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Fatima face à Assise

ou les merveilles de la route mondiale

 

 

 

par Philippe Legrand

 

 

 

Le 27 octobre 1986, lors de la première réunion interreli­gieuse d’Assise, des pèlerins italiens se présentèrent à la porte de la ville, portant sur leurs épaules une statue de Notre-Dame de Fatima, reine de la paix. Ils furent refoulés et priés de laisser la statue à l’entrée de la ville [1].

Il valait certes mieux que la Vierge de Fatima n’ait aucune part à cette foire des religions. Mais l’événement revêt en même temps une valeur symbolique : l’œcuménisme et le dialogue in­terreligieux tels qu’ils sont menés depuis Vatican II vont dans une direction absolument contraire à celle de Fatima.

Le Sel de la terre.

 

*

 

A son passage, en Amérique comme en Europe, en Afrique et aux Indes, en Indonésie et en Australie, pleuvent les bénédictions et les merveilles de la grâce, de telle sorte que nous pouvons à peine croire ce que voient nos yeux. [Pie XII [2].]

 

Je n’hésite pas à qualifier de miraculeux le pèlerinage de Notre-Dame de Fatima à travers le monde, parce qu’il s’est accompagné, depuis le début et en tout pays, de circonstances qui n’ont pas d’explication naturelle. Et je ne sais s’il y a dans l’histoire un événement comparable. [Cardinal Cerejeira [3].]

 

 

Un précédent :

le « Grand retour » de Notre-Dame de Boulogne

(1943-1948)

 

EN 1938, pour commémorer le troisième centenaire de la consécration de la France à la Vierge Marie par le roi Louis XIII en la ville de Boulogne, plusieurs reproductions de la statue de Notre-Dame de Boulogne avaient visité quelques centaines de paroisses du nord de la France. L’une d’elles avait été portée à Lourdes, ville de l’Immaculée, et y était restée.

Quelques années plus tard, le 28 mars 1943, les évêques de France avaient consacré tous les diocèses de France au Cœur Immaculé de Marie pour faire écho à la consécration du monde par Pie XII (31 octobre 1942). C’est alors que le père Ranson S.J. organisa « le grand retour » de Notre-Dame de Boulogne, de­puis Lourdes jusqu’à son sanctuaire du nord de la France. Le succès fut specta­culaire, à tel point que très rapidement, il fut décidé de faire pérégriner quatre statues identiques par des itinéraires différents. Les madones étaient accueillies dans les villes et villages par des foules de fidèles. C’était une gigantesque mis­sion mariale centrée sur la conversion personnelle et la consécration au Cœur Immaculé de Marie. La prodigieuse randonnée dura soixante mois.

On notera la surprise des milieux d’Action catholique : « Le Grand retour, à Reims, notait le directeur des œuvres, a atteint des couches que jamais l’Action catholique n’avait encore atteintes. Il pose pour nous bien des problèmes. » — « Depuis des années, avouait un autre responsable, nous essayons de poser le problème religieux dans les milieux les plus déchristianisés. Nos efforts ont été vains. Notre-Dame du Grand retour passe – c’est à n’y pas croire – en quelques jours elle devient l’unique objet des conversations, non seulement parmi les chrétiens, mais aussi parmi des hommes et des femmes que l’on aurait crus très éloignés de notre foi. Tout le monde travaille, fait des guirlandes, monte des arcs de triomphe [4]. »

Manifestement, la Vierge Marie préparait les cœurs à un projet encore plus grandiose.

 

 

Un projet parti de Berlin

 

En mai 1945, alors que la guerre terrible envoyée par Dieu pour punir le monde venait de s’achever, les curés des paroisses catholiques de Berlin eurent l’idée de faire porter une statue de la Vierge de pays en pays pour consolider la paix toute récente. Tout naturellement, ils pensèrent à faire pérégriner une sta­tue de celle qui avait promis : « Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix » (13 juillet 1917).

