Catéchisme catholique
de la crise dans l’Église (IV)
par M. l’abbé Matthias Gaudron
Après avoir traité de la crise dans l’Église en général, puis de la foi, du magistère, de Vatican II et de la liberté religieuse (ce sont les cinq premiers chapitres de cette étude, parus dans nos numéros 48, 49 et 50), M. l’abbé Matthias Gaudron aborde ici la deuxième des grandes erreurs de Vatican II : sa conception de l’œcuménisme.
Rappelons que cette étude constitue la version française du Katholischer Katechismus zur kirchlichen Krise édité en 1997, en Autriche, par les éditions Rex regum, avec une préface de M. l’abbé Franz Schmidberger. Son auteur, professeur au séminaire de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à Zaitzkofen, a bien voulu revoir la présente traduction (le texte a été complété et adapté à la situation française [1]).
Le Sel de la terre.
— VI –
L’œcuménisme
n 43. Qu’entend-on par œcuménisme ?
Le nom d’œcuménisme désigne le mouvement qui a pris naissance au XIXe siècle chez des non-catholiques et qui a pour but la collaboration et le rapprochement des diverses confessions chrétiennes. Ce mouvement a conduit en 1948 à la fondation du Conseil Œcuménique des Églises [2].
La même tournure d’esprit a conduit par la suite à se rapprocher des religions non chrétiennes. C’est ce qu’on appelle le dialogue interreligieux.
: D’où vient ce terme : « œcuménisme » ?
– « Œcuménique » signifie « universel ». Le père Boyer explique :
Le renouveau de l’emploi du mot « œcuménisme » est dû au fait que les protestants, voulant désigner une universalité et trouvant le mot « catholique » déjà au service de l’Église romaine, ont choisi son équivalent : « œcuménique » [3].
: Pourquoi les protestants ont-ils éprouvé ce besoin de travailler à l’unité des chrétiens ?
– Ayant rejeté l’autorité du magistère, qui peut seule garantir l’unité dans la vraie foi, les protestants se sont très rapidement éparpillés en sectes et confessions innombrables. Pour garder quelque crédibilité, et retenir les membres attirés par l’unité catholique (triple unité de foi, de culte et de gouvernement), il leur fallait trouver un moyen de se réunir d’une autre façon : le mouvement œcuménique était né.
: Quelle fut l’attitude de l’Église envers ce mouvement œcuménique ?
— Au début, l’Église catholique a clairement pris ses distances. C’est seulement lors du concile Vatican II que l’œcuménisme y a officiellement pénétré.
: Vatican II a-t-il traité de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux ?
— Vatican II a consacré à l’œcuménisme un décret spécial qui a pour titre Unitatis redintegratio ; il a aussi promulgué la déclaration Nostra ætate qui traite des rapports de l’Église avec les religions non chrétiennes.
: Où peut-on trouver la véritable position catholique sur l’œcuménisme ?
— La véritable position catholique sur l’œcuménisme est exprimée dans l’encyclique Mortalium animos (1928). Son auteur, le pape Pie XI, y décrivait les efforts des « œcuménistes » d’une manière qui reste très actuelle :
Sachant parfaitement qu’il est extrêmement rare de rencontrer des hommes absolument dépourvus de sens religieux, ils nourrissent l’espoir qu’on pourrait facilement amener les peuples, en dépit de leurs dissensions religieuses, à s’unir dans la profession de certaines doctrines admises comme un fondement commun de vie spirituelle. En conséquence, ils tiennent des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre assez considérable d’auditeurs ; ils invitent aux discussions tous les hommes indistinctement, les infidèles de toute catégorie, les fidèles, et jusqu’à ceux qui ont le malheur de s’être séparés du Christ ou qui nient âprement et obstinément la divinité de sa nature et de sa mission [4].
: Quelle appréciation portait Pie XI sur ces activités œcuméniques ?
– Le pape poursuit :
De pareils efforts n’ont aucun droit à l’approbation des catholiques, car ils s’appuient sur cette opinion erronée que toutes les religions sont plus ou moins bonnes et louables, en ce sens qu’elles révèlent et traduisent toutes également, quoique d’une manière différente, le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous incline avec respect devant sa puissance. Outre qu’ils s’égarent en pleine erreur, les tenants de cette opinion repoussent du même coup la religion vraie ; ils en faussent la notion et versent peu à peu dans le naturalisme et l’athéisme.
: Comment le pape conclut-il ?
