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Le combat actuel

vu par le père Fahey

 

 

 

Les textes qui suivent sont extraits du maître-livre du père Denis Fahey (celui qui propose la meilleure synthèse de son enseignement), The mystical Body of Christ and the reorganization of Society [Le Corps mystique du Christ et la réorganisation de la société]. L’ouvrage, paru pour la première fois en 1945, a été plusieurs fois réédité depuis (notamment aux États-Unis), mais jamais traduit en français.

Nous en avons sélectionné et traduit quelques passages importants [1].

Le Sel de la terre.

 

 

 

Chapitre V

 

La messe et la royauté du Christ

 

[…]

DIEU, en la Trinité de ses Personnes, veut établir sa demeure dans les âmes, par l’appartenance de chacune d’elles au Corps mystique de Notre-Seigneur. C’est pour cela que le monde existe, et c’est pour promouvoir cela qu’il veut nous amener tous, en union avec Notre-Seigneur, à l’offrande fervente du saint sacrifice de la messe. Et afin de favoriser l’union avec le Christ comme Prêtre à la sainte messe, Dieu veut que le monde soit organisé sous le Christ comme Roi. Nous avons entrevu ce que serait l’ordre du monde si les droits de Dieu et du Christ-Roi étaient pleinement reconnus. Nous allons voir, à présent, qu’à la sainte messe, tous les membres du Christ expriment leur dé­termination d’œuvrer à la réalisation intégrale des droits de Dieu et du Christ-Roi dans le monde. […] 

Les membres du Christ sont destinés à lui appartenir entièrement. Après la messe, ils doivent quitter l’église bien décidés à maintenir une harmonie entre la soumission à Dieu le Père, qu’ils ont exprimée dans le saint sacrifice, et leur vie individuelle. Ils doivent être résolus, sous la direction du Christ-Roi, à imprégner de l’esprit du Corps mystique toute la vie sociale, politique et économique de l’État et du pays. Cela afin que cette vie sociale non seulement ne contrecarre pas les efforts qu’ils accomplissent avec les autres fidèles pour vivre chaque jour en membres du Christ, mais qu’au contraire, elle les favorise.

Membres du Christ, tous les catholiques sont, par cela même, des chrétiens à plein temps. Ils doivent avoir la conviction intime de leur solidarité avec le Christ, et, en lui, avec leurs frères, dans la lutte absolument vitale qui agite le monde. Sortant de l’église, après la messe, il leur faut adopter non seulement l’attitude négative consistant à ne pas se laisser entraîner dans le sens du naturalisme par le courant de la vie qui les environne, mais aussi l’attitude positive consistant à s’ef­forcer d’organiser l’ensemble du cadre social sous le Christ-Roi, ainsi qu’à rendre omniprésente dans l’État, la vie de famille, l’enseignement et l’économie la grande vérité de la solidarité humaine dans le Corps mystique du Christ [2]. Leur coopération avec Notre-Seigneur a pour but de lui permettre, puisqu’Il condes­cend à se servir d’eux, d’intégrer à toutes les formes de l’activité humaine – sociale et individuelle – la vie de cette organisation supranationale et surnatu­relle qu’est l’Église catholique. Les véritables membres du Christ ne se sentent parfaitement à l’aise dans un État ou une nation que lorsque les grandes réalités que sont la perte de notre vie surnaturelle à cause de la chute et sa restauration par l’appartenance au Corps mystique du Christ sont reconnues dans la structure sociale de cet État ou de cette nation. Tout ce qui sent le naturalisme et l’« anti-surnaturel » a pour eux une odeur de putréfaction et de mort.

 

Objection : les nations ne vont pas au Ciel

 

Il est tout à fait exact que les États, les nations ne vont pas au ciel. Les êtres humains n’y vont qu’individuellement, pour vivre dans l’intimité de la Sainte Trinité et jouir de la vision béatifique. Mais chaque membre de la société vit sous l’influence incessante de son environnement social. Si les catholiques se con-tentent d’inculquer la pratique individuelle de la religion et ne cherchent pas à façonner le monde pour le Christ-Roi, les institutions sociales – même dans les pays à majorité catholique – seront façonnées par les forces naturalistes et anti-surnaturelles, visibles ou invisibles, qui sont fort bien organisées et dont beau­coup de catholiques semblent méconnaître l’activité. Le citoyen moyen sera dès lors une proie facile pour le naturalisme. Il cessera progressivement de vivre en membre du Christ, bien qu’il puisse conserver certaines coutumes chrétiennes, vestiges d’une mentalité qui fut chrétienne.

Satan tire profit du manque de vigilance et d’énergie des catholiques pour ce qui concerne l’organisation de la société ; et, avec l’aide de ses subordonnés vi­sibles, il injecte le poison du naturalisme dans l’organisme social. Ainsi est-il sou­vent arrivé que des révolutionnaires, désireux d’installer un régime naturaliste par la violence, réussissent à renverser le pouvoir du Christ-Roi dans des pays nomi­nalement catholiques, à la suite du travail préliminaire de corruption et d’affai­blissement mené de façon méthodique par la presse, le cinéma, l’école et la bourse.