Pendant deux ans, le projet des curés de Berlin traîna de bureau en bureau. Finalement, c’est le plan d’un jeune religieux belge, le père Demoutiez O.M.I., qui prit corps : le 13 mai 1947, une statue de Notre-Dame de Fatima partit de la Cova da Iria pour aller présider le congrès marial de Maastricht aux Pays-Bas, et commencer un voyage à travers les frontières d’Europe et du monde entier [5]. Personne n’aurait osé imaginer le formidable mouvement de prière, de péni­tence, de conversions, de merveilles de toutes sortes, que la Vierge Marie allait provoquer sur son passage.

 

 

Des marées humaines

 

Tout d’abord ce furent des foules immenses qui se portèrent à la rencontre de Notre-Dame. Rien n’était plus disproportionné aux résultats que les moyens de publicité employés. Il suffisait d’un mot du clergé et toute la population d’une ville, parfois d’une région, se déplaçait pour venir apporter ses hommages à la Reine de la paix.

Dès son départ de la Cova da Iria, les fidèles se pressaient pour l’entourer, et les premières conversions eurent lieu.

En Espagne, on compta dans certaines villes jusqu’à cent et deux cent mille fidèles pour acclamer la Vierge. Les évêques venaient l’accueillir, les maires des villages la saluaient, l’armée lui présentait les armes. Là où elle passait, cinémas et théâtres fermaient, et la journée était chômée pour que tout le monde puisse acclamer la madone.

L’accueil de la France fut plus réservé, le gouvernement de la « Libération » se montrant irrité par ce genre de manifestation peu compatible avec la laïcité revenue au pouvoir [6]. Cependant les organisateurs réussirent à faire passer la Vierge en certaines villes où elle reçut un accueil chaleureux : Hendaye, Bayonne, Lourdes, et de là, assez rapidement à la frontière belge.

La Belgique fut plus enthousiaste, et de nouveau ce furent des centaines de milliers de pèlerins qui acclamèrent la Vierge de ville en ville, pour arriver fina­lement au congrès de Maastricht où les cardinaux et évêques de Belgique, Hollande et Luxembourg baisèrent à tour de rôle la blanche statue.

De là, la madone passa en Hollande puis au Luxembourg. Dans ce petit pays qui ne comptait que 250 000 habitants, il y eut 100 000 communions en l’hon­neur de la Vierge pèlerine.

Paris, puis de nouveau la Belgique furent les nouvelles étapes avant le retour au Portugal.

Le même enthousiasme, des foules semblables, des fruits identiques eurent lieu dans les autres « routes » : États-Unis et Canada, Amérique du Sud [7], Afrique [8], Asie et Océanie [9].

Il faut noter encore une nouvelle « route » espagnole en 1948, où la Vierge rassembla un million et demi de fidèles à Madrid [10]. Il y eut quinze guérisons miraculeuses pendant une messe célébrée pour 13 000 malades.

Un point capital est à souligner : ces manifestations n’étaient pas l’expression d’un simple enthousiasme extérieur et superficiel. Partout, ce furent confes­sions, communions, rosaires, heures saintes de réparation, consécrations indivi­duelles au Cœur Immaculé de Marie. Des ligues de prière ou de pénitence fu­rent fondées pour prolonger le rayonnement de sa visite.

Comme lors du Grand retour en France, la Vierge Marie menait un apostolat vraiment surnaturel, indiquant les moyens à prendre pour rechristianiser le monde.

 

 

Le miracle des colombes

 

L’un des plus beaux ornements de la « Route mondiale » fut certainement le gracieux prodige des blanches colombes mystérieusement attirées par les sta­tues bénites de Notre-Dame de Fatima.

La première ville qui en fut témoin se trouve avoir été la plus révolutionnaire du Portugal, Bombarral. Le 28 novembre 1946, la « route » portugaise quittait cette ville. Au passage d’un arc de triomphe, on lâcha cinq colombes en l’hon­neur de la Vierge. Mais au lieu de se disperser aux quatre coins du ciel, les voilà qui se mettent à tournoyer au-dessus du cortège en suivant la route. Puis elles se posent sur le char de la Vierge, grimpent à travers les fleurs, et se blottissent aux pieds de Notre-Dame. Elles y restèrent huit jours. Le bruit des haut-par­leurs, des orgues, des feux d’artifice, les feux des projecteurs illuminant la sta­tue, rien ne les délogea.