– Le pape conclut :
Il est donc parfaitement évident que c’est abandonner entièrement la religion divinement révélée que de se joindre aux partisans et aux propagateurs de pareilles doctrines [5].
n 44. Quel jugement porter sur l’œcuménisme d’après la foi catholique ?
L’Église catholique étant la seule Église fondée par le Christ, et la seule à posséder la plénitude de la vérité, l’unité des chrétiens ne peut être rétablie que par la conversion et le retour en son sein des individus ou des communautés séparés.
Tel est l’enseignement de Pie XI dans Mortalium animos :
« L’union des chrétiens ne peut être procurée autrement qu’en favorisant le retour des dissidents à la seule et véritable Église du Christ, qu’ils ont eu jadis le malheur d’abandonner. [6] »
C’est tout simplement la conséquence logique de la revendication de l’Église à posséder seule la vérité, car il ne peut y avoir de véritable unité religieuse que dans la vraie foi.
: Avant Vatican II, l’Église se désintéressait-elle des communautés séparées ?
— L’Église s’est toujours efforcée de ramener à l’unité du Corps mystique du Christ les membres des communautés chrétiennes séparées. Ces efforts portaient le plus souvent sur les individus, parfois aussi sur des communautés séparées tout entières. Lors des conciles de Lyon (1245 et 1274) et de Florence (1439), par exemple, on s’est appliqué à rétablir l’union avec les Orientaux séparés de l’Église catholique depuis 1054. En convoquant Vatican I, en 1869, Pie IX a invité les chrétiens séparés à mettre fin au schisme et à revenir dans le sein de l’Église [7] ; Léon XIII a adressé un appel semblable à toutes les confessions chrétiennes en 1894 [8].
: En quoi ces tentatives différaient-elles de l’œcuménisme actuel ?
— Ces tentatives différaient de l’œcuménisme actuel parce qu’elles étaient accompagnées de la ferme conviction que ce n’est pas à l’Église catholique de changer, mais à ceux qui se sont séparés d’elle. L’Église a toujours été prête à faciliter leur retour, mais jamais au prix de la foi.
n 45. Quelle est la nouvelle conception de l’œcuménisme ?
A Vatican II, l’Église a adopté une nouvelle attitude, qui correspond à une nouvelle doctrine. L’Église catholique n’est plus présentée comme l’unique société religieuse menant au salut ; les autres confessions chrétiennes, et même les religions non chrétiennes, sont considérées comme d’autres expressions (sans doute moins parfaites, mais néanmoins valables) de la religion divine, des chemins menant réellement à Dieu et au salut éternel. Il n’est plus question de conversion des non-catholiques à l’Église catholique, mais de dialogue et de pluralisme religieux.
: Pouvez-vous donner un exemple de cette nouvelle attitude ?
— Le décret sur l’œcuménisme emploie le mot « Église » (au pluriel) pour désigner les autres communautés chrétiennes. Auparavant on évitait toujours de le faire. Lorsqu’on parlait d’« Églises », on entendait les Églises locales, comme par exemple l’Église (c’est-à-dire le diocèse) de Lyon ou de Milan.
: Le mot « Église » n’était-il pas employé pour désigner les schismatiques orientaux ?
– Le mot « Église » était parfois employé au sens large pour désigner les confessions schismatiques qui conservent la transmission apostolique et tous les sacrements [9]. Mais on tenait ferme qu’il n’y a qu’une seule Église au sens propre, car Notre-Seigneur Jésus-Christ n’a qu’une seule épouse. Les dissidences hérétiques recevaient le nom de « confessions » ou « communautés », mais on ne leur reconnaissait pas le titre d’Église. Aujourd’hui, cela est devenu tout à fait courant.
: Quel est le fondement théologique de cette nouvelle attitude ?
— Le fondement théologique de cette nouvelle attitude a déjà été évoqué à la question 29 : c’est le « subsistit in » de Lumen gentium [10] Au lieu de dire que l’Église du Christ est l’Église catholique, le texte de Vatican II dit que l’Église du Christ subsiste dans [subsistit in] l’Église catholique [11].
: Pourquoi Vatican II a-t-il introduit cette expression « subsistit in » ?
– Par l’expression subsistit in, le concile Vatican II pose une distinction entre l’Église du Christ et l’Église catholique (alors que, pour la théologie traditionnelle, ces deux termes ont exactement la même signification : l’Église du Christ, c’est-à-dire la société surnaturelle fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour le salut des hommes, c’est l’Église catholique).
: Que signifie précisément, pour Vatican II, cette expression « subsistit in » ?
