, à Assise, de la prière individuelle de l’homme dans sa relation personnelle à Dieu, soit comme créateur, soit comme sanctificateur, mais bien de la prière de diverses religions comme telles, avec leur rite propre adressé à leur divinité propre. Ces cultes, étant l’expression publique de croyances fausses, sont, en soi, des injures à Dieu. D’autre part l’Écriture sainte, tant dans l’ancien que dans le nouveau Testament enseigne que Dieu ne tient pour agréable que la prière de celui qu’il a établi comme seul médiateur entre lui et les hommes, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et que cette prière ne se trouve que dans la vraie religion.
: Jean-Paul II n’a-t-il pas essayé de justifier son initiative d’Assise ?
– Jean-Paul II s’est employé plusieurs fois à justifier le rassemblement d’Assise, particulièrement dans le discours qu’il adressa aux cardinaux le 22 décembre 1986.
: Qu’y a-t-il de caractéristique dans ce discours du 22 décembre 1986 ?
– Le plus frappant, dans ce discours, est que le pape se réfère 35 fois au concile Vatican II, sans mentionner aucun autre texte magistériel. Il affirme notamment que « la clé appropriée de lecture pour un si grand événement jaillit de l’enseignement du concile Vatican II [52] ». Ou encore :
L’événement d’Assise peut ainsi être considéré comme une illustration visible, une leçon de choses, une catéchèse intelligible à tous, de ce que présuppose et signifie l’engagement œcuménique et l’engagement pour le dialogue interreligieux recommandé et promu par le concile Vatican II [53].
: Comment Jean-Paul II, dans ce discours, justifie-t-il théologiquement la rencontre interreligieuse d’Assise ?
Outre les 35 références à Vatican II, Jean-Paul II justifie la rencontre interreligieuse d’Assise en affirmant :
Toute prière authentique est suscitée par l’Esprit-Saint, qui est mystérieusement présent dans le cœur de tout homme [54].
: Que peut-on dire de cette phrase ?
— Cette phrase contient deux affirmations dont la première est ambiguë (« Toute prière authentique est suscitée par l’Esprit-Saint »), et la seconde manifestement fausse (« L’Esprit-Saint est mystérieusement présent dans le cœur de tout homme »).
: Pourquoi est-il ambigu d’affirmer que toute prière authentique est suscitée par l’Esprit-Saint ?
— La sentence est ambiguë parce que sa vérité ou sa fausseté dépend du sens que l’on donne au mot « authentique ». Si l’on entend par « prière authentique » une prière permettant d’adhérer réellement à Dieu, la sentence est incontestablement vraie. Mais si l’on entend par là « toute prière sincère », elle est gravement erronée (la prière du bouddhiste devant l’idole de Bouddha, comme celle du sorcier animiste ou du terroriste musulman peuvent être sincères ; elles ne sont pas pour autant suscitées par l’Esprit-Saint).
: Pourquoi est-il faux de dire que l’Esprit-Saint est mystérieusement présent dans le cœur de tout homme ?
— Dans le langage de la théologie catholique, comme dans l’Écriture sainte, l’expression « présence du Saint-Esprit » ou « habitation du Saint-Esprit » désigne la présence surnaturelle de Dieu par la grâce sanctifiante. Or, même si le mot « mystérieusement » peut donner le change, il est certain que le Saint-Esprit n’est pas ainsi présent dans le cœur de tout homme.
: Que dit la Tradition de l’Église à ce sujet ?
— Lorsqu’il administre le baptême, le prêtre commande au démon : « Sors de cet enfant, esprit impur, et cède la place à l’Esprit-Saint Paraclet [55]. » Cela indique bien que le Saint-Esprit n’habitait pas dans cette âme.
: Que peut-on conclure à ce sujet ?
— Il est manifeste qu’une proposition fausse est à la base de la justification de la journée interreligieuse d’Assise.
: Si Jean-Paul II a manifesté, à Assise, un grand respect des fausses religions, celles-ci ont-elles manifesté un respect analogue envers le catholicisme ?