Ce qui frappait le plus les témoins, c’était l’attitude « religieuse » de ces vola­tiles. On les vit, par exemple, se tourner vers la chaire pendant le sermon, aller se poser les unes à droite, et les autres à gauche de l’ostensoir lors de l’exposi­tion du Saint-Sacrement, etc. A Lisbonne, le 6 décembre, pendant la messe so­lennelle, une des colombes alla se jucher sur le sommet de la couronne de la Vierge ; elle resta les ailes étendues, tournée vers la sainte Table, tant que dura la communion de 3000 fidèles.

Le phénomène des colombes se manifesta aussi pendant la « route mon­diale » : au congrès marial de Madrid (1948) et dans plusieurs diocèses d’Es­pagne, en France [11], dans les divers pays d’Afrique [12], et dans les « routes » de l’Amérique du Sud (spécialement en Colombie en 1950).

Citons ici le fait étonnant qui s’est produit dans la capitale française le 8 dé­cembre 1952. Une grande réunion d’information sur l’Armée Bleue avait été or­ganisée au Parc des Expositions afin de lancer le mouvement en France. Hamish Fraser (1913-1986) devait y prendre la parole en présence de Mgr Rupp, évêque auxiliaire de Paris. Fougueux Écossais, il avait été commissaire dans les bri­gades internationales communistes pendant la guerre d’Espagne. C’est lui qui commanda le peloton qui, après un simulacre de jugement, condamna le Christ-Roi à mort et fusilla sa statue sur une place de Madrid [13]. Puis il s’était converti au catholicisme et était devenu un ardent apôtre du message de Fatima. Au moment où il allait commencer sa communication, une colombe descendit des charpentes métalliques de la salle, tournoya au-dessus de l’estrade, et se posa sur sa tête tandis qu’il se levait. Elle y resta une bonne dizaine de minutes mal­gré les flashes des photographes. Or voici les paroles qu’Hamish Fraser avait prévu de dire dans sa conférence :

 

Je sais que la prière peut convertir les communistes. [...] Je sais que la prière peut convertir la Russie. Que la Russie se convertisse ou non, qu’il y ait une troi­sième guerre mondiale ou non, que l’Église de Jésus-Christ retourne aux cata­combes ou non, cela dépend de la réponse à une question : « Sommes-nous prêts à faire ce qui nous a été demandé par la Mère de Dieu elle-même ? » Si nous ré­pondons à cette question par l’affirmative, la Russie se convertira et il y aura la paix, et nous pourrons regarder l’avenir en face. Si aujourd’hui le Corps Mystique de Jésus-Christ est crucifié, ce ne sont pas les communistes qui sont les principaux responsables. Car les soldats de Staline qui sont en train de planter les clous dans la chair du Corps Mystique, sont les agents, non du Kremlin, mais de notre apathie, de notre léthargie, de notre manque de loyauté et de courage. Lorsque nous, catholiques, commencerons à accepter pleinement nos responsabi­lités, le communisme deviendra aussi inefficace que l’hérésie arienne. [...] A mon humble avis, Fatima est l’événement le plus significatif du siècle, peut-être le plus significatif depuis la Réforme [14].

 

En envoyant l’une de ses blanches colombes sur la tête de l’orateur, la Vierge de Fatima approuvait d’avance le magnifique discours qu’il allait prononcer.

 

 

Notre-Dame missionnaire

 

Il nous faut parler maintenant de l’attraction des non-catholiques pour la Vierge de Fatima. En 1986 à Assise, et dans les autres cérémonies semblables qui ont suivi, les autorités de l’Église ont invité les fausses religions à pratiquer leur culte en public pour prier pour la paix du monde, en violation du premier commandement de Dieu : « Un seul Dieu, tu adoreras ».

Pendant la « route mondiale », au contraire, Notre-Dame de Fatima appela les non-catholiques, non pas à prier leurs démons, mais à se tourner vers elle, seule médiatrice auprès de l’unique médiateur, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

A Patna (Inde), le gouverneur de la province, brahmane [15], entra dans l’église et pria devant la statue.

En de nombreux pays d’Asie, d’Afrique ou d’Océanie, gouverneurs et maires, païens et protestants, ont autorisé et facilité les processions, qui souvent se faisaient pour la première fois dans ces villes où les catholiques sont une pe­tite minorité. Ils ont même adressé à la madone les hommages et la prière offi­cielle de leurs administrés.