— Vatican II veut bien admettre que l’Église du Christ a sa réalisation parfaite (sa « subsistance ») dans l’Église catholique [12], mais il prétend qu’elle n’est pas identique à l’Église catholique : elle s’étendrait en dehors d’elle, de manière imparfaite, grâce aux « éléments d’Église » présents dans les autres confessions chrétiennes.
: Cette interprétation du « subsistit in » est-elle certaine ?
— Cette interprétation a été officiellement confirmée par la congrégation pour la Doctrine de la foi, dans la déclaration Dominus Jesus, du 6 août 2000 :
Par l’expression subsistit in, le concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d’une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l’Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique ; d’autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures [13] », c’est-à-dire dans les Églises et communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique.
: Que peut-on remarquer dans ce texte ?
— On peut d’abord remarquer que ce texte désigne les communautés hérétiques ou schismatiques comme « des communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique ». Ce qui implique qu’elles seraient quand même en communion partielle ou imparfaite.
: Cette expression « pleine communion » est-elle nouvelle ?
— La distinction entre communion parfaite et imparfaite est une innovation capitale de Vatican II [14].
: Quel est l’enseignement traditionnel de l’Église à ce sujet ?
— L’enseignement de l’Église est très simple : pour être sauvé il faut appartenir à l’Église soit in re (en réalité, c’est-à-dire en remplissant les trois conditions classiques : baptême, foi catholique, soumission à la hiérarchie), soit au moins in voto (par un désir, explicite ou implicite) [15]. Par conséquent ceux qui n’ont pas la foi catholique ou qui ne sont pas soumis à la hiérarchie, et qui, par ailleurs, n’ont aucun désir même implicite de changer d’état, n’appartiennent aucunement à l’Église. Ils ne peuvent assurer leur salut dans ces dispositions.
: Quelle est l’innovation de Vatican II ?
— Vatican II a essayé de trouver des états intermédiaires entre l’appartenance à l’Église et la non-appartenance. Les chrétiens non-catholiques seraient en « communion imparfaite » avec l’Église (UR 3 ; LG 15) et tous les hommes, même non chrétiens, seraient « ordonnés au peuple de Dieu » (LG 16). Cela implique qu’ils pourraient se sauver sans avoir le désir (au moins implicite) de changer d’état et d’adhérer à l’Église.
: Comment les communautés hérétiques ou schismatiques peuvent-elles être, selon Vatican II, en « communion imparfaite » avec l’Église ?
— Pour affirmer que les chrétiens et les communautés séparés de l’Église sont en « communion imparfaite » avec elle, Vatican II invoque, comme le cardinal Ratzinger, les « éléments de sanctification » dont ils sont porteurs, et par lesquels ils communiqueraient avec l’unique Église du Christ.
: N’est-il pas vrai que les communautés schismatiques ou même hérétiques conservent des éléments de sanctification ?
— Il est vrai que les protestants conservent la sainte Écriture (plus ou moins altérée), ou que les schismatiques orientaux conservent les sacrements. Mais la théologie traditionnelle ne désignait pas ces réalités volées à l’Église catholique comme des « éléments de sanctification » ou des « éléments d’Église », mais plutôt comme des « vestiges » de la vraie religion.
: Le remplacement du terme « vestiges » par le terme « éléments d’Église » est-il important ?
— Ce changement de vocabulaire n’est pas innocent, car le mot « vestiges » exprimait une vérité capitale : les éléments volés à l’Église catholique par les communautés séparées cessent, par le fait même, d’être une réalité vivante. Ils deviennent des « ruines ».
: Le sacrement de baptême donné dans une communauté séparée de l’Église peut pourtant être valide ; le terme « élément de sanctification » n’est-il pas plus approprié que celui de « ruine » ?
— Il faut ici distinguer soigneusement sacrement valide et sacrement fructueux. Un sacrement peut être valide sans être fructueux, c'est-à-dire sans donner la grâce, s’il rencontre, dans l’âme, un empêchement à cette grâce.
: Pouvez-vous préciser par un exemple cette distinction entre sacrement valide et sacrement fructueux ?
— Le sacrement de mariage serait reçu validement mais non fructueusement par une personne en état de péché mortel. Elle serait réellement mariée, mais ne recevrait pas les grâces habituellement données par ce sacrement (et, en outre, commettrait un sacrilège).
: En quoi cette distinction entre sacrement valide et sacrement fructueux concerne-t-elle les communautés hérétiques ou schismatiques?