Les catholiques fidèles à ce qu’ils professent à la messe doivent donc, d’une part, travailler à faire pénétrer dans le tissu social l’influence de la vie surnatu­relle ; cela aidera le citoyen ordinaire à agir toujours en membre du Christ, et à ne pas – juste après la messe – se laisser entraîner par les forces anti-surnaturelles dans la révolte contre sa vie la plus réelle. Mais d’autre part, quelle que puisse être leur influence, les institutions sociales catholiques ne suffisent pas à mainte­nir la société dans le catholicisme intégral. Pour cela, il est indispensable de for­mer des jeunes gens et des jeunes filles entièrement pénétrés de la doctrine du Corps mystique et agissant comme un puissant organisme vivant, sans cesse ap­pliqué à mettre le monde en union avec le Christ et, par le Christ, avec la Sainte Trinité [3]. Seule cette formation suscitera ce que nous avons appelé le « catholicisme à plein temps » et permettra à tous de tirer de leur union avec Notre-Seigneur, à la messe et dans la sainte communion, l’amour surnaturel re­quis pour diffuser dans toute la société le sentiment de la solidarité dans le Christ et de la demeure de la Sainte Trinité dans les âmes, par l’incorporation au Christ.

Notre-Seigneur déversera sa vie dans les âmes, par la sainte communion, dans la mesure où elles sont ainsi unes avec lui en esprit et en volonté, car le progrès de la sanctification personnelle – ou croissance dans la sainteté – n’est autre que le développement de l’esprit du Corps mystique. C’est le sentiment de leur unité avec le Christ à la messe, en tant que co-offrants et co-victimes, qui a fortifié les catholiques des premiers siècles en vue de la longue bataille pour la reconnais­sance complète des droits de Dieu et du Royaume du Christ. Dans l’Empire ro­main décadent, c’est l’acceptation du fait que les corps des baptisés sont les membres du Christ qui a fait pousser ces sublimes fleurs de chasteté parmi les ronces du paganisme. Il faut prendre conscience de la même vérité inspiratrice pour résister à la propagation systématique de l’égoïsme et de l’impureté aux­quels jeunes gens et jeunes filles sont soumis de nos jours et pour entreprendre de contre-attaquer. […]

 

Chapitre VI

 

L’opposition organisée

au Corps mystique du Christ

 

Il existe en chacun de nous, à cause de la chute originelle, une opposi­tion inorganisée à la vie surnaturelle. Cette opposition inorganisée des individus entraîne inévitablement la formation, çà et là, de petits groupes anti-surnaturels, même sans l’action concertée de vastes forces organisées. Mais l’existence d’une action anti-surnaturelle concertée de la part de cellules organisées est si étrangère aux préoccupations du catholique moyen qu’il importe de la mettre en relief et d’en exposer clairement le but. Telle est la raison d’être de ces chapitres.

Ainsi qu’on l’a déjà vu, le tissu social doit être imprégné de la vie surnaturelle du Corps mystique du Christ, pour que nous puissions mettre notre vie quoti­dienne en harmonie avec nos protestations de loyauté vis-à-vis de la Sainte Trinité, en union avec le Christ-Prêtre, à la sainte messe. Cette imprégnation de la société par la conviction d’être membre du Christ amenait à reconnaître intégra­lement la royauté de Notre-Seigneur. On a vu aussi, inversement, que l’assistance à la messe en union avec le Christ-Prêtre incite à s’efforcer de réaliser la royauté intégrale de Notre-Seigneur dans un cadre social chrétien, cadre ayant pour but non seulement de nous aider à atteindre l’union avec le Christ, mais aussi de ser­vir de rempart contre les assauts des forces organisées qui s’opposent à notre vie surnaturelle. Ces forces sont au nombre de trois, l’une étant invisible et les deux autres visibles. L’armée invisible est celle de Satan et des autres anges déchus, les forces visibles étant la nation juive et la franc-maçonnerie. La nation juive n’est pas seulement une organisation visible ; son caractère naturaliste et anti-surnatu­rel est ouvertement proclamé par le rejet du Messie surnaturel et l’attente d’une ère messianique naturaliste. La société (ou le groupe de sociétés) maçonnique est une organisation visible, mais son caractère naturaliste ou anti-surnaturel est se­cret ou camouflé. Seuls quelques-uns de ses initiés perçoivent le naturalisme ou l’anti-surnaturalisme de son but, de son rituel et de son symbolisme. La déifica­tion panthéiste de l’homme, qui découle du naturalisme, est le suprême secret de la maçonnerie. Ces deux sociétés visibles ont toutefois en commun d’employer le subterfuge et le secret parmi leurs modes d’action contre la vie surnaturelle des nations du monde.

