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Textes de consécration

au Cœur Immaculé de Marie

 

 

 

Voici six textes de consécration au Cœur Immaculé de Marie pouvant être utilisés (avec les modifications qu’imposent les circonstances) pour une consécration personnelle ou collective :

 

 

  I.— Consécration personnelle à l’Immaculée (texte de Maximilien Kolbe) ;

 II. — Consécration d’une famille (texte du père Gabriel-Marie Jacquier)  ;

III. — Consécration d’une corporation de métier (père Jacquier)

IV. —  Consécration d’une paroisse

V. —  Consécration d’un pays (ici, le Portugal)

VI. — Consécration de la Russie (le 22 août 1987, par Mgr Lefebvre)

Le Sel de la terre.

 

 

 

— I —

 

Consécration personnelle à l’Immaculée, Reine du ciel et de la terre

 

O Immaculata, cœli et terræ Regina, refugium peccatorum, et Mater nostra amororissima, tu, cui Deus totum ordinem misericordiæ committre voluit, ego N.N., indignus peccator, ad pedes tuos me provolvo suppliciter petens, ut me totum et totaliter tanquam rem et proprietatem tuam assumere et de me, de omnibus potentiis animæ et corporis, de tota vita, morte et æternitate mea, quidquid tibi magis placet facere digneris.

Utaris etiam, si hoc tibi placet, me toto et totaliter ad hoc, quod de te dictum ests : « Ipsa conteret caput tuum » et « Cunctas hæreses sola interemisti in universo mundo », exequendum, ut in tua immaculata et misericordissima manu aptum sim instrumentum ad cognitionem tui in tot deviatis ac tepidis animis excitandam et gloriam tuam quam maxime augendam et ita dulcissimum Regnum Ssmi Cordis Iesu, quam maxime extendendum, ubi enim tu intras ibi et gratiam conversionis et sanctificationis impetras, per tuas enim manus omnes ad nos gratiæ ex Corde Sacratissimo perveniunt.

R. Dignare me laudare te, Virgo sacrata.

V. Da mihi virtutem contra hostes tuos.

 

O Immaculée, reine du ciel et de la terre, refuge des pécheurs et notre mère tout amour, à qui Dieu voulut confier tout l’ordre de la miséricorde, moi [N.], indigne pécheur, je me prosterne à vos pieds et vous implore humblement : daignez me prendre tout entier et totalement, comme votre chose et votre propriété, et faire tout ce que vous voulez de moi, de toutes les facultés de mon âme et de mon corps, de toute ma vie, de ma mort et de mon éternité. Si tel est votre bon plaisir, disposez aussi de moi tout entier et totalement dans cette œuvre où doit s’accomplir ce qui a été dit de vous : « Celle-ci t’écrasera la tête » et « Vous seule avez détruit toutes les hérésies dans le monde entier », de telle sorte que je sois dans votre main immaculée et toute miséricordieuse un instrument qui puisse vous servir à éveiller en tant d’âmes égarées et tièdes la joie de vous connaître, à augmenter sans limite votre gloire et ainsi à étendre le plus possible le règne d’infinie douceur du très saint Cœur de Jésus. En effet, là où vous entrez, vous obtenez la grâce de la conversion et de la sanctification, puisque c’est par vos mains que du Cœur très sacré [de Jésus] toutes les grâces parviennent jusqu’à nous.

R. Accordez-moi de vous louer, Vierge sainte.

V. Donnez-moi la force contre vos ennemis.

 

 

[Texte du père Maximilien Kolbe, 16 octobre 1917.]

 

 

 

 

 

— II —

 

Consécration d’une famille

au Cœur Immaculé de Marie

 

Cœur Immaculé de Marie, tabernacle vivant de la Sainte Trinité et foyer du pur amour, nous proclamons la royauté que Jésus vous a donnée, sur toute créature. Nous l’avons peut-être méconnue et méprisée, mais voici qu’en ce jour, humblement prosternés devant vous, nous vous en demandons pardon et reconnaissons avec joie les droits absolus que vous avez sur nous. Pour que vous les exerciez librement, cette famille se consacre volontiers à vous pour être la part bénie de votre héritage.

