+ La Porte du Ciel
« De Maria numquam satis » (de Marie, on ne parle jamais assez), dit l’adage attribué à saint Bernard. À notre époque où tant de catholiques poussent l’apostasie – silencieuse ou non – jusqu’à ne plus croire en la divinité du Christ, la très sainte Vierge ne pouvait échapper au naturalisme ambiant. Imbu de faux œcuménisme, le conciliabule « pastoral » de Vatican II a refusé – pour complaire à nos « frères séparés » – de reconnaître en Marie la corédemptrice et la médiatrice de toutes grâces. Paul Chaussée, qui avoue devoir beaucoup aux interventions de la Vierge, se devait de batailler pour son honneur et de rétablir la vérité en rappelant opportunément ces fonctions si essentielles à notre salut. Le titre de son dernier ouvrage, qui n’est autre qu’un des noms invoqués dans les litanies de la sainte Vierge, est d’ailleurs à lui seul un manifeste d’attachement à notre Mère du Ciel.
Après avoir exposé la dévotion à Marie, puis retracé son historique, l’auteur consacre une partie substantielle du livre à « Fatima, ultime recours méconnu », ainsi qu’au véritable complot visant à enterrer définitivement Fatima et son troisième secret si dérangeant aux yeux d’une Église qui se dit elle-même « conciliaire » plutôt que catholique.
Enfin, une dernière partie traite de la dévotion mariale en pratique (Angélus, rosaire, scapulaire du Mont-Carmel, litanies de Lorette, dévotion personnelle, dévotion réparatrice au Cœur Immaculé, saint esclavage préconisé par saint Louis-Marie Grignion de Montfort).
A aucun moment, il importe de le souligner, Paul Chaussée ne cède au pessimisme incompréhensible qui gagne plus d’un catholique de tradition devant les progrès incessants de l’« abomination de la désolation dans le lieu saint ». L’auteur est trop confiant en la divine Providence et en sa Médiatrice pour douter que la crise actuelle puisse être résolue de manière surnaturelle à l’heure voulue par Dieu.
De par sa richesse et son caractère exhaustif, ce livre est à rapprocher de Miracle et message du Saint Suaire, du même auteur [1] : rien n’est laissé dans l’ombre, tout est expliqué et mis en perspective à la lumière d’une foi ardente, de façon à la fois vivante, méthodique et perspicace. De même que Miracle et message rendait justice au témoignage capital du Linceul, La Porte du Ciel rend justice à Marie comme à tout ce qu’elle accomplit ou peut accomplir pour notre salut.
Une dernière remarque s’impose : Paul Chaussée en est maintenant réduit à s’auto-éditer. On ne peut que trouver cela choquant lorsqu’on connaît la rigueur et l’élévation de ses ouvrages et lorsqu’on voit, par contraste, ce que publient certaines maisons d’édition catholiques.
F.T.
Paul Chaussée, « La Porte du Ciel », 254 p. 14,5 x 21, 2004 (auto-édition). Disponible chez Paul Chaussée, Haut Casteret, 33750 Beychac et Caillau (24, 80 E franco de port).
[1] — Ce livre a été recensé dans Le Sel de la terre 32, p. 227-242. (NDLR.)