C’est pourquoi le combat le plus réel et le plus vital du monde est celui que ces armées naturalistes ou anti-surnaturelles livrent, sous le commandement de Satan, à ceux qui acceptent la vie surnaturelle de la grâce, la participation à la vie de la Sainte Trinité sous le commandement de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce combat vital est décrit en termes frappants par le pape Léon XIII dans les pre­mières phrases de sa lettre encyclique Sur la secte des francs-maçons :

 

Depuis que, par la jalousie du démon, le genre humain s'est misérablement sé­paré de Dieu, auquel il était redevable de son appel à l'existence et des dons surnatu­rels, il s'est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l'un pour la vérité et pour la vertu, l'autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité. Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable Église de Jésus-Christ, dont les membres, s'ils veulent lui appartenir du fond du cœur et de manière à opérer leur salut, doivent nécessairement servir Dieu et son Fils unique, de toute leur âme, de toute leur volonté. Le second est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puissance se trouvent tous ceux qui, suivant les funestes exemples de leur chef et de nos premiers parents, refusent d'obéir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici pour se passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu.

Ces deux royaumes, saint Augustin les a vus et décrits avec une grande perspica­cité sous la forme de deux cités opposées l'une à l'autre, soit par les lois qui les ré-gissent, soit par l'idéal qu'elles poursuivent ; et, avec un ingénieux laconisme, il a mis en relief dans les paroles suivantes le principe constitutif de chacune d'elles : « Deux amours ont donné naissance à deux cités : la cité terrestre procède de l'amour de soi porté jusqu'au mépris de Dieu ; la cité céleste procède de l'amour de Dieu porté jus­qu'au mépris de soi » [La Cité de Dieu, livre XIV, chapitre 17]. – Dans toute la suite des siècles qui nous ont précédés, ces deux cités n'ont pas cessé de lutter l'une contre l'autre, en employant toutes sortes de tactiques et les armes les plus diverses, quoique non toujours avec la même ardeur, ni avec la même impétuosité. A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s'être coalisés dans un immense effort, sous l'impulsion et avec l'aide d'une société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organi­sée, la société des francs-maçons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dis­simuler leurs intentions, et ils rivalisent d'audace entre eux contre l'auguste majesté de Dieu. C'est publiquement, à ciel ouvert, qu'ils entreprennent de ruiner la Sainte Église, afin d'arriver, si c'était possible, à dépouiller complètement les nations chré­tiennes des bienfaits dont elles sont redevables au sauveur Jésus-Christ. […] Voici, en effet, ce qui résulte de ce que nous avons précédemment indiqué, et cette conclu­sion nous livre le dernier [des] desseins [de la secte maçonnique]. Il s'agit pour les francs-maçons – et tous leurs efforts tendent à ce but – il s'agit de détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale qui est née des institutions chré­tiennes, et de lui en substituer une nouvelle façonnée à leurs idées, et dont les prin­cipes fondamentaux et les lois sont empruntés au naturalisme [4].

 

[…]

 

Chapitre VII

 

Les plans de Satan pour créer le désordre

 

[…]

1. — D’un côté, notre divin Seigneur s’incorpore les êtres humains, et les pousse à conformer le monde à son divin programme, de façon à ce que leur soumission harmonieuse puisse être offerte à son Père durant la sainte messe. De l’autre, le diable s’efforce d’abord de détruire cette organisation respectueuse de l’ordre surnaturel et de la vie divine ; puis, lorsqu’il a réussi à propager le natura­lisme, il passe à l’attaque directe de la messe. C’est pourquoi Satan s’efforce tou­jours de réaliser ce qu’on appelle la séparation de l’Église et de l’État ou d’empê­cher leur union, à savoir la reconnaissance par l’État de l’Église catholique en tant que seule Église d’institution divine, Corps mystique surnaturel et supranational du Christ, arche de salut pour tous.

Satan sait bien quelle valeur s’attache à l’acceptation de cet ordre divin par la société. Le fait que les hommes d’une nation reconnaissent officiellement – non seulement individuellement, mais socialement, en tant que membres des États et des nations – l’Église catholique en tant qu’institution surnaturelle et supranatio­nale, et qu’ils se prosternent en acte de soumission devant la très Sainte Trinité lors du saint sacrifice de la messe lui répugne au plus haut point. Bien entendu, la lutte contre l’ordre est menée au nom du « progrès », des « lumières », de la « liberté de conscience », du « devoir vis-à-vis de son pays et de sa race », etc.

 

2. — En second lieu, et en conséquence, Satan s’oppose à la reconnaissance du droit qu’ont le pape et les évêques à porter des jugements sur ce qui favorise ou contrarie la vie de la grâce. […]

Dès que Satan a réussi à propager le naturalisme dans un pays, il fomente l’at­taque directe des congrégations et ordres religieux de l’Église catholique. Chaque gouvernement révolutionnaire depuis 1789 a décrété – avec une régularité de métronome – la suppression de ces ordres et congrégations. Inversement, Satan promeut les sociétés secrètes, et en particulier la principale d’entre elles, la franc-maçonnerie. Il favorise aussi l’accès des Juifs à la citoyenneté pleine et entière, de telle sorte qu’ils puissent préparer la venue du Messie naturaliste.

 

3. — Satan œuvre sans cesse pour l’introduction du divorce, car le mariage chrétien est précisément le symbole de l’unité et de l’indissolubilité de l’union surnaturelle du Christ et de son Corps mystique, – union qu’il déteste. Il attaque le foyer chrétien non seulement de manière directe avec le divorce, mais aussi de manière indirecte avec la glorification de l’impureté. La luxure n’est plus appelée égoïsme, mais émancipation. Les unions immorales peuvent être excusées, voire louées en raison du « devoir primordial envers la race ».