En union avec votre chaste époux saint Joseph, père, protecteur et modèle de toute famille chrétienne, nous nous jetons en vous pour que vous triomphiez ici par le rayonnement du pur amour. Communiquez au chef la prévoyante bonté et la ferme douceur du Père éternel, faites participer la mère à la tendresse éclairée du Saint-Esprit et donnez aux enfants la sagesse de Jésus, le Verbe incarné.

Nous vous offrons tous à vous, ô cœur maternel, pour que vous nous gardiez tous bien unis dans la charité vraie et que vous formiez ce foyer à l’image de celui de Nazareth, dont il veut reproduire la simplicité, la pureté ineffable, le dévouement généreux et le rayonnement bienfaisant.

Cœur très miséricordieux, daignez partager notre vie de chaque jour : soyez l’entrain de nos joies, mais aussi notre refuge aux heures douloureuses ; permettez-nous alors de puiser en vous le courage, le calme confiant et la consolation.

Cœur très puissant, nous sommes sûrs de vous et nous nous fions à vous jusqu’au miracle s’il était nécessaire. Nous abandonnons tous nos soucis à votre Providence, afin d’avoir l’âme libre pour aimer. Nous vous confions aussi ceux que la vie ou la mort ont déjà dispersés ; faites que, malgré les séparations, nous demeurions tous unis en vous.

Cœur triomphant, nous vous promettons de mener avec vous le bon combat contre l’enfer et le monde, et de gagner d’autres foyers à votre royauté.

Cœur Immaculé, embrasez de plus en plus cette famille de l’amour infini qui vous consume, afin qu’elle devienne par vous, avec vous et en vous, une réponse vivante d’amour au cœur de Jésus et à la très Sainte Trinité.

Ainsi soit-il !

 

 

[Père Gabriel-Marie Jacquier (1906-1942)

Extrait de son Manuel du Croisé, La Croisade pour le règne social de Marie.

Voir Le Sel de la Terre 9, pages 160-161.]

 

 

 

 

 

— III —

Consécration d’une corporation de métier

 au Cœur Immaculé de Marie

 

Cœur Immaculé de Marie, reine de France et du monde, voici que la corporation des […] réunie sous la bannière de saint […] vient proclamer les droits absolus que Jésus vous a donnés sur nous.

Jusqu’à présent, l’esprit diabolique de la Révolution nous avait dressés les uns contre les autres et la haine infernale qu’il nous soufflait au cœur faisait notre malheur commun. Nous reconnaissons humblement nos erreurs passées et nous vous conjurons d’user de miséricorde envers nous et de nous recevoir comme vos humbles sujets et vos enfants. Désormais nous voulons, sous votre conduite, mener ensemble la vie de famille pour contenter votre cœur de mère.

Daignez être, ô cœur miséricordieux l’animateur de notre vie corporative. Dirigez nos conseils par l’inspiration de votre sagesse, soutenez nos décisions par la fermeté de votre puissance et, surtout, unissez nos cœurs par la tendresse de votre amour, afin que nous soyons véritablement « un » comme le souhaite Jésus, notre Sauveur et notre roi. Inspirez votre douceur à ceux qui doivent être parmi nous les représentants de votre autorité royale et donnez aux autres la docilité et la confiance filiales qui faciliteront leur soumission.

O cœur très simple de la Vierge de Nazareth, nous vous offrons nos bonnes volontés pour que vous nous aidiez à réaliser entre nous la belle harmonie de l’atelier de Joseph et de Jésus-ouvrier. Donnez-nous l’amour de notre métier qui nous permet de suivre de plus près celui qui a voulu nous donner l’exemple du travail. Soutenez notre courage dans la tâche quotidienne, pour que nous puissions faire de nos moindres actions une œuvre d’amour éternel, et, surtout, apprenez-nous à pratiquer envers tous la justice et la charité.