— Les musulmans ont utilisé sans vergogne la rencontre d’Assise pour confesser leur foi en Allah comme le seul chemin correct. Voici ce que fut leur prière pour la paix :
C’est toi que nous adorons, c’est toi que nous implorons. Conduis-nous sur le droit chemin, le chemin de ceux que tu combles de bienfaits, non de ceux qui t’irritent ni de ceux qui s’égarent.
A suivi alors la sourate II, 136 du Coran :
Nous croyons en Dieu, à ce qu’il nous révèle, à ce qu’il révélait à Abraham, Ismaël, Jacob et ses tribus, à ce que le Seigneur donnait à Moïse et Jésus, à ce qu’il donnait aux prophètes. Nous ne faisons pas de différences entre eux et nous lui sommes soumis.
Et la prière des musulmans pour la paix s’est achevée par la sourate CXII, récitée en arabe par tous les musulmans présents :
Au nom de Dieu, le Miséricordieux plein de miséricorde.
Dis : il est Dieu unique, Dieu l’imploré. Il n’a ni enfanté ni été enfanté. Nul ne saurait l’égaler [56].
: Que remarque-t-on, dans ces prières musulmanes ?
— Ces affirmations Dieu n’a ni enfanté ni été enfanté, et Nous ne faisons pas de différences entre les prophètes sont dirigées expressément contre la foi chrétienne qui confesse que Jésus-Christ n’est pas un prophète comme les autres, mais le vrai Fils de Dieu, engendré par le Père avant tous les siècles.
: Comment s’acheva la réunion d’Assise ?
— Lorsque toutes les délégations eurent accompli leur culte pour la paix, elles se rendirent en silence et comme en pèlerinage à la basilique Saint-François où chaque communauté fit une prière pour la paix. Dans son allocution de clôture, le pape fit allusion à ce pèlerinage de la manière suivante :
[…] Tandis que nous marchions en silence, nous avons réfléchi au chemin que parcourt la famille humaine : soit dans l’hostilité, si nous ne savons pas nous accepter les uns les autres, soit comme une route commune vers notre haute destinée, si nous comprenons que les autres sont nos frères et nos sœurs. Le fait même que, de diverses régions du monde, nous soyons venus à Assise est en soi un signe de ce chemin commun que l’humanité est appelée à parcourir. Ou bien nous apprenons à marcher ensemble dans la paix et l’harmonie, ou bien nous partons à la dérive pour notre ruine et celle des autres. Nous espérons que ce pèlerinage à Assise nous aura réappris à prendre conscience de l’origine et de la destinée commune de l’humanité. Puissions-nous y voir une préfiguration de ce que Dieu voudrait que soit le cours de l’histoire de l’humanité : une route fraternelle sur laquelle nous nous accompagnons les uns les autres vers la fin transcendante qu’il établit pour nous […] [57].
: Que peut-on dire de cette allocution ?
– Nous laisserons à un haut dignitaire de la franc-maçonnerie, Armando Corona, Grand Maître de la grande loge de l’Équinoxe de Printemps (Italie), le soin de commenter :
Notre interconfessionnalisme nous a valu l’excommunication reçue en 1738 de la part de Clément XI. Mais l’Église était certainement dans l’erreur, s’il est vrai que le 27 octobre 1986 l’actuel pontife a réuni à Assise des hommes de toutes les confessions religieuses pour prier ensemble pour la paix. Et que cherchaient d’autre nos frères quand ils se réunissaient dans les temples, sinon l’amour entre les hommes, la tolérance, la solidarité, la défense de la dignité de la personne humaine, se considérant égaux, au-dessus des credo politiques, des credo religieux et des couleurs de la peau [58] ?
L’œcuménisme d’Assise rejoint le plan maçonnique : établir un grand temple de fraternité universelle au-dessus des religions et des croyances, « l’unité dans la diversité » si chère au Nouvel Age et au globalisme mondial.
n 52. Quelles sont les suites de l’œcuménisme ?