En Afrique du Sud, toutes les races et religions fusionnèrent au moment des processions mariales. A Umtata, une délégation des anglicans vint supplier l’évêque de faire arrêter la procession dans leur cathédrale. L’autorisation n’ayant pas pu leur être donnée pour ne pas cautionner le schisme, ils obtinrent que le cortège passerait devant. Le moment venu, ils en ouvrirent les portes et assistèrent au passage de la Vierge en s’unissant aux chants et aux prières, puis en suivant le cortège avec des flambeaux à la main.

Arrêtons-nous sur deux cas particuliers : les musulmans et les protestants.

 

L’accueil triomphal des musulmans

 

La Vierge Marie exerçait une attraction spéciale sur les musulmans. Du Maroc espagnol au Caire, la blanche statue fut l’objet de toutes sortes d’hom­mages de leur part. Les chorales musulmanes demandaient la faveur de suivre les processions ; des imams enseignèrent les cantiques aux chrétiens des villages sans missionnaires, des arcs de triomphe étaient dressés devant les mosquées pavoisées.

Au Mozambique, la ferveur musulmane fut telle qu’il y eut de nombreuses conversions au catholicisme. Dans la ville de Tété, les mahométans, qui norma­lement ne se découvrent jamais, acceptèrent de quitter leur chéchia pour pou­voir assister à la messe.

En Éthiopie, à Addis-Abeba, rien n’avait été prévu pour recevoir Notre-Dame, et les prudents avaient même déconseillé l’escale dans ce pays musul­man. Ce fut un triomphe inouï et le Négus en personne, chef du pays, rendit publiquement hommage à la Vierge.

Mais le pays musulman qui fit le plus fervent accueil à la Reine de la paix, fut certainement le Pakistan. La Vierge fut escortée d’éléphants, des milliers de mahométans se joignirent aux processions [16]. On peut se demander d’ailleurs si, en se montrant en 1917 dans une localité dotée d’un nom arabe, la Mère de Dieu n’a pas voulu attirer sur elle les regards des peuples musulmans [17]. La situation géographique de la Russie et son influence sur les pays islamiques donne en effet à penser que la conversion de ce pays entraînera celle des pays musul­mans [18].

 

Conversion des protestants

 

Aux États-Unis, les protestants se précipitèrent en foule au devant de Notre-Dame [19]. Ainsi dans la ville de Buffalo (état de New-York), qui ne comptait que quelques dizaines de milliers de catholiques, plus de 200 000 personnes vinrent vénérer la madone, « le plus grand rassemblement dans l’histoire de la ville » nota le rapport de police. A Flora dans l’Illinois, le propriétaire protestant d’un journal local organisa un reposoir devant ses bureaux pour y introniser Notre-Dame, et y fit prêcher toute la journée aux passants le message de Fatima, épi­sode imprévu dans cette ville ne comptant à l’époque que 200 catholiques.

Pour satisfaire la curiosité américaine, le grand magazine Life, tirant à huit millions d’exemplaires et qui était considéré comme le bastion inexpugnable du protestantisme, publia sur Fatima, le 3 janvier 1949, un article très exact, avec de nombreuses photographies, tel qu’aucun journal catholique français n’en a pu­blié à l’époque.

Et là encore, le passage de la Vierge de Fatima en Amérique du Nord ne fut pas un simple feu de paille sans lendemain, mais il y suscita des œuvres du­rables. Nous citerons :

— le chapelet quotidien récité à la radio par Mgr Léger, évêque de Montréal, et suivi par un million d’auditeurs ;

— « l’Heure du Rosaire » organisée par le père Peyton et retransmise tous les vendredis par la plupart des chaînes de radio américaines ;

— la « Société de Réparation » établie par le père Ryan S.J. de Baltimore ;

— et surtout l’« Armée Bleue » fondée par M. l’abbé Colgan et John Haffert, dont le but était de susciter un mouvement de prière et de pénitence en faveur de la conversion de la Russie.