— La distinction entre sacrement valide et sacrement fructueux est importante parce que l’appartenance au schisme ou à l’hérésie est en soi un empêchement à la grâce. Cela implique qu’une réalité sacrée, même sainte en elle-même, ne peut être un « élément de sainteté » en tant qu’elle est dans une communauté séparée de l’Église. Cette communauté est, en soi, un empêchement à l’efficacité sanctificatrice de l’élément dont elle s’est emparée.
: N’y a t-il pourtant pas des cas où les sacrements dispensés en dehors de l’Église peuvent être fructueux (c’est-à-dire donner la grâce) ?
— Les sacrements donnés en dehors de l’Église ne peuvent être fructueux que dans les cas où la personne qui les reçoit n’adhère pas formellement à l’hérésie ou au schisme. (C’est le cas, par exemple, des enfants n’ayant pas encore l’usage de la raison ; ou des personnes qui sont dans ce qu’on appelle « l’ignorance invincible ».) Dans ce cas, même si le sacrement est matériellement reçu d’une communauté séparée de l’Église, la personne ne le reçoit de façon fructueuse que parce qu’elle échappe, par son intention (in voto), à cette communauté.
: Cet enseignement est-il certain et traditionnel dans l’Église ?
– Saint Augustin explique que tous les biens qui sont dans l’Église peuvent se trouver, dans une certaine mesure, en dehors de l’Église, sauf la grâce par qui ces biens sont salutaires :
Dieu dans son unité peut être honoré hors de l’Église ; la foi qui est une, peut se rencontrer en dehors d’elle ; le baptême, qui est unique, peut être administré validement hors de son sein. Et toutefois, de même qu’il n’y a qu’un Dieu, une foi, un baptême, il n’y a aussi qu’une incorruptible Église : non pas en laquelle seule le vrai Dieu est honoré, mais en laquelle seule il est honoré avec piété ; non pas en laquelle seule la vraie foi est conservée, mais en laquelle seule elle est conservée avec la charité ; non pas en laquelle seule le vrai baptême existe, mais en laquelle seule il existe pour le salut. [Ad Cresc. livre 1, chapitre 29].
: Pouvez-vous citer, sur ce sujet, un autre Père de l’Église ?
— Saint Bède le Vénérable, dans son Commentaire sur la première épître de saint Pierre, exprime cette vérité d’une manière frappante. Partant de l’analogie faite par saint Pierre entre le déluge et le baptême, il explique que pour ceux qui sont baptisés hors de l’Église, l’eau du baptême n’est pas instrument de salut, mais bien plutôt de damnation :
Le fait que l’eau du déluge ne sauve pas, mais tue ceux qui sont situés hors de l’arche, préfigure sans aucun doute que tout hérétique, bien qu’il possède le sacrement de baptême, n’est pas plongé dans les enfers par d’autres eaux, mais précisément par celles qui soulèvent l’arche aux cieux [16].
: N’est-il pas exagéré de dire que le baptême reçu hors de l’Église serait une cause de damnation ?
– La participation active à une cérémonie religieuse d’une communauté hérétique ou schismatique est de soi, de par sa nature propre, un assentiment à la foi de cette communauté. Même le baptême devient donc, dans ces circonstances, peccamineux et occasion de scandale. C’est pourquoi saint Bède le Vénérable dit que l’eau même du baptême est, en ce cas, cause de damnation.
: Vatican II s’oppose-t-il à cet enseignement ?
— Oui, Vatican II s’oppose à cet enseignement, en affirmant que les communautés hérétiques ou schismatiques sont en communion imparfaite avec l’Église, et en laissant entendre qu’il y a, dans les communautés chrétiennes séparées de l’Église catholique, une certaine présence (imparfaite) de l’Église du Christ.
: Cette idée d’une présence (imparfaite) de l’Église du Christ dans les communautés séparées de l’Église catholiques a-t-elle été énoncée explicitement ?
– Jean-Paul II affirme dans son encyclique Ut unum sint : « Dans les autres communautés chrétiennes, il y a une présence active de l’unique Église du Christ [17]. »
: Mais peut-on trouver cette idée dans Vatican II ?
— On lit, dans le décret Unitatis redintegratio, à propos des Églises orientales schismatiques :
Ainsi donc, par la célébration de l’eucharistie du Seigneur dans ces Églises particulières, l’Église de Dieu [!] s’édifie et grandit, la communion entre elles se manifestant par la concélébration [18].
Une communauté qui s’est séparée de la véritable Église est donc considérée comme appartenant à l’« Église de Dieu ».
: Comment Vatican II considère-t-il les religions non chrétiennes ?
— Même envers les religions non chrétiennes, Vatican II s’efforce d’avoir la vue la plus positive possible. La déclaration conciliaire Nostra ætate chante des hymnes de louange en l’honneur de l’hindouisme, du bouddhisme, de l’islam et du judaïsme.