Les suites de l’œcuménisme sont l’indifférence religieuse et la ruine des missions. C’est aujourd’hui une opinion généralement répandue parmi les catholiques que l’on peut se sauver tout aussi bien dans n’importe quelle religion. L’apostolat missionnaire n’a donc plus aucun sens, et il arrive même souvent que l’on refuse de recevoir dans l’Église des membres d’autres religions, qui, pourtant, le demandent. L’activité missionnaire devient une aide au développement. Ceci est en opposition flagrante avec l’ordre de Notre-Seigneur : « Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Mt 28, 19).
: Pouvez-vous citer un exemple de cet actuel refus de convertir les non-catholiques ?
— Un exemple inconcevable de cet œcuménisme est la déclaration de Balamand, signée le 23 juin 1993 comme conclusion d’une réunion entre catholiques et orthodoxes [59].
: Dans quel contexte eut lieu cette réunion de Balamand ?
— Il faut savoir que, depuis le schisme grec, plusieurs parties de l’Église orientale se sont de nouveau réunies à Rome. Tout en gardant leur rite oriental, elles ont reconnu la primauté pontificale, comme le faisait, avant le schisme, toute l’Église d’Orient. Ces Églises catholiques orientales connurent un grand essor après les changements politiques intervenus en Union Soviétique (beaucoup d’orthodoxes, en effet, n’étaient dans le schisme qu’en raison de la pression extérieure et souhaitaient se réunir au Siège de Pierre). On comprend la colère des autorités orthodoxes qui menacèrent de rompre les relations œcuméniques. La Conférence de Balamand est en fait une tentative pour sauver l’œcuménisme.
: Que disent les accords de Balamand ?
— Au numéro 8 de la déclaration, les Églises orientales catholiques sont appelées une « source de conflits et de souffrances ». On affirme que c’est pour justifier son « prosélytisme » – c’est-à-dire ses efforts pour ramener les schismatiques à l’unité catholique – que « l’Église catholique a développé la vision théologique selon laquelle elle se présentait elle-même comme l’unique dépositaire du salut » (nº 10). Autrement dit, ce qui a toujours été l’enseignement de l’Église, à savoir que tous les chrétiens doivent être unis au pape, pasteur suprême, est ici ramené à une simple opinion théologique qui aurait été inventée pour justifier des intérêts égoïstes.
: Comment les accords de Balamand conçoivent-ils les rapports entre l’Église catholique et les schismatiques ?
— Les Églises schismatiques orientales sont désormais considérées comme des sœurs de l’Église catholique :
L’Église catholique et l’Église orthodoxe se reconnaissent mutuellement comme Églises sœurs. […] Selon les paroles du pape Jean-Paul II, l’effort œcuménique des Églises sœurs d’Orient et d’Occident, fondé dans le dialogue et la prière, recherche une communion parfaite et totale qui ne soit ni absorption ni fusion, mais rencontre dans la vérité et l’amour (cf. Slavorum apostoli, 27) [nº 14].
: Quelles sont les conséquences pratiques de ces accords de Balamand ?
— L’Église catholique renonce expressément à essayer de convertir les schismatiques orientaux (nº 12). Elle s’interdit même de créer des structures catholiques contre la volonté des orthodoxes, là où elle n’en a pas actuellement (nº 29). Et la déclaration conclut :
En excluant pour l’avenir tout prosélytisme et toute volonté d’expansion des catholiques aux dépens de l’Église orthodoxe, la Commission espère qu’elle a supprimé l’obstacle qui a poussé certaines Églises autocéphales à suspendre leur participation au dialogue théologique [nº 35].
: Comment peut-on résumer les accords de Balamand ?
— En bref, les Églises orientales catholiques sont considérées comme un obstacle à l’œcuménisme. Puisque, malheureusement, elles existent, il faut au moins leur interdire de se développer. — C’est une trahison à l’égard de tous les chrétiens qui pendant des siècles ont supporté de grandes souffrances et même le martyre pour rester fidèles au siège de Pierre. On sacrifie ses propres frères uniquement pour que le dialogue œcuménique ne stagne pas.
