Catéchisme catholique
de la crise dans l’Église (fin)
par l’abbé Matthias Gaudron
Voici le dernier chapitre de ce Catéchisme de la crise dans l’Église [1].
M. l’abbé Matthias Gaudron y a d’abord montré de façon générale que l’Église connaissait actuellement une crise universelle très grave (chapitre 1). Cette crise étant essentiellement une crise de la foi et du magistère (institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour transmettre la foi), il a ensuite expliqué ce qu’est la foi (chapitre 2) et ce qu’est le magistère (chapitre 3).
Les portes étant ainsi ouvertes pour une étude plus approfondie de la crise, l’auteur a pu en présenter l’élément catalyseur : ce concile tout à fait atypique qui porte le nom de Vatican II (chapitre 4), puis les deux principales erreurs diffusées par ce concile « pastoral » : une mauvaise liberté religieuse qui attaque la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ (chapitre 5) et un mauvais œcuménisme qui fait oublier la nocivité des fausses religions (chapitre 6).
Il a ensuite présenté les principales conséquences de ces nouveautés : la nouvelle messe (chapitre 7), les attaques contre le sacerdoce catholique (chapitre 8), les nouveaux sacrements (chapitre 9) [2].
La crise ayant ainsi été présentée dans toute son étendue, l’auteur peut maintenant aborder, pour conclure, ce qu’on appelle le « traditionalisme » c’est-à-dire la résistance organisée des prêtres et des fidèles catholiques face à l’occupation néomoderniste de l’Église. Cette résistance a surgi spontanément dans chacun des cinq continents – tant chez les laïcs que chez les clercs – et ne s’est que peu à peu regroupée autour de Mgr Lefebvre et de sa Fraternité Saint-Pie X. Mais depuis la « suspense a divinis » de 1976, et surtout les sacres épiscopaux du 30 juin 1988, Mgr Lefebvre est apparu de plus en plus nettement comme le phare de cette résistance catholique. On ne pouvait donc conclure ce Catéchisme sans justifier son action et celle de la Fraternité qui poursuit son œuvre. Il convient seulement de bien garder la perspective : la réaction traditionaliste n’est pas le problème, mais au contraire une première réponse à ce problème (qui ne pourra être définitivement résolu que par les autorités de l’Église). Par conséquent, une discussion menée avec des partisans des erreurs conciliaires ne saurait avoir pour premier objectif de justifier la réaction traditionaliste (cela est tout simplement impossible sans avoir préalablement reconnu la nature et l’étendue de l’actuelle crise dans l’Église : crise de la foi et du magistère). Nos principaux efforts doivent être employés non pas à démontrer la légitimité de notre combat (ce n’est qu’une conséquence) ni à répondre aux accusations de désobéissance ou de schisme (même s’il convient aussi de le faire, en son temps), mais à montrer sans cesse du doigt le véritable problème – celui de Vatican II – et à rappeler sans se lasser les grandes vérités attaquées par ce concile : la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ (qui est le seul Prince de la paix) et le caractère nocif des fausses religions (qui, de soi, mènent en enfer).
Le Sel de la terre.
— X –
Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie X
n 92. Qu’est-ce que la Fraternité Saint-Pie X ?
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est une congrégation de prêtres fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Érigée officiellement dans le diocèse de Fribourg en Suisse le 1er novembre 1970 par l’évêque diocésain, Mgr François Charrière, la Fraternité reçut le 18 février 1971 une lettre de louange du préfet de la congrégation pour le Clergé à Rome, le cardinal Wright. La Fraternité a donc été reconnue par les autorités compétentes ; elle est une œuvre d’Église.
: Quelle est l’extension actuelle de la Fraternité Saint-Pie X ?
– La Fraternité Saint Pie X compte aujourd’hui (2006) plus de 450 prêtres desservant régulièrement 55 pays sur tous les continents, ainsi que des frères, et séminaristes, avec l’aide de deux congrégations auxiliaires de religieuses (sœurs de la Fraternité Saint Pie X et oblates de la Fraternité Saint-Pie X) ; une vingtaine de congrégations amies travaillent avec elle dans le même but.