Un grand mouvement de conversion se produisit alors aux États-Unis. Le chanoine Barthas put écrire :

 

Comment ne pas attribuer à Notre-Dame de Fatima les milliers et milliers de conversions de communistes ou de protestants obtenues par son grand apôtre aux États-Unis, Mgr Fulton Sheen (1895-1979) ? Et aussi tant de conversions de communistes influents, dans les pays anglo-saxons principalement, surtout lors­qu’eux-mêmes, tels Douglas Hyde ou Hamish Fraser, déclarent devoir leur re­tour au bercail catholique à l’intercession de Notre-Dame de Fatima  [20] ?

 

*

 

Certes, ce rapprochement des hétérodoxes autour de Notre-Dame de Fatima n’était pas encore le retour des peuples à l’unique bercail. Ce n’était pas l’heure puisque la Russie n’avait pas été consacrée au Cœur Immaculé de Marie. Mais il en était la préfiguration.

 

 

Conclusion

 

La Vierge de Fatima, restauratrice du Portugal, ne manifesta pas seulement sa puissance dans ce pays, elle voulut aussi la faire connaître dans le monde en­tier par les merveilles qui accompagnèrent sa pérégrination de pays en pays. C’était une pressante invitation à accomplir ses demandes sans tarder. Jamais d’ailleurs, un événement aussi spectaculaire que cette route mondiale ne s’était vu dans toute l’histoire de l’Église, manifestant l’importance majeure des appa­ritions et du message de Fatima.

Il eût été souhaitable que les plus hautes autorités de l’Église y fussent atten­tives. Jean XXIII n’en tint aucun compte. Lorsque Notre-Dame de Fatima arriva à Rome en septembre 1959, accueillie par le maire et une foule immense, non seulement il ne se déplaça pas, mais il ne prononça même pas un mot d’accueil à la Vierge qui visitait son diocèse. Elle arrivait pourtant d’un périple triomphal en Italie, pendant lequel les évêques avaient solennellement consacré le pays au Cœur Immaculé de Marie [21]. Cependant, la « route mondiale » et l’approche de l’année 1960 où devait être révélé le troisième secret de Fatima, suscitaient l’in­térêt du monde entier et une ferveur mariale grandissante. Tout fut stoppé net lorsque Jean XXIII refusa de révéler le troisième secret. Le concile Vatican II et les papes qui l’appliquèrent s’engagèrent alors dans une politique œcuménique radicalement opposée au message de Notre-Dame, et conduisant à l’apostasie. Il est dangereux de repousser les plans du Ciel.

Mais les promesses de la Vierge demeurent : « Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie [22]. »


 

Hamish Fraser et la colombe (Paris, 8 décembre 1952)


[1] — Voir La Contre-Réforme catholique, n° 229, janvier 1987, p. 33-34.

[2] — Pie XII, « Radiomessage aux pèlerins de Fatima », 13 octobre 1951, dans les Documents pontificaux de Sa Sainteté Pie XII, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 1954, p. 415.

[3] — Cardinal Cerejeira, patriarche de Lisbonne, préface à l’ouvrage du chanoine Barthas, Fatima et les destins du monde, Toulouse, Fatima-Éditions, 1955, p. 9. Cet ouvrage a inspiré le présent article, ainsi que, du même auteur : Fatima, merveille du XXe siècle, Toulouse, Fatima-Éditions, 1952, p. 273-298 ; et : Les colombes de la Vierge, fioretti de Fatima, Montsûrs/Toulouse, Résiac/Fatima-éditions, 1985. — Voir aussi : frère Michel de la Sainte-Trinité, Toute la vérité sur Fatima, Saint-Parres-lès-Vaudes, CRC, 1985, t. 3, p. 73-83, 142-144, 166-168.

[4] — Voir le frère Michel de la Sainte-Trinité, Toute la vérité sur Fatima, t. 3, ibid., p. 56-61.

[5] — En 1946, il y avait déjà eu un voyage triomphal de la statue de Notre-Dame de Fatima à travers le Portugal, pour commémorer le troisième centenaire de la proclamation de la Vierge de la Conception comme patronne du Portugal, par le roi Jean IV (20 octobre 1646). Voir l’article sur le renouveau du Portugal dans le présent numéro du Sel de la terre. Mais la Vierge n’était pas sortie du pays.