: Quelle appréciation pratique peut-on porter sur le dialogue œcuménique en général ?
– En définitive, le dialogue œcuménique tourne toujours au préjudice de l’Église catholique. C’est toujours elle qui recule et cède, tandis que les autres confessions et religions se réjouissent des concessions de l’Église, sans pour autant faire elles-mêmes un seul pas vers la vérité.
n 53. L’œcuménisme n’est-il pas une exigence de la charité fraternelle ?
L’œcuménisme tel qu’il est prôné par Vatican II n’est pas une exigence de la charité fraternelle mais un crime commis contre elle. Le véritable amour exige en effet que l’on souhaite et que l’on fasse le bien à son prochain. En matière religieuse, cela veut dire conduire son prochain à la vérité. C’est donc un signe de véritable amour que donnaient les missionnaires quittant patrie et amis pour prêcher le Christ en pays étranger, au milieu de dangers et de fatigues indicibles. Beaucoup y laissèrent leur vie, emportés par la maladie ou par la violence. L’œcuménisme, au contraire, laisse les hommes dans leurs fausses religions, et même, les y fortifie. Il les abandonne donc à l’erreur et à l’immense danger de la perte éternelle. Si cette attitude est plus confortable que l’apostolat missionnaire, elle n’est pas précisément un signe de charité mais plutôt de paresse, d’indifférence et de respect humain. Les théologiens œcuméniques agissent comme les médecins qui bercent une personne gravement malade dans ses illusions, au lieu de l’avertir sur la gravité de son état et de la soigner.
Le baiser de Judas |
[1] — Nous avons largement utilisé pour cela le communiqué de Mgr Bernard Fellay au sujet du renouvellement du rassemblement interreligieux d’Assise, en 2002. (Texte dans Le Sel de la terre 40, p. 181-185.)
[2] — Ce Conseil se définit comme « une communauté d’Églises, qui reconnaissent le Christ comme Dieu et Sauveur ». Les confessions religieuses qui en font partie demeurent indépendantes. Le Conseil n’a aucune autorité sur elles ; elles peuvent accepter ou refuser comme elles veulent ses décisions. Il n’est pas non plus nécessaire que chacun des membres reconnaisse les autres communautés comme des Églises au sens strict. — L’Église catholique n’est pas membre du C.O.E., même si elle s’en est beaucoup rapprochée.
[3] — P. Ch. Boyer, article « Œcuménisme chrétien », dans le DTC. — Le terme « œcuménique », en son sens premier (« universel ») était employé pour désigner les conciles généraux de l’Église, ainsi distingués des conciles particuliers (voir question 19 de ce Catéchisme [Le Sel de la terre 49, p. 18, note 2]). Le mot a aujourd’hui pris un sens nouveau.
[4] — pie XI, Mortalium animos (6 janvier 1928), EPS-Égl. 854.
[5] — pie XI, Mortalium animos, EPS-Égl. 855.
[6] — pie XI, Mortalium animos, EPS-Égl. 872.
[7] — Pie IX, lettre Jam vos omnes, du 13 septembre 1868 (DS 2998 ; EPS-Égl. 313-320).
[8] — Léon XIII, lettre Præclara gratulationis du 20 juin 1894.
[9] — Voir à ce sujet Le Sel de la terre 40, p. 85-87. (NDLR.)
[10] — Voir Le Sel de la terre 49, p. 39-40. Rappelons que le père de cette expression « subsistit in » est un protestant : le pasteur Wilhelm Schmidt.
[11] — Vatican II, constitution Lumen gentium (sur l’Église), 1, 8. La même expression figure dans la déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanæ 1 : « Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste dans l’Église catholique et apostolique. »
[12] — La note 56 de la déclaration Dominus Jesus (6 août 2000) précise que l’Église du Christ n’a cette réalisation concrète (sa « subsistance ») que dans l’Église catholique (voir à ce sujet Le Sel de la terre 35, p. 1). (NDLR.)