Nous vous promettons, ô cœur glorieux de notre reine, de faire tous nos efforts pour conquérir à votre royauté nos autres compagnons de labeur, afin qu’en étendant de plus en plus en notre patrie et dans le monde votre influence royale, vous y établissiez enfin le règne de votre divin Fils, le Christ-Roi, à la plus grande gloire de la très Sainte Trinité. Ainsi soit-il !

Cœur sacré de Jésus, que votre règne arrive !

Cœur Immaculé de Marie, reine des métiers, priez pour nous !

Saint Joseph, modèle des artisans, priez pour nous !

Saint… [le patron de la corporation], priez pour nous !

 

 

[Père Gabriel-Marie Jacquier S.V. (1906-1942)

(Extrait de son Manuel du Croisé, ibid. page 163).

Le texte peut être utilisé pour consacrer une entreprise, un bureau, un cabinet, etc. en remplaçant le mot « corporation ».]

 

 

 

 

 

 

 

 

— IV —

Consécration d’une paroisse

 au Cœur Immaculé de Marie

 

Vierge très sainte, quand vous êtes apparue à Fatima, vous avez manifesté le désir que le monde entier se tourne vers votre Cœur Immaculé, afin d’apaiser la justice divine offensée et afin d’obtenir la paix.

Pour répondre à ce désir, nous nous consacrons et nous nous livrons entièrement à votre Cœur douloureux et immaculé.

Vous avez dit, ô Notre-Dame, que si nous faisions ce que vous nous avez demandé, nous aurions la paix.

Nous vous reconnaissons comme notre reine, notre souveraine et notre mère, et nous voulons réaliser vos demandes : réciter le chapelet tous les jours, accepter avec soumission les souffrances que Dieu nous envoie, être des apôtres, surtout par la prière et le sacrifice, nous corriger de nos défauts, demander pardon de nos péchés, et surtout ne plus offenser davantage Dieu, Notre-Seigneur, qui est déjà trop offensé.

Aidez-nous, par votre secours, à être fidèles à ces résolutions, et obtenez-nous les grâces dont nous avons besoin, surtout celles du salut éternel.

En voyant votre Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes, nous nous proposons de Lui faire réparation et de le consoler, surtout par la pratique de la dévotion des premiers samedis.

Que votre Cœur Immaculé, ô Marie, soit notre refuge dans les périls et les tentations, et le chemin qui nous conduira jusqu’à Dieu. Ainsi soit-il.

 

 

[Extrait de l’ouvrage du père Fernando Leite, Si l’on fait ce que je vais vous dire, on aura la paix, Braga, 1987, p. 24-25.]

 

 

 

 

 

— V —

Consécration du Portugal aux cœurs

de Jésus et de Marie

 

Jésus-Christ, roi immortel à qui fut donné tout pouvoir au ciel et sur la terre, rédempteur et sauveur des hommes, Notre-Seigneur et notre Dieu, voici que, devant votre invisible mais réelle présence dans l’hostie consacrée, auprès du monument élevé à votre divine royauté par la gratitude et la piété des Portugais dispersés de par le monde, voici que le Portugal s’agenouille pour ratifier et renouveler solennellement sa consécration à votre cœur adorable.

Le Portugal croit que vous avez accepté la consécration nationale que les pasteurs choisis par vous, accompagnés de leurs troupeaux (qui sont tout le peuple portugais), vous ont faite le 28 octobre 1928. C’est d’un cœur humble mais exultant que nous vous rendons grâces pour la liberté accordée à la sainte Église, votre épouse et notre mère, pour l’œuvre de restauration et de développement de la vie chrétienne et de ses institutions, enfin parce que votre nom très saint – en lequel seul est le salut – est reconnu et enseigné publiquement.

Ce monument proclamera perpétuellement, par un vœu solennel, le miracle de paix que vous avez miséricordieusement accordé à la nation portugaise, grâce à l’intercession de Notre-Dame de Fatima, patronne du Portugal.