 

4. — Satan, cela va sans dire, ne manque pas de susciter tous les obstacles possibles à la véritable éducation catholique, c’est-à-dire à la formation de jeunes gens et de jeunes filles connaissant parfaitement leur responsabilité de membres du Corps mystique de Notre-Seigneur. Il abomine – cela va de soi – l’idée que les jeunes gens et jeunes filles puissent être formés à considérer la vie de la grâce comme leur vie la plus réelle, et convaincus de leur solidarité avec Notre-Seigneur ainsi que les uns avec les autres. Une telle éducation permet à ces jeunes d’achever leurs années de formation avec une idée précise des efforts ten­dant à organiser la société sur des bases naturalistes – c’est à dire anti-surnatu­relles – et de savoir repérer les activités des forces organisées qui travaillent à l’avènement du naturalisme sous la houlette invisible de Satan. Il est fort dom­mage que les maîtres catholiques ne soient pas toujours conscients de ce qu’ils sont appelés à faire pour le Christ. Chacun d’eux devrait connaître avec précision la position de sa matière d’enseignement vis-à-vis de l’ordre du monde sous l’au­torité du Corps mystique du Christ. Aucun ne devrait omettre de placer en pre­mier ce qui est essentiel. Il leur arrive d’oublier qu’un garçon est avant tout un membre du Christ et que sa formation de bachelier ou de joueur de football n’a de réelle importance que dans la mesure où elle l’aidera à rester intégralement dans le camp du Christ toute sa vie durant.

 

5. — Satan s’efforce s’efforce d’empêcher la constitution de corporations ou de groupements professionnels qui reflètent dans l’organisation économique la vie du Corps mystique. […]

 

Libéralisme, communisme et anticommunisme

 

Satan a tiré profit des abus du libéralisme individualiste pour provoquer la ruine d’une multitude d’âmes. Il n’en attise qu’avec une véhémence accrue les flammes de la réaction communiste à ces abus, car l’organisation communiste de la société est encore plus radicalement opposée au service aimant de Dieu. « Là où le communisme a pu s'affirmer et dominer », écrit le pape Pie XI dans sa lettre encyclique Divini Redemptoris (sur le communisme athée), « il s'est efforcé par tous les moyens de détruire (et il le proclame ouvertement) la civilisation et la re­ligion chrétiennes jusque dans leurs fondements, d'en effacer tout souvenir du cœur des hommes, spécialement de la jeunesse [5]. »

[…]

Mais Satan exulte encore si, tout en inculquant à la jeunesse l’opposition au communisme, on les écarte de la messe et de l’instruction religieuse au profit du sport et des exercices physiques, sous prétexte que la formation physique est in­dispensable au développement de la race [6].

[…]

 

Chapitre VIII

 

Les forces organisées du naturalisme

 

Ainsi qu’on l’a vu dans l’extrait de la lettre encyclique Humanum genus du pape Léon XIII (sur la secte des francs-maçons), le monde se divise en deux camps [7]. Il y a, d’un côté, le camp de ceux qui acceptent la vie surnaturelle de la grâce sous la direction de Notre-Seigneur, de l’autre, le camp naturaliste qui, sous la direction de Satan, rejette cette vie.

 

Les divisions du camp naturaliste

 

La nation juive est la force visible la plus puissamment organisée du camp na­turaliste. Ce fait doit être souligné avec plus de vigueur que jamais, maintenant qu’une autre force organisée du même camp naturaliste et anti-surnaturel, à sa­voir le gouvernement institué par le parti National-Socialiste – qui commande la réaction nationale allemande – attaque non seulement le Corps mystique du Christ, mais aussi la nation juive. Lorsqu’elle s’adresse aux catholiques, la pro­pagande juive contre le national-socialisme insiste sur l’opposition mortelle du régime national-socialiste à l’Église catholique et sur le caractère anti-catholique de la théorie raciale. Elle ne signale pas que la querelle entre le gouvernement national-socialiste et la nation juive oppose deux divisions de l’armée naturaliste aussi hostiles l’une que l’autre à l’Église catholique. Les Juifs, en tant que nation, rejettent le plan de l’ordre divin. A l’instar des nationaux-socialistes, ils veulent imposer à Dieu leurs plans pour la gloire de leur race et de leur nation. Ils déi­fient leur propre nation. C’est pourquoi aussi bien la nation juive que le mouve­ment national-socialiste rejettent la véritable divinisation de l’homme par l’inter­médiaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ [8]. Les buts et idéaux de ces deux divi­sions de l’armée naturaliste s’opposent à l’idéal catholique et lui sont infiniment inférieurs. Satan se sert de l’une et de l’autre pour entraîner le monde au dé­sastre. L’enfer rit aux éclats lorsque les humains succombent une nouvelle fois à la tentation du jardin d’Eden en prétendant se mettre à la place de Dieu, que la nouvelle « divinité » soit celle de la race juive ou celle de la race allemande [9]. […]

 

La force d’avant-garde du camp naturaliste

 