[13] —Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium 8 ; voir Jean-Paul II, encyclique Ut unum sint, 13. Voir aussi : Vatican II, Lumen gentium 15 et le décret sur l’œcuménisme Unitatis redintegratio 3.
[14] — Cette innovation figure dans le texte Unitatis redintegratio [UR] 3 ; voir aussi Lumen gentium [LG] 14 qui parle de « pleine incorporation ». (Sur cette question, voir Le Sel de la terre 49, p. 6-14. — NDLR.)
[15] — Ceux qui ne sont pas incorporés à l’Église in re (en réalité) peuvent, dans certaines circonstances, l’être in voto (par le désir : c’est ce que l’on appelle parfois appartenir à l’âme de l’Église). Ce désir peut être explicite (par exemple chez un catéchumène se préparant au baptême) ou implicite (par exemple chez une personne élevée dans l’hérésie mais qui n’adhère à cette hérésie que par ignorance, de façon non coupable : elle n’a pas les moyens de discerner que l’Église catholique est la seule vraie religion, mais elle est fondamentalement disposée à l’accepter).
[16] — Quod ergo aqua diluvii non salvavit extra arcam positos, sed occidit, sine dubio præfigurabat omnem hereticum, licet habentem baptismatis sacramentum, non aliis, sed ipsis aquis ad inferna mergendum, quibus arca sublevatur ad cœlum. Saint Bède le Vénérable, Commentaire sur la première épître de saint Pierre (1 P 3, 21), PL 93, col. 60.
[17] — UUS, 11.
[18] — Vatican II, décret Unitatis redintegratio (sur l’œcuménisme) 15.
[19] — DC 1880 (2 septembre 1984), p. 844. Ce document a été approuvé par le pape Jean-Paul II, le 10 juin 1984.
[20] — DC 1880 (2 septembre 1984), p. 844.
[21] — DC 1880 (2 septembre 1984), p. 845.
[22] — Heinz Schütte, Glaube im ökumenischen Verständnis. Ökumenischer Katechismus, Paderborn, 1994, p. 33.
[23] — Pie XII, encyclique Mystici Corporis (29 juin 1943), Documents pontificaux de Pie XII, t. V (1943), Saint-Maurice (Suisse), éd. Saint-Augustin, 1962, p. 163-164.
[24] — DC 1855 (3 juillet 1983), p. 694-695.
[25] — K. Rahner et H. Vorgrimler, Kleines Konzilskompendium. Sämtliche Texte des Zweiten Vatikanums, Fribourg, Herder, 1986, p. 220.
[26] — Vatican II, Unitatis redintegratio, 3.
[27] — Le cardinal Joseph Ratzinger, dans ses Entretiens sur la foi avec Vittorio Messori (Paris, Fayard, 1985, p. 247) conteste l’idée que les religions non chrétiennes puissent être des voies ordinaires de salut. Mais il admet qu’elle soient des voies extraordinaires.
[28] — Joseph Hours, « La conscience chrétienne devant l’islam », Itinéraires 60, p. 121.
[29] — Le Coran, sourate IX, 30 (traduction de Denise Masson, Paris, Gallimard, 1967, p. 228).
[30] — Sourate XLVII, 4.
[31] — Sourates LXXVI, 19 ; LII, 24, LVI, 17. — Voir J. Bertuel, L’Islam, ses véritables origines, Paris, NEL, p. 187.
[32] — Entretien de Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, avec le journal zurichois Tagesanzeiger, 29 octobre 1996, p. 2.
[33] — Dix-septième proposition condamnée par le Syllabus, DS 2917.