Mais le Portugal chrétien sent qu’aujourd’hui les puissances des ténèbres, plus fortes que jamais, sont déchaînées pour détruire dans le monde votre royaume. La Russie (pourquoi ne pas citer son nom, puisque votre Mère, descendue du Ciel l’a cité à Fatima ?), la Russie continue à répandre partout ses erreurs déicides. Comme autrefois devant Pilate, beaucoup, inspirés par l’esprit du mal, crient qu’ils ne veulent pas que vous régniez sur nous. Ils vous préfèrent Barrabas, Seigneur, Barrabas le séditieux, l’assassin.

Voyez, Seigneur, – ou plutôt ne regardez pas, Seigneur de miséricorde ! - combien ils sont nombreux, même ceux qui portent le nom de chrétiens, votre nom, combien ils sont nombreux à vous nier dans leur vie, en méprisant votre très sainte loi. Ils ne se disent pas athées, mais ils agissent comme s’ils l’étaient dans leur vie privée, familiale, économique et sociale. Jeunesse sans pureté, famille sans amour, sans enfants, sans fidélité ; richesse sans justice ni charité ; pauvreté sans résignation et sans espérance…

Dans cet acte sublime de consécration, par la voix de ceux qui le représentent légitimement, le Portugal vient vous dire :

Qu’il vous reconnaît comme « roi de toutes choses », à qui tout est soumis, comme maître divin de la vérité, suprême législateur du bien, source inépuisable de la charité et de l’amour, prince triomphant de la paix, glorieux vainqueur du péché et de la mort. Il vous reconnaît comme Sauveur des hommes plein de miséricorde, premier-né de l’humanité nouvelle régénérée par l’eau et l’Esprit-Saint, chemin, vérité et vie de tout homme qui vient en ce monde.

Il promet de se soumettre toujours à votre royauté, royauté d’amour en laquelle tous ceux qui deviennent sujets deviennent libres. Votre royaume est un royaume de vérité et de vie, un royaume de sainteté et de grâce, un royaume de justice, d’amour et de paix.

Conscient de sa mission providentielle de soldat de la croix et de missionnaire, le Portugal veut continuer à l’être dans la métropole et l’outremer. Vous-même l’avez choisi dans l’histoire ; il veut être fidèle à sa vocation : et spécialement à ce choix que vous avez fait de lui pour être le héraut de la dévotion à votre cœur adorable et au Cœur Immaculé de Marie, votre très sainte Mère.

Le Portugal se livre à vous dans un acte fervent de foi et d’amour pour la réalisation des insondables desseins de sagesse et de miséricorde qui sont enfermés dans votre cœur. Et que, à travers ce divin cœur, vous appeliez les hommes à reconnaître que Dieu est amour et sa loi, liberté et paix.

Nous avons contre nous le monde entier qui oppose à votre royaume, le royaume trompeur de Satan. Les trois concupiscences dont parle l’Apôtre qui a reposé sa tête sur votre poitrine, à savoir la sensualité, l’orgueil et la cupidité sont les sources de tout le mal qui opprime les hommes ; elles corrompent les cœurs et les esprits qui ne distinguent plus le bien et le mal. Seigneur, on ne prête plus attention à cette parole que vous avez dite à Satan avec autorité sur le mont de la tentation : “L’homme ne vit pas seulement de pain”, “à Dieu seul tu rendras un culte”.

Et nous avons peur, Seigneur, car nous sommes faibles, nous sommes, nous aussi, pécheurs.

Dites-nous comme aux Apôtres : “Ne craignez pas, c’est moi !” Notre confiance, Seigneur, est en vous qui avez vaincu le monde. Notre faiblesse trouve appui en votre miséricorde et en votre toute-puissance. Oui, Seigneur, si vous êtes notre force, nous ne craignons pas d’affirmer déjà, comme l’apôtre saint Paul, que nous pouvons tout en vous.