: Comment peut-on caractériser ce changement d’attitude envers les religions non chrétiennes ?
— Tandis qu’autrefois l’Église travaillait à évangéliser les adeptes des religions païennes, l’Église postconciliaire entretient un « dialogue » avec elles.
: Ce changement d’attitude est-il publiquement reconnu ?
— Le document Dialogue et Mission du Secrétariat pontifical pour les non chrétiens affirme explicitement, dès ses premières lignes :
Vatican II a marqué une étape nouvelle dans les relations de l’Église catholique avec les croyants des autres religions. […] Cette nouvelle attitude a pris le nom de dialogue [19].
: Que signifie ce mot « dialogue », dans le langage conciliaire ?
— Le document Dialogue et Mission précise au sujet du mot « dialogue » :
Il signifie non seulement le fait de se parler, mais aussi l’ensemble des rapports interreligieux, positifs et constructifs, avec des personnes et des communautés de diverses croyances, afin d’apprendre à se connaître et à s’enrichir les uns les autres [nº 3] [20].
Le même document donne, au nº 13, cette définition du dialogue :
[…] Le dialogue, grâce auquel les chrétiens rencontrent les croyants d’autres traditions religieuses pour marcher ensemble à la recherche de la vérité [!] et pour collaborer en des œuvres d’intérêt commun [21].
: Que faut-il conclure de ces affirmations ?
– Si les catholiques travaillent avec les non-chrétiens à la recherche de la vérité et s’il s’agit d’un enrichissement réciproque, il est clair que l’Église a abandonné la prétention de posséder seule la vérité !
: Les partisans de l’œcuménisme conciliaire ont-ils explicitement renoncé à convertir les non-catholiques ?
— Beaucoup de partisans de l’œcuménisme conciliaire ont renoncé à convertir les non-catholiques. On lit par exemple dans le Cat échisme oecuménique, préfacé par Mgr Degenhardt, archevêque de Paderborn, et vivement loué par plusieurs évêques :
Le but n'est pas le retour, mais plutôt la communion d'Églises-sœurs ; unité dans la diversité réconciliée ; unité des Églises. Les Églises demeurent mais deviennent une seule Église [22].
n 46. Les confessions chrétiennes non catholiques sont-elles des réalisations partielles de l’Église du Christ ?
Les confessions chrétiennes séparées de l’Église catholique sont des dissidences de l’Église catholique et ne lui appartiennent pas. Même si elles conservent certaines vérités chrétiennes et, éventuellement, un baptême valide, elles demeurent séparées du corps mystique du Christ. Par conséquent ne pourra être sauvé celui qui, après avoir reconnu que l’Église catholique est l’unique et véritable Église du Christ, n’entre pas dans celle-ci, mais demeure dans une communauté hérétique ou schismatique.
: Comment appartient-on à la véritable Église du Christ ?
— Le pape Pie XII enseigne dans Mystici corporis que trois éléments sont nécessaires pour appartenir à la véritable Église du Christ. Ce sont le baptême, la vraie foi et la soumission à l’autorité légitime :
Seuls font partie des membres de l’Église ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi et qui, d’autre part, ne se sont pas, pour leur malheur, séparés de l’ensemble du Corps ou n’en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l’autorité légitime [23].
: Les Églises schismatiques qui gardent les sept sacrements et sont d’accord avec l’Église catholique sur la plupart des points de foi n’appartiennent donc pas à la véritable Église du Christ ?
— Les Églises orientales schismatiques, même si elles gardent les sacrements et sont d’accord avec l’Église catholique sur la plupart des points de foi, ne sont pas la véritable Église du Christ. Elles refusent en effet de reconnaître le primat et l’infaillibilité du successeur de Pierre. Et le Christ a dit que celui qui refuse d’écouter l’Église est à considérer comme un païen et un pécheur public (Mt 18, 17) .
: Que faut-il dire des communautés hérétiques ?
– Si les communautés schismatiques n’appartiennent pas à l’unique Église du Christ, a fortiori les communautés hérétiques – protestantes, par exemple –, qui s’éloignent de la vraie foi en de nombreux points.
: Cette vérité a-t-elle été remise en cause à l’intérieur de l’Église ?
– Cette vérité a malheureusement fréquemment été remise en cause. Le 6 mai 1983, la commission mixte catholique-luthérienne, réunie à Kloster Kirchberg dans le Wurtemberg, a déclaré au sujet de l’hérésiarque Luther :