Certaines phrases écrites par M. Jacques Maritain dans Les Juifs parmi les Nations, petit livre publié par Les Éditions du Cerf (Paris), me semblent calculées pour obscurcir la séparation très claire entre le naturalisme et le surnaturel. L’auteur y écrit en effet ceci :

 

Aux yeux d’un chrétien qui se souvient que les promesses de Dieu sont sans re­pentance, Israël continue sa mission sacrée, mais dans la nuit du monde, préférée, en quelle inoubliable occasion, à celle de Dieu. Israël, comme l’Église, est dans le monde et n’est pas du monde ; mais depuis le jour où il a trébuché, parce que ses chefs ont opté pour le monde, il est rivé au monde, prisonnier et victime de ce monde qu’il arme, et dont il n’est pas, ne sera jamais, ne peut pas être. Voilà com­ment, dans les perspectives chrétiennes, nous apercevons le mystère d’Israël. […] Si le monde hait les Juifs, c’est qu’il sent bien qu’ils lui seront toujours surnaturellement étrangers […] C’est la vocation d’Israël que le monde exècre. Haïs du monde, c’est leur gloire, comme c’est aussi la gloire des chrétiens qui vivent de la foi [10].

 

Or, le monde dont Notre-Seigneur parle dans l’Évangile n’est autre que l’en­semble des forces mobilisées par Satan contre la vie surnaturelle de la grâce [11]. Cet ensemble de forces est donc bien le camp naturaliste que commande Satan. Sous la direction de leurs chefs, les Juifs sont entrés dans ce camp et ont conduit les autres à l’attaque de la vie surnaturelle en personne, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Certes, ils occupent une place particulière dans ce camp, parce que Dieu les préserve miséricordieusement malgré leur obstination et leur orgueil, mais il ne fait pas l’ombre d’un doute que dans le conflit qui divise le monde en deux armées opposées, ils se tiennent à l’avant-garde de l’opposition visible au surna­turel. On ne doit pas commencer à les percevoir comme une sorte de troisième force, c’est-à-dire opposée aussi bien au monde qu’à Notre-Seigneur. Aujourd’hui comme au cours des mille-neuf-cents dernières années, ils constituent la force vi­sible la plus puissamment organisée et la plus cohérente du camp naturaliste. Le Sacré-Cœur de Notre-Seigneur se déchire à la vue de son peuple menant l’oppo­sition contre lui. Mais notre place est avec Notre-Seigneur et aux côtés de ceux qui expriment leur soumission à Dieu le Père à la messe. La providence particu­lière de Dieu vis-à-vis du peuple jadis élu ne doit pas nous faire hésiter sur le camp à choisir, alors même que Bela Kun reçoit son ordre de marche pour atta­quer la messe à Barcelone ainsi que dans toute l’Espagne, puis – s’il est resté en vie d’ici là – à Dublin et dans toute l’Irlande [12].

M. Maritain parle des Juifs comme d’un corps mystique. Il l’entend assuré­ment, dans un autre sens que celui de l’Église, mais son emploi de l’expression tend, je le répète, à rendre obscure la véritable position d’Israël dans le monde. Voici un autre extrait de son ouvrage précité :

 

L’Église, vous le savez, n’est pas une simple administration religieuse. Selon son propre enseignement sur elle-même, elle est un corps mystérieux où des liens vivants unissent, pour une tâche divine à accomplir, les âmes entre elles et avec Dieu, elle est le corps mystique du Christ. Eh bien ! qu’en un tout autre sens Israël soit à sa ma­nière un Corpus mysticum, un corps mystique, la pensée juive en elle-même consciente ; un récent ouvrage d’Erich Kahler, Israël unter den Völkern [Israël parmi les nations], insiste expressément sur ce point. Le lien qui fait l’unité d’Israël n’est pas seulement le lien de la chair et du sang, ou de la communauté éthico-historique ; c’est un lien sacré et suprahistorique, mais de promesse et de nostalgie, non de pos­session. […] Israël espère passionnément, attend, veut l’avènement de Dieu dans le monde, le royaume de Dieu ici bas. Il veut, d’une volonté éternelle, d’une volonté surnaturelle et déraisonnable, la justice dans le temps, dans la nature et dans la cité [13].

 

Mais le désir d’imposer sa volonté à Dieu au lieu de se conformer à la volonté de Dieu n’est-il pas le contraire même de l’attitude du Messie surnaturel, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et n’est-il donc pas naturaliste ? On voit bien ce qu’un tel désir a de déraisonnable, mais comment alors pourrait-il être surnaturel ? Au lieu d’accepter le Messie surnaturel et de travailler sous sa conduite à la recherche de cette justice relative que notre race déchue est capable de réaliser sur cette terre, les Juifs veulent un Messie naturel qui restaurera le jardin d’Eden ici-bas. Ils re-fusent d’admettre que cette justice parfaite est réservée à notre vie relevée avec le Christ au ciel. Cette attitude de révolte anti-surnaturelle conduit au désastre indi­vidus et nations. […]

 

 

Chapitre X

 

Le naturalisme des francs-maçons

 