Avec confiance nous déposons cet acte de consécration dans le Cœur Immaculé de Marie, patronne du Portugal, dont nous sommes les vassaux, pour qu’elle vous le présente. Par elle, nous vous demandons, Seigneur, d’accepter cette consécration pour que votre règne arrive chez nous et que tous les Portugais s’y trouvent rassemblés.

Sainte Marie, Vierge immaculée, Mère de Dieu et notre mère, reine du Ciel et de la terre, très haute patronne du Portugal, ce monument sera demain – nous l’espérons – le sanctuaire national de l’adoration et de la réparation au divin cœur de Jésus, qui a tant aimé les hommes et qui n’en reçoit, à tout moment, qu’outrages, sacrilèges et indifférences.

Ce monument se dresse comme un complément de votre sanctuaire de la Cova da Iria. A Fatima, vous avez manifesté à trois enfants candides et innocents, avec de merveilleuses promesses, votre Cœur Immaculé comme un don pour le monde entier.

Mais votre cœur est comme une eucharistie transparente, celui qui le contemple voit Jésus, son Sauveur. Vous êtes apparue à Fatima, ô Mère de Dieu, pour conduire les hommes au cœur de votre Fils, en qui réside toute la plénitude de la divinité. Et, par un voyage symbolique, vous avez voulu que votre statue de la Capelinha des apparitions vienne triomphalement jusqu’ici, comme pour signifier que c’est par vous que les hommes vont à Jésus, que vous avez été choisie, créée, préservée, que vous êtes pleine de grâce pour  nous le donner, car à lui seul est due toute adoration, toute louange et toute gloire. Ce chemin qui va de Fatima au sanctuaire de l’Almada est finalement le symbole du chemin qui mène du cœur de Marie au cœur de Jésus.

Le Portugal vient de se consacrer au cœur de votre divin Fils. Il n’oublie pas cependant qu’il est votre royaume depuis son origine, qu’il est la “terre de sainte Marie” ; il vous a proclamée officiellement sa reine et sa patronne ; vous-même, en des jours calamiteux qui semblent déjà lointains, avez voulu venir chez nous établir votre trône et votre autel ; et le 13 mai 1931, les représentants de votre Fils nous ont consacrés solennellement à votre Cœur Immaculé pour que, selon leurs paroles, “prenant de nos faibles mains dans les vôtres la nation portugaise, vous la défendiez et la gardiez comme chose vôtre, qui vous appartient en propre, et fassiez en sorte que Jésus y règne, y soit vainqueur et commande”. Et vous l’avez défendue et vous l’avez gardée miraculeusement, ô Vierge puissante, au milieu d’un tourbillon de feu et de sang presque universel.

Oh ! le Portugal connaît celle en qui il se confie.

De nouveau, solennellement, il se consacre à elle, ratifiant et renouvelant la consécration faite à une heure de grâce et de prédilection, marquée par Dieu à l’horloge de sa Providence, en l’an 1931.

Il se livre au Cœur Immaculé par un acte suprême de foi et d’amour, en sachant bien qu’en livrant tout il sauve tout. Jacinthe n’a-t-elle pas dit (et qui le lui a enseigné si ce n’est vous, ô Notre-Dame de Fatima ?) que Dieu avait confié la paix au Cœur Immaculé de Marie ? C’est dans votre cœur, ô Mère de miséricorde, que tous trouveront le pardon, la paix, la pureté, la force, l’amour ; et tous y trouveront Jésus, notre Sauveur et notre rédempteur.

Mais le Portugal ne peut se consacrer à votre Cœur Immaculé sans se livrer et se consacrer réellement au cœur de votre divin Fils. Car Jésus est la vie dont vous vivez. Vous avez tout reçu par lui et pour lui. Si vous attirez doucement à vous les hommes pécheurs, en leur ouvrant votre cœur miséricordieux c’est pour les mener à Jésus, au Christ-Roi.

Que par vous, ô céleste patronne, son règne arrive chez nous : règne de vérité et de vie, règne de sainteté et de grâce, règne de justice, d’amour et de paix. Ainsi soit-il !