[34] — Ce prince berbère (En Nacir Ibn Alennas) r égna sur l’ancienne province romaine de Mauritanie sitifienne de 1062 à 1088. Peut-être était-il considéré par le pape comme influencé par le christianisme de ses ancêtres, voire même secrètement chrétien. Il se montrait en effet favorable au christianisme en ayant envoyé des présents au pape, en lui ayant demandé de consacrer un évêque et en ayant délivré des prisonniers chrétiens, comme l’explique le début de la lettre. Cette lettre du pape Grégoire VII a peut-être pour but de sonder davantage la pensée du roi, ce qui expliquerait sa tournure inhabituelle (c’est la seule lettre de ce genre antérieure à Vatican II).
[35] — « […] Nos et vos […] qui unum Deum, licet diverso modo, credimur et confitemur, qui eum creatorem huius mundi quotidie laudamus et veneramur […]. »
[36] — A moins qu’ils n’aient reçu le baptême de désir, auquel cas ils n’agissent plus en tant que musulmans mais en tant que chrétiens.
[37] — Cardinal Karol Wojtyla, Le signe de contradiction, Paris, Fayard, 1979, p. 30.
[38] — Voir la question 11 du présent « Catéchisme de la crise dans l’Église » (Le Sel de la terre 48, p. 58-59).
[39] — Cardinal Karol Wojtyla, Le signe de contradiction, Paris, Fayard, 1979, p. 31.
[40] — Karl Rahner, Schriften zur Theologie, t. 3, Einsiedeln, 1978, p. 350.
[41] — Jean-Paul II écrit dans sa première encyclique, Redemptor hominis (4 mars 1979) : « A juste titre, les Pères de l’Église voyaient dans les diverses religions comme autant de reflets d’une unique vérité, comme des “semences du Verbe” […] ». Il se réfère en note à saint Justin et à Clément d’Alexandrie, mais surtout aux textes de Vatican II qui ont lancé cette idée : Ad gentes 11 et Lumen gentium 17.
[42] — Pour le détail, voir Le Sel de la terre 38, p. 1-4. (NDLR.)
[43] — Cardinal Karol Wojtyla, Le signe de contradiction, Paris, Fayard, 1979, p. 123.
[44] — Ibid., p. 119.
[45] — Redemptor hominis, 13, 3, DC 76 (1979), p. 301-323.
[46] — Cardinal Karol Wojtyla, Le Signe de contradiction, Paris, Fayard, 1979, p. 134.
[47] — Cette cérémonie interreligieuse a été renouvelée à Assise en janvier 1993 (voir Le Sel de la terre 49, p. 82), à Rome en 1999 (voir Le Sel de la terre 30, p. 186 et 32, p. 208), puis de nouveau à Assise, en présence du pape, en janvier 2002 (voir Le Sel de la terre 40, p. 181). (NDLR.)
[48] — Jean-Paul II, allocution dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges, DC 1929 (7 décembre 1986), p. 1071.
[49] — Cardinal Etchegaray, DC 1929 (7 décembre 1986), p. 1074.
[50] — La formule est de Jean-Paul II (DC 192, p. 1071).
[51] — Jean-Paul II, Redemptor hominis, nº 6.
[52] — Jean-Paul II, « La situation du monde et l’esprit d’Assise », discours aux cardinaux et à la curie, le 22 décembre 1986 ; DC 1933 (1er février 1987), p. 133.
[53] — Ibid., p. 134.
[54] — Ibid., p. 136.
[55] — Exi ab eo, immunde spiritus, et da locum Spiritui Sancto Paraclito. (Rituel du baptême des enfants.)
[56] — DC 1929 (7 décembre 1986), p. 1076-1077.
[57] — Jean-Paul II, discours final de la journée d’Assise, DC 1929 (7 décembre 1986), p. 1081.
[58] — Armando Corona, dans Hiram, organe du Grand Orient d’Italie, avril 1987.
[59] — Le texte a été rendu public le 15 juillet 1993 par le conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens. DC 2077 (août 1993), p. 711-714.
Informations
L'auteur
Membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), l'abbé Mathias Gaudron exerce son ministère en Allemagne.
Le numéro

p. 16-43
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