La marque distinctive de Satan est l’opposition aux droits de Dieu et au retour ordonné vers Dieu. Notre-Seigneur est venu « afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés » (Jn 11, 52). L’action du démon tend toujours à séparer de Dieu et à diviser. Il n’y a pas deux mondes ; il n’y en a qu’un seul. Dès lors qu’un homme rejette l’ordre divin du monde et demeure ou entre dans une société qui se proclame capable de parfaire la nature humaine indépendam­ment de la vie surnaturelle, dont Notre-Seigneur Jésus-Christ est l’unique source, il se place, consciemment ou non, sous la bannière de Satan, dont l’être tout en­tier est – de son propos délibéré – tourné contre le surnaturel [14]. En rejetant l’ordre divin, l’homme en vient à s’adorer lui-même à travers le panthéisme et l’humanisme. Mais il est faible et tombe volontiers sous l’empire du prince des naturalistes, le premier qui ait rejeté l’offre infiniment aimante que Dieu fait à chacun d’avoir part à sa propre vie intérieure.

 

Le monde – écrit le pape Léon XIII – ne change pas ; à côté des enfants de Dieu, se trouvent toujours les séides du grand ennemi du genre humain, de celui qui, rebelle au Très-Haut dès le principe, est appelé dans l’Évangile le prince de ce monde. […] Pleine de l’esprit de Satan qui, au rapport de l’Apôtre, sait au besoin se transformer en ange de lumière, elle [la maçonnerie] met en avant un but humani­taire, mais elle sacrifie tout à ses projets sectaires ; […] Son but suprême est l’exter­mination de la souveraineté et du sacerdoce […] [15].

 

Saint Thomas démontre, dans la deuxième partie de la Summa, qu’il ne peut y avoir deux buts finaux pour l’homme [16]. Dans la troisième partie de la Summa, il fait ressortir le contraste entre le démon, qui est à la tête des pécheurs, et Notre-Seigneur, qui est la tête de son Corps mystique :

 

Comme il a été dit précédemment, non seulement la tête exerce une influence intérieure sur les membres, mais encore elle les gouverne extérieurement en dirigeant leur activité vers cette fin. On peut donc donner à quelqu’un le nom de tête par rap­port à une multitude, ou bien dans les deux sens d’influx intérieur et de gouverne­ment extérieur, et c’est ce qui arrive pour le Christ quand nous disons qu’il est la tête de l’Église. Ou bien seulement au sens du gouvernement extérieur : en ce dernier sens tout prince ou prélat est tête de la multitude qui lui est soumise. C’est égale­ment de cette manière que le diable est la tête de tous les méchants […] [17].

 

Notre-Seigneur est la tête par influence extérieure comme par influence inté­rieure, alors que le démon est une tête par influence extérieure seulement, en di­rigeant les actes des pécheurs à une fin qui lui est propre. La fin choisie par le démon est d’amener les humains à se détourner de Dieu (pour se tourner vers eux-mêmes). Ce détournement de Dieu est perçu comme une fin dans la mesure où on le désire sous couleur de liberté (sub specie libertatis).

 

Dans la mesure, par conséquent, où les hommes sont, en péchant, attirés vers cette fin, ils passent sous l’empire et la direction du démon ; et c’est pourquoi il est dit leur tête [18].

 

Satan désire la destruction de l’ordre au moyen duquel les hommes retournent à Dieu, et il les conduit par ruse à l’imiter et à le suivre dans l’usage autonome de l’intelligence comme du libre-arbitre. Étant donné l’anti-surnaturalisme objectif de la franc-maçonnerie, les membres de la secte sont particulièrement exposés à l’influence satanique. Et Satan profite de l’occasion qui lui est ainsi offerte. On en trouve une preuve saisissante dans le témoignage du Frère *** Oswald Wirth, bien connu pour ses écrits sur les questions maçonniques. Selon lui :

 

Une force supérieure à eux conduit les Maçons à agir ensemble et à coordonner leurs efforts avec une vigueur intellectuelle qu’ils ne possèdent sûrement pas indivi­duellement. C’est là un fait qui a été établi de manière irréfutable et que l’on doit admettre avec simplicité ; il appartient à chacun de l’interpréter à sa manière [19].

 

On en trouve une autre preuve dans un passage remarquable d’une réponse de la suprême sacrée congrégation du Saint-Office à plusieurs évêques des États-Unis. Cet excellent exposé sur le résultat final de la formation dispensée au sein des sociétés secrètes est le suivant :

 

Si l’on prend en considération le développement impressionnant qu’ont atteint les sociétés secrètes ; le temps considérable depuis lequel elles persévèrent dans leur vigueur ; leur furieuse agressivité ; la ténacité avec laquelle leurs membres s’ac-crochent à la secte et aux faux principes qu’elle professe ; la coopération persévérante de types d’hommes si différents dans la promotion du mal ; on ne peut nier que le Grand Architecte de ces associations (étant donné que la cause est nécessairement proportionnée à l’effet) ne saurait être autre que celui appelé Prince de ce monde dans les saintes Écritures ; et que Satan lui-même, y compris par son intervention physique, dirige et inspire au moins les dirigeants de ces organes en allant jusqu’à coopérer physiquement avec eux [20].