 

 

[Texte composé par le cardinal Cerejeira, patriarche du Portugal, et lu par lui le 17 mai 1959 au cours de la cérémonie de bénédiction du monument au Christ-Roi, en présence de tout l’épiscopat et de tous les membres du gouvernement.

Les évêques du pays avaient en effet promis au Sacré-Cœur de Jésus, en 1940, de lui élever un monument à Lisbonne si le Portugal était préservé de la seconde Guerre Mondiale, et si un concordat favorable à l’Église était conclu.

Ayant été doublement exaucés, ils firent construire le monument et renouvelèrent la consécration du pays aux cœurs de Jésus et de Marie (voir le frère Michel de la Sainte-Trinité, Toute la vérité sur Fatima, t. III, ibid., pages 354-356 et pages 359 et 362).]

 

 

 

 

 

— VI —

Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie

 

Prosternés au pied de votre trône de grâce, ô Reine du très saint Rosaire, nous nous proposons d’accomplir autant qu’il est en nous les demandes que vous avez exprimées en venant il y a soixante dix ans nous apparaître sur cette terre.

Les abominables péchés du monde, les persécutions dirigées contre l’Église de Jésus-Christ, plus encore l’apostasie des nations et des âmes chrétiennes l’oubli enfin de votre maternité de grâce par le grand nombre accablent votre cœur douloureux et immaculé, si uni dans sa compassion aux souffrances du Sacré-Cœur de votre divin Fils.

Afin de réparer tant de crimes, vous avez demandé l’établissement de la dévotion réparatrice à votre Cœur Immaculé ; et dans le but d’arrêter les fléaux de Dieu que vous présidiez, vous vous êtes faite la messagère du Très-Haut pour requérir du vicaire de Jésus-Christ, uni à tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à votre Cœur Immaculé. Hélas, on n’a pas encore tenu compte de votre message.

C’est pourquoi, afin d’anticiper sur l’heureux jour où le souverain pontife accédera enfin aux requêtes de votre divin Fils, sans nous attribuer une autorité qui ne nous appartient pas, mais par une humble supplication adressée à votre Cœur Immaculé, en notre titre d’évêque catholique, pénétré de sollicitude pour le sort de l’Église universelle et uni à tous les prêtres et croyants fidèles, nous sommes résolus à répondre pour notre part aux demandes du Ciel.

Daignez donc, ô Mère de Dieu, agréer en premier lieu l’acte solennel de réparation que nous présentons à votre Cœur Immaculé pour toutes les offenses dont, avec le Sacré-Cœur de Jésus, il est accablé de la part des pécheurs et des impies.

En second lieu, nous donnons, livrons et consacrons, autant qu’il est en notre pouvoir, la Russie à votre Cœur Immaculé : nous vous supplions, dans votre maternelle miséricorde, de prendre cette nation sous votre puissante protection, d’en faire votre domaine où vous régniez en reine, de faire de cette terre de persécutions, une terre d’élection et de bénédiction. Nous vous conjurons de vous soumettre si bien cette nation que, convertie de son impiété légale, elle devienne un nouveau royaume pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, un nouvel héritage pour son doux sceptre. que revenue aussi de son ancien schisme, elle retourne à l’unité de l’unique bercail du Pasteur éternel, et que soumise ainsi au vicaire de votre divin Fils, elle devienne un ardent apôtre du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur toutes les nations de la terre.

Nous vous supplions de plus, ô mère de miséricorde, par ce miracle si éclatant de votre toute-puissance suppliante, de manifester au monde la vérité de votre médiation universelle de grâce. Daignez enfin, ô Reine de la paix, apporter au monde la paix que le monde ne peut donner, la paix des armes et la paix des âmes, la paix du Christ dans le royaume du Christ, et le royaume du Christ par le règne de votre Cœur Immaculé, ô Marie. Ainsi soit-il !

 

[Texte prononcé par Mgr Lefebvre le 22 août 1987 à Fatima.]

 

 

 

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L'auteur

Le numéro

Le Sel de la terre n° 53

p. 410-419

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