[6] — Mais les hommes ne peuvent faire obstacle aux plans du Ciel. Sa statue avait été refoulée, Notre-Dame viendra alors en personne à L’Ile-Bouchard en décembre suivant pour empêcher les communistes de s’emparer de la France. Voir l’article de Paul Chaussée dans le présent numéro du Sel de la terre.

[7] — C’est en Colombie que Notre-Dame de Fatima a accompli les prodiges les plus extraordinaires, par exemple des arcs-en-ciel très nets dans un ciel pur pendant les messes en plein air à Bogota, Cali, etc. Les journaux en ont reproduit les photos.

[8] — La Vierge visita le Cap Vert, la Guinée portugaise, les Açores, l’Angola et le Mozambique (colonies portugaises), l’Afrique du Sud (ou elle rassembla davantage de monde que le roi d’Angleterre), la Rhodésie, le Kenya, Zanzibar, le Tanganyka, l’Ouganda, l’Abyssinie, l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte.

[9] — Notre-Dame visita l’Inde (Bombay, Goa, Trichur, la côte du Malabar, le Maduré), le Pakistan (où toutes les villes se disputèrent l’honneur de la recevoir), Ceylan, la Thaïlande, la Birmanie, Singapour, la Malaisie, le Vietnam (où son passage marqua un arrêt brutal de la progression du Viet-Minh communiste, spécialement après une procession sur le front), l’Australie, Timor, la Papouasie.

[10] — La ville comptait alors 800 000 habitants.

[11] — Cela arriva deux fois au diocèse de Perpignan en juillet 1950. Les journaux locaux mentionnèrent la chose et en publièrent des photographies.

[12] — Ainsi, à l’aéroport d’Addis-Abbeba en Éthiopie, quelle ne fut pas la stupéfaction des autorités religieuses et de la foule, lorsqu’elles virent l’avion qui portait Notre-Dame, arriver sur la piste entouré de blanches colombes qui volaient tout autour.

[13] — Voir le chanoine Barthas, Fatima et les destins du monde, ibid., p. 113.

[14] — Cité par le chanoine Barthas dans l’édition de 1957 de Fatima et les destins du monde, p. 119-121.

[15] — Membre de la caste sacerdotale, la première des castes hindoues.

[16] — Sauf pour l’arrivée de l’avion de Notre-Dame à l’aéroport d’Addis-Abeba, le miracle des colombes ne se produisit dans aucun pays musulman. La Vierge montrait clairement qu’elle ne pouvait se considérer chez elle dans ces pays éloignés de son Fils.

[17] — Fatima est en effet le nom d’une jeune princesse musulmane capturée par un croisé et qui se convertit. Elle fut enterrée dans la localité qui porte maintenant son nom.

[18] — Voir l’article : « Jean-Paul II a-t-il consacré la Russie comme la sainte Vierge le demandait ? » dans le présent numéro du Sel de la terre ; spécialement les réflexions de Dom Guéranger à ce sujet.

[19] — Ce fait est à rapprocher de l’illusion œcuménique conciliaire qui, pour se rapprocher des protestants, met au contraire en retrait le culte dû à la Vierge Marie. Voir : abbé Victor-Alain Berto, « Lettres du concile », Le Sel de la terre 43, spécialement p. 19-30 ; abbé Stephen Abraham, « La sainte Vierge à Vatican II », Le Sel de la terre 45, p. 123-134. — Voir aussi : « La sainte Vierge et l’œcuménisme » dans Le Sel de la terre 6, qui montre dans diverses apparitions comment Notre-Dame conçoit l’œcuménisme avec les protestants : pour les convertir au catholicisme.

[20] — Chanoine Barthas, De la grotte au chêne vert, Paris, Fayard, 1960, p. 194.

[21] — Voir le frère Michel de la Sainte-Trinité, ibid., p. 374-379.

[22] — Lettre de sœur Lucie à Mgr da Silva, évêque de Leiria-Fatima, le 29 août 1931, citée par le père Alonso dans Marie sous le symbole du cœur, contribution de six experts à la connaissance de Fatima, Paris, Téqui, 1973, p. 43.

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 53

p. 157-165

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La Vierge Marie : Dévotions envers la Mère de Dieu

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