 

L’affaire Leo Taxil (1892-1897) a servi à discréditer toute tentative d’exposer la réalité de l’action satanique sur le monde au sein et par l’intermédiaire des socié­tés secrètes [21]. Néanmoins, les preuves de cette action abondent, qui viendront couronner les études et recherches en la matière, et Madame Nesta Webster, écrivain non catholique ayant effectué une étude si approfondie de ces sociétés, n’hésite pas à écrire dans son œuvre magistrale sur la Révolution française :

 

Lorsqu’on examine la manière dont les éléments subversifs ont réalisé leur des­sein, lorsqu’on lit ce qu’a été la vague effrayante de violations déclenchée durant la Terreur – profanations d’églises, blasphèmes contre le Christ et la sainte Vierge, culte de Marat –, il est presque impossible de ne pas croire en la possession diabo­lique. Comment douter que ces hommes, enflammés de haine contre toutes les in­fluences spirituelles qui travaillent au bien du monde, soient devenus, en fait, les ins­truments de ces autres esprits, les puissances des ténèbres, dont ils ont ainsi épousé la cause ? Et dans la hideuse manière dont ils sont morts [...] ne font-ils pas songer aux porcs de Gadara, victimes des démons qui les avaient conduits à la destruction [22] ?

 

Satan parodie l’action de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le médiateur entre Dieu et l’humanité déchue, qui s’exerce dans l’Église et à travers les sacrements, en poussant à la création d’une Contre-Église dotée de rites symboliques, afin d’ob­tenir ce qu’il cherchait dans sa troisième tentation de Notre-Seigneur :

 

Le diable, de nouveau, le transporta sur une montagne très élevée, et lui mon­trant tous les royaumes du monde, avec leur gloire, il lui dit : « Je vous donnerai tout cela, si, tombant à mes pieds, vous m’adorez » [Mt 4, 8-9].

 

Charles Nicoullaud, dans L’Initiation maçonnique, insiste à plusieurs reprises sur l’idée que l’« initiation » maçonnique est la réception des « sacrements » de Satan [23].

Sa thèse se trouve confirmée par la lettre encyclique Ecclesiam du pape Pie VII :

 

[Les Carbonari, ou francs-maçons] ont principalement pour but [...] de profa­ner et de souiller la passion du Sauveur par quelques-unes de leurs coupables céré­monies ; de mépriser les sacrements de l'Église (auxquels ils paraissent par un hor­rible sacrilège en substituer quelques-uns inventés par eux), et même les mystères de la religion catholique […] [24].

 

 

 

 

 



[1] — Rev. Denis Fahey, C.S.Sp., The mystical Body of Christ and the reorganization of society, Palmdale (Californie), Christian Book Club of America, 1995, p. 114-115, 116-117, 135-137, 141-144, 149-150, 182-183, 230-233. Traduction de M. François Thouvenin.

[2] — Nous avons déjà vu ce qu’est le naturalisme au chapitre I. Il peut être défini comme un état d’esprit consistant à nier la réalité de la vie divine de la grâce et celle de la chute qui nous en a privés ; d’où, en pratique, la tendance à se révolter contre l’ordre de la vie divine qui nous est restituée par notre appartenance au Corps mystique du Christ. Cet état d’esprit amène aussi à soutenir que la vie sociale doit être fondée intégralement sur l’inexistence de toute vie supérieure à notre vie naturelle.

[3] — « Tout membre du Christ doit continuer à croître dans le Christ pour lui devenir de plus en plus conforme. Mais sa relation vitale avec lui comporte bien davantage que cet aspect personnel ; la vie dans le Christ signifie aussi une participation à son œuvre apostolique, à sa mission. L’incorporation au Christ a pour objet, d’une part de lui unir les membres en tant que tels, leur permettant ainsi de croître jusqu’à la mesure de l’âge de la plénitude de la Tête, d’autre part de les aider à vivre pour le Christ et à collaborer avec lui pour l’accroissement du Christ mystique […]. Par le caractère sacramentel, chaque membre est destiné et apte à coopérer activement avec le Christ. L’incorporation, qui correspond au degré du caractère sacramentel, permet à chaque membre d’avoir part à la dignité du Christ, mais elle le met aussi dans l’obligation, en tant qu’instrument du Christ, d’œuvrer pour les autres membres et à la croissance du corps tout entier » (The Mystical Body of Christ, par F. Jürgensmeier, p. 225 et 226).

[4] — Lettre encyclique Humanum genus.

[5] — Lettre encyclique Divini Redemptoris.

[6] — Texte écrit à la veille de la Seconde Guerre mondiale. (NDLR.)

[7] —Lettre encyclique Humanum genus.

[8] — Cette divinisation n’est évidemment pas de l’ordre de l’être, mais de l’ordre de la pensée et de la volonté ; elle dépend de notre participation, par la grâce du Christ, à la vie intérieure des trois Personnes divines.