: Quelles sont ces congrégations amies qui travaillent avec la Fraternité Saint-Pie X ?
– Parmi les congrégations amies travaillant avec la Fraternité Saint-Pie X, on peut citer, en France, les bénédictins de Bellaigue, les capucins de Morgon, les dominicains d’Avrillé et les religieux de la Fraternité de la Transfiguration à Mérigny. Du côté féminin, on peut mentionner les bénédictines de Lamairé, les clarisses de Morgon, les carmélites d’Eynesse, les moniales dominicaines d’Avrillé, les franciscaines de Lanorgard, les dominicaines enseignantes des congrégations de Fanjeaux et de Brignoles, les sœurs de la Transfiguration (Mérigny), les petites servantes de saint Jean-Baptiste (au Rafflay). — De nombreuses communautés traditionnelles existent aussi hors de France, notamment des rédemptoristes (sur l’île de Papa Stronsay, en Écosse), etc.
n 93. Quelles fins poursuit la Fraternité Saint-Pie X ?
La fin première et principale de la Fraternité est la formation de bons prêtres et la sainteté des prêtres. Dans la crise actuelle de la foi, elle a aussi la mission de conserver intègre la foi catholique.
: Y a-t-il un lien entre ces deux fins ?
— Une vraie réforme de l’Église n’est possible que par une réforme du sacerdoce. Seuls de bons et saints prêtres pourront à nouveau allumer dans les cœurs des fidèles l’amour de Dieu et l’enthousiasme pour la foi. C’est l’état catastrophique des séminaires officiels qui a poussé Mgr Lefebvre à fonder la Fraternité. Dans presque tous les séminaires officiels, des vérités fondamentales de la foi sont niées et la formation spirituelle est très déficiente. Parfois même on enseigne la rébellion contre les enseignements de l’Église et l’on incite au péché.
n 94. La suppression de la Fraternité Saint Pie X fut-elle valide ?
C’est Mgr Pierre Mamie (successeur de Mgr Charrière comme évêque de Fribourg) qui signa le 6 mai 1975 le décret de suppression de la Fraternité Saint-Pie X, alors que Mgr Lefebvre venait d’avoir, à Rome, des discussions avec les cardinaux Garrone, Wright et Tabera. Mgr Lefebvre a toujours contesté la validité de cette suppression tant pour des raisons de procédure juridique que pour des raisons de fond (car c’est en réalité pour sa fidélité à la foi catholique et à la messe traditionnelle que la Fraternité fut ainsi supprimée).
: Pourquoi Mgr Lefebvre a-t-il contesté la procédure juridique ayant abouti à la suppression de la Fraternité ?
— Le droit canonique prévoit qu’un évêque ne peut plus supprimer une congrégation religieuse (ou une société cléricale de vie commune) une fois qu’elle a été officiellement érigée dans son diocèse. Seule Rome peut procéder à cette suppression [3]. Or la Fraternité Saint-Pie X a été officiellement érigée par Mgr Charrière en 1970. Mgr Lefebvre considérait donc que son successeur n’avait plus le droit de la supprimer. Seule Rome – et non l’évêque diocésain – pouvait le faire.
: Cet argument juridique est-il absolument décisif ?
— Mgr Lefebvre a toujours considéré cet argument juridique comme décisif – d’autant plus que le Vatican n’y a jamais répondu [4]. Cependant la résistance de l’évêque ne se fondait pas essentiellement sur des arguties de procédure juridique mais sur des raisons de fond touchant à la foi et à la morale. Même si donc l’on admet que la suppression de la Fraternité Saint Pie X était juridiquement licite (certains l’affirment aujourd’hui [5]), ces raisons demeurent et la suppression ne devient pas juste pour autant. Car un jugement peut fort bien respecter les formes extérieures du droit tout en étant profondément injuste et immoral.
: La suppression de la Fraternité Saint-Pie X peut-elle être considérée comme injuste et immorale ?