[9] — « Le démon est sans aucun doute la tête de tous les méchants et tous les méchants sont membres de ce chef. Pilate n’était-il pas membre de Satan ? Les Juifs qui ont persécuté le Christ, les soldats qui l’ont crucifié, n’étaient-ils pas membres de Satan ? » (Saint Grégoire le Grand, homélie pour le premier dimanche de Carême). « Certe iniquorum omnium caput diabolus est, et hujus capitis membra sunt omnes iniqui. An non diaboli memebrum fuit Pilatus ? An non diaboli membra Judæi persequentes, et milites crucifigentes Christum fuerunt ? » (P. L. 76, col. 1135.)

[10] — Jacques Maritain, Les juifs parmi les nations (conférence donnée à Paris en 1938) Œuvres complètes, volume XII, Fribourg (Éditions universitaires) et Paris (Éditions Saint-Paul), 1992, p. 497-499.

[11] — Voir, par exemple, l’ouvrage pertinent d’André Charue intitulé L’Incrédulité des Juifs dans le nouveau Testament, p. 242-245.

[12] — Le père Fahey écrit ces lignes au cours de la Guerre d’Espagne. En réalité, le révolutionnaire Bela Kun, qui avait fait règner la terreur en Hongrie en 1919, sera victime des purges staliniennes en 1937. (NDLR.)

[13]Les Juifs parmi les Nations, p. 19.

[14] — « Ceux qui ne sont pas en état de grâce ne sont rien (nihil) » (saint Thomas, Comment. in 11 ad Cor.).

[15] — Lettre apostolique Annum ingressi du pape Léon XIII (19 mars 1902). Actes de Léon XIII, t. VI, Paris (Bonne Presse), s.d., p. 278-288.

[16] — I-II, q. 1, a. 5.

[17] — III, q. 8, a. 7.

[18] — Saint Thomas a déjà signalé plus haut (I, q. 114, a. 3, ad 2) que si certains péchés sont commis sans aucune tentation de la part du démon, pour avoir péché, leurs auteurs n’en deviennent pas moins fils du diable, puisqu’ils imitent celui qui a péché le premier et qu’ils suivent sa bannière. Il réitère cette doctrine en III, q. 8, a. 7, ad 2 : « Par conséquent, le premier péché du démon, qui est pécheur depuis le commencement, ainsi que nous le lisons dans I Jn, 3, 8, a été proposé à tous comme un exemple à suivre. Certains imitent son exemple à cause de ses incitations et suggestions ; d’autres le font de leur propre chef sans aucune suggestion de sa part. Et de la sorte, c’est-à-dire pour autant qu’ils l’imitent, le démon est la tête de tous les hommes mauvais, ainsi que nous le lisons dans le Livre de la Sagesse, 2, 24 : “C’est par l’envie du diable que la mort est venue dans le monde ; ceux-là l’imitent, qui lui appartiennent.” » [Sur ce passage de saint Thomas, voir Le Sel de la terre 37, p. 113] — À l’article 8 de cette même question, saint Thomas enseigne que l’Antéchrist est présenté comme la tête de tous les hommes à cause de sa suprême iniquité ; c’est en lui que l’influence de Satan atteint son point culminant.

[19] — Citation d’Oswald Wirth (Le Symbolisme) par Mgr Jouin, in Revue Internationale des Sociétés Secrètes, 19 avril 1925, p. 277.

[20]Acta S. Sedis, vol. I, p. 293, 13 juillet 1865. Voir Freemasonry and the Anti-Christian Movement, par le père E. Cahill, S.J., p. 67.

[21] — Voir Épisode Anti-Maçonnique, par Ch. Nicoullaud, p. 147 et suivantes.

[22] — Nesta Webster, The French Revolution : a Study in Democracy, 1926, p. 23.

[23] — Voir à ce sujet l’article d’Antoine de Motreff : « Qui a inspiré René Guénon ? Réflexions, à la lumière de la théologie thomiste, sur l’influence spirituelle reçue lors de l’initiation », dans Le Sel de la terre 13, p. 33-64. (NDLR.)

[24] — Pie VII, encyclique Ecclesiam a Jesu Christo (13 septembre 1821). — Le pasteur méthodiste C. Penney Hunt écrit : « Les plus hauts degrés de la maçonnerie ne sont pas chrétiens ; ce sont d’affreuses impostures blasphématoires. Prenez, par exemple, le degré qu’on nous présente comme étant le plus chrétien et le plus “élevé”. Il en existe différentes versions, mais on trouve dans toutes, y compris celle connue sous le nom de “Rite ancien et accepté”, une caricature blasphématoire de la Cène du Seigneur, quoique le blasphème soit mitigé dans le rite en question […]. Les faits que je cite dans ces documents ne représentent qu’une minuscule fraction de l’ensemble qui est à ma disposition. J’ai scruté mes archives de fond en comble, et je prétends aujourd’hui savoir qu’il n’y a pas d’autre interprétation possible. Le premier chef d’accusation se trouve depuis de nombreux mois devant les dirigeants de mon Église [méthodiste] qui occupent des positions élevées dans la Secte : je les ai mis plusieurs fois au défi, si je me trompais, de me donner la véritable explication, mais en vain. » (C. Penney Hunt, licencié ès lettres, The Menace of Freemasonry to the Christian Faith, Breaston, The Freedom Press, 1930).

Informations

L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 51

p. 181-194

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